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  • Rétrospective cinéma et littérature à la Filmothèque du Quartier Latin du 10 janvier au 14 février 2012

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    Voilà une belle idée que celle de la Filmothèque du Quartier Latin de proposer une rétrospective Littérature et Cinéma du 10 janvier au 14 février 2012. L’occasion de revoir des classiques du cinéma (la sélection est remarquable, je crois bien que la Filmothèque deviendra ma seconde maison en janvier, février …) mais aussi des films récents, des films dont vous pouvez retrouver quelques critiques ici (cliquez sur les noms des films pour accéder à mes critiques) :

    « Le Guépard » de Luchino Visconti

    « L’armée des ombres » de Jean-Pierre Melville

    « Sagan » de Diane Kurys 

     

    PROGRAMME :

    Ouverture : le 10 janvier

    Rencontre : Emmanuel CARRERE (BOUGE PAS, MEURS ET RESSUSCITE) (en présence de l'actrice Dinara Droukarova)

     

    Semaine 1 : du 11 au 17 janvier

    Grands classiques : BARRY LYNDON, LE GUEPARD, LE MEPRIS, GENS DE DUBLIN, LE DIABLE AU CORPS, A L'EST D'EDEN.

    L'Ecrivain scénariste et cinéaste : TERRE ET CENDRES.

    L'Ecrivain vu par le cinéma : BRIGHT STAR.

    Les Jeudis du Polar : Romain SLOCOMBE présente LE CORBEAU ; ASSURANCE SUR LA MORT.

    Les Rencontres : Christine MONTALBETTI (MADAME BOVARY), Atiq RAHIMI (avant-première de réédition de L'INSOUTENABLE LEGERETE DE L'ETRE), Carole MARTINEZ (MOBY DICK).

     

    Semaine 2 : du 18 au 24 janvier

    Grands classiques : LE TEMPS DE L'INNOCENCE, LE MANTEAU, REBECCA, JOURNAL D'UN CURE DE CAMPAGNE, DIAMANTS SUR CANAPE, UN AMOUR DE SWANN.

    L'Ecrivain scénariste et cinéaste : THE SERVANT, UN ROI SANS DIVERTISSEMENT.

    L'Ecrivain vu par le cinéma : LES SOEURS BRONTE.

    Les Jeudis du Polar : « Spécial Jim Thompson » : François GUERIF (éditeur) présente GUET-APENS ; Marc VILLARD présente SERIE NOIRE.

    Les Rencontres : Zoé VALDES (LOLITA), Thomas CLERC (L'ARMEE DES OMBRES).

    Lecture : Marie RIVIERE lit « Les Morts se taisent » de Schniztler avant EYES WIDE SHUT.

     

    Semaine 3 : du 25 au 31 janvier

    Grands classiques : LA RONDE, LE DECAMERON, LOOKING FOR RICHARD, HAMLET, LA MARQUISE D'O, LA MAISON ET LE MONDE

    L'Ecrivain scénariste et  cinéaste : DROLE DE DRAME, NE TOUCHEZ PAS LA HACHE.

    Les Jeudis du Polar : Jean-Hugues OPPEL présente WINTER'S BONE ; TIREZ SUR LE PIANISTE.

    Les Rencontres : Eric LAURRENT (SADE - en présence de Benoît Jacquot, sous réserve), Maylis de KERANGAL (VANYA, 42ème RUE).

    Séance exceptionnelle : Les problématiques de l'adaptation par Alain Garel.

     

    Semaine 4 : du 1er au 7 février

    Grands classiques : LA NUIT DE L'IGUANE, LE ROUGE ET LE NOIR, LA RONDE DE L'AUBE, OLIVER TWIST, LE PLAISIR, LES 4 CAVALIERS DE L'APOCALYPSE.

    L'Ecrivain scénariste et cinéaste : Z, ESPOIR.

    L'Ecrivain vu par le cinéma : HENRY & JUNE.

    Les Jeudis du Polar : LA NUIT DU CHASSEUR.

    Les Rencontres : Tanguy VIEL (COMME UN TORRENT), Dominique BARBERIS (LES VESTIGES DU JOUR).

    Lecture : Irène JACOB lit des extraits d'« Ecrire » de Marguerite Duras avant NATHALIE GRANGER.

