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  • Programme et jury des 13èmes Rencontres Internationales du Cinéma des Antipodes de Saint-Tropez, du 10 au 16 octobre 2011

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    Parfaite et complexe alliance entre cinéma de divertissement et un cinéma plus social, le Festival du cinéma des Antipodes dont ce sera cette année la 13ème édition, se déroulera à Saint-Tropez, du 10 au 16 octobre.

     Inthemoodforcinema.com a le plaisir d’en être partenaire (le concours pour gagner des invitations pour l’ouverture est prolongé, cliquez ici pour savoir comment gagner vos places).

     Un festival encore malheureusement méconnu à la programmation pourtant particulièrement riche et qui remplit pleinement l'objectif qui doit être celui d'un festival de cinéma: nous faire voyager, découvrir d'autres horizons, d'autres cinématographies, d'autres univers et talents, sans oublier de nous faire découvrir une réalité sociale parfois plus âpre.

     Vous pourrez ainsi effet y découvrir le meilleur des films australiens et néo-zélandais, du 10 au 16 octobre 2011, un cinéma qui, d’après son président Bernard Bories, rimera « avec diversité, singularité, dureté, poésie, humour, sensibilité, découverte et grands espaces. »

    Je vous propose de découvrir la programmation complète et le jury ci-dessous.

    Film d’ouverture :

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    THE TENDER HOOK

    Australie / 2007 / 98 min / 35 mm / couleur / VOSTF / Historique

    Réalisation : Jonathan Ogilvie

    Interprétation : Rose Byrne, Hugo Weaving, Matthew Le Nevez, Pia Miranda, Luke Carroll

    En présence de Jonathan Ogilvie

    The Tender Hook est l'histoire d'Iris, une ravissante jeune femme, prise au piège d'un triangle amoureux dangereux dans les années 20 à Sydney. Iris refuse de s'impliquer dans les affaires de son amant anglais, McHeath, mais tombe amoureuse d'Art, un jeune boxeur et le nouveau protégé de McHeath. Jaloux, McHeath devient violent tandis qu’Art reste fidèle à lui-même. Le désir d'Iris va les conduire vers un destin inattendu et destructif.

    Film de clôture

     

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    LOVE BIRDS

    Nouvelle Zélande / 2011 / 101 min / 35 mm / couleur / VOSTF / comédie

    Réalisation : Paul Murphy

    Interprétation : Rhys Darby, Sally Hawkins, Bryan Brown, Emily Barclay

    La vie heureuse et sans histoire de Doug s'effondre quand sa fiancée Susan le laisse

    tomber sans explication après des années de vie commune. Effondré, il n'envisage pas de vivre sans elle mais, quand un canard sauvage s'écrase sur son toit, il doit oublier ses problèmes pour soigner l'oiseau blessé, une aventure inattendue qui va lui faire découvrir l'amour de sa vie. Pour aider son protégé, Doug s'adresse à Holly, vétérinaire et mère célibataire. La vie de Doug est transformée, plus riche et satisfaisante, mais aussi plus compliquée car il doit emmener le Canard partout avec lui !

     La compétition officielle

    La compétition officielle est composée de six films australiens et/ou néo-zélandais. Les projections ont lieu à partir du jeudi 13 octobre, en présence du jury officiel.

     HERE I AM

    Australie / 2011 / 91 min / 35 mm / couleur / VOSTF / Drame

    Réalisation : Beck Cole

    Interprétation : Shai Pittman, Marcia Langton, Quinaiha Scott, Bruce Carter, Pauline Whyman

    En présence de Beck Cole & Kath Shelper (sous réserve)

    Karen est une belle jeune femme au passé douloureux. Récemment sortie de prison, elle se retrouve à la rue, livrée à elle-même. Elle est décidée à prendre sa revanche sur la vie, mais elle ne sait vers qui se tourner. Elle finit par trouver refuge dans un foyer pour femmes. Grâce au soutien de ses nouvelles amies, Karen va entreprendre de se reconstruire et renouer le contact avec sa mère et sa fille. Elle devra affronter des vérités dérangeantes, mais elle n’abandonnera pas.

     LOU

    Australie / 2010 / 82 min/ 35 mm / couleur / VOSTF / Comédie Dramatique

    Réalisation : Belinda Chayko

    Interprétation : John Hurt, Lily Bell-Tindley, Emily Barclay, Jay Ryan, Damien Garvey

    En présence de Belinda Chayko

    Aussi rapidement que le père de Lou sort de sa vie, son grand-père, y fait irruption en semant le désordre dans la petite maison que Lou partage avec sa jeune maman et ses deux soeurs. Doyle, le grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer, confond Lou avec sa propre femme. En entrant dans son drôle de jeu, Lou croit pouvoir utiliser Doyle contre sa mère. Sans s’y attendre, elle découvre ce que c’est qu’être aimée.

    MAD BASTARDS

    Australie / 2011 / 97 min / 35 mm / couleur / VOSTF / Road Movie

    Réalisation : Brendan Fletcher

    Scénario : Brendan Fletcher avec Greg Tait, Dean Daley-Jones, John Watson

    Interprétation : Dean Daley-Jones, Lucas Yeeda, Greg Tait, Ngaire Pigram, John Watson

    Sélection Officielle Festival de Sundance 2011

    TJ n’est pas un type vraiment fréquentable et Bullet, son fils de 13 ans, qu’il n’a jamais vu, semble vouloir suivre la même voie. Torturé par une colère qu’il ne parvient pas à maîtriser, TJ quitte les dérives et le chaos de la ville et part pour le Kimberley, dans le nord-ouest de l’Australie, dans l’espoir de découvrir qui il est et d’être un père pour son fils. Tex, le grand-père, n’a pas non plus eu une vie facile. A présent, policier respecté dans la localité isolée de Five Rivers, il oeuvre pour que les hommes de sa communauté n’aient pas à endurer ce qu'il a vécu. A travers l’histoire de trois générations d’hommes, « Mad Bastards » est un regard sans concession sur ce que devenir un homme signifie. Tourné avec la collaboration de communautés aborigènes, le film puise dans la riche tradition orale de la culture et de la vie aborigènes. Utilisant la musique du groupe The Pigram Brothers, originaire de Broome, véritable légende du Kimberley, Brendan Fletcher a réalisé un film à la fois âpre et poétique sur la force destructrice de la violence et le pouvoir rédempteur de la famille.

     MATCHING JACK

    Australie / 2010 / 103 min / 35 mm / couleur / VOSTF / Comédie Dramatique

    Réalisation : Nadia Tass

    Interprétation : Jacinda Barrett, Richard Roxburgh, James Nesbitt, Tom Russell, Kodi Smit- McPhee, Colin Friels

    Prix du Bel Age Cannes Cinéphiles 2011, Meilleur Film, Scénario, Réalisatrice au Festival International de Milan 2011

    En présence de Nadia Tass

    Une femme se bat contre la maladie de son fils et l'infidélité de son mari; mais après une rencontre lumineuse avec un marin Irlandais et son fils, sa vie s'en trouve chamboulée et l'emporte dans le tourbillon d'une histoire d'amour qui défie toutes les règles et explications.

