28/02/2011

Palmarès complet et commenté des Oscars 2011 : le sacre du « Discours d’un roi »

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Les César à peine terminés (et dont vous pouvez retrouver mon compte rendu exclusif en direct du Châtelet en cliquant ici), hier soir au Kodak Theater de Los Angeles avait lieu la 83ème cérémonie des Oscars présentée par Anne Hathaway et James Franco.

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Pour ceux qui auront suivi la cérémonie en direct sur Canal + qui avait l’exclusivité de la retransmission, vous aurez pu constater que cette 83ème cérémonie n’a pas démérité en ce qui concerne le glamour, la classe des nommés et remettants, un peu plus en ce qui concerne le rythme et l’humour, James Franco et Anne Hathaway n’étant peut-être pas les commentateurs idéaux. On aura d’ailleurs pu remarquer qu’eux aussi se sont incrustés dans les films nommés, à l’image d’Antoine de Caunes aux César.

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 3H30 de cérémonie pour voir couronné « Le discours d’un roi » (meilleur film –remis par Steven Spielberg-, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur scénario original) qui, s’il ne fait pas un carton plein, s’est vu décerner les principaux Oscars alors qu’il s’agit seulement du deuxième film de Tom Hooper (même s’il avait beaucoup travaillé auparavant pour la télévision).

  Egalement 4 Oscars pour « Inception » mais seulement des Oscars techniques (meilleur montage sonore, meilleur son, meilleure photographie, meilleurs effets visuels) alors que le scénario labyrinthique et jubilatoire aurait mérité, au moins, d’être récompensé.

 Aucune surprise dans cette cérémonie donc, Colin firth passé à côté de l’Oscar pour « A single man » dans lequel il était déjà magistral l’a remporté cette année, après avoir reçu le Golden Globe du meilleur acteur. Natalie Portman également sans surprise a reçu l’’Oscar de la meilleure actrice qu’elle méritait amplement pour sa prestation fascinante et terrifiante dans le sublime « Black swan ». Parmi ses nombreux remerciements elle a cité  Luc Besson (qui l’avait faîte débuter dans « Léon »), ce qui lui mettra sans doute un peu de baume au cœur en cette période difficile pour sa société de production.

 Le très actuel et symptomatique de notre époque « The social network » n’a récolté que 3 Oscars dont le meilleur montage, la meilleur adaptation (là aussi sans surprise),  la meilleure musique.

« Alice au pays des merveilles » de Tim Burton a également reçu deux Oscars : meilleur costume et meilleure direction artistique.

Cette année l’Académie a préféré  le classicisme a l’originalité et, à l’image des César 2011, a délivré un palmarès en demi-teinte.

Je suis évidemment déçue pour le meilleur film étranger et que « Hors-la-loi » que j’avais beaucoup aimé ne l’ait pas reçu et que sa nomination ait été passée quasiment sous silence en France. Je suis également déçue que le très beau western des Coen « True Grit » soit reparti bredouille mais je suis en revanche ravie que le désolant « 127 heures » soit également reparti bredouille.

Je ne partage pas l’enthousiasme débordant de certains pour « The Fighter » mais reconnais que Cristian Bale et Melissa Leo méritaient leurs Oscars même s’il est pour moi impensable que la jeune Hailee Steinfeld n’ait pas été récompensée.

Le passage le plus remarqué aura néanmoins été celui de Kirk Douglas, pour sa classe et son humour remarquables pour ses 94 ans, réminiscence pour moi de son mémorable passage au Festival du Cinéma Américain de Deauville lors du 25ème anniversaire du festival.

Je vous laisse découvrir le palmarès ci-dessous en attendant le prochain évènement sur In the mood for cinema, à savoir le Festival du Film Asiatique de Deauville que je vous commenterai en direct. Retrouvez mes critiques des films nommés en bas de cet article, "True grit" arrive dans la journée.


Meilleur film : Le Discours d'un roi

127 heures
Black Swan
Fighter
Inception
Tout va bien, The Kids Are All Right
The Social Network
Toy Story 3
True Grit
Winter's Bone


Meilleur réalisateur :
Tom Hooper (Le Discours d'un roi)

Darren Aronofsky (Black Swan)
Joel Coen & Ethan Coen
(True Grit)
David Fincher
(The Social Network)
David O. Russell (Fighter)


Meilleur acteur : Colin Firth (Le Discours d'un roi)

Javier Bardem (Biutiful)
Jeff Bridges (True Grit)
Jesse Eisenberg (The Social Network)
James Franco (127 heures)

 
Meilleure actrice : Natalie Portman (Black Swan)

Annette Bening (Tout va bien, The Kids Are All Right)
Nicole Kidman (Rabbit Hole)
Jennifer Lawrence (Winter's Bone)
Michelle Williams (Blue Valentine)


Meilleur acteur dans un second rôle : Christian Bale (Fighter)

John Hawkes (Winter's Bone)
Jeremy Renner (The Town)
Mark Ruffalo (Tout va bien, The Kids Are All Right)
Geoffrey Rush (Le Discours d'un roi)


Meilleure actrice dans un second rôle : Melissa Leo (Fighter)

Amy Adams (Fighter)
Helena Bonham Carter (Le Discours d'un roi)
Hailee Steinfeld (True Grit)
Jacki Weaver (Animal Kingdom)

 


Meilleur scénario original : Le Discours d'un roi (David Seidler)
 

Another Year (Mike Leigh)
Fighter (Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson)
Inception (Christopher Nolan)
Tout va bien, The Kids Are All Right (Lisa Cholodenko et Stuart Blumberg)


Meilleure adaptation : The Social Network (Aaron Sorkin)

