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  • L'affiche des Oscars 2012 en attendant la cérémonie du 26 février

    Si cette année j'ai décidé de vous parler de l'affiche des Oscars, en attendant la cérémonie, le 26 février, c'est parce qu'elle rend magnifiquement hommage à l'histoire du cinéma et des films oscarisés, le plus souvent de très grands films et même des chefs d'oeuvre couronnés de l'Oscar du meilleur film (à l'exception de l'un d'entre eux, Oscar du meilleur réalisateur). Alors, avez-vous reconnu les films sur l'affiche? Réponses sous l'affiche avec une critique d'un des films y figurant...

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    Films sur l'affiche: Autant en emporte le vent/ La mélodie du bonheur/  Miss Daisy et son chauffeur /  Casablanca/ Le Parrain/  Forrest Gump /  Gladiator/  Géant

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    Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai revu ce classique du cinéma américain que j’ai revu hier soir pour la énième fois, toujours avec le même plaisir, la même émotion alors que je connais le déroulement de l’intrigue et les répliques par cœur. Indéniablement la marque des grands films. Nous surprendre et nous émouvoir encore et encore avec ce que l’on connaît.

    On ne présente plus « Casablanca » ni Rick Blaine (Humphrey Bogart), le mystérieux propriétaire du bigarré Café Américain. Nous sommes en 1942, à Casablanca, là où des milliers de réfugiés viennent et échouent des quatre coins de l’Europe, avec l’espoir fragile d’obtenir un visa pour pouvoir rejoindre les Etats-Unis. Casablanca est alors sous le contrôle du gouvernement de Vichy. Deux émissaires nazis porteurs de lettres de transit sont assassinés. Ugarte (Peter Lorre), un petit délinquant, les confie à Rick alors qu’il se fait arrêter dans son café.  C’est le  capitaine Renault (Claude Rains), ami et rival de Rick, qui est chargé de l’enquête tandis qu’arrive à Casablanca un résistant du nom de Victor Laszlo (Paul Henreid). Il est accompagné  de sa jeune épouse : la belle Ilsa (Ingrid Bergman). Rick reconnaît en elle la femme qu’il a passionnément aimée, à Paris, deux ans auparavant…

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    Casablanca est un film qui contient plusieurs films, plusieurs histoires potentielles esquissées ou abouties, plusieurs styles et tant de destins qui se croisent.

    Plusieurs films d’abord. Casablanca est autant le portrait de cette ville éponyme, là où tant de nationalités, d’espoirs, de désespoirs se côtoient, là où l’on conspire, espère, meurt, là où la chaleur et l’exotisme ne font pas oublier qu’un conflit mondial se joue et qu’il est la seule raison pour laquelle des êtres si différents se retrouvent et parfois s’y perdent.

    C’est ensuite évidemment l’histoire de la Résistance, celle de la collaboration, l’Histoire donc.

     Et enfin une histoire d’amour sans doute une des plus belles qui ait été écrite pour le cinéma. De ces trois histoires résultent les différents genres auxquels appartient ce film : vibrante histoire d’amour avant tout évidemment, mais aussi comédie dramatique, film noir, mélodrame, thriller, film de guerre.

    Peu importe le style auquel il appartient, ce qui compte c’est cette rare alchimie. Cette magie qui, 70 ans après, fait que ce film est toujours aussi palpitant et envoûtant.

