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  • Cannes (J-16): complément de sélection officielle

     Cannes, dans 16 jours. Une éternité me semble-t-il. Une éternité me semblait-il. Et puis, une bande-annonce onirique dans un cinéma, celle du 59ème festival de Cannes : au générique habituel se mêlent les images et la musique d’ In the mood for love, en hommage au président Wong Kar-Wai. Me voilà déjà ailleurs. Dans un monde aussi fascinant qu’horripilant dans lequel des moments de poésie peuvent surgir subrepticement, vous envahir, vous submerger, vous emmener plus loin encore, loin du vacarme, de la Croisette, de ses extravagances. Plus de vacarme mais des images mélodieuses. Inoubliables. Comme avec Wong Kar Waï. Comme lors de la projection du Mécano de la General de Keaton. De la rétrospective Tati et de la projection de Playtime dans le grand théâtre Lumière. De l’hommage à Alain Resnais et de la projection de Je t’aime, je t’aime. De la projection de l’enchanteur Three times de Hou Hsiao Hsien. Des projections mémorables et acclamées du Pianiste de Polanski, à Elephant de Gus Van Sant ou encore l’Enfant des frères Dardenne... Du vibrant hommage à Pialat. De l’émouvante projection du Temps qui reste de François Ozon. Tant d’autres encore. Souvenirs mêlés de moments magiques. Tant d’autres bientôt. Dans 16 jours, la vie s’écoulera cinématographiquement, frénétiquement. Frissons annonciateurs des émotions que ce festival ne manquera pas de susciter. Des moments de vie un peu, de cinéma surtout, bientôt gravés dans ma mémoire et peut-être ensuite dans celle de spectateurs du monde entier. Tant de chefs d’œuvre ont balbutié à Cannes…. Dans 16 jours donc.

    En attendant mon compte-rendu quotidien sur la Croisette et les critiques des films en sélection officielle, retrouvez mon compte-rendu de l’an passé et mes précédents articles sur cette édition 2006, et ci-dessous le complément de sélection officielle qui vient d’être annoncé avec notamment le nouveau film d’Anne Fontaine (rappelons que « Mon festival du cinéma » avait particulièrement apprécié Entre ses mains, son précèdent film qui avait été élu deuxième film de l’année par ses lecteurs, vous pouvez d’ailleurs retrouver ma critique ici).

    J’en profite également pour signaler à tous ceux qui rêveraient d’aller au festival de Cannes, qu’existe le Prix de la jeunesse pour les 18/25 ans cinéphiles, grâce auquel je suis partie pour le festival, pour la première fois il y a 5 ans…et grâce auquel cette année encore de nombreux jeunes cinéphiles iront à Cannes.

    Complément de sélection officielle:

    -En compétition, un 20e film vient rejoindre les 19 déjà sélectionnés : il s'agit de Cronica de una fuga, de Israel Adrian Caetano, annoncé précédemment dans un Certain Regard.

    - Le 1er film de Murali K. Thalluri, Two Thirty 7, est sélectionné dans la section Certain Regard.

    -Enfin, deux séances spéciales seront proposées salle Buñuel :

    D'abord, Wim Wenders viendra présenter son court métrage tourné à Cannes en 1982, Chambre 666, dont la projection sera suivie par un premier film : The House is Burning de l'allemand Holger Ernst. Ensuite, le mercredi 24 mai, le Festival recevra Danielle Darrieux qui viendra présenter en avant-première Nouvelle chance ,le dernier film d'Anne Fontaine (photo ci-contre). 

    -La programmation de Cannes Classics sera annoncée mercredi 3 mai.

    Sandra.M

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  • Un débat avec Marin Karmitz à ne manquer sous aucun prétexte ce 25 avril!

    MARDI 25 AVRIL 19H00

    CAMERA SUBJECTIVE : MARIN KARMITZ (CINEASTE, PRODUCTEUR, CREATEUR DES CINEMAS MK2) : un débat organisé par des étudiants en Master 2 professionnel de cinéma de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à ne manquer sous aucun prétexte! Marin Karmitz est aujourd'hui une figure incontournable du cinéma donc un débat forcément passionnant, forcément enrichissant d'autant plus si vous y venez nombreux! Alors rendez-vous dans L'AMPHI - CENTRE SAINT CHARLES - 47 rue des Bergers Paris 15ème  Métro: Lourmel, Javel

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  • Pour tout savoir sur le festival de Cannes 2006!

