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  • Liste des Révélations 2012 pour le César du meilleur espoir féminin et du meilleur espoir masculin

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    Je continue à vous tenir informés de l’actualité des César en vous rappelant de ne pas oublier que début décembre vous pourrez voir les courts-métrages présélectionnés pour le César du meilleur court, au cinéma Le Balzac, à Paris.

    32 comédiennes et comédiens ont été proposés par le Comité Révélations de l’Académie des César, à l’issue de sa délibération du 21 novembre 2011. Ces comédiens et comédiennes sont proposés aux 4199 membres de l’Académie afin de faciliter leur vote pour les César 2012 du Meilleur Espoir Féminin et Masculin. Cette liste leur est proposée à titre indicatif afin de faciliter leur vote, sans avoir aucun caractère d’obligation.

    Je découvre avec plaisir que Pierre Niney figure dans la liste (mais le contraire aurait été vraiment injuste). Vous pouvez retrouver mon interview de ce dernier au sujet de « J’aime regarder les filles » pour lequel il est nommé (espérons que ce sera l'occasion pour certains de découvrir le film) dans lequel il incarnait le rôle principal. Vous avez également pu le voir récemment dans « Les neiges du Kilimandjaro » (un film dont je vous parlerai ces jours prochains) dans lequel il a un  rôle aussi court que remarquable. Astrid Bergès-Frisbey était également exceptionnelle dans "La fille du puisatier" et je me réjouis également de la nomination d'Agathe Bonitzer, un film primé au Festival des jeunes réalisateurs de  Saint Jean de Luz dans le cadre duquel je l'avais découvert, un film pour lequel j'avais eu un vrai coup de coeur. Je vous laisse découvrir le reste de la liste ci-dessous qui compte d'autre jeunes comédiens talentueux comme Marie Denarnaud, Guillaume Gouix ou Clotilde Hesme.

     Les Révélations 2012

    Présélection pour le César du meilleur espoir féminin 2012

    Naidra AYADI dans Polisse

    Anne AZOULAY dans Léa

    Alice BARNOLE dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close

    Astrid BERGÈS-FRISBEY dans La fille du puisatier

    Agathe BONITZER dans Une bouteille à la mer

    Lola CRÉTON dans Un amour de jeunesse

    Marie DENARNAUD dans Les adoptés

    Amandine DEWASMES dans Toutes nos envies

    Golshifteh FARAHANI dans Si tu meurs, je te tue

    Adèle HAENEL dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close

    Clotilde HESME dans Angèle et Tony

    Joséphine JAPY dans Le moine

    Céline SALLETTE dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close

    Christa THÉRET dans La brindille

    Alison WHEELER dans Mon père est femme de ménage

    Iliana ZABETH dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close

     

    Présélection pour le César du meilleur espoir masculin 2012

    Nicolas BRIDET dans Tu seras mon fils

    François CIVIL dans Nos résistances

    Jérémie DUVALL dans Mon père est femme de ménage

    Franck FALISE dans La fin du silence

    Raphaël FERRET dans Présumé coupable

    Grégory GADEBOIS dans Angèle et Tony

    Guillaume GOUIX dans Jimmy Rivière

    Iabe LAPACAS dans L’ordre et la morale

    Nicolas MAURY dans Let my people go !

    Pierre MOURE dans Où va la nuit

    Pierre NINEY dans J’aime regarder les filles

    Pierre PERRIER dans American Translation

    Aymen SAÏDI dans L’assaut

    Mahmud SHALABY dans Les Hommes libres

    Alexandre STEIGER dans L’ordre et la morale

    Dimitri STOROGE dans Les Lyonnais

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  • Critique de "Je l'aimais" de Zabou Breitman, sur France 2, à 20H45, ce soir: à ne pas manquer!

