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  • Cannes (J-16): complément de sélection officielle

     Cannes, dans 16 jours. Une éternité me semble-t-il. Une éternité me semblait-il. Et puis, une bande-annonce onirique dans un cinéma, celle du 59ème festival de Cannes : au générique habituel se mêlent les images et la musique d’ In the mood for love, en hommage au président Wong Kar-Wai. Me voilà déjà ailleurs. Dans un monde aussi fascinant qu’horripilant dans lequel des moments de poésie peuvent surgir subrepticement, vous envahir, vous submerger, vous emmener plus loin encore, loin du vacarme, de la Croisette, de ses extravagances. Plus de vacarme mais des images mélodieuses. Inoubliables. Comme avec Wong Kar Waï. Comme lors de la projection du Mécano de la General de Keaton. De la rétrospective Tati et de la projection de Playtime dans le grand théâtre Lumière. De l’hommage à Alain Resnais et de la projection de Je t’aime, je t’aime. De la projection de l’enchanteur Three times de Hou Hsiao Hsien. Des projections mémorables et acclamées du Pianiste de Polanski, à Elephant de Gus Van Sant ou encore l’Enfant des frères Dardenne... Du vibrant hommage à Pialat. De l’émouvante projection du Temps qui reste de François Ozon. Tant d’autres encore. Souvenirs mêlés de moments magiques. Tant d’autres bientôt. Dans 16 jours, la vie s’écoulera cinématographiquement, frénétiquement. Frissons annonciateurs des émotions que ce festival ne manquera pas de susciter. Des moments de vie un peu, de cinéma surtout, bientôt gravés dans ma mémoire et peut-être ensuite dans celle de spectateurs du monde entier. Tant de chefs d’œuvre ont balbutié à Cannes…. Dans 16 jours donc.

    En attendant mon compte-rendu quotidien sur la Croisette et les critiques des films en sélection officielle, retrouvez mon compte-rendu de l’an passé et mes précédents articles sur cette édition 2006, et ci-dessous le complément de sélection officielle qui vient d’être annoncé avec notamment le nouveau film d’Anne Fontaine (rappelons que « Mon festival du cinéma » avait particulièrement apprécié Entre ses mains, son précèdent film qui avait été élu deuxième film de l’année par ses lecteurs, vous pouvez d’ailleurs retrouver ma critique ici).

    J’en profite également pour signaler à tous ceux qui rêveraient d’aller au festival de Cannes, qu’existe le Prix de la jeunesse pour les 18/25 ans cinéphiles, grâce auquel je suis partie pour le festival, pour la première fois il y a 5 ans…et grâce auquel cette année encore de nombreux jeunes cinéphiles iront à Cannes.

    Complément de sélection officielle:

    -En compétition, un 20e film vient rejoindre les 19 déjà sélectionnés : il s'agit de Cronica de una fuga, de Israel Adrian Caetano, annoncé précédemment dans un Certain Regard.

    - Le 1er film de Murali K. Thalluri, Two Thirty 7, est sélectionné dans la section Certain Regard.

    -Enfin, deux séances spéciales seront proposées salle Buñuel :

    D'abord, Wim Wenders viendra présenter son court métrage tourné à Cannes en 1982, Chambre 666, dont la projection sera suivie par un premier film : The House is Burning de l'allemand Holger Ernst. Ensuite, le mercredi 24 mai, le Festival recevra Danielle Darrieux qui viendra présenter en avant-première Nouvelle chance ,le dernier film d'Anne Fontaine (photo ci-contre). 

    -La programmation de Cannes Classics sera annoncée mercredi 3 mai.

    Sandra.M

  • Un débat avec Marin Karmitz à ne manquer sous aucun prétexte ce 25 avril!

    MARDI 25 AVRIL 19H00

    CAMERA SUBJECTIVE : MARIN KARMITZ (CINEASTE, PRODUCTEUR, CREATEUR DES CINEMAS MK2) : un débat organisé par des étudiants en Master 2 professionnel de cinéma de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à ne manquer sous aucun prétexte! Marin Karmitz est aujourd'hui une figure incontournable du cinéma donc un débat forcément passionnant, forcément enrichissant d'autant plus si vous y venez nombreux! Alors rendez-vous dans L'AMPHI - CENTRE SAINT CHARLES - 47 rue des Bergers Paris 15ème  Métro: Lourmel, Javel

  • Pour tout savoir sur le festival de Cannes 2006!

    Dans un mois Cannes déroulera son ruban de pellicules et de rêves, son tapis rouge, sa folie, ses excentricités, ses passions, ses 11 jours hors du temps, de la réalité, de la raison parfois. Alors que dans un mois aura lieu la cérémonie d'ouverture présentée par Vincent Cassel, le festival de Cannes vient donc de communiquer les films sélectionnés, les jurys, l'afiche très "Wong-Kar-Waiesque" ..., en tout cas un programme que je trouve particulièrement allèchant. Ci-dessous retrouvez toutes les informations concernant le festival de Cannes 2006 .

