Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Louise Wimmer »de Cyril Mennegun: prix du syndicat français de la critique du meilleur premier long-métrage

Je poursuis ma semaine « spéciale César » (retrouvez, en cliquant ici, les nominations complètes, mes commentaires, pronostics et les critiques de films en lice) avec un bouleversant 1er film qui vient d’obtenir le prix du syndicat français du meilleur premier long-métrage. Le film est nommé aux César comme meilleur premier film et l’actrice principale, la magistrale Corinne Masiero ( également présente dans « De rouille et d’os ») est d’ailleurs nommée dans la catégorie meilleure actrice face à Catherine Frot dans Les Saveurs du palais, Marion Cotillard dans De rouille et d’os, Noémie Lvovsky dans Camille redouble, Emmanuelle Riva dans Amour, Léa Seydoux dans Les Adieux à la reine, Hélène Vincent dans Quelques heures de printemps. Si vous avez vu le film, vous comprenez à quel point c’est justifié et, si vous ne l’avez pas vu, j’espère que cette nomination aux César vous en donnera envie ou, peut-être, ma critique, ci-dessous, publiée suite au Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz 2011 dans le cadre duquel je l’ai découvert. Je souhaite en tout cas à cette actrice qui mérite d’être (re)connue ce prix qu’elle mérite.

louise2.jpg

Synopsis « officiel » : « Après une séparation douloureuse, Louise Wimmer a laissé sa vie d’avant loin derrière elle. A la veille de ses cinquante ans, elle vit dans sa voiture et a pour seul but de trouver un appartement et de repartir de zéro. Armée de sa voiture et de la voix de Nina Simone, elle veut tout faire pour reconquérir sa vie. »-

Louise Wimmer est une femme comme il y en a tant d’autres, que nous croisons sans le savoir, qui se drapent dans leur fierté pour dissimuler leurs malheurs. Son histoire se déroule par bribes, de judicieuses ellipses qui renforcent le caractère universel du sujet, dramatiquement actuel.

 

Nous devinons qu’elle s’est retrouvée à la rue suite à une séparation, ce que tout son entourage ignore. Au lieu d’en faire une femme pitoyable, Cyril Mennegun dresse le portrait une femme noble et fière et même au départ un peu antipathique que le spectateur, au fil du récit, l’accompagnant dans ses échecs révoltants, prend en empathie. Corinne Masiero incarne magistralement Louise Wimmer dont le visage âpre marqué par la vie en devient beau tant Cyril Mennegun la filme avec justesse, empathie, et dignité. Elle dévore l’écran, nous happe, tant elle donne corps et âme à cette femme qui ressemble à la fois à tant d’autres et aucune autre.

Je partage l’émotion qui a submergé le délégué général du festival de Saint-Jean de Luz quand il a dû interviewer le réalisateur et son actrice juste après la projection. Une belle leçon d’humanité (mais qui, surtout ne se donne pas des airs de leçon). Sans oublier la musique de Nina Simone symbole de liberté et d’emprisonnement aussi puisque c’est la seule musique que Louise peut écouter et qui évoque la même beauté rude et douloureuse que celle de son personnage.

Cyril Mennegun est avant tout réalisateur de documentaires et son expérience nourrit prodigieusement son film qui exhale de troublants accents de réalisme, sa caméra ne quittant pas cette femme. Un film plein de vie, de violence dramatiquement quotidienne aussi, empreint d’un regard jamais complaisant.

Cyril Mennegun a ainsi raconté que c’est après avoir croisé, lors du tournage d’un documentaire, une femme qui s’appelait Corinne et vivait dans sa voiture, mais qu’il n’a « jamais pu filmer » et qu’il a « perdu assez vite », qu’est née l’idée du film, une histoire semble-t-il aussi proche de ce qu’a pu vivre la comédienne (que Cyril Mennegun dit avoir découverte dans un téléfilm diffusé un soir à la télévision). « Ce film est empreint de ce qu’elle est » a-t-il ainsi déclaré.

Un film plein de vie et, comme elle et son incroyable interprète principale (Corinne Masiero), âpre et lumineux. Ce fut le premier grand choc cinématographique de cette année 2012, à découvrir absolument. La découverte d’un cinéaste qui rappelle les plus grands cinéastes du réalisme social britannique et d’une comédienne qui porte ce film magnifiquement bouleversant et tristement universel, et qui s’achève sur une note d’espoir d’une beauté aussi simple que ravageuse.

Commentaires

  • Bonjour, je trouve que Corinne Masiero aurait mérité un prix à elle toute seule. Elle porte le film. Bonne après-midi.

  • @dasola: l'un n'empêche pas l'autre mais cette actrice est en effet incroyable.

Les commentaires sont fermés.