     

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    C'est dans le cadre du Forum International Cinéma et Littérature de Monaco, où j'avais eu la chance d'être invitée en 2009 que j'avais découvert le troisième long-métrage de Zabou Breitman (« Se souvenir des belles choses » et « L’homme de sa vie » étaient les deux premiers) . « Je l’aimais » était ainsi projeté en avant-première, lors de la clôture, et en présence de l’équipe du film.  Daniel Auteuil fut primé lors de ce festival (voir photos et vidéos ci-dessus). Lors du débat précédant le film, il avait  suscité quelques rires gênés dans la salle en soulignant qu'il était plus facile d'adapter un livre moyen qu’un bon livre. J’avoue que, moi aussi, j’avais trouvé que  le livre éponyme d’Anna Gavalda correspondait davantage au premier adjectif qu’au second, et qu’il me semblait un peu inconsistant pour qu’en soit réalisée une adaptation cinématographique (Ce film m’a néanmoins donné envie de le relire, peut-être le percevrai-je alors différemment). C’était oublier que les histoires a priori les plus simples contribuent souvent aux meilleurs films, et laissent aux réalisateurs le loisir d’imposer leurs univers. Et un univers (et une sensibilité, rare) Zabou Breitman en possède indéniablement. En témoigne ce film qu’elle a adapté du roman d’Anna Gavalda, avec la scénariste Agnès de Sacy…

    Synopsis : En une nuit, dans un chalet, Pierre (Daniel Auteuil) va partager avec sa belle-fille Chloé (Florence Loiret-Caille, que vous avez pu voir dans l’excellent film « J’attends quelqu’un »  de Jérôme Bonnell) , ce grand secret qui le hante depuis vingt ans, celui qui le mit face à lui-même, à ses contradictions et à ses choix, à son rôle d’homme et à ses manques. Le secret de cet amour pour Mathilde (Marie-Josée Croze) pour laquelle il n’a pas tout abandonné, choisissant une route plus sûre et plus connue. En une nuit nous saurons la vie d’un homme qui n’osa pas…

    L’histoire pourrait tenir en une ligne : un homme qui, en voyage d’affaires à Hong Kong,  tombe amoureux d’une femme qui devient sa maîtresse et, malgré tout l’amour qu’il porte à cette dernière, reste avec sa femme. Mais c’est là ce qui fait la force de cette adaptation : ni une ligne, ni plusieurs ne peuvent résumer tout ce que Zabou Breitman parvient à faire passer dans un plan, à tout ce que Daniel Auteuil et Marie-Josée Croze parviennent à faire passer dans un geste, un regard, procurant un caractère universel et intemporel à leur histoire, et aux choix auxquels ils sont confrontés.

    Plutôt que d’employer des envolées lyriques, des mouvements de caméra grandiloquents ou fantaisistes, Zabou Breitman a choisi la simplicité dans sa réalisation, laquelle convient  à ces personnages, finalement prisonniers des conventions, malgré cette parenthèse enchantée. Le choix de la narration, la structure en flash-back, et même ce chalet isolé où ce secret est révélé, reflètent judicieusement le caractère secret de leur liaison. Sa caméra est toujours au plus près des regards, souvent troublés, vacillant parfois comme eux, au plus près des battements de cœur, à l’écoute du moindre frémissement, nous faisant trembler à l’unisson.  Grâce à de subtiles transitions parfois saupoudrées de cette fantaisie poétique qui la caractérise aussi, Zabou passe du passé au présent, accentuant notre curiosité et la résonance entre les deux histoires.