     Alors que ces dernières années donnaient la part belle au cinéma asiatique nous pouvons d'ores et déjà remarquer un retour du cinéma européen, et une constante de Cannes, qui certes cette année présente des films de  jeunes cinéastes n'ayant jamais présenté  de films à Cannes mais surtout des films de cinéastes habitués de la Croisette: Nanni Moretti (Palme d'or en 2001 avec la Chambre du fils), qui revient avec son nouveau film, le Caïman), Aki Kaurismäki (Grand Prix 2002 pour l'Homme sans passé), qui présente les Lumières du faubourg), Pedro Almodovar (Prix de la mise en scène en 1999 pour Tout sur ma mère), qui revient avec Volver, Ken Loach (Prix du scénario en 2002 avec Sweet Sixteen) qui présente le Vent se lève ou enfin les français Bruno Dumont ou Nicole Garcia, déjà venus en compétition.

    Quant aux thématiques du festival on nous promet plus que jamais un cinéma reflet du monde et de ses bouleversements politiques et sociaux mais aussi de belles histoires d'amour. Un festival de Cannes pour tous les goûts, plus que jamais reflet et vitrine de luxe du cinéma actuel et un cinéma lui-même reflet de l'état du monde pour ceux qui douteraient encore que le cinéma est un art et politique, peut-être un pléonasme. Tout art n'est-il pas politique?  A méditer. En attendant ... viva il cinéma!

     Rendez-vous sur ce blog le 17 Mai pour ma première chronique quotidienne du festival et le 28 Mai pour connaître le nom de l'heureux successeur des frères Dardenne (d'ailleurs de nouveau présents cette année comme présidents du jury de la caméra d'or).

    Cannes 2006, en quelques chiffres

    -10 jours de compétition

    -55 films représentant 30 pays

    -48 premières mondiales

    -une compétition de 20 longs métrages venant de 13 pays dont 8 premiers films

    -3 films français en compétition officielle:Flandres, Selon Charlie, Quand j'étais chanteur

    Jury des longs métrages

     WONG Kar Wai, Président
    Réalisateur chinois
    Monica BELLUCCI - actrice italienne
    Helena BONHAM CARTER - actrice anglaise
    Lucrecia MARTEL - réalisatrice argentine
    ZHANG Ziyi - actrice chinoise
    Samuel L. JACKSON - acteur américain
    Patrice LECONTE - réalisateur français
    Tim ROTH - réalisateur, acteur anglais
    Elia SULEIMAN - réalisateur palestinien

    Jury de la Cinéfondation et des courts métrages

     Andreï KONCHALOVSKY, Président
    Réalisateur russe
    Sandrine BONNAIRE - actrice française
    Daniel BRÜHL - acteur allemand
    Souleymane CISSE - réalisateur malien
    Zbigniew PREISNER - compositeur polonais

    Film d'Ouverture :

    Ron HOWARD THE DA VINCI CODE  Hors Compétition 2h32

     La compétition 

    Pedro ALMODÓVAR VOLVER 2h01                                        
    Andrea ARNOLD RED ROAD 1er Film 1h40
    Lucas BELVAUX LA RAISON DU PLUS FAIBLE 1h30
    Rachid BOUCHAREB INDIGÈNES 1h50
    Nuri Bilge CEYLAN IKLIMLER (Les Climats) 1h37
    Sofia COPPOLA MARIE-ANTOINETTE 2h03
    Pedro COSTA JUVENTUDE EM MARCHA 2h20
    Guillermo DEL TORO EL LABERINTO DEL FAUNO (Le Labyrinthe de Pan) 1h50
    Bruno DUMONT FLANDRES 1h30
    Nicole GARCIA SELON CHARLIE 2h20
    Xavier GIANNOLI QUAND J'ÉTAIS CHANTEUR 1h50
    Alejandro González IÑÁRRITU BABEL 2h15
    Aki KAURISMÄKI LAITAKAUPUNGIN VALOT (Les Lumières du faubourg) 1h20
    Richard KELLY SOUTHLAND TALES 2h31
    Richard LINKLATER FAST FOOD NATION 1h44
    Ken LOACH THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY (Le Vent se lève) 2h04
    LOU Ye SUMMER PALACE (Palais d'été) 2h20
    Nanni MORETTI IL CAIMANO 1h52
    Paolo SORRENTINO L'AMICO DI FAMIGLIA (L'Ami de la famille) 1h50

    Film de Clôture :

