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  • Semaine spéciale César 2013 - Critique de "A perdre la raison" de Joachim Lafosse

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    Je poursuis ma semaine « spéciale César » en attendant de vous faire vivre la cérémonie en direct du Théâtre du Châtelet, vendredi, (retrouvez, en cliquant ici, les nominations complètes, mes commentaires, pronostics et les critiques de films en lice) avec ma critique du poignant "A perdre la raison" de Joachim Lafosse nommé dans la catégorie "meilleur film étranger" face à  Argo de Ben Affleck, Bullhead de Michael R. Roskam, Laurence Anyways de Xavier Dolan, Oslo, 31 août de Joachim Trier, La Part des Anges de Ken Loach, Royal Affair de Nikolaj Arcel.

    Cliquez ici pour lire ma critique du film.

  • « Louise Wimmer »de Cyril Mennegun: prix du syndicat français de la critique du meilleur premier long-métrage

    Je poursuis ma semaine « spéciale César » (retrouvez, en cliquant ici, les nominations complètes, mes commentaires, pronostics et les critiques de films en lice) avec un bouleversant 1er film qui vient d’obtenir le prix du syndicat français du meilleur premier long-métrage. Le film est nommé aux César comme meilleur premier film et l’actrice principale, la magistrale Corinne Masiero ( également présente dans « De rouille et d’os ») est d’ailleurs nommée dans la catégorie meilleure actrice face à Catherine Frot dans Les Saveurs du palais, Marion Cotillard dans De rouille et d’os, Noémie Lvovsky dans Camille redouble, Emmanuelle Riva dans Amour, Léa Seydoux dans Les Adieux à la reine, Hélène Vincent dans Quelques heures de printemps. Si vous avez vu le film, vous comprenez à quel point c’est justifié et, si vous ne l’avez pas vu, j’espère que cette nomination aux César vous en donnera envie ou, peut-être, ma critique, ci-dessous, publiée suite au Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz 2011 dans le cadre duquel je l’ai découvert. Je souhaite en tout cas à cette actrice qui mérite d’être (re)connue ce prix qu’elle mérite.

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    Synopsis « officiel » : « Après une séparation douloureuse, Louise Wimmer a laissé sa vie d’avant loin derrière elle. A la veille de ses cinquante ans, elle vit dans sa voiture et a pour seul but de trouver un appartement et de repartir de zéro. Armée de sa voiture et de la voix de Nina Simone, elle veut tout faire pour reconquérir sa vie. »-

    Louise Wimmer est une femme comme il y en a tant d’autres, que nous croisons sans le savoir, qui se drapent dans leur fierté pour dissimuler leurs malheurs. Son histoire se déroule par bribes, de judicieuses ellipses qui renforcent le caractère universel du sujet, dramatiquement actuel.

     

    Nous devinons qu’elle s’est retrouvée à la rue suite à une séparation, ce que tout son entourage ignore. Au lieu d’en faire une femme pitoyable, Cyril Mennegun dresse le portrait une femme noble et fière et même au départ un peu antipathique que le spectateur, au fil du récit, l’accompagnant dans ses échecs révoltants, prend en empathie. Corinne Masiero incarne magistralement Louise Wimmer dont le visage âpre marqué par la vie en devient beau tant Cyril Mennegun la filme avec justesse, empathie, et dignité. Elle dévore l’écran, nous happe, tant elle donne corps et âme à cette femme qui ressemble à la fois à tant d’autres et aucune autre.

    Je partage l’émotion qui a submergé le délégué général du festival de Saint-Jean de Luz quand il a dû interviewer le réalisateur et son actrice juste après la projection. Une belle leçon d’humanité (mais qui, surtout ne se donne pas des airs de leçon). Sans oublier la musique de Nina Simone symbole de liberté et d’emprisonnement aussi puisque c’est la seule musique que Louise peut écouter et qui évoque la même beauté rude et douloureuse que celle de son personnage.

    Cyril Mennegun est avant tout réalisateur de documentaires et son expérience nourrit prodigieusement son film qui exhale de troublants accents de réalisme, sa caméra ne quittant pas cette femme. Un film plein de vie, de violence dramatiquement quotidienne aussi, empreint d’un regard jamais complaisant.

    Cyril Mennegun a ainsi raconté que c’est après avoir croisé, lors du tournage d’un documentaire, une femme qui s’appelait Corinne et vivait dans sa voiture, mais qu’il n’a « jamais pu filmer » et qu’il a « perdu assez vite », qu’est née l’idée du film, une histoire semble-t-il aussi proche de ce qu’a pu vivre la comédienne (que Cyril Mennegun dit avoir découverte dans un téléfilm diffusé un soir à la télévision). « Ce film est empreint de ce qu’elle est » a-t-il ainsi déclaré.

    Un film plein de vie et, comme elle et son incroyable interprète principale (Corinne Masiero), âpre et lumineux. Ce fut le premier grand choc cinématographique de cette année 2012, à découvrir absolument. La découverte d’un cinéaste qui rappelle les plus grands cinéastes du réalisme social britannique et d’une comédienne qui porte ce film magnifiquement bouleversant et tristement universel, et qui s’achève sur une note d’espoir d’une beauté aussi simple que ravageuse.

  • Programme et jury du 15ème Festival du Film Asiatique de Deauville

     

     

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     Je vous rappelle tout d'abord  que je vous permets  de remporter vos pass pour le festival, ici.

    La conférence de presse du festival a eu lieu ce lundi 18 février, au CID de Deauville. Ce sera cette année la 15ème édition (déjà) et pour moi la 13ème (a fortiori, déjà!). 

    C'est à l'occasion de cette conférence de presse que l'ensemble de la sélection a été dévoilée (du moins la majeure partie, d'autres films seront prochainement annoncés) avec un programme qui me réjouit tout particulièrement avec, notamment un hommage et une master class du cinéaste japonais Sono Sion qui a reçu le prix de la critique internationale deux années successives à Deauville dont un auquel je me réjouis, aussi, de n'être pas tout à fait étrangère, celui reçu par "Himizu", l'an passé, un film d’une folie inventive et désenchantée, d’un romantisme désespéré, d’un lyrisme tragique et parfois grandiloquent,  porté par l’énergie du désespoir et qui s’achève sur un cri d’espoir vibrant et déchirant. Sublime. Ravageur. La possibilité d’un rêve.

    Je me réjouis aussi de retrouver Deauville et sa mélancolie douce, sa beauté presque réfractaire à cette période de l’année, d’une violence et d’un charme mêlés et subreptices, envoûtants. A l’image de ceux des films présentés en compétition dans le cadre de ce Festival du Film Asiatique.

    Le jury dont nous ne connaissons pas encore la composition sera  présidé par Jérôme Clément.

    Vous pourrez bien entendu suivre ce festival, ici, sur http://www.inthemoodfordeauville.com,  et sur http://inthemoodforfilmfestivals.com ,  comme chaque année du 6 au 10 mars 2013. Vous pourrez aussi me suivre en direct du festival sur twitter (sur mon compte dédié @moodfdeauville ou mon compte twitter principal @moodforcinema ou encore sur @moodforfilmfest). Vous pouvez également suivre ma page Facebook principa (http://facebook.com/inthemoodforcinema ) ou celle que je consacre à ce festival (http://facebook.com/inthemoodfordeauville ) sur lesquels il vous sera possible d'en débattre.

    -Retrouvez mon compte-rendu complet de l’édition 2012 du Festival du Film Asiatique de Deauville, en cliquant ici.

    Cette année, à l'initiative de la ville de Deauville, le festival s'enrichira d'un prix du public.

