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Un secret

  • Critique de UN SECRET de Claude Miller à 21H sur D8

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    Un petit garçon malingre, François,  voit indistinctement son image à travers un miroir tacheté de noir. Ce premier plan en dit déjà tellement… Puis, ce petit garçon, à travers son regard d’adulte, (interprété par Mathieu Amalric) nous raconte son histoire et celle de ses parents, Maxime (Patrick Bruel) et Tania (Cécile de France), l’histoire qu’il a apprise de la bouche de Louise (Julie Depardieu), la voisine et amie : l’histoire d’un secret.

    Dans un des plans suivants, le même petit garçon marche à côté de sa mère Tania, Tania dont on ne voit d’abord que le corps sculptural qui contraste tellement avec celui, si frêle, du petit garçon. Un petit garçon qui s’imagine un frère beau et glorieux au point de laisser une assiette à table pour lui, devant le regard terrassé de ses parents comme si le poids du secret, de cet enclos de silence, devenu celui de l’inconscient, avait tellement pesé sur sa famille qu’il avait deviné sans savoir.

    Les images du passé, en couleurs, alternent  judicieusement avec celles du présent, en noir et blanc, (dans le roman, le passé est écrit au présent et inversement) un présent que le passé pourtant si sombre, va venir éclairer en révélant l’existence de ce frère, Simon, à l’époque où Maxime s’appelait encore Grinberg et non Grimbert, ces deux lettres pour lui porteuses de mort, porteuses aussi de son douloureux secret profondément enfoui.

    Revenons à ce premier plan auquel de nombreux autres feront ensuite songer : ces plans de corps sublimes au bord de la piscine, au milieu de couleurs chaudes, d’une gaieté insolente. Le dos nu de Tania lorsque Maxime la voit pour la première fois. Son corps qui, dans une acrobatie parfaite, fend l’air et le bleu du ciel puis de la piscine, lorsqu’elle plonge. Les corps décharnés et sans vie des camps. Les corps, leur force et leur fragilité, symboles de vie et de mort, tout le temps mis en parallèle. Ce corps que Maxime sculpte jour après jour, ce corps qui nie presque son identité juive à une époque où le régime nazi fait l’apologie du corps, à une époque où les images de Jeux Olympiques filmées par Leni Riefenstahl défilent sur les écrans, à une époque où il faut porter une étoile sur le cœur, une étoile que Maxime refuse de porter, parce que, pour lui, montrer son identité juive signifie souffrir, mourir et faire prendre des risques à son enfant. Le corps, encore, de François, cet enfant si chétif que son père regarde avec des éclairs d’amertume, cet enfant qui « lui a échappé », cet enfant qui suscite une douloureuse et cynique réminiscence de son passé. Pourquoi ? C’est ce fameux secret que je ne vous dévoilerai pas ici. Celui de trois amours fous qui font déraisonner, qui s’entrechoquent finalement, qui se croisent et qui bouleversent plusieurs existences. 

     L’ambiguïté du personnage de Maxime parcourt et enrichit tout le film : Maxime qui exhibe son corps, qui nie presque sa judaïté, qui fera dire à son père sur le ton de l’humour, certes, qu’il a un fils antisémite, à qui dans son roman Philippe Grimbert attribue des « ambitions de dandy ». L’ambiguïté est encore accrue quand il tombe amoureux de Tania : une femme blonde aux yeux bleus, sportive comme lui, et ce qui n’arrange rien, sa belle sœur, dont il tombe amoureux, pour couronner le tout, le jour de son mariage. Tania, si différente de sa femme, Hannah (Ludivive Sagnier), la timide, la mère parfaite, plus mère que femme dans le regard de Maxime, dans son regard hypnotisé par Tania, son double, celle qui lui ressemble tellement. Hanah : celle pour qui Maxime  est pourtant tout. Et qui le signifiera tragiquement.

    Avec Un Secret, Claude Miller a fait beaucoup plus que transcrire en images le roman éponyme de Philippe Grimbert, il a écrit et réalisé une adaptation particulièrement sensible et personnelle, d’abord par la manière dont il filme les corps, les mains qui s’accrochent les unes aux autres, les mains qui en disent tant, et puis ces regards lourds de sens, de vie, de désespoir, de passion,  magnifiquement orchestrés par le chef d’orchestre Claude Miller pour nous donner cette mélodie bouleversante du passé. Par la manière dont présent et passé se répondent. Comme ce plan de François qui regarde son père à travers le grillage d’un court de tennis. Un grillage qui rappelle celui, abject, du passé, des camps.

    Passé et présent se répondent  constamment en un vibrant écho. L’entrelacement de temporalités rendait d’ailleurs le roman quasiment inadaptable, selon les propres propos de Philippe Grimbert. Claude Miller y est pourtant admirablement parvenu. Echo entre le passé et le présent donc, Echo c’est aussi le nom du chien dans le roman. Celui dont la mort accidentelle fera ressurgir le passé, cette douleur ineffable intériorisée pendant tant d’années. Maxime s’effondre alors sur la mort de son chien alors qu’il avait surmonté les autres. Il s’effondre, enfin abattu par le silence meurtrier, le poids du secret et de la culpabilité.

    Ce n’est pas « le » secret seulement que raconte ce film mais « un » secret, un secret parmi tant d’autres, parmi tous ceux que cette époque a engendrés.  Des secrets qui s’emboîtent et dont la révélation devient insoluble. Doit-on et peut-on tout dire ?

    La chanson de Charles Trenet, Tout ça c’est pour nous, est d’une douloureuse légèreté.  La musique, l’autre, pourtant sublime, qui était dans la première version que j’ai vue en février ne subsiste que dans la bande annonce : la preuve que Claude Miller a voulu éviter l’outrance mélodramatique. Son film n’en a pas besoin.

    Claude Miller signe en effet un film d’une intensité et d’une densité dramatiques rares, empreint de la passion irrépressible, tragiquement sublime, qui s’empare de Maxime et Tania. Il nous raconte une transgression amoureuse, une passion dévastatrice, une quête d’identité, un tango des corps : un grand film tout simplement où il témoigne de l’acuité de son regard de metteur en scène (il témoigne d’ailleurs aussi dans un autre sens : il témoigne aussi de son passé), de ces films qui vous font frissonner, vous étreignent, vous bouleversent, tout simplement et ne vous bouleversent pas avec des « recettes » mais subrepticement, sincèrement. 