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    L’alchimie provient d’abord du personnage de Rick, de son ambiguïté.  En apparence hautain, farouche individualiste, cynique, velléitaire, amer, il se glorifie ainsi de « ne jamais prendre parti », de  « ne prendre de risque pour personne » et dit qu’ « alcoolique » est sa nationalité ; il se révèle finalement patriote, chevaleresque, héroïque, déterminé, romantique. Evidemment Humphrey Bogart avec son charisme, avec son vieil imper ou son costume blanc (qui reflètent d’ailleurs le double visage du personnage), sa voix inimitable, sa démarche nonchalante, ses gestes lents et assurés lui apporte un supplément d’âme, ce mélange de sensibilité et de rudesse qui n’appartient qu’à lui. Un personnage aux mille visages, chacun l’appelant, le voyant aussi différemment. Auparavant surtout connu pour ses rôles de gangsters et de détectives, Humphrey Bogart était loin d’être le choix initial (il fut choisi après le refus définitif de George Raft) tout comme Ingrid Bergman d’ailleurs (Michèle Morgan, notamment, avait d’abord été contactée), de même que le réalisateur Michael Curtiz n’était pas le choix initial de la Warner qui était William Wyler. On imagine désormais mal comment il aurait pu en être autrement tant tous concourent à créer cette alchimie…

    Ensuite cette alchimie provient évidemment du couple qu’il forme avec Ingrid Bergman qui irradie littéralement l’écran, fragile, romanesque, nostalgique, mélancolique  notamment grâce à une photographie qui fait savamment briller ses yeux d’une tendre tristesse. Couple romantique par excellence puisque leur amour est rendu impossible par  la présence du troisième personnage du triangle amoureux qui se bat pour la liberté, l’héroïque Victor Laszlo qui les place face à de cruels dilemmes : l’amour ou l’honneur. Leur histoire personnelle ou l’Histoire plus grande qu’eux qui  tombent « amoureux quand le monde s’écroule ». L’instant ou la postérité.

    Et puis il y a tous ces personnages secondaires : Sam (Dooley Wilson), le capitaine Renault, … ; chacun incarnant un visage de la Résistance, de la collaboration ou parfois une attitude plus ambiguë à l’image de ce monde écartelé, divisé dont Casablanca est l’incarnation.

    Concourent aussi à cette rare alchimie ces dialogues, ciselés, qui, comme le personnage de Rick oscillent entre romantisme noir et humour acerbe : « de tous les bistrots, de toutes les villes du monde c’est le mien qu’elle a choisi ». Et puis ces phrases qui reviennent régulièrement comme la musique de Sam, cette manière nonchalante, presque langoureuse que Rick a de dire « Here’s looking at you, kid » .

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    Et comme si cela n’était pas suffisant, la musique est là pour achever de nous envoûter. Cette musique réminiscence de ces brefs instants de bonheur à Paris, entre Rick et Ilsa, à « La Belle Aurore » quand l’ombre ne s’était pas encore abattue sur le destin et qu’il pouvait encore être une « belle aurore », ces souvenirs dans lesquels le « Play it again Sam » les replonge lorsque Ilsa implore Sam de rejouer ce morceau aussi célèbre que le film : « As time goes by » ( la musique est signée Max Steiner mais « As time goes by » a été composée par Herman Hupfeld en 1931 même si c’est « Casablanca » qui l’a faîte réellement connaître).

     Et puis il y a la ville de Casablanca d’une ensorcelante incandescence qui vibre, grouille, transpire sans cesse de tous ceux qui s’y croisent, vivent de faux-semblants et y jouent leurs destins : corrompus, réfugiés, nazis, collaborateurs… .

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     Des scènes d’anthologie aussi ont fait entrer ce film dans la légende comme ce combat musical, cet acte de résistance en musique (les partisans des Alliés chantant la Marseillaise couvrant la voix des Allemands chantant Die Wacht am Rhein, et montrant au détour d’un plan un personnage changeant de camp par le chant qu’il choisit) d’une force dramatique et émotionnelle incontestable.  Puis évidemment la fin que les acteurs ne connaissaient d’ailleurs pas au début et qui fut décidée au cours du tournage, cette fin qui fait de « Casablanca » sans doute une des trois plus belles histoires d’amour de l’histoire du cinéma. Le tournage commença ainsi sans scénario écrit et Ingrid Bergman ne savait alors pas avec qui son personnage partirait à la fin, ce qui donne aussi sans doute à son jeu cette intrigante ambigüité. Cette fin( jusqu’à laquelle  l’incertitude est jubilatoire pour le spectateur) qui rend cette histoire d’amour intemporelle et éternelle. Qui marque le début d’une amitié et d’un engagement (le capitaine Renault jetant la bouteille de Vichy, symbole du régime qu’il représentait jusqu’alors) et est clairement en faveur de l’interventionnisme américain (comme un autre film dont je vous parlais récemment), une fin qui est aussi  un sacrifice, un combat pour la liberté qui subliment l’histoire d’amour, exhalent et exaltent la force du souvenir (« nous aurons toujours Paris ») et sa beauté mélancolique.