127 heures (Danny Boyle et Simon Beaufoy)
Toy Story 3 (Michael Arndt, John Lasseter, Andrew Stanton et Lee Unkrich)
True Grit (Joel Coen et Ethan Coen)
Winter's Bone (Debra Granik et Anne Rosellini)


Meilleure musique : The Social Network (Trent Reznor et Atticus Ross)
 

127 heures (A.R. Rahman)
Dragons (John Powell)
Inception (Hans Zimmer)
Le Discours d'un roi (Alexandre Desplat)


Meilleure chanson : Toy Story 3 (We Belong Together - Randy Newman)
 

127 heures (If I Rise - A.R. Rahman, Rollo Armstrong et Dido)
Country Strong (Coming Home - Bob DiPiero, Tom Douglas, Hillary Lindsey et Troy Verges)
Raiponce (I See the Light - Alan Menken et Glenn Slater)


Meilleure photographie : Inception (Wally Pfister)

Black Swan (Matthew Libatique)
Le Discours d'un roi (Danny Cohen)
The Social Network (Jeff Cronenweth)
True Grit (Roger Deakins)


Meilleure direction artistique : Alice au Pays des Merveilles (Robert Stromberg et Karen O'Hara)


Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1 (Stuart Craig et Stephenie McMillan)
Inception (Guy Hendrix Dyas, Larry Dias et Douglas A. Mowat)
Le Discours d'un roi (Eve Stewart et Judy Farr)
True Grit (Jess Gonchor et Nancy Haigh)

Meilleurs costumes
: Alice au Pays des Merveilles (Colleen Atwood)


Amore (Antonella Cannarozzi)
Le Discours d'un roi (Jenny Beavan)
La Tempête (Sandy Powell)
True Grit (Mary Zophres)

Meilleur montage :
The Social Network (Kirk Baxter et Angus Wall)

127 heures (Jon Harris)
Black Swan (Andrew Weisblum)
Fighter (Pamela Martin)
Le Discours d'un roi (Tariq Anwar)


Meilleur montage sonore : Inception (Richard King)

Toy Story 3 (Tom Myers et Michael Silvers)
Tron l'héritage
(Gwendolyn Yates Whittle et Addison Teague)
True Grit
(Skip Lievsay et Craig Berkley)
Unstoppable (Mark P. Stoeckinger)

Meilleur son : Inception (Lora Hirschberg, Gary Rizzo et Ed Novick)
 

Le Discours d'un roi (Paul Hamblin, Martin Jensen et John Midgley)
Salt (Jeffrey J. Haboush, William Sarokin, Scott Millan et Greg P. Russell)
The Social Network (Ren Klyce, David Parker, Michael Semanick et Mark Weingarten)
True Grit (Skip Lievsay, Craig Berkley, Greg Orloff et Peter F. Kurland)


Meilleur maquillage : Wolfman (Rick Baker et Dave Elsey)

Barney's Version
(Adrien Morot)
Les Chemins de la liberté (Edouard F. Henriques, Greg Funk et Yolanda Toussieng)

Meilleurs effets visuels : Inception (Chris Corbould, Andrew Lockley et Peter Bebb)


Alice au Pays des Merveilles (Ken Ralston, David Schaub, Carey Villegas et Sean Phillips)
Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1 (Tim Burke, John Richardson, Christian Manz et Nicolas Aithadi)
Au-delà (Michael Owens, Bryan Grill, Stephan Trojansky et Joe Farrell)

Meilleur film d'animation : Toy Story 3
 

Dragons
L'Illusionniste

 


Meilleur film documentaire : Inside Job

Faites le mur !
GasLand
Restrepo
Waste Land


Meilleur court métrage : God of Love

The Confession
The Crush
Na Wewe
Wish 143


Meilleur film étranger : Revenge (Susanne Bier, Danemark)

Biutiful (Alejandro González Inárritu, Mexique)
Canine (Giorgios Skabardonis, Grèce)
Incendies (Denis Villeneuve, Canada)
Hors-la-loi (Rachid Bouchareb, Algérie)


Meilleur court métrage d'animation : The Lost Thing

Day & Night
The Gruffalo
Let's Pollute
Madagascar, carnet de voyages


Meilleur court métrage documentaire : Strangers No More

Killing in the Name
Poster Girl
Sun Come Up
The Warriors of Qiugang

Mes critiques des films en lice:

"Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb (avec mion interview de Bernard Blancan)

"Biutiful" d'Alejandro Gonzales Inarritu

"The social network" de David Fincher

"Inception" de Christopher Nolan

"Black Swan" de Darren Aronofsky

"127 heures". de Danny Boyle

"L'Illusionniste" de Sylvain Chomet

"Le discours d'un roi" de Tom Hooper

"Amore" de Luca Guadagnino

"Alice au pays des merveilles" de Tim Burton

"Au-delà" de Clint Eastwood

"Fighter" de David O.Russell

06/02/2011

Critique – « Le discours d’un roi » de Tom Hooper avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter…

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C’est avec pas mal de retard que j’ai découvert « Le discours d’un roi » d’autant plus qu’il était  précédé de  la réputation de ses 12 nominations aux Oscars, soit bien plus que l’envoûtant « Black swan » de Darren Aronofsky.