    On dit qu’il existe deux sortes de films : ceux qui vous racontent une histoire, ceux qui vous présentent des personnages. Et ici c’est dans le personnage de Daniel Auteuil, mais aussi dans celui de Marie-Josée Croze que ce film trouve toute sa force et sa singularité. Malgré tous les rôles  marquants qu’il a incarnés, au bout de quelques minutes, nous oublions Daniel Auteuil pour ne plus voir que Pierre, cet homme, comme tant d’autres, qui survit plus qu’il ne vit, dévoué à son travail, cet homme, comme tant d’autres, dont la femme vit avec lui plus par habitude et par confort  que par amour, un amour dont on se demande s’il a un jour existé : les scènes avec son épouse Suzanne (excellente Christiane Millet) sont d’ailleurs particulièrement réussies, révélant toute l’horreur et la médiocrité de l’habitude.  Cet homme qui apparaît froid, conventionnel, enfermé dans ses conventions sociales même, dont le récit de cette passion fugace éclaire la personnalité, révèle progressivement son humanité. Cet homme qui devient vivant, beau, intéressant, sans être spirituel (ne sachant guère lui dire autre chose que « tu es belle »), dans le regard de Mathilde et dans celui que lui porte la caméra de Zabou Breitman, toujours subtilement placée, à la juste distance : comme dans cette scène où ils se retrouvent, pour la première fois, dans un bar d’hôtel, scène où passent toutes les émotions (le malaise, le bonheur, le trouble) d’un amour naissant sous nos yeux. Une scène magique et magistrale. Par la seule force de l’interprétation, l’éloquence des silences. Et de la réalisation qui les met sur un pied d’égalité, pareillement emportés, et nous place comme les témoins involontaires de leur rencontre, nous donnant l’impression d’être nous aussi dans ce bar, n’osant bouger et respirer de peur de briser cet instant fragile et envoûtant.

    Ce rôle d’un homme « lost in translation » (et qui n’est d’ailleurs pas, aussi, sans rappeler le film éponyme de Sofia Coppola) est à mi-chemin entre celui qu’il interprétait dans les deux films de Claude Sautet : « Quelques jours avec moi » et « Un cœur en hiver », dont les deux titres pourraient d’ailleurs également s’appliquer au film de Zabou Breitman dont la sensibilité n’est pas totalement étrangère à celle de Claude Sautet.

    Quant à Marie-Josée Croze, elle illumine le film de sa rayonnante présence, incarnant magnifiquement  ce personnage insaisissable et indépendant, cet amour éphémère et fantasmé qui s’écroule lorsqu’il est rattrapé par la réalité.

    Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve ? Fuir son simulacre de peur que la vie ne se sauve ? Fuir une réalité médiocre et confortable pour un rêve éveillé et incertain ? A-t-on le droit de se tromper ? Ne vaut-il mieux pas faire un choix, même mauvais, plutôt que d’éluder le choix ? Le renoncement, le sacrifice sont-ils des actes de courage ou de lâcheté ? Autant de questions que chacun peut se poser…et qui résonnent bien après le générique de fin.

    Un film empreint de nostalgie qui se termine sur une note d’espoir. Un film lumineux et mélancolique qui nous est narré comme un conte, moderne et intemporel. Un film qui a la force brûlante, douloureusement belle, des souvenirs inaltérables.  Un film qui nous plonge dans le souvenir, amer et poignant, des belles choses.

    « Je l’aimais » a reçu le prix 2009 de la Fondation Diane et Lucien Barrière. A Monaco, son producteur, Fabio Conversi (prix du meilleur producteur d’adaptations littéraires au cinéma) et son acteur principal, Daniel Auteuil ( prix du meilleur acteur d’adaptations littéraires au cinéma) ont également été récompensés.

    Ne manquez pas ce film malheureusement décrié lors de sa sortie, e soir, à 20H45, sur France 2.

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  • Bande-annonce de "Titanic" de James Cameron en salles et en 3D le 4 avril 2012

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    Il est rare que je vous présente ici des bandes-annonces mais... je ne résiste pas à celle-ci qui vous rappellera sans doute des souvenirs puisqu'il s'agit de celle d'un film qui a battu tous les records en 1998.

     Un film romantique et mélodramatique qui s'assume pleinement doublé d'un grand spectacle. La quintessence du genre. En attendant ma critique prochaine et de le (rerere)voir en salles à l'occasion de sa ressortie en 3D, le 4 Avril 2012 (rerere)découvrez la bande-annonce.

