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  • Laval Virtual : 13èmes rencontres internationales de la réalité virtuelle et des technologies convergentes

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    Un court article pour vous parler de Laval Virtual, une manifestation qui se déroule  dans ma ville d’origine, chaque année, depuis 13 ans, une ville méconnue, pourtant préfecture du département (la Mayenne) comptant le moins de chômage en France et qui bénéficie d’une douce tranquillité, d’autant plus appréciable qu’elle est à 1H35 de la frénésie parisienne et qui répond au doux nom en forme de palindrome de Laval.

    J’y avais fait un tour lors d’une des premières éditions et en gardais le souvenir d’une manifestation un peu kitsch. Quelle ne fut donc pas ma surprise de redécouvrir  ce qui est devenu un rendez-vous incontournable (avec 10000 visiteurs attendus) qui rassemble les plus grands spécialistes mondiaux de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée.  De nombreuses grandes entreprises ont ainsi fait le déplacement (Dassault systèmes, Disney research…) mais aussi les plus grandes universités du domaine, et notamment japonaises (Tokyo, Osaka).

    Vous y découvrirez ainsi Animatronics Eyes (Disney) qui reproduit l’œil humain ; un jeu accessible depuis votre ordinateur pour voir ce qui a été détruit et conservé depuis le Moyen Age place de la Trémoille -en cliquant ici-, à Laval ; ou encore un vélo pour combattre l’avancée d’Alzheimer ; aussi« Bliss project », une animation pour rompre l’isolement des patients hospitalisés ; Acroban, le premier humanoïde au monde,  un combat de toupies Beyblade ; et de nombreuses autres manifestations.

    Laval Virtual, c’est aussi le plus grand colloque européen dédié à la réalité virtuelle et Laval Virtual awards qui récompense les meilleures inventions en la matière.

    Laval et sa Technopole constituent aujourd’hui un pôle réputé et incontournable de la réalité virtuelle. Ainsi, aujourd’hui, 13 entreprises, un labo et deux écoles font vivre 170 personnes dans l’agglomération lavalloise et la construction prévue de la Cité de la réalité virtuelle sur le site de l’ancien régiment de transmission devrait conforter la ville dans ce rôle.

    Cette manifestation est ouverte au grand public, le 9 et 10 avril alors je vous conseille d’y faire un tour cet après-midi. Pour en savoir plus : http://www.laval-virtual.org/ et le site de la mairie de Laval.

    Découvrez aussi les autres blogs inthemood : In the mood for Cannes, In the mood for luxe,  In the mood for Deauville.

  • Critique de "Tête de Turc" de Pascal Elbé ( ce soir à 20H50 sur Canal plus)

     J'avais découvert ce film l'an passé en avant-première suivie d'une master class. Retrouvez, ci-dessous, ma critique publiée et les vidéos de la master class avec Roschdy Zem et Pascal Elbé, en cliquant ici. A ne pas manquer, ce soir, à 20H50, sur Canal +.

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    Pour cette première réalisation, Pascal Elbé s'est confronté à un genre particulièrement délicat : le film choral. S'y côtoient un adolescent de 14 ans, Bora ( Samir Makhlouf), un médecin urgentiste, Simon (Pascal Elbé), un flic en quête de vengeance, Atom (Roscdhy Zem), une mère qui se bat pour les siens, Sibel qui est aussi la mère de Bora (Ronit Elkabetz), un homme anéanti par la mort de sa femme (Simon Abkarian).

    Pascal Elbé est parti d'un fait divers tragique qui avait marqué les esprits : Mama Galledou, passagère d'un bus, brûlée vive à Marseille, en 2006. Ici, ce n'est pas la passagère d'un bus mais Simon, médecin urgentiste qui est grièvement blessé suite à un jet de cocktail molotov sur sa voiture. Le jeune qui le sauve, Bora, est aussi un de ceux responsables de « l'accident ». Emmené aux urgences, Simon ne peut donner suite à l'appel qu'il venait de recevoir ; celui d'un homme dont la femme vient d'avoir un grave malaise et qui décèdera faute d'intervention. Le veuf n'a ensuite plus qu'une idée en tête :  se venger, de même que le frère de Simon, flic dont le passé n'est pas non plus exempt de zones d'ombres et qui veut retrouver ceux par qui sont frère a été agressé...

