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CHRONIQUES LITTERAIRES - Page 3

  • Retrouvez ma chronique sur My Major Company Books sur le thème "Qu'est-ce qu'un bon livre?"

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    mmc2.jpgVous connaissez certainement le site My Major Company qui s'est d'abord fait connaître par les artistes qu'il a lancés dans le domaine musical (Grégoire, Irma, Joyce Jonathan notamment) sur le principe de la contribution des internautes.

    Depuis plus d'un an, le site a développé une déclinaison dans le domaine littéraire: My  Major Company Books, site  sur lequel je suis inscrite en tant qu '"auteur"  et pour lequel j'ai écrit une chronique sur un thème imposé "Qu'est-ce qu'un bon livre?" (depuis un mois, le site propose à des blogueurs et/ou auteurs de rédiger une chronique sur un thème, le mois dernier "Qu'est-ce qu'un bon auteur?")...et sur lequel, accessoirement, en furetant un peu sur le site, vous pourrez me retrouver en tant qu' auteur (ou du moins utopiste aspirant à le devenir officiellement). Si vous êtes curieux et téméraires, vous pourrez aussi lire et donner votre avis...

    Je vous invite en tout cas à lire ma chronique très personnelle en cliquant sur le lien suivant et à me dire éventuellement ce que vous en pensez et ce qu'est un bon livre pour vous:

    Lire ma chronique sur My Major Company Books 

     et retrouvez-la également désormais en intégralité ci-dessous et retrouvez ma page d'auteur sur My Major Company Books, là et n'hésitez pas à devenir "fan" et à donner votre avis!

    Lettre à un Inconnu

    Cher bon livre,

    Paradoxalement, cher Inconnu, je te « connais » depuis toujours ou presque. J’espère donc que tu ne me tiendras pas rigueur de ce tutoiement plus affectueux que familier. Imagines-tu que l’on me demande de parler de toi, toi le « bon livre » ! Je suis ravie d’avoir aujourd’hui un prétexte pour t’écrire ce que je n’ai jamais osé te dire, en usant des armes qui sont les tiennes, avec toute la modestie que m’inspirent la reconnaissance et l’admiration sans bornes que j’éprouve pour toi…

    Un bon livre.  Quel euphémisme pour décrire celui dont, à chaque relecture, je découvre une nouvelle facette, un nouveau pouvoir, et qui me procure une réflexion et une jubilation presque miraculeusement renouvelées ! Mes mots seront sans doute bien impuissants et faibles face au pouvoir indicible des tiens, j’essaierai néanmoins de partager ce que j’éprouve pour l’ami très cher et indéfectible que tu es avec tout l’enthousiasme et toute la délicatesse nécessaires. Quand d’autres découvraient les joies du patin à roulettes ou de la corde à sauter, c’est avec toi que, déjà, je passais le plus clair de mon temps. Plaisir coupable (de ne pas avoir ceux des enfants de mon âge) et à la fois d’une jubilation ineffable de voir défiler les mots jusqu’à l’amnésie de leur existence, de voir s’y substituer des êtres et des lieux plus vrais que nature, de découvrir d’autres réalités, d’autres possibles, d’oublier des peines d’enfant en dévorant des pages faisant défiler des destins, souvent d’adultes, et d’en peupler mon imaginaire. Bien sûr, parfois je me suis égarée avec certains de tes semblables moins recommandables, les médiocres, les ennuyeux (même si c’est là un autre débat, le bon livre ne devant pas être à tout prix divertissant, le livre récalcitrant ou retors n’étant pas synonyme de mauvais, parfois bien au contraire), les prétentieux, les sentencieux.

    Parmi tous les visages que tu empruntes, il y en a bien sûr de plus remarquables que je revois avec plus d’enthousiasme, sans doute ce dénommé bon livre, qualifié ainsi non pas pour ta bonté (je sais à quel point tu peux être cruel parfois, je me souviens ainsi de tes « Liaisons dangereuses » et des cruautés que j’avoue sans honte avoir lu avec délectation, et même parfois relu, sans parler des misères vécues par ce pauvre Jean Valjean ou par bien d’autres victimes de ta lucidité) mais par tes qualités littéraires qui recouvrent bien des réalités.

