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avant-première - Page 5

  • La critique d'"Avatar" , le film évènement de James Cameron, très bientôt en avant-première sur inthemoodforcinema!

    Edit du 11.12.2009: Cliquez ici pour lire ma critique d' "Avatar" de James Cameron en avant-première!

    avatar.jpg"Avatar" de James Cameron. Qui n'en a pas encore entendu parler...! Film de tous les records avant même sa sortie: film le plus cher de tous les temps  avec un budget de plus de 300 millions de dollars, plus de 1000 personnes à travailler sur le film... sans compter celui du nombre d'entrées qu'il pourrait atteindre.

    Le buzz a aussi été savamment orchestré avec 15 minutes projetées dans le monde entier, le 21 août 2009 sans compter des déclarations comme celle de Soderbergh qui parle en ces termes d' "Avatar": "le truc le plus incroyable que j'ai jamais vu". Un projet auquel James Cameron pensait déjà avant "Titanic", en 1997, depuis lequel James Cameron n'avait pas réalisé de long-métrage. "Avatar" sera ainsi son 8ème et certainement le plus attendu.

     Evidemment, je ne suis pas dupe et bien consciente à mon petit niveau de contribuer à cet énorme buzz mais je n'en suis pas moins ravie de pouvoir satisfaire mon insatiable curiosité et d'assister à l'unique projection presse, et ainsi de pouvoir vous en parler en avant-première... très bientôt sur inthemoodforcinema.com!

    En attendant, je vous laisse déguster la bande-annonce:

  • Avant-première- Critique de "Vivre!" d'Yvon Marciano

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    Avant-hier, j'ai vu deux films en avant-première : le premier dont je tairai le nom et dont je ne vous parlerai pas (mais j'imagine que beaucoup d'autres se chargeront de faire l'éloge de son alliance qu'ils trouveront sans doute astucieuse, voire révolutionnaire, d'hémoglobine et d'humour noir) car c'est après tout encore la jubilatoire liberté d'un blog (celui-ci en tout cas) que celle de choisir ses sujets et de n'être soumis à aucun diktat  et tant pis si pour cela il faut être rayé de certains fichiers ; le second dont, malheureusement, très peu parleront et pour lequel j'espère vous faire partager mon coup de cœur et susciter votre intérêt ou, à défaut, au moins votre curiosité.

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    Dans la lumière étincelante et impertinente de l'été, à Paris, Matthieu (Jean-Jacques Levessier), âgé d'une quarantaine d'années, s'éteint, atteint d'un cancer. Théo (Aymeric Cormerais) avec lequel il s'était lié d'amitié, est chargé de contacter une liste de personnes, trois garçons et trois filles qui, comme lui, ont entre 22 et 26 ans et qui connaissaient Matthieu séparément et croyaient tous être son seul ami. Leur rencontre liée par la mort va pourtant leur donner un élan, le goût de vivre intensément... Pour Yvon Marciano, l'idée était d'abord de « tourner un film, en trois semaines, au mois d'août, à Paris, dans une totale liberté. »

    En mai dernier, au Festival de Cannes, le film le plus jeune, le plus fou et finalement peut-être le plus irrévérencieux de la compétition était celui réalisé par un jeune octogénaire nommé Alain Resnais : « Les Herbes folles ». Yvon  Marciano ayant lui aussi plus du double de l'âge de ses protagonistes a pourtant signé un des films les plus rafraîchissants, alertes et finalement audacieux de cette rentrée. Si « Vivre ! » n'est que son second long métrage, 13 ans après son premier, « Le cri de la soie », il a été de nombreuses fois primé et sélectionné en festivals pour des courts-métrages et le film précité.

    « Vivre ! » est un film sur un sujet sérieux qui ne se prend pas au sérieux, qui nous parle de l'essentiel avec une fausse désinvolture,  un film choral « dans Paris » qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler le film éponyme de Christophe Honoré tant il est imprégné de la Nouvelle Vague (et de cinéma en général d'ailleurs avec des références notamment à Charles Laughton et à beaucoup d'autres) auquel il est un hommage notamment de par ses références littéraires et cinématographiques : « Pickpocket » de Bresson (lequel Bresson a beaucoup influencé la Nouvelle Vague), « A bout de souffle »  de Godard ... et surtout un ton très truffaldien avec  au passage une référence à la Cinémathèque (dans une scène qui est d'ailleurs autant un hommage au cinéma d'hier qu'à celui d'aujourd'hui par la présence d'une célèbre actrice que je vous laisse découvrir) qui rappelle le premier plan de « Baisers volés »de Truffaut et  un Théo qui a le romantisme cavalier, le charme désinvolte, le panache et la naïveté d'Antoine Doinel qui prend la légèreté au sérieux et qui rencontre d'ailleurs, là aussi, sa Fabienne Tabard. On retrouve également ce mélange de légèreté et de mélancolie, de désinvolture et de nostalgie, d'anachronisme et de contemporanéité caractéristiques de la série des Doinel.