Le roi en question, c’est George VI (Colin Firth), à la fois fragile et colérique, qui n’avait d’ailleurs pas vocation à le devenir puisque c’est sont frère Edouard VIII (Guy Pierce) qui était destiné au trône à la mort de leur père.  Seulement Edouard VIII préféra abdiquer pour vivre son amour avec une femme, Wallis Simpson, à la réputation légère (du moins pour un monarque) car notamment divorcée deux fois, histoire à laquelle est d’ailleurs consacré le prochain film de Madonna W.E, dont la rumeur court qu’il pourrait être présenté dans le cadre du prochain Festival de Cannes. George VI que toute la famille royale appelle « Bertie » va donc devoir surmonter son handicap, un bégaiement qui l’empêche de s’exprimer en public. Pour cela, il pourra compter sur le soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et sur l’aide d’un thérapeute du langage aux méthodes peu orthodoxes, Lionel Rogue (Geoffrey Rush). Alors qu’il mène cette guerre contre lui-même, une autre guerre beaucoup moins intime se fait de plus en plus menaçante…

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A priori, cela s’annonçait donc comme un énième biopic avec reconstitution historique spectaculaire de rigueur et c’est sans doute d’abord le choix de prendre le contrepied de ce à quoi nous aurions pu nous attendre qui fait de ce film une grande réussite. Tom Hooper et son scénariste David Seidler ont ainsi fait le judicieux choix de l’intime, de l’histoire sans nier son implication sur l’Histoire mais vue telle que la voyait George VI, relativement lointaine. Le monde extérieur et ses rumeurs sont étouffés par l’atmosphère ouatée et non moins redoutable des allées du pouvoir.

Plutôt que de  filmer George VI comme un personnage historique distant, Tom Hooper le filme à portée d’homme avec ses angoisses et ses faiblesses. Il n’apparait alors pas comme le puissant lointain (éloigné de nous historiquement et humainement) mais comme un homme qui doit affronter ses faiblesses en lequel chacun peut se reconnaître. La caméra de Tom Hooper le suit au plus près de son visage, de ses doutes, de son angoisse qui s’amorce. Le jeu en nuances de Colin Firth et la caméra sensible de Tom Hooper qui l’enferme ans son cadre, (il est tantôt filmé à gauche ou à droite, à son image, en marge) comme il l’est dans son handicap, nous donne la sensation asphyxiante d’éprouver nous aussi son angoisse si bien que notre souffle est  suspendu à ses lèvres hésitantes. La maîtrise du langage devient alors le véritable enjeu du suspense du film, haletant comme un thriller. Arrivera-t-il à prononcer ce fameux discours qui fera entrer le Royaume-Uni dans la guerre contre l’Allemagne nazie ?

 Un sujet qui n’a rien d’anachronique et qui est même particulièrement actuel à une époque (la nôtre)  où le contenant, la forme, la communication priment sur le contenu et le message, où celui ou celle qui recevra le plus de suffrages ne sera pas forcément le ou la plus apte à gouverner mais le ou la plus apte à délivrer son message et à maîtriser la communication et le langage. Un ancien premier ministre français au phrasé si particulier en a ainsi souvent fait les frais revendiquant et regrettant lui-même que son message qu’il ne veut pas lapidaire, expéditif, ou résumable à un slogan ne puisse être développé dans des médias toujours plus avides d’images chocs que de pensées profondes. Un peu la génération twitter aussi qui recherche le choc de la formule et qui pousse souvent à l’exagération, quitte à piétiner quelques personnes voire la réalité au passage. Plutôt que le pouvoir des mots, c’est donc celui de la communication que doit donc maîtriser le monarque. Un pouvoir qu’il était d’autant plus urgent de détenir quand un dictateur outre-Rhin en faisait un des instruments de sa propagande et l’utilisait pour haranguer, galvaniser et endormir les foules.  

Sans tomber dans la psychologie de comptoir, le scénario montre habilement et par petites touches comment le poids de l’enfance et de l’Histoire (son père, ceux qui l’ont précédé, tous ceux dont les regards pèsent sur lui) sont responsables de son handicap. Mais, au-delà du combat personnel, c’est aussi une très belle histoire d’amitié entre deux hommes à la fois très différents et en quête de reconnaissance. Rogue demande constamment à être sur un pied d’égalité avec George VI, lui qui toujours à été à distance : du peuple, des autres, des mots. Prendre la parole c’est prendre sa place et exister. Le langage, dans le titre même, a d’ailleurs toute son importance : il ne s’agit pas du discours du roi mais d’un roi, qui n’a pas encore son identité propre, écrasé  par le poids de l’Histoire et  de ses prédécesseurs.

La richesse des dialogues saupoudrés d’un humour so british participe amplement de la réussite du film. Il est vrai que le langage d’un film dont le sujet est justement le langage se devait d’être exemplaire mais ce n’était pas pour autant gagné d’avance.

Enfin, le grand atout du film ce sont ses acteurs principaux : Colin Firth (absolument remarquable, ne forçant pas trop le trait comme c’est souvent le cas dans ces rôles à Oscars mais reflétant le bégaiement essentiellement par l’angoisse qu’il générait , Colin Firth d’ailleurs qui interprétait déjà pour moi un des meilleurs rôles de 2010  dans le très beau « A single man » de Tom Ford pour lequel il était déjà nommé à l’Oscar du meilleur acteur), Geoffrey Rush( impeccable en médecin peu conventionnel et malicieux ) et Helena Bonham Carter ( parfaite en future reine, à la fois cinglante et épouse aimante. )

Si « Le discours d’un roi » n’est pas un film exceptionnel,  c’est un beau film en raison du degré de raffinement de chacun des éléments qui le constituent (musique –du Français Alexandre Desplat, d’ailleurs très belle mais parfois un peu trop présente pour un film sur le langage même si elle en est une autre forme-, scénario, interprétation, mise en scène), un film à résonance universelle autant de par le combat qu’il met en scène (un homme, fut-il roi, qui surpasse ses faiblesses et ses peurs) que de par le langage qu’il emploie et dont il souligne le poids historique.