     

    Semaine 5 : du 8 au 14 février

    Grands classiques : LE TEMPS D'AIMER ET LE TEMPS DE MOURIR, LES LIAISONS DANGEREUSES, DUELLISTES, LE SILENCE DE LA MER.

    L'Ecrivain scénariste et cinéaste : LE ROMAN D'UN TRICHEUR.

    L'Ecrivain vu par le cinéma : CASANOVA, UN ADOLESCENT A VENISE.

    Les Jeudis du Polar : PAS D'ORCHIDEES POUR MISS BLANDISH.

    Week-end d'hommage à Françoise SAGAN (en présence de Denis WESTHOFF) : BONJOUR TRISTESSE, SAGAN, LES FOUGERES BLEUES (précédé du court-métrage ENCORE UN HIVER), LANDRU.

    Lecture : Mathias MEGARD lit des extraits du Cas Jekyll de Christine Montalbetti et des Carnets de Stevenson avant DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE.

    Séance exceptionnelle : Leçon de cinéma d'Alain Garel sur MORT A VENISE.

     

    Clôture : le 14 février

    Programmation en cours

     

    La Filmothèque du Quartier Latin

    9, rue Champollion - 75005 Paris - France - Tél. 01 43 26 70 38

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  • Après les 4 blogs, découvrez "In the mood - Le Magazine" !

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    Après les 4 blogs (sur lesquels je continuerai à écrire autant), découvrez "In the mood - Le Magazine":

     http://inthemoodlemag.com 

     Les commentaires, critiques et suggestions sont les bienvenus.

     Pour en savoir plus sur les raisons de la création de ce 5ème blog, rendez-vous dans sa rubrique "A propos".

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  • Critique- Sortie DVD- "I'm still here" de Casey Affleck avec Joaquin Phoenix

    Ce 24 novembre est sorti en DVD "I'm still here" de Casey Affleck avec Joaquin Phoenix. Une bonne occasion de le découvrir si vous l'aviez manqué lors de sa sortie. Retrouvez ma critique ci-dessous.

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    C'est dans le cadre du dernier Festival Paris Cinéma que j'avais découvert en avant-première « I’m still here » de Casey Affleck (dont c’est le premier film en tant que réalisateur, acteur exceptionnel notamment dans « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » d’Andrew Dominik ou dans « Gone baby gone » de son frère Ben Affleck) et Tom Blomquist… quelques jours après avoir revu « Two lovers » de James Gray (ma critique en bonus en bas de cet article) dans le cadre de ce même festival.  « I’m still here » a déjà été présenté dans plusieurs festivals et non des moindres puisqu’il figurait en sélection officielle de la Mostra de Venise et du Festival International de Toronto.

    C’est justement après la fin du tournage de « Two lovers » que Joaquin Phoenix a (vraiment) annoncé qu’il voulait arrêter sa carrière pour… se consacrer à la musique. C’est son beau-frère Casey Affleck qui immortalise ces instants, pendant deux ans, de l’explication de ses motivations … à sa descente aux enfers…ou plutôt disons qu’il feint d’immortaliser ces instants puisque tout cela n’est que fiction même si pendant deux ans Joaquin Phoenix a tout fait pour (nous) laisser croire qu’il s’agissait de la réalité.

    Ce style hybride (apparent documentaire mais vraie fiction), ce jeu constant sur les frontières entre fiction et réalité ( il manipule la réalité comme les médias manipulent sa réalité) en font à la fois un film fascinant et agaçant, humble et présomptueux ; en tout cas un objet filmique singulier posant des questions passionnantes sur le statut de l’image (au double sens du terme d’ailleurs : image cinématographique et image de l’artiste).