    Nous savions  déjà que cette année la Chine serait à l’honneur et que serait remis un prix du public de la ville de Deauville. Moi qui ai eu la chance de faire partie deux fois de jurys de cinéphiles dans les festivals de Deauville, en 2000 et en 2005, et qui regrettais la disparition de ces jurys, je me réjouis (décidément, je me réjouis beaucoup aujourd'hui) tout particulièrement de ces prix qui, au moins, permettront au public de donner son avis. À chaque séance d’un film en compétition, un bulletin de vote accessible à tous (sans limite d’âge) sera ainsi remis aux spectateurs en début et fin de séance. Les appréciations sont graduées de 1 à 5. Les bulletins sont dépouillés à l’issue du Festival. Le film en compétition qui a rassemblé le plus grand nombre d’appréciations positives, au prorata des entrées de sa séance sera le lauréat.

    Je vous laisse découvrir, ci-dessous, le programme avec, notamment, les présences de grands noms du cinéma asiatique : Tsui Hark, Kim Ki-Duk, Chen Kaige, Apichatpong Weerasethakul, Brillante Mendoza...dont je suis impatiente de découvrir les derniers films et qui font de cette édition sans doute la plus riche et diversifiée, l'idéal pour fêter les 15 ans de ce beau festival que je vous conseille vraiment de venir découvrir.

    HORS COMPETITION

    SHOKUZAI de Kiyoshi Kurosawa (Japon)

    Une sublime épopée de cinq heures sur la vie des femmes japonaises. Kiyoshi Kurosawa, à qui le Festival du Film Asiatique de Deauville a rendu hommage l’année dernière, s’est imposé ces dernières années comme l’une des figures incontournables du renouveau du cinéma japonais, notamment avec les films CURE, KAÏRO, ou encore TOKYO SONATA.

    PIETA de Kim Ki-duk (Corée du Sud)

    OEuvre choc sur la rédemption, Lion d’Or du Meilleur Film à la 69e Mostra de Venise, le film marque le retour du cinéaste sud-coréen sur le devant de la scène internationale. Le Festival du Film Asiatique de Deauville a rendu hommage à Kim Ki-duk en 2004 en proposant aux festivaliers une rétrospective intégrale de son oeuvre. PIETA sortira le 10 avril 2013 sur les écrans français.

    CAUGHT IN THE WEB de Chen Kaige (Chine)

    Le cinéaste chinois a longtemps été considéré comme l’un des gardiens de l’héritage culturel chinois, en réalisant de grandes oeuvres historiques et notamment le film ADIEU MA CONCUBINE, Palme d’Or du Festival de Cannes en 1993 qui révéla l’actrice Gong Li. Avec son dernier opus, Chen Kaige prouve qu’il peut également être un observateur acéré de la complexité du monde moderne, en explorant le sujet de l’omniprésence d’internet dans nos vies contemporaines. Le Festival du Film Asiatique de Deauville lui a rendu hommage en 2006. 2

    MEKONG HOTEL d’Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande)

    Apichatpong Weerasethakul, qui s’est imposé en quelques années comme l’une des figures de proue du cinéma thaïlandais, a remporté en 2007 au Festival du Film Asiatique de Deauville le Lotus du Meilleur Film pour SYNDROMES AND A CENTURY. Il est également récompensé par la Palme d’Or au Festival de Cannes 2010 pour son film ONCLE BOONMEE (CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTÉRIEURES). Avec MEKONG HOTEL, le cinéaste filme, entre documentaire et fiction, entre réalisme et onirisme, un hôtel situé près du fleuve Mékong, qui marque la frontière entre la Thaïlande et le Laos.

    THY WOMB de Brillante Ma. Mendoza (Philippines)

    Brillante Ma. Mendoza, cinéaste philippin singulier, captivant et prolifique, avec déjà une dizaine de longs-métrages à son actif depuis 2005, a reçu un hommage en 2010 au Festival du Film Asiatique de Deauville. Il a également été récompensé par le Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes 2009 pour KINATAY. Son dernier film, THY WOMB est une réflexion poétique sur le mariage et la maternité.

     DRAGON GATE : LA LÉGENDE DES SABRES VOLANTS (Chine) de Tsui Hark une relecture du classique L’AUBERGE DU DRAGON réalisé par King Hu en 1966.

    -BUDDHA : THE GREAT DEPARTURE de Kozo Morishita (Japon),  l’adaptation de l’oeuvre du génie du manga Osamu Tezuka, et retrace la vie du jeune Siddartha Gautama, prince du royaume de Shakya, plus connu sous le nom de Bouddha.

    HOMMAGE A SONO SION

    Dans le cadre de l'hommage à Sono Sion seront projetés les films suivants. Il donnera également une masterclass le 9 mars.

     

    1985 I AM SONO SION! inédit en France

    1986 LOVE* inédit en France

    1993 THE ROOM inédit en France

    1995 BAD FILM inédit en France

    1997 KEIKO DESU KEDO inédit en France

    2001 SUICIDE CLUB

    2012 THE LAND OF HOPE inédit en France

     

    COMPETITION

     APPARITION de Vincent Sandoval (Philippines) 2ème film

     Cinéaste philippin basé à New-York, Vincent Sandoval fonde en 2009 la IndioBravo Film Foundation, qui permet au public américain de découvrir le cinéma indépendant philippin. La même année, il écrit, dirige et joue dans son premier court-métrage, SENORITA, projeté dans de nombreux festivals internationaux, dont Cannes et Vancouver. Avec APPARITION, il propose une réflexion profonde sur le péché, la culpabilité et la foi, ancrée dans un contexte historique et politique précis mis en valeur par la sophistication de la mise en scène.

     

    FOUR STATIONS de Boonsong Nakphoo (Thaïlande) 2ème film

     

    Né en Thaïlande en 1968, Boonsong Nakphoo se fait connaître grâce à son premier long-métrage, POOR PEOPLE THE GREAT, un drame rural à petit budget. Avec FOUR STATIONS, il s’empare des écrits d’auteurs thaïlandais bien connus et propose 4 histoires de gens ordinaires, dans chacune des grandes régions de Thaïlande.

     

    I.D. de Kamal K.M. (Inde) 1er film

     

    Diplômé en 2004 de l’Institut du Film et de Télévision d’Inde, Kamal K.M. présente ses courts-métrages dans de nombreux festivals à travers le monde. Puis, il collabore avec Santosh Sivan en tant que co-réalisateur et scénariste, avant de réaliser I.D., réflexion sur l’identité à travers le destin d’un ouvrier sans nom qui devient le symbole des travailleurs migrants broyés par l’anonymat de la ville. I.D. est la première production du collectif indépendant Collective Phase One, dont Kamal K.M. fait partie.

     

    MAI RATIMA de Yoo Ji-tae (Corée du Sud) 1er film

     

    Yoo Ji-tae décroche le rôle mémorable du tyrannique Lee Woo-jin, face à Choi Min-sik dans OLD BOY de Park Chan-wook. MAI RATIMA est le premier film de l’acteur-réalisateur, qui en a eu l’idée à l’université, mais a dû attendre 15 ans avant de voir son projet se réaliser. Histoire d’amour improbable entre un trentenaire coréen et une jeune fille originaire de Thaïlande, MAI RATIMA aborde de front la question des discriminations sous le prisme du réalisme documentaire.

     

    TABOOR de Vahid Vakilifar (Iran) 2ème film

     

    Né en Iran en 1981, Vahid Vakilifar est assistant-réalisateur sur de nombreux films avant de signer son premier long-métrage, GESHER, en 2010. Avec TABOOR, il propose un objet cinématographique non-identifié, hypnotique et minimaliste, sur fond d’univers apocalyptique.

     

    THE TOWN OF WHALES de Keiko Tsuruoka (Japon) 1er film

     

    Née à Nagano en 1988, Keiko Tsuruoka est encore actuellement étudiante à l’Ecole de Cinéma et des Médias de l’Université des Arts de Tokyo. THE TOWN OF WHALES, son premier long-métrage, est également son film de fin d’études et a été tourné avec une équipe technique et artistique uniquement composée d’étudiants. Film d’initiation, qui voit une jeune fille partir à la recherche de son frère disparu, THE TOWN OF WHALES capture ce moment fragile du passage de l’adolescence à l’âge adulte, et de l’amitié à l’amour…

     

    THE WEIGHT de Jeon Kyu-hwan (Corée du Sud) 5ème film

     

    Né en 1965 à Séoul, Jeon Kyu-hwan réalise son premier long-métrage, MOZART TOWN en 2008, sans formation préalable. Il poursuit sa « Trilogie sur la ville » avec ANIMAL TOWN (2009) et DANCE TOWN (2010). Son film suivant, FROM SEOUL TO VARANASI, est sélectionné au Festival de Berlin en 2011. Avec THE WEIGHT, il propose au spectateur de l’accompagner dans une danse macabre et esthétique, aux frontières entre la vie et la mort.