    Dans un mois Cannes déroulera son ruban de pellicules et de rêves, son tapis rouge, sa folie, ses excentricités, ses passions, ses 11 jours hors du temps, de la réalité, de la raison parfois. Alors que dans un mois aura lieu la cérémonie d'ouverture présentée par Vincent Cassel, le festival de Cannes vient donc de communiquer les films sélectionnés, les jurys, l'afiche très "Wong-Kar-Waiesque" ..., en tout cas un programme que je trouve particulièrement allèchant. Ci-dessous retrouvez toutes les informations concernant le festival de Cannes 2006 .

     Alors que ces dernières années donnaient la part belle au cinéma asiatique nous pouvons d'ores et déjà remarquer un retour du cinéma européen, et une constante de Cannes, qui certes cette année présente des films de  jeunes cinéastes n'ayant jamais présenté  de films à Cannes mais surtout des films de cinéastes habitués de la Croisette: Nanni Moretti (Palme d'or en 2001 avec la Chambre du fils), qui revient avec son nouveau film, le Caïman), Aki Kaurismäki (Grand Prix 2002 pour l'Homme sans passé), qui présente les Lumières du faubourg), Pedro Almodovar (Prix de la mise en scène en 1999 pour Tout sur ma mère), qui revient avec Volver, Ken Loach (Prix du scénario en 2002 avec Sweet Sixteen) qui présente le Vent se lève ou enfin les français Bruno Dumont ou Nicole Garcia, déjà venus en compétition.

    Quant aux thématiques du festival on nous promet plus que jamais un cinéma reflet du monde et de ses bouleversements politiques et sociaux mais aussi de belles histoires d'amour. Un festival de Cannes pour tous les goûts, plus que jamais reflet et vitrine de luxe du cinéma actuel et un cinéma lui-même reflet de l'état du monde pour ceux qui douteraient encore que le cinéma est un art et politique, peut-être un pléonasme. Tout art n'est-il pas politique?  A méditer. En attendant ... viva il cinéma!

     Rendez-vous sur ce blog le 17 Mai pour ma première chronique quotidienne du festival et le 28 Mai pour connaître le nom de l'heureux successeur des frères Dardenne (d'ailleurs de nouveau présents cette année comme présidents du jury de la caméra d'or).

    Cannes 2006, en quelques chiffres

    -10 jours de compétition

    -55 films représentant 30 pays

    -48 premières mondiales

    -une compétition de 20 longs métrages venant de 13 pays dont 8 premiers films

    -3 films français en compétition officielle:Flandres, Selon Charlie, Quand j'étais chanteur

    Jury des longs métrages

     WONG Kar Wai, Président
    Réalisateur chinois
    Monica BELLUCCI - actrice italienne
    Helena BONHAM CARTER - actrice anglaise
    Lucrecia MARTEL - réalisatrice argentine
    ZHANG Ziyi - actrice chinoise
    Samuel L. JACKSON - acteur américain
    Patrice LECONTE - réalisateur français
    Tim ROTH - réalisateur, acteur anglais
    Elia SULEIMAN - réalisateur palestinien

    Jury de la Cinéfondation et des courts métrages

     Andreï KONCHALOVSKY, Président
    Réalisateur russe
    Sandrine BONNAIRE - actrice française
    Daniel BRÜHL - acteur allemand
    Souleymane CISSE - réalisateur malien
    Zbigniew PREISNER - compositeur polonais

    Film d'Ouverture :

    Ron HOWARD THE DA VINCI CODE  Hors Compétition 2h32

     La compétition 

    Pedro ALMODÓVAR VOLVER 2h01                                        
    Andrea ARNOLD RED ROAD 1er Film 1h40
    Lucas BELVAUX LA RAISON DU PLUS FAIBLE 1h30
    Rachid BOUCHAREB INDIGÈNES 1h50
    Nuri Bilge CEYLAN IKLIMLER (Les Climats) 1h37
    Sofia COPPOLA MARIE-ANTOINETTE 2h03
    Pedro COSTA JUVENTUDE EM MARCHA 2h20
    Guillermo DEL TORO EL LABERINTO DEL FAUNO (Le Labyrinthe de Pan) 1h50
    Bruno DUMONT FLANDRES 1h30
    Nicole GARCIA SELON CHARLIE 2h20
    Xavier GIANNOLI QUAND J'ÉTAIS CHANTEUR 1h50
    Alejandro González IÑÁRRITU BABEL 2h15
    Aki KAURISMÄKI LAITAKAUPUNGIN VALOT (Les Lumières du faubourg) 1h20
    Richard KELLY SOUTHLAND TALES 2h31
    Richard LINKLATER FAST FOOD NATION 1h44
    Ken LOACH THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY (Le Vent se lève) 2h04
    LOU Ye SUMMER PALACE (Palais d'été) 2h20
    Nanni MORETTI IL CAIMANO 1h52
    Paolo SORRENTINO L'AMICO DI FAMIGLIA (L'Ami de la famille) 1h50

