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  • Festival du Film Policier : de Cognac à Beaune

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    La dernière édition du Festival du Film Policier de Cognac a eu lieu 2002reduit.jpgen 2007. C'était alors la 25ème édition du Festival. Un festival que beaucoup, dont je fais partie, regrettaient. J'avais  en effet eu la chance d'y aller en 2002 pour les 20 ans du festival, étant alors membre de son jury Première (notre jury avait alors primé le film argentin "Les neuf reines" de Fabian Bielinsky),  et d'y retourner en 2003.

    Suite à un désaccord financier entre la municipalité et le Public Systeme Cinéma le festival avait donc cessé d'exister l'an passé. Il fut un moment question de la ville de Nice pour le reprendre mais 2003reduit.jpgc'est finalement en Bourgogne, dans la magnifique ville de Beaune, que se déroulera la prochaine édition du Festival du Film Policier, toujours organisé par le Public Système (qui organise également les Festivals du Cinéma Américain et Asiatique de Deauville, ainsi que le Festival de Gerardmer).

    Cette prochaine édition aura lieu du 1er au 5 Avril 2009. Au programme de cette édition 2009 : avant-premières de longs-métrages policiers, compétition de longs-métrages policiers internationaux et de courts.

     Je vous en reparlerai bien évidemment d'ici là.

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  • Avant-première à Canal plus-« Rock’NRolla » de Guy Ritchie : pour les amateurs du genre et seulement…

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    Après France 2, la semaine dernière et TCM il y a quelques semaines, je poursuivais hier  mon tour des chaînes de télévision avec Canal plus  (le tournage du Cercle avait eu lieu à l’extérieur, dans un vrai cercle de jeu et non dans les locaux de Canal plus) pour l’avant-première de Rock’NRolla de Guy Ritchie dont, il faut bien l’ avouer,  je découvrais hier par la même occasion le cinéma que je connaissais néanmoins de « renommée » avec des films comme « Arnaques, crimes et botanique » ou « Snatch » ou pour le film dans lequel il mettait en scène sa volcanique et célébrissime épouse, « A la dérive » (le titre du film, pas l’épouse, je connais les esprits mal tournés de certains qui auraient pu feindre d’ignorer la virgule ) et qui fut un échec retentissant.

    burn.jpgLa projection fut précédée de quelques bandes annonces exclusives « prêtées » par Studio Canal dont deux m’ont surtout marquée et donnée envie de les découvrir : « Burn after reading » des frères Coen (Sortie en salles : le 10 décembre 2008) et « Frost/Nixon » de Ron Howard (Sortie en salles : 14 janvier 2009)...Je trouve malheureusement celle d’ « Il Divo » (sortie en salles : le 31 décembre 2008) pas à la hauteur de ce film qui m’avait enthousiasmée lors du dernier Festival de Cannes et qui y a reçu le prix du jury, et que je vous recommande... 

     Caïd londonien, Lenny (Tom Wilkinson) travaille à l'ancienne. Ce qui ne l'empêche pas de savoir qui corrompre et de pouvoir faire pression sur n'importe quel ministre, promoteur immobilier ou malfrat en vue mais comme le lui dit Archy (Mark Strong), son fidèle lieutenant, Londres est en train de changer : les mafieux des pays de l'Est (décidément très à la mode pour incarner les « méchants » en ce moment), comme les petits voyous, cherchent tous à bouleverser les règles du milieu. Désormais, c'est toute la pègre londonienne qui tente de se remplir les poches en se disputant le coup du siècle. Mais c'est Johnny Quid (Tobby Kebbell), rock star toxico qu'on croyait mort (à peu près la définition du Rock’NRolla, chaque membre de l’équipe du film en ayant une définition différente), qui a les cartes bien en main...

      Il m’a fallu un temps certain pour m’accoutumer à l’univers du cinéaste, d’abord à la voix off omniprésente, omnisciente qui nous donne l’impression que le film n’est pas encore réellement commencé (en général les films américains affectionnent ce genre de bande annonce lyrique et assourdissante au début ou en pré-générique), mais en fait il ne commence jamais réellement puisque la bande annonce dure jusqu’au dénouement. Destinée à apporter un second ou un trente-sixième degré, et parfois un ton pseudo-lyrique, elle est finalement plutôt lassante.