     « I’m still here » est fascinant en ce qu’il dresse finalement bien moins le portrait d’un homme que celui de la société qui le regarde mais c’est en cela que c’est aussi effrayant d’ailleurs.  Barbe, cheveux hirsutes, tenue vestimentaire improbable et hygiène aléatoire : sa métamorphose physique s’accompagne d’une descente aux enfers mais,  plus que spectacle de sa propre déchéance, nous assistons  finalement davantage au spectacle de ceux qui regardent et se délectent de cette déchéance avec mépris, cynisme, voracité. Voracité médiatique mais aussi voracité du public. Une scène en est particulièrement significative : tandis que sur scène il ânonne tant bien que mal un pseudo rap aux paroles aussi nombrilistes qu’insultantes envers le public, et dramatiquement drôles, une marée de téléphones portables immortalise l’instant sans vergogne... et sans broncher.  Scène édifiante, cynique, dérangeante,  et finalement insultante pour le spectateur, miroir du public carnassier qui assiste à cette scène et se glorifie d’y assister. Parce que ne nous y trompons pas : s’il feint de se ridiculiser, de caricaturer l’artiste en pleine décadence,  c’est finalement lui, Joaquin Phoenix, qui en sort avec le beau rôle, paradoxalement le sien, celui de l’innocent broyé par un système face à notre inertie et notre délectation coupables.

     Certes, avant le spectateur, c’est le flux dévorant d’images médiatiques qui se nourrit sans recul de ses excès (drogue, sexe, humiliations : rien ne nous est épargné), qui absorbe sans s’interroger ou se remettre en questions, que stigmatise cette fiction aux airs trompeurs de documentaire mais c’est aussi le spectateur ou le citoyen lambda avec son téléphone portable qui en devient le complice ou l’instigateur. C’est alors faire preuve d’une certaine condescendance à l’égard du public : un public aveugle, crédule, manipulateur (d’images) manipulé et doublement manipulé. Manipulé dans le spectacle que Joaquin Phoenix lui a donné à voir pendant deux ans mais aussi manipulé dans celui qui se déroule sur l’écran. Seulement, si pour la première manipulation la supercherie a parfaitement fonctionné, la seconde (même pour un spectateur ignorant de l’histoire et du caractère fallacieux du documentaire) laisse trop souvent entrevoir son dispositif (rôle trop écrit de Puff Daddy et présence préalable de la caméra alors que celui-ci feint la surprise devant la présence de Joaquin Phoenix) pour que la manipulation fonctionne parfaitement puisque volonté de manipulation il y a bel et bien, le film étant qualifié de « documentaire ».   Il fallait en tout cas beaucoup d’audace, de détermination, de folie (ou plutôt au contraire de raison) pour continuer à jouer le jeu même pendant la promotion d’un sublime film comme « Two lovers » dont on ne peut s’empêcher de penser que ce buzz médiatique lui a nui.

     N’en demeure pas moins un film très malin dont le début fait intelligemment écho à la fin mais aussi au dernier rôle Joaquin Phoenix (de Leonard dans « Two lovers » qui au début du film se jette à l’eau) qui se jette aussi à l’eau (là aussi dans les deux sens du terme), accentuant les résonances entre fiction et (semblant de) réalité. Et si dans la fiction « Two lovers » cela a fait revenir  son personnage à la réalité, ici cela lui permet de tuer ce personnage qu’il a endossé pendant deux ans lors d’une très belle scène finale. D’ailleurs « I’m still here » contient plusieurs très beaux plans de cinéma qui signent la naissance d’un vrai cinéaste.

     Le scénario est finalement très habile, et même cyniquement drôle, parfois au détriment de ceux qui en sont les complices plus ou moins volontaires Malgré son narcissisme, sa condescendance, « I’m still here » est une œuvre passionnante, audacieuse, un saut dans le vide , une mascarade, une manipulation, une « performance artistique », un pied-de-nez à un afflux abêtissant d’images qu’il interroge intelligemment d’autant plus à une période où une affaire dont on ne sait plus très bien si elle est fiction ou réalité se déroule là aussi sur les yeux lunatiques, dévorants, carnassiers des médias et de citoyens devenus public.   Un film aussi malin que le « Pater » d’Alain Cavalier (même si je préfère et de loin celui de Casey Affleck), l’un et l’autre mettant en scène la réalité, un simulacre de réalité dont le réalisateur est le manipulateur et le spectateur la marionnette, victime d’images dont il est d’habitude le coupable, vorace et impitoyable filmeur. Une brillante inversion des rôles. Une démonstration implacable. A voir.

    Sachez enfin que Joaquin Phoenix (est-il besoin de l’ajouter, ici, remarquable) sera prochainement à l’affiche des films de James Franco, Steven Shainberg, Paul Thomas Anderson.

     Sortie en salles : le 13 juillet.