    Avant tout, ce qui séduit dans ce second long d'Yvon Marciano,  ce sont ces personnages rongés par le feu de l'existence qui ont la belle intransigeance et insolence mais aussi les certitudes insensées de la jeunesse (qui les oublie pourtant souvent, dans la réalité autant que dans le cinéma), leurs idéaux savoureusement déraisonnables comme si la légèreté était l'audace suprême et qu'il fallait un cinéaste ayant dépassé l'âge et ayant la nostalgie rageuse de la jeunesse pour la voir avec lucidité et la sublimer. Et si ces personnages ont des caractéristiques marquées, loin de les rendre  caricaturaux cela procure à l'ensemble une intemporalité renforcée par l'image d'un Paris à la fois contemporain et irréel.

    « Vivre ! » pourrait aussi s'intituler « Voir ! »  tant chaque scène semble nous intimer de regarder et de voir : de voir à quel point la vie peut-être ludique mais aussi à la fois grave et légère, de voir la beauté de Paris, de voir qu'il faut profiter de chaque instant, de voir qu'il faut saisir la chance et la balle au bond (ici au propre comme au figuré).

    Un film sincère d'une touchante spontanéité et maladresse (tourné en trois semaines en DV -à partir d'un scénario écrit en un mois-, le mode de filmage épouse ici judicieusement le fond), d'une louable et revigorante naïveté, un film nostalgique et optimiste dont on ressort avec « la fureur de vivre » de ses personnages.  Une déclaration d'amour au cinéma (on retrouve même des extraits de BO d'Almodovar) et notamment à la Nouvelle Vague, à Paris (pas moins de 80 lieux de tournage dans Paris), théâtre lumineux de ce joyeux marivaudage, un hymne à la jeunesse, à l'amour et à la vie, une bouffée d'air frais qui vous donne le goût de vivre, de savourer chaque seconde... et de faire et voir du cinéma !

     Un vent de jeunesse et de liberté salutaires qui a la douce mélancolie de Mozart et la gravité légère de l'air de jazz qui l'accompagnent et celui de Léonard Cohen sur lequel il s'achève... donc je vous le recommande : prenez le temps de « Vivre ! ».

    Vous pourrez retrouver l'acteur principal, le très prometteur Aymeric Cormerais (prix d'interprétation au Festival du Film Romantique de Cabourg pour l'excellent court-métrage de Romuald Beugnon « Béa »-que vous pouvez visionner en cliquant ici- mais aussi interprète dans le non moins excellent "Elle viendra pas" d'Olivier Serrano ou encore interprète d'un secondaire et non moins mémorable rôle dans « Le premier jour du reste de ta vie » de Rémi Bezançon) le vendredi 2 octobre, à  20H30, sur France 2 dans « Pour une nuit d'amour », un inédit de la collection « Contes et nouvelles » du XIXème siècle adapté de Zola et réalisé par Gérard Jourd'hui.

    Et vous pourrez bientôt retrouver une interview d'Aymeric Cormerais sur inthemoodforcinema.com ...

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    « Vivre ! » : Avec une nouvelle génération d'acteurs (des acteurs pour la plupart professionnels et non amateurs comme ce fut parfois malencontreusement écrit) Aymeric Cormerais, Arnaud Denis, Jean-Jacques Levessier, Gaël Tanniou, Lydie Waï, Pamela Ravassard, Pierre-Marie Baudouin, Natasha Andrews, Macha Polikarpova, Ornella Bes,...

