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  • Festival de Cannes 2006: premiers échos...

    Comme je vous l’annonçais il y quelques semaines Mon festival du cinéma sera de nouveau au festival de Cannes cette année pour vous en faire un récit aussi exhaustif que possible.

    Pour vous donner une idée de mes tribulations cannoises et retrouver les critiques des films en compétition, vous pouvez relire mon compte-rendu de l’édition 2005 : Compte rendu du festival de Cannes 2005.

     

    Ce que nous pouvons d’ores et déjà vous annoncer avec certitude pour cette édition 2006:

     

     -Le film Paris je t'aime fera l'ouverture de la sélection Un Certain Regard du Festival de Cannes le 18 mai au soir. Produit par Claudie Ossard et Emmanuel Benbihy, Paris je t'aime est une œuvre collective réalisée par une vingtaine de cinéastes internationaux dans autant d'arrondissements de Paris.Synopsis: Un film pour faire le pari(s) de l'amour. Sur vingt arrondissements, l'amour passager, voilé, mimé, vampirisé, malmené ou révélé... Paris réinventé par 20 réalisateurs internationaux : Joel et Ethan Coen (1er arrondissement), Nobuhiro Suwa (2ème arrondissement), Olivier Assayas (3ème arrondissement), Gus Van Sant (4ème arrondissement), Gurinder Chadha (5ème arrondissement), Fred Auburtin et Gérard Depardieu (6ème arrondissement), Sylvain Chomet (7ème arrondissement), Vincenzo Natali (8ème arrondissement), Richard LaGravenese (9ème arrondissement), Tom Tykwer (10ème arrondissement), Raphaël Nadjari (11ème arrondissement), Isabel Coixet (12ème arrondissement), Christopher Doyle (13ème arrondissement), Alexander Payne (14ème arrondissement), Christoffer Boe (15ème arrondissement), Walter Salles (16ème arrondissement), Alfonso Cuaron (17ème arrondissement), Bruno Podalydès (18ème arrondissement), Oliver Schmitz (19ème arrondissement), Wes Craven (20ème arrondissement). Une oeuvre collective autour de l'amour du cinéma.

     

    -Le Da Vinci Code, réalisé par Ron Howard, produit par Brian Grazer et John Calley pour Columbia Pictures et Imagine Entertainment, fera l'ouverture du 59ème Festival de Cannes le mercredi 17 mai 2006. Le film sera présenté Hors Compétition.

     

     

    -Wong Kar Wai sera le président du jury du 59ème Festival de Cannes. Il sera le premier président chinois dans l'histoire du Festival de Cannes. Révélé à Cannes en 1989 avec As Tears Go By, il présente en 1997 Happy Together en sélection officielle, qui sera récompensé par le Prix de la mise en scène. En 2000, In the Mood for Love, sélectionné à Cannes en compétition, est couronné par un succès public et critique mondial. Wong Kar Wai revient en 2004 en sélection officielle avec 2046, qualifié par la critique de « sublime exploration du temps intérieur ».

     

    Marie-Antoinette  de Sofia Coppola sera projeté en compétition officielle, même si la date n’est pas encore connue. Après le sublime Lost in translation, ce film tourné exceptionnellement à Versailles, est très attendu.

     

    - Volver de Pedro Almodovar avec Penelope Cruz et Carmen Maura sera présenté hors compétition officielle et soryira en salles le 17 Mai.

     

    Rumeurs

     

    -Le film de Nicole Garcia, Selon Charlie dans lequel jouent notamment Jean-Pierre Bacri, Benoît Magimel, Vincent Lindon et Benoit Poelvoorde devrait figurer parmi les films en compétition.

     

    - Indigènes, le film de Rachid Bouchareb avec Jamel Debbouze, serait probablement projeté hors compétition.

     

    -Pourraient également être présentés au festival:

    -Shortbus de John Cameron Mitchell

    Le Caïman de Nani Moretti

    -INLAND EMPIRE de David Lynch

    -The Wind that shakes the Barley de Ken Loach

    -Lights in the Dusk d’Aki Kaurismaki

    -Pan’s labyrinth de Guillermo del Toro

    -The Queen de Stepehn Frears

    Babel d’Alejandro Gonzales Inarritu

    -Zidane, un documentaire de 90 minutes dressant le portrait du joueur.

