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  • Paris Film Festival 2012: programme d'une grande fête du cinéma sur les Champs-Elysées

     

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    Le 24 octobre dernier, je vous avais déjà parlé de ce nouveau festival. Le lancement de la première page de son site officiel (http://www.parisfilmfestival.fr ) est pour moi l’occasion de vous en parler à nouveau.

     Une bonne nouvelle que la création de ce festival car comme le Festival du Film de Paris a disparu depuis plusieurs années (un festival qui m'était cher puisque je lui dois ma première participation à un jury de festival, en 1998, et parmi de très nombreuses rencontres inoubliables, celle, inestimable, avec le président du jury du festival l'année en question, un certain Sean Penn), et bien que le Festival Paris Cinéma soit désormais bien implanté à Paris (un festival auquel je tiens par ailleurs), je pense que restait, à Paris, une place vacante pour un autre festival de cinéma, dans la ville du 7ème art par excellence, un festival d'envergure international, peut-être plus glamour qui serait, non pas un concurrent mais un complément au Festival Paris Cinéma (qui fêtera d'ailleurs cette année sa dixième édition) qui inviterait Hollywood à Paris et tout ce que cela implique, une grande fête du cinéma à destination du grand public qui satisferait aussi les cinéphiles.

    La première édition de ce festival, placé sous l'égide du Ministère de la Culture (Paris Cinéma est sous l'égide de la Mairie de Paris) aura lieu du 6 au 12 juin prochain et sera consacrée au cinéma français et au cinéma américain avec, pour objectif, selon ses organisateurs, de rendre hommage à la plus belle avenue du monde (où se tenait d'ailleurs feu Festival du Film de Paris) dans le sillage de ce que peuvent faire d'autres capitales comme Rome qui, en peu de temps, a réussi à donner une envergure internationale à son festival.

    Au programme de cette première édition, une cinquantaine de films et 150 séances avec :

    - Une sélection d’une quinzaine de films français et américains inédits. L’un d’entre eux sera récompensé par le Prix du Public,

    - Un panorama de la production internationale, à travers une sélection d’une quinzaine de film concourant à l’Oscar du Meilleur Film Etranger,

    - En partenariat avec les studios américains, une avant-première prestigieuse chaque soir.

    - Un hommage à une personnalité du cinéma.

    -C’est Harvey Weinstein que Paris Film Festival a choisi d’honorer cette année. Le public pourra découvrir ou redécouvrir une sélection de films qu’il a produits, il participera à une master class et de nombreuses personnalités viendront lui rendre hommage.

    Au-delà des projections :

    - Des « Hollywood Conversations » organisées pour offrir au public une rencontre avec les professionnels du cinéma et partager leur regard sur le 7ème art.

    - Le Lounge des professionnels, lieu de rencontres, d’échanges, de travail mais aussi le moment d’une pause pendant le festival. Le lounge a pour ambition d’apporter des opportunités de travail dans une atmosphère conviviale.

    - Un partenariat avec le Studio Harcourt qui réalisera les portraits des talents invités durant toute la manifestation. Une exposition des portraits Harcourt les plus célèbres sera également organisée pendant le festival, pour rendre hommage à cette institution française au style inimitable.

    Tout au long du festival, de nombreuses animations de rues auront lieu sur toute l’avenue des Champs Elysées. Le centre névralgique du festival sera situé chez Publicis.

    Paris Film Festival soutiendra une action humaniste et pérenne :

    La création d’une Maison Intergénérationnelle. Elle accueillera des enfants en rupture et des personnes âgées en cessation d’activité, qui ne souhaitent plus vivre seules chez elles. Ces deux générations pourront ainsi vivre ensemble, s’entraider et tisser des liens au sein de cette Maison qui ouvrira ses portes en 2014.

    Sur chaque place achetée pour Paris Film Festival, un pourcentage sera reversé au bénéfice de la Maison Intergénérationnelle.