    Par un tragique engrenage de la fatalité, ces destins vont être liés les uns aux autres et dépendre les uns des autres. Derrière les masques de chacun; Pascal Elbé laisse entrevoir les fêlures et parvient à rendre ses personnages particulièrement attachants, aidé en cela par un choix d'interprètes particulièrement soigné : de Simon Abkarian (dont le talent qui n'est plus à prouver nous fait regretter que son rôle ne soit pas plus étoffé), en mari vengeur aveuglé par le chagrin, à Ronit Elkabetz, en mère fière et digne, prête à tout pour que ses fils changent de condition en passant par Florence Thomassin qui interprète une amie de Sibel, mère découragée.

    Si le début nous laisse espérer un vrai thriller, le film s'oriente progressivement davantage vers le thriller social. Pascal Elbé a d'ailleurs rencontré des travailleurs sociaux, des urgentistes, des policiers pour donner à sa vision une couleur aussi juste possible même si l'objectif n'était pas le naturalisme. Que ce soit par la musique (signée Bruno Coulais) ou la photographie, son film révèle une vraie atmosphère visuelle et sonore. Même si, visuellement, « Tête de Turc » n'atteint pas le niveau de James Gray qu'il cite en brillante référence,  on retrouve ici les thèmes qui lui sont chers : la famille, le pardon, la trahison, le sentiment de culpabilité. Des hommes face à leur conscience.

    Pascal Elbé ne prend pas vraiment parti, délibérément, il dresse un constat dont une scène de dialogue dans une voiture entre les deux frères est particulièrement révélatrice mais aussi emblématique de l'image nuancée  que Pascal Elbé donne de la société contemporaine (il égratigne au passage l'emballement médiatique).  C'est à la fois la force et la faiblesse de son film. La force de donner la parole à chacun, de ne pas émettre un avis tranché, voire caricatural. La faiblesse de ne pas être allé plus loin, de ne pas oser davantage d'ailleurs à l'image du dénouement qui n'est pas à la hauteur d'une première partie pleine d'intensité et de promesses (que Pascal Elbé avait d'ailleurs su tenir jusqu'au bout dans ses scénarii précédents comme « Mauvaise foi » coécrit avec Roscdhy Zem ou « Père et fils »).  Peut-être n'a-t-il pas eu l'audace (mais aussi tout simplement l'envie) d'achever son film dans la noirceur. Avec un zeste d'audace et d'expérience supplémentaires, et avec la même bonne foi et conviction, son prochain film devra être suivi de très près. Avec d'aussi brillantes influences revendiquées (Gray, Inarritu, Haggis),  il ne lui reste qu'à approfondir son propre univers pour confirmer l'essai imparfait (mais à l'image de ses personnages, c'est aussi ce qui le rend attachant) et non moins prometteur.

     « Tête de Turc » a reçu le prix du cinéma 2010 de la Fondation Diane et Lucien Barrière.

    Le reste de l'actualité, c'est sur "In the mood for Cannes", "In the mood for Deauville", "In the mood for luxe".

  • Critique de « La Comtesse aux pieds nus » de Joseph L.Mankiewicz avec Ava Gardner, Humphrey Bogart, Edmond O'Brien…

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    Après les avoir, un peu, délaissées ces derniers temps, je reprends aujourd’hui mes critiques de classiques du septième art avec un film qui fait partie de mes premiers souvenirs cinématographiques,  des premiers films m’ayant marquée, en tout cas,  et que je n’avais pas revu depuis un moment :  « La Comtesse aux pieds nus » (en vo « The Barefoot Contessa »), un film de 1954 de Joseph L.Mankiewicz, écrit, réalisé et produit par Joseph L.Mankiewicz (avec Franco Magli, pour la production), ce qui est loin d’être un simple détail puisque « La Comtesse aux pieds nus » est la première production de Joseph L.Mankiewicz qui s’était ainsi affranchi de la tutelle des grands studios américains (Il avait auparavant réalisé des films pour la 20th Century-Fox et pour la Metro-Goldwyn-Mayer.) en fondant sa propre société « Figaro Inc. ».

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     Ce film fit parler de lui bien avant sa sortie en raison des similitudes du scénario avec la vie de Rita Hayworth (star de la Columbia) parmi d’autres similitudes frappantes avec le cinéma d’alors comme la ressemblance entre l’antipathique Kirk Edwards et Howard Hughes. Le rôle fut même proposé à Rita Hayworth qui,  en raison de la ressemblance avec sa propre existence justement, refusa.