     

    Il est aussi question de Bruno Dumont, Marco Bellochio, Lucas Belvaux…

     

    La liste des films sélectionnés sera annoncée officiellement le 20 Avril.

     

    Pour les éventuelles retardataires, je vous précise également que la date limite des demandes pour les accréditations professionnelles est le 22 Avril…

     

    Sandra.M

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL DE CANNES 2006 Pin it! 7 commentaires
  • « Frankie » de Fabienne Berthaud : le miroir à deux faces

    Frankie a 26 ans. Frankie est mannequin. Son travail exige d’elle qu’elle renvoie une image lisse et parfaite, qu’elle ne laisse entrevoir ni la fragilité ni les fêlures qu’elle dissimule. Oui, Frankie est mannequin, pas un top model qui parcourt le monde mais un mannequin en fin de carrière comme il y en a des milliers d’autres, qui erre d’hôtels médiocres en studios, en bars moroses où, esseulée, elle laisse tomber le masque, et n’en a plus que faire. L’image elle aussi s’est fissurée : plus vraiment belle, plus vraiment jeune selon des critères plus cruels dans son métier qu’ailleurs, où les stigmates du temps, si imperceptibles pourtant, ennemi impitoyable et invincible, sont inexcusables. Seule, surtout. Quand l’image se craquelle, il faut sourire avec plus d’entrain encore, dire bonjour avec plus d’enthousiasme, feindre avec un talent démultiplié. Seulement Frankie n’a plus envie. Elle a perdu l’envie d’avoir envie. L’envie de cacher l’être blessé par un paraître irréprochable. N’être qu’un corps qu’on voit sans le regarder devient insupportable. Frankie (Diane Krüger d’une touchante fragilité) est à fleur de peau, dans cet état où un seul mot prononcé ou oublié, un seul geste déplacé peuvent faire basculer et dériver. Au départ le film est un peu comme cet univers dans lequel elle se perd, celui de faux semblant : superficiel, détaché de nous, lointain comme une image de papier glacé ( l’image du film, très réaliste, est d'ailleurs délibérément ici très éloignée d’une image de papier glacé) puis peu à peu sa solitude, son mal être s’emparent subrepticement de nous grâce à un montage savamment déstructuré et chaotique à l’image de celle dont il reflète l’égarement. Les images de sa décadence se mêlent à celles de son séjour en hôpital psychiatrique. La poésie ne vient pas suffisamment de là où on l’attend. La poésie du désenchantement. Une jolie forme de politesse. Celle d’un ange aux ailes brisées. Elle s’égare, elle vacille comme la caméra de Fabienne Berthaud dont c’est ici le premier long métrage, aux allures de faux documentaire. C’est un film imparfait, mais c’est justement cette imperfection qui le distingue et l’enrichit. Il laisse entrevoir ses fêlures, il se met à nu comme celle qu’il immortalise. Comme si Dorian Gray et son portrait se côtoyaient. Sauf qu’ici ce que dissimule le masque est peut-être finalement plus beau que le masque lui-même ; surtout si un regard bienveillant se pose dessus, comme celui de Tom que je vous laisse découvrir… Finalement dériver permet peut-être de mieux retrouver son chemin ? Il faut parfois avoir le courage de sombrer, de se montrer chancelant pour mieux refaire surface, revenir sans un masque en trompe l’œil, pour que les autres regards n’effleurent pas seulement mais voient réellement. Et savoir ainsi à nouveau admirer le bleu du ciel ou retrouver les ailes d’un ange. Un film cruel et poétique. Mélancolique et drôle. Comme les deux faces d'un même visage. Une fin qui justifie les moyens et qui mérite d’être attentif jusqu’au bout, de ne pas nous aussi céder à la tyrannie du temps, de ne pas nous aussi zapper ce qui n’est pas lisse, immédiat, formaté comme nous y sommes trop souvent habitués et encouragés. La fissure en dit peut-être plus que le masque. Oui, Frankie est mannequin mais elle porte le masque et dissimule les blessures de chacun de nous…

     Sandra.M

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  • "Fauteuils d'orchestre" de Danièle Thompson

    Avec La Bûche, Danièle Thompson et Christopher Thompson , son co-scénariste (également pour Décalage horaire et pour Fauteuils d’orchestre) avaient, selon moi, réussi le film choral parfait dans lequel chaque personnage a un rôle d’égale importance, dans lequel chaque personnage constitue un rouage indispensable de l’intrigue ou plutôt des intrigues, dans lequel chaque personnage et chaque intrigue se suivent avec un intérêt égal, avec un dénouement reliant les fils de ces destins blessés, un brillant divertissement au sens noble du terme. Je m’attendais donc à une impression similaire avec Fauteuils d’orchestre, précédé d’un bouche à oreille favorable.

