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  • "Plein soleil" de René Clément avec Alain Delon et Maurice Ronet demain au ciné club du restaurant "Les Cinoches"

    Je continue à choisir la programmation du ciné club du restaurant "Les Cinoches" avec, demain soir, à 21H, le chef d'oeuvre de René Clément  de 1960: "Plein Soleil". Pour les informations pratiques rendez-vous sur http://www.lescinoches.com . Critique du film ci-dessous.

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    Après les critiques de « La Piscine », « Borsalino », « Le Guépard », « Monsieur Klein »,  « Le Cercle rouge », "Le Professeur", je poursuis donc aujourd'hui le cycle consacré à Alain Delon sur inthemoodforcinema.com avec « Plein soleil » de René Clément, l'un des films que j'ai choisis dans le cadre de la programmation du ciné club du restaurant Les Cinoches.

    Dans ce film de 1960, Alain Delon est Tom Ripley, qui, moyennant  5000 dollars, dit être chargé par un milliardaire américain, M.Greenleaf, de ramener son fils Philippe (Maurice Ronet) à San Francisco, trouvant que ce dernier passe de trop longues vacances en Italie auprès de sa maîtresse Marge (Marie Laforêt). Tom est constamment avec eux, Philippe le traite comme son homme à tout faire, tout en le faisant participer à toutes ses aventures sans cesser de le mépriser. Mais Tom n'est pas vraiment l'ami d'enfance de Philippe qu'il dit être et surtout il met au point un plan aussi malin que machiavélique pour usurper l'identité de Philippe.

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    « Plein soleil » est une adaptation d'un roman de Patricia Highsmith (écrite par Paul Gégauff et René Clément) et si cette dernière a été très souvent adaptée (et notamment   le roman le « Talentueux  Monsieur Ripley » titre originel du roman de Patricia Highsmith qui a fait l'objet de très nombreuses adaptations et ainsi en 1999 par Anthony Minghella avec Matt Damon dans le rôle de Tom Ripley), le film de René Clément était selon elle le meilleur film tiré d'un de ses livres.

    Il faut dire que le film de René Clément, remarquable à bien des égards, est bien plus qu'un thriller. Par l'évocation de la jeunesse désinvolte, oisive, désœuvrée, égoïste, en Italie, il fait même penser à la « Dolce vita » de Fellini.

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     Cette réussite doit beaucoup à la complexité du personnage de Tom Ripley et à celui qui l'incarne. Sa beauté ravageuse, son identité trouble et troublante, son jeu polysémique en font un être insondable et fascinant dont les actes et les intentions peuvent prêter à plusieurs interprétations. Alain Delon excelle dans ce rôle ambigu, narcissique, où un tic nerveux, un regard soudain moins assuré révèlent l'état d'esprit changeant du personnage. Un jeu double, dual comme l'est Tom Ripley et quand il imite Philippe (Ronet) face au miroir avec une ressemblance à s'y méprendre, embrassant son propre reflet, la scène est d'une ambivalente beauté. Si « Plein soleil » est le cinquième film d'Alain Delon, c'est aussi son premier grand rôle suite auquel Visconti le choisit pour « Rocco et ses frères ». Sa carrière aurait-elle était la même s'il avait joué le rôle de Greenleaf qui lui avait été initialement dévolu et s'il n'avait insisté pour interpréter celui de Tom Ripley ? En tout cas, avec « Plein soleil » un mythe était né et Delon depuis considère toujours Clément comme son « maître absolu ». Ils se retrouveront d'ailleurs peu après pour les tournages de « Quelle joie de vivre » (1960), « Les Félins » (1964) et enfin « Paris brûle-t-il ? » en 1966.

     Face à lui, Ronet est cynique et futile à souhait. Le rapport entre les deux personnages incarnés par  Delon et Ronet est d'ailleurs similaire à celui qu'ils auront dans « La Piscine » de Jacques Deray 9 ans plus tard, le mépris de l'un conduisant pareillement au meurtre de l'autre. Entre les deux, Marge se laisse éblouir par l'un puis par l'autre, victime de ce jeu dangereux mais si savoureux pour le spectateur qui ne peut s'empêcher de prendre fait et cause pour l'immoral Tom Ripley.

