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CONCOURS/JEUX - Page 14

  • Trophées influenceurs by Tribway : votez pour Inthemoodlemag.com et tentez de gagner 500€ de shopping

     

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    Je vous propose aujourd'hui de tenter votre chance pour gagner 500 euros de shopping. En ces temps de crise, un petit plaisir non négligeable auquel s'ajoute celui de bénéficier de 15% de réduction sur le site de shopping Tribway sur lequel vous trouverez aussi bien des accessoires de mode que des livres ou des DVDs!

     Si vous aimez mes blogs, je vous propose ainsi de voter pour moi (attention: ne pouvant inscrire qu'un seul de mes 7 blogs, ce vote concerne Inthemoodlemag.com ). Vous pouvez voter une fois par jour. Et, raison de plus de ne pas vous en priver : vous pourrez bénéficier de 15% de réduction sur tous les produits en vente sur le site de shopping Tribway avec le code INTHEMOOD (valable jusqu’au 17 mai 2014). 

    Par ailleurs, en votant pour moi vous participerez automatiquement au grand tirage au sort qui vous permettra peut-être de gagner 500 € de shopping sur Tribway !

    Vous voulez participer? Alors, cliquez ici ou directement sur la bannière ci-dessus. Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que j'écris sur ces blogs depuis maintenant bientôt 11 ans, que j'en demeure la seule rédactrice (et j'y tiens!) et que je les rédige toujours avec autant de passion.

    Si vous voulez en savoir plus sur la genèse de ces blogs et donc  la genèse d'Inthemoodlemag.com, rendez-vous dans la rubrique "En savoir +" et "Mes blogs dans les médias".

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  • Concours : 300 lots de 2 contremarques pour le Printemps du cinéma à gagner sur Inthemoodforcinema.com !

     

     

    Je vous parle chaque année de cette belle opération qu'est le Printemps du cinéma. Ainsi, pour la 10ème année consécutive, BNP Paribas est le partenaire du Printemps du Cinéma et c'est grâce à BNP Paribas que j'ai aujourd'hui le plaisir de vous proposer  de remporter ici 300 lots de 2 contremarques. Cette année, le Printemps du cinéma aura lieu du 16 au 18 mars 2014: trois jours de cinéma au tarif unique de 3,50 euros* la séance pour tous les spectateurs, tous les films, toutes les séances et dans tous les cinémas participants.

    BNP Paribas, partenaire exclusif des opérations de promotion de cinéma en salles, prolongera cette opération du 19 au 25 mars 2014 inclus, en offrant plus de 330 000 contremarques à ses clients et prospects.

    Les détenteurs de contremarques BNP Paribas pourront bénéficier pendant 7 jours supplémentaires d'un tarif unique de 3,50 euros* la séance. 

    Bref, une occasion idéale de plonger "in the mood for cinema" sans modération. Bonne chance et bonnes séances à tous!

    * Tarif unique de 3,50 € la séance pour tous, pour tous les films, dans tous les cinémas participant à l'opération, et à toutes les séances (hors majoration pour les films en 3D, en Imax, séances spéciales et prestations complémentaires). Offre non cumulable avec d'autres offres tarifaires.

    Lien permanent Imprimer Catégories : CONCOURS/JEUX, IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) Pin it! 2 commentaires
  • Concours spécial César 2014 : gagnez des VOD de films nommés ou d'anciens films primés

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    Je vous parle ici souvent d'Univers Ciné qui permet de voir ou revoir des pépites cinématographiques en VOD. UniversCiné est une initiative d'une cinquantaine de producteurs et distributeurs indépendants français de cinéma, née en 2001. L'objectif de cette organisation est d'établir un modèle ouvert, fédérateur et collaboratif d'exploitation de films indépendants en vidéo à la demande (VoD) et l'on moins qu'on puisse dire est que l'offre est alléchante!

    A l'occasion des César 2014 auxquels je consacre une rubrique comme chaque année (cliquez ici pour retrouver mes articles consacrés aux César 2014), je vous propose de remporter 10x2 locations.

    A l'occasion de l'opération spéciale César sur Universciné, dix gagnants remporteront ainsi chacun

    - une location parmi les films nommés cette année

    ET une location parmi les anciens films primés (au passage actuellement à -50% sur UniversCiné) : 
    Le choix est vraiment cornélien. Pour ma part, je vous conseille "Elle s'en va", "Grand Central", "Syngué Sabour", "Monsieur Klein", "La Leçon de piano", "Garde à vue", "Camille Claudel", "Le Pianiste"...
     
