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CHRONIQUES MUSICALES - Page 2

  • LES CHANSONS DE L’INNOCENCE RETROUVEE d’ETIENNE DAHO : l’album de cette fin d’année et histoire de nos rendez-vous manqués

     

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    Cinq ans. Il y a cinq ans, déjà, j’assistais au concert  d'Etienne Daho à l'Olympia pour  Obsession tour. Un concert élégant et sensuel, fiévreux et électrique, poétique et magnétique. En bref, un moment inoubliable sur lequel je ne peux m’empêcher de revenir ci-dessous.

    C’était un samedi soir sur la terre comme l’aurait chanté Cabrel. Un samedi soir Boulevard des Capucines, à l’Olympia. Un soir de juin. Ce soir-là, il pleuvait tristement, inlassablement.

    Neuf ans auparavant, en octobre 1999, j’avais été sélectionnée sur lettre sur le cinéma Britannique pour intégrer le jury du Festival du Film Britannique de Dinard alors présidé par Jane Birkin et dont Etienne Daho était également membre se distinguant par une discrétion, une affabilité et une sensibilité rares et émouvantes, une sincérité et une pudeur touchantes. A la fin du festival, il m’avait proposé (en tout bien tout honneur) de transmettre mes coordonnées à son secrétaire pour que je sois invitée à ses prochains concerts. Je n’avais pas osé. Rendez-vous manqué… J’ai ensuite commencé à écouter sa musique que je connaissais si peu, à vraiment l’écouter, à l'apprécier vraiment aussi pour finalement être totalement envoûtée.   Depuis, je l’ai aperçu dans un célèbre hôtel de la côte bretonne où je séjournais en même temps que lui. Je n’ai pas osé l’aborder, le déranger. Rendez-vous manqué, à nouveau.  J’ai simplement griffonné gauchement et de mes hiéroglyphes légendaires quelques mots que je lui ai faits transmettre et dont j’ignore aujourd’hui encore s’il les a reçus et lus. 

    Cher Etienne, si par un heureux hasard - je sais que vous les affectionnez-, vous tombez sur ces mots, merci de la gentillesse et l’élégance dont vous aviez alors fait preuve à mon égard, étudiante maladroite car intimidée par le prestigieux jury qui m’entourait, et merci pour votre musique et vos mots qui m’ont si souvent accompagnée, ensorcelée. Merci aussi, sans le savoir, de m'avoir porté bonheur puisque mon premier roman publié portait le titre d'une de vos chansons que j'aime tant Le Brasier. Et, surtout, j'espère que vos ennuis de santé ne sont plus qu'un mauvais souvenir...

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    « Il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence.»  Telles sont les premières paroles du sublime morceau Ouverture de  l’album Corps et Armes, véritable ode au public et allégorie amoureuse, public à qui, ce soir-là,  à l’Olympia, il avait confié que c’était sa chanson préférée, lui rendant subtilement hommage. Non, il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence. Et sans ce rendez-vous du destin à Dinard, probablement ne serais-je jamais allée à l’Olympia ce soir de 2008,  ni l’écouter à Rennes, la ville de ses débuts, lorsque j’y étudiais encore, il y a quelques années. Et probablement n’aurais-je pas écouté ces Chansons de l’innocence retrouvée qui, en des jours tragiques, me donnent l’audace inespérée de croire que même après des moments terribles, il est possible de retrouver le goût de la légèreté.

    Alors, certes il pleuvait tristement et inlassablement ce soir de juin 2008 mais quand je suis entrée dans les couloirs solennels de l’Olympia, noirs et rouges, couleurs d’une sobriété mystérieuse et passionnée, c’était déjà une promesse paradoxale d’une obscurité lumineuse et ensoleillée, à l’image de ce concert et de son interprète.