     Ensuite il m’a fallu m’habituer au mélange d’humour et d’action que j’apprécie à hauteur de 5%-95% (oui, c’est un savant dosage, 5% parce que de nombreux grands films de gangsters usent d’ironie avec autant de parcimonie que de talent) à  moins qu’il s’agisse des frères Coen ou de Tarantino (quel qu’il soit, le dosage est toujours talentueux et efficace) mais rarement à 50%-50% comme c’est le cas apparemment dans le cinéma de Guy Ritchie qui s’est fait une spécialité des films de gangsters choraux mêlant humour et action.

     Je ne dirai pas que c’est mauvais, simplement je pense destiné à un public bien ciblé, plutôt masculin, plutôt jeune ou à tout public qui désire mettre ses neurones au repos pendant 1H40 (que les esprits mal tournés précités n’établissent aucune corrélation, c’est formidable de nous aider à mettre nos neurones au repos, encore que...autant d'agitation désordonnée pourrait bien les perturber).

     Le mélange d’action et d’humour fait passer le suspense à la trappe et fait passer l’intrigue au dernier plan (contrairement à un film comme « Le crime est notre affaire », certes très différent qui réussit son propre savant dosage 60/40).

    Guy Ritchie a déclaré « Je voulais évoquer la volonté de la nouvelle génération de malfrats d’investir le territoire de la vieille génération et d’en traiter les conséquences par la comédie ». L’aspect sociologique m’aura échappé. Décidément, j’étais sûrement ailleurs…

      Ajoutez à cela un tableau porte bonheur et une femme fatale qui finalement disparaissent sans plus d’explications et n’auront servi que de prétexte (de McGuffin sans le talent d’Hitchcock pour nous faire oublier que c’en était un)…  pour obtenir un mélange plutôt étrange.

     Ce « Rock’n’roll » m’aura un peu laissée sur le côté de la piste, en dehors de cette danse endiablée, échevelée, déconcertante et farfelue qui m’a profondément ennuyée malgré notamment une scène de poursuite objectivement réussie qui a suscité l’hilarité –presque-générale (mais c’est bien connu ceux qui rient font plus de bruits que les autres…ah si, j’ai beaucoup ri avec l’histoire de la métaphore des cigarettes, mais je crois bien que c’était le seul moment où il ne fallait pas).

     Dans le genre, Guy Ritchie a très certainement du talent. D’autres que moi sauront sans doute mieux l’apprécier. Je vous renvoie ainsi à un blog sur lequel vous trouverez une critique positive.

     Sortie en salles : le 19 novembre 2008

     Sandra.M

  • La Saint Narcisse...

    guide.jpgComme c’est aujourd’hui la Saint Narcisse, et que « bloguer » est quoiqu’il en soit un exercice intrinsèquement narcissique,  à cette occasion, et pour célébrer cette Saint Narcisse comme il se doit je vous informe qu' In the mood for cinema fait partie des 3 blogs cinéma référencés sur le Guide des Relations Presse et de la Communication 2008 (je sais, on s’approche de 2009 mais je viens seulement de l’apprendre!), avec deux blogs que j’apprécie autant que leurs auteurs et que je vous recommande : Les Nouveaux Cinéphiles et Sur la route du cinéma.

  • Avant-première - « Max Payne » de John Moore : une plongée dans les ténèbres

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    Si je n’y avais été invitée (en l’occurrence par la Fox), probablement ne serais-je pas allée voir ce film quoique… l’argument Mark Wahlberg (Les Infiltrés, La Nuit nous appartient…) à l’interprétation toujours aussi saisissante de film en film et le synopsis suivant m’y auraient peut-être incitée.

    Max Payne (Mark Wahlberg), un policier aux méthodes musclées, décide de quitter son travail pour s'occuper de sa famille. Malheureusement, le jour de son départ, sa femme et son bébé sont sauvagement assassinés. Max décide donc de revenir aux affaires, il n'a plus rien à perdre...

    Max Payne est le héros d’un jeu éponyme sorti en 2001 et vendu à près de sept millions d’exemplaires. Ce jeu finlandais a été développé par des passionnés de cinéma, il est de surcroît riche en références cinématographiques et son univers sombre est inspiré des films noirs. Une adaptation cinématographique s’imposait donc…

     Le premier atout du film, c’est l’interprétation de Mark Wahlberg (après ce que je vous ai dit ci-dessus, le contraire aurait été étonnant). Il interprète ce policier solitaire assoiffé de vengeance, cet homme brisé, dur et impassible avec la sobriété qui sied au personnage et, malgré sa violence, il induit l’empathie du spectateur, lequel, comme dans un jeu vidéo est d’ailleurs plongé au cœur de l’action, caméra subjective à l’appui, et déambule dans ces décors inquiétants à travers le regard déterminé et vengeur de Max Payne.