    J’aime ainsi tout aussi passionnément la célèbre musique des mots de Sagan qui, tant de fois, m’a conduite à relire plusieurs fois le même livre ou la même phrase (je devine ton ironie qui sait être cruelle, non pas que je n’avais pas compris mais parce que je souhaitais en ressentir pleinement la beauté sensuelle et clairvoyante) que les descriptions ciselées et somptueuses de Balzac (selon moi, celui qui a le plus souvent fait honneur à ta qualification), des descriptions d’une beauté vertigineuse, à l’affût du moindre frémissement des âmes, souvent tourmentées, et des lieux qui les reflètent créant ainsi une Comédie humaine époustouflante de justesse, d’humanité, de beauté, de lucidité, de modernité, d’intemporalité. La quintessence du bon livre.

    Tu peux, cher bon livre, recouvrir des phrases très longues ou très courtes, un langage cru ou poétique mais toujours émane de toi cette sorte de magie qui donne le sentiment de s’élever. Tu es comme un bon mets qui se déguste inlassablement sans jamais nous faire parvenir à l’écœurement, métaphore bien pauvre pour te rendre hommage à toi qui en recèles tant d’étourdissantes. Combien de fois grâce à toi ai-je eu l’impression que le vol du temps était suspendu ? Combien de fois ai-je dévoré tes pages avec gourmandise, avidité, au mépris du temps qui passe, de la réalité, d’une fatigue subitement indolore, tout en réalisant que tu nous la fais aimer et redécouvrir cette réalité, et parfois, il est vrai, aussi, tout en la rendant bien fade à côté des aventures palpitantes en lesquels tu nous conduis à croire ? C’est sans doute ce qui te distingue souvent de tes semblables, le commun des mortels des livres, face à toi l’immortel : cette capacité à nous emmener ailleurs par le simple pouvoir de tes mots…  Mais te résumer à cela serait aussi réducteur, ta complexité et ta rudesse font parfois aussi ton charme.

    Tu es aussi celui qui arrive à nous faire croire à l’impossible. Parfois même, te côtoyer relève de l’expérience plus que de la lecture. Je songe ainsi à cette « Belle du Seigneur », relue chaque année ou presque,  dont la satire si acerbe et juste d’une société avide d’ascension sociale- ah le pathétisme hilarant d’Adrien Deume et de sa médiocrité !- mais dont, surtout, l’histoire d’amour qui voit la passion étouffer ceux qui la vivent (sublimes et tragiques Ariane et Solal)  font de ce roman flamboyant, éblouissant et terrifiant, une expérience inoubliable revécue et ressentie à chaque relecture, qui décrit mieux que personne la naissance et la désagrégation d’une passion et qui nous emporte dans son tourbillon échevelé.

     Tu es aussi celui qui traverse le temps et les frontières, aussi universel qu’intemporel. L’ambition des Eugène de Rastignac, Lucien de Rubempré, Georges Duroy n’ont pas pris une ride. Tu es aussi celui qui inspire les autres arts. Combien de fois, parmi tant d’autres illustres exemples, tes « Crimes et châtiments » ont-ils été cités par le cinéma ?

    Tu es celui qui se déguste ou se dévore, se lit et se relit à l’infini, se dévoile et se découvre, et nous dévoile une part du monde ou de nous-mêmes. Tu es une réminiscence inexplicable : tu as indéniablement aussi un rapport avec et à l’enfance.

    Que ceux qui disent que tu n’es que temps perdu partent à sa recherche ou lisent Rainer Maria Rilke et ses « Lettres à un jeune poète » pour voir que tu peux être aussi une édifiante leçon de vie.

    Tu es aussi celui dont l’abandon s’apparente à un déchirement…comme ce fut le cas pour moi en refermant les pages de « Martin Eden » de Jack London, roman d’un romantisme désenchanté empreint de passion puis de désillusions, roman sur la fièvre créatrice et amoureuse qui emprisonnent, aveuglent et libèrent à la fois, un roman qui me bouleverse à chaque relecture. Là est ton secret, aussi, sans doute, dans les émotions, les sentiments même, ou les réflexions qui surgissent de cet assemblage prodigieux des mots.

    Tu es celui qui m’a donné cette envie viscérale d’écrire mais qui me fait rougir rien que d’y songer.

    Tu es tellement plus que cela encore, le compagnon des nuits d’insomnie, des jours d’ennui ou de tristesse (tu sais  «  ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent » *) mais aussi le complice ou l’instigateur des évasions exquises et des escapades imaginaires. Et puis parmi toutes tes vertus, tu possèdes celle, inestimable, de l’éternité, qui nous donne parfois à nous  aussi, ce fugace sentiment d’éternité. Tu restes un mystère, celui de l’habileté de ton auteur qui a su si bien jongler avec les mots, les habiller, les ordonner, les faire résonner en moi, en nous, lecteurs.