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  • Avant-première- Critique de « L’art d’aimer» de Emmanuel Mouret

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    « Un baiser s’il vous plait » du même Emmanuel Mouret m’avait particulièrement enthousiasmée de par son ton théâtralisé, ludique et burlesque qui nous donnait envie de saisir chaque seconde et désirer la vie. « L’art d’aimer » était un titre aussi alléchant et intrigant que celui précédemment cité, évidemment en référence à l’œuvre d’Ovide avec lequel il a en commun une certaine ironie et des digressions (apparentes).

    « Au moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus… » Tel est le pitch officiel qui, à l’image du titre, nous trompe un peu sur ce à quoi nous assistons, ce qui n’enlève rien aux qualités du film. D’art d’aimer ou de sublimer l’amour, il n’est pas vraiment question mais plutôt de l’art de désirer dans lequel la morale est bien souvent un obstacle et qui se résume finalement davantage à l’art d’esquiver qu’à celui d’aimer 

    A la lecture du titre, j’avais imaginé que le film serait une illustration de la célèbre phrase de La Rochefoucauld : « Il y a des gens qui n'auraient jamais été amoureux, s'ils n'avaient jamais entendu parler de l'amour » mais Mouret nous fait suivre plusieurs saynètes mettant en scène les tergiversations de ses personnages sur leur désir et non sur leur manière de sublimer l’amour. Ainsi, une femme mûre mariée qui ne peut s’empêcher de regarder et désirer tous les hommes. Une autre amoureuse de son compagnon mais qui désire son collègue de travail. Un compositeur en quête de musique de l’amour (à mon sens la plus intéressante mais qui ne sera pas vraiment traitée, ce qui nous prive en plus de Stanislas Merhar, déjà trop rare). Une femme en couple désirée par un de ses amis qui va suggérer à une amie célibataire de prendre sa place. Volontairement Emmanuel Mouret a réduit ses histoires à l’essentiel, les comparant d’ailleurs lui-même à des nouvelles sauf que toute nouvelle se caractérise par une chute, ce qui n’est pas forcément le cas ici pour toutes les histoires à l’exception notamment de la plus ludique qui clôture le film.

    Malgré cela, on retrouve ce mélange d’inspirations : Truffaut, Rohmer et Allen (lorgnant plus vers les deux derniers cette fois et notamment des dialogues et même une manière de parler qui m’ont beaucoup rappelé le célèbre cinéaste américain) mais aussi cette légèreté mélancolique, cette gravité légère et fantaisiste. Emmanuel Mouret possède incontestablement un ton bien à lui qui peut agacer autant que charmer, frôlant parfois la caricature d’un cinéma d’auteur français. Je fais partie des charmés davantage que des agacés. Les différentes saynètes sont séparées par des intertitres ( et se recoupent parfois) qui illustrent ce ton décalé : « Il n’y a pas d’amour sans musique », « Il ne faut pas refuser ce que l’on nous offre », « Le désir est inconstant », « Sans danger, le plaisir est moins vif »…

    Ce film est à l’image de ses personnages : séduisant. Car c’est là indéniablement l’autre atout du film, son casting impeccable. Chacun interprète sa variation sur l’art de désirer, et non d’aimer donc, avec beaucoup de justesse: Stanislas Merhar, François Cluzet, Gaspard Ulliel, Pascale Arbillot, Julie Depardieu, Judith Godrèche sans oublier la belle et grave voix off de Philippe Torreton.

    Une fantaisie ludique d’une ironie savoureuse qui laisse parfois affleurer une douce gravité qui a autant de charme maladroit que ses personnages mais qui, malgré le sentiment d’inachevé qu’elle nous laisse, témoigne d’une liberté de ton de plus en plus rare, salutaire et rafraîchissante, et réellement réjouissante dans son dernier quart d’heure.

    Sortie en salles : le 23 novembre

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