     Les décors : voilà justement le second atout du film. Ils nous immergent dans un univers onirique, lyrique, dans un New York inquiétant, fantomatique, sombre et stylisé, en plein hiver, au milieu d’une tempête de neige dont il faudra attendre la fin pour en sortir, et apercevoir la lueur salutaire du soleil , après cette plongée dans les ténèbres et ce monde de chaos. C’est donc un film obscur plus qu’un film noir, même si on retrouve certains éléments inhérents au genre : rues sombres, femme fatale (Natasha-Olga Kurylenko)…

     Pour le reste… le suspense est totalement absent contrairement à ce que le synopsis nous laissait espérer, et l’intrigue est davantage un prétexte aux séquences empreintes de surnaturel, aux ralentis, aux bullet-time avec une nouvelle caméra numérique permettant de filmer mille images par seconde (le réalisateur a eu recours à cette nouvelle technique pour ne pas imiter les inimitables : John Woo ou les frères Wachowski dans « Matrix »). Il s’agit  ainsi du premier scénario de long-métrage du scénariste Beau Thorne. Les personnages secondaires ont bien du mal à exister face à Max-Mark Payne-Wahlberg, en particulier Mila Kunis (Mona Sax, qui vient en aide à Max Payne, sa sœur Natasha -Olga Kurylenko, premier rôle féminin du prochain James Bond « Quantum of Solace »- ayant aussi été sauvagement assassinée)  dont le personnage n’apporte finalement rien à l’intrigue. Les monstres ailés sont finalement davantage la caution surnaturelle du film, inspirés des légendes nordiques. Dommage : l’idée de ces soldats invincibles  et d’une cruauté sans bornes devenus tels suite à des tests pharmaceutiques aurait pu avoir certains échos dans l’actualité et aurait pu être intéressante à creuser.

     Pour Mark Wahlberg et les décors, et pour amateurs d’univers obscurs dont même le rayon de soleil final ne parvient pas à nous faire sortir. (Le film, ce qui me semble d’ailleurs excessif, devait initialement être interdit aux moins de 17 ans aux Etats-Unis, sera finalement interdit aux moins de 13 ans).

     Site officiel: http://www.maxpayne-lefilm.com

     Sortie en salles: le 12 novembre

  • 20 représentations exceptionnelles de "Love letters" avec Alain Delon et Anouk Aimée: "In the mood for cinema" sera à la première

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    Les réservations sont ouvertes depuis avant-hier pour 20 représentations exceptionnelles de la pièce "Love letters" de A.R Gurney avec Anouk Aimée qui avait déjà tenu le rôle face à Philippe Noiret, rôle repris par Alain Delon qui met également la pièce en scène.

    Je regrettais de n'avoir pas vu la précédente version, en 2005, dans ce même théâtre, cette fois en revanche je serai présente à la première le vendredi 7 novembre pour vous en faire un compte-rendu sur "In the mood for cinema", dès le lendemain.

    Sujet: Phrases griffonnées sur des coins de cahier d’écolier, lettres d’amour d’adolescents, appels au secours d’adultes en proie au cours journalier des événements : Alexa (Anouk Aimée) et Thomas (Alain Delon) relisent les lettres qu’ils se sont écrites tout au long de leur vie. Ils nous révèlent ainsi leur intimité et la complexité de leurs sentiments .

    Informations pratiques

    Au théâtre de la Madeleine, du vendredi 7 novembre à 19H au samedi 29 novembre à 19H

    Du mardi au samedi à 19H, matinées le samedi à 16H.

    Réservations: 01-42-65-07-09 ou sur fnac.com ou sur la page internet du Théâtre de la Madeleine consacrée à "Love Letters".

    De 29€ à 49€ et 10€ ( - de 26 ans, selon disponibilités, mardi, mercredi, jeudi)

    Articles "In the mood for cinema" en rapport avec celui-ci:

    Critique de la pièce "Sur la route de Madison" avec Alain Delon, Mireille Darc

    Critique de "La piscine" de Jacques Deray avec Alain Delon, Romy Schneider

    Critique des "Montages russes" avec Alain Delon

    Critique du "Guépard" de Luchino Visconti avec Alain Delon, Claudia Cardinale...