    PREDICAMENT

    Nouvelle Zélande / 2010 / 98 min / 35 mm / couleur /VOSTF / Comédie

    Réalisation : Jason Stutter

    Interprétation : Jemaine Clement, Heath Franklin, Hayden Frost, Tim Finn

    Trois jeunes gens quelque peu inadaptés mettent en place un stratagème pour photographier et faire chanter de riches couples pris en flagrant délit d’adultère. Cedric, qui veut se venger des Bramwell (les promoteurs immobiliers ayant dépouillé sa famille) et troublé par la folie de son père qui construit une étrange tour devant leur maison, est prêt à passer à l’action. Lorsqu’ils se rendent compte qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter l’appareil photo indispensable, Cedric suggère la simple utilisation d’une ampoule flash afin de donner l’impression qu'un cliché a été pris. Mais les choses se compliquent : les garçons « photographient » par mégarde Maybelle, l’objet de ses fantasmes adolescents, et l’anxiété du jeune homme augmente à mesure qu’il découvre les sombres desseins de ses acolytes. Et lorsque le trio se trompe de victime, Cedric, tenaillé par le désir, contraint au chantage et peut-être même au meurtre, se retrouve dans une situation… très délicate.

     TOOMELAH

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    Australie / 2010 / 98 min / BetaSp / couleur / VOSTF / Drame

    Réalisation : Ivan Sen

    Interprétation : Daniel Connors, Christopher Edwards, Michael Conners, Dean Daley-Jones

    Sélection Un Certain Regard, Festival de Cannes 2011

    Dans une communauté Aborigène retirée, Daniel, 10 ans, aspire a devenir un "gangster". Un peu comme tous ces hommes qui lui servent de modèles. Il sèche les cours, provoque des bagarres et rend des petits services pour Linden, dealer et chef du gang local. Daniel devient petit à petit ce qu’il désire. Tout change lorsqu’un dealer rival sort de prison et que de violents affrontements s’en suivent. Linden et son gang se retrouvent en prison, Daniel, lui, soudainement seul et vulnérable. Fera-t-il le choix d’un meilleur futur?

     Le jury remettra le samedi 15 octobre les prix suivants :

    Le Grand Prix du jury des Antipodes

    Le prix révélation féminine des Antipodes

    Le prix révélation masculine des Antipodes

    Aux prix du jury s’ajoute le Prix du public, décerné au meilleur film.

    Le jury 2011

    Le jury sera présidé par la comédienne australienne Helen Buday.

    A ses côtés :

    Julie de Bona – comédienne

    Deborah Grall - comédienne

    Mathieu Delarive – comédien

    Isabelle Doval – réalisatrice

    Philip Mac Laren – écrivain

    Les courts métrages en compétition

    16 courts métrages répartis en 2 programmes seront présentés le mardi 11 octobre à

    9h30 et à 14h30.

    Un jury de lycéens de la région, dont le lycée du Golfe de Saint Tropez, sera chargé de décerner le prix Nicolas Baudin du court métrage qui sera remis le samedi 16 octobre lors de la cérémonie de clôture.

    - PROGRAMME 1 - 79 min / VOSTF

    08’ - The winter boy de Rachel House – 2010 (NZ)

    15’ - Choice Night de Christopher Dudman 2010 (NZ)

    08’ - Vostok Station de Dylan Pharazyn – 2010 (NZ)

    20’ - Deeper Than Yesterday de Ariel Kleiman 2010 (AUS)

    15’ - Go the dogs de Jackie van Beek 2011 (NZ)

    13’ - Ebony Society de Tammy Davis 2011 (NZ)

    - PROGRAMME 2 - 103 min / VOSTF

    20’ - Drowning de Craig Boreham 2010 (AUS)

    12’ - Kiss d’Alex Murawski 2011 (AUS)

    13’ - Pig de Tom McKeith - 2011 (AUS)

    15’ - Crystal Jam de Leonie Savvides 2011 (AUS)

    09’ - Meniscus de Maria-Elena Doyle 2010 (NZ)

    15’ - Ostia, La Notte Final de Craig Boreham 2008 (AUS)

    08’ - At the Formal de Andrew Cavanagh 2010 (AUS)

    11’ - Bear de Nash Edgerton 2011 (AUS)

    COURT MÉTRAGE D'OUVERTURE (HORS COMPETITION)

    Kitchen Sink d’Alison MacLean 1989 – 14’ – 35 mm (NZ)

    Des profondeurs de l'évier surgit un amour sombre et tendre.

    From the bowels of the kitchen sink, comes a dark and tender love.

    Les documentaires hors compétition

    KURU, THE SCIENCE AND THE SORCERY de Rob Bygott

    Australie / 2010 / 52 min / Vidéo / VOSTF

    Sélection Officielle FIFO 2011

    LA PREMIERE INTERVIEW de Dennis Tupicoff

    Australie / 2011 / 15 min / Vidéo / VF

    SOLO de David Michôd & Jennifer Peedom

    Australie - Nouvelle Zélande / 2008 / 60 min / Vidéo / VOSTF

    SOUS LE VENT DE L'USINE d’Anne Ptoiset & Laurent Cibien

    France / 2010 / 52 min / Vidéo / VF

    Sélection Officielle FIFO 2011

    THIS WAY OF LIFE de Thomas Burstyn

    Nouvelle Zélande / 2009 / 52 min / Vidéo / VOSTF

    Sélection Festival International du Film de Boulogne Billancourt 2011

    Les avant premières hors compétition

    ALEXANDRA’S PROJECT

    BENEATH HILL 60

    BLACK AND WHITE

    DR PLONK

    FACE TO FACE

    LES CONTES DES ANIMAUX

    LOVE BIRDS

    RUSSIAN SNARK

    SURVIVING GEORGIA

    THE TENDER HOOK

    TRIANGLE

     -Le festival s’ouvre aussi pour la première fois à la musique, en proposant pour l’ouverture un show case du groupe Belle Roscoe, duo frère-sœur originaire de Melbourne qui donneront le coup d’envoi au son de leurs mélodies rock-folk.

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    Pour clore cette semaine aux Antipodes, le groupe australien Koritni proposera un show case acoustique lors de la soirée de clôture.

    Le samedi 15 octobre à partir de 23h- Live en guitares acoustiques, avec des reprises de grands groupes australiens : Rose

    Tattoo, AC/DC, INXS…

    Infos pratiques :

    Bureau du festival

    Salle Jean Despas

    Place des Lices

    83990 Saint-Tropez

    Ouvert à partir du lundi 10 octobre à 10h

    Cinéma La Renaissance

    Place des Lices

    83990 Saint-Tropez

    L’accès en salles est gratuit et ouvert à tous publics, sauf indication particulière qui sera indiquée dans la grille des programmes. Les films d’ouverture et de clôture sont sur invitation uniquement.