     

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  • Critique DVD- « Les chaussons rouges » de Michael Powell et Emeric Pressburger

    Les Chaussons rouges : affiche Emeric Pressburger, Michael Powell

    Voilà un classique du cinéma que j’avoue découvrir seulement maintenant, après l’avoir entendu maintes fois cité à la sortie de « Black swan » de Darren Aronofsky (http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/02/03/dossier-special-black-swan-de-darren-aronofsky-critique-et-v1.html), en début d’année (qui reste dans mon top 3 de cette année et que je vous recommande), et qui avait à nouveau créé l’événement à Cannes en 2009, soit soixante ans après sa sortie, en faisant l’ouverture de Cannes classics, en version restaurée, une belle revanche sachant que les financiers refusèrent de sortir le film en salles, en 1949, le jugeant alors inintéressant. Il fut ainsi condamné à être projeté en séance de minuit et la presse le jugea trop « dur ». Sans compter que Spielberg, Coppola et Scorsese le citent régulièrement comme référence et que « Les Chaussons rouges » a été élu le 9e meilleur film britannique du XXe siècle d'après un sondage élaboré par le British Film Institute auprès d'une centaine de professionnels du cinéma. C’est donc avec une curiosité aiguisée que j’ai découvert ce film.

    Pitch : Le célèbre impresario Boris Lermontov (Anton Walbrook) qui dirige une troupe de ballet éponyme se laisse persuader par la jeune danseuse Victoria Page (Moira Shearer) de l’engager tandis qu’il engage également un jeune compositeur, Julian Craster (Marius Goring). Il décide de monter un projet d’une ampleur inégalée : un nouveau ballet intitulé « Les Chaussons rouges » et inspiré du conte d’Andersen. Julian Craster devra le composer et Victoria Page le danser. Lermontov est exigeant et intransigeant et leur demande de se consacrer uniquement à leurs carrières…et même de tout y sacrifier, ce qui se complique lorsque Victoria et Julian tombent amoureux…

    La violence qui fut reprochée au film paraît sans doute bien dérisoire aujourd’hui si on la compare par exemple à celle d’un succès récent comme « Drive » mais celle du premier n’en a pour moi que plus d’impact, de force, de beauté douloureuse. La violence est celle d’une chute inextricable, d’un étau destructeur qui broie les artistes à qui on demande de choisir entre l’art et l’amour (la vie) afin qu’ils se consacrent entièrement à leur art.

    « Pourquoi voulez-vous danser ? » demande ainsi Lermontov à Victoria Page au début du film. « Pourquoi voulez-vous vivre ? » lui rétorque-t-elle. Telles sont les passionnantes questions au centre du film. Est-il possible de vivre et créer ? Créer ne doit-il pas impliquer de tout sacrifier, y compris la vie que l’art, souvent, exalte et sublime ? Un choix binaire, un dilemme que semblent refléter d’autres titres de films de Powell comme « Une question de vie ou de mort », ce qu’est finalement aussi l’art quand sa nécessité est aussi viscérale.

    Mais ce que je vous dis là peut sembler bien conceptuel et ne doit pas faire oublier la magnificence et la flamboyance visuelles de ce film (dont Martin Scorsese dit que c’est « le plus beau film en technicolor ») qui culminent lors d’une fameuse scène de ballet de 17 minutes. Une scène éblouissante au cours de laquelle les spectateurs du film deviennent aussi les spectateurs du ballet, éblouis, fascinés, une scène onirique et réaliste à la fois, une scène pendant laquelle vie et art (danse, cinéma) se confondent.

     La réussite de cette scène doit beaucoup à la mise en scène, aux 120 peintures (signées Hein Heckroth) qui ont servi de décor mais aussi à la magnifique interprétation de Moira Shearer, étoile montante du ballet britannique qui fut choisie pour ce rôle inoubliable et dont la flamboyance de la chevelure fait écho à celle de ce ballet vertigineux qui mobilisa pas moins de 53 danseurs. Le film obtint ainsi deux oscars, l’un pour le décor et l’autre pour ma musique, l’Académie rendant ainsi hommage à la somptuosité de cette séquence.

     Ce ballet raconte  l’histoire du conte d’Andersen « Les Souliers rouges » dans lequel une jeune femme trouve une paire de souliers rouges qui lui plaisent énormément. Elle les porte et danse alors avec bonheur, grâce et légèreté, jusqu’à l’épuisement mais lorsque, exténuée, elle veut s’arrêter de danser, les chaussons, eux, continuent de danser encore et encore… Evidemment, c’est aussi la métaphore du destin de Victoria : la danse plus forte que la fatigue, que la vie qu’elle emporte… Nous revoyons le ballet à la fin du film dans une scène d’une tristesse infinie puisque le ballet se déroule sans Victoria mais  l’art, malgré tout, l’art et ses exigences qui l’ont tuée, lui survivent.

