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  • Critique de « Flight » de Robert Zemeckis avec Denzel Washington, Kelly Reilly… et vidéo de la conférence de presse

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    Après avoir assisté à la master class de Robert Zemeckis, Denzel Washington et Kelly Reilly puis à l’avant-première du film, j’ai également assisté à sa conférence de presse dont vous pouvez retrouver ma vidéo ci-dessus.

    Ecrit par le scénariste John Gatins, le projet a mis plus de dix ans à aboutir non sans certaines concessions budgétaires notamment sur les salaires de Denzel Washington et Robert Zemeckis. « Flight » marque aussi le retour du réalisateur Robert Zemeckis au tournage « direct » après 12 années pendant lesquelles il s’est consacré à la réalisation de films en motion capture.

    Whip Whitaker (Denzel Washington) est un  pilote de ligne chevronné. Il réussit miraculeusement à faire atterrir son avion en catastrophe après un accident en plein ciel… Un acte héroïque et Whip est d’ailleurs salué comme un héros après le crash malgré les 6 victimes, un moindre « mal » au regard de ce que cela aurait pu être. Tandis qu’il est exposé en pleine lumière, Whip va révéler des zones d’ombres bien éloignées de l’image de l’homme héroïque pour lequel on veut le faire passer (et pour lequel il a d’ailleurs la lâcheté de se faire passer). A l’hôpital, il va rencontrer Nicole (Kelly Reilly), une droguée qu’il va rapidement héberger.

    Les catastrophes, aussi dramatiques soient-elles ou plutôt justement parce que dramatiques constituent toujours des sujets éminemment cinématographiques. On se souvient ainsi de l’atterrissage sur l’Hudson qui aurait pu faire un film « magnifique » (je ne doute pas que des scénaristes américains planchent sur le sujet). L’idée de « Flight » a néanmoins germé dans l’esprit de John Gatins avant cette catastrophe, celui-ci s’étant davantage inspiré de sa propre réalité, et de son addiction à l’alcool, que de cette catastrophe aérienne.

    Le crash ne constitue en effet que les vingt (spectaculaires) premières minutes du film. La caméra de Zemeckis (qui ne manque décidément pas d’imagination quand il s’agit de filmer des crashs, on se souvient de celui de « Seul au monde », d’ailleurs filmé différemment) ne quitte jamais le cockpit. En résultent une tension réelle, et une impression de claustrophobie et d’emprisonnement (d’ailleurs métaphorique de l’autre que constitue l’addiction à l’alcool pour Whip) particulièrement efficaces.

    Whip va ensuite s’enfermer dans ses mensonges auxquels il est aussi « accro » qu’à la drogue et à l’alcool. Whip, (anti)héros amoral, est en effet humain et donc faillible et vulnérable, sans doute l’aspect le plus intéressant du film que le cinéaste n’assume malheureusement jamais pleinement.

    Ainsi, par une première scène de nudité frontale et de prise de drogue, Zemeckis semble se dédouaner de toute suspicion de moralisme et ne pas assumer la rédemption de son personnage de même que le personnage de l’ami vénéneux (exubérant et étonnant John Goodman)  lui permet de ne pas assumer complètement le film dramatique et d’instiller ainsi des moments de respiration.  Rarement un film aura autant accumulé les symboles religieux et l’excuse de la volonté de Dieu pour tout justifier, avec un simplisme édifiant. Ainsi, la flèche du clocher d’une église pentecôtiste est arrachée par l’avion lors de sa descente, symbole élémentaire pour signifier là la volonté de Dieu qui ouvrira la voie (longue et laborieuse) de la rédemption pour Whip. Par ailleurs, tous les personnages évoquent ou invoquent Dieu à un moment ou un autre du film, sans parler d’un homme atteint de cancer qui se résigne parce que « c’est la volonté de Dieu » et j’ignore si je dois trouver cela ridicule ou indécent ou les deux. Sans doute pourrait-on se dire que Zemeckis se moque et prend tout cela au second degré mais l’accumulation de scènes et symboles se référant à la religion annihile cet argument (il l’assume d’ailleurs pleinement comme vous le verrez dans la vidéo de la conférence de presse).

    Dommage que Kelly Reilly, lumineuse présence, en soit réduite à une sorte d’alibi, les personnages féminins n’échappent en effet pas à la caricature et le scénariste semble s’être uniquement concentré sur la complexité de Denzel Washington réduisant les femmes elles aussi à des symboles. Ce dernier est nommé dans la catégorie meilleur acteur aux Oscars. Certes plutôt convaincant, il ne fait pas le poids face à un Daniel Day-Lewis époustouflant dans "Lincoln" de Spielberg.