    La réalisation de Michael Curtiz est quant à elle élégante, sobre, passant d’un personnage à l’autre avec beaucoup d’habileté et de fluidité, ses beaux clairs-obscurs se faisant l’écho des zones d’ombre  des personnages et des combats dans l’ombre et son style expressionniste donnant des airs de film noir à ce film tragique d’une beauté déchirante. Un film qui comme l’amour de Rick et Ilsa résiste au temps qui passe.

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    Le tout concourant à ce romantisme désenchanté, cette lancinance nostalgique et à ce que ce film soit régulièrement classé comme un des meilleurs films du cinéma mondial. En 1944, il fut ainsi couronné de trois Oscars (meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleur film) et l’American Film Institute, en 2007, l’a ainsi classé troisième des cents meilleurs films américains de l’Histoire derrière l’indétrônable « Citizen Kane » et derrière « Le Parrain ».

    Le charme troublant de ce couple de cinéma mythique et le charisme ensorcelant de ceux qui les incarnent, la richesse des personnages secondaires,  la cosmopolite Casablanca, la musique de Max Steiner, la voix de Sam douce et envoûtante chantant le nostalgique « As time goes by », la menace de la guerre lointaine et si présente, la force et la subtilité du scénario (signé Julius et Philip Epstein d’après la pièce de Murray Burnett et Joan Alison « Everybody comes to Rick’s »), le dilemme moral, la fin sublime, l’exaltation nostalgique et mélancolique de la force du souvenir et de l’universalité de l’idéalisme (amoureux, résistant) et du combat pour la liberté font de ce film un chef d’œuvre…et un miracle quand on sait à quel point ses conditions de tournage furent désastreuses.

    La magie du cinéma, tout simplement, comme le dit Lauren Bacall : « On a dit de Casablanca que c’était un film parfait évoquant l’amour, le patriotisme, le mystère et l’idéalisme avec une intégrité et une honnêteté que l’on trouve rarement au cinéma. Je suis d’accord. Des générations se plongeront dans le drame du Rick’s Café Américain. Et au fil du temps, le charme de Casablanca, de Bogey et de Bergman continuera à nous ensorceler. C’est ça, la vraie magie du cinéma ».

     Un chef d’œuvre à voir absolument. A revoir inlassablement. Ne serait-ce que pour entendre Sam (Dooley Wilson)  ...

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  • Lauréate du concours d’écriture «Calendrier de l’Avent » de My Major Company Books avec ma nouvelle « Un cadeau inestimable »

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    La semaine dernière, je vous avais parlé de la sélection et de la publication de ma nouvelle « Un cadeau inestimable » dans le cadre du concours d’écriture « Calendrier de l’Avent » du site My Major Company Books,  site d’édition et de partage de textes.

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     Vous connaissez certainement le site My Major Company qui s'est d'abord fait connaître par les artistes qu'il a lancés dans le domaine musical (Grégoire, Irma, Joyce Jonathan notamment) sur le principe de la contribution des internautes. Depuis plus d'un an, le site a ainsi développé une déclinaison dans le domaine littéraire: My  Major Company Books, site  sur lequel je suis inscrite en tant qu’ "auteur"  (vous aviez d'ailleurs peut-être déjà remarqué l'encart en haut à droite du blog vous permettant d'accéder à ma page).