    Sortie en salles de « Vivre » d'Yvon Marciano : le 7 octobre

  • Critique en avant-première de « Harry Potter et le Prince de sang-mêlé » de David Yates

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    Afin de ne pas heurter la sensibilité des « HarryPottermaniaques » je précise au préalable que je ne suis pas une lectrice de J. Rowling et que je n’ai commencé à suivre l’adaptation cinématographique de la saga qu’à partir de l’opus n°3. Et même si dans le 5 (« Harry Potter et l’ordre du Phénix », déjà réalisé par David Yates) l’ennui l’avait emporté, c’est néanmoins avec plaisir que je me suis rendue à l’unique projection presse organisée par la Warner, hier, avide d’évasion d’un Paris grisâtre et désenchanté, fût-ce pour un Poudlard désormais menacé par des forces démoniaques.  Un opus très attendu par les fans d’autant plus que la sortie a été retardée de six mois, et que le livre dont il est adapté est un des plus riches contenant pas moins de 700 pages.

     

    L’étau démoniaque de Voldemort se resserre ainsi sur l’univers des Moldus et le monde de la Sorcellerie. Poudlard a cessé d’être un havre de paix, le danger rode au cœur du château… mais Dumbledore (Michael Gambon) est plus décidé que jamais à préparer Harry  Potter (Daniel Radcliffe) à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux maître et le jeune sorcier  vont tenter de percer à jour les défenses de Voldemort. Mais à Poudlard d’autres préoccupations occupent également les esprits : Harry Potter est ainsi de plus en plus attiré par Ginny (Bonnie Wright) qui ne laisse pas indifférent son rival, Dean Thomas tandis que Lavande Brown (Jessie Cave) a jeté son dévolu sur Ron (Rupert Grint) alors que Hermione (Emma Watson) est rongé par la jalousie.

     

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    C’est dans un Londres sous un ciel brumeux (qui a dit pléonasme ?) et colérique, sombre et inquiétant, attaqué par les disciples de Voldemort, que débute ce 6ème opus. L’impression est vertigineuse et nous fait immédiatement décoller de la réalité pour nous faire plonger de plein pied (ou balai) dans l’univers ensorcelé et ensorcelant d’Harry Potter qui, s’il nous est devenu familier, n’exerce pas moins une fascination aux réminiscences délicieusement enfantines sur les esprits les plus cartésiens.

     

    Quelles que soient mes réserves émises ultérieurement, je confesse une totale immersion (ce qui me concernant est une véritable gageure sachant que je suis notamment réfractaire au cinéma d’animation), un jouissif oubli de la réalité et des 2H32 passées sans que je m’en aperçoive, les trouvant même trop courtes.

     

    Ce scénario signé Steve Kloves, également scénariste des 4 premiers (et non du 5ème, ce qui explique peut-être sa qualité moindre) dose astucieusement le passé et le présent, les scènes d’une atmosphère ténébreuse et la comédie et même la comédie romantique pour au final donner cette potion magique malgré une relative vacuité de l’enjeu si ce n’est celui de nous faire patienter avant les ultimes épisodes. (En réalité un  film en 2 parties : « Harry Potter et les reliques de la mort »  dont la première partie sortira en novembre 2010, et la seconde à l’été 2011,  deux parties également réalisées par David Yates).

     

    La fin n’est ainsi pas à la hauteur du rythme trépidant et haletant, et n’a finalement  d’autre but que de susciter l’attente avant les deux derniers épisodes, le vrai climax et la réelle confrontation que cet opus nous laissait espérer pour son dénouement, d’où un sentiment d’insatisfaction et d’avoir admirablement été menée en bateau (et à la baguette, au sens concret, cela va de soi) et de nous laisser sur notre faim.

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    harrypotter5.jpgEn même temps que Harry Potter, Daniel Radcliffe a grandi et son jeu s’est affiné. Les personnages ont aussi gagné  en ambivalence. La frontière entre le bien et le mal est de plus en plus floue, de même que celle entre l’enfance et l’âge adulte, la fin de l’innocence que vivent les élèves de Poudlard étant aussi celle d’un monde de plus en plus menacé. A l’inverse, Drago ( Tom Felton) , derrière son insolence et son arrogance laisse transparaître sa fragilité et sa vulnérabilité, donnant aussi une impression de manque d’épaisseur à son personnage et accessoirement (et un court instant) aux scènes dans lesquelles il apparaît. Un nouveau personnage, réjouissant, fait également ici son apparition sous les traits du professeur Slunghorn (Jim Broadbent) , dandy excentrique et snob. Le Professeur Rogue (Alan Rickman) , toujours aussi énigmatique, fait planer une menace constante et délectable.

     

     Certaines scènes sont  lyriques, époustouflantes, voire mystiques à souhait, la scène de la grotte (que je vous laisse découvrir)  faisant songer aux « Dix commandements ».

