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Jamel Debbouze

  • Demain, ne manquez pas "Indigènes" de Rachid Bouchareb, sur France 2

    indigènes.jpgDemain soir, à 20H35, sur France 2 vous pourrez (re)voir "Indigènes" de Rachid Bouchareb alors que "Hors-la-loi" son nouveau film est actuellement à l'affiche (cliquez ici pour lire ma critique et voir mon interview de Bernard Blancan). Je vous recommande vivement ce magnifique film pour lequel les 5 acteurs principaux avaient reçu le prix d'interprétation à Cannes en 2006 et qui avait obtenu le César du meilleur scénario. Pour achever de vous convaincre, regardez la bande-annonce, ci-dessous.

     

  • Mon interview de Bernard Blancan pour "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb

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    horslaloi2.jpgA l'occasion de la sortie en salles, demain, de "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb que je persiste et signe à défendre malgré des critiques plus que mitigées dans la presse et sur internet (retrouvez ici ce que je vous disais à propos du film, suite à sa projection cannoise), retrouvez mon interview de Bernard Blancan qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions au lendemain de la projection cannoise du film (ci-dessous). Merci également à nouveau à touscoprod.

    Retrouvez également mon compte rendu de la conférence de presse cannoise en cliquant ici.

     

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  • "Parlez-moi de la pluie" d'Agnès Jaoui, ce soir, sur Canal+

    Ce soir, à 20H50, Canal plus diffuse "Parlez-moi de la pluie" d'Agnès Jaoui, un film faisant partie de ceux vivement recommandés par inthemoodforcinema.com en 2008.

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     Agathe Villanova (Agnès Jaoui), féministe nouvellement engagée en politique, revient pour dix jours dans la maison de son enfance, dans le sud de la France, aider sa sœur Florence (Pascale Arbillot) à ranger les affaires de leur mère, décédée un an auparavant.
    Agathe n'aime pas cette région, elle en est partie dès qu'elle a pu mais les impératifs de la parité l'ont parachutée ici à l'occasion des prochaines échéances électorales.
    Dans cette maison vivent Florence, son mari, et ses enfants mais aussi Mimouna (Mimouna Hadji), que les Villanova ont ramenée avec eux d'Algérie, au moment de l'indépendance et qui a élevé les enfants.
    Le fils de Mimouna, Karim (Jamel Debbouze), et son ami Michel Ronsard  (Jean-Pierre Bacri) entreprennent de tourner un documentaire sur Agathe Villanova, dans le cadre d'une collection sur "les femmes qui ont réussi".
    C'est  un mois d'Août gris et pluvieux : ce n'est pas normal...mais rien ne va se passer normalement.

     « Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
    Le beau temps me dégoute et m'fait grincer les dents
    Le bel azur me met en rage
    Car le plus grand amour qui m'fut donné sur terr'
    Je l'dois au mauvais temps, je l'dois à Jupiter
    Il me tomba d'un ciel d'orage »

     Voilà les premiers vers de la chanson « L'orage » de Georges Brassens dont le titre du film est tiré. De l'orage surgit la vérité, parfois l'amour mais avant d'en arriver là les personnages de « Parlez-moi de la pluie » auront dû affronter des humiliations ordinaires et non moins blessantes, leurs certitudes parfois erronées ou une injustice lancinante, une condescendance.

     Je revoyais le magnifique et intemporel « César et Rosalie » de Claude Sautet avant-hier, encore, pour la énième fois, avec toujours cette même envie de suivre les personnages, de les connaître même,  et même si Agnès Jaoui récuserait peut-être cette comparaison (n'aime-t-elle pas plutôt, aussi, Kusturica, où par bribes visuelles et musicales, son film m'a aussi fait songer ?), je trouve que leurs films ont cela en commun de donner vie et profondeur à des personnages à tel point qu'on imagine leur passé, leur avenir, une existence réelle, qu'on les découvre différemment à chaque visionnage, dans toute leur touchante ambivalence. Et puis Claude Sautet aussi aimait « parler de la pluie ». Dans chacun de ses films ou presque, elle cristallisait les sentiments, rapprochait les êtres.

     Ce qu'on remarque en premier, c'est donc cela : le sentiment d'être plongés dans l'intériorité des personnages, de les connaître déjà ou de les avoir rencontrés ou d'avoir envie de les rencontrer tant les scénaristes Bacri et Jaoui les humanisent. Karim et Mimouna sont victimes du racisme, d'autant plus terrible qu'insidieux, Agathe du sexisme et des préjugés concernant sa condition de femme politique,  Michel de ne pas exercer pleinement son métier ni d'avoir pleinement la garde de son fils, Florence de ne pas être assez aimée... Chaque personnage est boiteux, que son apparence soit forte ou fragile.

