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  • Aujourd'hui ne manquez pas: "Tournée" de Mathieu Amalric (prix de la mise en scène du Festival de Cannes 2010) !

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  • Avant-première - Critique de « Twilight – Chapitre 3 : Hésitation » de David Slade avec Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner …

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    Il y a 15 jours, je découvrais donc le troisième opus de la saga Twilight et par la même l’univers inventé par Stephenie Meyer, n’ayant pas vu les deux premiers « Twilight » (Fascination et Tentation).  Pour cause d’embargo, c’est seulement aujourd’hui que je peux vous livrer mes impressions que, je n’en doute pas, vous brûlez (telle Bella pour son Edward) de connaître.

     Dans ce troisième opus intitulé « Hésitation », Bella (Kristen Stewart) toujours fascinée par son vampire au visage d’une blancheur cadavérique Edward (Robert Pattinson), est plus que jamais déterminée à devenir vampire à son tour pour être éternellement liée à lui.  Pendant ce temps, des morts suspectes dans les environs de Seattle laissent présager une nouvelle menace pour Bella. Victoria (Bryce Dallas Howard) rassemble ainsi une armée de « nouveaux nés » d’un nouveau genre pour assouvir sa vengeance contre elle. Malgré leur haine ancestrale les Cullen et les Quileutes vont devoir faire une trêve et s’associer pour avoir une chance de la sauver. Bella doit alors choisir entre son amour pour Edward et son amitié pour Jacob (Taylor Lautner) tout en sachant que sa décision pourrait relancer la guerre entre les deux clans.

    Plus d’1,1 milliard de recettes dans le monde entier à ce jour pour la saga Twilight. Le DVD de « Tentation » vendu à plus de 4 millions d’exemplaires le premier week end de sa sortie aux Etats-Unis en mars 2010 et meilleure vente de l’année avec 9,2 millions d’exemplaires. Plus qu’un film c’est un véritable phénomène générationnel. J’étais donc prête sans le moindre préjugé à me plonger dans cet univers romantique dans lequel immortels et humains vivent des amours impossibles tels des Capulet et Montaigu d’une autre ère.   Et c’est justement là que le bât blesse, malgré toute ma bonne volonté et mon goût pour le romanesque, je me suis royalement ennuyée et suis constamment restée à distance. A distance d’une intrigue dont l’enjeu dramatique m’a échappé : Bella est totalement hypnotisée par son vampire de fiancé et on ne croit guère à ses hésitations, pas plus qu’au danger qui rôde. Et surtout c’est le film en lui-même qui semble imprégné du caractère velléitaire de son personnage principal : évitant la violence (des vampires doux comme des agneaux, ne pas voir une goutte de sang ou à peine en devient ridicule dans un film de vampires), mettant en scène un désir qui a la froideur de celui qui l’inspire sans parler du troisième élément du « triangle amoureux » dont la seule occupation semble être d’exhiber son torse imberbe.

    Evidemment, je devine déjà les critiques qui vont s’en donner à cœur joie sur la mièvrerie d’un film souvent drôle à ses dépends ou maladroitement quand il l’est volontairement (enfin je l’espère, rassurez-moi la scène de la tente n’était pas à prendre au premier degré ?) rivalisant de cynisme pour stigmatiser les candides qui se  laissent berner par cette guimauve. Loin de moi cette idée car indépendamment de ses défauts cinématographiques (j’avoue que l’absence de réalisation m’a consternée mais pouvions-nous en attendre davantage du réalisateur du démagogique «  Hard candy » ?) si les adolescents qui ont fait le succès des deux premiers opus y trouvent un écho à leurs questionnements, leurs fascinations, tentations, hésitations, c’est que d’une certaine manière « Twilight » est efficace et plus malin qu’il n’y paraît à défaut d’être cinématographiquement recommandable (du jeu à la réalisation, j’avoue que le niveau est plutôt celui d’un téléfilm d’une piètre qualité).

    Métaphore de l’adolescence avec son besoin de se créer des modèles, ses désirs et ses frustrations, et ses hésitations entre plusieurs possibles, « Twilight » manque pourtant cruellement de ces fièvres et ces passions qui accompagnent l’adolescence. Tout est pourtant habilement fait pour que l’identification opère : Bella en plein parcours initiatique doit faire des choix cruciaux pour son avenir. Elle apprend à devenir adulte et à assumer les conséquences de ses choix, elle a envie d’être quelqu’un d’autre tandis que le vampire Edward symbolise l’être différent que tout adolescent considère être.

    Pour un film qui prétend parler de grand amour, dans le fond comme dans la forme, ce « Twilight » avec ses vampires blafards et à l’eau de rose manque singulièrement de souffle, de charme et ne m’a ni tentée, ni fascinée et me fera très certainement hésiter quand il s’agira de voir le prochain opus. Ce qui ne sera certainement pas le cas des accros qui y retrouveront là le miroir de leurs hésitations, aussi pâle et sans saveurs en soit le reflet.