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    Je vous avais d’ailleurs également déjà parlé de ce site auparavant lorsque ma chronique « Qu’est-ce qu’un bon livre? », que vous pouvez retrouver en suivant le lien ci-dessous, y avait été publiée:  

    Lire ma chronique "Qu'est-ce qu'un bon livre?" sur My Major Company Books 

     Le règlement de ce concours d’écriture « Calendrier de l’Avent » était le suivant : « Drôle ? Emouvant ? En prose ? En vers ? Sketch ? Souvenir ? Rêve ? Conte ? Racontez-nous votre Noël. Qu’il soit vrai ou inventé. Envoyez vos histoires de Noël. Nous en publierons une chaque jour jusqu’au 24 décembre. La meilleure d’entre elles sera mise en avant sur MMC Books au moment de Noël vie une re-publication avec lien vers votre page auteur et une cover en Home page ! De plus notre partenaire Plume libre publiera également la meilleure chronique sur son site.  Une seule contrainte, celle du format. Comme pour la chronique, vos textes ne devront pas excéder 3500 signes espaces compris ».

    Le 26 décembre arrivait donc mon dernier cadeau de Noël, un peu après l’heure, le moins coûteux et le plus réjouissant puisque j’étais désignée comme lauréate du concours. Un blog entier n’y suffirait pas pour vous parler de ma passion pour l’écriture que vous connaissez d’ailleurs sans doute déjà si vous suivez ce blog. Il m’est déjà arrivé de remporter des concours de nouvelles…mais aussi de participer à de nombreux concours  sans les gagner mais, à vrai dire, même si évidemment gagner est toujours appréciable, le plaisir et la jubilation d’écrire sont toujours ma motivation première (forcément d’ailleurs exacerbée quand il y a une compétition). Le plaisir de jongler avec les mots, de poser un univers, d’y embarquer des lecteurs, de dessiner des personnages, de trouver une chute, de ciseler chaque phrase pour que la fin soit d’autant plus belle et redoutable (ah la célèbre, enviable et sublime musique des mots de Sagan!), constituent à chaque fois une évasion jouissive et une jubilation indicible.

      La nouvelle présente cet avantage sur le scénario que de permettre à son auteur d’être le vrai démiurge, tout à la fois musicien des mots, scénariste de l’histoire, réalisateur…et même de pouvoir endosser les personnalités des personnages… ou encore de voyager dans le temps, et surtout de voir le résultat immédiatement. 

      Une passion qui ne date pas d’hier puisque, à l’âge où d’autres répondaient pompier ou chanteuse quand on leur demandait ce qu’ils souhaiteraient faire quand ils seraient grands ( et où je passais, déjà, pour une extraterrestre quand je me noyais délicieusement dans Balzac ou Hugo, sans doute responsables un peu de cette envie viscérale d'écrire et de mon rougissement rien que d'y songer) je répondais fièrement et timidement « écrivain », inconsciente que j’étais (mais tout de même bel et bien consciente du génie littéraire de ces derniers), mais surtout déjà amoureuse aveugle des mots, et de ce pouvoir inestimable qui me fascine toujours autant qu’est celui de créer un univers à partir d'une feuille blanche, de donner vie à des histoires et des personnages et de susciter des réflexions et des émotions si contrastées.  C’est d’ailleurs à cette passion de l’écriture que je dois d'avoir remporté des concours me permettant d'être de très  nombreuses fois jurée dans des festivals de cinéma, et de vivre des aventures palpitantes. A chaque fois, un défi ludique, une autre manière de convaincre, de jongler aussi avec les mots, et d’une certaine manière de raconter une histoire (mais pas des histoires, hein).

    Si vous voulez lire la nouvelle en question, vous pouvez vous rendre directement sur My Major Company Books ou la lire sur mon nouveau blog In the mood –Le Magazine sur lequel je consacre désormais une rubrique à l’écriture avec, à partir de la semaine prochaine, chaque semaine, une nouvelle en ligne (oui, c'est une de mes résolutions pour 2012 que d'oser un peu plus et donc d'oser un peu plus vous donner à lire ce que j'écris).