    Tony GATLIF TRANSYLVANIA Hors Compétition 1h43

    Les films hors compétition

    Grand Théâtre Lumière :
    Paul GREENGRASS UNITED 93 (Vol 93) 1h45
    Brett RATNER X-MEN: THE LAST STAND 1h43
    Tim JOHNSON, Karey KIRKPATRICK OVER THE HEDGE (Nos voisins les hommes) 1h30
        Séances de minuit :
    John Cameron MITCHELL SHORTBUS 1h42
    SU Chao Pin GUISI (Soie / Silk) 1h56
    Johnnie TO ELECTION 2 1h32
    Salle Buñuel :
    Mimo CALOPRESTI VOLEVO SOLO VIVERE 1h25
    Bill COUTURIE BOFFO: TINSELTOWN'S BOMBS AND BLOCKBUSTERS (Boffo! Les Revers et réussites d'Hollywood) 1h20
    Benoît DELÉPINE AVIDA 1h23
    Davis GUGGENHEIM AN INCONVENIENT TRUTH 1h58
    Adam GUZINSKI CHLOPIEC NA GALPOPUJACYM KONIU (The boy on a galloping horse) 1h10
    Jean-Henri MEUNIER ICI NAJAC, À VOUS LA TERRE 1h35
    Phillipe PARRENO, Douglas GORDON ZIDANE, UN PORTRAIT DU 21E SIÈCLE 1h35
    Sydney POLLACK SKETCHES OF FRANK GEHRY 1h30
    Tahani RACHED EL-BANATE DOL (Ces filles-là / These Girls) 1h30
    Abderrahmane SISSAKO BAMAKO 1h52

    Un Certain Regard
    Film d'Ouverture :
      PARIS, JE T'AIME 2h00
     
    Rabah AMEUR-ZAÏMECHE BLED NUMBER ONE 1h40
    Marco BELLOCCHIO IL REGISTA DI MATRIMONI (Le Metteur en scène de mariages) 1h40
    Israel Adrian CAETANO CRONICA DE UNA FUGA (Chronique d'une fuite) 1h55
    Rolf DE HEER TEN CANOES 1h30
    Denis DERCOURT LA TOURNEUSE DE PAGES 1h25
    Paz ENCINA HAMACA PARAGUAYA 1er Film 1h18
    Stefan FALDBAKKEN URO 1er Film 1h38
    Jacques FIESCHI LA CALIFORNIE 1er Film 1h47
    Paul GOLDMAN SUBURBAN MAYHEM (Le Feu sous la peau) 1h35
    Patrick GRANDPERRET MEURTRIÈRES 1h40
    Slawomir FABICKI Z ODZYSKU 1er Film 1h40
    Manuel HUERGA SALVADOR PUIG ANTICH 2h13
    Nikolay KHOMERIKI 977 1er Film 1h27
    Richard LINKLATER A SCANNER DARKLY 1h50
    Catalin MITULESCU CUM MI-AM PETRECUT SFARSITUL LUMII (Comment j'ai fêté la fin du monde) 1er Film 1h45
    Garin NUGROHO SERAMBI 1h10
    György PÁLFI TAXIDERMIE 1h30
    Oxide PANG CHUN, Danny PANG GWAI WIK 1h45
    Djamshed USMONOV BIHISHT FAQAT BAROI MURDAGON (Pour aller au ciel il faut mourir) 1h45
    Francisco VARGAS EL VIOLIN (Le Violon) 1er Film 1h38
    Kristijonas VILDZIUNAS YOU AM I (Toi être moi) 1h30
    WANG Chao LUXURY CAR (Voiture de luxe) 1h30
    YOON Jong-bin THE UNFORGIVEN 1er Film 2h06
     
    UN CERTAIN REGARD A PARIS
    Le Reflet Médicis accueillera du mercredi 31 mai au mardi 6 juin les films de la Sélection Officielle Un Certain Regard 2006.

    Programme de courts métrages:
    THE WATER DIARY de Jane CAMPION (17'), LES SIGNES de Eugène GREEN (32'), STANLEY'S GIRLFRIEND de Monte HELLMAN (27'), SIDA de Gaspar NOE (19'), UN LEVER DE RIDEAU de François OZON (28')

    Les courts métrages en compétition
    Pablo AGUERO PRIMERA NIEVE (Première neige) 15'
    Belma BAS POYRAZ 13'
    Claude BARRAS, Cédric LOUIS BANQUISE 7'
    Robin KLEINSMIDT ONGERIEWE 14'46''
    Florence MIAILHE CONTE DE QUARTIER 15'
    Parker OSBERT FILM NOIR 3'
    Bobbie PEERS SNIFFER 10'
    Denie PENTECOST SEXY THING (Chose sexy) 14'
    Jane SHEARER NATURE'S WAY 10'
    Eduardo VALENTE O MONSTRO (Le Monstre) 13'
     
