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matt damon - Page 2

  • Critique de "Raisons d'Etat" de Robert De Niro

    Hier soir, France 2 diffusait "Raisons d'Etat" de Robert de Niro, l'occasion pour moi de vous reparler de ce très beau film d'espionnage.

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    Deuxième réalisation de Robert De Niro ( treize ans après son premier film en tant que réalisateur  « Il était une fois le Bronx ») sortie en juillet 2007, produit par Coppola,  « Raisons d’Etat » ( The Good Sheperd) est un film d’une étonnante maîtrise aussi bien visuelle que scénaristique (pour un second film, certes de quelqu’un qui a tourné sous la direction des plus grands, mais nous en avons vu d’autres passer derrière la caméra qui n’avaient pas pour autant assimilé les leçons de leurs maîtres)   pour lequel je voulais à nouveau vous faire partager mon enthousiasme. Son Ours d’Argent récompensant l’ensemble du casting reçu à la Berlinale 2007 était amplement mérité pour un film dont l’interprétation est une des qualités majeures mais loin d’être la seule...

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    Edward Wilson (Matt Damon), enfant, est le seul témoin du suicide de son père (ceci expliquera un jour cela...). Quelques années plus tard, il devient un étudiant réservé, voire austère,  aussi membre de la Skull and Bones Society à l’Université de Yale, là où l’honneur et la discrétion sont des valeurs primordiales. Ce sont ces qualités qui poussent l’OSS (Office of Strategic Services, une organisation créée par Roosevelt qui coordonne les opérations de guerre secrète durant la seconde guerre mondiale en 1942) devenant la CIA (instaurée par Truman en 1947 avec un objectif plus politique) tout juste créée, à le recruter.

     

    Alors qu’il existe tant de films d’espionnage, pourquoi celui-ci, de presque 3 heures, m’a-t-il tant marquée ? D’abord parce que rarement un film aura su, avec autant de logique et d’intelligence, faire coïncider la forme et le fond. Certains jugeront ainsi sans doute la réalisation académique mais son classicisme (et non son académisme) sobre et austère épouse parfaitement la personnalité de ceux dont ce film dresse le portrait : Edward Wilson et l’organisation à laquelle il appartient. Dès ses premières années, il est confronté au secret et sa vie y sera entièrement dévouée, comme ces bateaux en papier, splendides, qu’il enferme dans des bouteilles, les privant de liberté.

     

    Ensuite les flash backs et les flash forwards, savamment agencés, contribuent à créer un puzzle qui s’aligne sur la complexité de la CIA et de ses ramifications temporelles, et évidemment contemporaines.

     

    Coppola à qui le scénario avait également été soumis (un scénario d’Eric Roth, le brillant scénariste de « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux », « Révélations », Munich »…) l’avait refusé à cause de la froideur des personnages mais cette froideur est paradoxalement ce qui distingue ce film : froideur de la photographie de Robert Richardson (les visages sont souvent plongés dans une semi-pénombre fascinante), froideur de Wilson qui sacrifie sa vie privée à sa vie professionnelle et s’isole peu à peu pour, finalement, se retrouver entre quatre murs, ceux d’une CIA et d’un univers paranoïaque, impitoyable, dont la raison d’Etat supplante et domine toutes les autres ( que cela soit en URSS  ou aux Etats-Unis, méthodes et membres de la CIA et du KGB étant savamment mis en parallèles).

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     Et c’est justement cette vie privée sacrifiée évoquée par bribes qui lui donne un visage plus humain à travers ses deux amours : une femme fatale digne des films noirs interprétée par Angelina Jolie et une jeune sourde. Il sacrifie son amour au nom de la Raison d’Etat, et bien d’autres choses encore…

     

    Rarement un film aura dépeint un personnage et son univers avec autant de cohérence : le puzzle scénaristique, ciselé, sur plusieurs décennies n’est nullement un gadget mais fait référence aux implications de chacune des périodes et de ce que Wilson y entreprendra, sur les autres : seconde guerre mondiale, guerre froide, échec de la Baie des cochons. Ce n’est pas une vision idéaliste de la politique mais une vision froide, réaliste, documentée, et d’autant plus passionnante : l’homme n’est plus un individu libre mais un instrument au service de la raison d’Etat.

     

    Matt Damon est parfait (encore une fois) dans ce rôle d’homme taciturne qu’il interprète tout en retenue et économie de paroles et d’expressions. Mais il faudrait citer toute l’impressionnante distribution : Angelina Jolie (qui prouve qu’elle sait aussi être sobre), Robert de Niro, John Torturro, William Hurt, Billy Crudup, Alex Baldwin, Joe Pesci…

     

    Robert de Niro égale voire dépasse ses maîtres : Scorsese, Coppola… ou encore d’autres comme Sydney Pollack, qui lui aussi s’était inspiré d’un authentique espion pour « Les Trois Jours du Condor », James Angleton, celui-là même qui a aussi inspiré Eric Roth pour le personnage de Wilson.

