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  • Critique de "Poupoupidou" de Gérald Hustache-Mathieu, ce soir, à 20H55, sur Canal+

     

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     « Poupoupidou » est le second long métrage de Gérald Hustache-Mathieu, 4 ans après « Avril ».

    David Rousseau (Jean-Paul Rouve) est l’auteur de romans policiers aux titres à son image, burlesques et improbables, et à l’image du lieu où il se rend pour toucher un héritage : Mouthe. Enfin, ce sont surtout les températures qui y sont burlesques et improbables puisque c’est le village le plus froid de France. En guise d’héritage, il va uniquement récolter un chien empaillé, en revanche il va y trouver l’inspiration pour son prochain roman. Le jour de son arrivée, on découvre en effet le corps de Candice Lecoeur (Sophie Quinton), l’effigie blonde du fromage  Belle du Jura, star locale persuadée d’être la réincarnation de Marylin Monroe. La gendarmerie a conclu à un suicide. David Rousseau n’y croit pas et va enquêter. Il va alors trouver à Mouthe bien plus qu’un sujet de roman...

    Beaucoup d’éléments m’ont enchantée dans ce « Poupoupidou », et en premier lieu le fait qu’il soit délicieusement à contre-courant. A contre-courant, parce qu’il ne considère pas que le monde s’arrête aux frontières du périphérique parisien. La première bonne idée est en effet d’avoir situé l’intrigue à Mouthe, d’abord pour l’élément dramatique que constitue le froid polaire qui y règne mais aussi pour le décor à la fois familier et inhabituel, sorte d’ailleurs proche et lointain qui brouille nos repères. Gérald Hustache-Mathieu regarde la province avec une tendresse lucide jamais condescendante mais non moins drôle.

    A contre-courant ensuite parce qu’il appartient à plusieurs genres, là où le cinéma français cherche de plus en plus à construire des films concepts réductibles à un slogan en guise de pitch (comme celui-ci, par exemple), Poupoupidou appartient à plusieurs genres et crée ainsi le sien propre que nous pourrions qualifier de policier burlesque et romantique.

    A contre-courant par l’originalité de la construction scénaristique également puisque s’enchevêtrent plusieurs points de vue, celui de Candice à travers son journal et celui de David Rousseau, celui du  vivant et de la défunte sans que jamais cela devienne morbide mais au contraire onirique, leurs deux voix se faisant ainsi poétiquement, tantôt humoristiquement ou  tragiquement écho.

     A contre-courant enfin parce que son réalisateur est un incorrigible romantique dont il a dit hier soir qu’il devrait s’en guérir. Surtout qu’il ne change rien. D’ailleurs amusant qu’un romantique cherche à se guérir quand des cyniques ne cherchent qu’à s’en enorgueillir (faîtes un tour sur twitter, cela vous en donnera une idée...) En passant, j’ai été plutôt admirative de l’énergie déployée par Gérald Hustache-Mathieu hier soir pour défendre son film face à une salle qui en termes d’empathie me semblait être  à peu près l’équivalent de celle des César (c’est dire…)

    A contre-courant pour le casting. Gérald Hustache-Mathieu n’a pas choisi des acteurs « bankable » mais son choix n’en était que plus judicieux. Sophie Quinton présente cette sensualité, cette tristesse, cette gaieté joliment feinte de Marylin sans jamais la singer. Et  Jean-Paul Rouve adopte un jeu tantôt touchant, tantôt décalé confirmant son  César du meilleur espoir masculin pour son rôle de collabo dans « Monsieur Batignole » et qu’il peut tout jouer. Ils incarnent l’un et l’autre des personnages à qui la confiance en eux fait défaut et qui ont besoin de s’identifier à ce fameux mythe américain, l’un à une actrice, l’autre à un romancier. Ces deux-la étaient faits pour se rencontrer. Et c’est la magie du cinéma et de l’écriture scénaristique que de permettre qu’ils le fassent par-delà la mort.

    Plus que l’intrigue policière, c’est finalement le portrait de ces êtres qui rêvent d’ailleurs, (personnages principaux et secondaires croqués par petites touches mais non moins présents), antihéros fascinés par le mythe américain dont le film tout entier est imprégné, hommage au mythe Marylin et au mythe en général.  Plus que l’enquête du véritable meurtrier de Candice c’est finalement celle qui consiste à établir le parallèle avec  la vie de Norma Jean/Marylin (comme un 5 omniprésent qui rappelle sa célèbre réponse à une question d’un journaliste), désirée et presque toujours mal aimée et incomprise, qui donne au film ce ton à la fois ludique et nostalgique. Gérald Hustache-Mathieu déjoue les apparences et se joue des apparences avec humour et sensibilité.

    Poupoupidou n’emprunte pas seulement son titre à Marylin : on retrouve son mélange de fragilité, de gravité et de légèreté et ce petit plus indéfinissable qu’on appelle la grâce et qui vous fera oublier le temps qui passe. Un polar tendrement drôle et décalé, une histoire d’amour posthume burlesque joliment inclassable portée par le souci du détail de son réalisateur, une bande originale ensorcelante, et deux acteurs aussi touchants que drôles avec en toile de fond la beauté tragique du mythe. 