18:07 Écrit par Sandra Mézière dans CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2011/2012 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, film, colin firth | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

17/01/2011

Palmarès complet des golden globes 2011 cinéma et télévision

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Hier soir avait lieu la 68ème cérémonie des Golden Globe Awards dont le palmarès préfigure en général celui des Oscars. Côté cinéma, "The social network" de David Fincher est le grand vainqueur de la soirée, sacré meilleur film dramatique, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur musique. Si vous suivez ce blog vous vous douterez donc que ce palmarès ne me réjouit pas particulièrement. Si le scénario du film (signé Aaron Sorkin) est assez brillant, la réussite du film est pour moi avant tout liée à sa valeur sociologique, davantage que cinématographique, en ce qu'il reflète une génération qui sans doute s'y est reconnu (le tableau est pourtant peu flatteur) (voir ma critique de "The social networken cliquant ici et mon bilan de l'année cinéma 2010 en cliquant ici pour en savoir plus). 

"Inception" de Christopher Nolan repart étonnamment bredouille: les golden globes ont préféré primer la cinglante réalité plutôt que le rêve. En sera-t-il différemment de l'Académie des Oscars (dont les votants sont des professionnels contrairement aux golden globes puisque c'est la presse qui vote)?

Sans grande surprise, Colin Firth déjà exceptionnel dans "A single man" repart avec le Golden Globe du meilleur acteur pour "Le discours d'un roi" tandis que Natalie Portman reçoit celui de la meilleur actrice pour son interprétation exceptionnelle dans la danse funèbre et lyrique signée Darren Aronofsky "The black swan".

 C'est Annette Bening qui reçoit le golden globe de la meilleur actrice dans une comédie pour le très médiocre "The kids are all right" qui reçoit également le golden globe du meilleur film comique ou musical. (Cliquez ici pour voir mes vidéos d'Annette Bening à Deauville).

 Enfin le sublime film italien "Amore" a perdu une nouvelle occasion de se faire connaître du grand public puisque c'est le film danois "In a better world" qui lui a ravi le golden globe du meilleur film étranger. Rappelons que le film français "Le concert" était également en lice.

Je vous laisse également découvrir le palmarès côté télévision que je ne me hasarderai pas à commenter n'ayant pas vu les séries nommées.

Je vous donne rendez-vous vendredi prochain pour vous délivrer et commenter les nommés aux César 2011 en attendant que soient dévoilés les nommés aux Oscars.

Cinéma

 Meilleur film dramatique
“Black Swan”
“The Fighter”
“Inception”
“Le Discours d’un roi”
“The Social Network”


 Meilleur film musical ou comique

“Alice au pays des merveilles”
“Burlesque”
“The Kids Are All Right”
“Red”
“The Tourist”

Meilleur réalisateur

Darren Aronofsky (“Black Swan”)
David Fincher (“The Social Network”)
Tom Hooper (“Le Discours d’un roi”)
Christopher Nolan (“Inception”)
David O. Russell (“The Fighter”)

Meilleur acteur dans un drame

Jesse Eisenberg (“The Social Network”)
Colin Firth (“Le Discours d’un roi”)
James Franco (“127 heures”)
Ryan Gosling (“Blue Valentine”)
Mark Wahlberg (“The Fighter”)

Meilleure actrice dans un drame

Halle Berry (“Frankie and Alice”)
Nicole Kidman (“Rabbit Hole”)
Jennifer Lawrence (“Winter’s Bone”)
Natalie Portman (“Black Swan”)
Michelle Williams (“Blue Valentine”)

Meilleur acteur dans une comédie

Johnny Depp (“Alice au pays des merveilles”)
Johnny Depp (“The Tourist”)
Paul Giamatti (“Barney’s Version”)
Jake Gyllenhaal (“Love, et autres drogues”)
Kevin Spacey (“Casino Jack”)

Meilleure actrice dans une comédie

Annette Bening (“The Kids Are All Right”)
Anne Hathaway (“Love, et autres drogues”)
Angelina Jolie (“The Tourist”)
Julianne Moore (“The Kids Are All Right”)
Emma Stone (“Easy A”)

Meilleur acteur dans un second rôle

Christian Bale (“The Fighter”)
Michael Douglas (“Wall Street: L’argent ne meurt jamais”)
Andrew Garfield (“The Social Network”)
Jeremy Renner (“The Town”)
Geoffrey Rush (“Le Discours d’un roi”)

Meilleure actrice dans un second rôle

Amy Adams (“The Fighter”)
Helena Bonham Carter (“Le Discours d’un roi”)
Mila Kunis (“Black Swan”)
Melissa Leo (“The Fighter”)
Jacki Weaver (“Animal Kingdom”)

Meilleur scénario

Danny Boyle, Simon Beaufoy (“127 heures”)
Lisa Cholodenko, Stuart Blumberg (“The Kids Are All Right”)
Christopher Nolan (“Inception”)
David Seidler (“Le Discours d’un roi”)
Aaron Sorkin (“The Social Network”)

Meilleur film d’animation

“Moi, moche et méchant”
“Dragons”
“L’Illusionniste”
“Raiponce”
“Toy Story 3”

Meilleur film étranger

“Biutiful” (Espagne)
“Le Concert” (France)
“The Edge” (Russie)
“Amore” (Itallie)
“In a Better World” (Danemark)

Meilleure musique

Alexandre Desplat (“Le Discours d’un roi”)
Danny Elfman (“Alice au pays des merveilles”)
A.R. Rahman (“127 heures”)
Trent Reznor, Atticus Ross (“The Social Network”)
Hans Zimmer (“Inception”)

Meilleure chanson

“Bound to You” (“Burlesque”)
“Coming Home” (“Country Strong”)
“I See the Light” (Raiponce”)
“There’s a Place for Us” (“Le Monde de Narnia : L’Odyssée du Passeur d’aurore”)
“You Haven’t Seen the Last of Me” (“Burlesque”)