     

     La photographie  joue savamment de l’ombre et la lumière, à l’image de l’ambivalence grandissante des personnages, une photographie signée Bruno Delbonnel (« Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain », « Un long dimanche de fiançailles »).

     

    Maintenant que vous êtes prévenus de cette (petite) réserve  quant à la fin, je peux vous recommander ce divertissement de très grande qualité pour sa potion magique constituée  d’un savant mélange d’humour et de noirceur qui remplit pleinement son rôle à savoir nous faire oublier la réalité, le temps qui passe,  (et l’enjeu ou son absence mais qu’importe) . Ne vous privez surtout pas de cette délicieuse sensation d’être immergés dans un ailleurs irréel devenu probable par la magie. De Poudlard.  Et surtout… du cinéma.

     

    A noter: dès le 15 jullet (date de sortie du film en salles), il sera projeté en IMAX au Gaumont Disney Village, l'unique salle IMAX 3D de France permettant ainsi de profiter de l'incomparable qualité de l'image et du son de l'IMAX Expérience. Les 12 premières minutes bénéficient ainsi de la technologie IMAX 3D.

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  • La critique en avant-première de "Public Enemies" de Michael Mann avec Johnny Depp, Marion Cotillard, Christian Bale

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    Ce matin avait lieu l’unique projection presse du très attendu « Public Enemies » de Michael Mann qui sera également présenté en avant-première (et en présence de l’’équipe du film) au Festival Paris Cinéma 2009 (le 2 juillet, à  20H, à l’UGC Normandie, uniquement sur invitation). Un film attendu pour son sujet,  l’utilisation de la caméra numérique HD, mais évidemment surtout pour ses acteurs principaux (Johnny Depp et Marion Cotillard dans son premier grand rôle américain, auréolée de son Oscar de la meilleure actrice pour « La Môme ») et pour son réalisateur, Michael Mann, qui a multiplié les nominations aux Oscars ces dernières années (notamment celles du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario pour « Révélations »).

     

    « Public Enemies » est le onzième long-métrage de Michael Mann et  l’adaptation du roman éponyme de Bryan Burrough inspiré de l’histoire de John Dillinger (Johnny Depp), un braqueur de banques qui a réellement existé et qui a déjà inspiré de nombreux cinéastes (Johnny Depp est ainsi le dixième acteur à l’incarner) et a fortiori l’époque dans laquelle il évolua, celle de la Grande Dépression. Considéré comme « l’ennemi public n°1 » par le patron du FBI, John Edgar Hoover (Billy Crudup), il sera traqué inlassablement par l’agent fédéral Melvin Purvis (Christian Bale).

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    Ce qui marque d’abord c’est le dépouillement, l’élégance et la noirceur : de la mise en scène, du personnage principal, de l’atmosphère.  En résulte une sensation immédiate d’immersion, de réalisme et d’intemporalité, cette dernière étant renforcée par le sujet terriblement actuel : des citoyens dépouillés par les banques, victimes de la Grande Dépression. Un braqueur va, en dévalisant ces banques, d’une certaine manière, les venger.  Ce braqueur c’est donc John Dillinger, mélange de dureté et d’audace,  d’élégance et d’insolence, incarné par Johnny Depp dont cela va devenir un pléonasme de dire qu’il est parfait dans un rôle, mais il l’est ,encore, dans celui de  ce charismatique personnage.

     

    Ce dépouillement et ce réalisme (essentiellement lié à l’utilisation de la caméra numérique HD, et du recours aux longues focales) s’ils décontenancent d’abord contribuent à l’originalité de ce nouveau long-métrage de Michael Mann, à impliquer le spectateur et à accroître son empathie pour John Dillinger que le film s’attache essentiellement à suivre, délaissant un peu les personnages secondaires (mais les esquissant suffisamment pour que l’intrigue soit limpide). Se crée alors une sorte de miroir entre l’acteur, mythe cinématographique, et celui qu’il incarne, devenu un héros  pour une population en quête de vengeance et de repères.

     

    John Dillinger s’érige et est érigé en héros, et nargue les autorités avec une audace jouissive pour le spectateur, un aspect jubilatoire renforcé par une musique trépidante et réjouissante (signée Elliot Goldenthal) et des scènes lyriques filmées avec emphase et virtuosité et comme celles d’un western.

     

     Dans une société, la nôtre, avide de modèles et de renommée, à tout prix, un tel héros pourrait évidemment émerger, et la sensation d’intemporalité, de réalisme que crée la mise en scène est encore renforcée par cette idée finalement très contemporaine.  En 13 mois, le vrai John Dillinger parvint à fasciner les Américains, à tel point qu’il se montrait sans crainte en public.