    Soirée des 60 ans du Festival de Cannes 2007

  • Avant-première - « Secret Défense » de Philippe Haïm : un film de genre haletant, populaire et exigeant (critique et extrait exclusifs)

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    Les films d’espionnage sont plutôt rares dans le cinéma français, un genre que j’apprécie tout particulièrement, avec pour référence notamment « Les 3 jours du Condor » de Sydney Pollack mais aussi certains Hitchcock (le meilleur du genre étant pour moi « Les Enchaînés » que je ne me lasse jamais de revoir),  j’attendais donc ce « Secret Défense » avec beaucoup d’impatience… et j’avoue ne pas avoir été déçue. Le dernier film du genre qui m’a littéralement scotchée à mon fauteuil du premier au dernier plan est le dernier Jason Bourne,  « La Vengeance dans la peau », auquel ce « Secret Défense » emprunte quelques règles et peut se comparer sans avoir à en rougir…

    Synopsis : Chaque jour, en France, mouvements terroristes et services de renseignements se livrent une guerre sans merci au nom d'idéologies que tout oppose… pourtant, terroristes et agents secrets mènent presque la même vie. Condamnés à la clandestinité, ces stratèges de la manipulation obéissent aux mêmes méthodes. Alex  (Gérard Lanvin) et Al Barad (Simon Abkarian) sont deux d'entre eux. A la tête du contre-terrorisme de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) pour l'un et d'un réseau terroriste pour l'autre, ils s'affrontent en utilisant les armes dont les plus redoutables : les êtres humains. Secret défense raconte leur guerre secrète à travers les destins de Diane (Vahina Giocante), une étudiante recrutée par les services secrets français, et de Pierre (Nicolas Duvauchelle), un paumé qui croit trouver son salut dans le terrorisme. Formés et endoctrinés pour des missions qui les dépassent, tous deux sont pris dans un engrenage auquel ils ne semblent pas pouvoir échapper. Seront-ils, l'un et l'autre, sacrifiés au nom de leurs "nobles" causes ?

    Alors certes Philippe Haïm emprunte certaines règles aux films d’espionnage américains (montage nerveux, parallélisme de la narration, multiplicité de lieux avec cette manière d’inscrire leurs noms sur l’écran si spécifique au cinéma américain…) mais deux éléments  contribuent néanmoins à en faire  un film singulier : la comparaison établie entre les destins  des agents de la DGSE et des terroristes, le jeu de miroirs d’une part et l’énorme travail de documentation et de consultation effectué par le réalisateur d’autre part, ce dernier ayant notamment eu recours à de nombreux consultants (officiers des renseignements, spécialistes du Moyen-Orient, grand reporter...)

    Philippe Haïm a tout d’abord en effet eu l’excellente idée de mettre en parallèle les destins de deux êtres fragilisés, proies  idéales pour devenir un agent, une arme de la vérité d’un côté, une arme des terroristes de l’autre. Même si bien évidemment les motivations des deux « organisations » sont différents, leurs moyens de recrutement et même parfois d’action se révèlent similaires. Elles utilisent, manipulent et parfois broient des individus et recourent à l’illégalité, la manipulation, la violence pour découvrir la vérité pour l’une, pour terroriser de l’intérieur par la peur pour l’autre. Les destins des manipulateurs Alex et Al Barad, tous deux froids et calculateurs, sont donc mis en parallèle de même que ceux de leurs proies, Diane et Pierre. Entre la DGSE et les mouvements terroristes il s’agit d’une partie d’échecs dont Pierre et Diane sont les pions dont la fragilité est exploitée, tous deux en pleine déconstruction identitaire et/ou familiale. Diane a un lourd secret qu’elle ne veut pas que son petit ami (Aurélien Wiik, encore trop rare au cinéma) découvre et dont « le père » Alex la fait chanter. Pierre a rencontré en prison des terroristes en lesquels il croit découvrir une famille et qui vont ainsi l’enrôler, sa mère, son seul lien affectif l’ayant mis à la porte.

    La construction symétrique du scénario atteint son paroxysme lorsque les deux « proies » se rejoignent dans une scène d’une grande intensité qui n’a rien à envier à la saga des Jason Bourne et que je vous laisse découvrir.