    Film de Clôture :

    Tony GATLIF TRANSYLVANIA Hors Compétition 1h43

    Les films hors compétition

    Grand Théâtre Lumière :
    Paul GREENGRASS UNITED 93 (Vol 93) 1h45
    Brett RATNER X-MEN: THE LAST STAND 1h43
    Tim JOHNSON, Karey KIRKPATRICK OVER THE HEDGE (Nos voisins les hommes) 1h30
        Séances de minuit :
    John Cameron MITCHELL SHORTBUS 1h42
    SU Chao Pin GUISI (Soie / Silk) 1h56
    Johnnie TO ELECTION 2 1h32
    Salle Buñuel :
    Mimo CALOPRESTI VOLEVO SOLO VIVERE 1h25
    Bill COUTURIE BOFFO: TINSELTOWN'S BOMBS AND BLOCKBUSTERS (Boffo! Les Revers et réussites d'Hollywood) 1h20
    Benoît DELÉPINE AVIDA 1h23
    Davis GUGGENHEIM AN INCONVENIENT TRUTH 1h58
    Adam GUZINSKI CHLOPIEC NA GALPOPUJACYM KONIU (The boy on a galloping horse) 1h10
    Jean-Henri MEUNIER ICI NAJAC, À VOUS LA TERRE 1h35
    Phillipe PARRENO, Douglas GORDON ZIDANE, UN PORTRAIT DU 21E SIÈCLE 1h35
    Sydney POLLACK SKETCHES OF FRANK GEHRY 1h30
    Tahani RACHED EL-BANATE DOL (Ces filles-là / These Girls) 1h30
    Abderrahmane SISSAKO BAMAKO 1h52

    Un Certain Regard
    Film d'Ouverture :
      PARIS, JE T'AIME 2h00
     
    Rabah AMEUR-ZAÏMECHE BLED NUMBER ONE 1h40
    Marco BELLOCCHIO IL REGISTA DI MATRIMONI (Le Metteur en scène de mariages) 1h40
    Israel Adrian CAETANO CRONICA DE UNA FUGA (Chronique d'une fuite) 1h55
    Rolf DE HEER TEN CANOES 1h30
    Denis DERCOURT LA TOURNEUSE DE PAGES 1h25
    Paz ENCINA HAMACA PARAGUAYA 1er Film 1h18
    Stefan FALDBAKKEN URO 1er Film 1h38
    Jacques FIESCHI LA CALIFORNIE 1er Film 1h47
    Paul GOLDMAN SUBURBAN MAYHEM (Le Feu sous la peau) 1h35
    Patrick GRANDPERRET MEURTRIÈRES 1h40
    Slawomir FABICKI Z ODZYSKU 1er Film 1h40
    Manuel HUERGA SALVADOR PUIG ANTICH 2h13
    Nikolay KHOMERIKI 977 1er Film 1h27
    Richard LINKLATER A SCANNER DARKLY 1h50
    Catalin MITULESCU CUM MI-AM PETRECUT SFARSITUL LUMII (Comment j'ai fêté la fin du monde) 1er Film 1h45
    Garin NUGROHO SERAMBI 1h10
    György PÁLFI TAXIDERMIE 1h30
    Oxide PANG CHUN, Danny PANG GWAI WIK 1h45
    Djamshed USMONOV BIHISHT FAQAT BAROI MURDAGON (Pour aller au ciel il faut mourir) 1h45
    Francisco VARGAS EL VIOLIN (Le Violon) 1er Film 1h38
    Kristijonas VILDZIUNAS YOU AM I (Toi être moi) 1h30
    WANG Chao LUXURY CAR (Voiture de luxe) 1h30
    YOON Jong-bin THE UNFORGIVEN 1er Film 2h06
     
    UN CERTAIN REGARD A PARIS
    Le Reflet Médicis accueillera du mercredi 31 mai au mardi 6 juin les films de la Sélection Officielle Un Certain Regard 2006.

