17/09/2010
Critique de « The Town » de Ben Affleck : l’étau de Charlestown
Il y a deux ans, Ben Affleck présentait son premier film en tant que réalisateur, en avant-première, à Deauville :« Gone baby gone » inspiré du roman éponyme de Denis Lehane relatant l’enquête après la disparition d’une petite fille de 4 ans dans une banlieue pauvre de Boston, plus exactement à Dorchester, le plus grand et le plus hétéroclite des quartiers de Boston, à travers le regard de deux jeunes détectives privés interprétés par Casey Affleck et Michelle Monaghan. Avec ce premier film, Ben Affleck avait choisi d’explorer les bas-fonds voire les tréfonds obscurs et secrets de ce quartier de Boston.
Etrangement, malgré un passage à Paris, ce n’est pas à Deauville mais à Venise et uniquement que son deuxième film en tant que réalisateur, le très attendu « The town » a été présenté (hors compétition), malgré l’accueil chaleureux qui avait été réservé au premier en Normandie en 2007 et malgré le thème de ce second film parfaitement en adéquation avec ceux de cette édition 2010 du Festival de Deauville : des films relevant souvent de l’étude sociologique. Par ailleurs, « The town » aurait amené cette petite touche événementielle qui faisait cruellement défaut à cette 36ème édition du Festival du Cinéma Américain.
C’est de nouveau à Boston que nous entraîne Ben Affleck, plus précisément dans le quartier de « Charlestown » surnommé « The town », un quartier réputé pour son nombre record de braquages de banques et dans lequel la population se divise entre ceux qui y contribuent et ceux qui font régner la loi. Doug MacRay (Ben Affleck), comme beaucoup d’habitants du quartier a été choisi par le crime plus qu’il ne l’a choisi, son père étant lui-même un ancien braqueur. Lors d’un casse, Doug et sa bande prennent en otage la directrice de la banque, Claire Keesey (Rebecca Hall, découverte dans « Vicky Cristina Barcelona » de Woody Allen.)
Relâchée indemne mais profondément marquée, Claire sait qu’elle risque des représailles mais elle ignore que le jeune Doug qu’elle rencontre à la laverie automatique est un de ses ravisseurs…. Pendant que le FBI mène l’enquête et se rapproche de plus en plus de la piste de Doug et sa bande, ce dernier et Claire se rapprochent aussi de plus en plus.
The Town est adapté du best-seller de Chuck Hogan, Prince of the thieves.
Dès les premiers plans, la camera tourne autour du quartier de Charlestown l’emprisonnant dans son cadre comme les protagonistes le sont par ce lieu qui les a vu naitre et grandir et qui les condamne à y mourir, souvent prématurément. Condamnés à une vie plus subie que choisie qui les dédouane d’une part de responsabilité, Charlestown incarne le déterminisme social et Doug la possibilité d’y échapper. C’est sa rencontre avec Claire qui va le conduire sur le chemin de la rédemption après une première chance avortée et une carrière de hockeyeur brisée par la violence. James (Jeremy Renner) incarne (brillamment) son double, celui qui choisira l’autre route et pour qui il n’en existe aucune autre.
Des thèmes que l’on retrouve notamment dans le cinéma de James Gray même si Ben Affleck n’atteint pas toujours la même subtilité dans les scènes les plus intimistes, notamment dans l’histoire d’amour qui manque parfois de subtilité mais dont l’impossibilité apparente et la tension (il semble impossible qu’elle puisse être amoureuse de celui qui est la cause de la terreur de sa vie) apportent piment et originalité. Lorsqu’il s’agit de courses poursuites ou de susciter le sentiment d’urgence, l’adrénaline, le danger, la maîtrise du réalisateur est en revanche flagrante et la tension palpable.
« The town » est certes moins âpre et angoissant que « Gone baby gone » mais on retrouve cette réalisation sobre et parfaitement maîtrisée et ce même souci de réalisme. Ben Affleck confirme être un des réalisateurs de polars avec qui il va falloir compter, avec une mise en scène de facture certes classique mais respectant les codes du genre et bien ancrée dans un lieu et son époque. On retrouve cette même étanchéité entre le bien et le mal, le crime et l’innocence que dans « Gone baby gone » qui écarte pareillement « the town » du classique thriller manichéen.
Comme dans « Gone baby gone », Ben Affleck soigne ses rôles secondaires aux visages marqués par la violence, la souffrance, l’aigreur. On pourrait lui reprocher quelques baisses de rythme qui sont néanmoins davantage la marque de son style (la mise en relief des personnages et intrigues secondaires) que de réelles lacunes.
Gageons qu’avec son prochain film « Arizona », Ben Affleck parviendra lui aussi à s’échapper de Boston, prendre son envol, et tirer profit d’un horizon riche de possibles que laisse entrevoir ce deuxième film plus que prometteur.
16:20 Écrit par Sandra Mézière dans CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, critique, the town, ben affleck, deauville, venise |
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23/08/2007
In the mood for Deauville: Festival du Cinéma Américain 2007
Comme prévu, en ce 23 août, après un mois de silence bloguesque et après un mois bien loin des journées moroses et des salles obscures, l'actualité est de retour sur "In the mood for cinema" et surtout pour le moment sur "In the mood for Deauville", mon nouveau blog entièrement consacré au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2007 qui aura lieu du 31 août au 9 septembre prochain, un blog dont je vous ai déjà parlé sur lequel vous pourrez lire de nouveaux et divers articles quotidiens à partir d'aujourd'hui, en attendant de nouveaux articles également sur "In the mood for cinema", après le Festival du Cinéma Américain de Deauville, des articles qui concerneront notamment l'actualité cinématographique hebdomadaire à laquelle "In the mood for cinema" fera désormais une plus large place, mais aussi comme chaque année concernant le Festival du Film Britannique de Dinard où je vous annonce également dès maintenant la présence d'"In the mood for cinema".
En attendant, jusqu'au au 11 septembre 2007, je vous donne rendez-vous sur le blog "In the mood for Deauville" pour vivre le Festival du Cinéma Américain comme si vous y étiez :
http://inthemoodfordeauville.hautetfort.com
Si vous voulez en savoir plus sur les 124 films d'ores et déjà programmés, les hommages, les jurys, les nuits américaines (l'heureuse innovation de cette année qui permettra de voir des films 24H/24H) , toutes les informations pratiques pour venir au festival mais aussi sur les personnalités d'ores et déjà annoncées comme Sihourney Weaver, Matt Damon, Ben Affleck, Georges Clooney, Brad Pitt, Michael Douglas, les frères Farelly, Sidney Lumet, Sidney Pollack, Susan Sarandon, Zoe Cassavetes, Gena Rowlands et bien d'autres, alors rendez-vous dès à présent sur "In the mood for Deauville", le programme détaillé est désormais en ligne!
Sandra.M
20:10 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival du cinéma américain de Deauville, Sigourney Weaver, Matt Damon, Ben Affleck, Georges Clooney, Brad Pitt |
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