    La Cinéfondation
    Yaniv BERMAN
    Université de Tel-Aviv, Israël EVEN KIDS STARTED SMALL 30'
    Andreas BOLM
    HFF München, Allemagne JABA 37'
    Anirban DATTA
    Satyajit Ray Film & Television Institute, Inde TETRIS 31'
    Deniz Gamze ERGÜVEN
    La fémis, France BIR DAMLA SU (Une goutte d'eau) 19'
    Dustin FENELEY
    VCA, Australie SNOW 15'
    Sian HEDER
    AFI, Etats-Unis MOTHER 17'
    Matthias HUSER
    HGKZ, Suisse HUNDE (Chiens) 19'
    Bruno JORGE
    ESPM, Brésil JUSTIÇA AO INSULTO (Justice à l'insulte) 14'
    Etienne KALLOS
    NYU, Etats-Unis DOORMAN 17'
    Ágnes KOCSIS
    Színház- és Filmmuvészeti Egyetem, Hongrie A VIRUS 27'
    Axel KOENZEN
    DFFB, Allemagne FIRN 39'
    Nadav LAPID
    The Sam Spiegel Film and TV School, Israël HA'CHAVERA SHELL EMILE (La copine d'Emile) 51'
    Stefan MUELLER
    Fachhochschule Wiesbaden, Allemagne MR. SCHWARTZ, MR. HAZEN & MR. HORLOCKER 7'
    Milla NYBONDAS
    Turku Arts Academy, Finlande ELASTINEN PARTURI (Le coiffeur élastique) 5'
    Gustavo RIET
    Universidad del Cine, Argentine GE & ZETA 16'
    Anocha SUWICHAKORNPONG
    Columbia University, Etats-Unis GRACELAND 17'
    Jaap VAN HEUSDEN
    NFTA, Pays-Bas EEN INGEWIKKELD VERHAAL, EENVOUDIG VERTELD (Une histoire compliquée, racontée simplement) 27'
     
    Cannes Classics
    Documentaires sur le cinéma :
    Mario CANALE, Annarosa MORRI MARCELLO UNA VITA DOLCE (Marcello A Sweet Life) 1h30
    Anne FEINSILBER REQUIEM FOR BILLY THE KID 1er Film 1h30
    Marie GENIN, Serge JULY IL ETAIT UNE FOIS…ROME VILLE OUVERTE 52'
    Sam POLLARD JOHN FORD/JOHN WAYNE: The Filmmaker and the Legend 1h24

    En bref:

    Le jury Un Certain Regard sera présidé par Monte Hellman.

    Le jury de la Caméra d'Or sera présidé par Luc et Jean-Pierre Dardenne.

     La Leçon d'acteur sera donnée le vendredi 19 mai par Gena Rowlands.

     La Leçon de musique d'Alexandre Desplat, en dialogue avec Jacques Audiard, aura lieu dimanche 21 mai.

     La Leçon de cinéma sera donnée par Sydney Pollack le jeudi 25 mai.

     Une exposition inédite consacrée à Sergei M. Eisenstein présentera, en contrepoint de la part plus connue de l'œuvre du réalisateur, une collection de dessins érotiques.

    Le programme sera complété par la projection d'Octobre (1927), Le Pré de Bejine (1937) et Alexandre Nevski (1938).

     L'affiche du Certain Regard lui rend hommage avec un dessin original pour un costume de théâtre.

    Pour la Journée de l'Europe du mardi 23 mai, le Festival de Cannes accueillera avec la Commission Européenne les ministres de la culture européens et des personnalités du cinéma, autour du thème : « les cinémas d'Europe courent le monde / European films go global »

    Sont notamment attendus sur la Croisette:

    D'abord les comédiens du film d'ouverture Tom Hanks, Audrey Tautou , Jean Reno, Jean-Pierre Marielle. Puis, par film, Penélope Cruz, Carmen Maura, Cillian Murphy, Liam Cunningham, Kirsten Dunst, Judy Davis, Asia Argento, Marianne Faithfull, Steve Coogan, Michele Placido, Cate Blanchett, Gael García Bernal, Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Patricia Arquette, Ethan Hawke, The Rock, Sean William Scott, Sarah Michelle Gellar, Sergi López, Cécile De France, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Bacri, Vincent Lindon, Benoît Magimel, Benoît Poelvoorde, Fanny Ardant, Bruce Willis, Nick Nolte, Juliette Binoche, Willem Dafoe, Ben Gazzara, Bob Hoskins, Maggie Gyllenhaal, Ludivine Sagnier, Gena Rowlands, Hugh Jackman, Halle Berry, Ian McKellen, Kris Kristofferson, Nanni Moretti, Silvio Orlando, ainsi que les comédiens présents au Jury : Tim Roth, Samuel L. Jackson, Helena Bonham-Carter, Zhang Ziyi et Monica Belluci.

    LIENS:

    Site officiel du festival de Cannes

    Mon compte-rendu du festival de Cannes 2005

     


     

  • Les comédies de la semaine: tout est grave, rien n'est sérieux...

    Evidemment je pourrais vous parler des nombreuses comédies françaises à l’affiche actuellement. Je pourrais vous dire que vous avez l’embarras du choix entre Francis Veber avec La Doublure qui signe là le retour du naïf au grand coeur François Pignon, cette fois incarné par Gad Elmaleh, Albert Dupontel et sa "comédie sociale" Enfermés dehors qui nous narre les tribulations burlesques d’un SDF ayant trouvé un costume de policier et l’utilisant pour imposer sa propre loi déjantée, et Laurent Tuel  avec Jean-Philippe qui nous entraîne dans une autre dimension où Johnny Hallyday serait resté Jean-Philippe Smet, sans compter Cabaret Paradis de Corinne et Gilles Benizio et OSS117,Le Caire nid d'espions de Michel Hazanavicius (je n’ai pas vu les deux derniers films cités).