     Claude Miller offre là à Ludivine Sagnier, Julie Depardieu, Patrick Bruel et Cécile de France un de leurs plus beaux rôles. Ces deux derniers ne jouent pas, leur passion dévaste l’écran, l’envahit, en déborde. Une fatale évidence.

    Le psychanalyste Philippe Grimbert a écrit ce livre, en grande partie autobiographique, après la découverte d’un cimetière de chiens dans le jardin de la fille de Pierre Laval. Là, les dates qui pourraient être celles d’enfants morts dans les camps, s’alignent avec obscénité, alors que les enfants morts pendant la guerre n’ont même pas eu de tombes, eux, n’ont pas eu droit à une sépulture et sont partis en fumée. De cette découverte indécente est né ce livre. Ce film et ce livre constituent le tombeau de ces enfants et participent au devoir de mémoire. Parce que l’oubli est une menace constante, parce que l’Histoire se complait trop souvent dans une amnésie périlleuse. Et puis,  pour que le petit garçon, qui a délivré son père de son secret, distingue enfin une image précise dans le miroir… L'image de son passé et de son identité et de son corps retrouvés.

  • Ce soir, ne manquez pas "Un Secret" de Claude Miller, à 20H35, sur France 3: critique du film

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    Ce soir, à 20H35, sur France 3, ne manquez pas "Un Secret" de Claude Miller, pour moi le meilleur film français de l'année 2007. 

     Un petit garçon malingre, François,  voit indistinctement son image à travers un miroir tacheté de noir. Ce premier plan en dit déjà tellement... Puis, ce petit garçon, à travers son regard d'adulte, (interprété par Mathieu Amalric) nous raconte son histoire et celle de ses parents, Maxime (Patrick Bruel) et Tania (Cécile de France), l'histoire qu'il a apprise de la bouche de Louise (Julie Depardieu), la voisine et amie : l'histoire d'un secret.

    Dans un des plans suivants, le même petit garçon marche à côté de sa mère Tania, Tania dont on ne voit d'abord que le corps sculptural qui contraste tellement avec celui, si frêle, du petit garçon. Un petit garçon qui s'imagine un frère beau et glorieux au point de laisser une assiette à table pour lui, devant le regard terrassé de ses parents comme si le poids du secret, de cet enclos de silence, devenu celui de l'inconscient, avait tellement pesé sur sa famille qu'il avait deviné sans savoir.

    Les images du passé, en couleurs, alternent  judicieusement avec celles du présent, en noir et blanc, (dans le roman le passé est écrit au présent et inversement) un présent que le passé pourtant si sombre, va venir éclairer en révélant l'existence de ce frère, Simon, à l'époque où Maxime s'appelait encore Grinberg et non Grimbert, ces deux lettres pour lui porteuses de mort, porteuses aussi de son douloureux secret profondément enfoui.

    Revenons à ce premier plan auquel de nombreux autres feront ensuite songer : ces plans de corps sublimes au bord de la piscine, au milieu de couleurs chaudes, d'une gaieté insolente. Le dos nu de Tania lorsque Maxime la voit pour la première fois. Son corps qui, dans une acrobatie parfaite, fend l'air et le bleu du ciel puis de la piscine, lorsqu'elle plonge. Les corps décharnés et sans vie des camps. Les corps, leur force et leur fragilité, symboles de vie et de mort, tout le temps mis en parallèle. Ce corps que Maxime sculpte jour après jour, ce corps qui nie presque son identité juive à une époque où le régime nazi fait l'apologie du corps, à une époque où les images de Jeux Olympiques filmées par Leni Riefenstahl défilent sur les écrans, à une époque où il faut porter une étoile sur le cœur, une étoile que Maxime refuse de porter, parce que, pour lui, montrer son identité juive signifie souffrir, mourir et faire prendre des risques à son enfant. Le corps, encore, de François, cet enfant si chétif que son père regarde avec des éclairs d'amertume, cet enfant qui « lui a échappé », cet enfant qui suscite une douloureuse et cynique réminiscence de son passé. Pourquoi ? C'est ce fameux secret que je ne vous dévoilerai pas ici. Celui de trois amours fous qui font déraisonner, qui s'entrechoquent finalement, qui se croisent et qui bouleversent plusieurs existences. 

     L'ambiguïté du personnage de Maxime parcourt et enrichit tout le film : Maxime qui exhibe son corps, qui nie presque sa judaïté, qui fera dire à son père sur le ton de l'humour, certes, qu'il a un fils antisémite, à qui dans son roman Philippe Grimbert attribue des « ambitions de dandy ». L'ambiguïté est encore accrue quand il tombe amoureux de Tania : une femme blonde aux yeux bleus, sportive comme lui, et ce qui n'arrange rien, sa belle sœur, dont il tombe amoureux, pour couronner le tout, le jour de son mariage. Tania, si différente de sa femme, Hannah (Ludivive Sagnier), la timide, la mère parfaite, plus mère que femme dans le regard de Maxime, dans son regard hypnotisé par Tania, son double, celle qui lui ressemble tellement. Hanah : celle pour qui Maxime  est pourtant tout. Et qui le signifiera tragiquement.

    Avec Un Secret, Claude Miller a fait beaucoup plus que transcrire en images le roman éponyme de Philippe Grimbert, il a écrit et réalisé une adaptation particulièrement sensible et personnelle, d'abord par la manière dont il filme les corps, les mains qui s'accrochent les unes aux autres, les mains qui en disent tant, et puis ces regards lourds de sens, de vie, de désespoir, de passion,  magnifiquement orchestrés par le chef d'orchestre Claude Miller pour nous donner cette mélodie bouleversante du passé. Par la manière dont présent et passé se répondent. Comme ce plan de François qui regarde son père à travers le grillage d'un court de tennis. Un grillage qui rappelle celui, abject, du passé, des camps.

    Passé et présent se répondent  constamment en un vibrant écho. L'entrelacement de temporalités rendait d'ailleurs le roman quasiment inadaptable, selon les propres propos de Philippe Grimbert. Claude Miller y est pourtant admirablement parvenu. Echo entre le passé et le présent donc, Echo c'est aussi le nom du chien dans le roman. Celui dont la mort accidentelle fera ressurgir le passé, cette douleur ineffable intériorisée pendant tant d'années. Maxime s'effondre alors sur la mort de son chien alors qu'il avait surmonté les autres. Il s'effondre, enfin abattu par le silence meurtrier, le poids du secret et de la culpabilité.