    Distribution éventuelle en fonction des disponibilités

    Toutes les infos sur www.festivaldesantipodes.org

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  • Programme du 16ème Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean de Luz (2011)

     

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    En Octobre, le choix sera large pour les cinéphiles amateurs de festival entre Lyon, Dinard, Saint-Tropez mais aussi Saint-Jean de Luz qui, d'années en années, s'impose comme un rendez-vous incontournable. Avec notamment cette année au programme: le premier film réalisé par Mélanie Laurent (en ouverture) "Les Adoptés", "Forces spéciales" avec Diane Krüger et Benoît Magimel en clôture, et une programmation particulièrement riche que je vous invite à découvrir, ci-dessous. Un festival très accessible qui permet de découvrir les premiers et deuxièmes longs-métrages de réalisateurs.

     Mardi 11 octobre

     19h30  Cérémonie d'ouverture suivie du film "Les adoptés" de Mélanie LAURENT

     22h30  "Les adoptés" de Mélanie LAURENT

     Mercredi 12 octobre

     11h     "En secret" de Maryam KERSHAWAZ

     15h      "Bullhead" de Mikael ROSKAM

     17h15  "En secret" de Maryam KERSHAWAZ (rediffusion)

     20h      "Louise Wimmer" de Cyril MENNEGUN

     22h      "JC comme Jésus Christ" de Jonathan ZACAI

     Jeudi 13 octobre

     11h     "L'amour et rien d'autre" de Jan SCHOMBURG

     15h     "Oslo, 31 août" de Joachim TRIER

     17h15  "Bullhead" de Mikael ROSKAM (rediffusion)

     17h15  "Louise Wimmer" de Cyril MENNEGUN (rediffusion)

     20h      "Poulet aux prunes" de Vincent PARONNAUD et Marjane SATRAPI

     22h      "L'amour et rien d'autre" de Jan SCHOMBURG (rediffusion)

     Vendredi 14 octobre

     11h      "On the ice" de Andrew O MAC LEAN

    15h      "Une bouteille à la mer" de Thierry BINISTI

     17h15   "Oslo, 31 août" de Joachim TRIER (rediffusion)

     17h15   "Poulet aux prunes" de Vincent PARONNAUD et Marjane SATRAPI(rediffusion)

     20h       "De force" de Franck HENRY

     22h       "On the ice" de Andrew O MAC LEAN (rediffusion)

     Samedi 15 octobre

     11h       "Emilie jolie" de Philippe CHATEL et Francis NIELSEN

     11h       "De force" de Franck HENRY (rediffusion)

     11h       "Une bouteille à la mer" de Thierry BINISTI (rediffusion)

     14h30    Projection des courts métrages

    19h30    Cérémonie de clôture suivie du film "Forces spéciales" de Stéphane RYBOJAD

    Le jury du festival

     Présidente : 

      Catherine Jacob

     (Comédienne : Tatie Danielle, le bonheur est dans le pré...)

    Les réalisateurs :  

     - Stéphane BRIZE 

    (Je ne suis pas là pour être aimé, Mademoiselle Chambon)

    - Christian CARION

     (Joyeux Noël, l'Affaire Farewell...)

     Les comédiens :   

     - Virginie EFIRA

     (Comédienne de théâtre puis animatrice de télévision ...)

     - Myriam BOYER

     (Comédienne...)

     - Ludmila MIKAEL

     (Comédienne...)

     - Jimmy Jean Louis

     (Heroes, un baiser papillon...)

     Site officiel du festival: http://www.fijr-sj.com/

    Découvrez également mon article sur le Grand Hôtel Loreamar de Saint-Jean de Luz sur inthemoodforluxe.com.

  • Concours - 10x2 places pour "Les Hommes libres" d'Ismaël Ferroukhi

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    Comme j’ai envie de défendre ce film qui sort en salles mercredi et dont vous pouvez retrouver ma critique, en cliquant ici, je vous propose de remporter 10x2 places pour le découvrir en salles. Pour faire partie des heureux gagnants, soyez parmi les 10 premiers à m’envoyer vos coordonnées à inthemoodforcinema@gmail.com, avec pour intitulé de votre email « Concours Les Hommes libres », et à me dire en une phrase quel est pour vous le meilleur film sur la résistance et pourquoi.

  • Critique - « Les Hommes libres » d’Ismaël Ferroukhi avec Tahar Rahim, Michael Lonsdale, Lubna Azabal, Mahmoud Shalaby

     

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    1942. Paris occupé (outragé, brisé, martyrisé).  Younes (Tahar Rahim), jeune émigré algérien vit du marché noir. Arrêté par la police française, il est contraint d’espionner la Mosquée de Paris dont les responsables et notamment le Recteur, Si Kaddour Ben Ghabrit (Michael Lonsdale), sont soupçonnés de délivrer de faux-papiers à  des Juifs et à des résistants.  Sa rencontre avec le chanteur juif d’origine algérienne Salim Halali (Mahmoud Shalaby) dont la voix et la personnalité vont le toucher mais aussi avec la troublante résistante Leila (Lubna Azabal) vont le conduire à choisir son camp, au péril de sa vie. Younes va peu à peu s’éveiller au combat, celui de la liberté.

    En 2006, Rachid Bouchareb rendait hommage aux « Indigènes », soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique. En 2009, avec « L’Armée du crime », Robert Guédiguian avait choisi de rendre hommage aux immigrés morts pour la France en relatant les destinées tragiques d'un groupe de jeunes juifs résistants et communistes (Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italien, Arméniens) déterminés à combattre pour libérer la France.  Des films de qualités peut-être inégales mais en tout cas pareillement nécessaires à l’image du film d’Ismaël Ferroukhi qui se base sur des faits réels et rend lui aussi hommage à des combattants de la liberté et à cet aspect méconnu de la résistance au sein de la Mosquée de Paris.

    Les grands films sur la résistance ne sont finalement pas si nombreux et le cinéma n’a sans aucun doute pas fini de chercher à mettre en lumière cette période sombre de l’Histoire et ceux qui ont contribué à son dénouement. Si je devais vous en recommander un seul, ce serait sans doute « L’Armée des ombres » de Jean-Pierre Melville (cliquez ici pour lire mon article de « L’Armée des ombres » à « L’Armée du crime »)…même si des films comme ceux précités ou celui-ci apportent leur pierre à l’édifice. Bien que leur intérêt cinématographique soit discutable, leur intérêt historique est incontestable (ce fut aussi le cas de « La Rafle » de Rose Bosch dont les qualités cinématographiques étaient contestables mais qui n'en étaient pas moins un film nécessaire). D’autant plus incontestable dans une période d’exacerbation des communautarismes quand un film comme celui-ci montre des hommes qui les ont dépassés pour un combat plus grand : celui de la liberté.

    C’est aussi la rencontre entre deux générations d’acteurs (très belle idée que de confronter Michael Lonsdale et Tahar Rahim) portés par la même sincérité, le même enthousiasme et le même effacement devant le message que délivrent leurs personnages. Un message fort porté par un casting de choix. Mahmoud Shalaby au regard d’une intensité troublante. Tahar Rahim dont le jeu et le corps incarnent brillamment  ce jeune homme qui passe d’une relative inconscience au combat, qui dit que cette guerre n’est pas la sienne et fait son entrée en résistance et qui s’éveille, à la conscience, à l’amour, à la politique, à la liberté. Lubna Azabal (inoubliable dans « Incendies ») parfaite pour incarner cette « ombre » grave et mystérieuse. Michael Lonsdale au jeu ambigu à souhait mais dont se dégage toujours cette belle humanité, personnage complexe à l’image de cette période trouble, fréquentant des ministres de Vichy et des officiers allemands et dans le même temps délivrant de faux-papiers à des Juifs et des résistants.