 

Télévision

Meilleure Série Dramatique

«Dexter»
«Mad Men»
«Boardwalk Empire»
«The Good Wife»
«The Walking Dead»

Meilleur Téléfilm ou Mini-Série

«Carlos»
«The Pacific»
«Pillars of the Earth»
«Temple Grandin»
«You Don’t Know Jack»

Meilleure Série Comique ou Musicale

«30 Rock»
«The Big C»
«The Big Bang Theory»
«Glee»
«Modern Family»
«Nurse Jackie»

Meilleur Acteur dans une série dramatique

Jon Hamm, «Mad Men»
Michael C. Hall, «Dexter»
Hugh Laurie, «House»
Steve Buscemi, «Boardwalk Empire»
Bryan Cranston, «Breaking Bad»

Meilleure Actrice dans une série dramatique

Julianna Margulies, «The Good Wife»
Katie Segal, «Sons of Anarchy»
Kyra Sedgwick, «The Closer»
Elizabeth Moss, «Mad Men»
Piper Perabo, «Covers Affairs»

Meilleure Actrice dans une série comique

Tina Fey, «30 Rock»
Edie Falco, «Nurse Jackie»
Toni Collette, «The United States of Tara»
Laura Linney, «The Big C»
Lea Michele, «Glee»

Meilleur Acteur dans une série comique

Alec Baldwin, «30 Rock»
Steve Carrel, «The Office»
Matthew Morrison, «Glee»
Thomas Jane, «Hung»
Jim Parsons, «The Big Bang Theory»

Meilleur acteur dans un second rôle

Scott Caan, «Hawaii Five-O»
Chris Colfer, «Glee»
Chris Noth, «The Good Wife»
Eric Stonestreet, «Modern Family»
David Strathern, «Temple Grandin»

Meilleure actrice dans un second rôle

Jane Lynch, «Glee»
Julia Stiles, «Dexter»
Hope Davis, «The Special Relationship»
Sophia Vergara, «Glee»
Kelly McDonald, «Boardwalk Empire»

20/02/2010

Concours: 5x2 places pour "A single man" de Tom Ford

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Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de l'excellent premier film en tant que réalisateur du couturier Tom Ford (Cliquez ici pour lire mon compte rendu de la conférence de presse de Julianne Moore, Tom Ford et Colin Firth et pour lire ma critique et cliquez ici pour voir la bande-annonce), grâce à Cinefriends, je vous propose aujourd'hui 5x2 places pour découvrir le film en salles.

 Comme le délai est très court (réponses à envoyer avant mardi soir minuit à inthemoodforcinema@gmail.com avec, comme intitulé de l'email "Concours A single man", n'oubliez pas de joindre vos coordonnées postales sans lesquelles vos réponses seraient caduques. Seuls les gagnants seront prévenus), trois questions très simples:

1. De quel livre "A single man" est-il l'adaptation cinématographique?

2. Qu'est-ce que Tom Ford a le plus détesté dans son nouveau métier de réalisateur?

3. Pourquoi voulez-vous voir ce film en particulier?

 

19:24 Écrit par Sandra Mézière dans CONCOURS/JEUX | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, a single man, tom ford, colin firth, julianne moore | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

19/02/2010

"A single man" de Tom Ford: en salles le 24 février

singleman.jpgVous avez déjà pu lire ma critique du premier film de Tom Ford "A single man", ici, ainsi que mon compte rendu de la conférence de presse de Tom Ford, Julianne Moore et Colin Firth.

 Pour patienter en attendant la sortie du film le 24 février prochain, je vous propose aujourd'hui des photos du film et de l'avant-première ainsi que la bande-annonce.

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 © Jean-Marc Haedrich / Visual Press Agency
 
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09/02/2010

40 -délicieuses- minutes avec Colin Firth, Julianne Moore et Tom Ford ( conférence pour "A single man" de Tom Ford)!

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Compte rendu de la conférence de presse:

 J'étais, cet après-midi, invitée à l'hôtel George V pour une conférence de presse du premier film du couturier Tom Ford en tant que réalisateur -"A single man" (voir ma critique en bas de cet article)- dans lequel Colin Firth interprète le rôle principal, un rôle pour lequel il vient d'être nommé comme meilleur acteur aux Oscars. Alors que, dehors, la neige endolorit Paris sous un voile mélancolique, voire morose, l'élégance feutrée et luxueuse du George V me replonge dans l'atmosphère du film, visuellement somptueux et envoûtant. Rendez-vous était donné au salon Bonaparte. J'effectue une petite halte à la réception pour demander où se situe ledit salon, ce à quoi la réceptionniste me rétorque, poliment mais fermement, qu'il n'y a pas de salon Bonaparte, m'envoyant dans une suite au 4ème étage. Heureusement, je croise l'attachée de presse qui m'indique le salon NAPOLEON (ah ah, à ne pas confondre avec Bonaparte, bien évidemment, au cas où vous tomberiez sur une réceptionniste érudite). A peine plus de 10 journalistes et des blogueurs qui se comptent sur les doigts d'une main attendent déjà dans un salon tamisé. La rencontre s'annonce relativement confidentielle. Interdiction de filmer et de photographier (la captation ayant été faîte par Mars Distribution), si ce n'est le quart de seconde pendant lequel les interviewés sont restés (d'où le caractère approximatif et le flou pas artistique de ma "photo") avant de s'évader vers d'autres interviews. Ce n'est finalement pas plus mal. La photo trahit ou banalise finalement souvent la réalité, je préfère qu'elle ressemble carrément à un songe évanescent, plus fidèle au souvenir émotionnel de l'instant et plus propice à ce que nous soyons dans le présent (si on veut être fidèle à l'esprit du film...pour profiter de la beauté de l'instant). J'admire la diplomatie et le plaisir apparent avec lesquels ils ont répondu à des questions qui leur sont sans doute posées pour la centième fois souvent par des journalistes blasés à l'affût de leur hypothétique bon mot davantage que de la potentielle intéressante réponse (comme toute règle celle-ci a ses exceptions, sans doute), je trouve néanmoins ces rencontres toujours instructives, en particulier quand le film est aussi réussi que l'est celui-ci. L'élégance irréprochable de Tom Ford, le charme dévastateur de Colin Firth, la douce incandescence de Julianne Moore ont fait paraître trop courtes ces délicieuses 40 minutes en leur compagnie. J'ai essayé de les retranscrire au mieux ci-dessous. Vous verrez que Tom Ford n'est pas seulement un couturier mais un vrai cinéaste avec une idée très précise et personnelle de son travail de metteur en scène, et avec un réel point de vue (ce qui se raréfie ces temps-ci, dans ce qui est produit en tout cas), que son élégance et celle de Colin Firth ne sont pas seulement vestimentaires, que la mélancolie n'empêche pas l'humour (à commencer par celui qui concerne leurs propres personnes).  Merci à Cinéfriends et Mars Distribution pour cette rencontre passionnante et privilégiée. Tout cela ne dit pas ce qui se passait en réalité au 4ème étage, mais c'est une autre histoire...