    Programme de courts métrages:
    THE WATER DIARY de Jane CAMPION (17'), LES SIGNES de Eugène GREEN (32'), STANLEY'S GIRLFRIEND de Monte HELLMAN (27'), SIDA de Gaspar NOE (19'), UN LEVER DE RIDEAU de François OZON (28')

    Les courts métrages en compétition
    Pablo AGUERO PRIMERA NIEVE (Première neige) 15'
    Belma BAS POYRAZ 13'
    Claude BARRAS, Cédric LOUIS BANQUISE 7'
    Robin KLEINSMIDT ONGERIEWE 14'46''
    Florence MIAILHE CONTE DE QUARTIER 15'
    Parker OSBERT FILM NOIR 3'
    Bobbie PEERS SNIFFER 10'
    Denie PENTECOST SEXY THING (Chose sexy) 14'
    Jane SHEARER NATURE'S WAY 10'
    Eduardo VALENTE O MONSTRO (Le Monstre) 13'
     
    La Cinéfondation
    Yaniv BERMAN
    Université de Tel-Aviv, Israël EVEN KIDS STARTED SMALL 30'
    Andreas BOLM
    HFF München, Allemagne JABA 37'
    Anirban DATTA
    Satyajit Ray Film & Television Institute, Inde TETRIS 31'
    Deniz Gamze ERGÜVEN
    La fémis, France BIR DAMLA SU (Une goutte d'eau) 19'
    Dustin FENELEY
    VCA, Australie SNOW 15'
    Sian HEDER
    AFI, Etats-Unis MOTHER 17'
    Matthias HUSER
    HGKZ, Suisse HUNDE (Chiens) 19'
    Bruno JORGE
    ESPM, Brésil JUSTIÇA AO INSULTO (Justice à l'insulte) 14'
    Etienne KALLOS
    NYU, Etats-Unis DOORMAN 17'
    Ágnes KOCSIS
    Színház- és Filmmuvészeti Egyetem, Hongrie A VIRUS 27'
    Axel KOENZEN
    DFFB, Allemagne FIRN 39'
    Nadav LAPID
    The Sam Spiegel Film and TV School, Israël HA'CHAVERA SHELL EMILE (La copine d'Emile) 51'
    Stefan MUELLER
    Fachhochschule Wiesbaden, Allemagne MR. SCHWARTZ, MR. HAZEN & MR. HORLOCKER 7'
    Milla NYBONDAS
    Turku Arts Academy, Finlande ELASTINEN PARTURI (Le coiffeur élastique) 5'
    Gustavo RIET
    Universidad del Cine, Argentine GE & ZETA 16'
    Anocha SUWICHAKORNPONG
    Columbia University, Etats-Unis GRACELAND 17'
    Jaap VAN HEUSDEN
    NFTA, Pays-Bas EEN INGEWIKKELD VERHAAL, EENVOUDIG VERTELD (Une histoire compliquée, racontée simplement) 27'
     
    Cannes Classics
    Documentaires sur le cinéma :
    Mario CANALE, Annarosa MORRI MARCELLO UNA VITA DOLCE (Marcello A Sweet Life) 1h30
    Anne FEINSILBER REQUIEM FOR BILLY THE KID 1er Film 1h30
    Marie GENIN, Serge JULY IL ETAIT UNE FOIS…ROME VILLE OUVERTE 52'
    Sam POLLARD JOHN FORD/JOHN WAYNE: The Filmmaker and the Legend 1h24

    En bref:

    Le jury Un Certain Regard sera présidé par Monte Hellman.

    Le jury de la Caméra d'Or sera présidé par Luc et Jean-Pierre Dardenne.

     La Leçon d'acteur sera donnée le vendredi 19 mai par Gena Rowlands.

     La Leçon de musique d'Alexandre Desplat, en dialogue avec Jacques Audiard, aura lieu dimanche 21 mai.

     La Leçon de cinéma sera donnée par Sydney Pollack le jeudi 25 mai.

     Une exposition inédite consacrée à Sergei M. Eisenstein présentera, en contrepoint de la part plus connue de l'œuvre du réalisateur, une collection de dessins érotiques.

    Le programme sera complété par la projection d'Octobre (1927), Le Pré de Bejine (1937) et Alexandre Nevski (1938).