    « Les hommes libres » n’est pas un film qui assène ou qui cherche à capturer le spectateur et à provoquer son émotion. Non, à l’image de ces hommes de l’ombre, il délivre son message tout en retenue évoquant tout aussi bien des évènements historiques comme la Rafle du Vel d’Hiv (scène forte qui montre toute la cruauté absurde et obscène où des papiers prouvant que vous êtes « Mahométans » vous font échapper à la mort, où des papiers classent des hommes dans une case qui les destine à la vie ou à la mort comme de vulgaires dossiers) que les sentiments sans vraiment les démontrer ou nommer.

    Sans doute pour des raisons budgétaires, mais aussi pour montrer cette vie invisible, le film ne quitte pratiquement pas la Mosquée et le Cabaret Oriental où vivent et résistent ces hommes de l’ombre.

    Qu’est-ce qu’être un homme libre ? Sans doute celui qui choisit son combat, celui de la liberté, fut-ce au péril de sa vie à l’image de ces « Hommes libres » auxquels le film rend un bel hommage. Un sujet en or, un film fait avec sincérité, porté par un casting de choix et une musique arabo-andalouse envoûtante, à l’intérêt historique incontestable. Dommage qu’il y ait parfois un problème de rythme et que la fin soit aussi brusque et que le scénario s’efface à ce point devant le sujet et le combat auxquels il rend hommage, mais finalement une belle manière de faire coïncider la forme et le fond que cette sobriété et cette modestie...devenues de plus en plus rare quand la mode est à un cinéma qui cherche à en mettre plein la vue pour masquer la vacuité du message. Je songe à un film récemment primé d’un prix de la mise en scène …mais il s’agit là d’un autre sujet.

    Et comme j’ai envie de défendre ce film, je vous propose de remporter 10x2 places pour le découvrir en salles. Pour faire partie des heureux gagnants, soyez parmi les 10 premiers à m’envoyer vos coordonnées à inthemoodforcinema@gmail.com, avec pour intitulé de votre email « Concours Les Hommes libres », et à me dire en une phrase quel est pour vous le meilleur film sur la résistance et pourquoi.

    Sortie en salles : le  28 septembre

  • Critique de "Public Enemies" de Michael Mann, ce soir, sur cinécinéma Premier, à 20H40

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    Sorti en 2009, "Public Enemies" était un film attendu : pour son sujet,  l’utilisation de la caméra numérique HD, mais évidemment surtout pour ses acteurs principaux (Johnny Depp et Marion Cotillard dans son premier grand rôle américain, auréolée de son Oscar de la meilleure actrice pour « La Môme ») et pour son réalisateur, Michael Mann, qui a multiplié les nominations aux Oscars ces dernières années (notamment celles du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario pour « Révélations »).

     

    « Public Enemies » est le onzième long-métrage de Michael Mann et  l’adaptation du roman éponyme de Bryan Burrough inspiré de l’histoire de John Dillinger (Johnny Depp), un braqueur de banques qui a réellement existé et qui a déjà inspiré de nombreux cinéastes (Johnny Depp est ainsi le dixième acteur à l’incarner) et a fortiori l’époque dans laquelle il évolua, celle de la Grande Dépression. Considéré comme « l’ennemi public n°1 » par le patron du FBI, John Edgar Hoover (Billy Crudup), il sera traqué inlassablement par l’agent fédéral Melvin Purvis (Christian Bale).

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    Ce qui marque d’abord c’est le dépouillement, l’élégance et la noirceur : de la mise en scène, du personnage principal, de l’atmosphère.  En résulte une sensation immédiate d’immersion, de réalisme et d’intemporalité, cette dernière étant renforcée par le sujet terriblement actuel : des citoyens dépouillés par les banques, victimes de la Grande Dépression. Un braqueur va, en dévalisant ces banques, d’une certaine manière, les venger.  Ce braqueur c’est donc John Dillinger, mélange de dureté et d’audace,  d’élégance et d’insolence, incarné par Johnny Depp dont cela va devenir un pléonasme de dire qu’il est parfait dans un rôle, mais il l’est ,encore, dans celui de  ce charismatique personnage.

     

    Ce dépouillement et ce réalisme (essentiellement lié à l’utilisation de la caméra numérique HD, et du recours aux longues focales) s’ils décontenancent d’abord contribuent à l’originalité de ce nouveau long-métrage de Michael Mann, à impliquer le spectateur et à accroître son empathie pour John Dillinger que le film s’attache essentiellement à suivre, délaissant un peu les personnages secondaires (mais les esquissant suffisamment pour que l’intrigue soit limpide). Se crée alors une sorte de miroir entre l’acteur, mythe cinématographique, et celui qu’il incarne, devenu un héros  pour une population en quête de vengeance et de repères.

     

    John Dillinger s’érige et est érigé en héros, et nargue les autorités avec une audace jouissive pour le spectateur, un aspect jubilatoire renforcé par une musique trépidante et réjouissante (signée Elliot Goldenthal) et des scènes lyriques filmées avec emphase et virtuosité et comme celles d’un western.

     

     Dans une société, la nôtre, avide de modèles et de renommée, à tout prix, un tel héros pourrait évidemment émerger, et la sensation d’intemporalité, de réalisme que crée la mise en scène est encore renforcée par cette idée finalement très contemporaine.  En 13 mois, le vrai John Dillinger parvint à fasciner les Américains, à tel point qu’il se montrait sans crainte en public.

     

    L’ambitieuse Billie Frechette (Marion Cotillard), Indienne d’origine française, elle aussi, est fascinée, par cet homme qui veut tout, tout de suite, par ce personnage d’une troublante et séduisante insolence, épris de liberté, de célébrité. Elle aussi a une revanche à prendre. Du couple qu’elle forme avec John Dillinger émane un romantisme fatal et ténébreux qui renforce la mélancolie, mais aussi la force et la beauté sombre de l’ensemble.  Là encore, elle n’est  pas filmée comme une femme fatale et lointaine comme c’est souvent le cas dans les films noirs qui relatent cette période, mais avec réalisme, renforçant la sensation de contemporanéité.

     

    Et puis comme dans tout western il faut un duel, une confrontation obstinée,  ici c’est celle qui oppose Dillinger à Purvis (et à travers ce dernier à Hoover). C’est d’ailleurs pour vaincre des gangsters tels que Dillinger que sera créée la première police fédérale aux Etats-Unis : un certain… FBI. C’est un duel impitoyable qui, évidemment, ne peut que se terminer dans la tragédie, je vous laisse découvrir pour qui.

     

    Et pour ceux qui, comme moi, trouveraient que la fin est exagérée en coïncidences troublantes, sachez que l’anecdote du film « Ennemi public n°1 »  ( « Manhattan Melodrama ») que va voir Dillinger est réelle. C’est aussi l’occasion d’un nouveau duel, entre l’image qui figure sur l’écran (de Clark Gable) et celle de Dillinger qui la regarde avec fierté, voyant en ce dernier son propre reflet, son incarnation mythique.