    A cette occasion, je vous propose d'ailleurs mes critiques de "Elle s'en va" d'Emmanuelle Bercot et "Monsieur Klein" de Joseph Losey, ci-dessous, les deux que je choisirais si j'en avais également deux à sélectionner.
     
    Concours:
     
    Pour faire partie des gagnants, soyez parmi les dix premiers à me donner les titres des trois films suivants, en envoyant vos réponses à inthemoodforfilmfestivals@gmail.com avec, pour intitulé "Concours VOD César".
     
    1.

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    Critique de "Monsieur Klein" de Joseph Losey
     
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    A chaque projection ce film me terrasse littéralement tant ce chef d'œuvre est bouleversant, polysémique, riche, brillant, nécessaire. Sans doute la démonstration cinématographique la plus brillante de l'ignominie ordinaire et de l'absurdité d'une guerre aujourd'hui encore partiellement insondables.  A chaque projection, je le vois  et l'appréhende différemment. Ce fut à nouveau le cas hier soir. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore et que j'espère convaincre d'y remédier par cet article, récapitulons d'abord brièvement l'intrigue.

    Il s'agit de Robert Klein. Le monsieur Klein du titre éponyme. Enfin un des deux Monsieur Klein du titre éponyme. Ce Monsieur Klein-là, interprété par Alain Delon,  voit dans l'Occupation avant tout une occasion de s'enrichir et de racheter à bas prix des œuvres d'art à ceux qui doivent fuir ou se cacher, comme cet homme juif (Jean Bouise) à qui il rachète une œuvre du peintre hollandais Van Ostade. Le même jour, il reçoit le journal « Informations juives » adressé à son nom, un journal normalement uniquement délivré sur abonnement. Ces abonnements étant soumis à la préfecture et M.Klein allant lui-même signaler cette erreur, de victime, il devient suspect... Il commence alors à mener l'enquête et découvre que son homonyme a visiblement délibérément usé de la confusion entre leurs identités pour disparaître...

    La première scène, d'emblée, nous glace d'effroi par son caractère ignoble et humiliant pour celle qui la subit. Une femme entièrement nue est examinée comme un animal par un médecin et son assistante afin d'établir ou récuser sa judéité.  Y succède une scène dans laquelle, avec la même indifférence, M.Klein rachète un tableau à un juif obligé de s'en séparer. M.Klein examine l'œuvre avec plus de tact que l'était cette femme humiliée dans la scène précédente, réduite à un état inférieur à celui de chose mais il n'a pas plus d'égard pour son propriétaire que le médecin en avait envers cette femme même s'il respecte son souhait de ne pas donner son adresse, tout en ignorant peut-être la véritable raison de sa dissimulation affirmant ainsi avec une effroyable et sans doute inconsciente effronterie « bien souvent je préfèrerais ne pas acheter ».

    Au plan des dents de cette femme observées comme celles d'un animal s'oppose le plan de l'amie de M.Klein, Jeanine (Juliet Berto) qui se maquille les lèvres dans une salle de bain outrageusement luxueuse. A la froideur clinique du cabinet du médecin s'oppose le luxe tapageur de l'appartement de M.Klein qui y déambule avec arrogance et désinvolture, recevant ses invités dans une robe de chambre dorée. Il collectionne. Les œuvres d'art même s'il dit que c'est avant tout son travail. Les femmes aussi apparemment. Collectionner n'est-ce pas déjà une négation de l'identité, cruelle ironie du destin alors que lui-même n'aura ensuite de cesse de prouver et retrouver la sienne ?

    Cet homonyme veut-il lui  sauver sa vie ? Le provoquer ? Se venger ? M.Klein se retrouve alors plongé en pleine absurdité kafkaïenne où son identité même est incertaine. Cette identité pour laquelle les Juifs sont persécutés, ce qui, jusque-là,  l'indifférait prodigieusement et même l'arrangeait plutôt, ou en tout cas arrangeait ses affaires.