     L'affiche du Certain Regard lui rend hommage avec un dessin original pour un costume de théâtre.

    Pour la Journée de l'Europe du mardi 23 mai, le Festival de Cannes accueillera avec la Commission Européenne les ministres de la culture européens et des personnalités du cinéma, autour du thème : « les cinémas d'Europe courent le monde / European films go global »

    Sont notamment attendus sur la Croisette:

    D'abord les comédiens du film d'ouverture Tom Hanks, Audrey Tautou , Jean Reno, Jean-Pierre Marielle. Puis, par film, Penélope Cruz, Carmen Maura, Cillian Murphy, Liam Cunningham, Kirsten Dunst, Judy Davis, Asia Argento, Marianne Faithfull, Steve Coogan, Michele Placido, Cate Blanchett, Gael García Bernal, Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Patricia Arquette, Ethan Hawke, The Rock, Sean William Scott, Sarah Michelle Gellar, Sergi López, Cécile De France, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Bacri, Vincent Lindon, Benoît Magimel, Benoît Poelvoorde, Fanny Ardant, Bruce Willis, Nick Nolte, Juliette Binoche, Willem Dafoe, Ben Gazzara, Bob Hoskins, Maggie Gyllenhaal, Ludivine Sagnier, Gena Rowlands, Hugh Jackman, Halle Berry, Ian McKellen, Kris Kristofferson, Nanni Moretti, Silvio Orlando, ainsi que les comédiens présents au Jury : Tim Roth, Samuel L. Jackson, Helena Bonham-Carter, Zhang Ziyi et Monica Belluci.

    LIENS:

    Site officiel du festival de Cannes

    Mon compte-rendu du festival de Cannes 2005

     


     

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  • Les comédies de la semaine: tout est grave, rien n'est sérieux...

    Evidemment je pourrais vous parler des nombreuses comédies françaises à l’affiche actuellement. Je pourrais vous dire que vous avez l’embarras du choix entre Francis Veber avec La Doublure qui signe là le retour du naïf au grand coeur François Pignon, cette fois incarné par Gad Elmaleh, Albert Dupontel et sa "comédie sociale" Enfermés dehors qui nous narre les tribulations burlesques d’un SDF ayant trouvé un costume de policier et l’utilisant pour imposer sa propre loi déjantée, et Laurent Tuel  avec Jean-Philippe qui nous entraîne dans une autre dimension où Johnny Hallyday serait resté Jean-Philippe Smet, sans compter Cabaret Paradis de Corinne et Gilles Benizio et OSS117,Le Caire nid d'espions de Michel Hazanavicius (je n’ai pas vu les deux derniers films cités).

    Je pourrais encore vous dire que Francis Veber a toujours le don des dialogues incisifs et des bons mots percutants, du rythme haletant même s’il s’essouffle dans la deuxième partie, sa doublure se hasardant sur le terrain glissant de la comédie romantique dans lequel il est moins à l’aise que dans la comédie pure.

     Je pourrais vous dire que si vous aimez Tex Avery, vous serez certainement ravis d’être « enfermés dehors » avec Albert Dupontel dans son univers coloré même s’il imite, emprunte à Jean-Pierre Jeunet un peu, beaucoup, trop,... sans jamais l’égaler dans un film certes fantaisiste dans la forme comme dans le fond dont le rythme déchaîné, voire harassant, en emportera néanmoins certains, en agacera d’autres, tout comme la référence affirmée par son auteur à Chaplin et Keaton, référence pour le moins exagérée. Il ne suffit pas de s’auto-proclamer poétique pour le devenir. Je l’avoue : j’ai ri néanmoins, du moins plus qu’à la projection des  Bronzés, amis pour la vie, ce qui n’est pas un défi insurmontable, je vous l’accorde.

    Alors je pourrais surtout vous dire que malgré la bande annonce maintes fois diffusée, l’idée donc dévoilée, de Jean-Philippe, la nouvelle production de Fidélité n’en demeure pas moins très originale, d’après un scénario écrit par Christophe Turpin, nous offrant un face à face exceptionnel entre un Luchini dont le talent n’est certes plus à prouver mais dont le don pour la comédie est ici éclatant face à un Johnny Hallyday tout en retenue comme dans L’Homme du train, ici il fait de surcroît preuve d’une auto-dérision désarmante . Je pourrais en effet vous dire tout ça et encore que je vous recommanderais sûrement le dernier. Parce qu’il n’imite personne même s’il a un petit air de Being John Malkovich (au risque d'en agacer certains avec cette intouchable réfèrence) davantage que de Podium, même production et malgré un clin d’œil désopilant au film en question. Parce que, aussi, il nous parle des rendez-vous manqués ou décisifs, du destin, parce que le sujet est moins léger qu’il n’en a l’air, en tout cas universel. Je pourrais encore, justement, vous parler des rendez-vous manqués, esquivés ou essentiels.

