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Avant-première – Critique d’ « Alice au pays des merveilles » de Tim Burton

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© Walt Disney Pictures
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Il y a quelques jours je vous proposais mes vidéos de Tim Burton lors de l'avant-première Allociné de son dernier film ainsi que celle  de l'avant-première officielle parisienne.  Ne manquait plus que la critique...

Dans le film de Tim Burton, l'héroïne créée par Lewis Carroll, Alice (Mia Wasikowska), a désormais 19 ans et doit épouser un noble londonien au physique et à l'intelligence ingrats. Alors que ce dernier vient de la demander en mariage, Alice retourne dans le monde fantastique qu'elle a connu enfant. Elle y retrouve ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s'embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge (Helena Bonham Carter) pour que sa sœur la Reine Blanche (Anne Hathaway) puisse (re)prendre sa place.

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Si, dès les premières minutes dans « Underland » cette Alice au pays des merveilles a agi comme une Madeleine de Proust me replongeant dans mes lectures enfantines, Tim Burton, comme toujours, a su leur donner une lecture plus adulte, celle du parcours initiatique d'une jeune femme qui prend son destin en main, affronte ses rêves et cauchemars et part en quête d'elle-même.

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Si le scénario manque parfois de rythme et de mordant, et si Tim Burton nous a habitués à davantage de noirceur, émane néanmoins de cet « Underland » la féérie sombre caractéristique du cinéaste et un humour noir et caustique réjouissant. Comme toujours il laisse libre cours à son audace échevelée et à sa créativité débridée, tout en restant fidèle à l'univers de Lewis Carroll, l'étrangeté fantaisiste de ce dernier s'accordant parfaitement à celle de Tim Burton. Le « Alice au pays des merveilles » de Tim Burton est ainsi une adaptation libre des deux livres de Lewis Carroll, le livre éponyme et sa suite « De l'autre côté du miroir ». Même les personnages censés être plus lumineux ne sont pas épargnés par la folie comme la très maniérée reine blanche qui évolue dans un « Underland » peuplé d'êtres à la beauté diaphane (comme celle d'Alice ou la sienne) ou étrange. Un univers d'une profondeur et une richesse visuelles, presque picturales, qui porte l'inimitable marque de Tim Burton.

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La 3D  censée être immersive a pour moi davantage crée une distance. L'univers de Tim Burton est tellement riche, foisonnant, à la fois onirique et réaliste que la 3D apparaît comme un gadget. S'il vous plait messieurs les producteurs (qui, souvent, êtes les initiateurs de ces « gadgets ») faîtes un peu confiance à l'imagination du spectateur et à celle de vos cinéastes...

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Pour sa septième collaboration avec Tim Burton, Johnny Depp s'est encore spectaculairement transformé et ses scènes avec Alice donnent lieu aux meilleurs moments du film, empreints de la beauté ambigüe et de la folie attendrissante du Chapelier qu'il incarne magistralement.

Même si «Alice au pays des merveilles » n'a pas la complexité et la féérie ensorcelante d'un « Edward aux mains d'argent » ou même des « Noces funèbres » avec ce nouveau film, Tim Burton parvient une nouvelle fois à transcender la réalité, à nous embarquer dans son univers si singulier et à nous faire croire aux rêves impossibles.

 Et cette Alice, malgré les quelques années et la réalité qui nous séparent, avec son imagination débordante et ses défis impossibles qu'elle se fixe chaque matin, est finalement loin de m'être étrangère. Tim Burton n'a ainsi pas son pareil pour célébrer l'inestimable pouvoir de l'imagination, pour nous faire croire à la réalité et la réalisation des rêves impossibles  et pour donner à nos rêves d'enfant des résonances adultes...  Bref, n'attendez plus, accompagnez Alice dans le pays merveilleux de Tim Burton !

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Commentaires

  • Bonjour!

    Je tiens d'abord à vous féliciter pour votre remarquable site et tout ce travail accompli. On sent que vous êtes une très grande passionnée de Cinéma et en cela je vous rejoins (j'ai été critique de film pour un cinéma belge avant de me tourner vers l'écriture et la mise en scène théâtrales). Je visite d'ailleurs régulièrement le site, que ce soit pour m'aider à choisir un film que j'hésite à aller le voir ou simplement par plaisir.

    Pour en venir au fait, je suis assez d'accord avec votre critique d'Alice, il s'agit d'un chouette film mais il n'entrera selon moi pas au panthéon des grands films de Burton. J'ai notamment été très déçu par la toute fin du long métrage (ATTENTION NE LISEZ PAS LA SUITE SI VOUS NE L'AVEZ PAS ENCORE VU).
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    En effet,(au delà de la ridicule danse du Chapelier Fou...le genre de scène qui tombait bizarrement beaucoup mieux dans Charlie et la Chocolaterie) cette Alice qui part commercer en Chine véhicule un message plutôt capitaliste qui va totalement à l'encontre du mode de pensée du réalisateur, qui a toujours renié le système actuel et son côté vénal (il le dit dans chacune de de ses biographies).
    Bref, j'ai l'impression que Tim s'est fait manger par Disney sur ce coup. Je serais donc curieux de connaître votre interprétation de ce final, je suis sûr quelle est intéressante ;).

    Bien à vous,

    Chris

  • Tout à fait d'accord avec l'inutilité de la 3D : elle cause une distance et provoque en plus une migraine pendant deux heures.
    J'ai été personnellement très déçue par Alice. Le film est sans relief, autant au niveau de l'inutilité d'une version 3D que de l'histoire. Le seul bon point est l'univers recréé visuellement par Burton, fourmillant de petits détails excentriques (par exemple dans le palais de la Reine de coeur).
    En revanche, Johnny Depp m'a semblé bien moins efficace, reprenant de multiples tics de Willy Wonka.
    mais bon, Tim Burton devait en effet faire face à l'imposante production Disney...

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