    Non seulement la documentation mais l’intelligence du réalisateur en font un film aussi palpitant, distrayant qu’instructif (sur les méthodes de recrutement des deux camps, dans les prisons pour l’un, dans les universités pour l’autre,  sur le fonctionnement de la DGSE, des mouvements terroristes mais aussi sur la situation géopolitique contemporaine) qui évite également l’écueil de tout amalgame entre musulmans et intégristes notamment par les personnages de Leila (Rachida Brakni toujours excellente) et Ahmed (Mehdi Nebbou), agents de la DGSE qui s’attaquent au terrorisme au péril de leur vie, mais aussi à travers de petits rôles qui cherchent à détruire le « système » de l’intérieur.

    Tous les acteurs se révèlent impeccables au premier rang desquels Vahina Giocante,( ici étonnante,  qui sort  de ses rôles habituels d’ingénue sulfureuse, elle est ici parfaite, entre fragilité et détermination) à Rachida Brakni, Catherine Hiegel,  Mehdi Nebbou, Aurélien Wiik, Al Barad  et puis évidemment Gérard Lanvin pour qui « Un agent n’est pas un être humain, juste une arme. Rien de plus », impressionnant de détermination, de froideur, de maîtrise, de charisme dans son costume noir et son attitude imperturbable, et enfin Nicolas Duvauchelle en petit bandit sensible et influençable qui croit trouver le salut et une famille et qui trouvera sa perdition. Alex, Diane et Pierre ont en commun d’être dévorés par la solitude et les acteurs qui les incarnent font passer ce sentiment avec talent et justesse.

    Le seul reproche serait peut-être qu’à force de passer d’un personnage à un autre,  d’un lieu à un autre, (ce qui est certes nécessaire pour que le parallélisme fonctionne) Philippe Haïm lâche momentanément notre intérêt qu’il raccroche néanmoins rapidement. Peut-être aurait-il été intéressant de creuser la relation entre Jérémy et Diane, mais il est vrai que là n’était pas le sujet...

    La mise en scène est aussi nerveuse qu’efficace :  la caméra à l’épaule qui reflète le chaos intérieur des personnages, les gros plans qui reflètent leur détermination ou leurs doutes, leurs failles, le montage nerveux, le jeu de miroirs (au propre comme au figuré). Les décors entre couleurs grisâtres et sombres et couleurs immaculées des couloirs de la DGSE sans ouverture sur l’extérieur nous plongent aussi d’emblée dans cette atmosphère d’enfermement, de paranoïa, de claustrophobie, de secret, de monde parallèle, insondable, sous-terrain.

    Un film comme on en voit rarement et comme on aimerait en voir plus souvent dans le cinéma français qui a de surcroît le courage de s’attaquer à un sujet qui de part et d’autre risque de susciter des inimitiés mais dont le travail de documentation et la subtilité, l’absence de manichéisme constituent une réponse préalable et irréfutable aux critiques.

    Un film de genre haletant, très documenté, populaire et exigeant, aux interprètes irréprochables qu’ « In the mood for cinema » vous recommande.

    Durée : 1H40

    Site internet officiel du film : http://www.secretdefense-lefilm.com

    Sortie en salles : le 10 décembre 2008

    A suivre sur « In the mood for cinema » : la critique de « Max Payne » en avant-première, l’avant-première de « Rock’NRolla » de Guy Ritchie dans les locaux de Canal plus…

     Sandra.M

  • Avant-première- « J’irai dormir à Hollywood » : le palpitant road movie d’Antoine de Maximy

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    Hier soir se déroulait à l’UGC Les Halles, en présence de l'équipe du film, l’avant-première de « J’irai dormir à Hollywood » défini comme « le premier film de cinéma réalisé, filmé et interprété par une seule et unique personne ». Muni de deux caméras (des prototypes ), Antoine de Maximy connu pour l’émission « J’irai dormir chez vous » (dans laquelle il s’invite chez quelqu’un pour manger et dormir afin de mieux découvrir un pays et ses habitants, sur France 5 depuis 2004, il a ainsi déjà sillonné une trentaine de pays)  est en effet le réalisateur cameraman et interprète principal de ce film dans lequel il traverse les Etats-Unis d’Est en Ouest avec Hollywood en ligne de mire, là où il espère « se faire inviter chez une star pour la nuit. » Comme il n’a rien prévu, tout est possible, surtout dans le pays des mythes qui érige presque le « dream » en devise nationale… Vraiment ?