singleman8.jpg-(A Tom Ford): Etait-ce une nécessité pour vous de passer au cinéma? Que comptez-vous exprimer de plus dans le cinéma?

Tom Ford: J'ai réalisé que j'étais incapable de communiquer et de convaincre par la mode. Certains stylistes sont des artistes et expriment quelque chose par la mode. Pas moi. La mode est le miroir de notre culture. Je me suis toujours considérée comme un designer commercial contrairement à d'autres qui expriment leur art à travers la mode.

-(A Tom Ford): Est-ce que le fait d'être un couturier vous a aidé ou handicapé pour ce nouveau métier?

Tom Ford: Le processus est assez similaire. Le plus important est d'avoir quelque chose à dire, d'avoir un point de vue.   L'essentiel est de savoir ce qu'on veut dire. Tout est oeuvre de collaboration, dans la mode comme dans le cinéma. Dans l'univers de la mode, ce sont les ateliers... Au cinéma, il faut à la fois inspirer ses acteurs et leur donner l'espace de liberté dont ils ont besoin.

-(A Tom Ford): Dans quelle mesure le roman et le personnage de Georges ont pu inspirer votre propre vision du glamour?

Tom Ford: J'ai lu le livre alors que j'avais 20 ans et j'étais très intéressé par le travail de Christopher Isherwood. Je savais que cette histoire "Un homme au singulier" serait mon premier film. J'ai eu la chance de rencontrer Isherwood. J'ai dévoré toute son oeuvre.  J'ai relu ce roman après mes 40 ans. Dans le livre il parle de lui-même à la troisième personne. A l'époque, la première fois, je n'ai pas compris la dimension spirituelle de ce roman. Christopher était ancré dans la notion de vie dans le présent. En relisant plus tard, j'ai compris que cette troisième personne était l'âme du personnage qui observait l'être charnel.  Se réveiller le matin (ce par quoi commence le film) c'est déjà dire "je vis maintenant."

-(A Colin Firth): Vous êtes nommé aux Oscars comme meilleur acteur pour "A single man". Avez-vous l'impression que c'est votre meilleure prestation et comment Tom Ford vous a-t-il poussé si haut?

Colin Firth: La première question, ce n'est pas à moi d'y répondre mais aux critiques. C'est probablement l'expérience la plus forte que j'ai connue comme acteur. Les films ont toujours à voir avec l'anticipation, à aller au moment suivant. Ce film est une formidable méditation sur la façon d'expérimenter le présent. C'est une formidable chose à expérimenter.  Pour une fois, je n'ai pas dû faire appel à des artifices (accent...). Il s'agissait ici d'habiter le présent, d'être au présent tout le temps, ce qu'on fait paradoxalement peu au cinéma. Ce film nous offre une méditation sur ce qu'est "être dans le présent." Dans le cas de mon personnage, Georges, il a décidé que c'était le dernier jour de sa vie donc il est forcé de s'immerger dans le présent. Malheureusement, cela n'a rien changé pour moi.  Je n'ai jamais réussi à être dans le présent avant ce film, et toujours pas maintenant.

-(A Tom Ford, Colin Firth, Julianne Moore:) Que vous est-il arrivé de plus enrichissant dans votre vie?

Colin Firth: Je ne veux pas donner une réponse banale mais, ayant un enfant, devenir père est la chose qui bouleverse le plus.

Tom Ford: Pour moi, l'expérience ce n'est pas ce qui arrive à un homme mais ce que fait un homme de ce qui lui arrive. Cette phrase (présente dans le film et empruntée à Huxley) signifie que ce qui est important c'est ce qu'on fait de son expérience, d'en tirer les leçons.

Julianne Moore: Avoir un enfant est ce qu'il y a de plus formidable et marquant. On a d'abord un bébé et puis on découvre une personne avec qui entretenir une relation tout le reste de sa vie.

-(A Colin Firth:) Colin, vous avez encore aujourd'hui la même élégance que votre personnage. Puisque vous n'êtes pas dans le présent, êtes-vous dans le passé ou dans le futur?

Colin Firth: Je suis probablement à 200 kms d'ici à ce moment précis. Peut-être que je suis à Calais ou déjà en Californie. J'ai une relation très limitée au présent.