     

    Je vous laisse juge de la fin, peut-être un peu expéditive (à l’image de la psychologie des personnages) au regard de ce film qui nous tient en haleine et crée une tension sans cesse croissante et nous laissait espérer un final paroxystique mais après tout c’est aussi à l’image de ce personnage pour qui tout devait aller vite, et donc finir vite.

     

    Un divertissement de haute qualité dans lequel la singularité de la forme enrichit le fond, contribuant au plaisir et à l’immersion du spectateur :  vous auriez donc tort de vous priver de ces « Public Enemies »  à la rencontre explosive desquels Inthemoodforcinema.com vous recommande vivement d’aller… 

     
  • Critique de « Drive » de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling, Carey Mulligan… - Prix de la mise en scène du Festival de Cannes 2011

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    « Drive » de Nicolas Winding Refn avait créé l’évènement lors du dernier Festival de Cannes duquel il était d’ailleurs reparti avec un prix de la mise en scène. L’ayant alors manqué, je l’a finalement vu à Deauville où il était présenté en avant-première après la remise des trophées du Nouvel Hollywood (nouveauté de ce festival 2011) à Jessica Chastain et Ryan Gosling… en leur absence (mais ne manquez pas le discours de ce dernier lu par Nicolas Winding Refn, petit bijou de lucidité et d’humour).

    Drive est l'adaptation du livre éponyme écrit par James Sallis ; c’est  le scénariste Hossein Amini qui a  transformé le roman en scénario.

     C’est l’histoire d’un jeune homme solitaire, "The Driver" (Ryan Gosling),  qui conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Il a pour « principe » de ne participer aux crimes de ses employeurs qu’en conduisant et de n’être jamais armé. Sa  route croise celle d’Irene (Carey Mulligan) et de son jeune fils, ses voisins, et il succombe rapidement au charme de l’un et l’autre, et réciproquement. Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal… Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

    Cela commence sur les chapeaux de roue : une mise en scène époustouflante, flamboyante et crépusculaire, qui nous fait ressentir les sensations trépidantes, périlleuses et vertigineuses de ce chauffeur hors pair et  mutique, au sourire retenu, dans une ville de Los Angeles tentaculaire, éblouissante et menaçante. Mais « The Driver » porte un masque, au propre comme au figuré (symbolisme un peu simpliste pour nous dire de nous méfier des apparences qui ne reflètent pas la réalité et pour symboliser la fragile frontière entre cinéma et réalité) et derrière ce chauffeur mutique d’allure plutôt sympathique va se révéler un vengeur impitoyable, sournois et trompeur comme le scorpion qu'il arbore sur sa veste, prêt à tous les excès pour protéger ceux qu’il « aime ».

     La violence psychologique s’annonce palpitante : pris dans un étau, il n’a d’autre solution que de commettre un méfait pour le mari d’Irène, pour sauver celle-ci … malheureusement ce qui dans la première partie s’annonçait comme un film à suspense se transforme en règlement de compte sanguinolent dans lequel l’intrigue devient inexistante et simple prétexte à une suite de scènes sanglantes, invraisemblables et vaines sans parler du personnage féminin totalement velléitaire.

     Là où un cinéaste comme James Gray -même si la mise en scène de Nicolas Winding Refn lorgne plus du côté de celle de Michael Mann- sublime une ville, en l’occurrence New York, et traite lui aussi de vengeance et d’amour, mais sans jamais mettre le scénario de côté, ou sans qu’un de ces aspects prennent le pas sur les autres, Nicolas Winding Refn se laisse entraîner par une sorte de fascination pour la violence (me rappelant ainsi la phrase de Coppola lors de sa master class deauvillaise « Montrer la guerre c’est déjà faire l’éloge de la guerre »), montrant pourtant le temps d’un meurtre sur la plage qu’il savait très bien filmer la mort, avec une force prenante, sans que cela tourne à la boucherie ridicule.

    Ryan Gosling est certes époustouflant (et il a confirmé dans "Crazy, stupid love," la large palette de son jeu et sa capacité à tourner son image en dérision, au passage comédie romantique qui détourne puis respecte habilement les codes du genre) et derrière sa gueule d’ange dissimule une violence froide, se transformant en un vengeur impitoyable qu’il est pourtant difficile de prendre en sympathie ou même en empathie alors que tout au début s'y prêtait pourtant.

    Dommage car la première partie était jubilatoire, réellement, de par la mise en scène qui nous fait éprouver ses sensations de vitesse et de mélancolie vertigineuses (sombre et belle alliance) mais aussi de par les contradictions du personnage principal et des conflits que cela annonçait. Dommage encore car la première partie était particulièrement prometteuse  avec des scènes plus calmes d’une beauté saisissante  comme ce face-à-face entre Irène et The Driver, dans l’appartement d’Irène, scène dans laquelle le temps est suspendu et dans laquelle les échanges évasifs de regards et les silences d’une douce sensualité en disent tellement. Sans parler évidemment d’une bo remarquable qui contribue fortement au caractère jubilatoire de la première partie.

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    Nicolas Winding Refn a ravi le prix de la mise en scène à Pedro Almodovar à Cannes qui, à mon avis, l’aurait davantage mérité (pour « La Piel que habito »), ne serait-ce que  parce qu’il a brillamment raconté une histoire cruelle, terrible, effroyable où toute la finesse de la mise en scène réside justement dans ce qui n’est pas montré et qui n’en a que plus de force…

    A voir néanmoins pour les amateurs de séries B auxquelles le film rend hommage, pour ceux pour qui la virtuosité de la mise en scène prédomine sur un scénario bancal, voire vide (dans la deuxième partie), ce qui n’enlève certes rien à la force de l’univers visuel de Nicolas Winding Refn mais ce qui pour moi a gâché tout le plaisir engendré par la première partie. La violence absurde et les excès du personnage principal (qui promettait là aussi d'être d'une complexité passionnante), sans parler des réactions invraisemblablement vélléitaires du personnage féminin, le manichéisme des méchants du film, l’ont emporté ainsi sur une première partie prometteuse comme rarement avec des images et une musique qui, encore maintenant, me restent en tête. Un magnifique clip, à défaut du grand film que la première partie annonçait pourtant. Surtout, un beau gâchis.

     

     Date de sortie en salles en France: 5 octobre 2011

  • Programme complet du Festival Lumière de Lyon 2011

     

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    C'est avec beaucoup de plaisir que je suis cette année invitée au Festival Lumière de Lyon (je vous en dirai prochainement plus sur les raisons de ma présence) auquel je rêve d'assister depuis sa création, il y a 3 ans. Ce festival présente une programmation hétéroclite qui met à l'honneur autant les oeuvres les plus pointues que le cinéma le plus "populaire", un festival qui ravira autant les cinéphiles avertis que les simples amateurs de cinéma. La bonne idée de ce festival est de confier la présentation de classiques du cinéma à des personnalités du 7ème art (pas forcément impliquées dans les films en question, vous pouvez en découvrir quelques exemples ci-dessus). Bref, un rendez-vous de cinéphilie, d'échanges et de passion(s) cinématographique(s), à ne pas manquer, par ailleurs créé par l'enthousiaste Thierry Frémaux (directeur de l'Isntitut Lumière de Lyon mais aussi évidemment délégué général du Festival de Cannes). Un festival à découvrir à Lyon du 3 au 9 octobre prochain. Pour les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du festival: http://www.festival-lumiere.org/lumiere-2011.html .