    Ce n'est pas « le » secret seulement que raconte ce film mais « un » secret, un secret parmi tant d'autres, parmi tous ceux que cette époque a engendrés.  Des secrets qui s'emboîtent et dont la révélation devient insoluble. Doit-on et peut-on tout dire ?

    La chanson de Charles Trenet, Tout ça c'est pour nous, est d'une douloureuse légèreté.  La musique, l'autre, pourtant sublime, qui était dans la première version que j'ai vue en février ne subsiste que dans la bande annonce : la preuve que Claude Miller a voulu éviter l'outrance mélodramatique. Son film n'en a pas besoin.

    Claude Miller signe en effet un film d'une intensité et d'une densité dramatiques rares, empreint de la passion irrépressible, tragiquement sublime, qui s'empare de Maxime et Tania. Il nous raconte une transgression amoureuse, une passion dévastatrice, une quête d'identité, un tango des corps : un grand film tout simplement où il témoigne de l'acuité de son regard de metteur en scène (il témoigne d'ailleurs aussi dans un autre sens : il témoigne aussi de son passé), de ces films qui vous font frissonner, vous étreignent, vous bouleversent, tout simplement et ne vous bouleversent pas avec des « recettes » mais subrepticement, sincèrement. 

     Claude Miller offre là à Ludivine Sagnier, Julie Depardieu, Patrick Bruel et Cécile de France un de leurs plus beaux rôles. Ces deux derniers ne jouent pas, leur passion dévaste l'écran, l'envahit, en déborde. Une fatale évidence.

    Le psychanalyste Philippe Grimbert a écrit ce livre, en grande partie autobiographique, après la découverte d'un cimetière de chiens dans le jardin de la fille de Pierre Laval. Là, les dates qui pourraient être celles d'enfants morts dans les camps, s'alignent avec obscénité, alors que les enfants morts pendant la guerre n'ont même pas eu de tombe, eux, n'ont pas eu droit à une sépulture et sont partis en fumée. De cette découverte indécente est né ce livre. Ce film et ce livre constituent le tombeau de ces enfants et participent au devoir de mémoire. Parce que l'oubli est une menace constante, parce que l'Histoire se complait trop souvent dans une amnésie périlleuse. Et puis,  pour que le petit garçon, qui a délivré son père de son secret, distingue enfin une image précise dans le miroir... L'image de son passé et de son identité et de son corps retrouvés.

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  • Palmarès du Festival du Film Romantique de Cabourg 2008

    cabourg2008JJJJ.jpgVoici le palmarès du 22ème Festival du Film Romantique de Cabourg dont le jury était cette année présidé par Jean-Pierre Denis. "In the mood for cinema" n'était pas présent au festival cette année. Vous pouvez néanmoins retrouver sur ce blog mes comptes-rendus des éditions 2005 et 2007 de ce festival:

    -Compte-rendu du Festival du Film Romantique de Cabourg 2005

    -Compte-rendu du Festival du Film Romantique de Cabourg 2007

    Site officiel du Festival du Film Romantique de Cabourg

     PALMARES COMPLET DU 22ème FESTIVAL DU FILM ROMANTIQUE DE CABOURG

    - Swann d'or de la meilleure actrice : Laetitia Casta pour NES EN 68

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    - Swann d'or du meilleur acteur : Patrick Bruel pour UN SECRET (Un film que je vous recommande de nouveau vivement, voir ma critique en cliquant ici)

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    - Swann d'or de la révélation féminine : Anne Marivin pour BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS (dommage que ce formidable festival ait lui aussi décidé de surfer sur la déferlante Ch’tis plutôt que de mettre en lumière une actrice dans un vrai rôle et qui l’aurait un peu moins été)

    - Swann d'or de la révélation masculine: Yannick Renier pour NES EN 68

    Long Métrage :

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    - Grand Prix du festival : A CASA DE ALICE de Chico Teixeira (film brésilien, sortie le 18 juin)

    - Prix du jury Jeunesse : CHERRY BLOSSOMS de Doris Dörrie

    Court Métrage:

    - Meilleur réalisateur : Samuel Tilman pour VOIX DE GARAGE

    - Meilleure actrice : Julie Gayet dans S’ELOIGNER DU RIVAGE de Xabi Molia

    - Meilleur acteur : Dominique Wittorski dans 6EME CIEL de Caroline Guth

    Nouvelle distinction créée en 2008, prix "Premiers rendez-vous" pour une première apparition à l'écran dans une production française:

    - Actrice: Constance Rousseau dans TOUT EST PARDONNE de Mia Hansen-Love

    - Acteur: Emile Berling dans LES HAUTS MURS de Christian Faure

    Deauvillehhh.jpgProchain festival de cinéma à suivre sur mes blogs: le 34ème  Festival du Cinéma Américain de Deauville en direct sur "In the mood for Deauville".

    Le festival aura lieu du 5 au 14 septembre prochain.

    Nous savons pour le moment seulement que Carole Bouquet en sera la présidente, succédant ainsi à André Téchiné.

  • In the mood for news 26: actualité cinématographique de la semaine du 9 Avril 2008

    Les films de la semaine du 9 Avril à l’affiche

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    « Sexy Dance 2 »de Jon Chu, avec Briana Evigan, Robert Hoffman et Telisha Shaw

    -Genre : Comédie Dramatique, Musique - Dure : 1H42 mn

    Pitch : Andie est une fille d’origine modeste, une rebelle qui s’efforce de trouver sa place au sein de la très respectable Maryland School of the Arts, sans renier pour autant ses racines et son vieux rêve : intégrer la troupe underground 410 qui rassemble les meilleurs danseurs de rue de Baltimore.  Chase est l’étudiant le plus brillant de la MSA - une star en devenir qui aspire à rompre avec les traditions et contraintes de la danse classique.

    «  Maxi Papa”   d'Andy Fickman avec Dwayne Johnson, Roselyn Sanchez, Kyra Sedgwick

    -Genre : Comédie, Jeunesse - Durée : 1H50 mn

    Pitch : Joe Kingman, robuste quarterback, star de l'équipe de Boston, est bien décidé à remporter le championnat. Véritable "célibattant",Kingman vit le rêve ultime : il est riche, célèbre et de toutes les fêtes. Mais son rêve s'écroule soudain quand il découvre qu'il a une fille de 8 ans. Alors qu'il vit le moment le plus important de sa carrière, il lui faut concilier ses cocktails VIP, ses entraînements et ses rendez-vous amoureux avec les cours de danse classique, les contes de fées et les poupées de sa fille.