    Avec ce film «Zemeckis, a une nouvelle fois voulu dresser le portrait d’un homme différent, perdu, « seul au monde » comme l’était celui du film éponyme ou de « Forrest Gump », un personnage qui aurait pu être passionnant si ses aspects sombres n’avaient été totalement édulcorés par le discours et le symbolisme religieux simplistes et édifiants. Une impression de gâchis après vingt minutes de début réellement prenantes, et les contradictions du personnage (ainsi que la manière de les traiter en thriller) qui auraient aussi pu l’être. Le paroxysme du ridicule est atteint avec cette fin et une réplique digne d’un sketch caricatural sur les blockbusters américains que n’auraient pas détesté employer Kad et Olivier dans « Mais qui a re-tué Pamela Rose » ( une réplique dont je ne vous priverai pas du plaisir de la découverte). Oui, un beau gâchis.

    Sortie en salles : le 13 février 2013

  • Programme du Festival International du Premier Film d'Annonay 2013

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    Je vous parle chaque année de ce formidable festival dirigé par le très cinéphile et enthousiaste Gaël Labanti, un festival dont j'ai eu le grand plaisir de faire partie du jury en 2007 (sur concours qui existe d'ailleurs toujours et qui permet à des cinéphiles d'intégrer son jury qui présente la particularité de n'être composé que de cinéphiles choisis par ce biais à l'exception du président du jury, le plus souvent un cinéaste).

    Ce festival qui aura lieu cette année du 1er au 11 février 2013 met en avant les premiers films et propose une programmation particulièrement diversifiée, a fortiori cette année qui marque les 30 ans du festival à l'occasion desquels une programmation spécifique sera proposée avec de nombreux grands films que je vous recommande.

    Le festival propose également le livre des 30 ans à cette occasion. Vous pourrez y voir l'incroyable générique de grands cinéastes et comédiens venus à Annonay.

    C'est Bernard JeanJean qui présidera le jury cette année et la comédienne Audrey Bastien (que vous avez pu notamment voir dans le magnifique "J'aime regarder les filles" de Frédéric Louf) qui présidera le jury lycéen.

    Je vous recommande notamment "A perdre la raison" de Joachim Lafosse, "J'enrage de son absence" de Sandrine Bonnaire, "Les Bêtes du sud sauvage" de Benh Zeitlin, "Au-delà des collines" de Cristian Mungiu, 4 films sublimes (parmi d'autres) qui faisaient partie de mon top de l'année 2012 et projetés au festival et dont vous pouvez retrouver mes critiques en cliquant sur leurs titres.

    -Comme chaque année, le festival propose une sélection de films en compétition

    Parmi les 275 longs métrages reçus cette année, le Comité de sélection a décidé de retenir les huit films suivants pour sa section compétitive de la 30ème édition :

    ELECTRICK CHILDREN (Rebecca Thomas / États-Unis)
    HELL (Tim Fehlbaum / Suisse)
    LA JUBILADA (Jairo Boisier / Chili)
    LE MUR INVISIBLE (Julian Roman Pölsler / Allemagne)
    MY BROTHER THE DEVIL (Sally El Hosaini / Royaume Uni)
    OFF WHITE LIES (Maya Kenig / Israël)
    PERIFERIC (Bogdan George Apetri / Roumanie)
    TEDDY BEAR (Mads Matthiesen / Danemark)

    1ers films hors compétition:

    • Alyah
    • Augustine
    • Broken
    • Dead Man Talking
    • Des Morceaux de Moi
    • Gimme the Loot
    • Hors les Murs
    • J’Enrage de son Absence
    • La Vierge, les Coptes et Moi
    • Le Sommeil d’Or
    • Les Bêtes du Sud Sauvage
    • Les Saphirs
    • Mobile Home
    • Ombline

    30 ans de découvertes

    • À Perdre La Raison
    • À Propos d’Elly
    • Au-Delà des Collines
    • Capitaine Achab
    • La Fée
    • Le Thé ou l’Électricité
    • Left Bank
    • Les Conséquences de l’Amour
    • L’Enfant d’en Haut
    • Pauline Détective
    • Queen of Montreuil
    • Une Histoire d’Amour

    Tout public

    • Couleur De Peau : Miel
    • Le Tableau
    • Pinocchio
    • Rumba
    • 10, 11, 12... Pougne

    Séances spéciales

    • À Nos Amours
    • Ciné Concert : Marc Perrone / Charly Chaplin
    • J’Veux pas que tu t’en Ailles
    • La Pomme

    Courts-métrages

    • American Football
    • Bad Gones
    • Kali le Petit Vampire
    • Les Chiens Verts
    • Mon Amoureux
    • Ce Chemin Devant Moi

    Pour en savoir plus sur le Festival d'Annonay:

    -Site officiel du festival: http://www.annonaypremierfilm.org/

    -Page Facebook du festival: https://www.facebook.com/pages/Festival-International-du-Premier-Film-Annonay-et-Pays-Annon%C3%A9en/257655727593

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