     

    D’autres films seront ajoutés à la compétition, et seront dévoilés ultérieurement.

     

    INFORMATIONS PRATIQUES

     

    ACCUEIL & INFORMATIONS

     

    Billetterie, Accréditations Presse & Professionnels, Bureaux du Festival

     

    Centre International de Deauville (C.I.D) Les Planches 1, avenue Lucien Barrière

     

    Tel : 02 31 14 14 14

     

    www.deauvilleasia.com

     

    www.facebook.com/Festival du Film Asiatique de Deauville

     

    twitter.com/DeauvilleAsia

     

    Horaires d’ouverture des banques d’accueil du C.I.D :

     

    Mercredi 6 | 15h à 19h

     

    Jeudi 7 | 8h30 à 19h30

     

    Vendredi 8 | 8h30 à 19h30

     

    Samedi 9 | 8h30 à 19h30

     

    Dimanche 10 | 8h30 à 18h

     

    BILLETTERIE & ACCÈS AUX SALLES

     

    L’entrée dans les salles de projection et l’auditorium est strictement limitée au nombre de places disponibles.

     

    ACCRÉDITATION

     

    L’accréditation est personnelle, nominative et non cessible.

     

    Réservée aux professionnels du cinéma et de l’audiovisuel et à la presse, qui doivent en faire la demande au préalable. Merci de se munir d’une pièce d’identité et d’un justificatif professionnel pour le retrait de l’accréditation. Toute demande déposée sur place pendant le Festival pour une accréditation hors délai est payante au tarif de 12 €. Le catalogue officiel est remis gracieusement avec l’accréditation.

     

    PASS FESTIVAL

     

    35 € | 12 € tarif réduit étudiant – 26 ans & demandeur d’emploi*.

     

    Strictement nominatif, avec photo et non cessible. Accès à toute séance programmée pendant le Festival et dans les deux lieux de projections (C.I.D & Casino) et auditorium. Accès possible aux Cérémonies d’Ouverture et du Palmarès dans la limite des places disponibles. Le catalogue officiel est remis gracieusement pour tout achat d’un pass Festival.

     

    PASS JOURNÉE

     

    12 € | 5 € tarif réduit étudiant – 26 ans & demandeur d’emploi*.

     

    Personnel et non cessible. Accès à toute séance programmée le jour indiqué sur le pass acheté, dans les deux lieux de projections (C.I.D & Casino) et auditorium. Accès possible aux Cérémonies d’Ouverture et du Palmarès dans la limite des places disponibles et quelle que soit la date indiquée sur le pass Journée acheté.

     

    * sur présentation d’un justificatif en cours de validité au moment de l’achat

     

    LE CATALOGUE OFFICIEL |5 €

     

    L’AFFICHE DU FESTIVAL |2 €

     

    LE CATALOGUE OFFICIEL + AFFICHE |6 €

     

    En vente à l’Accueil du C.I.D. et à l’Office de Tourisme de Deauville

     

    FILMS

     

    L’accès aux projections est autorisé pour tous les publics sauf indication particulière. Tous les films sont présentés en version originale sous-titrée en français et anglais, sauf indication particulière. L’état des copies des films projetés dans le cadre des Hommages peut parfois présenter quelques défauts pour lesquels le Festival tient à s’excuser par avance.

     

    LIEUX DU FESTIVAL

     

    C.I.D | Auditorium Michel d’Ornano (1 497 places)

     

    CINEMA DU CASINO I (460 places) Rue Edmond Blanc 02 31 88 07 09

     

    C.I.D | Auditorium Lexington (220 places)

     

    Entrée libre, accréditations & pass Festival prioritaires

     

    C.I.D | LE BAR DU FESTIVAL Sous la verrière

     

    Horaires :

     

    Jeudi/vendredi/samedi : 8h30 -à18h

     

    Dimanche : 8h30 à 16h

     

     

     

     

  • César 2013 : pronostics, nommés, critiques des films...en attendant le palmarès

    A J-5 de la cérémonie des César 2013 dont je vous rappelle qu'elle aura lieu vendredi prochain, au Théâtre du Châtelet, je vous propose un retour sur les films en lice, commentés, avec mes critiques des films, mes choix et des pronostics. Tout cette semaine, je mettrai les César à l'honneur sur Inthemoodforcinema.com, Inthemoodlemag.com et Inthemoodforfilmfestivals.com avec un retour sur mes films français ou francophones, coups de coeur de cette année 2012, et ils furent nombreux.

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    L’enveloppe cachetée contenant les noms des nommés a été ouverte  au Fouquet's. Ci-dessus et ci-dessous, mes photos de la conférence de presse.

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    L’affiche représente la sublime Simone Signoret, César de la meilleure actrice en 1978 pour « La vie devant soi », la photo de l’affiche étant celle de « Casque d’or » de Becker.

     Cette année, Jamel Debbouze présidera la cérémonie, après Guillaume Canet, l’an passé.

    Pour la 20ème année consécutive, la cérémonie sera diffusée sur Canal +, en clair, le 22 février prochain et au Théâtre du Châtelet, également comme chaque année.

    C’est « Camille redouble » de Noémie Lvovsky qui est en tête avec 13 nominations. « Amour » de Michael Haneke qui a remporté la Palme d’or suit avec 10 nominations ainsi que « Les Adieux à la Reine », le très beau film de Benoit Jacquot.

    Je me réjouis tout particulièrement des nominations de « Louise Wimmer » de Cyril Mennegun dont je vous parle depuis de sa découverte au Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz 2011, il y a plus d’un an donc, un énorme coup de coeur de même que « Comme des frères » d’Hugo Gélin, également nommé. Ce sont là deux formidables premiers films, très différents, mais qui exhalent la sincérité de leurs auteurs et qui ont aussi permis de découvrir deux remarquables comédiens dans des genres très différents: Pierre Niney (j’en profite pour vous signaler que, le 23 janvier, Canal plus consacrera une journée aux César en diffusant notamment « J’aime regarder les filles » de Frédéric Louf, un film pour lequel le comédien avait déjà été nommé comme meilleur espoir, l’an passé, étonnant également dans « Un chapeau de paille d’Italie » de Labiche à la Comédie Française, fin 2012) et Corinne Masiero, une comédienne magistrale et j’espère que cette nomination (si ce n’est déjà fait) fera décoller sa carrière et lui permettra d’avoir d’autres rôles comme celui-ci à sa (dé)mesure. « Louise Wimmer » est donc nommé comme meilleur premier film et la comédienne Corinne Masiero est nommée comme meilleure actrice (si vous avez vu le film, vous comprendrez à quel point cette nomination était une évidence, elle joue également d'ailleurs dans "De rouille et d'os") face à Catherine Frot dans Les Saveurs du palais, Marion Cotillard dans De rouille et d’os, Noémie Lvovsky dans Camille redouble, Emmanuelle Riva dans Amour, Léa Seydoux dans Les Adieux à la reine, Hélène Vincent dans Quelques heures de printemps.

    Je suis également ravie pour « Les Adieux à la reine », « Dans la maison », et « De rouille et d’os » parmi mes coups de coeur de cette année 2012.

    Je n’ai pas encore vu « Quelques heures de printemps » mais je me réjouis également pour Stéphane Brizé, réalisateur des remarquables « Je ne suis pas là pour être aimé » et « Le bleu des villes ».