Julianne Moore: Tom Ford m'a donné toutes les règles dont j'avais besoin et la liberté pour créer le personnage. [...] Nous avons beaucoup d'amis en commun avec Colin mais nous ne nous étions jamais rencontrés, nous nous étions juste croisés une fois dans un ascenseur à Toronto. [...] On demande souvent aux acteurs de parler de leurs propres expériences mais j'aime ce que disait Tom à propos du point de vue. Et en tant qu'actrice, ce qui me fait vibrer, c'est le point de vue d'un réalisateur. J'ai infiniment besoin d'un vrai point de vue. Par ses paroles, par ses indications et la liberté dans la structure, j'ai eu beaucoup de bonheur à créer ce personnage. Il y a un plan que j'aime beaucoup, c'est celui où je me maquille les yeux, grâce auquel tout est dit sur mon personnage. Colin était cet acteur normal mais avec une vraie joie de vivre, très drôle. Nous étions très heureux de travailler ensemble.

Tom Ford:  Oui, c'était impossible de les faire taire. Je leur disais "il faut vous mettre dans la peau de vos personnages" et en une seconde Julianne était le personnage.

-(A Tom Ford:)  Pourquoi avez-vous utilisé la chanson de Gainsbourg "Baudelaire"?

Tom Ford: 1962 était la pire année aux Etats-Unis pour la musique. Comme le personnage de Julianne était sophistiqué... tout dans son personnage aspire à être dans son temps et même en avance sur son temps. Elle pense qu'elle doit toujours être à la mode et en avance de la mode pour tout (les vêtements, la musique...) et que c'est pour ça qu'on l'aime. Je voulais montrer qu'elle était en avance pour son époque.  D'ailleurs, elle passe ses vacances dans le Sud de la France où elle a pu entendre Gainsbourg.

-(A Tom Ford:) Allait-il au tournage mal habillé?

Tom Ford: Non, parce que je voulais être moi-même. Et ça c'est moi.  Je me réveille et je mets mon costume. C'est ainsi que je me sens bien. Cela aurait été ridicule de venir avec une casquette de baseball.

Colin Firth: En 25 ans, c'était la première fois que je voyais ça. Souvent les réalisateurs s'effondrent derrière la caméra. Tom, pas du tout et c'est pour ça qu'il a été accueilli avec scepticisme par le monde du cinéma qui n'était pas habitué à ça.

Tom Ford: Je suis au fond un peu comme Georges. Si l'extérieur est parfait alors le reste est parfait.

-(A Tom Ford:) Dans ce nouveau métier de réalisateur, qu'est-ce qui vous a le plus plu et qu'est-ce que vous avez le plus détesté?

Tom Ford: Chaque moment était délicieux. Je ne me suis jamais autant amusée dans ma vie. Le côté business (j'ai aussi produit le film) et la distribution a été le plus difficile. C'était compliqué car nous avons vendu le film dans le monde entier. Pour la mode, j'approuve tout depuis mon bureau de New York. Là, parfois, j'ai des surprises étranges en découvrant certains teasers ou trailers. C'est le business le côté le plus frustrant.

-(A Tom Ford:) Est-ce que le fait que le film se déroule dans les années 60 vous a aidé?

Tom Ford: J'ai avant tout choisi ce film pour l'histoire. L'histoire est le plus important, elle aurait très bien pu se dérouler à l'époque contemporaine.

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Ma critique du film "A single man" de Tom Ford:

Los Angeles, en 1962. Depuis qu'il a perdu son compagnon Jim (Matthew Goode) dans un accident, George Falconer (Colin Firth), professeur d'université Britannique, se sent incapable d'envisager l'avenir. Solitaire malgré le soutien de son amie Charley (Julianne Moore), George essaie en vain de « vivre comme avant ». Une série d'évènements et de rencontres vont l'amener à décider s'il peut y avoir une vie après Jim.

J'ai abordé ce film sans en avoir vu la bande annonce, sans en connaître le sujet. Tout juste savais-je que le styliste Tom Ford en était le réalisateur, scénariste et producteur. En quelques secondes, en quelques plans, j'étais dans l'ailleurs universel de cet homme singulier, porté par le charme ensorcelant de l'univers visuel de Tom Ford. Un univers d'une rare élégance, tantôt sombre, tantôt lumineux à l'image des variations de couleurs sur lesquelles influe l'humeur de George (et par lesquelles Tom Ford a eu la judicieuse idée de remplacer le monologue intérieur du roman de Christopher Iserwood « Un homme au singulier » dont il s'est inspiré pour ce film ).

L'intrigue se déroule en une journée, une journée à l'issue de laquelle George a décidé de se suicider. Le compte à rebours est lancé. Quelques heures pendant lesquelles chaque minute compte plus que toute autre. Ou le présent prend toute sa douloureuse et belle signification. Ou la beauté des choses simples de la vie prend une toute autre dimension. La beauté des visages et des corps. La beauté des fleurs. La beauté des objets. La beauté des regards. Ceux des autres ou celui apposé sur le monde qui les et nous entoure.

Les ralentis langoureux, la musique languissante (de Shigeru Umebayashi  mais aussi de  Abel Korzeniowski) nimbent ce single man, ce et ceux qui l'entourent d'une sensualité et d'une poésie envoûtantes qui rappellent celles de Wong Kar Wai (référence assumée puisque Shigeru Umebayashi est son compositeur). La solitude de George (mais aussi celle de Charley), la menace d'une guerre nucléaire en pleine crise des missiles de Cuba, la destinée de cette journée fatale renforcent la beauté fugace de chaque instant et de chaque rencontre. A l'image des personnages, nous sommes immergés dans la beauté sensuelle de l'instant.  Chaque rencontre évoque la beauté évanescente du possible, d'un désir.