    Lermontov incarne le créateur intransigeant (celui en lequel peuvent se reconnaître aussi des cinéastes qui ont tant admiré ce film, ou même l’ont directement cité dans leurs propres films, comme Coppola), jaloux non pas d’amour, mais que sa créature lui échappe et se consacre à autre chose qu’à ce qui importe pour lui plus que tout le reste, sa « religion » : l’art, la danse qui mérite tous les sacrifices.

    La beauté mélancolique et tragique du film réside dans le choix de Victoria qui préfère la mort à la résolution de ce dilemme insoluble : l’art ou l’amour. La fin contraste avec cette scène du début où des jeunes amoureux de musiques et de ballets se ruent dans le théâtre pour assister au ballet mais la voracité de leur désir (de voir, d’écouter), fait aussi écho à cet art vorace qui dévorera Victoria.

    Le DVD propose une explication de la restauration du film par Scorsese mais aussi un documentaire sur la genèse du film et sa réception, une  rencontre avec Thelma Schoonmaker (épouse de Michael Powell) et une autre surprise que je vous laisse découvrir!

    L’occasion de découvrir ou revoir ce film d’une beauté et d’une flamboyance enivrantes et mélancoliques, un drame musical, un conte obscur à la magnificence éblouissante qui sublime l’art  toute en le montrant dans sa redoutable et somptueuse voracité et véracité.

    Découvrez sur cinetrafic la catégorie la danse au cinéma ( http://www.cinetrafic.fr/liste-film/3695/1/la-danse-au-cinema) ou d'autres titres dans la catégorie film à voir (http://www.cinetrafic.fr/film-a-voir)

    Les Chaussons rouges, de Michael Powell, disponible en DVD et BluRay le 9 novembre 2011: http://www.carlottavod.com/film-440-chaussons-rouges-les.html?vmcchk=1

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  • 37ème cérémonie des César - Vendredi 24 février 2012 au théâtre du Châtelet

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    Depuis 3 ans, je vous fais vivre les César en direct du théâtre du Châtelet et cette année je vous tiendrai régulièrement informés des évènements organisés par l'Académie dont le rôle ne se réduit pas à la cérémonie, certes plus médiatique que les autres actions de l'Académie. Ainsi, c'est le 27 janvier que nous connaîtrons les nommés mais avant cela, je vous invite à venir découvrir les courts-métrages en compétition, au cinéma Le Balzac, à Paris, les 3 et 10 décembre. Une nouveauté appréciable: les films nommés seront également projetés au cinéma Le Balzac du mercredi 8 au mercredi 22 février. Et en attendant, vous pouvez déjà faire vos pronostics pour les films qui seront sélectionnés après une année riche en succès pour le cinéma français... avec mes favoris  "The Artist" et "Polisse" mais aussi évidemment "Les Intouchables" en route pour battre des records d'entrées même si je suis plus réservée sur ce dernier. Retrouvez, ici, mon compte-rendu de la cérémonie des César 2011.

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  • Critique - "A l'origine" de Xavier Giannoli, ce soir, à 21H, sur Ciné+ premier

    Un film à ne pas manquer ce soir sur Ciné+ premier: "A l'origine" de Xavier Giannoli dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous.

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     A l’origine, il y avait un film beaucoup trop long que j’avais vu à Cannes où il figurait en compétition officielle, mais malgré cela très séduisant. Depuis, le film a été amputé de 25 minutes, c’est la raison pour laquelle je souhaitais le revoir, en espérant que ces 25 minutes en moins lui feraient gagner en rythme.

     

    L’histoire est toujours la même que celle du film projeté à Cannes. Celle de Philippe Miller (François Cluzet), un escroc solitaire  qui découvre un chantier d’autoroute abandonné depuis des années, tout cela à cause d’un scarabée ! De l’arrêt des travaux avait découlé une véritable catastrophe  économique pour les habitants de la région. Si pour Philippe il s’agit d’une chance de réaliser une escroquerie aussi improbable qu’inédite en reprenant les travaux, pour les habitants de la région, il est le messie (c’est d’ailleurs ce qui lui dira le maire de la ville à son arrivée), celui qui va leur redonner espoir.  Les choses se compliquent quand Philippe prend conscience de l’importance considérable que prend son escroquerie dans la vie de ces gens surtout que dans le même temps, son passé va le rattraper.