    Vous voulez soutenir mon projet littéraire mis en ligne sur le site My Major Company Books ?  M’aider à être publiée ? Cela tombe bien d’ailleurs puisqu’il s’agit d’un recueil de  nouvelles, 13 nouvelles « romantiques et cruelles » sur le cinéma -qui n’ont rien à voir donc avec ma nouvelle lauréate écrite juste pour le concours-  un recueil enrichi de mes multiples péripéties vécues au cours de 18 années de pérégrinations festivalières mais de vraies fictions, un projet au sujet duquel vous pourrez en savoir plus, ici:  http://www.mymajorcompanybooks.com/#!/meziere .

     Pour me soutenir, inscrivez-vous comme fan sur ma page My Major Company Books en question  et n’hésitez pas à m’attribuer une note et à commenter. Si, par bonheur, la jauge était ensuite ouverte, vous auriez alors la possibilité de devenir mes éditeurs...

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  • Critique et Concours – 3x2 places pour « Louise Wimmer » de Cyril Mennegun

     

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    Je vous avais parlé de mon enthousiasme pour ce film, « Louise Wimmer » de Cyril Mennegun, lors du dernier Festival international des jeunes réalisateurs de Saint-Jean de Luz dans le cadre duquel il était sélectionné en compétition et dont il était d’ailleurs reparti bredouille, à ma grande déception (il faut dire que la sélection était de qualité, je vous parlerai prochainement de mon autre coup de cœur du festival « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti) malgré un accueil enthousiaste du public.  Présenté à la Mostra de Venise en première mondiale, le film a  néanmoins déjà obtenu plusieurs récompenses dans divers festivals.

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    Je suis donc ravie de pouvoir vous proposer, pour ce dernier concours de l’année 2011, 3 places pour deux pour le découvrir en salles.

    Synopsis « officiel » : "Après une séparation douloureuse, Louise Wimmer a laissé sa vie d’avant loin derrière elle. A la veille de ses cinquante ans, elle vit dans sa voiture et a pour seul but de trouver un appartement et de repartir de zéro. Armée de sa voiture et de la voix de Nina Simone, elle veut tout faire pour reconquérir sa vie."- 

    Louise Wimmer c’est une femme comme il y en a tant d’autres, que nous croisons sans le savoir, qui se drapent dans leur fierté pour dissimuler leurs malheurs. Son histoire se déroule par bribes, de judicieuses ellipses qui renforcent le caractère universel du sujet, dramatiquement actuel.

    Nous devinons qu’elle s’est retrouvée à la rue suite à une séparation, ce que tout son entourage ignore. Au lieu d’en faire une femme pitoyable, Cyril Mennegun dresse le portrait une femme noble et fière et même au départ un peu antipathique que le spectateur au fil du récit, accompagnant dans ses échecs révoltants, prend en empathie. Il est incompréhensible que Corinne Masiero n’ait pas eu le prix d’interprétation à Saint-Jean de Luz tant son visage âpre marqué par la vie qui en devient beau tant Cyril Mennegun la filme avec justesse, empathie, et dignité, dévore l’écran, nous happe, tant elle donne corps et âme à cette femme qui ressemble à la fois à tant d’autres et aucune autre.

     Je partage l’émotion qui a submergé le délégué général du festival de Saint-Jean de Luz quand il a dû interviewer le réalisateur et son actrice juste après la projection. Une belle leçon d’humanité (mais qui, surtout ne se donne pas des airs de leçon). Sans oublier la musique de Nina Simone symbole de liberté et d’emprisonnement aussi puisque c’est la seule musique que Louise peut écouter et qui évoque la même beauté rude et douloureuse que celle de son personnage.

    Cyril Mennegun est avant tout réalisateur de documentaires (notamment de « Tahar  l’étudiant », portrait de Tahar Rahim qui sera d’ailleurs l’acteur principal de son prochain film "Insight" comme il l’a révélé à Saint Jean de Luz) et son expérience nourrit prodigieusement son film qui exhale de troublants accents de réalisme, sa caméra ne quittant pas cette femme. Un film plein de vie, de violence dramatiquement quotidienne aussi, empreint d’un regard jamais complaisant.