     

    Oui, je pourrais toujours vous dire tout ça mais, j’ai eu le malheur ( le bonheur plutôt) de revoir César et Rosalie de Claude Sautet et justement je me suis demandée ce qu’aurait été ma vie si je n’avais pas rencontré les films de Claude Sautet, car certains films, certains cinéastes sont comme des rencontres, qui vous portent, vous enrichissent, vous influencent ou vous transforment même parfois. Et là, je n’ai plus eu envie que de vous parler de ce film-là que je revoyais peut-être pour la dixième fois. Peut-être pas celui que je préfère du cinéaste, Un cœur en hiver ayant à jamais décroché ma palme d’or, mais un film qui n’a néanmoins pas pris une ride, et arrive toujours à me dérider justement. Claude Beylie parlait de « drame gai » à propos de César et Rosalie, terme en général adopté pour la Règle du jeu de Renoir, qui lui sied également parfaitement. Derrière l’exubérance et la truculence de César, on ressent en effet la mélancolie sous-jacente. César donc c’est Yves Montand, un ferrailleur qui a réussi, mariée à Rosalie (Romy Schneider) divorcée d’Antoine (Umberto Orsini), et qui aime toujours David (Sami Frey), un dessinateur de bandes dessinées, sans cesser d’aimer César. Ce dernier se fâche puis réfléchit et abandonne Rosalie à David. Des liens de complicité et même d’amitié se tissent entre les deux hommes si bien que Rosalie, qui veut être aimée séparément par l’un et par l’autre, va tenter de s’interposer entre eux, puis va partir... Dans ce film de 1972, qui fut souvent comparé à Jules et Jim de Truffaut, on retrouve ce qui caractérise les films de Claude Sautet : les scènes de café, de groupe et la solitude dans le groupe, la fugacité du bonheur immortalisée, l’implicite dans ce qui n’est pas- les ellipses- comme dans ce qui est-les regards- (Ah, ces derniers regards entre les trois personnages principaux! Ah, le regard de David lorsque l’enfant passe des bras de Rosalie à ceux de César, scène triangulaire parfaitement construite!).

     « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. », disait Truffaut. Ainsi, personne mieux que Claude Sautet ne savait  et n’a su dépeindre des personnages attachants, fragiles mais si vivants (à l’exception de Stephan interprété par Daniel Auteuil dans Un cœur en hiver, personnage aux émotions anesthésiées quoique..., critique ici prochainement). Ici au contraire ce n’est pas un cœur en hiver, mais un cœur qui bat la chamade et qui hésite, celui de Rosalie, qui virevolte avec sincérité, et qui emporte le spectateur dans ses battements effrénés. Et effectivement on retrouve cette vitalité, celle de la mise en scène qui épouse le rythme trépidant de César face au taciturne David. César qui pourrait agacer, flambeur, gouailleur, lâche parfois face à la fragilité et la discrétion de l’artiste David. Deux hommes si différents, voire opposés, dans leur caractérisation comme dans leur relation à Rosalie que Sautet dépeint avec tendresse, parfois plutôt une tendre cruauté concernant César. Là se trouve la fantaisie, dans ce personnage interprété magistralement par Yves Montand, ou dans la relation singulière des trois personnages, si moderne. Un film qui n’est pas conventionnel jusque dans sa magnifique fin, ambiguë à souhait. Sans effets spéciaux à la Tex Avery. Simplement par la caractérisation ciselée de personnages avec leurs fêlures et leur déraison si humaines.

    Un film à l’image de son personnage principal qui insuffle ce rythme précis et exalté : truculent et émouvant, mélancolique et joyeux, exubérant et secret. Un film intemporel et libre, qui oscille entre le rire et les larmes, dans lequel tout est grave et rien n’est sérieux (devise crétoise, un peu la mienne aussi). Un film délicieusement amoral que vous devez absolument voir ou revoir…

     

    Sandra.M

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