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  • Oscars 2012, liste complète des nominations: 10 nominations pour "The Artist"!

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    Les nominations pour la 84ème cérémonie des Oscars viennent de tomber, à Los Angeles.

    Comme les Golden Globes le laissaient espérer,  ce sont pas moins de dix nominations pour "The Artist" (dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario...), avec une nomination bien évidemment pour Jean Dujardin qui, s'il obtenait l'Oscar, serait le premier acteur français a être récompensé de l'Oscar du meilleur acteur (même si des actrices ont obtenu l'Oscar de la meilleure actrice: Marion Cotillard en 2008 pour "La Môme" et Simone Signoret en 1960 pour "Les chemins de la haute ville") alors que, déjà, c'est une pluie de récompenses pour ce film (dont un Golden Globe du meilleur acteur et un prix d'interprétation à Cannes pour Jean Dujardin) qui est d'ores et déjà le film français le plus nommé aux Oscars de l'Histoire du cinéma. Face à Jean Dujardin: George Clooney, Brad Pitt, Gary Oldman, Demian Bichir. La compétition sera donc palpitante.  C’est aussi la première fois qu’un film français est nommé comme meilleur film et meilleur réalisateur aux Oscars. Espérons que le (mauvais) esprit français ne conduira pas  les « professionnels de la profession » à bouder « The Artist » aux César.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011

    Un succès amplement mérité dont je me réjouis d'autant plus que j'avais eu un énorme coup de coeur pour ce film dès sa première projection cannoise et d'autant plus compréhensible que "The Artist" (dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici) est un vibrant hommage au cinéma (et au cinéma américain), à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité. Quant à Jean Dujardin, il y est flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps. Il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets,  de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance.  Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt). Il avait déjà prouvé dans « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia qu’il pouvait nous faire pleurer.  Il confirme ici l’impressionnant éclectisme de sa palette de jeu et d'expressions de son visage...un rôle qui le fait d'ores et déjà entrer dans l'Histoire du cinéma avec, nous lui souhaitons, l'apothéose à Los Angeles, le 26 février prochain.

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     Avec 10 nominations, "The Artist" est devancé d'une nomination par "Hugo Cabret" de Scorsese.

    Je me réjouis également des trois nominations pour Woody Allen avec "Minuit à Paris "(meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original), également un film hommage au pouvoir de l'imaginaire...et d'une certaine manière au cinéma, un film un peu oublié qui est pourtant un de mes grands coups de coeur de cette année 2011 et dont vous pouvez retrouver ma critique, ici.

    On remarquera également l'absence incompréhensible de Leonardo DiCaprio pour "J.Edgar" de Clint Eastwood (raison de date de sortie?), décidément maudit des Oscars après celui qui aurait dû lui revenir pour "Shutter island" de Martin Scorsese.

    Vous pourrez bien entendu retrouver le palmarès des César 2012 ici et sur mon nouveau site http://inthemoodlemag.com .

    Meilleur film

     The Artist de  Michel Hazanavicius

     The Descendants d' Alexander Payne

     La Couleur des sentiments de Tate Taylor

     Le stratège de Bennett Miller

    Cheval de guerre de Steven Spielberg

    The Tree of life de Terrence Malick

    Minuit à Paris de Woody Allen

    Extrêmement fort et incroyablement près de Stephen Daldry

    Hugo Cabret de Martin Scorsese

     Meilleur réalisateur

     Michel Hazanavicius (The Artist)

     Martin Scorsese (Hugo Cabret)

    Alexander Payne (The descendants)

    Woody Allen (Minuit à Paris)

    Terrence Malick (The tree of life)

     Meilleur acteur

     Brad Pitt – Le stratège

     Gary Oldman – La Taupe

     George Clooney - The Descendants

     Jean Dujardin - The Artist

     Demian Bechir - A better life

     Meilleure actrice

     Meryl Streep – La Dame de Fer

     Michelle Williams - My Week With Marilyn

    Viola Davis – La Couleur des sentiments

    Glenn Close - Albert Nobbs

    Rooney Mara - Millenium

     Meilleur second rôle masculin

     Christopher Plummer - Beginners

     Jonah Hill – Le Stratège

     Kenneth Branagh - My Week With Marilyn

    Nick Nolte - Warrior

    Max Von Sidow - Extrêmement fort et incroyablement près

     Meilleur second rôle féminin

     Bérénice Bejo - The Artist

     Jessica Chastain – La Couleur des sentiments

     Melissa Mccarthy – Mes Meilleures amies

    Octavia Spencer – La Couleur des sentiments

    Janet McTeer- Albert Nobbs

     Meilleur Scénario original

     The Artist - Michel Hazanavicius

     Mes Meilleures amis - Annie Mumolo, Kristen Wiig

     Minuit à Paris - Woody Allen

    Margin Call - JC Chandor

    Une séparation - Asghar Farhadi

     Meilleur Scénario adapté

     The Descendants - Alexander Payne, Nat Faxon, Jim Rash

    La Taupe - Bridget O'Connor, Peter Straughan

    Hugo Cabret - John Logan

    Le stratège - Steve Zaillant et Aaron Sorkin

    Les marches du pouvoir - George Clooney et Grant Heslov

     Meilleur film en langue étrangère

    Sous terre de Agnieszka Holland (Pologne)