    L’embellie a commencé avec les « Ukulélé girls » qui assuraient (oui, elles assuraient) sa première partie, un groupe de quatre filles qui revisitent la musique pop au Ukulélé et avec une belle allégresse et originalité comme avec  cette reprise réussie de « Gangsta Paradise » de Coolio (www.myspace.com/ukulelegirls ).

    Puis la lumière s’est rallumée, la tension est montée d’un cran. Quand Etienne Daho a entonné les premières notes de L’invitation (Victoire de la musique 2008 du meilleur album pop rock), alors plus rien d’autre n’existait et la foule s’est unanimement levée, galvanisée déjà.

    Il est apparu sur scène juste vêtu d’un costume noir à même la peau, à la fois à fleur de peau et à  nu, dans tous les sens du terme, ainsi aussi vêtu de mystère magnétique. Je crois, je suis certaine même, de ne jamais avoir assisté à un concert où l’atmosphère, dès les premières notes, était aussi électrique et festive. Ses premiers mots ont été de dire que nous « ferions la fête ensemble », « ce soir un peu spécial » incluant immédiatement le public, pourtant déjà conquis.

    Enfiévré, s’épongeant régulièrement et langoureusement le front, dansant tout aussi langoureusement, d’une élégance sensuelle, d’une passion communicative, il a ensuite alterné entre morceaux de son dernier album « L’invitation » et titres plus anciens sans que jamais cette énergie électrique ne quitte la scène ni la salle. De son adaptation du poème de Genet  Le condamné à mort  dans la chanson Sur le cou, poème « sulfureux et poignant » comme il l’a décrit,  à l’image de ce concert, à Paris, Le Flore extrait du mythique album  Pop Satori dit fondateur de la Pop française aux Heures hindoues en passant par Mon manège à moi reprise d’Edith Piaf ou par le charnel et poétique « Les Fleurs de l’ interdit » inspiré de ses  trépidantes nuits sans fin à Barcelone. «  La notte, la notte » qu’il évoque d’ailleurs souvent nous entraînant en mots et musiques enivrantes dans ses dérives salutaires. Et même s’il dit que « La chanson est le seul langage qu’il maîtrise », d’ailleurs magnifiquement, il était ce soir-là plutôt bavard, poétiquement drôle et drôlement poétique.

    Bien sûr, quand il a chanté Boulevard des Capucines, une chanson sur le pardon inspirée d’une lettre que lui a écrite son père peu de temps avant sa mort, une émotion silencieuse et palpable s’est emparée de la salle du Boulevard des Capucines, étrange résonance entre les mots chantés et la réalité. Il a eu la pudeur d’insérer  cette chanson entre deux autres, de ne rien en dire, évidemment tout était dit…

    Le concert s’est achevé par Cap Falcon  qui évoque ce lieu à 20 kilomètres d’Oran, en Algérie, où il a passé ses premières années, un endroit  auquel « il pensait particulièrement ces derniers jours » parce qu’ils y avaient pour voisin un certain Yves Saint-Laurent décédé  peu de temps avant le concert…

    Daho sait écrire et interpréter la passion avec une intensité rare dont semblait vibrer toute la salle de l’Olympia ce soir-là,  une intensité qui sait vous donner viscéralement ce sentiment qu’aujourd’hui est « le premier jour du reste de [notre] vie » et que nous « aurons toute la mort pour vivre avec des remords, des regrets », sublime « étreinte de la liberté ».

    Sur scène et en chanson (dans Un air étrange) il a su faire rimer  et danser « cimes » et « abîme », en un tango rock périlleusement passionnel, il a vacillé (et emploie d’ailleurs souvent ce mot) et su nous faire vaciller. Le trio de cordes et "les sanglots longs des violons", la sobriété scénique, accroissaient encore la mélancolie joyeuse et poétique de cet instant dont on aurait aimé qu’il dure encore plus longtemps malgré ses plus de deux heures sur scène.