    Les deux grands oubliés de ces nominations, dans des genres différents sont pour moi « Vous n’avez encore rien vu » d’Alain Resnais (selon moi, le film de l’année 2012) et « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti (un autre premier film qui, tout comme « Louise Wimmer » et « Comme des frères » aurait mérité d’être nommé dans cette catégorie, de même que ses acteurs). Ces trois films précités auraient d’ailleurs aussi mérité d’être nommés pour le scénario.

    Pas de polémique cette année concernant l’absence de comédies ou de films populaires bel et bien présents à commencer par le film éponyme de Régis Roinsard , mais aussi « Le Prénom » (qui, il est vrai, repose essentiellement sur l’excellente interprétation de ses comédiens, notamment Patrick Bruel et Valérie Benguigui, tous deux nommés).

    Je trouve d’ailleurs que ces nominations 2013 reflètent la diversité du cinéma français mettant autant à l’honneur des premiers films que des films de cinéastes confirmés, mais aussi des genres très différents. Voilà qui nous promet une belle cérémonie, en tout cas une réjouissante affiche.

     Je vous invite à découvrir ci-dessous les nominations avec, soulignés  en rouge, mes propres choix, en vert mes pronostics et en noir lorsque les deux coïncident. Rendez-vous  le 22 février pour vivre la cérémonie en direct.

    Retrouvez également ci-dessous, mes critiques des films nommés en cliquant sur leurs titres et, plus bas, la liste complète des nominations commentées:

    « Dans la maison » de François Ozon

    « Comme des frères » de Hugo Gélin

    « Amour » de Michael Haneke

    « De rouille et d’os » de Jacques Audiard

    « Louise Wimmer » de Cyril Mennegun

    « A perdre la raison » de Joachim Lafosse

    « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti

    « Les Adieux à la Reine » de Benoit Jacquot

    « Cloclo » de Florent-Emilio Siri

    « Argo » de Ben Affleck

    « Le Prénom » de Matthieu Delaporte et Alexandre De la Patellière

    NOMINATIONS/ PRONOSTICS/ CHOIX

      En rouge, mes propres choix, en vert mes pronostics et en noir lorsque les deux coïncident.

    Meilleur film:

    Difficile pour moi de choisir entre "Les Adieux à la Reine", "De rouille et d'os", "Dans la maison" et "Amour", 4 films qui font partie de mes coups de coeur de cette année 2012 qui ont d'ailleurs en commun de mettre en scène des personnages enfermés dans une réalité étouffante et d'éprouver un désir d'ailleurs ou de fuite (quelle qu'elle soit).  Il y a de fortes chances qu ' "Amour" soit une nouvelle fois le lauréat même si je voterais pour "Les Adieux à la Reine".

    Le Prénom de Matthieu Delaporte et Alexandre De la Patellière

    Holy Motors de Léos Carax

    De rouille et d’os de Jacques Audiard

     Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot

     Dans la maison de François Ozon

    Camille redouble de Noémie Lvovsky

    Amour de Michael Haneke

    Meilleur réalisateur:

    Je pense que je voterais pour Jacques Audiard et je pense d'ailleurs qu'il obtiendra ce prix pour ce  film âpre et plein d’espoir. De rouille et d’os. De chair et de sang. De rudesse et de délicatesse. De douceur et de violence. De troublants paradoxes pour un troublant film. Des contrastes à l’image de ceux de l’esthétique du film.

    Benoît Jacquot pour Les Adieux à la reine

     Michael Haneke pour Amour

    Noémie Lvovsky pour Camille redouble

    François Ozon pour Dans la maison

    Jacques Audiard pour De rouille et d’os

     Leos Carax pour Holy Motors

    Stéphane Brizé pour Quelques heures de printemps

    Meilleur film étranger:

    Je voterais pour "A perdre la raison" même si j'ai eu un énorme coup de coeur pour le film de Xavier Dolan dont la maturité étonnante, la compréhension des tourments de l'âme humaine, l'humour, la poésie, la maitrise, l'originalité m'épatent et me chavirent. Mais "A perdre la raison" m'a bouleversée, hantée, terrassée par cette plongée étouffante, palpitante et brillante dans cette cellule familiale (la bien nommée, ici).

    Argo de Ben Affleck

     Bullhead de Michael R. Roskam

     Laurence Anyways de Xavier Dolan

    Oslo, 31 août de Joachim Trier

     La Part des Anges de Ken Loach

     Royal Affair de Nikolaj Arcel

    À perdre la raison de Joachim Lafosse

    Meilleure actrice:

    Sans hésiter, je voterais pour Corinne Masiero (même si je doute forte qu'elle obtienne ce César qui reviendra plus probablement à Emmanuelle Riva, Marion Cotillard ou même Hélène Vincent) qui  incarne magistralement Louise Wimmer dont le visage âpre marqué par la vie en devient beau tant Cyril Mennegun la filme avec justesse, empathie, et dignité. Elle dévore l’écran, nous happe, tant elle donne corps et âme à cette femme qui ressemble à la fois à tant d’autres et aucune autre.

    Catherine Frot dans Les Saveurs du palais

    Marion Cotillard dans De rouille et d’os

    Noémie Lvovsky dans Camille redouble

    Corinne Masiero dans Louise Wimmer

     Emmanuelle Riva dans Amour

    Léa Seydoux dans Les Adieux à la reine

    Hélène Vincent dans Quelques heures de printemps

    Meilleur acteur:

    Là, sans hésiter, je voterais pour Jean-Louis Trintignant, injustement écarté des récompenses reçues par "Amour" jusqu'à présent.  Dans ce film, qu’il raconte une anecdote sur son enfance, ou s’occupe du personnage d'Emmanuelle Riva dans ses derniers instants avec une tendresse infinie (comment ne pas être bouleversé quand il lui raconte une histoire, lui caressant doucement la main, pour faire taire sa douleur, qu’elle hurle), il est constamment juste, là, par un jeu d’une douce intensité. Ses gestes, sa voix, son regard, tout traduit et trahit son émotion mais aussi la digne beauté de son personnage qu’il dit être son dernier, ce qui rend ce rôle encore plus troublant et tragique.

    Jean-Pierre Bacri dans Cherchez Hortense

    Patrick Bruel dans Le Prénom

    Denis Lavant dans Holy Motors

    Vincent Lindon dans Quelques heures de printemps

    Fabrice Lucchini dans Dans la maison

     Jean-Louis Trintignant dans Amour

     Jérémie Renier dans Cloclo

    Meilleur second rôle féminin:

    Je pense qu'il reviendra à Edith Scob ou Yolande Moreau et je voterais pour Valérie Benguigui dans "Le Prénom", irrésistible dans ce très bon divertissement, gentiment cruel, d’une ironie finalement tendre.

    Valérie Benguigui dans Le Prénom

     Judith Chemla dans Camille redouble

    Isabelle Huppert dans Amour

     Yolande Moreau dans Camille redouble

     Edith Scob dans Holy Motors

    Meilleur second rôle masculin:

    J'ai trouvé Guillaume de Tonquedec remarquable dans le prénom, et je n'ai vu ni "Cherchez Hortense" ni" Camille redouble" même si je pense que Michel Vuillermoz l'obtiendra.

    Guillaume de Tonquedec dans Le Prénom

    Samir Guesmi dans Camille redouble

    Benoît Magimel dans Cloclo

     Claude Rich dans Cherchez Hortense

    Michel Vuillermoz dans Camille redouble

    Meilleur premier film:

    C'est un vrai dilemme pour moi que de choisir entre "Comme des frères" et "Louise Wimmer" mais, comme j'ai voté pour "Corinne Masiero", j'espère que "Comme des frères" obtiendra cette récompense, film d’une gravité légère à la fois tendre et drôle, pudique et espiègle: en tout cas, charmant et qui prouve qu'une comédie peut sonner juste et actuelle sans recourir systématiquement au trash ou au cynisme. Avec un casting impeccable, un scénario et des dialogues réjouissants, une photographie et musique ensorcelantes -du groupe Revolver- , c'est un road movie attachant et riche d'espoirs, un hymne à l'amitié et, finalement, pour moi, la comédie tendrement mélancolique de l’année.