    «  L'île De Nim »  de Jennifer Flackett et Mark Levin avec Gerard Butler, Jodie Foster et Abigail Breslin

    Pitch : Nim (Abigail Breslin) est une petite fille de 8 ans vivant avec son père (Gerard Butler) sur une île sauvage. Entre ses amis imaginaires (en particulier Alex Rover, un héros de romans d'aventure) et ses animaux de compagnie (un lion de mer, un pélican et un iguane) elle ne s'ennuie pas une seconde.

    «  Les Randonneurs à Saint Tropez »  de Philippe Harel avec Benoit Poelvoorde, Karin Viard, Géraldine Pailhas-(France)

    -Genre : Comédie - Durée : 1H45 mn

    Pitch : Nous avons quitté Cora, Nadine, Mathieu et son frère Louis, ceux que nous appelons dorénavant « Les randonneurs », il y a dix ans en Corse. Aujourd’hui, ils ont la quarantaine.  Ils sont toujours très liés et ont décidé de repartir une nouvelle fois en vacances ensemble, juste tous les quatre, comme avant. La randonnée, il faut bien l’avouer, ça n’était pas vraiment leur truc.

    « Mongol » de Sergei Bodrov, avec Tadanobu Asano

    Durée : 2H04 mn

    Pitch : Genghis Khan est entré dans l’Histoire comme le plus redoutable des maîtres de guerre et le plus puissant que la terre ait jamais portés. Son nom est synonyme de conquêtes sanglantes, de pouvoir absolu, mais bien peu connaissent l’histoire de l’homme qui se cache derrière la légende...  A l’âge de neuf ans, celui qui n’est alors connu que sous le nom de Témoudjin fait un voyage avec son père, un chef de clan, pendant lequel il rencontre Borte, une jeune fille malicieuse qu’il choisit comme fiancée.

     "Young Yakuza" ,  documentaire de Jean-pierre Limosin - (France)

    -Genre : Documentaire - Durée : 1H39 mn

    Pitch :Véritable plongée dans l'univers de la mafia japonaise, Young Yakuza est le récit initiatique d'une rencontre, celle d'un jeune homme désœuvré et d'un parrain, lui-même en pleine crise identitaire. Placé par sa mère en apprentissage au sein d'un clan mafieux, Naoki va découvrir le quotidien des Yakuzas pendant une année entière. Ensuite, il lui appartiendra de choisir : rester ou quitter ce monde qui s'accroche à son passé...

    « Désengagement » (Ad Vitam) de Amos Gitaï avec Juliette Binoche et Jeanne Moreau.

    Genre : Drame - Durée : 1H55 mn

    Pitch : Avignon, été 2005. Ana retrouve Uli, son demi-frère israélien, à l’occasion de la mort de leur père.

    Elle décide de retourner en Israël à la recherche de sa fille qu’elle a abandonnée à la naissance, 20 ans plus tôt. A leur arrivée, Ana et Uli sont pris dans la tourmente du retrait des colons de Gaza.

    "Les Seigneurs De La Mer", documentaire de Rob Stewart

    -Genre : Documentaire - Duree : 1H30 mn

    Pitch : Depuis l'enfance, Rob Stewart se passionne pour les requins. Il est devenu biologiste et photographe sous-marin afin de pouvoir nager avec eux, décrypter leurs mystères et déconstruire le mythe du requin mangeur d'hommes. Des dernières réserves du Costa-Rica jusqu'aux Îles Galapagos en passant par le Guatemala, Rob Stewart et l'équipage de l'activiste des mers Paul Watson, tentent de mettre en échec les braconniers à la solde de mafias asiatiques soutenues par des gouvernements corrompus. Il y va de l'équilibre écologique de la planète... A la fois document militant et acte d'amour, entre scènes violentes et images d'une grande beauté, Les Seigneurs De La Mer plaide pour l'urgente sauvegarde des requins.

    « Pénélope »  de Mark Palansky avec Christina Ricci et Reese Witherspoon

    - (Etats-Unis)-Genre : Fantastique, Drame - Durée : 1H43 mn

    Pitch : Une sorcière a jeté un sort sur la première fille qui nait dans la famille Wilhern : Pénélope. Pour y échapper, elle devra épouser un garçon issu de la noblesse. Pénélope est une romantique. Elle décide de fuir loin de sa famille et d’affronter le monde. Elle découvrira que le mauvais sort, il faut l’ignorer et s’accepter telle qu’elle est.

     

    « Lady Jane » de Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, Jean-pierre Darroussin, Gérard Meylan, Frédérique Bonnal, Jacques Boudet, Yann Tregouët

    -(France)-Genre : Policier - Durée : 1H42 mn

    Pitch : À l’époque où les Rolling Stones chantaient « Lady Jane », Muriel, François et René, amis d’enfance, nés dans les ruelles populaires de Marseille distribuaient des fourrures volées à toutes les ouvrières de leur quartier. Ils cessèrent leurs cambriolages après avoir tué un bijoutier dans un parking et, pour se faire oublier, ne se virent plus jusqu’au jour où le fils de Muriel est enlevé… La bande se reforme alors pour réunir l’argent de la rançon.

    «  Petites Révélations »  de Marie Vermillard

    -(France)-Genre : Court-métrage, Drame - Durée : 55 mn

    Pitch : Les gens se croisent, se regardent, se parlent, s’écoutent. 19 moments de trouble intime qui transforment le quotidien en « Petites révélations »... Ce court-métrage est composé comme un recueil de nouvelles. Il s’agit d’une série de séquences mettant en scène des personnages et des situations différents qui ont comme point commun de décrire le moment apparemment anodin d’un instant révélateur qui est soudain mis en avant.

     « The Eye »  de Xavier Palud et David Moreau, avec Jessica Alba, Alessandro Nivola, Parker Posey

    - (Etats-Unis)-Genre : Horreur - Durée : 1H37 mn

    Pitch :Célèbre violoniste, Sydney Wells est belle, intelligente, très indépendante... et aveugle, depuis ce tragique accident qui lui a coûté la vue quand elle était enfant.  Sydney vient de subir une double transplantation de la cornée. Après vingt ans dans le noir, elle pourra bientôt enfin revoir. Le Dr Paul Faulkner est chargé de l’aider à surmonter les difficultés qui accompagnent le fait de retrouver la vue.