    C’est seul et à genoux qu’il a achevé ce concert. Nous aussi. A genoux. D’émotion. De gratitude. Puis il est réapparu, un court instant, seul devant le rideau rouge. Discret, presque effacé (j’ai repensé à Dinard, que talent et discrétion démesurés riment si bien ensemble), ému surtout sans doute.  La lumière s’est rallumée, violemment. Dénouement abrupte après ce spectacle tumultueux et inoubliable, fiévreux, intensément vivant, nous donnant aussi, encore plus, l’inestimable sentiment de l’être : un « brasier » incandescent.

    Non, décidément, il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence. C'était un samedi soir pluvieusement ensoleillé sur la terre, une irrésistible "invitation" "Boulevard  des Capucines"...

    Dehors, quand j’ai laissé derrière moi ce Boulevard des Capucines avec son « nom qui tout là haut scintille » peut-être pleuvait-il encore.  Je l’ignore. Je n’avais qu’un sentiment, celui qu’ « Il est des rendez-vous, Pas de coïncidence. »

    Oubliez cette pseudo-polémique absurde au sujet de la photographie de la pochette de son nouvel album Les chansons de l'innocence retrouvée (un « jardin d’Eden » signé Richard Dumas) et plongez-y sans hésiter pour vous laisser ensorceler par sa mélancolie joyeuse délicieuse(ment) contagieuse, son irrévérence gracieuse. Ecoutez et réécoutez aussi. Ses albums possèdent toujours cet étrange pouvoir : plus vous écoutez, plus vous aimez, moins vous pouvez vous en passer… 

    Au détour de ces 17 titres, vous  croiserez aussi Visconti, Camus, Giacometti...parfois deux versions (très différentes) de la même chanson avec, notamment, ce duo enchanteur avec Dominique A sur "En surface".

    On y retrouve ce mélange de sensualité et d’électricité, de fièvre et de mélancolie, et ses thèmes fétiches comme celui du destin, de la chance mais aussi une influence très cinématographique. Des sons et des mots qui s’enlacent, langoureux et joyeux, sensuels et tourmentés.

    Un grand retour après son interprétation du Condamné à mort de Genet avec Jeanne Moreau et le projet de Lou Doillon, Places,  album d’une beauté déchirante.

     A un moment où je redoute d’avoir perdu à jamais le goût de la légèreté, ces chansons de l’innocence retrouvée (en référence aux Chants de l’innocence de William Blake) m’ont réellement transportée, avec ces mots  tellement précis, ciselés, ensorcelants, poétiques et parfois tranchants, alliés à ce vibrant orchestre de cordes enregistrées à Abbey Road.  Au détour d’une chanson, l’Etrangère, vous croiserez Debbie Harry (Blondie) ou sur deux autres Nile Rodgers à la guitare. Ou une chanson plus engagée sur Lampedusa (Un Nouveau Printemps).

    Un douzième album  incontournable, un enchantement mélancolique que je ne me lasse pas d’écouter et réécouter, inlassablement comme tombait cette pluie ce jour de juin 2008 sur le Boulevard des Capucines, et en attendant le prochain rendez-vous (que je n'espère pas manqué et manquer), sans doute lors de la prochaine tournée à laquelle je ne manquerai pas d’assister et dont je vous donne toutes les dates ci-dessous.

     

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    Vous pourrez retrouver Etienne Daho à l’occasion de sa tournée « Diskönoir tour » avec, notamment, l’Olympia du 3 au 6 novembre 2014.