    « La Comtesse aux pieds nus » débute, en Italie, un sinistre jour de pluie à l’enterrement de la star hollywoodienne Maria d'Amato née Maria Vargas (Ava Gardner). Le scénariste et réalisateur Harry Dawes (Humphrey Bogart) se souvient de   leur première rencontre alors qu’elle travaillait comme danseuse, dans un cabaret de Madrid, alors que ce dernier cherchait une nouvelle vedette pour le compte du producteur et milliardaire Kirk Edwards (Warren Stevens). Face à la statue de Maria, aux pieds symboliquement dénudés, alternent ensuite les récits d’Oscar Muldoon (Edmond O’Brien), l’agent de publicité, de Harry Dawes et de son mari, le comte Vincenzo Torlato-Favrini (Rossano Brazzi) qui dissimule un douloureux secret…à cause duquel Maria perdra ses dernières illusions, et la vie.

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    Dès le départ, le récit est placé sous le sceau de la fatalité et de la tragédie. La pluie implacable. L’enterrement sous un ciel grisâtre. L’atmosphère sombre. La voix poignante et traînante d’Humphrey  Bogart. Cette statue incongrue, d’une blancheur immaculée. La foule qui se presse, vorace, pour assister à sa dernière scène, ultime cynique ironie du destin pour Maria, éprise d’absolu et de liberté, qui voit même son enterrement lui échapper, en tout cas l’enfermer dans un rôle, chacun, là encore, cherchant à se l’approprier.

    Au-delà de ses ressemblances avec des personnalités ayant réellement existé, « La Comtesse aux pieds nus » est un classique pour de nombreuses raisons, à commencer par l’originalité de sa construction, ses flashbacks enchâssés qui permettent d’esquisser un portrait de Maria qui, malgré tout, reste d’une certaine manière insaisissable. Ces récits sont encore une fois une manière de se l’approprier, de l’enfermer, de décrire « leur » Maria même si Harry Dawes lui voue une amitié sincère, seul personnage réellement noble, désintéressé, au milieu de ces univers décadents. Mankiewicz avait déjà utilisé ce procédé dans « Eve », autre chef d’œuvre sans concessions, sur l’univers du théâtre cette fois, et démonstration cruelle mais terriblement juste sur l’arrivisme (j’en ai observé un rayon dans ce domaine...).

    Mankiewicz décrit en effet, à travers le parcours de Maria (trois portraits d’une même femme) trois univers distincts : celui du cinéma hollywoodien, des grandes fortunes sur la Riviera  et de l’aristocratie italienne, trois univers à la fois dissemblables et semblables dans leur décadence, tous trois théâtres de faux-semblants, de lassitude et de désenchantement. Maria, si lumineuse, semble égarée dans ces mondes qui l’emprisonnent.

    Mankiewicz  définissait « La Comtesse aux pieds nus » comme une « version amère de Cendrillon ». Il multiplie ainsi les symboles, clins d’œil au célèbre conte de fée : les chaussures (mais qui ici sont haïes par Maria pour qui elles symbolisent la boue à laquelle elle a  voulu échapper), son rêve d’amour idéalisé, son mariage avec un comte (mais pas vraiment de conte puisqu’il s’avèrera être une tragédie). Le rêve se transforme constamment en amertume jusqu’à sa mort, jusqu’au dernier plan, dans ce cimetière, où, statufiée, emprisonnée dans une image infidèle, elle reste seule face à la foule qui s’éloigne et au cinéma qui reprend ses droits.

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    La photographie (du chef opérateur anglais Jack Cardiff) même (à l’exception des images de l’enterrement) rappelle les couleurs chatoyantes d’un conte de fée, ce qui n’en fait pas pour autant un film suranné mais, au contraire, en fait une oeuvre particulièrement intemporelle dans la description de ces univers, éternels théâtres de vanités même si Mankiewicz dira que « le prince charmant aurait dû, à la fin, se révéler homosexuel, mais je ne voulais pas aller aussi loin" , limitant la modernité du film (même si deux plans y font référence) mais aussi dans la description de la solitude de l’artiste, auréolé de mystère.

