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cinema - Page 178

  • Critique – « Tête de turc » de Pascal Elbé avec Roschdy Zem, Pascal Elbé, Ronit Elkabetz…

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    Il y a quelques semaines, dans les locaux de la Warner, en partenariat avec Allociné, était organisée une projection en avant première de « Tête de turc » suivie d'une Master class avec Pascal Elbé et Roschdy Zem (voir toutes mes vidéos de la master class en cliquant ici).

    Pour cette première réalisation, Pascal Elbé s'est confronté à un genre particulièrement délicat : le film choral. S'y côtoient un adolescent de 14 ans, Bora ( Samir Makhlouf), un médecin urgentiste, Simon (Pascal Elbé), un flic en quête de vengeance, Atom (Roscdhy Zem), une mère qui se bat pour les siens, Sibel qui est aussi la mère de Bora (Ronit Elkabetz), un homme anéanti par la mort de sa femme (Simon Abkarian).

    Pascal Elbé est parti d'un fait divers tragique qui avait marqué les esprits : Mama Galledou, passagère d'un bus, brûlée vive à Marseille, en 2006. Ici, ce n'est pas la passagère d'un bus mais Simon, médecin urgentiste qui est grièvement blessé suite à un jet de cocktail molotov sur sa voiture. Le jeune qui le sauve, Bora, est aussi un de ceux responsables de « l'accident ». Emmené aux urgences, Simon ne peut donner suite à l'appel qu'il venait de recevoir ; celui d'un homme dont la femme vient d'avoir un grave malaise et qui décèdera faute d'intervention. Le veuf n'a ensuite plus qu'une idée en tête :  se venger, de même que le frère de Simon, flic dont le passé n'est pas non plus exempt de zones d'ombres et qui veut retrouver ceux par qui sont frère a été agressé...

    Par un tragique engrenage de la fatalité, ces destins vont être liés les uns aux autres et dépendre les uns des autres. Derrière les masques de chacun; Pascal Elbé laisse entrevoir les fêlures et parvient à rendre ses personnages particulièrement attachants, aidé en cela par un choix d'interprètes particulièrement soigné : de Simon Abkarian (dont le talent qui n'est plus à prouver nous fait regretter que son rôle ne soit pas plus étoffé), en mari vengeur aveuglé par le chagrin, à Ronit Elkabetz, en mère fière et digne, prête à tout pour que ses fils changent de condition en passant par Florence Thomassin qui interprète une amie de Sibel, mère découragée.

    Si le début nous laisse espérer un vrai thriller, le film s'oriente progressivement davantage vers le thriller social. Pascal Elbé a d'ailleurs rencontré des travailleurs sociaux, des urgentistes, des policiers pour donner à sa vision une couleur aussi juste possible même si l'objectif n'était pas le naturalisme. Que ce soit par la musique (signée Bruno Coulais) ou la photographie, son film révèle une vraie atmosphère visuelle et sonore. Même si, visuellement, « Tête de Turc » n'atteint pas le niveau de James Gray qu'il cite en brillante référence,  on retrouve ici les thèmes qui lui sont chers : la famille, le pardon, la trahison, le sentiment de culpabilité. Des hommes face à leur conscience.

    Pascal Elbé ne prend pas vraiment parti, délibérément, il dresse un constat dont une scène de dialogue dans une voiture entre les deux frères est particulièrement révélatrice mais aussi emblématique de l'image nuancée  que Pascal Elbé donne de la société contemporaine (il égratigne au passage l'emballement médiatique).  C'est à la fois la force et la faiblesse de son film. La force de donner la parole à chacun, de ne pas émettre un avis tranché, voire caricatural. La faiblesse de ne pas être allé plus loin, de ne pas oser davantage d'ailleurs à l'image du dénouement qui n'est pas à la hauteur d'une première partie pleine d'intensité et de promesses (que Pascal Elbé avait d'ailleurs su tenir jusqu'au bout dans ses scénarii précédents comme « Mauvaise foi » coécrit avec Roscdhy Zem ou « Père et fils »).  Peut-être n'a-t-il pas eu l'audace (mais aussi tout simplement l'envie) d'achever son film dans la noirceur. Avec un zeste d'audace et d'expérience supplémentaires, et avec la même bonne foi et conviction, son prochain film devra être suivi de très près. Avec d'aussi brillantes influences revendiquées (Gray, Inarritu, Haggis),  il ne lui reste qu'à approfondir son propre univers pour confirmer l'essai imparfait (mais à l'image de ses personnages, c'est aussi ce qui le rend attachant) et non moins prometteur.

     « Tête de Turc » a reçu le prix du cinéma 2010 de la Fondation Diane et Lucien Barrière.

    Le reste de l'actualité, c'est sur "In the mood for Cannes", "In the mood for Deauville", "In the mood for luxe".

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  • Concours exceptionnel: gagnez votre pass permanent pour le Festival du Film Policier de Beaune!