      La caméra d'Agnès Jaoui est plus nerveuse qu'à l'accoutumée comme si les doutes de ses personnages s'emparaient de la forme mais c'est quand elle se pose, reprend le plan séquence qu'elle est la plus poignante et drôle : vivante. Comme dans cette scène où Karim, Michel, Agathe se retrouvent chez un agriculteur qui les a « recueillis » : scène troublante de justesse, ne négligeant aucun personnage, aucun lieu commun pour mieux le désarçonner, en souligner l'absurdité.

     L'écriture de Bacri et Jaoui est toujours nuancée,  la complexité des êtres, leurs faiblesses que leur écriture précise dissèque devient ce qui fait leur force. Les dialogues sont toujours aussi ciselés, peut-être moins percutants et acerbes  que dans le caustique et si touchant  « Un air de famille » de Cédric Klapisch, plus mélancolique aussi. Jaoui et Bacri ont décidément le goût des autres à tel point qu'ils nous font aimer et comprendre leurs imperfections, et forcément nous y reconnaître. Aucun rôle n'est négligé. Le second rôle n'existe pas.  L'écriture de Jaoui et Bacri n'a pas son pareil pour faire s'enlacer pluie et soleil, émotion et rire, force et faiblesse : pour faire danser l'humanité sous nos yeux. Jaoui et Bacri n'ont pas leur pareil pour décrire la météo lunatique des âmes.

     Jamel Debbouze n'a jamais été aussi bien filmé, n'a jamais aussi bien joué : dans la retenue, l'émotion, la conviction. Adulte, enfin.

     Le personnage d'Agathe incarné par Agnès Jaoui est une salutaire réponse au poujadisme toujours régnant qui voudrait qu'ils soient « tous pourris » et rend hommage à l'engagement parfois compliqué que constitue la politique.

     Drôle, poétique, touchant, convaincant : cette pluie vous met du baume au cœur.

    On en ressort l'âme ensoleillée après que se soit dissipée la brume qui pesait sur celles de ses personnages que l'on quitte avec regrets, heureux malgré tout de les voir cheminer vers une nouvelle étape de leur existence qui s'annonce plus radieuse.

     Si comme l'écrivait Kirkegaard cité dans le film, l'angoisse est le possible de la liberté. La pluie sur les âmes sans doute est-elle le possible de son soleil, teinté d'une bienheureuse mélancolie  à l'image de ce film réconfortant, brillamment écrit et réalisé.

  • "Puisques nous sommes nés" d'Andrea Santana et Jean-Pierre Duret: les salles le projetant

    puisque nous sommes nés 2.jpgJe vous ai déjà parlé de "Puisque nous sommes nés" d'Andrea Santana et Jean-Pierre Duret (Cliquez ici pour lire ma critique du film), sorti en salles mercredi dernier.

    Je suis effarée par la place de plus en plus restreinte, et le temps de plus en plus court, laissés à ce genre de films en salles, c'est pourquoi pour ceux qui chercheraient désespérément une salle le projetant, je vous en propose la liste ci-dessous (à Paris et en province), en vous encourageant à aller le voir.

    Lire la suite

  • «Avant-première- Puisque nous sommes nés » de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana

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    Brésil. Nordeste. Etat du Pernambouc. Une immense station-service au milieu d’une terre brûlée, traversée par une route sans fin. Cocada et Nego ont 14 et 13 ans. Cocada a un rêve : devenir chauffeur routier. Il dort dans une cabine de camion et, la journée, il rend service et fait des petits boulots. Son père est mort assassiné, alors il s’est trouvé un père de substitution, Mineiro, un routier qui prend le temps de lui parler et de le soutenir quand la tentation de l’argent mal acquis se fait plus forte. Nego, lui, vit dans une favela, entouré d’une nombreuse fratrie. Après le travail des champs, sa mère voudrait qu’il aille à l’école pour qu’il ait une éducation, mais Nego veut partir, gagner de l’argent. Le soir, il rode à la station, fasciné par les vitrines allumées, les commerces qui vendent de tout, la nourriture abondante. Avec son copain Cocada, ils regardent le mouvement incessant des camions et des voyageurs. Tout leur parle de ce grand pays dont ils ne savent rien… Avec cette singulière maturité qu’on acquiert trop tôt dans l’adversité, ils s’interrogent sur leur identité et leur avenir. Leur seule perspective : une route vers Sao Paulo, vers un ailleurs…