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    L'écriture et la réalisation de Clément procurent un caractère intemporel à ce film de 1960 qui apparaît alors presque moins daté et plus actuel que celui de Minghella qui date pourtant de 1999 sans compter la modernité du jeu des trois acteurs principaux qui contribue également à ce sentiment de contemporanéité. « Plein soleil » c'est aussi "la confrontation entre l'éternité et l'éphémère, la beauté éternelle et la mortalité"*, la futilité pour feindre d'oublier la finitude de l'existence et la fugacité de cette existence. Les couleurs vives avec lesquelles sont filmés les extérieurs renforcent cette impression de paradoxe, les éléments étant d'une beauté criminelle et trompeuse à l'image de Tom Ripley. La lumière du soleil, de ce plein soleil, est à la fois élément de désir, de convoitise et  le reflet de ce trouble et de ce mystère. Une lumière si bien mise en valeur par le célèbre chef opérateur Henri Decaë. L'éblouissement est celui exercé par le personnage de Tom Ripley  qui est lui-même fasciné par celui dont il usurpe l'identité et endosse la personnalité. Comme le soleil qui à la fois éblouit et brûle, ils sont  l'un et l'autre aussi fascinants que dangereux.

    Acte de naissance d'un mythe, thriller palpitant, personnage délicieusement ambigu, lumière d'été trompeusement belle aux faux accents d'éternité, « Plein soleil » est un chef d'œuvre du genre dans lequel la forme coïncide comme rarement avec le fond, les éléments étant la métaphore parfaite du personnage principal. « Plein soleil », un film trompeusement radieux par lequel je vous conseille vivement de vous laisser éblouir !

    *Phrase extraite de l'ouvrage de de D. Bantcheva, René Clément, de même que les citations d'Alain Delon extraites de l'interview publiée dans le livre en question.

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  • Bande-annonce et extrait de "L'autre monde " de Gilles Marchand avec Louise Bourgoin, Melvil Poupaud, Grégoire Leprince-Ringuet

    autremonde7.jpgEn attendant de vous faire part de ma critique du film que je verrai demain (un film également sélectionné en séance spéciale à Cannes) et en attendant sa sortie officielle le 14 juillet, je vous propose donc un extrait et la bande annonce et vous rappelle également que vous pouvez participer à sa coproduction sur touscoprod.com .

    Lien permanent Imprimer Catégories : BANDES ANNONCES Pin it! 1 commentaire
  • Luc Besson, Christine Albanel, Xavier Couture lancent weareproducteurs.com, projet participatif, ludique et pédagogique

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    Ce matin avait lieu le lancement de weareproducteurs.com, un site communautaire lancé par Orange en partenariat avec Europacorp.  Je vous ai souvent parlé de touscoprod (et vous en reparlerai, dès demain d'ailleurs, puisque je verrai « L'Autre monde » coproduit par touscoprod) qui permet aux internautes de devenir producteurs de films et de s'investir dans leur promotion. Les deux initiatives sont à mon avis complémentaires et différentes à la fois dans la démarche et dans le nombre de films présentés puisque touscoprod produit de nombreux films (longs et courts) et que weareproducteurs se destine pour l'instant à la production d'un seul film.

    Présentation du projet

    L'objectif de weareproducteurs.com est à la fois ludique et pédagogique puisqu'il permet aux internautes de découvrir le métier de producteur et de voir les différentes étapes de l'élaboration d'un film et d'y participer, le tout dans un délai très bref puisque le film sortira normalement en novembre 2011. Pendant un an, les internautes pourront donc participer à toutes les étapes de la fabrication d'un film Europacorp, de sa conception à sa sortie en salles.  A partir d'aujourd'hui, 5 synopsis sont ainsi dévoilés : comédie romantique, comédie «jeune et fraîche », drame sentimental, thriller, film policier. Début juillet les internautes éliront leur projet préféré. Les internautes effectueront ensuite des choix aux étapes clefs : options de réalisation, casting, bande sonore... Europacorp proposera également aux internautes une contribution financière et de percevoir un intéressement sur une partie des recettes du film. Un collège d'experts (acteurs, scénaristes, décorateurs...) accompagnera également les internautes dans leurs votes.