    Comédie, drame social, thriller : ce documentaire hybride que son auteur revendique avant tout comme un road movie est tout cela à la fois. Cela n’aurait pu être qu’un reportage ou une sorte de guide de voyage filmé (je pense d’ailleurs que l’office du tourisme américain serait loin de recommander ce film qui ne donne pas toujours une glorieuse image des Etats-Unis) mais la personnalité et la curiosité du réalisateur-cameraman-interprète font que c’est bien plus et bien mieux que cela. Son écoute, son humour, son excentricité (il tombera sur bien « pire » que lui…) le conduisent à faire des rencontres insolites, inquiétantes, instructives, touchantes dont nous sommes les témoins et les complices.  En train, en avion, à vélo,  en voiture, à pied…ou même dans un corbillard repeint en rouge, rien ne l’arrête pour parvenir à son but : rencontrer des gens d’ailleurs plutôt que « dormir chez une star à Hollywood », finalement le prétexte à ce voyage palpitant et ces rencontres marquantes.

     A travers ces destins qu’il croise et que sa caméra esquisse et dévoile, des destins parfois fracassés, c’est le portrait d’un pays qui se dessine.  Pas seulement le portrait de ses paysages grandioses, ses petites villes et ses gigantesques : New York, Miami, La Nouvelle Orléans, Las Vegas, les Canyons et tant d’autres lieux. Mais le portrait de ses blessures, ses craintes, ses failles. Et à quelques jours de l’élection présidentielle américaine ce documentaire-road movie s’avère particulièrement instructif, édifiant. Sur les tensions communautaires, l’insécurité et/ou la paranoïa, sur les laissés-pour-compte du système américain, pays le plus riche du monde mais certainement pas le plus altruiste, sur les injustices de son système judiciaire (comme cet homme, ancien du Vietnam, condamné à 15 ans de prison pour...port d’arme illégal.) Ce n’est plus l’Amérique riche et arrogante des blockbusters mais celle, à visage humain (inhumain parfois) de tous les jours, parfois blessée. Celle des Amish, des Navajos, des oubliés du drame de la Nouvelle Orléans, celle où l’American dream n’est qu’un concept abstrait. Ce sont des destins simples et incroyables, des personnalités touchantes qu’aurait pu inventer le meilleur des road movie. Sauf que  ces destins ne sont pas fictifs et donc d’autant plus touchants et marquants.

     A travers le regard amusé, sidéré, inquiet (voire terrifié : je vous laisse découvrir ces séquences où sa curiosité insatiable le mènent dans des situations à suspense) d’Antoine de Maximy, nous avons-nous aussi l’impression de partir à travers les Etats-Unis, de ressentir ses peurs et ses émotions. Je ne vous dis pas s’il atteindra son but de « dormir chez une star » mais qu’en tout cas la rencontre qu’il fera au dénouement sera sans doute une des plus belles et enrichissantes.

     La BO (signée Fabrice Viel et Béatrice Ardisson), certes magnifique, donne un ton plus branché, parfois décalé, à l’ensemble, et si elle est réussie elle est peut-être un peu trop présente. Qu’un regret finalement : que cela soit trop court, et que la durée rende certaines ellipses (regrettables) inéluctables.

     Au-delà de son aspect sociologique, c’est avant tout un film très drôle, truculent, épique, Antoine de Maximy sachant faire preuve de beaucoup d’autodérision, la caméra lui donnant du recul sur ce qu’il vit...et parfois du courage ! De ces rencontres intenses, il garde prend toujours les contacts mais a rarement des nouvelles. Nous en tout cas il nous en restera l’image indélébile d’une autre Amérique, surprenante, touchante, inquiétante, visuellement sublime parfois encore malgré tout. Celle d’un mythe confronté à sa réalité.

     Je vous recommande ce road-movie sans aucune réserve et aussi, puisque de documentaire il est question, l’excellent « La vie moderne » de Raymond Depardon qui sortira en salles mercredi prochain.

     Sortie en salles de « J’irai dormir à Hollywood » : le 19 novembre 2008

    Liens:

    Le site officiel de "J'irai dormir chez vous"

    La page d'Allociné consacrée à "J'irai dormir à Hollywood"

    Autre récit bloguesque de la soirée

    A suivre demain sur "In the mood for cinema": la critique de "Secret Défense" (avant-première), et après-demain celle de "Max Payne" (avant-première)...

    Sandra.M