    Dès les premiers plans de ces enfants qui jouent  au péril de leur vie sur cette route où les voitures passent dans un bourdonnement d’indifférence assourdissant, nous sommes happés, heurtés, embarqués par ce documentaire aux frontières de la fiction dont la beauté âpre ne nous lâchera plus jusqu’à la dernière seconde. Nous voilà partis dans le Nordeste, cette région pauvre du Brésil, dotée d’une terre brûlée à la végétation sèche, avec ces deux enfants, Nego et Cocada, nés où ils sont nés, là où il n’y a pas d’avenir possible, mais puisqu’ils sont nés, il faut bien supporter le quotidien en rêvant d’ailleurs, d’un avenir meilleur loin de cette terre aride sans espoir.

     Jean-Pierre Duret et Andrea Santana ont eu l’intelligence d’éviter tout angélisme ou pire, tout misérabilisme, s’inspirant  du meilleur de ces cinéastes pour lesquels Jean-Pierre Duret a été ingénieur du son : les Dardenne, Doillon, Varda et bien d’autres.

     Les enfants sont toujours ou presque au centre du cadre qui les étouffe ou qui, au contraire, les montre au centre de ce brouhaha incessant, vertigineux, suffocant, dans cette station-service sans perspectives qui bruisse constamment. La puissance du hors champ sonore est en effet un des éléments clefs du film : klaxons, respiration bruyante d’une vache malade, mots saturés de hauts parleurs, cris de bébés ou d’hommes… bref la vie qui s’étouffe rageusement. Le son et les images s’entrechoquent : le son de la campagne électorale de Lula qui rappelle ses origines pauvres de cette région du Brésil, et les images de ceux qui y vivent encore, délaissés. Les images désespérées qui contredisent les paroles qui voudraient vendre de l’espoir.

    Les deux réalisateurs sont restés six mois dans cette station-service et ses abords : ce qui donne ce résultat criant de vérité, de lucidité, d’humanité, scrutant les visages, les regards, cette lumière sublimement crue qui éclaire un court instant ceux (dé)laissés dans l’ombre de cette société inique et inégalitaire.

    Ce film co-produit par Jamel Debbouze, à travers le regard de ces deux enfants, sidérants de maturité, nous montre un Brésil où règnent les inégalités flagrantes et révoltantes mais qui semblent là-bas être devenus une morne habitude, et en nous parlant de ce pays il a un caractère évidemment beaucoup plus universel, évoquant notamment le dénuement de tous les autres pays en voie de développement, la ségrégation économique du Brésil mais aussi d’ailleurs.

    Nous ne pouvons que souhaiter à Cocada et Nego de réussir ce qu’ils souhaitent à la fin du film : savoir qui ils sont en partant ailleurs, en s’évadant de leur prison à ciel ouvert, de suivre ce conseil de Mineiro « Tu ne dois pas laisser la peur entacher ton rêve, tu dois être ce que tu es. »

    Ce film est un coup de poing dans le cœur et un coup de cœur d’ «  In the mood for cinema ».

    « Puisque nous sommes nés »  figurait dans la sélection Orizzonti de la 65ème Mostra de Venise et a obtenu le Bayard d’or du Meilleur Film au Festival International du Film de Namur ainsi que le prix du public du meilleur film documentaire de ce même festival.

    Sortie en salles en France : le 4 février 2009

    Site internet du film  

  • « Parlez-moi de la pluie » d’Agnès Jaoui : la météorologie des âmes…

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     Agathe Villanova (Agnès Jaoui), féministe nouvellement engagée en politique, revient pour dix jours dans la maison de son enfance, dans le sud de la France, aider sa sœur Florence (Pascale Arbillot) à ranger les affaires de leur mère, décédée un an auparavant.
    Agathe n'aime pas cette région, elle en est partie dès qu'elle a pu mais les impératifs de la parité l'ont parachutée ici à l'occasion des prochaines échéances électorales.
    Dans cette maison vivent Florence, son mari, et ses enfants mais aussi Mimouna (Mimouna Hadji), que les Villanova ont ramenée avec eux d'Algérie, au moment de l'indépendance et qui a élevé les enfants.
    Le fils de Mimouna, Karim (Jamel Debbouze), et son ami Michel Ronsard  (Jean-Pierre Bacri) entreprennent de tourner un documentaire sur Agathe Villanova, dans le cadre d'une collection sur "les femmes qui ont réussi".
    C’est  un mois d'Août gris et pluvieux : ce n’est pas normal…mais rien ne va se passer normalement.

     « Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
    Le beau temps me dégoute et m'fait grincer les dents
    Le bel azur me met en rage
    Car le plus grand amour qui m'fut donné sur terr'
    Je l'dois au mauvais temps, je l'dois à Jupiter
    Il me tomba d'un ciel d'orage »

     Voilà les premiers vers de la chanson « L’orage » de Georges Brassens dont le titre du film est tiré. De l’orage surgit la vérité, parfois l’amour mais avant d’en arriver là les personnages de « Parlez-moi de la pluie » auront dû affronter des humiliations ordinaires et non moins blessantes, leurs certitudes parfois erronées ou une injustice lancinante, une condescendance.

     Je revoyais le magnifique et intemporel « César et Rosalie » de Claude Sautet avant-hier, encore, pour la énième fois, avec toujours cette même envie de suivre les personnages, de les connaître même,  et même si Agnès Jaoui récuserait peut-être cette comparaison (n’aime-t-elle pas plutôt, aussi, Kusturica, où par bribes visuelles et musicales, son film m’a aussi fait songer ?), je trouve que leurs films ont cela en commun de donner vie et profondeur à des personnages à tel point qu’on imagine leur passé, leur avenir, une existence réelle, qu’on les découvre différemment à chaque visionnage, dans toute leur touchante ambivalence. Et puis Claude Sautet aussi aimait « parler de la pluie ». Dans chacun de ses films ou presque, elle cristallisait les sentiments, rapprochait les êtres.

     Ce qu’on remarque en premier, c’est donc cela : le sentiment d’être plongés dans l’intériorité des personnages, de les connaître déjà ou de les avoir rencontrés ou d’avoir envie de les rencontrer tant les scénaristes Bacri et Jaoui les humanise. Karim et Mimouna sont victimes du racisme, d'autant plus terrible qu'insidieux, Agathe du sexisme et des préjugés concernant sa condition de femme politique,  Michel de ne pas exercer pleinement son métier ni d’avoir pleinement la garde de son fils, Florence de ne pas être assez aimée… Chaque personnage est boiteux, que son apparence soit forte ou fragile.

      La caméra d’Agnès Jaoui est plus nerveuse qu’à l’accoutumée comme si les doutes de ses personnages s’emparaient de la forme mais c’est quand elle se pose, reprend le plan séquence qu’elle est la plus poignante et drôle : vivante. Comme dans cette scène où Karim, Michel, Agathe se retrouvent chez un agriculteur qui les a « recueillis » : scène troublante de justesse, ne négligeant aucun personnage, aucun lieu commun pour mieux le désarçonner, en souligner l’absurdité.

     L’écriture de Bacri et Jaoui est toujours nuancée,  la complexité des êtres, leurs faiblesses que leur écriture précise dissèque devient ce qui fait leur force. Les dialogues sont toujours aussi ciselés, peut-être moins percutants et acerbes  que dans le caustique et si touchant  « Un air de famille » de Cédric Klapisch, plus mélancolique aussi. Jaoui et Bacri ont décidément le goût des autres à tel point qu’ils nous font aimer et comprendre leurs imperfections, et forcément nous y reconnaître. Aucun rôle n’est négligé. Le second rôle n’existe pas.  L’écriture de Jaoui et Bacri n’a pas son pareil pour faire s’enlacer pluie et soleil, émotion et rire, force et faiblesse : pour faire danser l’humanité sous nos yeux. Jaoui et Bacri n’ont pas leur pareil pour décrire la météo lunatique des âmes.

     Jamel Debbouze n’a jamais été aussi bien filmé, n’a jamais aussi bien joué : dans la retenue, l’émotion, la conviction. Adulte, enfin.

     Le personnage d’Agathe incarné par Agnès Jaoui est une salutaire réponse au poujadisme toujours régnant qui voudrait qu’ils soient « tous pourris » et rend hommage à l’engagement parfois compliqué que constitue la politique.

     Drôle, poétique, touchant, convaincant : cette pluie vous met du baume au cœur.

    On en ressort l’âme ensoleillée après que se soit dissipée la brume qui pesait sur celles de ses personnages que l’on quitte avec regrets, heureux malgré tout de les voir cheminer vers une nouvelle étape de leur existence qui s’annonce plus radieuse.

     Si comme l’écrivait Kirkegaard cité dans le film, l’angoisse est le possible de la liberté. La pluie sur les âmes sans doute est-elle le possible de son soleil, teinté d’une bienheureuse mélancolie  à l’image de ce film réconfortant, brillamment écrit et réalisé.

     Sandra.M