     

    Dates du 2 octobre au 20 décembre 2014.
    La tournée d’Etienne Daho, initialement prévue au Printemps 2014 est confirmée pour l’automne 2014.
    Les billets achetés sont remboursables auprès du point de vente ou restent valables pour les dates reportées si la salle est identique.
    La tournée passera par l’Olympia  du 3 au 6 Novembre 2014
    Toutes les dates sont disponibles sur le site http://www.tsprod.com, ainsi que dans tous les points de vente habituels dont La Fnac

     

    Le Domaine Privé consacré à Etienne Daho par la Cité de la Musique et la salle Pleyel initialement prévu en février 2014 est reporté en juillet 2014 et devient Une Jeunesse Modern.
    Il sera présenté dans le cadre du festival Days Off. dont Etienne Daho sera l’invité d’honneur.
    Le programme sera le suivant :
    Le 1 Juillet : Etienne Daho joue Pop Satori à la Cité de la Musique
    Le 5 Juillet : Etienne Daho Pop Hits à la Cité de la Musique
    Le 8 Juillet : Soirée Tombés pour la France à la Salle Pleyel
    Les billets achetés pour les dates initiales restent valables ou sont remboursables auprès du point de vente.

     

    Aussi, le 18 Juillet, Etienne Daho sera en concert à Lyon aux Nuits de Fourvière, le 25 septembre à Vélizy Villacoublay à L’Onde, le 27 septembre à Gap au Quatro, le 16 octobre à Rueil Malmaison au Théâtre André Malraux et le 16 décembre à Brest au Quartz. Ces dates seront ouverte à la réservation début 2014.

     

    Les dates du DISKÖNOIR TOUR – 2014 :
    Jeudi 02 Octobre 2014 – CHALONS EN CHAMPAGNE (51 ) – Le Capitole
    Vendredi 03 Octobre 2014 – LILLE (59) – Théâtre Sebastopol
    Samedi 04 octobre 2014 – BETHUNE (62) – Théâtre
    Mardi 07 octobre 2014 – MEAUX (77) – Théâtre du Luxembourg
    Jeudi 09 octobre 2014 – NANCY (54) – Salle Poirel
    Vendredi 10 octobre 2014 – THIONVILLE (57) – Théâtre
    Samedi 11 octobre 2014 – SAUSHEIM (68) – Espace Dolfus & Noack
    Jeudi 16 octobre 2014 – VELIZY VILLACOUBLAY (78) – L’Onde
    Vendredi 17 octobre 2014 – ESCH SUR ALZETTE (LUX) – Rockhal
    Samedi 18 octobre 2014 – STRASBOURG (67) – La Laiterie
    Jeudi 30 octobre 2014 – LIEGE (BE) – Le Forum
    Vendredi 31 octobre 2014 – BRUXELLES (BE) – Cirque Royal
    Du lundi 03 au jeudi 06 novembre 2014 – PARIS – Olympia
    Jeudi 13 novembre 2014 – MARSEILLE (13) – Le Silo
    Vendredi 14 novembre 2014 – CANNES (06) – Palais des Festivals
    Samedi 15 novembre 2014 – SAINTE MAXIME (83) – Le Carré
    Mercredi 19 novembre 2014 – ANNEMASSE (74) – Château Rouge
    Jeudi 20 novembre 2014 – GRENOBLE (38) – MC2
    Vendredi 21 novembre 2014 – BOURG LES VALENCE (26) – Théâtre le Rhône
    Samedi 22 novembre 2014 – CLERMONT FERRAND (63) – Coopérative de Mai
    Mardi 25 novembre 2014 – ROUEN (76) – Le 106
    Jeudi 27 novembre 2014 – SAINT LÔ (50) – Le Normandy
    Vendredi 28 novembre 2014 – NANTES (44) – Cite des Congrés
    Samedi 29 novembre 2014 – TOURS (37) – Le Vinci
    Mercredi 03 décembre 2014 – MONTCEAU LES MINES (71) – L’Embarcadère
    Jeudi 04 décembre 2014 – FIRMINY (42) – Le Firmament
    Samedi 06 Décembre 2014 – MORGES (CH) – Théâtre de Beausobres
    Vendredi 12 décembre – TARBES (65) – Le Parvis
    Samedi 13 décembre 2014 – SEIGNOSSE (40) – Les Bourdaines
    Jeudi 18 décembre 2014 – TOULOUSE (31) – Le Bikini
    Vendredi 19 décembre 2014 – BORDEAUX (33) -Théâtre Fémina
    Samedi 20 décembre 2014 – RENNES (35) – Le Liberté

    A noter également: 
    Daho fait son cinéma : Une sélection de films français réalisée par Étienne Daho, avec projection dans les cinémas Mk2 Quai de Loire et Quai de Seine 19e arrondissement de Paris.