    Je pourrais encore vous dire que Francis Veber a toujours le don des dialogues incisifs et des bons mots percutants, du rythme haletant même s’il s’essouffle dans la deuxième partie, sa doublure se hasardant sur le terrain glissant de la comédie romantique dans lequel il est moins à l’aise que dans la comédie pure.

     Je pourrais vous dire que si vous aimez Tex Avery, vous serez certainement ravis d’être « enfermés dehors » avec Albert Dupontel dans son univers coloré même s’il imite, emprunte à Jean-Pierre Jeunet un peu, beaucoup, trop,... sans jamais l’égaler dans un film certes fantaisiste dans la forme comme dans le fond dont le rythme déchaîné, voire harassant, en emportera néanmoins certains, en agacera d’autres, tout comme la référence affirmée par son auteur à Chaplin et Keaton, référence pour le moins exagérée. Il ne suffit pas de s’auto-proclamer poétique pour le devenir. Je l’avoue : j’ai ri néanmoins, du moins plus qu’à la projection des  Bronzés, amis pour la vie, ce qui n’est pas un défi insurmontable, je vous l’accorde.

    Alors je pourrais surtout vous dire que malgré la bande annonce maintes fois diffusée, l’idée donc dévoilée, de Jean-Philippe, la nouvelle production de Fidélité n’en demeure pas moins très originale, d’après un scénario écrit par Christophe Turpin, nous offrant un face à face exceptionnel entre un Luchini dont le talent n’est certes plus à prouver mais dont le don pour la comédie est ici éclatant face à un Johnny Hallyday tout en retenue comme dans L’Homme du train, ici il fait de surcroît preuve d’une auto-dérision désarmante . Je pourrais en effet vous dire tout ça et encore que je vous recommanderais sûrement le dernier. Parce qu’il n’imite personne même s’il a un petit air de Being John Malkovich (au risque d'en agacer certains avec cette intouchable réfèrence) davantage que de Podium, même production et malgré un clin d’œil désopilant au film en question. Parce que, aussi, il nous parle des rendez-vous manqués ou décisifs, du destin, parce que le sujet est moins léger qu’il n’en a l’air, en tout cas universel. Je pourrais encore, justement, vous parler des rendez-vous manqués, esquivés ou essentiels.

     

    Oui, je pourrais toujours vous dire tout ça mais, j’ai eu le malheur ( le bonheur plutôt) de revoir César et Rosalie de Claude Sautet et justement je me suis demandée ce qu’aurait été ma vie si je n’avais pas rencontré les films de Claude Sautet, car certains films, certains cinéastes sont comme des rencontres, qui vous portent, vous enrichissent, vous influencent ou vous transforment même parfois. Et là, je n’ai plus eu envie que de vous parler de ce film-là que je revoyais peut-être pour la dixième fois. Peut-être pas celui que je préfère du cinéaste, Un cœur en hiver ayant à jamais décroché ma palme d’or, mais un film qui n’a néanmoins pas pris une ride, et arrive toujours à me dérider justement. Claude Beylie parlait de « drame gai » à propos de César et Rosalie, terme en général adopté pour la Règle du jeu de Renoir, qui lui sied également parfaitement. Derrière l’exubérance et la truculence de César, on ressent en effet la mélancolie sous-jacente. César donc c’est Yves Montand, un ferrailleur qui a réussi, mariée à Rosalie (Romy Schneider) divorcée d’Antoine (Umberto Orsini), et qui aime toujours David (Sami Frey), un dessinateur de bandes dessinées, sans cesser d’aimer César. Ce dernier se fâche puis réfléchit et abandonne Rosalie à David. Des liens de complicité et même d’amitié se tissent entre les deux hommes si bien que Rosalie, qui veut être aimée séparément par l’un et par l’autre, va tenter de s’interposer entre eux, puis va partir... Dans ce film de 1972, qui fut souvent comparé à Jules et Jim de Truffaut, on retrouve ce qui caractérise les films de Claude Sautet : les scènes de café, de groupe et la solitude dans le groupe, la fugacité du bonheur immortalisée, l’implicite dans ce qui n’est pas- les ellipses- comme dans ce qui est-les regards- (Ah, ces derniers regards entre les trois personnages principaux! Ah, le regard de David lorsque l’enfant passe des bras de Rosalie à ceux de César, scène triangulaire parfaitement construite!).

     « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. », disait Truffaut. Ainsi, personne mieux que Claude Sautet ne savait  et n’a su dépeindre des personnages attachants, fragiles mais si vivants (à l’exception de Stephan interprété par Daniel Auteuil dans Un cœur en hiver, personnage aux émotions anesthésiées quoique..., critique ici prochainement). Ici au contraire ce n’est pas un cœur en hiver, mais un cœur qui bat la chamade et qui hésite, celui de Rosalie, qui virevolte avec sincérité, et qui emporte le spectateur dans ses battements effrénés. Et effectivement on retrouve cette vitalité, celle de la mise en scène qui épouse le rythme trépidant de César face au taciturne David. César qui pourrait agacer, flambeur, gouailleur, lâche parfois face à la fragilité et la discrétion de l’artiste David. Deux hommes si différents, voire opposés, dans leur caractérisation comme dans leur relation à Rosalie que Sautet dépeint avec tendresse, parfois plutôt une tendre cruauté concernant César. Là se trouve la fantaisie, dans ce personnage interprété magistralement par Yves Montand, ou dans la relation singulière des trois personnages, si moderne. Un film qui n’est pas conventionnel jusque dans sa magnifique fin, ambiguë à souhait. Sans effets spéciaux à la Tex Avery. Simplement par la caractérisation ciselée de personnages avec leurs fêlures et leur déraison si humaines.