    Augustine d’Alice Winocour

    Comme des frères d’Hugo Gélin

     Louise Wimmer de Cyril Mennegun

    Populaire de Régis Roinsard

    Rengaine de Rachid Djaïdani

    Meilleur documentaire:

    Bovines ou la vraie vie des vaches d’Emmanuel Gras

     Duch, le maître des forges de l’enfer de Rithy Panh

     Les Invisibles de Sébastien Lifshitz

    Journal de France de Claudine Nougaret et Raymond Depardon

     Les Nouveaux chiens de garde de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

    Meilleur film d’animation:

     Edmond était un âne de Franck Dion

     Ernest et Célestine de Benjamin Rennet, Vincent Patar et Stéphane Aubier

     Kirikou et les hommes et les femmes de Michel Ocelot

    Oh Willy… d’Emma de Swaef et Marc Roels

     Zarafa de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie

    Meilleur espoir masculin:

    Je vote sans hésiter pour Pierre Niney qui, dans ce film, est à la fois grave, immature et obstiné, autodestructeur et volontaire, audacieux et inconscient. Il est aussi lunaire, burlesque même,  attachant, pour incarner ce personnage qui, derrière sa maladresse, cache  une blessure. La concurrence est néanmoins rude dans cette catégorie et je pense qu'il y a aussi de fortes chances qu'Ernst Umhauer et Matthias Schoenaerts l'emportent.

    Félix Moati dans Télé Gaucho

     Kacey Mottet Klein dans L’Enfant d’en haut

    Pierre Niney dans Comme des frères

    Matthias Schoenaerts dans De rouille et d’os

     Ernst Umhaeur dans Dans la maison

    Meilleur espoir féminin

    Alice de Lencquesaing dans Au galop

    Lola Dewaere dans Mince alors

    Julia Faure dans Camille redouble

     India Hair dans Camille redouble

     Izia Higelin dans Mauvaise fille

    Meilleur scénario original:

    "Amour" pour moi, sans aucun doute. Un film tragique, bouleversant, universel qui nous ravage, un film lucide, d’une justesse et d’une simplicité remarquables, tout en retenue. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse. C’est aussi ce qu’il nous reste de ce film, l’essentiel, l’Amour avec un grand A, pas le vain, le futile, l’éphémère mais l’absolu, l’infini. Et cela, grâce à un scénario ciselé.

    Adieu Berthe

    Amour

     Camille redouble

    Holy Motors

    Quelques heures de printemps

    Meilleure adaptation:

    Ces 5 scénarii sont de grande qualité ... Mon coeur balance entre "De rouille et d'os", "Les Adieux à la Reine" et "Dans la maison" mais je choisis le dernier pour la ludique et jubilatoire leçon d'écriture et manipulation qu'est le film de François Ozon. Un film particulièrement bien écrit (sans l’être trop, écueil particulièrement difficile à éviter avec un film sur l’écriture), brillant et ludique, un labyrinthe (avec et sans minotaure) joyeusement immoral, drôle et cruel, une comédie grinçante et un jeu délicieusement pervers, qui ne pourra que plaire aux amoureux de la littérature et de l’écriture qui sortiront de la salle heureux de voir que, toujours, le cinéma et l’écriture illuminent (ou, certes, dramatisent) l’existence et, en tout cas, sortent vainqueur, et peut-être sortiront-ils aussi en ressassant cette phrase : « Même pieds nus la pluie n’irait pas danser ». A suivre…

    Luca Belvaux pour 38 témoins

     Gilles Taurand et Benoît Jacquot pour Les Adieux à la reine

    François Ozon pour Dans la maison

    Jacques Audiard et Thomas Bidegain pour De rouille et d’os

    Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière pour Le Prénom

    Meilleure musique originale:

     Bruno Coulais pour Les Adieux à la reine

     Gaëtan Roussel et Joseph Dahan pour Camille redouble

    Philippe Rombi pour Dans la maison

     Alexandre Desplat pour De rouille et d’os

    Rob et Emmanuel d’Orlando pour Populaire

    Meilleur montage:

    J'attribuerais ce César à "De rouille et d'os" même si je pense qu'il reviendra à "Holy motors" qui est avant tout un travail de montage tout comme le (magnifique montage) de "De rouille et d'os" qui met en exergue et oppose les sons, les silences, les corps, le contrôle, l’abandon.

     Luc Barnier pour Les Adieux à la reine

    Monika Willi pour Amour

     Annette Dutertre et Michel Klochendler pour Camille redouble

    Juliette Welfling pour De rouille et d’os

    Nelly Quettier pour Holy Motors

    Meilleur son:

     Les Adieux à la reine

     Amour

    Cloclo

     De rouille et d’os

    Holy Motors

    Meilleure photographie:

    J'hésite entre "De rouille et d'os" et "Les Adieux à la reine" mais je dirais "Les Adieux à la Reine" avec le souvenir, notamment, de cette scène lorsque la reine trône, terriblement seule et majestueuse, dans cette pièce soudain tristement luxueuse, illuminée par le feu d’une cheminée, déchirant des lettres, tandis que les vautours rôdent déjà. Symbole d’une époque et d’un monde qui chancèlent, image bouleversante de beauté, de mélancolie, de cruauté mêlées.

    Romain Winding pour Les Adieux à la reine

     Darius Khondji pour Amour

    Stéphane Fontaine pour De rouille et d’os

    Caroline CHampetier pour Holy Motors

     Guillaume Schiffman pour Populaire

    Meilleurs costumes:

    Christian Gasc pour Les Adieux à la reine

    Pascaline Chavanne pour Augustine

     Madeline Fontaine pour Camille redouble

    Mimi Lepicka pour Cloclo

    Charlotte David pour Populaire

    Meilleurs décors:

     Katya Wyszkop pour Les Adieux à la reine

    Jean-Vincent Puzos pour Amour

     Philippe Chiffre pour Cloclo

    Florian Sanson pour Holy Motors

     Sylvie Olivé pour Populaire

    Meilleur court-métrage:

     Ce n’est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent

    Ce qu’il restera de nous de Vincent Macaigne

     Le Cri du homard de Nicolas Guiot

     Les Meutes de Manuel Schapira

     La vie parisienne de Vincent Dietschy

  • Nominations pour les prix Romy Schneider et Patrick Dewaere 2013

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     Retrouvez, ci-dessous, les nommés pour les prix Patrick Dewaere et Romy Schneider, et, à cette occasion, trois films dans lesquels jouent les nommés pour le prix Patrick Dewaere, trois films que je vous recommande:

    Critique de "Comme des frères" de Hugo Gélin

    Critique de "De rouille et d'os" de Jacques Audiard

    Critique de "After" de Géraldine Maillet

    Retrouvez également ma critique de "Un chapeau de paille d'Italie", à la Comédie Française, pièce dans laquelle jouait également Pierre Niney, un des trois nommés, ainsi que ma critique de "J'aime regarder les filles", film grâce auquel j'ai découvert ce formidable comédien.

    Les heureux élus, lauréats, recevront le Prix Romy Schneider & le Prix Patrick Dewaere 2013, le lundi 11 mars prochain au Park Hyatt Paris-Vendôme.

    Le Jury, composé de journalistes issus des medias les plus représentatifs, a annoncé en leur présence


    Pour le prix Patrick Dewaere 2013 , sont nommés:

    - Pierre Niney

    - Matthias Schoenaerts

    - Raphaël Personnaz

    Pour le prix Romy Schneider 2013, sont nommées: 

    - Izïa Higelin

    - Céline Sallette

    - Soko

    MEMBRES DU JURY

    Espoir Masculin - Prix Patrick Dewaere

    Valérie AMAROU, Danielle ATTALI, Sophie BRAFMAN, Nathalie CHUC, Françoise DELBECQ, Catherine DELMAS, Pascale DESCHAMPS,

    Maryse GILDAS, Armelle HELIOT, Valérie LEJEUNE, Mathilde LORIT, Geneviève LEROY, Régine MAGNE, Anne MICHELET,

    Laurence PICQUET, Élisabeth PERRIN, Léa SALAME, Caroline VIE.