     Cyril Mennegun a ainsi raconté que c'est après avoir croisé, lors du tournage d'un documentaire, une femme qui s'appelait Corinne et vivait dans sa voiture, mais qu'il n'a "jamais pu filmer" et qu'il a "perdu assez vite", qu'est née l'idée du film, une histoire semble-t-il aussi proche de ce qu’a pu vivre la comédienne (que Cyril Mennegun dit avoir découverte dans un téléfilm diffusé un soir à la télévision). "Ce film est empreint de ce qu'elle est » a-t-il ainsi déclaré. On la retrouvera bien heureusement prochainement dans le prochain film de Jacques Audiard.

    Un film plein de vie et, comme elle et son incroyable interprète principale (Corinne Masiero), âpre et lumineux. Le premier grand choc cinématographique de cette année 2012 à découvrir absolument le 4 janvier 2012. La découverte d’un cinéaste qui rappelle les plus grands cinéastes du réalisme social britannique et d’une comédienne qui porte ce film magnifiquement bouleversant et tristement universel, et qui s’achève sur une note d’espoir d’une beauté aussi simple que ravageuse.

     

    Pour la sortie du film, un dispositif de street marketing a été mis en place dans 3 grandes villes : Paris, Lyon et Lille. Plus de 8 000 post-its manuscrits (que vous avez ainsi peut-être vus) mentionnant "Louise Wimmer : 06-43-02-59-18" ont été collés dans des endroits à fort trafic : dans le métro, sur les scooters, les vélos... Du 19 décembre à mi-janvier, une comédienne incarnant le personnage principal du film vous répond  même au téléphone.  En deux jours, plus de 500 appels ont été générés et des dizaines de messages ont été laissés sur le répondeur.

     Lien: Fan Page Facebook du Film: La fanpage: http://www.facebook.com/LWLeFilm

    CONCOURS

    Pour remporter vos deux places pour "Louise Wimmer", soyez les premiers à répondre aux 4 questions suivantes, en envoyant vos réponses à inthemoodforcinema@gmail.com, avec pour intitulé de votre email "Concours Louise Wimmer" en n'oubliant pas de joindre vos coordonnées. 

    1. Dîtes-moi de quel film provient l'image ci-dessous (indice dans la critique de "Louise Wimmer")

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    2. Quel est le film ci-dessous? Quel rapport avec Louise Wimmer?

     

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    3. Que vous évoquent ces chiffres? Quel rapport avec "Louise Wimmer"?

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    4. En une phrase, pour quelle(s) raison(s), souhaitez-vous voir ce film?

    Cet article est également en ligne sur mon nouveau blog http://inthemoodlemag.com

  • Critique- " Les émotifs anonymes" de Jean-Pierre Améris, à 20H55, ce soir, sur Canal plus

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    La comédie française se portait déjà bien en 2010 : après le réjouissant « Tout ce qui brille », le pétillant « De vrais mensonges », le romantique « L’Arnacoeur », le décalé « La reine des pommes », le sucré acide « Potiche »  cette année 2010 s’était achevée par une comédie qui n’est pas la plus clinquante ni la plus formatée mais sans aucun doute la plus attachante à des années lumière d’une « comédie » désolante, démagogique et opportuniste comme « Fatal ».