     

    Les chansons de l’innocence retrouvée– Polydor – Universal Music

     

    Produit et arrangé par Etienne et Jean-Louis Piérot et co-produit par Richard Woodcraft

    Pour en savoir plus: http://dahofficial.com/

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  • Vincent Delerm à l'Olympia ce 16 Avril 2013

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    Vincent Delerm - Teaser du spectacle "Memory" par totoutard

    Ce soir, Vincent Delerm sera à l'Olympia. Je n'y serai malheureusement pas. A cette occasion, retrouvez, ci-dessous, "l'article" que je lui avais consacré  suite à son concert à La Cigale en 2006 et bon concert à ceux qui auront le plaisir et la chance d'y aller! Egalement, ci-dessus, un petit teaser et le résumé de ce concert, ci-dessous,  histoire de regretter un peu plus...

    "Memory", spectacle de et avec Vincent Delerm.
    Mise en scène de Vincent Delerm, avec la complicité artistique de Macha Makeïeff.
    Textes et chansons de Vincent Delerm.
    Musicien Nicolas Mathuriau.
    Lumières Nicolas Maisonneuve.

    Il y a toujours eu du théâtre dans les spectacles de Vincent Delerm.
    Depuis dix ans, ses 4 albums ont été l’occasion de mettre en scène les déambulations d'un personnage noir et blanc, ses pensées intérieures, son cinéma muet.

    C'est l'inverse cette fois-ci.
    Memory est un spectacle de théâtre, prétexte à présenter des chansons, écrites pour
    ce projet et ne figurant sur aucun album.
    Elles accompagnent la vie et les questionnements de Simon que Vincent Delerm
    interprète, accompagné du multi-instrumentiste Nicolas Mathuriau.

    Simon s'interroge sur le temps qui passe, sur la façon dont les modes se démodent,
    sur ce que nous attendons d'une existence, sur ce qui permettrait de ne pas se
    retrouver un beau soir « blanchi comme un cheval fourbu et glacé dans un lit de
    hasard ».
    « Avec le temps » est sa chanson préférée mais elle lui fait tellement d'effet qu'il ne
    supporte de l'écouter que dans sa version italienne, en été, sur un radio-cassette de
    voiture qui fait passer la bande un peu au ralenti.

    Memory parle de notre rapport au temps, aux âges de la vie et à la disparition.

    Avec la participation vocale et amicale de Woody Allen.

     

    Un soir de 29 novembre 2006 à La Cigale

     

     

     

    medium_delerm2.JPGC’était un soir de novembre à la Cigale,

     

    D’ailleurs cela a commencé par leurs voix si musicales

     

    Avec aussi le charme suranné d’images un peu jaunies

     

    Sur un rideau blanc quand même un peu décrépi

     

    Puis, l’un s’évanouit, l’autre apparut à nos yeux attendris, tout ouïe aussi

     

    Dans une salle qui aurait pu être de Chatenay Malabry

     

    Ou recevoir l’archevêque de Canterbury

     

    Mais c’était dans mon impitoyablement belle ville de Paris

     

    Là où le faux pas n’est pas permis

     

    medium_delerm1.JPGOù, pour presque rien,

     

    Cela peut s’achever en dénouement shakespearien

     

    Et puis des piqûres d’araignées

     

    Au doux présent nous ont ramenés

     

    A la poésie d’une époque un peu désenchantée

     

    Alors, son regard aiguisé il a baladé

     

    Avec son allure élégamment dégingandée

     