     "L'Ombre De Bogota" de Ciro Guerra

    Durée : 1H29 mn

    Pitch : La Sombra del Caminante nous plonge en plein cœur des bas fonds colombiens dans la cité de Bogota. C’est l’histoire de Mañe qui traverse une situation économique difficile. Victime de son handicap, après la perte de l’utilisation de ses jambes, Mañe ne parvient pas à retrouver du travail et payer son loyer.

     « Le Voyage Perpétuel »  d'Anastasia Lapsui et de Makku Lehmuskallio

    - (Finlande)-Genre : Documentaire - Durée : 1H18 mn

    Pitch : La vie quotidienne des Nenets dans la toundra du Grand Nord est à nouveau au centre du dernier film des deux cinéastes finlandais. Ils en font ici la substance presque irréelle d'une ample méditation sur la présence des hommes dans ce désert de glace. Une méditation sur l'essence de cette vie emportée régulièrement ailleurs par les saisons, par le lien charnel au troupeau.

    « Les Jeux De L'Amour et De La Guerre » de Arthur Hiller avec James Garner et Julie Andrews.

    - (Etats-Unis)-Durée : 115 mn

    Pitch : Mai 1944. L'amiral américain Jessup arrive à Londres suivi de ses rabatteurs, officiers spécialement chargés de veiller à ce que tous ses désirs soient réalisés. Parmi eux, le lieutenant Madison qui s'éprend de son très britannique chauffeur Emily, une jeune veuve qui lui rend son affection tout en lui reprochant sa lâcheté.

    Le DVD de la semaine

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    « Un secret » de Claude Miller, LE film français de 2007, est sorti en DVD depuis le 3 Avril, je vous le recommande sans réserves ! Pour lire ma critique cliquez ici.

    Les chiffres de la semaine

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    « Bienvenue chez les Ch’tis » de Dany Boon continue son ascension irrationnelle et vient de dépasser déjà de 200000 entrées « La Grande Vadrouille » de Gérard Oury. Même si le très caricatural « Disco » a atteint plus de 90000 spectateurs en moins d’une semaine, « Bienvenue chez les ch’tis » a encore attiré 706000 spectateurs en 5 jours.

  • In the mood for news 19: actualité cinématographique de la semaine du 20 février 2008

    César 2008

    1b0ead199df1ec69c0ebacae4a3141ed.jpgLes César dévoileront leur palmarès ce soir, à 21H, en clair, sur Canal plus, lors d’une cérémonie présidée par Jean Rochefort, présentée par Antoine de Caunes.

    Je vous invite à relire mon article consacré aux César sur lequel figure le détail de toutes les nominations, et à partir duquel vous pourrez accéder à mes critiques des films en sélection, ainsi qu'à mon propre choix quant au palmarès.

     Je vous invite également à consulter le blog de Canal plus entièrement consacré à la cérémonie.

    Demain, vous pourrez lire ici le détail du palmarès. Je vous invite également à faire part de vos pronostics et/ou choix...

    Oscars 2008

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    Le 24 février, ce sont les Oscars qui dévoileront leur palmarès que vous pourrez également retrouver ici. En attendant, je vous invite à lire mon article consacré aux nominations.

    Les 10  films à l’affiche cette semaine

    Je n’ai encore vu aucun de ces films mais vous pourrez très prochainement lire ma critique de « Paris » de Cédric Klapisch.

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      « L'ÉTAT DU MONDE »  -Réalisé par Chantal Akerman  -Avec Jenjira Jansuda, Sakda Kaewbuadee, Babu Santana, José Alberto Silva, Lucinda Tavares, 

    Genre : Programme de courts métrages | Durée : 01h45min 

    « REDACTED »  -Réalisé par Brian De Palma 

    Avec Daniel Stewart Sherman, Kel O'Neill, Rob Devaney, Izzy Diaz, Ty Jones, 

    Genre : Drame, Film de guerre | Durée : 01h30min 

      « LA FAMILLE SAVAGE »  -Réalisé par Tamara Jenkins 

    Avec Philip Bosco, Peter Friedman, Laura Linney, Philip Seymour Hoffman, David Zayas, Gbenga Akinnagbe, 

    Genre : Comédie dramatique | Durée : 01h53min 

    «   LE CAHIER »  Réalisé par Hana Makhmalbaf 

    Avec Nikbakht Noruz, Abdolali Hoseinali, Abbas Alijome, 

    Genre : Drame | Durée : 01h21min 

    «  UN CHÂTEAU EN Espagne »  -Réalisé par Isabelle Doval 

    Avec Angela Molina, Anne Brochet, Lluis Homar, Stéphane Freiss, Jean Senejoux, Martin Jobert, 

    Genre : Comédie dramatique | Durée : 01h33min 

     «  PARIS »  -Réalisé par Cédric Klapisch 

    Avec Fabrice Luchini, Romain Duris, Juliette Binoche, Albert Dupontel, François Cluzet, 

    Genre : Comédie dramatique | Durée : 02h10min 

     « JUMPER »  Réalisé par Doug Liman 

    Avec Diane Lane, Jamie Bell, Hayden Christensen, Rachel Bilson, Samuel L. Jackson, 

    Genre : Action, Science-fiction | Durée : 01h35min 

      « LE VOYAGE À PANAMA » - Réalisé par Martin Otevrel 

    Genre : Animation | Durée : 01h15min 

     «  UNE ÉTOILE EST NÉE » Réalisé par George Cukor 

    Avec Judy Garland, Jack Carson, Amanda Blake, Tommy Noonan, Lucy Marlowe, James Mason, Charles Bickford, 

    Genre : Drame | Durée : 2h49min 

    «  PRINCE VAILLANT »  Réalisé par Henry Hathaway  -Avec Sterling Hayden, Donald Crisp, Janet Leigh, Debra Paget, Robert Wagner, James Mason, 

    Genre : Aventure | Durée : 1h40min 

    Palmarès de la 58ème édition de la Berlinale

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    Our d’Or - Meilleur Film : Tropa de Elite – "The Elite Squad" de José Padilha
    Ours d’Argent - Grand Prix du Jury : "Standard Operating Procedure" de Errol Morris
    Ours d’Argent - Meilleur Réalisateur : Paul Thomas Anderson pour "There Will Be Blood"
    Ours d’Argent – Prix d’Interprétation Féminine: Sally Hawking pour "Happy-Go-Lucky "
    Ours d’Argent – Prix d’Interprétation Masculine : Reza Najie pour "Avaze Gonjeskh-ha" – The Song of Sparrows de Majid Majidi
    Ours d’Argent – Meilleure Contribution Artistique : Jonny Greenwood pour la musique de "There Will Be Blood" de Paul Thomas Anderson
    Ours d’Argent - Meilleur Scénario: Wang Xiaoshuai pour "Zuo You "–" In Love we trust"
    Prix Alfred Bauer – fondateur du festival - pour un film qui ouvre de nouvelles perspectives dans l’art cinématographique: "Lake Tahoe" de Fernando Eimbcke

    Palmarès des étoiles  d'or du cinéma français

    eef3265f2819447b5887274dcefc2d89.jpgPour la 9ème édition la presse française dévoilait son palmarès de l’année cinématographique 2007 avec ses « étoiles d’or ».  (Site officiel : http://www.etoilesducinema.fr )

    Jeanne Moreau qui recevra un César d’honneur ce soir a également reçu une « étoile d’or d’honneur ».