    Un film à l’image de son personnage principal qui insuffle ce rythme précis et exalté : truculent et émouvant, mélancolique et joyeux, exubérant et secret. Un film intemporel et libre, qui oscille entre le rire et les larmes, dans lequel tout est grave et rien n’est sérieux (devise crétoise, un peu la mienne aussi). Un film délicieusement amoral que vous devez absolument voir ou revoir…

     

    Sandra.M

  • Ciné-club de l'Arlequin: "La Strada" de Fellini

    Alors que les multiplexes continuent leur implantation à Paris (un UGC vient ainsi d’ouvrir à la Défense) rares sont encore les cine-clubs qui subsistent. C’est pourtant le cas de Ciné-club de l’Arlequin, en plein cœur de Saint Germain des Prés, animé par Claude-Jean Philippe, le dimanche matin, dans l’enceinte du mythique cinéma de la rue de Rennes. Petit compte-rendu de la projection et du débat de dimanche dernier consacrés à la Strada de Federico Fellini (1954).

     

    Avec Giuletta Masina (Gelsomina), Anthony Quinn (Zampano), Richard Basehart (le fou), Aldo Silvani (Giraffa), Marcella Rovere(la veuve)

    Scénario : F.Fellini-Ennio Flaiano-Tullio Pinelli

    Photo : Otello Martelli

    Décor : Mario Ravasco

     Musique : Nino Rota

    Montage : Leo Cattozzo

     Producteur : Dino De Laurentiis, Carlo Ponti

    Oscar du meilleur film étranger  et Lion d’argent au festival de Venise

     

    I.L’intrigue

     

     Zampano est un colosse qui gagne sa vie en parcourant l’Italie à bord d’un side-car transformé en roulotte, passant de cirques en foires avec un même numéro : une pseudo démonstration de force physique dans laquelle il brise une chaîne. Zampano a besoin d’une assistante, il en achète une : Gelsomina, créature étrange aussi simple que lumineuse. Le couple sillonne ensuite les routes d’Italie. Zampano est brutal, parfois cruel avec Gelsomina. Gelsomina s’enfuit. Zampano la rattrape. Ils rencontrent un autre forain « le Fou », funambule, personnage lunaire et fantasque que Gelsomina admire et écoute attentivement. Le Fou travaille pour le même cirque que Zampano. Il nargue constamment Zampano, raillant le ridicule de son numéro immuable. Zampano se retrouve en prison après avoir tenté d’agresser le Fou qui avait demandé à Gelsomina de l’assister. Pendant que Zampano est en prison le Fou parle à Gelsomina de son existence et lui donne des conseils. Le cirque propose à Gelsomina de l’emmener, loin de l’emprise de Zampano. Gelsomina refuse finalement et attend Zampano à sa sortie de prison. Un jour, sur la route, Zampano et Gelsomina croisent le chemin du Fou. Zampano l’agresse. Il en meurt. Gelsomina est témoin de la scène, sa raison fragile chavire. Zampano l’abandonne sur la route avec sa trompette pour seule compagnie. Des années plus tard, il apprendra par une femme qui l’avait recueillie que Gelsomina était morte peu après. Il va errer sur la plage et pleure. Enfin.

     

    II. Un éloignement en douceur du néoréalisme

     

    Après avoir collaboré à l’hebdomadaire Marc’Aurelio, en y effectuant des travaux rédactionnels et des caricatures, après avoir participé à l’écriture de nombreux scénarios dès 1942, dont de nombreux scénarios du nouveau cinéma italien dont, après guerre, trois films de Roberto Rossellini: Rome ville ouverte, en 1945, Paisa en 1947 et Europe 51 en 1951, Fellini rédige ensuite des scénarios pour Alberto Lattuada avec qui il réalise Les Feux du music-hall en 1951. Puis, il prend déjà quelque peu ses distances avec le néoréalisme en tournant Courrier du cœur en 1952, puis Les Vitelloni en 1953. Contrairement à ce qu’imaginaient les producteurs, Dino de Laurentiis et Carlo Ponti, non seulement La Strada ne fut pas un échec commercial mais en plus le public et la critique à l’unisson firent un triomphe au film. Jusqu’alors le cinéma italien triomphait en effet selon les critères néoréalistes : absence de décor, absence de sophistication formelle, dramaturgie fondée sur une représentation de l’instant, sobriété, approche sociale réaliste. Si certes l’intrigue met en scène des gens simples, cela ne relève nullement du documentaire et ne recherche pas la sobriété mais au contraire une poésie surprenante. La Strada ne s’inscrit néanmoins pas réellement dans une rupture avec le néoréalisme, elle y ajoute plutôt un élément : une touche de poésie très personnelle. Jean de Baroncelli affirmait ainsi que "La Strada est comme une transfiguration du néo-réalisme. Tout y est quotidien, familier, parfaitement plausible. Cette histoire de saltimbanque a l'apparence d'un fait divers, pourtant nous sommes aux confins de l'étrange, sinon du fantastique."