    Sur son époque passée enchantée

     

    Qu’il sait si joliment nous faire partager, regretter

     

    Sur son époque actuelle

     

    Sur laquelle il pose et ose son regard faussement cruel

     

    Avec sa voix devenue mélodieuse

     

    Sublimée par les notes de son piano, langoureuses

     

    Comme de belles et filmiques histoires

     

    Qu’il conterait à d’éternels enfants dans le noir

     

    Toujours l’ironie au bord des lèvres

     

    La pudeur de celui qui ne renonce pas aux rêves

     

    Qui sait que l’enfance est à jamais révolue

     

    Celle qui ne l’a jamais autant ému

     

    Qu’il nous appartient d’en garder toujours la folie

     

    De la raviver par notre goût immodéré d’envies, en vie,

     

    Qui cache sa nostalgie derrière une douce ironie

     

    Raillant Renaud, les capricornes, les koalas, juste la vie, surtout lui

     

    Hitchcock Truffaut les entretiens

     

    Ca aussi, nous avons en commun

     

    Cela ressemblait à un film de Fellini

     

    Avec lui, nous sommes allés en Italie

     

    Cela ressemblait à du Woody Allen

     

    L’humour pour si bien cacher ses peines

     

    Cela ressemblait à du Chaplin, simplement finalement à Delerm

     

    Qui, de sa plume, a capturé les plaies des temps modernes

     

    Empreint de toute la nostalgie de Truffaut

     

    Cela ressemblait à un film avec Jean-Pierre Léaud

     

    Qui se regarde et s’écoute comme un film d’antan

     

    Aussi captivant que la voix suave de Fanny Ardant

     

    On aurait dit ce film avec Charles Denner

     

    Dont il aurait pu composer l’air

     

    Cela ressemblait à du cinéma

     

    Il devrait passer derrière la caméra

     

    Et puis son air quelque peu distant

     

    Peut-être intimidé par la présence de son Philippe de parent

     

    Ou simplement l’humilité maladroite du talent

     

    Lecteurs du Figaro Madame ou de Libé

     

    A sa place le public l’a trop timidement entonné

     

    Par des diapos pourtant bien aidé

     

    Pour, avec lui, se retrouver en natation synchronisée

     

    Il a pourtant finalement si bien su l’envoûter, l’électriser

     

    Malgré l’air un peu blasé

     

    De certains Parisiens bobos par Renaud raillés

     

    Ou de provinciaux qui ont Sardou manqué

     

    Et se sont à La Cigale égarés

     

    Disant Delerm c’est bien mais faut aimer Delerm

     

    A moins qu’ils n’aient eu la déveine

     

    De dîner auparavant avec Anita Pettersen

     

    Réveillés quand même par le duo avec Fersen

     

    Qui nous a entraînés dans sa rengaine

     

    La salle a enfin trouvé son entrain

     

    Enchaînant les rappels, tapant dans les mains

     

    Pour oublier le petit matin, en vain

     

    Car, forcément, il succèderait, chagrin

     

    A ce soir qu’on aurait cru sans lendemain

     

    J’aurais aimé faire la peau

     

    Aux maudits qui remettaient trop tôt leurs manteaux

     

    Avant même le rideau, le dernier écho

     

    Habitués à zapper, passer, décrier, éluder

     

    Prisonniers encore de leurs piètres et opiniâtres réalités

     

    Si pressés toujours de la retrouver

     

    Métro Boulot Dodo

     

    Finalement des amateurs égarés de la dame au chapeau

     

    medium_delerm3.JPGSurtout ne pas rater le dernier métro

     

    Finalement d’autres admirateurs de Truffaut

     

    Pourtant le repos arrive bien assez tôt

     

    Pour se priver de celui des maux

     

    Engloutis dans cette avalanche de jolies nostalgies

     

    Pas seulement de Chatenay Malabry

     