    Critique de "Two lovers" de James Gray

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     « Two lovers » sera également projeté au mk2 bibliothèque, vendredi 8  juillet, à 14H45.

     Direction New York, ville fétiche du cinéma de James Gray, où, après avoir tenté de se suicider,  un homme hésite entre suivre son destin et épouser la femme que ses parents ont choisie pour lui, ou se rebeller et écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, belle, fragile et inconstante, dont il est tombé éperdument amoureux, un amour dévastateur et irrépressible.

    L’intérêt de « Two lovers » provient avant tout des personnages, de leurs contradictions, de leurs faiblesses. Si James Gray est avant tout associé au polar, il règne ici une atmosphère de film noir et une tension palpable liée au désir qui s’empare du personnage principal magistralement interprété par Joaquin Phoenix avec son regard mélancolique, fiévreux, enfiévré de passion, ses gestes maladroits, son corps même qui semble  crouler sous le poids de son existence, sa gaucherie adolescente.

    Ce dernier interprète le personnage attachant et vulnérable de Leonard Kraditor (à travers le regard duquel nous suivons l’histoire : il ne quitte jamais l’écran), un homme, atteint d'un trouble bipolaire (mais ce n'est pas là le sujet du film, juste là pour témoigner de sa fragilité) qui, après une traumatisante déception sentimentale, revient vivre dans sa famille et fait la rencontre de deux femmes : Michelle, sa nouvelle voisine incarnée par Gwyneth Paltrow, et Sandra, la fille d’amis de ses parents campée par l’actrice Vinessa Shaw. Entre ces deux femmes, le cœur de Leonard va balancer…

    Il éprouve ainsi un amour obsessionnel, irrationnel, passionnel pour Michelle. Ces « Two lovers » comme le titre nous l’annonce et le revendique d’emblée ausculte  la complexité du sentiment amoureux, la difficulté d’aimer et de l’être en retour, mais il ausculte aussi les fragilités de trois êtres qui s’accrochent les uns aux autres, comme des enfants égarés dans un monde d’adultes qui n’acceptent pas les écorchés vifs. Michelle et Leonard ont, parfois, « l’impression d’être morts », de vivre sans se sentir exister, de ne pas trouver « la mélodie du bonheur ».

    Par des gestes, des regards, des paroles esquissés ou éludés, James Gray  dépeint de manière subtile la maladresse touchante d’un amour vain mais surtout la cruauté cinglante de l’amour sans retour qui emprisonne ( plan de Michelle derrière des barreaux de son appartement, les appartements de Leonard et Michelle donnant sur la même cour rappelant ainsi « Fenêtre sur cour » d’Hitchcock de même que la blondeur toute hitchcockienne de Michelle), et qui exalte et détruit.

    James Gray a délibérément choisi une réalisation élégamment discrète et maîtrisée et un scénario pudique et  la magnifique photographie crépusculaire de Joaquin Baca-Asay qui procurent des accents lyriques à cette histoire qui aurait pu être banale,  mais dont il met ainsi en valeur les personnages d’une complexité, d’une richesse, d’une humanité bouleversantes.  James Gray n’a pas non plus délaissé son sujet fétiche, à savoir la famille qui symbolise la force et la fragilité de chacun des personnages (Leonard cherche à s’émanciper, Michelle est victime de la folie de son père etc).

     Un film d’une tendre cruauté, d’une amère beauté, et parfois même d'une drôlerie désenchantée,  un thriller intime d’une vertigineuse sensibilité à l’image des sentiments qui s’emparent des personnages principaux, et de l’émotion qui s’empare du spectateur. Irrépressiblement. Ajoutez à cela la bo entre jazz et opéra ( même influence du jazz et même extrait de l’opéra de Donizetti, L’elisir d’amore, « Una furtiva lagrima » que dans  le chef d’œuvre de Woody Allen « Match point » dans lequel on retrouve la même élégance dans la mise en scène et la même "opposition" entre la femme brune et la femme blonde sans oublier également la référence commune à Dostoïevski… : les ressemblances entre les deux films sont trop nombreuses pour être le fruit du hasard ), et James Gray parvient à faire d’une histoire a priori simple un très grand film d’une mélancolie d’une beauté déchirante qui nous étreint longtemps encore après le générique de fin. Trois ans après sa sortie : d’ores et déjà un classique du cinéma romantique.

     
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