    Espoir Féminin - Prix Romy Schneider

    Stéphane BERN, Stéphane BOUDSOCQ, Jean-Pierre BUSCA, Thierry CHEZE, Bruno CRAS, Xavier DE MOULINS, Julien DOKHAN,

    Philippe GILDAS, Jean-Pascal GROSSO, Nicolas KOUPRIANOFF, Fabrice LECLERC, Éric NAULLEAU, Jacques PESSIS, Michel REBICHON,

    Alain SPIRA, Pierre VAVASSEUR, Pierre ZENI.

     

     

    Lauréate des Espoirs du Cinéma Français: 

    1984 : CHRISTINE BOISSON

    1985 : ELISABETH BOURGINE

    1986 : JULIETTE BINOCHE

    1987: CATHERINE MOUCHET 1988: FANNY BASTIEN

    1989: MATHILDA MAY

    1990 : VANESSA PARADIS

    1991 : ANNE BROCHET

    1992 : ANOUK GRINBERG

    1993 : ELSA ZYLBERSTEIN

    1994 : SANDRA SPEICHERT 1995 : SANDRINE KIBERLAIN

    1996 : MARIE GILLAIN

    1997 : JULIE GAYET

     

    1998 : ISABELLE CARRE

    1999 : MATHILDE SEIGNER

    2000 : CLOTILDE COURAU

    2001 : HELENE DE FOUGEROLLES

    2002 : EMMA DE CAUNES

    2003 : LUDIVINE SAGNIER

    2004 : LAURA SMET

    2005 : CECILE DE FRANCE

    2006 : MELANIE LAURENT

    2008 : AUDREY DANA

    2009 : DEBORAH FRANÇOIS

    2010 : MARIE-JOSEE CROZE

    2011 : ANAIS DEMOUSTIER

    2012 : BERENICE BEJO

     

     

     

    Lauréats des Espoirs du Cinéma français Lauréates des Espoirs du Cinéma français 1981: THIERRY LHERMITTE

    1982 : GERARD LANVIN

    1983 : GERARD DARMON

    1984 : FRANCOIS CLUZET

    1985: CHRISTOPHE MALAVOY

    1986 : TCHEKY KARYO

    1987: JEAN-HUGUES ANGLADE

    1988: THIERRY FREMONT

    1989: VINCENT LINDON

    1990: LAMBERT WILSON

    1991: FABRICE LUCHINI

    1992: VINCENT PEREZ

    1993: OLIVIER MARTINEZ

    1994: MANUEL BLANC

    1995 : MATHIEU KASSOVITZ

    1996 : GUILLAUME DEPARDIEU

    1997 : YVAN ATTAL

    1998 : VINCENT ELBAZ

    1999 : SAMUEL LE BIHAN

    2000 : GUILLAUME CANET

    2001: JOSÉ GARCIA

    2002: BENOIT POELVOORDE

    2003: JOHNNY HALLIDAY

    2004 : LORANT DEUTSCH

    2005 : CLOVIS CORNILLAC

    2006 : JEREMIE RENIER

    2008 : JOCELYN QUIVRIN

    2009 : LOUIS GARREL

    2010 : TAHAR RAHIM

    2011 : GILLES LELLOUCHE

    2012 : JOEY STARR

  • Critique - « Amore » (Io sono l’amore) de Luca Guadagnino, ce soir, à 20H45 sur Ciné + Emotion

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    amore1.jpgC'est dans le cadre du Festival Paris Cinéma 2010 que j'ai découvert ce très beau film italien qui débute dans la demeure des Recchi, grande famille industrielle lombarde, à l’heure d’un tournant pour la famille puisque le fondateur de l’entreprise lègue l’affaire familiale à son fils Tancredi et à l’un de ses petits fils, Edouardo. Emma (Tilda Swinton), l’épouse de Tancredi, qui l’a épousé des années auparavant pour échapper à sa vie en Russie, rencontre Antonio, un cuisinier, ami de son fils par lequel elle va être immédiatement attirée…

    Dès les premiers plans : la ville de Milan alors inhabituellement grisâtre et enneigée, ce repas aux rituels et au rythme d’un autre temps, les plans silencieux et les couloirs interminables qui évoquent la monotonie suffocante de l’existence d’Emma…, Luca Guadagnino nous plonge dans une atmosphère d’une intemporelle étrangeté. Elégante, digne, laissant à peine affleurer sa mélancolie, Emma semble être à la fois présente et absente, un peu différente (malgré son souci apparent des conventions sociales). Sa rencontre avec Edouardo, et d’abord avec sa cuisine filmée avec sensualité qu’elle déguste avec gourmandise, va progressivement la transformer. Une passion irrépressible va s’emparer d’elle : pour cette cuisine qui réveille ses sens et pour Antonio, le jeune cuisinier.

    « Amore » est un film foisonnant : de références, de sensations, d’intentions, de styles. Brillantes références puisque « Amore » cite ostensiblement «Le Guépard » de Visconti que ce soit par le nom d’un des personnages « Tancredi » qui rappelle Tancrède (le personnage d’Alain Delon dans « Le Guépard ») , la famille Recchi rappelant celle des Salina, mais aussi par l’opportunisme et la fin d’une époque que symbolise Tancredi qui vend son entreprise pour cause de globalisation à des Indiens pour qui « Le capitalisme c’est la démocratie » tout comme le Prince de Salina laissait la place à Tancrède et à une nouvelle ère dans « Le Guépard ». A ce capitalisme cynique et glacial s’oppose la cuisine généreuse et colorée par laquelle Emma est tellement séduite.

    Puis de Visconti nous passons à Hitchcock. Le film glisse progressivement vers un autre genre. La musique de John Adams se fait plus présente, la réalisation plus nerveuse. Emma arbore un chignon rappelant celui de Kim Novak dans « Vertigo » auquel une scène fait explicitement référence. La neige laisse place à un éblouissant soleil. Emma est transfigurée, libérée, moins lisse mais enfin libre comme sa fille qui comme elle échappera aux archaïques principes familiaux et sera transformée par l’amour.

    Malgré ses maladresses (métaphore florale un peu trop surlignée à laquelle Jean Renoir –comme bien d’autres- avait déjà pensé dans « Une Partie de campagne »), ce film m’a littéralement happée dans son univers successivement étouffant puis lumineux, elliptique et énigmatique et même onirique. Il est porté par Tilda Swinton, qui interprète avec retenue et classe ce personnage mystérieux que la passion va faire revivre, renaitre, retrouver ses racines, sa personnalité enfouies et par la richesse de son personnage qui va se libérer peu à peu de toutes contraintes : vestimentaires, physiques, familiales, sociales.

    De chronique sociale, le film se transforme en thriller dont on sait le drame imminent mais qui ne nous surprend pas moins. Les dix dernières minutes sont réellement sublimes et d’une intensité inouïe. Riches de symboles (comme cette chaussure que Tancrèdi remet à Emma, la renvoyant à cette contrainte sociale, alors que Edouardo lui avait enlevé avec sensualité l’y faisant échapper), de douleurs sourdes (d’Emma mais aussi du troisième enfant de la famille, que la caméra comme le reste de la famille tient à l’écart), de révoltes contenues que la musique (qui rappelle alors celle d’Hermann dans les films d’Hitchcock), les mouvements de caméra saccadés, les visages tendus portent à leur paroxysme, nous faisant retenir notre souffle.

    La caméra d’abord volontairement distante puis sensible puis sensuelle de Guadagnino épouse les atermoiements du cœur d’Emma et crée intelligemment une empathie du spectateur pour cette dernière. Un film de sensations (visuelles, sonores -que ce soit dans l’utilisation judicieuse de la musique ou des silences-, et presque gustatives) visuellement magnifique, envoûtant, sensible, sensuel, onirique, prenant, l’œuvre d’un cinéphile et d’un cinéaste qui nous enserre dans son univers avec une rare maestria. A voir absolument.