A single man est le film d'un artiste, et cela saute aux yeux dès les premiers plans. Un artiste, qu'il soit styliste ou cinéaste, est en effet quelqu'un qui vous embarque dans son univers qui lui ressemble et le singularise tout en apportant à cette histoire singulière des accents d'universalité. Le deuil, la solitude, le temps qui passe, autant de sujets universels en plus de la beauté plastique pleinement assumée qui rend caduque toute critique de superficialité puisque cette beauté devient argument artistique. Que ce soit celle de Julianne Moore, désespérément glamour ou des jeunes hommes à la beauté fatale ou trompeusement lisse (à l'image du film) que croise George. Que ce soit celle d'un plan de regards, ceux que George croise ou celui de l'affiche de « Psychose ».

 Tom Ford y apporte son style, de la classe, une incontestable élégance  pour nous faire appréhender la beauté du monde, un monde entre la ravageuse sensualité de Gucci et la sobre élégance de Saint-Laurent pour lesquels Tom Ford a travaillé. La sublime photographie  d'Eduard Grau, la musique et les costumes évidemment soignés complètent le tableau et la reconstitution subtile et magnifiée d'une époque.

Un (premier) film incontestablement personnel d'une touchante et rare naïveté, un voyage sensoriel et sensuel d'un pessimisme lumineux et d'une beauté sombre, élégante, troublante avec comme guide l'excellent Colin Firth (qui a reçu pour ce film la Coupe Volpi de l'interprétation masculine au dernier Festival de Venise). Laissez-vous (em)porter... vous ne le regretterez pas !

Sortie en salles : 24 février 2010

23:33 Écrit par Sandra Mézière dans CONFERENCES DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, tom ford, colin firth, julianne moore, a single man | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

30/01/2010

Avant-première-Critique de « A single man » de Tom Ford avec Colin Firth, Julianne Moore…

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Los Angeles, en 1962. Depuis qu'il a perdu son compagnon Jim (Matthew Goode) dans un accident, George Falconer (Colin Firth), professeur d'université Britannique, se sent incapable d'envisager l'avenir. Solitaire malgré le soutien de son amie Charley (Julianne Moore), George essaie en vain de « vivre comme avant ». Une série d'évènements et de rencontres vont l'amener à décider s'il peut y avoir une vie après Jim.

J'ai abordé ce film sans en avoir vu la bande annonce, sans en connaître le sujet. Tout juste savais-je que le styliste Tom Ford en était le réalisateur, scénariste et producteur. En quelques secondes, en quelques plans, j'étais dans l'ailleurs universel de cet homme singulier, porté par le charme ensorcelant de l'univers visuel de Tom Ford. Un univers d'une rare élégance, tantôt sombre, tantôt lumineux à l'image des variations de couleurs sur lesquelles influe l'humeur de George (et par lesquelles Tom Ford a eu la judicieuse idée de remplacer le monologue intérieur du roman de Christopher Iserwood « Un homme au singulier » dont il s'est inspiré pour ce film ).

L'intrigue se déroule en une journée, une journée à l'issue de laquelle George a décidé de se suicider. Le compte à rebours est lancé. Quelques heures pendant lesquelles chaque minute compte plus que toute autre. Ou le présent prend toute sa douloureuse et belle signification. Ou la beauté des choses simples de la vie prend une toute autre dimension. La beauté des visages et des corps. La beauté des fleurs. La beauté des objets. La beauté des regards. Ceux des autres ou celui apposé sur le monde qui les et nous entoure.

Les ralentis langoureux, la musique languissante (de Shigeru Umebayashi  mais aussi de  Abel Korzeniowski) nimbent ce single man, ce et ceux qui l'entourent d'une sensualité et d'une poésie envoûtantes qui rappellent celles de Wong Kar Wai (référence assumée puisque Shigeru Umebayashi est son compositeur). La solitude de George (mais aussi celle de Charley), la menace d'une guerre nucléaire en pleine crise des missiles de Cuba, la destinée de cette journée fatale renforcent la beauté fugace de chaque instant et de chaque rencontre. A l'image des personnages, nous sommes immergés dans la beauté sensuelle de l'instant.  Chaque rencontre évoque la beauté évanescente du possible, d'un désir.

A single man est le film d'un artiste, et cela saute aux yeux dès les premiers plans. Un artiste, qu'il soit styliste ou cinéaste, est en effet quelqu'un qui vous embarque dans son univers qui lui ressemble et le singularise tout en apportant à cette histoire singulière des accents d'universalité. Le deuil, la solitude, le temps qui passe, autant de sujets universels en plus de la beauté plastique pleinement assumée qui rend caduque toute critique de superficialité puisque cette beauté devient argument artistique. Que ce soit celle de Julianne Moore, désespérément glamour ou des jeunes hommes à la beauté fatale ou trompeusement lisse (à l'image du film) que croise George. Que ce soit celle d'un plan de regards, ceux que George croise ou celui de l'affiche de « Psychose ».

 Tom Ford y apporte son style, de la classe, une incontestable élégance  pour nous faire appréhender la beauté du monde, un monde entre la ravageuse sensualité de Gucci et la sobre élégance de Saint-Laurent pour lesquels Tom Ford a travaillé. La sublime photographie  d'Eduard Grau, la musique et les costumes évidemment soignés complètent le tableau et la reconstitution subtile et magnifiée d'une époque.

Un (premier) film incontestablement personnel d'une touchante et rare naïveté, un voyage sensoriel et sensuel d'un pessimisme lumineux et d'une beauté sombre, élégante, troublante avec comme guide l'excellent Colin Firth (qui a reçu pour ce film la Coupe Volpi de l'interprétation masculine au dernier Festival de Venise). Laissez-vous (em)porter... vous ne le regretterez pas !

Sortie en salles : 24 février 2010