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  • "L'autre monde" de Gilles Marchand: critique, bande-annonce et nouvel extrait

    autre9.jpgAvant le début du Festival Paris Cinéma 2010 et de mes comptes rendus en direct, je poursuis la présentation des films qui seront projetés dans le cadre du festival avec, aujourd'hui, "L'autre monde" de Gilles Marchand qui sera projeté le jeudi 8 juillet, au mk2 Bibliothèque, à 21H15 et  présenté par le réalisateur ainsi que les comédiens Louise Bourgoin, Pauline Etienne, Melvil Poupaud et les productrices Carole Scotta et Caroline Benjo. (Sortie en salles: le 14 juillet)

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    Alors que le virtuel prend de plus en plus le pas sur le réel ou en tout cas fait partie intégrante de nos existences, le cinéma s'empare de plus en plus du sujet, thème d'ailleurs récurrent de ce Festival de Cannes 2010. Gilles Marchand réalise là son deuxième long après « Qui a tué Bambi »  qui, comme « L'Autre monde » sélectionné hors compétition du Festival de Cannes 2010, figurait en sélection officielle du Festival de Cannes (2003). Gilles Marchand est avant tout scénariste, notamment des films de Dominik Moll dans lesquels une situation ordinaire dérapait déjà toujours vers une réalité déroutante. Déjà vers un autre monde.

    L'été dans le Sud de la France. Gaspard (Grégoire Leprince-Ringuet) vient de tomber amoureux de Marion (Pauline Etienne.) Il partage son temps entre cette dernière et ses deux meilleurs amis. Mais un jour, alors qu'il se trouve avec Marion, il va tomber par hasard sur un portable égaré, celui d'Audrey (Louise Bourgoin). Les jeunes amoureux vont alors aller à un rendez-vous donné sur le portable d'Audrey.  Gaspard ne peut s'empêcher d'être attiré par cette jeune femme belle, sombre et double. Gaspard découvre que sur un jeu en réseau « Black hole » Audrey est Sam. Gaspard se crée à son tour un avatar pour la rejoindre.  La vie de Gaspard va alors basculer. Dans L'Autre Monde...et dans celui-ci.

    L'écueil à éviter était de tomber dans le film pour jeunes ou uniquement destiné aux amateurs de jeux vidéos. Un écueil intelligemment contourné par un scénario qui mêle judicieusement l'univers réaliste et lumineux de la réalité par lequel le film commence, à celui inquiétant et sombre de l'univers virtuel dans lequel il nous plonge progressivement. Si les adultes ou du moins les personnes responsables sont peu présentes, (à l'exception du père de Marion, autoritaire et menaçant) chacun peut  néanmoins s'identifier à Grégoire Leprince Ringuet qui incarne un jeune homme normal et heureux qui perd progressivement le sens des réalités.

    Par un habile jeu de mise en abyme, le frère d'Audrey (Melvil Poupaud) est d'une certaine manière le double du scénariste/réalisateur et le spectateur celui de Gaspard puisque le film le plonge lui aussi dans un « autre monde » sur lequel il désire en savoir davantage et puisqu'il est lui aussi manipulé par le réalisateur/démiurge comme l'est Gaspard. Le film joue sur la tentation universelle de fuir la réalité que ce soit par le cinéma ou en s'immergeant dans un univers virtuel. Audrey/Sam symbolise à elle seule cet autre monde, celui du fantasme, et des tentations adolescentes de jouer avec son identité et avec la mort. Un monde de leurres, ici aussi troublant, fascinant que malsain. Un univers factice qui donne une illusion d'évasion et rejaillit sur la réalité. Un monde qui a pour seul loi les désirs, érotiques et/ou morbides. Que serait un monde sans morale et sans loi ? Black hole. Un trou noir.

     Sans être moraliste (et heureusement), le film met en garde contre ces univers virtuels dans lesquels mourir se fait d'un simple clic et où jouer avec la vie devient un jeu enfantin. Le sens, absurde, de cette réalité virtuelle se substitue alors au sens des réalités et la mort, mot qui perd alors tout sens, devient un jeu dans la vie réelle comme dans cette scène où les amis de Garspard se placent devant des voitures lancées à vive allure.

     « Black hole » c'est à la fois l'évasion et le paradis (heaven comme le tatouage que porte Audrey) mais Heaven symbolise aussi cet univers de perdition dans lequel Audrey est Sam. Un univers auquel les images d'animation procurent une beauté sombre et troublante.

    Par une réalisation fluide, Gilles Marchand nous embarque nous aussi dans un autre monde, un monde de contrastes entre luminosité et noirceur, entre film réaliste et archétypes du film noir (avec sa femme fatale et ses rues sombres de rigueur), un monde dangereusement fascinant, sombre et sensuel comme cette plage noire, purgatoire où se retrouvent les morts de « Black hole ».

    Louise Bourgoin est parfaite en fragile femme fatale, sensuelle et mystérieuse face à un Grégoire Leprince-Ringuet dont la douceur et la normalité semblent à tout instant pouvoir basculer, un être lumineux dont « Black hole » va révéler les zones d'ombre. Pauline Etienne est elle aussi parfaite en jeune fille enjouée et fraîche qui connaît ses premiers émois amoureux.

     « L'Autre monde » est une brillante mise en abyme,  un film  sur le voyeurisme, la manipulation, la frontière de plus en plus étroite entre réel et virtuel qui  plonge le spectateur dans un  ailleurs aussi inquiétant que fascinant, un film haletant, savamment « addictif » comme « Black hole », qui nous déroute et détourne habilement de la réalité. Un film que je vous recommande vivement !

    En introduction à la projection, Gilles Marchand a ainsi précisé que le rapport du joueur au jeu, à l'écran l'avait toujours intrigué : « Les choses qui se passent dans le monde virtuel me paraissent particulières à notre époque et universelles. Ce qui m'intéressait c'était d'avoir une narration fluide et un montage parallèle entre ces deux mondes. Second life a fait partie de l'inspiration. Le fait qu'il n'y ait pas de but précis dans le jeu m'intéressait. On était entre le réseau social et le jeu. Ce qui m'intéressait aussi c'était le parcours de Gaspard, son hésitation entre deux femmes, deux archétypes de femmes ».

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 Pin it! 0 commentaire