     

    L’ambitieuse Billie Frechette (Marion Cotillard), Indienne d’origine française, elle aussi, est fascinée, par cet homme qui veut tout, tout de suite, par ce personnage d’une troublante et séduisante insolence, épris de liberté, de célébrité. Elle aussi a une revanche à prendre. Du couple qu’elle forme avec John Dillinger émane un romantisme fatal et ténébreux qui renforce la mélancolie, mais aussi la force et la beauté sombre de l’ensemble.  Là encore, elle n’est  pas filmée comme une femme fatale et lointaine comme c’est souvent le cas dans les films noirs qui relatent cette période, mais avec réalisme, renforçant la sensation de contemporanéité.

     

    Et puis comme dans tout western il faut un duel, une confrontation obstinée,  ici c’est celle qui oppose Dillinger à Purvis (et à travers ce dernier à Hoover). C’est d’ailleurs pour vaincre des gangsters tels que Dillinger que sera créée la première police fédérale aux Etats-Unis : un certain… FBI. C’est un duel impitoyable qui, évidemment, ne peut que se terminer dans la tragédie, je vous laisse découvrir pour qui.

     

    Et pour ceux qui, comme moi, trouveraient que la fin est exagérée en coïncidences troublantes, sachez que l’anecdote du film « Ennemi public n°1 »  ( « Manhattan Melodrama ») que va voir Dillinger est réelle. C’est aussi l’occasion d’un nouveau duel, entre l’image qui figure sur l’écran (de Clark Gable) et celle de Dillinger qui la regarde avec fierté, voyant en ce dernier son propre reflet, son incarnation mythique.

     

    Je vous laisse juge de la fin, peut-être un peu expéditive (à l’image de la psychologie des personnages) au regard de ce film qui nous tient en haleine et crée une tension sans cesse croissante et nous laissait espérer un final paroxystique mais après tout c’est aussi à l’image de ce personnage pour qui tout devait aller vite, et donc finir vite.

     

    Un divertissement de haute qualité dans lequel la singularité de la forme enrichit le fond, contribuant au plaisir et à l’immersion du spectateur :  vous auriez donc tort de vous priver de ces « Public Enemies »  à la rencontre explosive desquels Inthemoodforcinema.com vous recommande vivement d’aller… 

  • Evènement - « Millénium » de Niels Arden Oplev : critique du film et vidéos de l’avant-première sur les Champs Elysées

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    Il fallait un endroit d’exception pour l’avant-première française de la très attendue adaptation du best seller de  Stieg Larsson, en présence de l’équipe du film (le producteur, le réalisateur Niels Arden Oplev et l’actrice Noomi Rapace). Ce fut donc les Champs Elysées et plus précisément l’UGC Normandie, avant-hier soir.

     

    Pour ceux qui, comme moi, n’ont pas lu le roman, voici l’intrigue en quelques mots : Michael Blomkvist (Michael Nyqvist) est journaliste économique au magazine « Millenium ». Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger (Sven-Bertil Taube), grande figure de l’industrie suédoise, et membre d’une famille dont les membres sont tous plus monstrueux les uns que les autres, fait appel à lui afin qu’il mène l’enquête sur un meurtre non élucidé, celui d’Harriet Vanger (Ewa Fröling), nièce du grand homme, et disparue à l’âge de seize ans, une exception à la monstruosité familiale. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que la famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets.

     

     L’impétueux et téméraire journaliste se rend donc sur les lieux pour poursuivre son enquête (un endroit isolé et sinistre comme il se doit, ou peut-être devrait, ces grandes étendues angoissantes ne constituant finalement pas un élément de tension et de frayeur comme elles auraient pu)  est amené à rencontrer Lisbeth Salander (Noomi Rapace) qui mène l’enquête en parallèle à partir des informations de l’ordinateur de Blomkvist. La jeune femme de vingt-quatre ans, au douloureux passé (et c’est un euphémisme), est en effet une hackeuse professionnelle. Tous deux vont bientôt être amenés à se rencontrer pour finalement mener l’enquête ensemble dans ce cadre glacial.