     

    Sans renouveler le genre, De Niro l’a porté à sa perfection. Il signe là en effet un  film captivant aussi complexe, sobre, mystérieux, mélancolique que le personnage principal et l’organisation dont il retrace l’histoire avec une minutie, une exigence remarquables. Si vous ne l’avez pas encore vu dépêchez-vous d’acheter le DVD de ce film absolument incontournable, passionnant et particulièrement instructif !

     

  • Concours: Gagnez votre DVD de "Green zone" de Paul Greengrass

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    Grâce à Studio Canal, à l'occasion de la sortie en DVD de "Green zone" de Paul Greengrass, le 31 août prochain, j'ai le plaisir de vous proposer aujourd'hui 5 DVD du film, un film que je vous recommande vivement par ailleurs (voir ma critique ci-dessous).

     Pour remporter l'un de ces 5 DVD soyez parmi les 5 premiers à répondre correctement aux questions suivantes et à envoyer vos réponses à inthemoodforcinema@gmail.com avec pour intitulé de l'email "Concours green zone" en n'oubliant pas de préciser vos coordonnées postales. Seuls les gagnants seront contactés.

    1. Qu'est-ce que la "Green zone"?

    2. Combien de fois et sur quels films Paul Greengrass et Matt Damon ont-ils déjà travaillé ensemble?

    3.Quel est le titre du film dont l'image ci-dessous est extraite?

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    4. Puisque c'est d'actualité, pour quel(s) film(s) Matt Damon est-il déjà venu au Festival du Cinéma Américain de Deauville?

    5.Quel jour la dernière brigade de combat américaine a-t-elle quitté l'Irak?

     

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    Avec ce septième long-métrage, Paul Greengrass retrouve pour la troisième fois Matt Damon et s'attèle également pour la troisième fois au film « historique » après « Bloody Sunday » et « Vol 93 ».  Mais qu'allait donc donner cette collaboration entre le réalisateur et l'acteur qui, sous la direction de Paul Greengrass, pour la première fois n'incarne plus Jason Bourne mais l'adjudant-chef Roy Miller  dans cette adaptation du livre d'enquête de Rajiv Chandrasekaran?

    Pendant l'occupation américaine de Bagdad en 2003, ce dernier et ses hommes ont ainsi pour mission de trouver des armes de destruction massive censées être stockées dans le désert iraquien mais, d'un site à un autre où il ne trouve jamais rien, Roy Miller commence à s'interroger sur le véritable objectif de leur mission. C'est dans la Green zone (quartier fortifié du gouvernement provisoire irakien, des ministères et des ambassades) que se joue le sort du pays entre les mains de ceux pour qui il est un capital enjeu...

    Le premier grand atout de cette nouvelle collaboration Damon/Greengrass (et disons-le tout de suite,  de cette vraie réussite) c'est d'expliquer intelligemment et avec simplicité  tous les ressorts d'une situation aussi explosive que complexe. Ainsi,  chaque personnage incarne un point de vue sur la situation irakienne : le militaire américain qui remet en cause la position du Pentagone, l'Irakien (blessé lors de la guerre Iran/Irak et victime de ce conflit qui à la fois le concerne directement et l'ignore) qui souhaite avant tout que son pays aille de l'avant et le débarrasser des anciens acolytes de Saddam Hussein (les fameuses cartes comme si cette désolante et tragique mascarade n'était qu'un jeu), les militaires qui obéissent aveuglement au mépris des vies sacrifiées et au prétexte de l'objectif fallacieux dicté par la Maison Blanche (et pour couvrir cet objectif fallacieux), les journalistes manipulés et par voie de conséquence manipulateurs de l'opinion, le nouveau gouvernement incompétent choisi par l'administration américaine... et au milieu de tout ça, une population qui subit les conséquences désastreuses qui, aujourd'hui encore, n'a pas trouvé d'heureux dénouement.

     Le film de guerre se transforme alors en explication géopolitique imagée mais n'allez pas croire qu'il s'agit là d'un film soporifique comme son sujet aurait pu laisser le craindre. Caméra à l'épaule, réalisation nerveuse, saccadée, contribuant à renforcer le sentiment d'urgence, immersion dès le premier plan qui nous plonge en plein chaos... Paul Greengrass, avec son style documentaire et réaliste (il a même fait tourner de nombreux vétérans de la guerre en Irak), n'a pas son pareil pour créer une tension qui nous emporte dans le début et ne nous quitte plus jusqu'à la fin.  Côté réalisation le film lorgne donc du côté  des Jason Bourne surtout que Roy Miller, tout comme Jason Bourne est aussi en quête de vérité, pas celle qui le concerne mais qui implique l'Etat dont il est censé défendre les valeurs. Matt Damon avec son physique d'une force déterminée et rassurante  confirme une nouvelle fois la pertinence de ses choix.