     Bullhead de Michael R. Roskam (Belgique)

    Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau (Canada)

     Une Séparation d' Asghar Farhadi (Iran)

    Footnote de Joseph Cedar (Israël)

    Meilleur film d'animation

     Rango de Gore Verbinski

    Une vie de chat

    Chico et Rita

    Kung Fu Panda 2

    Le chat potté

     Meilleure technique cinématographique

     Guillaume Schiffman - The Artist

    Jeff Cronenweth - Millenium

    Robert Richardson - Hugo Cabret

    Emmanuel Lubezki - The Tree of Life

    Janusz Kaminski - Cheval de Guerre

     Meilleure direction artistique

     The Artist

    Harry Potter et les Reliques de la Mort - Partie 2

    Hugo Cabret

    Cheval de Guerre

     Meilleurs costumes

     Anonymous

    The Artist

    Hugo Cabret

    Jane Eyre

    W.E

     Meilleur documentaire

     Hell and back again

    If a tree falls

    Paradise Lost 3 : purgatory

    Pina

    Undefeated

     Meilleur court-métrage documentaire

     The barber of Birmingham

    God is the bigger Elvis

    Incident in New Baghdad

    Saving Face

    The Tsunami and the Cherry Blossom

     Meilleur court-métrage

     Pentecost

    Raju

    The Shore

    Time Freak

    Tuba Atlantic

     Meilleur montage

     The Artist

    The descendants

    Millenium

    Hugo Cabret

    Le stratège

     Meilleur maquillage

     Albert Nobbs

    Harry Potter et les Reliques de la Mort 2

    La dame de fer

     Meilleure musique originale

     Ludovic Bource pour The Artist

    John Williams pour Tintin et les secret de la Licorne

    Howard Shore pour Hugo cabret

     Alberto Iglesias pour La taupe

    John Williams pour Cheval de Guerre

     Meilleure chanson originale

     Man or Muppet (Les Muppets)

    Real in Rio (Rio)

     Meilleur mixage

     Millenium

    Hugo Cabret

    Le stratège

    Transformers 3

    Cheval de Guerre

     Meilleur son

     Drive

    Millenium

    Hugo Cabret

    Transformers 3

    Cheval de Guerre

     Meilleurs effets spéciaux

     Harry Potter 7 - partie 2

    Hugo Cabret

    Real Steel

    La planète des singes origines

    Transformers 3

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  • L'annonce des nominations aux Oscars 2012 en direct

    En attendant de retrouver ici et sur http://inthemoodlemag.com  la liste complète des nominations aux Oscars 2012 commentée, suivez les nominations en direct, ici (à 14H30, heure française) :

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  • Concours - Gagnez 5x2 places pour "Detachment" de Tony Kaye et 5 affiches du film

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    En compétition du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville figurait "Detachment" de Tony Kaye, un de mes coups de coeur du festival (dont la compétition était d'ailleurs d'un niveau remarquable) . Son réalisateur a suscité les plus beaux moments d'émotion du festival, en présentant d'abord le film en chantant puis en remerciant le jury encore en chantant lors du palmarès avec, notamment une chanson bouleversante sur le 11 septembre (dernière vidéo, ci-dessous). Je vous propose de retrouver mes vidéos de ces beaux moments, ci-dessous.

    Dans ce film Adrien Brody incarne Henry Barthes, un professeur remplaçant, remplaçant afin de ne pas s’investir avec ses élèves tout comme il s’évertue à ne pas s’investir avec les femmes. Il se rêve en homme désincarné dans une salle vide ; lui qui incarnera pourtant le visage de l’espoir.

    Avec une poésie sombre, Tony Kaye, dans le fond comme dans la forme, rend hommage à l’art, ici salvateur, et à ces êtres qui ne se comprennent pas mais finalement si proches dans leurs fêlures, leur solitude, leur besoin d’écoute. Adrien Brody lui ne fuit pas son rôle (qui parle justement de fuite) mais est au contraire d’une présence époustouflante, assumant les contradictions de son personnage, bouleversant. Je vous reparlerai ultérieurement plus précisément de ce beau film à découvrir en salles le 1er février 2012.

    Concours: Faîtes partie des 5 premiers à me dire quels prix a reçu "Detachment" au dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville en m'envoyant un email avec vos coordonnées à inthemoodforcinema@gmail.com avec, pour intitulé, "Concours Detachment" et vous remporterez deux places et une affiche du film.

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