     La presse a largement récompensé « La graine et le mulet » d’Abdellatif Kechiche. En sera-t-il de même pour les professionnels ce soir aux César ? A suivre, ce soir, sur Canal plus, puis à lire sur « In the mood for cinema ».

    Etoile d'Or du Film

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    "La Graine et le mulet" (Abdellatif Kechiche)

    Etoile d'Or du Réalisateur

    Abdellatif Kechiche ("La Graine et le mulet")

    Etoile d'Or du Scénario

    "La Graine et le mulet" (Abdellatif Kechiche)

    Etoile d'Or du Premier Film

    "Persepolis" (Marjane Satrapi)

    "Persepolis" (Vincent Paronnaud)

    Etoile d'Or du Documentaire

    "L'Avocat de la terreur" (Barbet Schroeder)

    Etoile d'Or du 1er Rôle féminin

    Isabelle Carré ("Anna M.")

    Marion Cotillard ("La Môme")

    Etoile d'Or du 1er Rôle masculin

    Mathieu Amalric ("Le Scaphandre et le papillon")

    Etoile d'Or de la Révélation féminine

    Hafsia Herzi ("La Graine et le mulet")

    Etoile d'Or de la Révélation masculine

    Jocelyn Quivrin ("99 F")

    Andy Gillet ("Les Amours d'Astrée et de Céladon")

    Etoile d'Or du Compositeur de musique originale

    "Les Chansons d'amour" (Alex Beaupain)

    Etoile d'Or du Producteur

    Jérôme Seydoux

    Etoile d'Or du Distributeur

    François Ivernel

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    Pendant toute la journée du 17 et du 18 février l’Espace Pierre Cardin, où eut lieu la remise des Etoiles d’or, a également été le théâtre de conférences et notamment d’une instructive Master Class sur la place du lieu dans l’écriture du scénario, avec Olivier Lorelle (président de l’UGS et notamment scénariste d’ « Indigènes » de Rachid Bouchareb), Jérôme Soubeyrand( ancien président de l’UGS et notamment scénariste de « Tout pour plaire ») et Guillaume Laurant (notamment scénariste d’ « Amélie Poulain » de Jean-Pierre Jeunet). Quelle étrange sensation pour moi de me retrouver dans cette salle, et de surcroît pour une master class sur le scénario, 10 ans après, presque jour pour jour,  ma participation au jury jeunes du Festival de Paris dont une partie des projections se déroulaient alors à l’Espace Pierre Cardin. Les yeux toujours remplis d’étoiles. D’or. Du septième art. 10 ans de pérégrinations pour que l’écriture, scénaristique ou autre, passion viscérale et insatiable,  s’assume et même se revendique comme un désir et une nécessité. 10 ans de rencontres cinématographiques, sur l’écran et pas seulement: passionnantes, parfois, improbables, souvent. 10 ans pour se retrouver dans cette même salle rouge, intime, éveilleuse de rêves, écrin de tant de souvenirs insolites, magiques, déterminants.

    57d85e861f51c8ba9ba00e9e5ffa8dbb.jpgLa semaine dernière, à la SACD, avait également lieu une rencontre sur l’adaptation b9aac7192cb9dacd8be0e38cf0ba71f1.jpgcinématographique. ( 4 conférences annuelles destinées aux auteurs sont organisées par le CNC et la SACD, la salle est très petite, il est donc recommandé de s’inscrire très tôt ; la prochaine rencontre aura pour thème « Quels tremplins pour la télévision pour les auteurs débutants », le 1er Avril, à 14H, au CNC). Lors de cette conférence Claude Miller et Philippe Grimbert ont évoqué leurs visions respectives de l’adaptation, Philippe Grimbert a souligné à quel point Claude Miller a « bien trahi » son œuvre pour l’adaptation d’ « Un secret » (dont je ne dirai jamais assez à quel point c’est une œuvre magnifique), tout en révélant qu’un casting de réalisateurs avait précédé ce choix. Il était d’ailleurs amusant de constater que lors de la masterclass à l’Espace Cardin, Guillaume Laurant a « commis » un lapsus révélateur en disant « adoption » et non « adaptation » à propos de « Je m’appelle Elisabeth » de Jean-Pierre Améris qu’il a ada(o)pté, alors que, à la SACD, quelques jours plus tôt Philippe Grimbert (auteur d’ « Un secret » mais aussi psychanalyste)  soulignait la fréquence et l’intérêt de ce lapsus chez les scénaristes.

    Le scénario, objet éphémère, superflu pour certains, nécessaire (pour d’autres, pour moi), ou même indispensable,   avec la grève des scénaristes américains (désormais terminée) et l’actuel combat des scénaristes français (et notamment de l’UGS) pour la reconnaissance d’un statut n’a jamais autant été au centre des débats…et c’est tant mieux ! Nous regarderons donc avec d’autant plus d'attention qui sera récompensé ce soir: qui de "La Môme", "La graine et le mulet" (mon propre choix), "2 days in Paris", "Molière" obtiendra le César du meilleur scénario original et si "Un secret" obtiendra le César de la meilleure adaptation, ce que je lui souhaite…

    Sandra.M

  • "Un secret" de Claude Miller: le vibrant écho du passé

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     Un petit garçon malingre, François,  voit indistinctement son image à travers un miroir tacheté de noir. Ce premier plan en dit déjà tellement… Puis, ce petit garçon, à travers son regard d’adulte, (interprété par Mathieu Amalric) nous raconte
    son histoire et celle de ses parents, Maxime (Patrick Bruel) et Tania (Cécile de France), l’histoire qu’il a apprise de la bouche de Louise (Julie Depardieu), la voisine et amie : l’histoire d’un secret.