     Losey n'a pas son pareil pour utiliser des cadrages qui instaurent le malaise, instillent de l'étrangeté dans des scènes a priori banales dont l'atmosphère inquiétante est renforcée par une lumière grisâtre mettent en ombre des êtres fantomatiques, le tout exacerbé par une musique savamment dissonante...  Sa caméra surplombe ces scènes comme un démiurge démoniaque : celui qui manipule M.Klein ou celui qui dicte les lois ignominieuses de cette guerre absurde. La scène du château en est un exemple, il y retrouve une femme, apparemment la maîtresse de l'autre M.Klein (Jeanne Moreau, délicieusement inquiétante, troublante et mystérieuse) qui y avait rendez-vous. Et alors que M.Klein-Delon lui demande l'adresse de l'autre M.Klein, le manipulateur, sa maîtresse lui donne sa propre adresse, renforçant la confusion et la sensation d'absurdité.  Changement de scène. Nous ne voyons pas la réaction de M.Klein. Cette brillante ellipse ne fait que renforcer la sensation de malaise.

    Le malentendu (volontairement initié ou non ) sur son identité va amener Klein à faire face à cette réalité qui l'indifférait. Démonstration par l'absurde auquel il est confronté de cette situation historique elle-même absurde dont il profitait jusqu'alors. Lui dont le père lui dit qu'il est « français et catholique  depuis Louis XIV», lui qui se dit « un bon français qui croit dans les institutions ». M.Klein est donc  certes un homme en quête d'identité mais surtout un homme qui va être amené à voir ce qu'il se refusait d'admettre et qui l'indifférait parce qu'il n'était pas personnellement touché : « je ne discute pas la loi mais elle ne me concerne pas ». Lui qui faisait partie de ces « Français trop polis ». Lui qui croyait que « la police française ne ferait jamais ça» mais qui clame surtout : «  Je n'ai rien à voir avec tout ça. » Peu lui importait ce que faisait la police française tant que cela ne le concernait pas. La conscience succède à l'indifférence. Le vide succède à l'opulence. La solitude succède à la compagnie flatteuse de ses « amis ». Il se retrouve dans une situation aux frontières du fantastique à l'image de ce que vivent alors quotidiennement les Juifs. Le calvaire absurde d'un homme pour illustrer celui de millions d'autres.

    Et il faut le jeu tout en nuances de Delon, presque méconnaissable, perdu et s'enfonçant dans le gouffre insoluble de cette quête d'identité pour nous rendre ce personnage sympathique, ce vautour qui porte malheur et qui « transpercé d'une flèche, continue à voler ». Ce vautour auquel il est comparé et qui éprouve du remords, peut-être, enfin. Une scène dans un cabaret le laisse entendre. Un homme juif y est caricaturé comme cupide au point de  voler la mort et faisant dire à son interprète : « je vais faire ce qu'il devrait faire, partir avant que vous me foutiez à  la porte ». La salle rit aux éclats. La compagne de M.Klein, Jeanine, est choquée par ses applaudissements. Il réalise alors, apparemment, ce que cette scène avait d'insultante, bête et méprisante et  ils finiront par partir. Dans une autre scène, il forcera la femme de son avocat à jouer l'International alors que le contenu de son appartement est saisi par la police, mais il faut davantage sans doute y voir là une volonté de se réapproprier l'espace et de se venger de celle-ci qu'un véritable esprit de résistance. Enfin, alors que tous ses objets sont saisis, il insistera pour garder le tableau de Van Ostade, son dernier compagnon d'infortune et peut-être la marque de son remords qui le rattache à cet autre qu'il avait tellement méprisé, voire nié et que la négation de sa propre identité le fait enfin considérer.

    Le jeu des autres acteurs, savamment trouble, laisse  ainsi entendre que chacun complote ou pourrait être complice de cette machination, le père de M.Klein (Louis Seigner) lui-même ne paraissant pas sincère quand il dit « ne pas connaître d'autre Robert Klein », de même que son avocat (Michael Lonsdale) ou la femme de celui-ci (Francine Bergé) qui auraient des raisons de se venger, son avocat le traitant même de « minus », parfaite incarnation des Français de cette époque au rôle trouble, à l'indifférence coupable, à la lâcheté méprisable, au silence hypocrite.