    J’ai bien conscience que tous ces exemples s’apparentent davantage à des chefs d’œuvre (terme galvaudé mais classification à laquelle, je crois, appartient chacun des livres précités) qu’à des bons livres, mais leurs caractéristiques sont souvent similaires, avec ce supplément d’âme et d’éternité pour les premiers.

    La passion m’emporte, je pourrais continuer ainsi longtemps à faire ton éloge. Pour toi qui as donné naissance à une fameuse et une merveilleuse « Lettre d’une inconnue », j’en achève ainsi une aujourd’hui à mon tour, à un Inconnu que je côtoie si fréquemment, évidemment sans commune mesure avec celle de Stefan Zweig. J’ai écrit cette lettre pour toi le bon livre, l’Inconnu si proche, héros immortel, ami fidèle et parfois délicieusement cruel, pour te dire simplement merci d’être ce que tu es, tour à tour ou tout à la fois : énigmatique, intemporel, réjouissant, instructif, universel et immortel. Et auréolé de l’exquis et insondable mystère de l’Inconnu.

    Affectueusement.

    Une lectrice éperdument reconnaissante.

    (*Phrase extraite du début de « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan)

    Lien permanent Imprimer Catégories : CHRONIQUES LITTERAIRES, ECRITURE(mes scénarii, romans, nouvelles, prix...) Pin it! 3 commentaires
  • 63ème journée dédicaces de sciences-po le 4 décembre

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    Une petite exception à l'actualité cinématographique pour vous parler de la journée dédicaces de sciences-po qui permet de rencontrer vos auteurs préférés et qui existe depuis 1947(!) mais aussi d'assister à un débat, cette année "Lire et écrire à l'ère du numérique". Le thème de cette 63ème édition est "Littératures au singulier". Rendez-vous donc de 14H à 18H dans les locaux de sciences-po pour rencontrer, notamment: Jacques Attali, Laurent Fabius, David Foenkinos, Max Gallo, Jules Gassot, Camille Laurens, Alain Minc, Olivier et Patrick Poivre d'Arvor, Bertrand Tavernier, Amanda Sthers, Rama Yade.

    Cliquez ici pour accéder à la liste complète des auteurs.

    Cliquez ici pour accéder au site de la journée dédicaces.

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  • Critique de « L’homme qui voulait vivre sa vie » de Douglas Kennedy : quand la lecture devient consommation …

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    Avant de voir, ce soir, en avant-première, l’adaptation du roman « L’homme qui voulait vivre sa vie » par Eric Lartigau avec Romain Duris dans le rôle principal, quelques mots sur le roman de Douglas Kennedy. Il est vrai que la rubrique littéraire de ce blog a été quelque peu délaissée après une profusion de critiques l’an passé, à l’occasion de ma participation au jury des lectrices ayant la lourde tâche, et non moins agréable, de décerner le prix littéraire du magazine Elle. Il est vrai aussi que si je lis beaucoup, je (re)lis beaucoup plus de classiques que de littérature contemporaine, peut-être est-ce aussi ce qui explique  (en partie) mon opinion sur le livre en question.

     Le « pitch » d’abord (j’emploie ce terme à dessein car il s’agit pour moi beaucoup plus d’un pitch scénaristique que d’un résumé de roman) tel que publié en quatrième de couverture : «  Ben Bradford a réussi. La trentaine, avocat compétent, un beau poste dans l'un des plus grands cabinets de Wall Street, un salaire à l'avenant, une femme et deux fils tout droit sortis d'un catalogue Gap. Sauf que cette vie, Ben la déteste. Il a toujours rêvé d'être photographe. Quand il soupçonne que la froideur de son épouse est moins liée à la dépression postnatale qu'à une aventure extraconjugale, ses doutes reviennent en force, et avec eux la douloureuse impression de s'être fourvoyé. Ses soupçons confirmés, un coup de folie meurtrier fait basculer son existence, l'amenant à endosser une nouvelle identité... »

    Ce qui m’avait marquée dans le cadre de ma participation au jury précité, c’était à quel point un grand nombre de romans (dans le fond comme dans la forme) étaient calqués sur les blockbusters cinématographiques américains (à moins qu’il ne s’agisse d’un pléonasme, alors disons sur les blockbusters), et « L’homme qui voulait vivre sa vie » me semble être la quintessence de ce style de roman. Ainsi, le style est simple, pour ne pas dire enfantin (on ne sait jamais, le lecteur pourrait se heurter à un mot inconnu et donc devoir ralentir sa lecture qui, ici, ne doit pas se déguster mais être ingurgitée). Le lecteur devient un consommateur vorace et insatiable, un comble pour un livre qui feint de dénoncer la consommation frénétique.