     

     III. Une œuvre singulière, novatrice et poétique

     

     Ce qui frappe d’emblée le spectateur, et ce sur quoi le débat a essentiellement porté, c’est en effet la poésie si singulière qui se dégage du film. Longtemps après la projection le spectateur est encore porté par le sourire mélancolique de Giuletta Masina et par la musique inoubliable de Nino Rota, personnage à part entière du film (le motif musical de Nino Rota emprunte d’ailleurs au premier mouvement de la symphonie Titan de Gustav Mahler). Cette poésie est d’ailleurs présente dans le fond comme dans la forme. Dans le fond, lorsque Gelsomina mime l’arbre, lorsque le cheval travers la rue, lorsqu’elle passe du sourire aux larmes à une vitesse fulgurante, véritable « Charlot féminin ». C’est d’ailleurs à travers son regard naïf que le spectacle fascinant, le film mis en scène par Fellini, se déroule sous nos yeux. Dans la forme aussi, car la caméra elle-même comme le souligne Claude-Jean Philippe a acquis une « virtuosité, une musicalité ». Fellini recrée un monde qui s’apparente presque à une fable, certes parfois cruelle, avec sa morale portée par le Fou, s’adressant à Gelsomina : « Dans l’univers tout sert à quelque chose. Même ce petit caillou ». Claude-Jean Philippe a également insisté sur la « légèreté d’écriture du film ». On ressent également déjà l’admiration de Fellini (une admiration qui portera nombre de ses films suivants) pour le spectacle du plus rudimentaire au plus raffiné. C’est certainement un des films les plus insolites de l’histoire du cinéma, qui exprime un monde baroque et le monde intérieur exubérant de Fellini porté par le clown blanc lunaire interprété par Giuletta Masina, personnage duquel émane une Grâce désenchantée. On retrouve à la fois l’influence du cirque, la passion d’enfance de Fellini, mais aussi l’influence de la bande dessinée qu’il pratiqua au début de sa carrière. La grâce et la légèreté qui en émanent contrastent avec le propos tragique et cette douloureuse histoire d’amour entre celui qui ne « sait pas parler mais aboie » et le visage innocent de la femme-enfant Gelsomina. Face à elle, Zampano incarne « la pesanteur ».

    C’est ainsi avec ce film que Fellini s’est fait connaître en France alors qu’aucun distributeur n’en voulait au début, l’œuvre étant jugée bien trop originale et trop éloignée des conventions dramatiques traditionnelles. C’est pourtant l’originalité indéniable de la Strada qui a en grande partie contribué à son succès.

     

     IV. Des thèmes inspirés du christianisme

     

    Le troisième point sur lequel le débat a mis l’accent c’est l’influence du franciscanisme et du christianisme par lesquels Rossellini et Fellini étaient tous deux imprégnés, Fellini faisant aussi de La Strada un véritable drame métaphysique. Fellini avait en effet découvert la simplicité des moines franciscains sur Paisa, le film de Rossellini. La simplicité de Gelsomina fait ainsi écho à celle des Franciscains. La religion est d’ailleurs omniprésente dans le film. Gelsomina croise ainsi une procession, Zampano et elle seront hébergés dans un couvent etc. Par ailleurs, le Fou énonce tout un discours sur l’utilité des choses, notamment par la parabole du caillou, lorsqu’il laisse entendre à Gelsomina qu’elle est essentielle à la création après lui avoir tenu ce discours terrible sur sa laideur la comparant à une « tête d’artichaut ». Les éléments ont d’ailleurs un rôle essentiel, ne serait-ce que le titre qui lui-même en désigne un. Pour Geneviève Agel (dans Les chemins de Fellini), quatre scènes (la procession, la découverte de l'enfant malade, l'hébergement au couvent et la mort du Fou) sont les quatre jalons qui marquent "la procession spirituelle de la jeune femme". Claude-Jean Philippe a également insisté sur l’opposition entre les Chrétiens et les Marxistes encore très forte à l’époque où le film a été tourné, ces derniers s’en étant d’ailleurs pris avec virulence à La Strada.

     

    La fin magnifique nous interroge lorsque Zampano va errer sur une plage et pleure: est-ce sa conscience morale qui surgit ? Est-il envahi par la douleur du deuil et par la culpabilité ? Ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard si dans cette dernière scène il regarde le ciel et la voûte céleste comme si quelque chose de sacré s’emparait de lui.