    Je vous rappelle que, en partenariat avec Orange, je  vous permets de gagner des pass permanents pour le Festival International du Film Policier de Beaune. Le concours nécessite un peu de temps et de réflexion...mais je pense que cela vaut la peine, étant donné la valeur du gain. Je prolonge donc jusqu'à lundi minuit , dernier délai. Bonne chance à tous. Pour voir le règlement, c'est ici.

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  • Aujourd'hui ne manquez pas "Alice au Pays des merveilles" de Tim Burton

    Cliquez ici pour lire ma critique d' "Alice au pays des merveilles" de Tim Burton

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    Et toujours à l'affiche (autres films recommandés par inthemoodforcinema.com, cliquez sur le titre pour lire ma critique du film concerné):

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    Le reste de l'actualité, c'est sur : "In the mood for Cannes" , "In the mood for Deauville " et "In the mood for luxe ".

     

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  • Les classiques du cinéma recommandés par Inthemoodforcinema.com

    Un peu débordée (mais je vous promets, ces prochains mois, beaucoup de beaux et grands événements à suivre sur mes différents blogs inthemood. Suspense...), je vous propose donc aujourd'hui un petit flashback sur toutes mes critiques de classiques du cinéma. Je vous recommande tous les films cités ci-dessous, sans réserves. Pour lire mes critiques de ces films, cliquer sur leurs titres sous l'affiche.

    "Avant le déluge" -André Cayatte (1954)

     

    "Baisers volés" de François Truffaut(1968)

     

    "Casablanca" de Michael Curtiz

    "Casino royale" de Martin Campbell (2006)

    "César et Rosalie" de Claude Sautet(1972)

    "In the mood for love" de Wong Kar Waï

    "L'armée des ombres" de Jean-Pierre Melville(1969)

    "L'homme qui en savait trop" - Alfred Hitchcock

    "La belle équipe" de Julien Duvivier(1936)

    "La Femme d'à côté" de François Truffaut (1981)

    "La Grande illusion" de Jean Renoir(1937)

    "La piscine" de Jacques Deray (1968)

    "La règle du jeu" de Jean Renoir(1939)

    "La Sirène du Mississippi" de François Truffaut

    "La Strada" de Federico Fellini(1954)

    "Le Cercle rouge" de Jean-Pierre Melville

    "Le jour se lève"de Marcel Carné

    "Le Professeur" de Zurlini

    "Le Quai des Brumes"de Marcel Carné (1938)

    "Les feux de la rampe" de Charles Chaplin (1953)

    "Monsieur Klein" de Joseph Losey (1976)

    "Pépé le Moko"de Julien Duvivier (1936)

    "Un homme et une femme" de Claude Lelouch

    "Drôle de drame" de Marcel Carné (1937)

    "La fièvre dans le sang" -Elia Kazan-1961

    "Le Guépard" de Luchino Visconti (1963)

    "Quand la ville dort" de John Huston

    "Sur la route de Madison" de Clint Eastwood

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  • Programme du Festival de Cannes 2010: le 15 avril 2010

    Je vous le disais avant-hier, ce Festival de Cannes 2010 sera pour moi encore plus immersif que les années passées. Je vous en dirai bientôt plus à ce sujet mais en attendant je vous donne la date officielle de l'annonce du programme 2010 : le 15 avril. Evidemment vous pourrez, le jour même, retrouver ici le programme détaillé et commenté...

    En attendant, voici la première affiche du Festival de Cannes 2010, celle de l'ACID, l'Association du Cinéma indépendant pour sa diffusion, signée Thierry Guitard.

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  • J-2 avant l'ouverture du Festival International des Scénaristes 2010

    Je vous le disais il y a quelques jours: le Festival des Scénaristes de Bourges me fait l'honneur et le plaisir de m'inviter 2 jours au festival (samedi et dimanche). Le festival après-demain.

     Petit rappel des rendez-vous à ne pas manquer :

    -La création musicale One Time + One Set, à l’initiative du compositeur Eric Neveux, et en compagnie des comédiennes Bless, Lolita Chammah et judith Rémy. Vendredi 26 mars, à 20h00.

    - Avant-première Sauveurs dans la nuit : Après la première mondiale aux festivals de Locarno et de Jérusalem, Ludi Boeken présentera à Bourges son nouveau film. Jeudi 25 mars à 21h00.

    - Le grand débat Culture & territoires : En présence d’élus et de représentants de structures culturelles locales et nationales. Jeudi 25 mars à 16h30.

    - Table ronde Ecrire pour le web avec Boris Razon, atelier autour d’une toute nouvelle forme d’écriture : web fiction, web documentaire et web série. Vendredi 26 mars, à 17h00.

    Bien sûr sans oublier tous nos rendez-vous habituels : Marathon du court métrage, Forum des auteurs, l’atelier Tout est langage …


    Des rencontres au sommet !

    Cette année encore, de nombreux professionnels de l’audiovisuel et du cinéma sont attendus :

    - Plus de 200 scénaristes, réalisateurs, producteurs.

    - 370 invités se côtoieront pendant 4 jours et plus de 5000 spectateurs !!!