    La mise en abîme, les flashbacks, l’intelligence des ellipses, la qualité de la voix off, la juste description de théâtre de faux semblants, les similitudes avec la réalité du cinéma hollywoodien de l’époque, tout cela en fait un classique mais, sans doute, sans les présences d’Humphrey Bogart et d’Ava Gardner n’aurait-il pas laissé une telle empreinte dans l’histoire du cinéma. Le premier interprète à la perfection ce personnage doucement désenchanté, mélancolique, lucide, fidèle, intègre, à la fois figure paternelle, protectrice et même psychanalyste de Maria. Et que dire d’Ava Gardner ? Resplendissante, étincelante, elle illumine le film, empreinte, à  l’image de celui-ci, de beauté tragique, et symbolise la liberté entravée. Personnage de conte de fée aux rêves brisés pour qui rien ne semblait impossible, même transformer la lune en projecteur et qui, peut-être, n’aura été heureuse et elle-même que l’espace d’une danse, sublime et qu’elle sublime,  au milieu de gitans, bohême, libre, animale, sensuelle, et l’instant d’un regard croisé ouvrant sur un océan de possibles.

    Ne pas oublier non plus Edmond O’Brien qui reçut l’Oscar et le Golden Globe du meilleur second rôle masculin, en 1954. Mankiewicz fut, quant à lui, nommé pour la meilleure histoire et le meilleur scénario original.

    En revoyant « La Comtesse aux pieds nus », des années après l’avoir revu de nombreuses fois, j’ai à nouveau été marquée par sa beauté désespérée, par sa justesse, et même par sa modernité, par la voix traînante et inimitable de Bogart, par l’élégance lumineuse et triste d’Ava Gardner, par le mystère de ce personnage noble épris d’absolu, être insaisissable et « féérique», presque irréel, dont, finalement, personne ne sondera les contours. Che sara sara : ce qui doit être sera, vieux dicton italien cité dans le film aux allitérations et assonances (et évidemment à la signification) portant la même beauté traînante et mélancolique que cette « Comtesse aux pieds nus » au destin fatal et à la magie tragique et non moins ensorcelante.

    Voir aussi ma critique de « Casablanca » de Michael Curtiz également avec Humphrey Bogart.

  • Concours: 5x2 places pour "L'Oeil Invisible" de Diego Lerman

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    Tout en vous rappelant que vous pouvez toujours gagner l'intégrale Francis Lai/Claude Lelouch et des affiches  du documentaire "D'un film à l'autre",  ici, je vous propose aujourd'hui de remporter 5x2 places pour découvrir en salles "L'oeil invisible" de Diego Lerman.

    Comme le délai est court (vos participations sont à envoyer à inthemoodforcinema@gmail.com avant  samedi soir), les 5 premiers à m'envoyer leurs coordonnées postales par email avec pour intitulé de leur email "Concours L'Oeil invisible", remporteront ces places.

    Ce film était en compétition de la 42ème Quinzaine des Réalisateurs.

    Synopsis: Buenos Aires, mars 1982. Dans les rues de la capitale argentine, la dictature militaire est contestée. María Teresa est surveillante au Lycée National de Buenos Aires, l’école qui forme les futures classes dirigeantes du pays. Elle a 23 ans et veut bien faire. M. Biasutto, le surveillant en chef, décèle tout de suite en elle l’employée zélée qu’il attendait et lui apprend à être l’oeil qui voit tout, mais qui échappe aux regards des autres : l’oeil invisible.
    María Teresa se lance alors dans une surveillance acharnée de ce petit monde clos, imaginant, décelant, traquant...

  • Bong Joon-Ho président du jury de la caméra d'or du 64ème Festival de Cannes

    bong.jpgA l'approche de la conférence de presse du Festival de Cannes 2011, le 14 avril, les premières informations officielles continuent de tomber, annonçant une édition prestigieuse (vous pourrez retrouver toutes les informations détaillées sur mon blog http://www.inthemoodforcannes.com ). 

    Alors que nous savions déjà depuis plusieurs semaines que le jury serait présidé par Robert De Niro, nous avons appris aujourd'hui que ce serait le cinéaste coréen Bong Joon-ho qui présiderait la Caméra d'or.