     Certes un chef d’œuvre de la littérature peut aussi se dévorer, mais les mots n’y sont pas de simples outils destinés à faire uniquement avancer l’histoire. Ils ont leur existence propre et le plaisir du lecteur provient  alors autant de leur alliance ou mésalliance que de l’histoire.  Oui, je sais, sans doute suis-je anachronique. Quelle idée d’exiger d’un livre qu’il soit bien écrit. Revenons au blockbuster : une situation inextricable et donc souvent hors du commun (souvent vécue par un homme ordinaire), un style qui vise avant tout l’efficacité,  des scénaristes qui ne s’embarrassent pas de psychologie, un sujet faussement subversif (personnage amoral voire immoral mais qui finit toujours pas se racheter et critique faussement ravageuse, ici de la réussite à l’Américaine) et une fin ouverte histoire de pouvoir écrire/réaliser une suite. Le but est l’efficacité avant tout. A n’en pas douter si, pour moi, le livre n’est pas une œuvre littéraire le film a de grandes chances d’être réussi (ce que me confirme d’ailleurs la bande-annonce).

    Une fois passée cette désagréable impression, stylistiquement parlant, de lire le journal plutôt qu’un roman, je me suis donc laissé entraîner, tournant les pages avec avidité (efficace, vous dis-je), impatiente de savoir ce qui arrivait à ce Ben Bradford et de voir donc, selon Douglas Kennedy, en quoi consistait « vivre sa vie ». Sans doute le but du pitch est-il de susciter l’identification d’un maximum de lecteurs partant du principe qu’un grand nombre souhaite changer de vie, le pitch le plus accrocheur pouvant se résumer ainsi « Que seriez-vous prêt à faire pour tour recommencer à zéro et changer de vie ?» et qui selon moi serait plutôt « A quel point pourriez-vous être lâche et égoïste  si vous n’aviez d’autre choix que de changer de vie ?» (mais c’est tout de suite moins accrocheur, j'en conviens). Seulement, je ne sais pas combien sont capables de tuer, découper le cadavre, inventer une histoire abracadabrantesque pour s’enfuir, abandonner femme et enfants (avec un peu de scrupule tout de même, il ne faudrait pas non plus choquer le lecteur/consommateur). Certes, je n’ai aucune envie de changer de vie mais si tel avait été le cas, je ne me serais sans doute pas plus identifiée à Ben Bradford et n’aurais pas été plus compréhensive.

     Là est pour moi le second problème : non seulement c’est totalement invraisemblable (sans parler de sa rencontre avec une journaliste qui lui écrit je t’aime au bout de quelques heures, sur des accidents vraiment opportuns et totalement improbables, et sur le fait que pour quelqu’un qui a mis autant d’énergie à disparaître il en met aussi beaucoup à se retrouver dans des situations susceptibles de le faire reconnaître ), c’est que je n’ai éprouvé aucune sympathie ni empathie pour ce personnage égoïste et lâche.

    Je suis donc d’autant plus curieuse de découvrir l’adaptation cinématographique dont je ne manquerai pas de vous parler dès demain et en attendant n’hésitez pas à me donner votre avis sur le roman, étant assez étonnée par le concert de louanges dont il fait l’objet.

  • Le Salon du livre 2010 en direct

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    Je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises: je fait partie du jury du Prix littéraire des lectrices de Elle 2010. Outre le privilége de recevoir une vingtaine de livres, j'ai la chance, vendredi prochain, d'être invitée au Salon du livre pour rencontrer quelques auteurs:  Antonin Varenne, Camille de Villeneuve,  Véronique Ovaldé, Sarah Kaminsky, Hélène Castel, Dominique Torres et Jean-Marie Pourtaut, Gérard Garouste, Judith Perrignon, Eric Fottorino. Je vous raconterai bien entendu cet après-midi d'exception sur ce blog. Si vous aussi faîtes partie du jury Elle, n'hésitez pas à laisser un message dans les commentaires ou via email (inthemoodforcinema@gmail.com ).

    Le Salon fête cette année ses 30 ans et il se tiendra, comme chaque année, Porte de Versailles, au Parc des Expositions, du 26 au 31 Mars.

    Cliquez ici pour lire mes critiques des livres sélectionnés pour le Prix littéraire des lectrices de Elle 2010.

    Cliquez ici pour accéder au site officiel du Salon du Livre 2010

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