     

    Même si, dans la Strada, Fellini n’a pas encore adopté totalement le style onirique qui sera le sien par la suite, cette rencontre improbable de deux êtres aussi improbables de laquelle émane une poésie sublime laisse au spectateur un souvenir aussi indélébile que la musique de Nino Rota…

     

    Prochaines séances du ciné-club de l'Arlequin:

     Toujours le dimanche matin à 11H. Cinéma l’Arlequin. Rue de Rennes. 6ème arrondissement.

    Dimanche 16 avril 2006 : Fury de Fritz Lang

     Dimanche 23 Avril 2006 : Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock

     

    Sandra.M

     

  • Prolongations des cours publics d’interprétation de Jean-Laurent Cochet : le rendez-vous incontournable des passionnés...de théâtre

    Je vous avais déjà parlé avec enthousiasme des cours publics d’interprétation de Jean-Laurent Cochet, il y a quelques mois. (Plus plus d'informations concernant le cours, voir mon article précèdent en cliquant ici). Face à l’engouement -à juste titre- suscité par ce cours exceptionnel, celui-ci, qui devait initialement se terminer le 5 décembre, est prolongé (au moins) jusqu’au mois de Mai. J’en ai donc profité pour y retourner, hier soir, presque avec recueillement tant l’atmosphère a quelque chose de sacré, d’une belle gravité.

    Ce cours m’a autant fascinée que le premier auquel j’avais assisté. Jean-Laurent Cochet nous donne l’impression de nous recevoir chez lui, s’inquiète d’une lumière plus tamisée que d’habitude, une lumière qui nous enveloppe et nous emmène ailleurs déjà. Puis, le spectacle commence. Le sien et celui de ses élèves. Le sien par la lecture d’une lettre de Cocteau à Guitry. Puis s’enchaînent des monologues, non Jean-Laurent Cochet n’aime pas le mot "monologues", donc s’enchaînent des scènes qui voient défiler et vivre sous nos yeux et oreilles ébahis les mots sublimes de Molière, Hugo, Racine, La Fontaine, Marivaux. Nous retenons notre souffle avec les élèves. Nous oublions l’absence de décor ou plutôt l'incongruité du décor. Sganarelle, Louis XIII ou Andromaque et le talent de leurs jeunes interprètes prennent vie sous nos yeux. Nous oublions que ce sont des élèves. Nous sommes au théâtre, ici et ailleurs, maintenant et avant. Bel instant intemporel. La salle écoute, le souffle coupé. Entre les scènes de ses élèves, Jean-Laurent Cochet nous parle de passion, il la vit d’ailleurs, il nous la transmet, ou (r)avive celle que nous possédons. Il nous parle aussi de jalousie, de Pierre Brasseur dans Les Enfants du Paradis, de la manière dont il interprète ce sentiment. Majestueusement. Des éditeurs qui ne respectent plus la beauté des textes. D’amour, d’amour du théâtre et pas seulement. De son admiration pour le talent de ses élèves, il est vrai sidérant, surgissant, éclosant. Nous traversons les siècles avec les auteurs, avec ces mots d’un autre temps, si proches de nous soudain, pourtant. Tout cela ponctué de ses mots truculents, de ses observations ironiques à l’égard d’un certain théâtre.

    Je suis ressortie, j'ai émergé plutôt, avec l’impression d’avoir fait un beau voyage initiatique, avec l’envie de revenir, de reprendre des cours de théâtre aussi. Revenir pour oublier le temps qui passe. Pour s’interroger sur le temps qui passe,même, trouver des réponses ou des échos prestigieux à ses questions. Pour vibrer. Deux heures de passionnés passionnantes avec ces mots sublimés, si vivants en tout cas, si actuels. Deux heures magiques. Deux heures qui illustrent la citation d’exergue de ce blog, signée Saint-Augustin « Celui qui se perd dans sa passion et moins perdu que celuib qui perd sa passion ». Se perdre, oui, mais se perdre avec majesté, majestés même. Deux heures qui vous emplissent et vous réjouissent. Deux heures que je vous engage vivement à passer au:

     

    Théâtre de la Pépinière Opéra-7 rue Louis Le Grand 75002 Paris-Métro Opéra- Le lundi de 18H à 20H. Location de 12H à 18H du lundi au samedi au 01 42 61 44 16. Site internet de la Compagnie Cochet.

     

     A chaque cours des citations sont livrées au public. En voici une, de Sacha Guitry, à méditer pour tous les scénaristes et auteurs : « Les deux plus grands auteurs dramatiques du monde, Shakespeare et Molière, ont été comédiens tous les deux. Ce n’est pas une coïncidence, et ce seul fait aiderait à démontrer l’influence considérable de l’acteur dans l’art damatique, car Molière et Shakespeare n’étaient pas des auteurs dramatiques qui jouaient la comédie, c’étaient des comédiens qui ont écrit des chefs-d’œuvre, car l’un et l’autre ont été comédiens avant d’écrire, et cela me paraît d’une importance extrême ».

     A noter : Deux soirées spéciales sont programmées le 24 avril et le 22 mai, dont une grande première avec M.Cochet qui fera travailler des gens du public.

    Sandra.M