     A cette occasion, vous pourrez retrouver mon résumé de mon interview du cinéaste réalisée l'an passé, à l'occasion de la sortie de "Mother".  Retrouvez également la critique de "Mother", ci-dessous. Ci-dessous également, le communiqué de presse du festival à ce sujet. (Photo ci-contre : Bong Joon-Ho, lors de mon interview, l'an passé).

    Critique de "Mother" de Bong Joon-Ho

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    Mother. Voilà un titre bien ambitieux mais de la part de Bong Joon-ho dont c'est le quatrième long-métrage et qui avait, avec « Memories of murder », affirmé sa marque et son talent, on pouvait (légitimement) s'attendre à un film à la hauteur de cette ambition.

    Mother (Kim Hye-Ja) est ici une veuve qui élève seule son fils unique Do-joon (Won Bin), sa raison d'être mais aussi son inquiétude perpétuelle, ce dernier étant intellectuellement déficient et particulièrement naïf. Lorsqu'une jeune fille est retrouvée morte, Do-joon est immédiatement accusé. Sa mère décide de mener l'enquête pour prouver son innocence.

    Dès le premier plan qui met en scène la mother du titre éponyme, Joon-ho Bong nous envoûte, nous intrigue, nous charme, nous provoque, nous inquiète.  La mère danse de manière languissante, poétique et décalée, dans un champ de blé. La caméra, fluide et presque sensuelle, se rapproche et tournoie. Joon-ho Bong nous annonce qu'il va mener la danse, à n'en pas douter peu conventionnelle, et qu'au centre de cette danse se trouvera la mère. Valse visuelle et des genres que Joon-ho Bong ne cessera de conduire avec brio jusqu'au dernier plan.

    Oubliant cette scène qui aurait dû résonner comme un avertissement, comme une promesse d'inattendu,  Bong Joon-ho nous oriente d'abord vers la comédie. Teintée d'humour noir certes. Et puis c'est le meurtre. Et la comédie dévie vers le thriller, progressivement,  Bong Joon-ho instillant intelligemment de l'étrangeté menaçante dans des scènes quotidiennes alors à la tonalité décalée, par l'effet d'un savant sens du montage, de l'ellipse, du gros plan, du cadrage et par des plans d'une beauté redoutable.

    Là où souvent les ruptures de ton et le mélange des genres ralentissent et alourdissent une intrigue, ici, ils la densifient au contraire, marques du style unique de leur auteur. Comme la mère dans le premier plan, Jonn-ho Bong nous enserre dans son univers nous embarquant avec elle dans son sentiment maternel, inconditionnel, qui se heurtera à la folie de la vulgarité ordinaire. Celle de la justice. Ou de la police incompétente. Avant, elle-même, de sombrer dans sa folie maternelle synonyme d'amour inconditionnel.    Bong Joo-ho relativise ainsi cette  folie, les scènes de folie étant cadrées avec plus d'inquiétante fantaisie que les scènes quotidiennes, ce qui est folie aux yeux du monde étant normalité dans le regard d'une mère prête à tout pour sauver son fils.

    Pour parvenir à ce film captivant, il fallait aussi une actrice exceptionnelle comme l'est Kim Hye-Ja, avec son regard tantôt compatissant, tantôt inquiétant, tantôt déterminé, tantôt coupable souvent tout à la fois, mais aussi un sens aigu du suspense que le « simple » écoulement d'eau d'une bouteille parvient à faire culminer par la minutie de la mise en scène et l'ingéniosité  du découpage.

     Bong Joon-ho fait ainsi danser et s'entrelacer subtilement tragédie du souvenir et bonheur de l'oubli, violence et amour inconditionnel, humour noir et folie,  culpabilité suffocante et soleil rédempteur symbolisé par la beauté vertigineuse du dernier plan qui  achève de nous emporter nous rappelant la promesse envoûtante et poétique de la danse initiale. Promesse tenue au-delà de nos espérances pour ce film hybride, palpitant, étonnant, poignant qui n'épargne ni les travers de la société coréenne ni les ombres et forfaits d'un inconditionnel amour maternel (pléonasme ?) pour mieux encore en exalter la force renversante.

    « Mother » a été présenté dans la section « Un Certain Regard » du Festival de Cannes 2009 et a été élu meilleur film au 30ème trophée « The Blue Dragon Awards » à Séoul.

    Communiqué de presse du 64ème Festival de Cannes à propos de la présidence du jury de la caméra d'or.