    En signant le premier film à aborder frontalement le thème de l'absence des armes de destruction massive, Paul Greengrass n'épargne personne, ni l'administration Bush ( un dernier plan sur des installations pétrolières est particulièrement significatif quant aux vraies et accablantes raisons du conflit) ni certains militaires ni les médias ne sont épargnés.  Enfin des images sur une piètre vérité pour un film aussi explosif que la situation qu'il relate.

    Entre thriller et film de guerre, un film prenant en forme de brûlot politique qui n'oublie jamais, ni de nous distraire, ni de vulgariser une situation complexe, ni son objectif de mettre en lumière la sombre vérité. Courageux et nécessaire. A voir absolument !

    Lien permanent Imprimer Catégories : CONCOURS Pin it! 1 commentaire
  • Critique de « Green zone » de Paul Greengrass avec Matt Damon…

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    Avec ce septième long-métrage, Paul Greengrass retrouve pour la troisième fois Matt Damon et s'attèle également pour la troisième fois au film « historique » après « Bloody Sunday » et « Vol 93 ».  Mais qu'allait donc donner cette collaboration entre le réalisateur et l'acteur qui, sous la direction de Paul Greengrass, pour la première fois n'incarne plus Jason Bourne mais l'adjudant-chef Roy Miller  dans cette adaptation du livre d'enquête de Rajiv Chandrasekaran?

    Pendant l'occupation américaine de Bagdad en 2003, ce dernier et ses hommes ont ainsi pour mission de trouver des armes de destruction massive censées être stockées dans le désert iraquien mais, d'un site à un autre où il ne trouve jamais rien, Roy Miller commence à s'interroger sur le véritable objectif de leur mission. C'est dans la Green zone (quartier fortifié du gouvernement provisoire irakien, des ministères et des ambassades) que se joue le sort du pays entre les mains de ceux pour qui il est un capital enjeu...

    Le premier grand atout de cette nouvelle collaboration Damon/Greengrass (et disons-le tout de suite,  de cette vraie réussite) c'est d'expliquer intelligemment et avec simplicité  tous les ressorts d'une situation aussi explosive que complexe. Ainsi,  chaque personnage incarne un point de vue sur la situation irakienne : le militaire américain qui remet en cause la position du Pentagone, l'Irakien (blessé lors de la guerre Iran/Irak et victime de ce conflit qui à la fois le concerne directement et l'ignore) qui souhaite avant tout que son pays aille de l'avant et le débarrasser des anciens acolytes de Saddam Hussein (les fameuses cartes comme si cette désolante et tragique mascarade n'était qu'un jeu), les militaires qui obéissent aveuglement au mépris des vies sacrifiées et au prétexte de l'objectif fallacieux dicté par la Maison Blanche (et pour couvrir cet objectif fallacieux), les journalistes manipulés et par voie de conséquence manipulateurs de l'opinion, le nouveau gouvernement incompétent choisi par l'administration américaine... et au milieu de tout ça, une population qui subit les conséquences désastreuses qui, aujourd'hui encore, n'a pas trouvé d'heureux dénouement.

     Le film de guerre se transforme alors en explication géopolitique imagée mais n'allez pas croire qu'il s'agit là d'un film soporifique comme son sujet aurait pu laisser le craindre. Caméra à l'épaule, réalisation nerveuse, saccadée, contribuant à renforcer le sentiment d'urgence, immersion dès le premier plan qui nous plonge en plein chaos... Paul Greengrass, avec son style documentaire et réaliste (il a même fait tourner de nombreux vétérans de la guerre en Irak), n'a pas son pareil pour créer une tension qui nous emporte dans le début et ne nous quitte plus jusqu'à la fin.  Côté réalisation le film lorgne donc du côté  des Jason Bourne surtout que Roy Miller, tout comme Jason Bourne est aussi en quête de vérité, pas celle qui le concerne mais qui implique l'Etat dont il est censé défendre les valeurs. Matt Damon avec son physique d'une force déterminée et rassurante  confirme une nouvelle fois la pertinence de ses choix.

    En signant le premier film à aborder frontalement le thème de l'absence des armes de destruction massive, Paul Greengrass n'épargne personne, ni l'administration Bush ( un dernier plan sur des installations pétrolières est particulièrement significatif quant aux vraies et accablantes raisons du conflit) ni certains militaires ni les médias ne sont épargnés.  Enfin des images sur une piètre vérité pour un film aussi explosif que la situation qu'il relate.

    Entre thriller et film de guerre, un film prenant en forme de brûlot politique qui n'oublie jamais, ni de nous distraire, ni de vulgariser une situation complexe, ni son objectif de mettre en lumière la sombre vérité. Courageux et nécessaire. A voir absolument !

     

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