    Remords ? Conviction de supériorité ? Amour de liberté ? Volonté de partager le sort de ceux dont il épouse alors jusqu'au bout l'identité ? Homme égoïste poussé par la folie de la volonté de savoir ? Toujours est-il que, en juillet 1942, il se retrouve victime de la   Raflé du Vel d'Hiv avec 15000 autres juifs parisiens. Alors que son avocat possédait le certificat pouvant le sauver, il se laisse délibérément emporter dans le wagon en route pour Auschwitz avec, derrière lui, l'homme  à qui il avait racheté le tableau et, dans sa tête, résonne alors le prix qu'il avait vulgairement marchandé pour son tableau. Scène édifiante, bouleversante, tragiquement cynique. Pour moi un des dénouements les plus poignants de l'Histoire du cinéma. Celui qui, en tout cas, à chaque fois, invariablement, me bouleverse.

    La démonstration est glaciale, implacable. Celle de la perte et de la quête d'identité poussées à leur paroxysme. Celle de la cruauté dont il fut le complice peut-être inconscient et dont il est désormais la victime. Celle de l'inhumanité, de son effroyable absurdité. Celle de gens ordinaire qui ont agi plus par lâcheté, indifférence que conviction.

    Losey montre ainsi froidement et brillamment une triste réalité française de cette époque,  un pan de l'Histoire et de la responsabilité française qu'on a longtemps préféré ignorer et même nier. Sans doute cela explique-t-il que « Monsieur Klein » soit reparti bredouille du Festival de Cannes 1976 pour lequel le film et Delon, respectivement pour la palme d'or et le prix d'interprétation, partaient pourtant favoris. En compensation, il reçut les César du meilleur film, de la meilleure réalisation et  des meilleurs décors.

    Ironie là aussi de l'histoire (après celle de l'Histoire), on a reproché à Losey de faire, à l'image de Monsieur Klein, un profit malsain de l'art en utilisant cette histoire mais je crois que le film lui-même est une réponse à cette accusation (elle aussi) absurde.

    A la fois thriller sombre, dérangeant, fascinant, passionnant ; quête de conscience et d'identité d'un homme ; mise en ombres et en lumières des atrocités absurdes commises par le régime de Vichy et de l'inhumanité des français ordinaires ; implacable et saisissante démonstration de ce que fut la barbarie démente et ordinaire,  « Monsieur Klein » est un chef d'œuvre aux interprétations multiples que la brillante mise en scène de Losey sublime et dont elle fait résonner le sens et la révoltante et à jamais inconcevable tragédie ... des décennies après. A voir et à revoir. Pour ne jamais oublier...

    Critique de "Elle s'en va" d'Emmanuelle Bercot

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    Un film avec Catherine Deneuve est en soi déjà toujours une belle promesse, une promesse d’autant plus alléchante quand le film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là, l’histoire poignante et  délicate (et délicatement traitée) de l’amour d’un adolescent pour une femme d’âge plus mûr (d’ailleurs interprétée avec beaucoup de justesse par Emmanuelle Bercot). Une histoire intense dont chaque plan témoignait, transpirait de la ferveur amoureuse qui unissait les deux protagonistes. Puis, il y a eu « Backstage », et l’excellent scénario de « Polisse » dont elle était coscénariste.

     

    L’idée du road movie avec Catherine Deneuve m’a tout d’abord fait penser au magistral « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige dans lequel le dernier regard de Catherine Deneuve à la fois décontenancé et ébloui puis passionné, troublé, troublant est un des plus beaux plans qu’il me soit arrivé de voir au cinéma contenant une multitude de possibles et toute la richesse de jeu de l’actrice.  « Elle s’en va » est un road movie centré certes aussi sur Catherine Deneuve mais très différent et né du désir « viscéral » de la filmer (elle n’est sans doute pas la seule mais nous comprenons rapidement pourquoi l’actrice a accepté ici) comme l’a précisé la réalisatrice avant la projection.

     

    L’actrice incarne ici Bettie (et non Betty comme celle de Chabrol), restauratrice à Concarneau, veuve (je vous laisse découvrir comment…), vivant avec sa mère (Claude Gensac !) qui la traite encore comme une adolescente. L’amant de Bettie vient de  quitter sa femme… pour une autre qu’elle. Sa mère envahissante, son chagrin d’amour, son restaurant au bord de la faillite vont la faire quitter son restaurant, en plein service du midi, pour aller « faire un tour » en voiture, puis pour acheter des cigarettes. Le tour du pâté de maisons se transforme bientôt en échappée belle. Elle va alors partir sur les routes de France, et rencontrer toute une galerie de personnages dans une France qui pourrait être celle des « sous-préfectures » du « Journal de France » de Depardon. Et surtout, son voyage va la mener sur une voie inattendue…et nous aussi tant ce film est une surprise constante.