    Quelques critiques de films que vous pourrez découvrir à Lyon, cette année (et que je vous recommande) - Cliquez sur les titres des films pour accéder à mes critiques:

    "The Artist" de Michel Hazanavicius (film d'ouverture)

    "La Femme d'à côté" de François Truffaut (dans le cadre du prix Lumière attribué cette année à Gérard Depardieu). Vous pourrez découvrir de nombreux autres grands films dans lesquels a joué l'acteur (liste ci-dessous) parmi lesquels "Le Dernier métro", "Le choix des armes", "Cyrano de Bergerac"...

    "Le Quai des Brumes" de Marcel Carné dans la section "Le temps retrouvé".

    "The Look" d'Angelina Maccarone dans le cadre de l'invitation à Charlotte Rampling.

    A ne pas manquer non plus : l'intégrale Jacques Becker et à voir notamment l'incontournable "Casque d'or". Vous pourrez aussi voir "Le Voyage dans la Lune" de Méliès, grand moment du dernier Festival de Cannes. Moment magique concentrant toute la beauté, la richesse, la modernité, la puissance du cinéma. Vous pourrez aussi découvrir des chefs d'oeuvre du film de gangster japonais dans la section "Yakuza!". Egalement à ne pas manquer parmi les évènéments du festival, le chef d'oeuvre de Marcel Carné "Les Enfants du Paradis". Et bien d'autres grands moments de cinéma que je vous laisse découvrir, ci-dessous.

    PROGRAMME COMPLET DU FESTIVAL LUMIERE DE LYON 2011:

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    Ouverture

    The Artist de Michel Hazanavicius (2011, 1h40)

    Prix Lumière : Gérard Depardieu

     Pas si méchant que ça de Claude Goretta (1974, 1h52)

    1900 de Bernardo Bertolucci (Novecento, 1975, 5h25 – 1ère partie: 2h49/2e partie: 2h26)

    Dites-lui que je l’aime de Claude Miller (1977, 1h46)

    La Nuit tous les chats sont gris de Gérard Zingg (1977, 1h44)

    Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier (1978, 1h48)

    Le Sucre de Jacques Rouffio (1978, 1h40)

    Loulou de Maurice Pialat (1980, 1h57)

    Le Dernier métro de François Truffaut (1980, 2h11)

    Le Choix des armes d’Alain Corneau (1981, 2h15)

    La Femme d’à côté de François Truffaut (1981, 1h46) Remise du Prix Lumière

    Danton d’Andrzej Wajda (1982, 2h16)

    Le Tartuffe de Gérard Depardieu (1984, 2h20)

    Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat (1987, 1h37)

    Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau (1990, 2h18)

    Le Visiteur de Satyajit Ray (Agantuk, 1991, 2h)

     Court métrage :

    Le Beatnik et le minet de Roger Leenhardt (1965, 20min)

    Grenouille d'hiver de Slony Sow (2011, 17min)

     Intégrale Jacques Becker

    Dernier atout de Jacques Becker (1942, 1h45)

    Goupi Mains Rouges de Jacques Becker (1943, 1h44)

    Falbalas de Jacques Becker (1945, 1h50)

    Antoine et Antoinette de Jacques Becker (1947, 1h38)

    Rendez-vous de juillet de Jacques Becker (1949, 1h39)

    Édouard et Caroline de Jacques Becker (1951, 1h28)

    Casque d'Or de Jacques Becker (1952, 1h36)

    Rue de l’Estrapade de Jacques Becker (1953, 1h42)

    Touchez pas au grisbi de Jacques Becker (1954, 1h36)

    Ali Baba et les quarante voleurs de Jacques Becker (1954, 1h32)

    Les Aventures d’Arsène Lupin de Jacques Becker (1957, 1h44)

    Montparnasse 19 de Jacques Becker (1958, 1h49)

    Le Trou de Jacques Becker (1960, 2h12)

     Court métrage :

    La Grande espérance de Jacques Becker (1938, 30min)

     Documentaires :

    Jacques Becker, la passion cinéma de Hubert Niogret (1998, 1h17)

    Jacques Becker ou l’élégance morale de Claude-Jean Philippe (1979, 24min)

    Cinéastes de notre temps Jacques Becker de Claude de Givray (1967, 1h16)

     Rétrospective William A. Wellman

    Les Ailes de William A. Wellman (Wings, 1927, 2h31)

    Les Mendiants de la vie de William A. Wellman (Beggars of Life, 1928, 1h21)

    Other Men’s Women de William A. Wellman (1931, 1h10)

    L’Ennemi public de William A. Wellman (The Public Enemy, 1931, 1h23)

    L’Ange blancde William A. Wellman (Night Nurse, 1931, 1h12)

    Safe in Hell de William A. Wellman (1931, 1h13)

    Héros à vendre de William A. Wellman (Heroes For Sale, 1933, 1h16)

    Wild Boys of the Road de William A. Wellman (1933, 1h08)

    Une étoile est née de William A. Wellman (A Star is Born, 1937, 1h51)

    L’Étrange incident de William A. Wellman (The Ox-Bow Incident, 1943, 1h15)

    Les Forçats de la gloire de William A. Wellman (Story of G.I. Joe, 1945, 1h49)

    La Ville abandonnée de William A. Wellman (Yellow Sky, 1948, 1h38)

    Convoi de femmes de William A. Wellman (Westward the Women, 1951, 1h58)

    Documentaire : The Men who Made Movies: William Wellman de Richard Schickel (1973, 58min)

    Yakuza ! 5 chefs-d’œuvre du film de gangsters japonais

    Fleur pâle de Masahiro Shinoda (Kawaita hana, 1964, 1h32)

    Guerre des gangs à Okinawa de Kinji Fukasaku (Bakuto gaijin butai, 1971, 1h33)

    Combat sans code d'honneur de Kinji Fukasaku (Jingi naki tatakai, 1973, 1h39)

    Police contre syndicat du crime de Kinji Fukasaku (Kenkei tai soshiki Boryoku, 1975, 1h34)

    Femmes de Yakuzas de Hideo Gosha (Gokudô no onna-tachi, 1986, 1h57)

     Documentaires:

    Yakuza Eiga, une histoire du cinéma yakuza de Yves Montmayeur (2008, 1h)

    Pinku Eiga, The Pleasure Dome of Japanese Erotic Cinema d’Yves Montmayeur (2011, 1h25)

     Cinéma muet : hommage à Kevin Brownlow

    Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse de Rex Ingram (The Four Horsemen of the Apocalypse, 1921, 2h12)

    Loin de Hollywood - L'art européen du cinéma muet de Kevin Brownlow et David Gill (Cinema Europe - The Other Hollywood, 1994, 6 épisodes de 52min)

     Cinémathèque invitée : Il Museo del Cinema di Torino

    Le Feu de Giovanni Pastrone (Il fuoco, 1916, 51min)

    L’Assassin d’Elio Petri (L’assassino, 1961, 1h38)