    Déjà, encore, j’étais ailleurs, sur le quai des Grands Augustins,

     

    Avec peut-être un livre de Modiano à la main

     

    Et tant de rêves dans ma tête

     

    Qui plus que jamais chantaient à tue-tête

     

    Quelque chose comme un air de fête

     

    Et puis, il le fallait alors je suis sortie

     

    Avec une image improbable de mariachis

     

    Enveloppée aussi d’un voile d’une réconfortante mélancolie

     

    Suscitée par son enchanteresse poésie

     

    Moi et mes rêves à la folie

     

    Qui crois aux quatrièmes de couverture

     

    Qui peuvent effacer toutes les blessures

     

    Qui sais les soirs d’été à Ambroise Paré

     

    Mais aussi que tout peut en un jour changer, révéler, réveiller

     

    Ignorant la chaleur ou le froid ou la pluie

     

    Ignorant si j’étais à Paris ou Chatenay Malabry

     

    En rentrant, j’ai admiré plus que jamais l'incomparable charme germanopratin

     

    Tiens, tiens le quai des Grands Augustins

     

    Après être passée devant le Carrousel illuminé

     

    De son incomparable beauté auréolé

     

    Comme une chanson de Delerm un soir d’été

     

    Insatiable esthète acharnée

     

    Si seulement c’était un métier

     

    Je dois avouer avoir quelques chansons absentes regretté

     

    Ainsi, j’aurais aimé savourer sa délicieuse heure du thé

     

    Entendre la voix de Jean-Louis

     

    Voir le visage de Fanny, aussi

     

    C’était un soir à La Cigale

     

    Avec celui que j’ai découvert par son imitateur intarissable

     

    medium_photosordi_165.jpgDans le Deauville de Trintignant, subrepticement ensorcelant

     

    Celui qui n’est jamais décevant

     

    Le mien celui qui suspend le vol du temps,

     

    Je vous écris dans le silence qui s’installe

     

    Le silence lénifiant après un doux soir à la Cigale,

     

    Dé(i)fiant le temps, la réalité, l’ennui

     

    Un moment de poésie, un beau moment de vie, de nostalgie, de mélancolie, de rêveries

     

    Juste envie de dire merci. Allez-y. Courrez-y.

     

    Malgré la ville normale

     

    Malgré les voitures banales

     

    Il y aura toujours le chant des cigales

     

    C’était juste et tellement un soir de novembre inoubliable à La Cigale

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  • Fête de la musique 2012 : ne manquez pas le groupe Archimède dans les jardins du Palais Royal

     

     

     

    Je vous ai déjà parlé ici à plusieurs reprises du groupe lavallois Archimède... Si vous n'avez pas encore fait votre programme pour la fête de la musique ce soir, retrouvez-les au Palais Royal, à 22H30.

    Cliquez ici pour retrouver l'article complet que je leur ai consacré avec des extraits de leurs chansons si vous ne connaissez pas encore. Dans cet article, vous trouverez également tous les renseignements sur le concert de ce soir. 

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Dans les coulisses du Grand Journal de Canal+ à Cannes

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    La journée d'hier était décidément pour moi rythmée par "Hors-la-loi" puisque après la projection du film, j'ai assisté à l'émission Le Grand Journal dans les coulisses. L'équipe du film de Rachid Bouchareb faisait ainsi partie des invités (avec Diane Krüger, Ludivine Sagnier, Charlotte Gainsbourg et Gossip girl). Enfin la soirée s'est achevée pour moi au patio Canal + où avait lieu la soirée du film.  Je vous reparlerai de ce film puisque ce matin j'ai eu le plaisir d'interviewer Bernard Blancan (un des 5 lauréats du prix d'interprétation 2006 pour "Indigènes") qui y incarne le colonel Faivre.

     

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    Lien permanent Imprimer Catégories : CHRONIQUES MUSICALES, FESTIVAL DE CANNES 2010 Pin it! 0 commentaire