     

    Après un premier plan sur Catherine Deneuve, au bord de la mer, éblouissante dans la lumière du soleil, et dont on se demande si elle va se « jeter à l’eau » (oui, d’ailleurs, d’une certaine manière), se succèdent  des plans montrant des commerces fermées et des rues vides d’une ville de province, un chien à la fenêtre, une poésie décalée du quotidien aux accents de Depardon. Puis Bettie apparaît dans son restaurant. Elle s’affaire, tourbillonne, la caméra ne la lâche pas…comme sa mère, sans cesse après elle. Bettie va ensuite quitter le restaurant pour ne plus y revenir. Sa mère va la lâcher, la caméra aussi, de temps en temps : Emmanuelle Bercot la filme sous tous les angles et dans tous les sens ( sa nuque, sa chevelure lumineuse, même ses pieds, en plongée, en contre-plongée, de dos, de face, et même à l’envers) mais alterne aussi avec des plans plus larges qui la placent dans des situations inattendues dans de « drôle[s] d’endroit[s] pour une rencontre », y compris une aire d’autoroute comme dans le film éponyme.

     

    Si l’admiration de la réalisatrice pour l’actrice transpire dans chaque plan, en revanche « Elle s’en va » n’est pas un film nostalgique sur le « mythe » Deneuve mais au contraire ancré dans son âge, le présent, sa féminité, la réalité. Emmanuelle Bercot n’a pas signé un hommage empesé mais au contraire un hymne à l’actrice et à la vie. Avec son jogging rouge dans « Potiche », elle avait prouvé (à ceux qui en doutaient encore) qu’elle pouvait tout oser, et surtout jouer avec son image d’icône.  « Elle s’en va » comme aurait pu le faire craindre son titre (le titre anglais est « On my way ») ne signifie ainsi ni une révérence de l’actrice au cinéma (au contraire, ce film montre qu’elle a encore plein de choses à jouer et qu’elle peut encore nous surprendre) ni un film révérencieux, mais au contraire le film d’une femme libre sur une autre femme libre. Porter une perruque improbable, se montrer dure puis attendrissante et s’entendre dire qu’elle a dû être belle quand elle était jeune » (dans une scène qui aurait pu être glauque et triste mais que la subtilité de l’écriture et de l’interprétation rendent attendrissante )…mais plus tard qu’elle sera « toujours belle même dans la tombe. » : elle semble prendre un malin plaisir à jouer avec son image.

     

    Elle incarne ici un personnage qui est une fille avant d’être une mère et une grand-mère, et surtout une femme libre, une éternelle amoureuse.  Au cours de son périple, elle va notamment rencontrer un vieil agriculteur (scène absolument irrésistible tout comme sa rencontre d’une nuit, belle découverte que Paul Hamy qui incarne l’heureux élu). Sa confrontation avec cette galerie de personnages incarnés par des non professionnels pourrait à chaque fois donner lieu à un court-métrage tant ce sont de savoureux moments de cinéma, mais une histoire et un portrait se construisent bel et bien au fil de la route. Le film va ensuite prendre une autre tournure lorsque son petit-fils l’accompagnera dans son périple. En découvrant la vie des autres, et en croyant fuir la sienne, elle va au contraire lui trouver un nouveau chemin, un nouveau sens, être libérée  du poids du passé.

     

    Si le film est essentiellement interprété par des non professionnels (qui apportent là aussi un naturel et un décalage judicieux), nous croisons aussi Mylène Demongeot (trop rare), le peintre  Gérard Garouste et la chanteuse Camille (d’ailleurs l’interprète d’une chanson qui s’intitule « Elle s’en va » mais qui n’est pas présente dans le film) dans le rôle de la fille cyclothymique de Bettie  et enfin  Nemo Schiffman, irréprochable dans le rôle du petit-fils. Ajoutez à cela une remarquable BO et vous obtiendrez un des meilleurs films de l’année 2013.

     

    Présenté en compétition officielle de la Berlinale 2013 et en compétition du Champs-Elysées Film Festival 20013, « Elle s’en va » a permis à Catherine Deneuve de recevoir le prix coup de cœur du Festival de Cabourg 2013.