    I giorni contati d’Elio Petri (1962, 1h39)

     Sublimes moments du muet

    Muets en couleurs (1896-1914, 54min)

    Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902, 16min)

    Le Feu de Giovanni Pastrone (Il fuoco, 1916, 51min)

    Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse de Rex Ingram (The Four Horsemen of the Apocalypse, 1921, 2h12)

    Les Ailes de William A. Wellman (Wings, 1927, 2h31)

    Les Mendiants de la vie de William A. Wellman (Beggars of Life, 1928, 1h21)

     Le temps retrouvé

    Muets en couleurs (1896-1914, 54min)

    No Man’s Land de Victor Trivas (Niemansland, 1931, 1h33)

    Le Quai des brumes de Marcel Carné (1938, 1h44)

    Lumière d’été de Jean Grémillon (1943, 1h52)

    Femme de feu d’André De Toth (Ramrod, 1947, 1h35)

    La Machine à tuer les méchants de Roberto Rossellini (La macchina ammazzacattivi, 1952, 1h20)

    Park Row de Samuel Fuller (1952, 1h23)

    Jowita de Janusz Morgenstern (1967, 1h34)

    Portrait d’une enfant déchue de Jerry Schatzberg (Puzzle of a Downfall Child, 1970, 1h45)

    La Horse de Pierre Granier-Deferre (1970, 1h18)

    Frankenstein Junior de Mel Brooks (Young Frankenstein, 1974, 1h45)

    The Plague Dogs de Martin Rosen (1982, 1h43)

     Hommage à Roger Corman

    Corman’s World d’Alex Stapleton (Corman’s World: Exploits of a Hollywood Rebel, 2011, 1h35)

    L’Affaire Al Capone de Roger Corman (The St. Valentine's Day Massacre, 1967, 1h40)

     Événements

    • Restauration par Pathé

    Les Enfants du paradis de Marcel Carné (1945, 3h10)

     • Invitation à Benicio Del Toro

    L’Île nue de Kaneto Shindô (Hadaka no shima, 1960, 1h36)

     • Invitation à Fatih Akin

    La Loi de la frontière de Lüfti Akad (Hudutlarin Kanunu, 1966, 1h11)

     • Invitation à Helmut Berger

    Le Jardin des Finzi-Contini de Vittorio De Sica (Il giardino dei Finzi-Contini, 1970, 1h34)

     • Hommage à Raoul Ruiz

    Trois vies & une seule mort de Raoul Ruiz (1995, 2h15)

     • Axel Brücker, empereur de la bande-annonce

    Mini-nuit de la bande annonce (environ 3h)

     • Avant-première

    Bollywood, Bollywood de Rakeysh Omprakash Mehra et Jeff Zimbalist (Bollywood : The Greatest Love Story Ever Told, 2011, 1h21)

    • Hommage à Warner Home Video

    Ben-Hur de William Wyler (1959, 3h32) 

     • Invitation à Charlotte Rampling

    The Look d’Angelina Maccarone (2011, 1h34) 

    Déjà classiques !

    La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan (1969, 1h47)

    L’Important c’est d’aimer d’Andrzej Zulawski (1975, 1h50)

    Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau (1975, 1h43)

    Le Sucre de Jacques Rouffio (1978, 1h40)

     Nuit de la science fiction : de la Terre à la Lune

    Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902, 16min)

    Soleil vert de Richard Fleischer (Soylent Green, 1973, 1h37)

    District 9 de Neill Blomkamp (2009, 1h52)

    La Machine à explorer le temps de George Pal (The Time Machine, 1960, 1h35)

    2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (2001 : A Space Odyssey, 1968, 2h27)

     Mon festival à moi

    La Guerre des boutons d’Yves Robert (1962, 1h33)

    Ali Baba et les quarante voleurs de Jacques Becker (1954, 1h32)

    Documentaires sur le cinéma

    Loin de Hollywood - L'art européen du cinéma muet de Kevin Brownlow et David Gill (Cinema Europe - The Other Hollywood, 1994, 6 épisodes de 52min)

    Jacques Becker, la passion cinéma de Hubert Niogret (1998, 1h17)

    Jacques Becker ou l’élégance morale de Claude-Jean Philippe (1979, 24min)

    Cinéastes de notre temps Jacques Becker de Claude de Givray (1967, 1h16)

    The Men who Made Movies: William Wellman de Richard Schickel (1973, 58min)

    Yakuza Eiga, une histoire du cinéma yakuza de Yves Montmayeur (2008, 1h)

    Pinku Eiga, The Pleasure Dome of Japanese Erotic Cinema d’Yves Montmayeur (2011, 1h25)

    Elio Petri, notes sur un auteur de Stefano Leone, Federico Bacci, Nicola Guarneri (Elio Petri… appunti su une autore, 2005, 1h10)

    Jean Douchet ou l’art d’aimer de Thierry Jousse (2011, 1h15)

    Marcel Ophuls et Jean-Luc Godard : La rencontre de Saint-Gervais de Vincent Lowy et Frédéric Choffat (44 min, 2011)

    Dominique Laffin, portrait d’une enfant pas sage de Laurent Perrin (2007, 55 min)

    Maurice Pialat, l’amour existe de Anne-Marie Faux et Jean-Pierre Devilliers (2007, 1h21)

    Il était une fois... Vol au-dessus d'un nid de coucou d’Antoine de Gaudemar (2011, 52min)

     

  • Critique de « Musée haut, musée bas » : comédie chorale baroque de Jean-Michel Ribes (ce soir, à 23H20, sur France 3)

    Ce soir, à 23H20, France 3 diffusera "Musée haut, musée bas", la comédie chorale baroque de Jean-Michel Ribes sortie en salles en 2008. Retrouvez ma critique ci-dessous.

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    Voilà un film qui, au moins, et avant tout, a le mérite (et le défaut) de ne ressembler à aucun autre, et d’être tour à tour percutant, agaçant virevoltant, drôle aussi. Le genre de film prédestiné à être détesté ou adoré et pourtant je ne me place dans aucune des deux catégories, ne parvenant pas à choisir entre le « musée haut » et le « musée bas » sans doute.

    Directeur du théâtre du Rond-point depuis 2001, Jean-Michel Ribes y a  créé, en 2004, la pièce « Musée haut, musée bas » qu’il a transformé en film homonyme sur les conseils de l’ex-agent devenu producteur Dominique Besnehard. Rien de plus périlleux que de transformer une pièce de théâtre en scénario, de risquer de la transformer en théâtre filmé, un reproche que Jean-Michel Ribes semble avoir anticipé en faisant virevolter, tournoyer, avancer, surplomber sa caméra, en multipliant démesurément les plans et les angles de vue à nous en donner le tournis sans que ce soit forcément justifié, le nombre vertigineux de personnages étant déjà suffisamment étourdissant.  Des personnages qui vont des gardiens harassés par la beauté littéralement ravageuse des œuvres auxquelles ils sont confrontés (passage que j’ai trouvé le plus intéressant) à un conservateur terrorisé par l’irruption de la nature dans son musée,  à un Ministre de la Culture imperturbable, des provinciaux passionnés d’Impressionnistes, une femme qui trouve tout merveilleux au désespoir de son mari qui trouve cela déprimant, une snob qui recherche désespérément Kandinsky et tant d’autres encore.