  • Critique - "Flight" de Robert Zemeckis (+ vidéo de la conférence de presse)

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    Après avoir assisté à la master class de Robert Zemeckis, Denzel Washington et Kelly Reilly puis à l’avant-première du film, j’ai également assisté à sa conférence de presse dont vous pouvez retrouver ma vidéo ci-dessus.

    Ecrit par le scénariste John Gatins, le projet a mis plus de dix ans à aboutir non sans certaines concessions budgétaires notamment sur les salaires de Denzel Washington et Robert Zemeckis. « Flight » marque aussi le retour du réalisateur Robert Zemeckis au tournage « direct » après 12 années pendant lesquelles il s’est consacré à la réalisation de films en motion capture.

    Whip Whitaker (Denzel Washington) est un pilote de ligne chevronné. Il réussit miraculeusement à faire atterrir son avion en catastrophe après un accident en plein ciel… Un acte héroïque et Whip est d’ailleurs salué comme un héros après le crash malgré les 6 victimes, un moindre « mal » au regard de ce que cela aurait pu être. Tandis qu’il est exposé en pleine lumière, Whip va révéler des zones d’ombres bien éloignées de l’image de l’homme héroïque pour lequel on veut le faire passer (et pour lequel il a d’ailleurs la lâcheté de se faire passer). A l’hôpital, il va rencontrer Nicole (Kelly Reilly), une droguée qu’il va rapidement héberger.

    Les catastrophes, aussi dramatiques soient-elles ou plutôt justement parce que dramatiques constituent toujours des sujets éminemment cinématographiques. On se souvient ainsi de l’atterrissage sur l’Hudson qui aurait pu faire un film « magnifique » (je ne doute pas que des scénaristes américains planchent sur le sujet). L’idée de « Flight » a néanmoins germé dans l’esprit de John Gatins avant cette catastrophe, celui-ci s’étant davantage inspiré de sa propre réalité, et de son addiction à l’alcool, que de cette catastrophe aérienne.

    Le crash ne constitue en effet que les vingt (spectaculaires) premières minutes du film. La caméra de Zemeckis (qui ne manque décidément pas d’imagination quand il s’agit de filmer des crashs, on se souvient de celui de « Seul au monde », d’ailleurs filmé différemment) ne quitte jamais le cockpit. En résultent une tension réelle, et une impression de claustrophobie et d’emprisonnement (d’ailleurs métaphorique de l’autre que constitue l’addiction à l’alcool pour Whip) particulièrement efficaces.

    Whip va ensuite s’enfermer dans ses mensonges auxquels il est aussi « accro » qu’à la drogue et à l’alcool. Whip, (anti)héros amoral, est en effet humain et donc faillible et vulnérable, sans doute l’aspect le plus intéressant du film que le cinéaste n’assume malheureusement jamais pleinement.

    Ainsi, par une première scène de nudité frontale et de prise de drogue, Zemeckis semble se dédouaner de toute suspicion de moralisme et ne pas assumer la rédemption de son personnage de même que le personnage de l’ami vénéneux (exubérant et étonnant John Goodman) lui permet de ne pas assumer complètement le film dramatique et d’instiller ainsi des moments de respiration. Rarement un film aura autant accumulé les symboles religieux et l’excuse de la volonté de Dieu pour tout justifier, avec un simplisme édifiant. Ainsi, la flèche du clocher d’une église pentecôtiste est arrachée par l’avion lors de sa descente, symbole élémentaire pour signifier là la volonté de Dieu qui ouvrira la voie (longue et laborieuse) de la rédemption pour Whip. Par ailleurs, tous les personnages évoquent ou invoquent Dieu à un moment ou un autre du film, sans parler d’un homme atteint de cancer qui se résigne parce que « c’est la volonté de Dieu » et j’ignore si je dois trouver cela ridicule ou indécent ou les deux. Sans doute pourrait-on se dire que Zemeckis se moque et prend tout cela au second degré mais l’accumulation de scènes et symboles se référant à la religion annihile cet argument (il l’assume d’ailleurs pleinement comme vous le verrez dans la vidéo de la conférence de presse).

    Dommage que Kelly Reilly, lumineuse présence, en soit réduite à une sorte d’alibi, les personnages féminins n’échappent en effet pas à la caricature et le scénariste semble s’être uniquement concentré sur la complexité de Denzel Washington réduisant les femmes elles aussi à des symboles. Ce dernier est nommé dans la catégorie meilleur acteur aux Oscars. Certes plutôt convaincant, il ne fait pas le poids face à un Daniel Day-Lewis époustouflant dans "Lincoln" de Spielberg.

    Avec ce film «Zemeckis, a une nouvelle fois voulu dresser le portrait d’un homme différent, perdu, « seul au monde » comme l’était celui du film éponyme ou de « Forrest Gump », un personnage qui aurait pu être passionnant si ses aspects sombres n’avaient été totalement édulcorés par le discours et le symbolisme religieux simplistes et édifiants. Une impression de gâchis après vingt minutes de début réellement prenantes, et les contradictions du personnage (ainsi que la manière de les traiter en thriller) qui auraient aussi pu l’être. Le paroxysme du ridicule est atteint avec cette fin et une réplique digne d’un sketch caricatural sur les blockbusters américains que n’auraient pas détesté employer Kad et Olivier dans « Mais qui a re-tué Pamela Rose » ( une réplique dont je ne vous priverai pas du plaisir de la découverte). Oui, un beau gâchis.

    Sortie en salles : le 13 février 2013

  • Critique - "Les Misérables" de Tom Hooper

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    « Les Misérables » par Tom Hooper, « Gatsby le magnifique » par Baz Luhrmann, « L’écume des jours » par Michel Gondry : 2013 sera l’année des chefs d’œuvre de la littérature adaptés au cinéma. Si les adaptations foisonnent chaque année, celles-ci présentent la particularité d’être particulièrement attendues, chacune pour des raisons différentes. Pour ce qui concerne « Les Misérables », il s’agira de la 42ème adaptation du roman de Victor Hugo, réalisée cette fois par Tom Hooper (dont le précédent film « Le Discours d’un roi » avait été 12 fois nommé aux Oscars et notamment récompensé de ceux du meilleur film et de meilleur réalisateur) mais aussi l’adaptation de la comédie musicale d'abord mise en scène par Robert Hossein à Paris en 1980, (re)créée au Barbican Theatre de Londres le 8 octobre 1985 mais qui surtout, 27 ans après sa création londonienne, détient un record de longévité et de popularité inégalés dans le monde entier. Le scénario est signé ici William Nicholson d'après la comédie musicale éponyme précitée de Claude-Michel Schönberg, Alain Boublil et Herbert Kretzmer.

    Une adaptation doit toujours relever d’une symbiose fragile : entre l’interprétation et le point de vue sur une œuvre et la fidélité à l’auteur. Alors, en l’occurrence, est-ce une réussite ? Tom Hooper est-il parvenu à traduire toute la puissance émotionnelle, le discours social, philosophique, romantique des « Misérables » sans trahir l’essence de l’œuvre de Victor Hugo ? Etant toujours inquiète quand un tel chef d’œuvre est adapté au cinéma, et pas vraiment une inconditionnelle des comédies musicales, c’est avec réticence que je suis allée à la rencontre des ces « Misérables »…

    1815. Après 19 ans de bagne, le prisonnier 24601, Jean Valjean (Hugh Jackman), est relâché en liberté conditionnelle par Javert (Russell Crowe) chargé de la main-d’œuvre carcérale. Huit ans plus tard, ayant brisé sa conditionnelle, Jean Valjean est devenu un Maire de village et directeur d’usine respecté. Fantine (Anna Hathaway), une de ses ouvrières, travaille durement pour que sa fille illégitime, Cosette, bénéficie d’une éducation décente. Renvoyée pour avoir refusé les avances du contremaitre de l’usine et suite à la révélation de son secret par les autres ouvrières, Fantine doit vendre ses cheveux, ses dents et son corps pour gagner de l’argent et en envoyer à sa fille. C’est parmi les prostituées que Valjean la retrouve et lui promet de sauver Cosette de son destin tragique. Cette dernière se trouve chez les Thénardier (Helena Bonham Carter et Sacha Baron Cohen), deux escrocs tenanciers d’une auberge qui l’exploitent impitoyablement. Valjean va alors l’emmener et la prendre sous sa protection tandis que Javert le poursuit inlassablement…