    Ce festival entièrement dédié à la question de l’écriture reste ouvert au grand public et attend également bon nombre d’amateurs qui pourront aussi profiter de cette opportunité incroyable, la manifestation mêlant en effet rencontres professionnelles, découverte de talents et éducation à l’écriture de l’image.

    Les rencontres professionnelles sont également au cœur du Festival et c’est notamment grâce au bureau de liaison, véritable machine à rendez-vous, que vous pourrez profiter de cette occasion unique d’exposer et de confronter vos idées et retrouver tous ceux qui souhaite promouvoir l’écriture scénaristique sous toutes ses formes.

    N’oubliez pas ! Tout au long du Festival, vous avez la possibilité de présenter vos projets au Labo, incubateur d’idées ouvert au public, qui vous offre l’occasion de les tester grandeur nature dans une dynamique d’échange et de liberté de ton.

    Découvrez la bande-annonce du Festival !

    Réalisée par Lola Doillon, sur une musique inédite de Eric Neveux, vous pouvez dès à présent la visualiser pour un petit aperçu de ce qui vous attend du 24 au 28 mars à Bourges


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  • Avant-première – Critique de « Téhéran » de Nader T.Homayoun

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    Après l'excellent film de Bahman Ghobadi « Les Chats persans » que je vous recommande vraiment de voir en DVD si vous l'avez manqué lors de sa sortie (cliquez ici pour lire ma critique et voir mes vidéos de l'équipe du film), un autre film iranien remarquable sortira prochainement sur les écrans (très exactement le 14 avril), il s'agit de « Téhéran » de Nader T. Homayoun, un film qui a obtenu le prix de la semaine de la critique au Festival de Venise 2009 et le Grand Prix du Jury au Festival Premiers Plans d'Angers 2010.

    Synopsis : Ebrahim (Ali Ebdali) quitte sa famille et va tenter sa chance à Téhéran mais dans cette jungle urbaine où tout se vend et tout s'achète, le rêve peut rapidement virer au cauchemar. Mêlé malgré lui à des trafics mafieux, Ebrahim a-t-il encore une chance de s'en sortir ?

    Nader T.Homayoun est parti d'une rumeur persistante selon laquelle, à Téhéran, des mendiants voleraient des bébés pour faire la manche. Ebrahim, parti à Téhéran considéré par beaucoup d'Iraniens comme l'Eldorado, est l'un d'eux... Tandis qu'il se fait voler le bébé avec lequel il faisait la manche, sa femme, enceinte, le rejoint à Téhéran.

    Nader T.Homayoun a pris prétexte de la réalisation d'un documentaire sur Téhéran pour pouvoir réaliser son film qui, au-delà de l'aspect documentaire qu'il comporte bel et bien, est « un polar à l'iranienne » et même un thriller social.

    A travers les péripéties d'Ebrahim (interprété avec conviction par Ali Ebdali), nous découvrons Téhéran, ville bouillonnante et tentaculaire. Une ville qui vit, vivre, palpite, bouillonne, rugit mais aussi une ville blessée, une ville qui connaît une vraie ségrégation sociale et une expansion mais aussi une pauvreté grandissantes et les trafics en tous genres, c'est pourquoi le titre iranien est « Tehroun », le nom argotique et populaire de Téhéran. C'est en effet le visage sombre de Téhéran qu'il nous dévoile ici et à travers elle le portrait sans concessions de la société iranienne, une société qui ne croit plus en rien, corrompue par l'argent. Ebrahim lui-même change, la pauvreté le contraint à l'aliénation et même sa femme dit ne plus le reconnaître. Nader T.Homayoun nous fait découvrir une ville où règle le cynisme et où tout est en effet bon pour « faire de l'argent » : prostitution, vol et  vente d'enfants, vente de drogue,  prêt islamique détourné de sa fonction initiale, voleurs se faisant passer pour des pasdaran et débarquant dans des fêtes (interdites)...

    Difficile de dissocier ce film de ses conditions de tournage qui en épouse d'ailleurs le sentiment d'urgence : tourné en 18 jours sans autorisation. D'après son réalisateur, « il est impossible qu'il soit distribué en Iran pour l'instant. » Tourné à la fin du premier mandat d'Ahmadinejad il montre que la répression et la rigueur s'accompagnent d'une véritable impunité. Contrairement aux « Chats persans », les forces de l'ordre ne sont jamais montrées mais, invisibles, elles n'en sont que plus présentes, ce nouveau et sombre  visage de Téhéran en étant la conséquence.

    Là où « Les chats persans »  laissait entrevoir une lueur d'espoir « Téhéran » montre un peuple désenchanté qui, à l'image de la dernière scène,  suffoque et meurt, et ne parvient pour l'instant qu'à retarder de quelques jours cette inéluctable issue. Un premier film particulièrement réussi, autant un thriller qu'un documentaire sur une ville et un pays qui étouffent et souffrent. Un cri de révolte salutaire, une nouvelle fenêtre ouverte sur un pays oppressé.

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