     

    Mettons tout de suite fin au suspense : ce nouveau montage est une incontestable réussite…même si pour cela il a fallu sacrifier certains personnages (et dans le même temps certains comédiens qui ont vu leurs rôles réduits ou supprimés comme l’ex-femme de « Philippe Miller », en réalité son pseudonyme). Ce que le film perd en minutes, le personnage interprété par François Cluzet le gagne en mystère,  en densité, en intérêt, en épaisseur, en charme ; et le film également. Ce montage radicalisé fait revenir à l’essentiel,  à l’être, à ce que l’homme était « à l’origine », à cette vérité humaine que la caméra de Xavier Giannoli, une nouvelle fois, capte avec une grande sensibilité, en filmant au plus près des visages, au plus près de l’émotion, au plus près du malaise. Et même quand il filme ces machines, véritables personnages d’acier, il les fait tourner comme des danseurs dans un ballet, avec une force visuelle saisissante et captivante. Image étrangement terrienne et aérienne, envoûtante. La musique de Cliff Martinez achève de rendre poétique ce qui aurait pu être prosaïque. Une poésie aussi inattendue que la tournure que prend cette histoire pour Philippe Miller qui va finalement vivre les choses plutôt que les prévoir.

     

     A l’origine, il y avait aussi ce besoin de ne pas être seul, et surtout d’être considéré. Philippe devient quelqu’un et dans le regard des autres, il prend toute la mesure de sa soudaine importance. A l’origine il y avait un scarabée. Un homme qui aurait pu aussi être ce scarabée. Là pour détruire puis, par la force des choses et des rencontres, pour aider.

     

    Il faut voir avec quel brio François Cluzet interprète cet être mal à l’aise, introverti, peu bavard, qui peu à peu va gagner en confiance. Le malaise de son imposture le dépasse, et les traits de son visage, ses gestes, tout semble témoigner de son tiraillement intérieur. Et dans cette scène où il se retrouve face au conseil municipal, son malaise est tellement palpable, crédible, que je l’ai ressenti comme si j’étais moi aussi dans cette pièce, prise dans un étau de mensonges. Et puis, il faut voir son visage s’illuminer éclairé par un soleil braqué sur lui comme un projecteur braqué sur celui dont le pouvoir est devenu quasiment démiurgique ; il faut le voir aussi patauger dans la boue en frappant dans ses mains, exalté, le voir tomber, se relever, aller au bout de lui-même pour les autres. Ce mensonge va l’étouffer, puis, le porter, puis l’enchaîner, pourtant il aura conquis un territoire, planté son drapeau.

     

    Face à lui: le maire de la ville interprété avec beaucoup de justesse par Emmanuelle Devos qui dissimule sa solitude et ses blessures derrière une belle assurance.   Tous deux, comme tous les habitants du village, vont avoir une seconde chance, tout reprendre du départ, de l’origine.

     

    Cette route qui va nulle part va les mener quelque part, à vivre une aventure humaine à se créer une famille (formidable Vincent Rottiers dans le rôle du « fils de substitution »).

     

     C’est aussi une belle métaphore du cinéma et du métier de comédien qui est finalement aussi une imposture, qui fait devenir quelqu’un d ‘autre, fabriquer un chemin, un univers qui ne mène pas forcément quelque part mais reste, là aussi, une belle aventure humaine.

     

    Ce film est avant tout un portrait d’homme touchant, énigmatique et dense qui, porté par un acteur au sommet de son art, nous emporte totalement  dans son aventure aussi improbable soit-elle (et pourtant inspirée d’une histoire vraie s’étant déroulée en 1997 dans la Sarthe), dans ses mensonges, dans ses contradictions, dans sa conquête. 

     

     Et ce nouveau montage a su faire d’un bon film un très beau film qui nous faire revenir à l’essentiel. A l’origine. Nous fait croire à l’impossible. A une seconde chance. Aux routes qui ne mènent nulle part.  A ce que le cinéma lui aussi était à l’origine : un mensonge exaltant qui peut nous faire croire que tout est possible. Même si la réalité, un jour ou l’autre, finira par reprendre ses droits.

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