    Dans un des plans suivants, le même petit garçon marche à côté de sa mère Tania, Tania dont on ne voit d’abord que le corps sculptural qui contraste tellement avec celui, si frêle, du petit garçon. Un petit garçon qui s’imagine un frère beau et glorieux au point de laisser une assiette à table pour lui, devant le regard terrassé de ses parents comme si le poids du secret, de cet enclos de silence, devenu celui de l’inconscient, avait tellement pesé sur sa famille qu’il avait deviné sans savoir.

    Les images du passé, en couleurs, alternent  judicieusement avec celles du présent, en noir et blanc, (dans le roman le passé est écrit au présent et inversement) un présent que le passé pourtant si sombre, va venir éclairer en révélant l’existence de ce frère, Simon, à l’époque où Maxime s’appelait encore Grinberg et non Grimbert, ces deux lettres pour lui porteuses de mort, porteuses aussi de son douloureux secret profondément enfoui.

    Revenons à ce premier plan auquel de nombreux autres feront ensuite songer : ces plans de corps sublimes au bord de la piscine, au milieu de couleurs chaudes, d’une gaieté insolente. Le dos nu de Tania lorsque Maxime la voit pour la première fois. Son corps qui, dans une acrobatie parfaite, fend l’air et le bleu du ciel puis de la piscine, lorsqu’elle plonge. Les corps décharnés et sans vie des camps. Les corps, leur force et leur fragilité, symboles de vie et de mort, tout le temps mis en parallèle. Ce corps que Maxime sculpte jour après jour, ce corps qui nie presque son identité juive à une époque où le régime nazi fait l’apologie du corps, à une époque où les images de Jeux Olympiques filmées par Leni Riefenstahl défilent sur les écrans, à une époque où il faut porter une étoile sur le cœur, une étoile que Maxime refuse de porter, parce que, pour lui, montrer son identité juive signifie souffrir, mourir et faire prendre des risques à son enfant. Le corps, encore, de François, cet enfant si chétif que son père regarde avec des éclairs d’amertume, cet enfant qui « lui a échappé », cet enfant qui suscite une douloureuse et cynique réminiscence de son passé. Pourquoi ? C’est ce fameux secret que je ne vous dévoilerai pas ici. Celui de trois amours fous qui font déraisonner, qui s’entrechoquent finalement, qui se croisent et qui bouleversent plusieurs existences. 

    09816a19f6ce3e65072514e6bcdcd29d.jpg L’ambiguïté du personnage de Maxime parcourt et enrichit tout le film : Maxime qui exhibe son corps, qui nie presque sa judaïté, qui fera dire à son père sur le ton de l’humour, certes, qu’il a un fils antisémite, à qui dans son roman Philippe Grimbert attribue des « ambitions de dandy ». L’ambiguïté est encore accrue quand il tombe amoureux de Tania : une femme blonde aux yeux bleus, sportive comme lui, et ce qui n’arrange rien, sa belle sœur, dont il tombe amoureux, pour couronner le tout, le jour de son mariage. Tania, si différente de sa femme, Hannah (Ludivive Sagnier), la timide, la mère parfaite, plus mère que femme dans le regard de Maxime, dans son regard hypnotisé par Tania, son double, celle qui lui ressemble tellement. Hanah : celle pour qui Maxime  est pourtant tout. Et qui le signifiera tragiquement.

    Avec Un Secret, Claude Miller a fait beaucoup plus que transcrire en images le roman éponyme de Philippe Grimbert, il a écrit et réalisé une adaptation particulièrement sensible et personnelle, d’abord par la manière dont il filme les corps, les mains qui s’accrochent les unes aux autres, les mains qui en disent tant, et puis ces regards lourds de sens, de vie, de désespoir, de passion,  magnifiquement orchestrés par le chef d’orchestre Claude Miller pour nous donner cette mélodie bouleversante du passé. Par la manière dont présent et passé se répondent. Comme ce plan de François qui regarde son père à travers le grillage d’un court de tennis. Un grillage qui rappelle celui, abject, du passé, des camps.

    a788e745b9da21fec24ae9070ccbaa56.jpgPassé et présent se répondent  constamment en un vibrant écho. L’entrelacement de temporalités rendait d’ailleurs le roman quasiment inadaptable, selon les propres propos de Philippe Grimbert. Claude Miller y est pourtant admirablement parvenu. Echo entre le passé et le présent donc, Echo c’est aussi le nom du chien dans le roman. Celui dont la mort accidentelle fera ressurgir le passé, cette douleur ineffable intériorisée pendant tant d’années. Maxime s’effondre alors sur la mort de son chien alors qu’il avait surmonté les autres. Il s’effondre, enfin abattu par le silence meurtrier, le poids du secret et de la culpabilité.

    Ce n’est pas « le » secret seulement que raconte ce film mais « un » secret, un secret parmi tant d’autres, parmi tous ceux que cette époque a engendrés.  Des secrets qui s’emboîtent et dont la révélation devient insoluble. Doit-on et peut-on tout dire ?

    La chanson de Charles Trenet, Tout ça c’est pour nous, est d’une douloureuse légèreté.  La musique, l’autre, pourtant sublime, qui était dans la première version que j’ai vue en février ne subsiste que dans la bande annonce : la preuve que Claude Miller a voulu éviter l’outrance mélodramatique. Son film n’en a pas besoin.

    Claude Miller signe en effet un film d’une intensité et d’une densité dramatiques rares, empreint de la passion irrépressible, tragiquement sublime, qui s’empare de Maxime et Tania. Il nous raconte une transgression amoureuse, une passion dévastatrice, une quête d’identité, un tango des corps : un grand film tout simplement où il témoigne de l’acuité de son regard de metteur en scène (il témoigne d’ailleurs aussi dans un autre sens : il témoigne aussi de son passé), de ces films qui vous font frissonner, vous étreignent, vous bouleversent, tout simplement et ne vous bouleversent pas avec des « recettes » mais subrepticement, sincèrement. 

     Claude Miller offre là à Ludivine Sagnier, Julie Depardieu, Patrick Bruel et Cécile de France un de leurs plus beaux rôles. Ces deux derniers ne jouent pas, leur passion dévaste l’écran, l’envahit, en déborde. Une fatale évidence.