     

    « Elle s’en va » est d’abord un magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout.  C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va »  montre que , à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour.  « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie . Un bonheur ! Et un bonheur rare.

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  • Concours - 10 invitations pour la 19ème cérémonie des Prix Lumières le lundi 20 janvier 2014 à Paris

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    Chaque année, je vous parle de cette cérémonie qui eut lieu pendant plusieurs années à la Mairie de Paris et qui se déroulera cette année à l’Espace Pierre Cardin, à 21H, le 20 janvier 2014 et qui récompense les meilleurs films français et francophones de l’année, des récompenses décernées par la presse étrangère et qui préfigurent souvent les résultats des César qui ont lieu un mois plus tard, devenant au fil des années un évènement incontournable et la première remise de prix majeure de la nouvelle année en France. Je suis donc particulièrement ravie de pouvoir permettre à dix (chanceux) d'entre vous de remporter leurs invitations (valables pour une personne).

    Organisés par l’Académie des Lumières qui a vu le jour en 1995 à l'initiative de Daniel Toscan du Plantier et du journaliste américain Edward Behr, les Prix Lumières récompensent le cinéma français et francophone. 
    À l'image des Golden Globe Awards décernés chaque année par l'Association de la presse étrangère de Hollywood, l'Académie des Lumières veut souligner le grand intérêt que porte au cinéma français la presse internationale largement représentée à Paris.

    « Quai d’Orsay » de Bertrand Tavernier est en tête des nominations avec 5 nominations devant « La vie d’Adèle » et « 9 mois ferme » avec 4 nominations.

     C'est Carole Bouquet qui présidera cette année la cérémonie.

     La cérémonie rendra hommage aux cinéastes Georges Lautner et Patrice Chéreau.

     Les cinémas belge et tunisien seront également à l'honneur de cette 19ème cérémonie.

    C'est "Amour" de Michael Haneke qui, l'an passé avait reçu le prix du meilleur film.  Il nous faut donc patienter dix jours avant de savoir qui aura l'honneur de lui succéder entre  "9 mois ferme" d'Albert Dupontel, "Grand Central" de Rebecca Zlotowski, "La Vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2" d'Abdellatif Kechiche, "L’ Ecume des jours" de Michel Gondry, "Quai d’Orsay" de Bertrand Tavernier, "Renoir" de Gilles Bourdos.

    Je vous ferai vivre cette cérémonie en direct (twitter : @moodforcinema , hashtag : #PDL2014, #PrixLumieres ) et bien entendu vous pourrez retrouver ici mon compte rendu complet et le palmarès détaillé ainsi que sur mes sites http://inthemoodlemag.com et http://inthemoodforfilmfestivals.com . Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter le site officiel ou retrouver mes récits des cérémonies des années précédentes.

    Cérémonies précédentes:

    Cliquez ici pour retrouver mon compte rendu de la cérémonie 2011 des prix Lumières.

    Cliquez ici pour retrouver mon compte rendu de la cérémonie 2012 des prix Lumières.

    Cliquez ici pour retrouver mon compte rendu de la cérémonie 2013 des prix Lumières.

     

    Je vous propose également quelques critiques de films en lice:

     

    « Grand Central » de Rebecca Zlotowski

    « Renoir » de Gilles Bourdos

    « Le Passé » d’Asghar Farhadi

    « La Vénus à la fourrure » de Roman Polanski

    « Elle s’en va » d’Emmanuelle Bercot

    « Les Garçons et Guillaume, à table! » de Guillaume Gallienne

     

    CONCOURS

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    Règlement: Cette année,  j'ai le grand plaisir de pouvoir vous faire gagner dix invitations individuelles pour la 19ème cérémonie des prix Lumières du 20 janvier 2014, à l'Espace Pierre Cardin (ouverture des portes à 20H, début de la cérémonie à 21H). Pour faire partie des heureux élus qui profiteront de cette belle soirée en présence de tous ceux qui ont contribué de manière remarquable au cinéma français et au cinéma francophone l'an passé (le générique est chaque année impressionnant avec, toujours, de beaux moments de cinéma), soyez parmi les 10 premiers à envoyer vos réponses aux questions suivantes à inthemoodforcinema@gmail.com avec, pour intitulé de votre email, "Concours Lumières". Seuls les gagnants seront contactés. Vous trouverez les réponses aux questions dans mes articles précités sur les éditions précédentes.