    Il aurait été facile de tomber dans l’écueil du mépris : mépris pour ceux que l’Art indiffère ou mépris pour l’Art qui méprise ceux qui n’en possèdent pas les codes. Or toute l’intelligence de ce film réside dans son titre et son désir de trouver l’équilibre entre le musée haut et le musée bas, entre le sublime et le ridicule, entre le méprisable et l’admirable, ce à quoi Jean-Michel Ribes est (presque) parvenu. Il ne se contente pas de faire une satire du monde de l’Art ou de la démocratisation de la culture, il lui rend aussi hommage (même si pas assez à mon goût.) Tourné au Petit palais, au Louvre, au musée Guimet, aux Beaux-Arts c’est aussi une promenade colorée, fantaisiste, décidément étourdissante, dans les couloirs labyrinthiques de l’Art et une réflexion sur le rapport de chacun à celui-ci.

     Ce film m’a autant charmée qu’exaspérer. Charmée par son audace, son aspect iconoclaste, par ses comédiens (provenant d’ailleurs souvent du théâtre), tous parfaits (et donc forcément bien dirigés) même si criant un peu trop parfois et nous donnant davantage l’impression d’être sur une scène de théâtre que devant une caméra (oui, malgré tout), mais réussissant tous à donner vie et crédibilité et épaisseur à leurs personnages malgré le peu de place qui leur est parfois donné, parfois seulement une réplique. Mention spéciale pour Isabelle Carré, irrésistible en femme incurablement joyeuse, face à son mari Pierre Arditi que cela déprime ; à André Dussolier  parfait en Jack Lang Ministre qui passe de la consternation à l’admiration feinte, qui passe d’une conversation avec le conservateur à une conversation avec un Mickey surréaliste avant de partir épingler une présentatrice ; à  Michel Blanc en gardien au bord de la folie débordé par une nature envahissante ; à Muriel Robin en snob obsédée par Kandinsky ; à Daniel Prévost en quête du parking Rembrandt marié à une allergique à Picasso. D’autres présentent moins d’intérêt comme cette prof qui demande aux élèves d’être calmes et silencieux, ce à quoi ils répondent systématiquement par des hurlements grégaires  (gag un peu trop répétitif et qui tend à montrer les enfants sous forme d’une masse inculte et désintéressée : musée bas sans doute).

     Exaspérée parce qu’à vouloir brosser trop de portraits, ils nous égare parfois :  on zappe d’une idée à l’autre, d’une personne à l’autre, d’une émotion à l’autre, sans rien approfondir, comme devant une télévision  abêtissante qu’il semble pourtant critiquer.  Il ébauche beaucoup de pistes, interroge le rapport de chacun à l’art. Une sorte de réflexion sur l’art donc, de mise en abyme aussi parfois, de critique aussi bien de ceux qui pensent que  l’art qui a du sens est condamné à être populaire et donc méprisable, à  l’art qui le devient simplement parce que nous le décrétons (comme ces performances d’un homme qui tue sa mère ou des visiteurs qui deviennent l’œuvre, ou d’autres qui ne sont pas sans rappeler le travail de certains comme Sophie Calle), une critique de l’art qui devient objet de consommation, aussi . Un film rempli de références qui parfois ressemble à une démonstration d’érudition (ça va d’un urinoir qui fait penser à celui de Duchamp à cette visiteuse-Victoria Abril, comme toujours fantasque et fantastique - qui confond Leveau et un veau à des plans qui singent de célèbres œuvres et nous le –dé-montrent un peu trop) : ce qui est d’ailleurs un atout du film. Un atout parce qu’il nous donne à voir et à être immergés dans un véritable bain de culture qui tend néanmoins à tout mélanger ...comme le fait la télévision aujourd’hui (paradoxe du film qui emprunte à ce qu’il critique). Un défaut parce qu’il tombe alors dans l’écueil que lui-même critique : égarer ceux qui ne possèdent pas les codes.

    L’absence de scénario trouve se justification finale dans une réflexion sur la confrontation entre nature et culture. Avant lui, beaucoup de philosophes comme Hegel se sont penchés sur cette question. Pour Ribes (théorie défendue dans le film par le conservateur interprété par Michel Blanc) et ainsi selon ce dernier, les arbres n’étaient pas beaux avant que Corot ne les ait peints. Ce n’est alors pas l’art qui imite le réel mais le réel qui est sublimé par l’art.  A ce sujet Jean-Michel Ribes tient un  discours relativement simpliste et finalement très politiquement correct à force de vouloir ne pas l’être (musée bas donc), confondant opposition entre nature et culture dans l’art, et  progrès et défense de l’environnement comme si ces deux derniers éléments étaient irrémédiablement incompatibles et tenant des propos comme ceux-ci : . « Moi je vous avoue ne pas trouver tout détestable dans le progrès. Je préfère habiter Venise que dans une yourte en roseaux et c'est vrai que je suis plus sensible au génie de Michel-Ange qu'à celui d'un champ de poireaux. J'aime la nature quand elle imite l'art, j'aime les jardins japonais parce qu'ils sont philosophiques avant d'être naturels. Je respire mieux dans un musée que dans une forêt. Et on semble oublier que beaucoup d'hommes passent leur vie à combattre quotidiennement la nature comme les médecins par exemple, qui luttent chaque jour contre cette chose très naturelle qu'est le cancer."

    J’en suis ressortie étourdie, en ayant l’impression d’avoir fait un tour de manège, agréable et perturbant,  comme si Warhol (l’esthétique du film s’inspire pas mal du pop art) avait rencontré Tati (les couloirs du musée rappellent parfois « Playtime », ou même certains plans s’inspirent de Tati), mais qu’ils ne s’étaient pas forcément bien entendus, comme s’ils n’avaient pas réussi à concilier musée haut et musée bas.

    Un film sans scénario mais pas sans saveur. Burlesque. Absurde. Fantaisiste. Inclassable. De jubilatoires numéros d’acteurs (Jean-Michel Ribes a eu le mérite de donner aussi des rôles à des acteurs de théâtre qui mériteraient de faire davantage de cinéma). De bonnes répliques percutantes. Des idées farfelues parfois savoureuses. Une réflexion intéressante sur l’art. Par moment, j’ai effleuré cette impression qui me (trans)porte tellement dans certains musées et qui fait que je peux aller des dizaines de fois à Orsay, au Louvre ou ailleurs et être toujours aussi transportée, éblouie,  joliment ravagée, par cette beauté qui ronge et qui porte, qui fait de la rencontre avec l’art un véritable rendez-vous amoureux qui perturbe, émeut, ébranle les certitudes, renforce, enrichit, nous élève : peut-être est-ce la raison pour laquelle le musée haut l’a emporté dans mon esprit. Mais là où une visite au musée m’enrichit, j’en suis finalement ressortie un peu vide, étourdie par tant d’images, de visages, d’idées désordonnées ne parvenant pas à retenir un ou une seule comme si le tout était dilué dans l’eau dévastatrice. Oui, c’est bien la nature qui a repris ses droits finalement…