     

    Cette adaptation cinématographique a suscité une incroyable attente car adapter une trilogie (suédoise, ce qui ajoute à l’étrangeté du phénomène), qui s’est vendue à 10 millions d’exemplaires dans le monde et  à 2, 6 millions d’exemplaires rien qu’en France en faisant ainsi le livre le plus vendu en 2008 dans l’hexagone, ne peut évidemment être anodin. Ne manquait plus que la crise cardiaque de l’auteur à 50 ans alors qu’il venait de gravir sept étages pour se rendre chez son éditeur et y déposer la trilogie pour que la légende soit complète.  Miraculeusement les Suédois se sont emparés de l’adaptation avant que les studios hollywoodiens ne s’en mêlent et c’est à Niels Arden Oplev que fut dévolue la réalisation de l’adaptation de ce phénomène littéraire.

     

    N’ayant pas lu le roman mais en en ayant eu de nombreux échos, je ne pouvais qu’être impatiente de découvrir cette adaptation et de me plonger dans l’univers a priori si fascinant de « Millenium » au pays de Bergman (la nationalité étant bien leur seul point commun).  Il m’a d’abord fallu m’habituer : à la noirceur exacerbée par la blancheur paradoxalement inquiétante (quoique … : on ne recourt finalement que très peu à ce contraste qui aurait pu être saisissant) de ces grandes étendues cauchemardesques, à ces personnages archétypiques plus monstrueux les uns que les autres, à ce rythme trépidant et « téléfilmique » qui ferait passer le feuilleton de l’été de TF1 pour un film de Nuri Bilge Ceylan, et à ces ellipses réduisant au stricte minimum la psychologie des personnages.

     

    Tout ce qui est excessif est insignifiant dit-on, c’est probablement la raison pour laquelle je n’ai pas  éprouvé la moindre empathie tant l’univers est glauque, tant les malheurs sont excessifs, tant la perversité et le sadisme sont omniprésents.

     

    Je ne sais pas très bien comment le réalisateur parvient à maintenir notre attention pendant 2H20 (quoique ma perspicace voisine m’a dit que j’avais très souvent regardé  ma montre…) tant la quête du coupable m’a indifférée (de toute façon ils sont tous plus monstrueux les uns que les autres donc que cela soit l’un ou l’autre ne change pas grand-chose, le réalisateur n’implique d’ailleurs pas du tout les spectateurs dans cette quête qui paraît accessoire) l’intrigue étant centrée sur les relations entre le fade journaliste interprété par Michael Nyqvist (paraît-il une star dans son pays) avec ses airs de Daniel Craig mal en point ( que les admirateurs de Daniel Craig ne s’en offusquent pas, mal en point ai-je dit, bien mal en point même ) et la jeune Lisbeth dont l’allure androgyne, gothique, et surtout son regard noir, froid et déterminé dévorent l’écran, ainsi que la singularité de son personnage à la personnalité aussi âpre que l’univers qui l’entoure, sortant enfin et ainsi des archétypes auxquels sont réduits les autres personnages. Incroyable donc pour un thriller : on se fiche totalement de savoir qui est le criminel puisque le portrait psychologique des potentiels assassins n’est pas dressé, ou alors grossièrement.

     

    Paraît-il  en effet que le bestseller est à la fois un roman politique et un thriller. Malheureusement, le film n’est ni l’un ni l’autre. Le caractère antisémite des assassins ne semble être là que pour atteindre le degré maximal du sordide (pour ça c’est réussi) et de la perversité dans laquelle se complait le film, celle-ci étant  montrée frontalement. L’aspect politique qui aurait pu être intéressant est donc complètement éludé. Dommage…

     

    Probablement le roman le justifie-t-il mais au regard de ce film on a également du mal à comprendre où le titre trouve sa justification tant le journal « Millenium » est ici un arrière-plan et tant les portraits de ses membres en sont esquissés.

     

    Reste Noomi Rapace, cette jeune actrice autodidacte à laquelle le film doit beaucoup (tout ?), ce dont les distributeurs ont parfaitement conscience tant la campagne de promotion semble orchestrée autour de sa personne…

     

    Cette adaptation du best seller de Stieg Larsson ne m’a pas donnée envie de lire ce roman même s’ il l’a, après tout, peut-être trahi. Et alors donc honteusement trahi. Il m’a en effet laissé un goût âpre tant son succès semble être le reflet désolant, voire inquiétant,  d’une société avide de noirceur absolue et de perversité monstrueuse, d’autant plus dangereuse qu’elle semble ici finalement banalisée car beaucoup plus ridicule que finalement insupportable (même si son idée, elle, l’est…ô combien).

     

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    LA BANDE-ANNONCE:

     

      

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