    Dans ce film, choral également donc, une naïve jeune fille de province, Jessica (Cécile de France) monte à Paris pour travailler au café des Théâtres, situé avenue Montaigne, au carrefour des grands hôtels, du théâtre des Champs-Elysées et d’une vente aux enchères d'oeuvres d'art à l'hôtel des ventes Drouot où se côtoient et se croisent plusieurs destins ayant tous en commun de passer par ce café. Jessica, comme sa grand-mère, son modèle qui travaillait au Ritz, (Suzanne Flon dans son ultime rôle) décide de travailler dans le luxe à défaut de pouvoir y vivre. Parmi ces personnages qu’elle croise : un pianiste reconnu qui ne rêve que d’une vie simple, une concierge de théâtre (Dani) confidente des artistes qui a pour habitude de déambuler en chantant dans les couloirs du théâtre, une actrice populaire (interprétée par Valérie Lemercier) qui rêve de tourner avec un grand réalisateur (joué par Sydney Pollack) qui prépare un film sur Simone de Beauvoir, un collectionneur d’art qui décide de tout vendre, le fils de ce collectionneur… Pris individuellement chacun de ces personnages est intéressant mais ce qui les relie est parfois un peu trop artificiel pour que nous y adhérions réellement. Chaque destin esquisse une histoire, aurait pu constituer un film à lui seul mais à vouloir en faire trop, Danièle Thompson n’en raconte finalement aucune entièrement.

     Restent des portraits attachants, au premier rang desquels celui du personnage interprété Claude Brasseur dont la ressemblance vocale avec Pierre Brasseur est de plus en plus frappante. Malgré ses imperfections et ses invraisemblances (si quelqu’un a une explication au mal de dos de Christopher Thompson, qu’il me fasse signe ?) certaines scènes, d’une émouvante drôlerie parviennent à nous les faire oublier. Fauteuils d’orchestre se regarde comme une suite de saynètes et il faut avouer que celle du pianiste qui déshabille son âme devant son public et pas seulement, de l’actrice prête à tout, surtout au ridicule, pour interpréter Simone de Beauvoir, sont assez jubilatoires.

    Une bonne comédie à la française avec des dialogues bien écrits qui, de notre fauteuil d’orchestre ou de notre poulailler, nous fait oublier le temps qui passe. La peinture d’un microcosme aux résonances plus larges que celles des pas de ses riches autochtones sur l’avenue Montaigne, une comédie dans laquelle affleure une douce mélancolie, juste esquissée malgré les tourments de l’âme (du pianiste) ou du corps (la maladie du personnage interprétés par Claude Brasseur) eux aussi juste esquissés, la réussite de la diffusion en prime time est en tout cas assurée.

    Cécile de France excelle dans ce rôle d’une jolie candeur, au centre de ce spectacle de la vie parisienne et de cette rue qui la symbolise, qu’elle regarde avec fascination et empathie. Dommage que son rôle se limite à celui de spectatrice insouciante, si bien que même ses scénaristes ne semblent pas savoir qui elle est réellement, nous laissant un peu sur notre faim, ceux-ci préférant terminer par une ellipse l’histoire, peu crédible, entre celle-ci et le professeur (atteint de l’énigmatique mal de dos, interprété par Christopher Thompson), se terminant par des dialogues inaudibles qu’il nous revient de deviner, dont nous avons la charge de combler l’absence, pirouette un peu facile et conclusion un peu décevante d’un film rythmé que l’on aurait aimé voir se terminer par une note plus frappante. Dommage qu’ ici l’ellipse appauvrisse alors que dans un film comme dans le sublime Lost in translation  de Sofia Coppola, par exemple, elle enrichissait et sublimait l’histoire. Et la rendait inoubliable…

    Sandra.M

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