    Le psychanalyste Philippe Grimbert a écrit ce livre, en grande partie autobiographique, après la découverte d’un cimetière de chiens dans le jardin de la fille de Pierre Laval. Là, les dates qui pourraient être celles d’enfants morts dans les camps, s’alignent avec obscénité, alors que les enfants morts pendant la guerre n’ont même pas eu de tombe, eux, n’ont pas eu droit à une sépulture et sont partis en fumée. De cette découverte indécente est né ce livre. Ce film et ce livre constituent le tombeau de ces enfants et participent au devoir de mémoire. Parce que l’oubli est une menace constante, parce que l’Histoire se complait trop souvent dans une amnésie périlleuse. Et puis,  pour que le petit garçon, qui a délivré son père de son secret, distingue enfin une image précise dans le miroir… L'image de son passé et de son identité et de son corps retrouvés.

     Sandra.M

  • In the mood for news (3): semaine du 3 octobre

    L’info festivals de la semaine

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    Le Festival du Film Britannique de Dinard débute demain J’y serai pour la neuvième année consécutive. Vous pourrez lire mes reportages en direct à partir de demain donc (si possible, sinon vous pourrez évidemment lire un compte-rendu exhaustif à mon retour). Je vous ai déjà dévoilé la programmation dans mes précédents articles. (cliquez ici pour y accéder)

     Voici quelques conseils pratiques si vous désirez venir au festival:

    - Les accréditations (professionnelles) et les pass  (vendus au public à Dinard début juin) ne sont plus délivrés mais vous pouvez en revanche acheter des tickets à la séance pour 5 euros, dans les salles où les films sont projetés. Il vous faudra néanmoins arriver assez à l’avance aux projections. (Renseignements: cliquez ici)

    - Pour le logement, vous trouverez tous les renseignements nécessaires (ici) : comptez plutôt sur la chance et un désistement car tous les hôtels de Dinard sont complets.

    Le Festival du Film Britannique de Dinard ne ressemble à aucun autre festival : surtout pas à Cannes, ni même à Deauville. La convivialité et la cinéphilie y priment avant tout. Je vous le recommande.

    -Pour tout savoir pour venir au festival: cliquez ici.

    -Pour accéder à la grille de programmation, cliquez ici.

    -Autres liens utiles:

    -Site officiel du Festival du Film britannique 2007

    -Le Web de la feuille du festival

    -Mon compte-rendu du Festival du Film Britannique de Dinard 2006

    -Mon compte-rendu du Festival 2005

    -Site officiel de l'Office de Tourisme de Dinard

    Le film de la semaine: Un Secret de Claude Miller

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     Vous pourrez lire ma critique ici dans la soirée. J’ai eu la chance de voir ce film en projection test en début d’année. Je me revois encore ressortir de la salle, ébranlée, bouleversée aussi, comme ayant reçu un vrai coup de poing cinématographique,  historique, émotionnel aussi, peut-être davantage, il est vrai. Je retourne donc le voir cet après-midi pour vous en écrire une critique et vous parler du livre de Philippe Grimbert qui l’a inspiré aussi, une critique  je l’espère plus cinématographique qu’émotionnelle : je ne promets rien. En tout cas, d’ores et déjà, je vous recommande ce film : à voir absolument !

    Le rattrapage de la semaine : La face cachée de Bernard Campan

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    A priori le style, intimiste,  sied mal à un ancien Inconnu. Mais après tout le cinéma est là pour bousculer les préjugés. Se souvenir de Se souvenir des belles choses : Bernard Campan y campait déjà un personnage à des années lumière de ceux qu’il a interprétés  avec les Inconnus, avec beaucoup de justesse.

     Après des années de vie commune,  Isa et François ne se voient plus, ne se voient plus réellement. Emmuré dans ses questionnements et sa douleur existentielle, François ayant l'impression de voir sa vie se dérouler hors de lui ne voit plus ceux d'Isa, qu’elle aussi est en quête de sa réalité. C’est une quête et une enquête aussi :  « La face cachée » est un thriller de l’intime, énigmatique, qui nous fait avancer par touches impressionnistes. Le film est divisé en 4 week end : les personnages ne sont pas socialement situés. Derrière la banalité des situations : l’universalité des fêlures. La forme est en harmonie avec le fond : de nombreux plans séquences, parfois pesants,  à dessein, comme le long tunnel dans lequel sont les personnages, comme le long et inexorable tunnel de l’existence qui les étouffe,  comme lorsqu’ils avancent dans cette forêt à la fois majestueuse et oppressante, comme la forêt de questions trop grandes pour eux, qui les dépassent. La face cachée, c’est cette part inconnue de l’autre, cette part insondable, cette part recouverte par la forêt. Karin Viard interprète avec beaucoup de nuance cette femme qui surjoue sa gaieté et sa légèreté, son bonheur d’être pour masquer  le poids de son existence, sa douleur muette à laquelle François est sourd, lui dont la douleur est si bavarde. Le plan de la fin, de Karin Viard, cachée derrière Campan, dans l’ombre,  puis se retrouvant face à lui, dans sa vraie lumière, enfin, pourrait résumer tout le film.  La face cachée c’est ce masque que nous portons tous à un moment ou à un autre. C’est la part d’ombre d’un masque parfois lumineux. La face cachée c’est aussi la posture de l’adulte qui est resté un enfant, qui a toujours ses douleurs d’enfance, là, avec lui, tapies dans l’ombre. C’est la réalité qu’on ne veut pas voir en face (alors que son meilleur ami interprété par  Anglade est  lui, en plein dans la réalité, dans le concret de son mariage, François s'enfonce dans ses questionnements abstraits).  La face cachée est elliptique comme l’existence qu’il ne parvient pas à saisir. La face cachée, c’est ce qu’on aimerait fuir mais le canoe kayak continuera à avancer,  (ceux qui ont vu le film comprendront) quoiqu’il arrive.  La face cachée ce sont aussi des moments de grâce insaisissables parce qu’on est déjà ailleurs ou dans l’après. Même la fugue de Bach qui rythme judicieusement n’aidera pas à cette fuite-là.  La face cachée est un film empreint de la maladresse touchante de l’adolescence : sans compromis, parfois agaçant ou parfois naïf  avec ses métaphores  aériennes, maritimes ou ferroviaires redondantes sur l’existence mais tellement à fleur de peau qu’il nous touche et nous renvoie forcément à nos propres masques et questionnements. Un film grave, voire austère,  dont on ressort en se disant que l’essentiel est là : se souvenir des belles choses, oui, mais surtout les saisir dans l’instant présent. Un film d’auteur : il fallait déjà oser. On attend la suite avec impatience…

    Sandra.M