     

    1. Quel est le titre de ce (très beau film) dont est extrait ce (sublime) plan d'un cinéaste à qui la cérémonie des Lumières 2011 a rendu hommage?

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    2. Qui a obtenu le prix Lumières de la Révélation masculine en 2013?

     

    3. Où se déroulait la cérémonie des Lumières 2013?

    4. Quel évènement historique s'est déroulé il y a trois ans à l'heure même à laquelle avait lieu la cérémonie des Lumières?

    5. Comment s'appelait le court-métrage d'un grand cinéaste projeté lors de l'édition 2011 et de quel grand cinéaste s'agissait-il?

     

     

    NOMINATIONS

    MEILLEUR FILM

    9 mois ferme de Albert Dupontel

    Grand Central de Rebecca Zlotowski

    La Vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2 de Abdellatif Kechiche

    L’ Ecume des jours de Michel Gondry

    Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier

    Renoir de Gilles Bourdos

     

    MEILLEUR REALISATEUR

    Gilles Bourdos

    Albert Dupontel

    Michel Gondry

    Abdellatif Kechiche

    Bertrand Tavernier

    Rebecca Zlotowski

     

    MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL OU ADAPTATION

    Le Passé de Asghar Farhadi

    Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier

    9 mois ferme Albert Dupontel

    La Marche de Nabil Ben Yadir

    La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

    Arrêtez-moi de Jean-Paul Lilienfeld

     

    MEILLEURE ACTRICE

    Juliette Binoche dans Camille Claudel, 1915 de Bruno Dumont

    Catherine Deneuve dans Elle s’en va d’Emmanuelle Bercot

    Sandrine Kiberlain dans 9 mois ferme de Albert Dupontel

    Emmanuelle Seigner dans La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

    Christa Theret dans Renoir de Gilles Bourdos

    Léa Seydoux dans Grand Central de Rebecca Zlotowski et La Vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2 de Abdellatif Kechiche

     

    MEILLEUR ACTEUR

    Michel Bouquet dans Renoir de Gilles Bourdos

    Guillaume Canet dans Jappeloup de Christian Duguay

    Romain Duris dans L’ Ecume des jours de Michel Gondry

    Guillaume Gallienne dans Les Garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne

    Thierry Lhermitte dans Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier

    Tahar Rahim dans Grand Central de Rebecca Zlotowski

     

    REVELATION FEMININE DE L’ANNEE

    Pauline Etienne dans La Religieuse de Guillaume Nicloux

    Adèle Exarchopoulos dans La Vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2 de Abdellatif Kechiche

    Alice de Lencquesaing dans La Tête la première d’Amélie van Elmbt

    Miss Ming dans Henri de Yolande Moreau

    Vimala Pons dans La fille du 14 juillet de Antonin Peretjatko

    Marine Vacth dans Jeune & Jolie de François Ozon

     

    REVELATION MASCULINE DE L’ANNEE

    Pierre Deladonchamps dans L’ inconnu du lac de Alain Guiraudie

    Paul Hamy dans Suzanne de Katell Quillévéré

    Tewfik Jallab dans La Marche de Nabil Ben Yadir

    Vincent Macaigne dans La fille du 14 juillet de Antonin Peretjatko

    Raphaël Personnaz dans Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier et Marius de Daniel Auteuil

    Niels Schneider dans Désordres d’ Etienne Faure

     

    PRIX Heike Hurst du MEILLEUR PREMIER FILM

    Au-Delà Du Sang de Guillaume Tauveron

    Comme un lion de Samuel Collardey

    En Solitaire de Christophe Offenstein

    Les Garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne

    La Tête la première d’Amélie van Elmbt

    Nous irons vivre ailleurs de Nicolas Karolszyk

     

    MEILLEUR FILM FRANCOPHONE HORS DE FRANCE

    Aujourd’hui de Alain Gomis (France, Sénégal)

    Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch (France, Maroc, Belgique)

    Le Démantèlement de Sébastien Pilote (Québec)

    Dead Man Talking de Patrick Ridremont (Belgique, France, Luxembourg)

    Gabrielle de Louise Archambault (Québec)

    Le Repenti de Merzak Allouach (Algérie)

     
     Liens:
     
    - Site officiel des Prix Lumières : http://www.academielumieres.com/bienvenue.ws 
    -Page Facebook des prix Lumières : https://www.facebook.com/lesprix.lumieres

     

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