    Conférence de presse de Christine Albanel, Xavier Couture, Luc Besson

    Selon Luc Besson l'objectif premier de weareproducteurs.com est de « retisser une relation positive avec les internautes. La pédagogie est le meilleur moyen ». L'objectif est donc aussi de mettre fin à la mésentente entre internautes et créateurs à cause du piratage.

     Il a été précisé que les internautes pourraient investir à partir de 10 euros et que la limite sera de 500 parts par personne sachant également que les internautes interviendront dans une limite de 25% du budget du film. Ils n'auront pas de statut juridique mais des parts de recettes. Sachez encore que vous pourrez participer  aux étapes de l'élaboration sans participer financièrement. Vous investir sans investir.

    Parmi les 1500 projets reçus par an par Europacorp, 5 ont ainsi été sélectionnés pour être soumis aux internautes. Une cinquantaine de personnes travaillent ainsi sur le projet.

    Un journaliste a ainsi  demandé si le film sera disponible gratuitement en téléchargement dès sa sortie, il sera en effet amusant de constater l'évolution des avis du public (parfois tranchés sur cette question) lorsqu'il passera du côté de la production et n'y verra sans doute pas les mêmes intérêts.

    Xavier Couture en a profité pour rappeler que « L'Arnacoeur » avait été préacheté par Orange Cinéma Séries alors qu'il ne trouvait pas diffuseur.

    Le grand intérêt de ce projet est avant tout son aspect ludique mais surtout pédagogique comme l'a souligné lui-même Luc Besson. D'une certaine manière cela peut faire office de cours de cinéma et être un autre moyen pour les passionnés d'en savoir davantage sur les coulisses de fabrication d'un film.

     Reste à voir comment il sera possible de respecter le délai de 16 mois qui me paraît très court, et si cet interventionnisme constant laissera encore un peu de place à la liberté créatrice, à des projets pas forcément formatés et si le public ne se transformera pas d'une certaine manière en un producteur à l'image de ce que cette notion signifiait dans le cinéma américain des années 1950 : omnipotent et omniscient.

    Si l'aventure vous tente sachez enfin que les 10000 premiers inscrits figureront au générique du film.

    Pour en savoir plus : http://www.weareproducteurs.com

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  • Reprises des films de la Semaine de la Critique 2010 à la Cinémathèque Française

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    Jeudi 3 juin

    20H: séance d'ouverture

    "Native son" de Scott Graham (Royaume Uni)

    suivi de "Belle épine" de Rebecca Zlotowski (France) en présence de la réalisatrice et de Léa Seydoux

    Vendredi 4 juin

    19H: "Love patate" de Gilles Cuvelier (France)

    suivi de "Sandcastle" de Boo Junfeng (Singapour)

    21h : "Vasco" de Sébastion Laudenbach (France)

    suivi de "Bedevilled" de Cheol-soo Jang (Corée du sud)

    Samedi 5 juin

    17H30: "Berik" de Deniel Joseph Borgman (Danemark) Grand Prix Canal+ du meilleur court-métrage

    suivi d'"Armadillo" de Janus Metz (Danemark) Grand Prix de la semaine de la critique

    19H30: "The boy who wanted to be a lion" d'Alois di Leo (Royaume-Uni)

    suivi de "The myth of the american sleepover" de David Robert Mitchell (Etats-Unis)

    21H30: "Deeper than yesterday" d'Ariel Kleiman (Australie) Prix Découverte Kodak

    suivi de "Sound of noise" d'Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson (Suède) Prix OFAJ de la (toute) jeune critique

    Dimanche 6 juin:

    19H30 : Séance spéciale moyens métrages en présence des réalisateurs

    "L'amour propre" de Nicolas Silhol (France)

    "Fracture" de Nicolas Sarkissian (France)

    Cynthia "Todavia tiene las llaves" de Gonzalo Tobal (Argentine) (Film sous-titré en Anglais uniquement)

    21H30: "A distraçao"  de Ivan de Cavi Borges et Gustavo Melo (Brésil)

    suivi de "Bi, dung so!" de Phan Dang Di (Vietnam, France, Allemagne)

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