    Le gérant d’une chocolaterie au prénom aussi improbable que ses costumes démodés est un grand émotif. Jean-René (Benoît Poelvoorde) donc, puisque tel est ce fameux prénom suranné, cherche à employer une nouvelle commerciale. Angélique (Isabelle Carré) est la première à se présenter. Chocolatière de talent, elle est au moins aussi émotive que Jean-René, participant même à des séances des «Emotifs anonymes ». Entre eux le charme opère immédiatement, malgré leurs maladresses, leurs hésitations, leurs regards fuyants.  Seulement leur timidité maladive tend à les éloigner…

    Quant la mode est aux cyniques célèbres, un film qui s’intitule « Les Emotifs anonymes » est déjà en soi rafraîchissant et j’avoue avoir d’emblée beaucoup plus de tendresse pour les seconds. Cela tombe bien : de la tendresse, le film de Jean-Pierre Améris en regorge. Pas de la tendresse mièvre, non. Celle qui, comme l’humour qu’il a préféré judicieusement employer ici, est la politesse du désespoir. Jean-Pierre Améris connaît bien son sujet puisqu’il est lui-même hyper émotif. J’en connais aussi un rayon en émotivité et évidemment à l’entendre je comprends pourquoi son film (me) touche en plein cœur et pourquoi il est un petit bijou de délicatesse.

    La première grande idée est d’avoir choisi pour couple de cinéma Benoît Poelvoorde et Isabelle Carré déjà réunis dans « Entre ses mains », le très beau film d’Anne Fontaine. Poelvoorde donne ici brillamment corps (mal à l’aise, transpirant, maladroit), vie (prévoyante et tétanisée par l’imprévu) et âme (torturée et tendre) à cet émotif avec le mélange de rudesse involontaire et de personnalité à fleur de peau caractéristiques des émotifs et Isabelle Carré, elle aussi à la fois drôle et touchante, sait aussi nous faire rire sans que jamais cela soit aux dépends de son personnage. L’un et l’autre sont pour moi parmi les plus grands acteurs actuels, capables de tout jouer et de nous émouvoir autant que de nous faire rire. Ici ils font les deux, parfois en même temps. Poelvoorde en devient même beau à force d’être touchant et bouleversant, notamment lorsqu’il chante, dans une scène magnifique que je vous laisse découvrir. Le film de Jean-Pierre Améris est ainsi à l’image de l’entreprise de chocolaterie vacillante de son personnage principal : artisanal mais soigné, à taille humaine, et terriblement touchant.

     La (première) scène du restaurant est un exemple de comédie et symptomatique du ton du film, de ce savant mélange de sucreries, douces et amères, de drôlerie et de tendresse. Cette scène doit (aussi) beaucoup au jeu des acteurs. Leur maladresse dans leurs gestes et leurs paroles (leurs silences aussi), leurs mots hésitants, leurs phrases inachevées, leurs regards craintifs nous font ressentir leur angoisse, l’étirement du temps autant que cela nous enchante, nous amuse et nous séduit.

    Le deuxième est le caractère joliment désuet, intemporel du film qui ne cherche pas à faire à la mode mais qui emprunte ses références à Demy ou à des pépites de la comédie comme « The shop around the Corner » de Lubitsch avec ses personnages simples en apparence, plus compliqués, complexes et intéressants qu’il n’y paraît sans doute à ceux qui préfèrent les cyniques célèbres précités. 

    Avec son univers tendrement burlesque, avec ses couleurs rouges et vertes, Jean-Pierre Améris nous embarque dans ce conte de noël qui se déguste comme un bon chocolat à l’apparence démodée mais qui se révèle joliment intemporel. Un film tout simplement délicieux, craquant à l’extérieur et doux et fondant à l’intérieur qui vous reste en mémoire...comme un bon chocolat à la saveur inimitable.

    Jean-Pierre Améris m’avait déjà bouleversée avec « C’est la vie » et « Poids léger », maintenant en plus il nous fait rire. Vivement le prochain film du cinéaste et vivement le prochain film avec Isabelle Carré ET Benoît Poelvoorde ! Si vous n’avez pas encore vu ce film allez-y de préférence le 25 décembre, vous ferez en plus une bonne action. Un film qui fait du bien comme celui-ci, c'est vraiment l'idéal un jour de noël et vous auriez tort de vous en priver.

    En bonus, regardez le clip de "Big jet lane" d'Angus et Julia Stone, très belle bo qui prolonge le film.

     

     
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