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    Dans « Le Discours d’un roi », Tom Hooper avait fait le judicieux choix de l’intime, le monde extérieur et ses rumeurs étant étouffés par l’atmosphère ouatée et non moins redoutable des allées du pouvoir, filmant ce roi à portée d’homme avec ses angoisses et ses failles. Il n’apparaissait alors pas comme le puissant lointain éloigné de nous historiquement et humainement mais comme un homme devant affronter ses faiblesses en lesquelles chacun pouvait se reconnaître, Hooper mettant ainsi l’accent sur la résonance universelle de ces dernières. Et c’est finalement le même parti pris que celui de Tom Hooper pour ces « Misérables ». Tout en n’oubliant jamais le souffle épique de l’œuvre d’Hugo, il met avant tout l’accent sur son universalité et son humanité. La parole (chantée certes) est donc ici aussi, comme dans « Le Discours d’un roi », au centre du film. La détresse, la combattivité, le courage, l’amour proclamés en chansons par les personnages, sont filmés en gros plan, ce qui renforce le caractère d’universalité et d’intemporalité de ce roman de 1862. Quel meilleur moyen pour rendre hommage à l’œuvre d’Hugo ?

    Plutôt que de faire des mouvements de caméra grandiloquents et permanents pour donner une illusion de sens et pour anticiper toute accusation de théâtre filmé comme en abuse par exemple Baz Luhrmann, Tom Hooper a compris que c’était en leurs âmes que se centraient les combats de ses personnages, en plus des combats pour la liberté et l’égalité qui se livrent sur les barricades, ce qui n’empêche d’ailleurs pas certains plans plus larges, d’autant plus magnifiques et significatifs qu’ils sont d’une rareté avisée, parfois d’ un souffle épique d’une beauté ravageuse.

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    Plutôt que de créer des décors strictement réalistes, Tom Hooper avec l’aide notamment de sa chef décoratrice Eve Stewart et du directeur de la photographie Danny Cohen, a auréolé ce réalisme de couleurs grisâtres, d’une théâtralité revendiquée et d’une poésie sombre qui ne sont pas sans rappeler la beauté désenchantée du réalisme poétique des films de Marcel Carné, procurant au film une vraie «gueule d’atmosphère ». Y évoluent des personnages vêtus de costumes avec des dominantes de bleu, blanc, rouge qui rappellent leur combat mais aussi le célèbre « La Liberté guidant le peuple », le tableau de 1830 d’Eugène Delacroix dont Hugo s’est lui-même inspiré pour l’écriture des « Misérables » et auquel certains plans font explicitement référence.

    Bien sûr, la comédie musicale et donc le film ont pris des libertés avec le roman notamment en oubliant Waterloo (là où aussi Thénardier rencontre le père de Marius), l’évasion des galères, et Gavroche (étonnant Daniel Huttlestone) n’est pas immédiatement identifié comme le fils des Thénardier mais l’essentiel, l’âme, la beauté des personnages, l’humanité, le courage et la force de Valjean sont là et les thématiques de l’œuvre subtilement et magnifiquement mises en exergue.

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    La force épique nous saisit d’ailleurs dès les spectaculaires premières secondes qui nous montrent Jean Valjean au bagne face à un Javert intraitable mais Hooper n’a pas oublié que, comme l’écrit Hugo, « Les grands dangers sont au dedans de nous». Alors, certes, il met en scène le combat social et politique (n’oublions pas que Hugo était avant tout un auteur engagé et qu’il fut contraint 20 ans à l’exil), le combat entre Javert et Valjean mais surtout le combat des âmes et des contradictions humaines. Le combat de Jean Valjean entre le bien et le mal, sa rédemption jusqu'à son abnégation. Le combat de Javert entre le respect obsessionnel de la loi et l’indulgence morale que lui inspirera finalement Valjean, entre le devoir et la morale. Le combat entre la politique et l’amour pour Marius. Le combat des amours contrariées de Fantine ou Eponine.

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    A l’intelligence de la mise en scène, la puissance de la musique (tant pis si certains esprits cyniques et sinistres la trouvent sirupeuse), s’allient des performances d’acteurs impressionnantes avec un Hugh Jackman exceptionnel conciliant qualité du chant et de l’interprétation et devenant un Valjean par exemple très différent de Jean Gabin dans le film de Le Chanois de 1958 ou de Belmondo dans le film de Lelouch de 1995, moins en force physiquement peut-être mais d’une humanité brute et poignante. Je suis plus réservée sur le choix de Helena Bonham Carter et surtout de l’insignifiant Sacha Baron Cohen en Thénardier, lâches, vénaux et égoïstes mais surtout ici habillés et traités comme des personnages clownesques sans doute pour créer une respiration mais ce qui les rend finalement plus ridicules que redoutables, et finalement moins méprisables que dans le roman. Parmi le reste de la distribution, Eddie Redmayne (découvert dans « My week with Marilyn » de Simon Curtis dont il était la révélation) est un excellent Marius passionné, idéaliste et amoureux de la jeune Cosette (lumineuse et naïve Amanda Seyfried).

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    Quelle judicieuse idée en tout cas que d’avoir demandé aux acteurs d’interpréter en direct leurs chansons sur le plateau, cela contrebalance l’aspect artificiel du chant, renouvelle la comédie musicale au cinéma et s’il faut quelques secondes pour s’accoutumer à ce que tout soit chanté et à ce que la musique ne s’interrompe jamais, on oublie rapidement qu’il ne s’agit pas là de dialogues classiques grâce à l’interprétation, la discrétion habile de la caméra qui sait s’envoler quand il le faut, et le texte qui réinterprète Hugo sans le trahir.

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    « Les Misérables » récoltent 8 nominations aux Oscars : meilleur film, meilleur acteur, meilleure actrice dans un second rôle meilleurs décors, meilleurs costumes, meilleurs maquillages et coiffures, meilleur mixage de son, meilleure chanson et il semblerait qu’Anne Hathaway, il est vrai ici Fantine époustouflante et bouleversante notamment dans son interprétation de « I Dreamed a Dream », soit favorite. Après « Django unchained » de Tarantino et « Lincoln » de Spielberg (également nommés, avec 12 nominations pour le second), et maintenant avec ces « Misérables », entre lesquels il me serait bien difficile de choisir (de même qu’il sera difficile de départager Hugh Jackman et Daniel Day-Lewis en Lincoln), quel début d’année cinématographique enthousiasmant, après une année 2012 cinématographiquement médiocre !

    Un film d’une force émotionnelle rare qui a eu l’intelligence de ne jamais sacrifier les fondements de l’œuvre à l’impératif du divertissement et qui rend hommage à l’œuvre d’Hugo, traduisant sans les trahir son intemporalité et son universalité, son caractère à la fois romanesque, réaliste et épique, mais surtout la beauté de ses personnages, les combats auxquels leurs âmes tourmentées et la triste fatalité et leurs rêves brisés les confrontent. J’ai été emportée par cette adaptation à la fois originale et respectueuse de l’essence et l’âme des « Misérables ». Ne manquez pas ce grand et beau spectacle qui, je l’espère, vous donnera envie de relire Hugo et, en attendant sa sortie, allez voir la magnifique adaptation de « L’homme qui rit » par Jean-Pierre Améris, un autre roman de Victor Hugo, certes moins connu mais qui a aussi énormément inspiré le cinéma, une histoire d’amour absolu, idéalisée, universelle traitée comme un enchantement mélancolique et comme un conte funèbre et envoûtant.

    Sortie en salles : le 13 février 2013