    Réalisateur et scénariste, Bong Joon-ho fait des études de sociologie et de cinéma avant de passer à la réalisation. Il attire l’attention de la critique dès son premier long métrage Barking Dog (Les chiens qui aboient ne mordent pas - 2000). Le suivant, Memories of Murder (2004), immense succès public en Corée (et 1er prix du Festival de Cognac) le consacre meilleur réalisateur. The Host, présenté en 2006 à la Quinzaine des réalisateurs va définitivement asseoir sa réputation à l’international comme auteur de film de genre qu’il élève au rang d’art.
    Il est invité à Cannes en Sélection officielle avec Tokyo ! (2008), tryptique qui l’associe à Leos Carax et Michel Gondry. En 2009, il y présente Mother au Certain Regard, mélodrame intimiste et subtile analyse de la famille coréenne.

    Bong Joon-ho succède à Bruno Dumont, Abbas Kiarostami, Pavel Lounguine ou Roschdy Zem et Gael Garcia Bernal.
    La Caméra d’or est attribuée au meilleur premier film présenté en Sélection officielle, à la Semaine de la Critique ou à la Quinzaine des réalisateurs.
    Le Prix sera remis par le président du jury lors de la cérémonie de clôture, le dimanche 22 mai.

  • Concours à l'occasion des 50 ans de carrière de Claude Lelouch : gagnez l'intégrale Francis Lai/Claude Lelouch

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    Je vous ai déjà parlé, il y a une quinzaine de jours, du documentaire "D'un film à l'autre, une histoire de Claude Lelouch", qui retrace les 50 ans de carrière de ce dernier et dont vous pourrez retrouver à nouveau ma critique en cliquant ici (un film que je vous recommande que vous fassiez comme moi partie de ses inconditionnels, ou de ses détracteurs) ainsi que ma critique de "Ces amours-là" et d' "Un homme et une femme" et quelques bandes-annonces de ses films.

     A cette occasion, je vous propose de remporter 5 affiches du film et un coffret CD de l'intégrale Francis Lai/ Claude Lelouch. Les questions sont très faciles, surtout si vous aimez et suivez le cinéma de Lelouch!

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    Jeu concours valable du 5 au 13 avril 2011 minuit, heure française.
    Pour remporter l'un de ces lots, il vous suffira de répondre aux questions posées ci-dessous et d'indiquer vos coordonnées complètes et de m'envoyer le tout à inthemoodforcinema@gmail.com  avec pour intitulé "Concours Lelouch". Les gagnants seront désignés par tirage au sort.
    Les lots seront envoyés aux gagnants dans la semaine suivant les résultats.
    L'envoi des lots est assuré par l'agence Le K.  Une seule participation par famille.
    Jeu réservé à la France Métropolitaine, Corse incluse

    1. Combien Claude Lelouch a-t-il remporté de récompenses pour "Un homme et une femme"?

    2.De quel film de Claude Lelouch est extraite l'image suivante?

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    3. Par quel film débute le documentaire "D'un film à l'autre, une histoire de Claude Lelouch"?

    4. Quel film Claude Lelouch a-t-il sorti sous un pseudonyme et sous quel pseudonyme?

    5. Que vous évoque "Montmartre 1540"?

  • Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche, prix Romy Schneider et Patrick Dewaere 2011

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    Hier soir, étaient décernés les prix Romy Schneider et Patrick Dewaere (auparavant, jusqu’en 2007, intitulé prix Jean Gabin) 2011 qui comptent, notamment, parmi leurs lauréats : Juliette Binoche, Isabelle Carré, Guillaume Canet, François Cluzet… et attribués l’an passé à Marie-Josée Croze et Tahar Rahim. Un prix qui récompense les espoirs du cinéma français, en espérant qu’ils feront la majestueuse carrière des illustres acteurs dont leurs prix portent le nom. Après avoir été nommée comme meilleur espoir féminin, Anaïs Demoustier (vue notamment dans « D’amour et d’eau fraîche » et « Belle épine ») a donc reçu le prix Romy Schneider tandis que Gilles Lellouche a reçu le prix Patrick Dewaere, récemment à l’affiche dans « Ma part du gâteau » de Cédric Klapisch ou encore dans « Les petits mouchoirs » de Guillaume Canet.