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  • Les sorties de la semaine du 17 janvier : « Les Climats » de Nuri Bilge Ceylan et « L’illusionniste » de Neil Burger

     medium_climats.JPGDemain sortiront deux films dont je vous avais déjà parlé en avant-première lorsqu’ils furent présentés dans des medium_illusionniste.JPGfestivals de cinéma.

    Il s’agit d’abord du film de Nuri Bilge Ceylan, Les Climats qui était en compétition au dernier Festival de Cannes. Pour lire ma critique cannoise de ce film, cliquez ici

    Il s’agit ensuite de L’illusionniste de Neil Burger qui avait fait l’ouverture du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville, un autre film sur la magie quelques semaines après la sortie du Prestige de Christopher Nolan que je vous avais vivement recommandé.  Pour lire la critique deauvillaise et le récit de la conférence de presse de l’Illusionniste, cliquez ici.

    Je vous rappelle que "In the mood for cinema" participe au concours du Festival de la création sur internet. Si vous aimez ce blog, si vous souhaitez qu'il soit ensuite soumis au vote des professionnels, il vous suffit pour cela de vous rendre sur la page suivante http://www.festivalderomans.com/detail.php?id_part=142&cat_part=7 et de voter en deux secondes et en un clic. Pour l'instant je ne pense pas avoir le nombre suffisant de voix, la vôtre fera peut-être la différence... alors n'hésitez pas à en parler autour de vous, il ne reste plus que 4 jours pour voter!

    Sandra.M

  • "Le Guépard", la fresque somptueuse de Luchino Visconti (1963)

    medium_guepard.JPGPeu enthousiasmée par les films sortis en salles récemment, je préfère aujourd’hui vous parler de l’un de ceux qui sont à l’origine de ma passion pour le cinéma, et que je ne me lasse jamais de revoir, ou plutôt d’admirer : Le Guépard de Luchino Visconti.

    En 1860, en Sicile, tandis que Garibaldi et ses chemises rouges débarquent pour renverser la monarchie des Bourbons de Naples et l’ancien régime, le prince Don Fabrizio Salina (Burt Lancaster) ainsi que sa famille et son confesseur le Père Pirrone (Romolo Valli), quitte ses domaines pour son palais urbain de Donnafigata, tandis que son neveu Tancrède rejoint les troupes de Garibaldi. Tancrède s’éprend d’Angelica, (Claudia Cardinale), la fille du riche maire libéral  de Donnafugata : Don Calogero. Le Prince Salina s’arrange pour qu’ils puissent se marier. Après l’annexion de la Sicile au royaume d’Italie, Tancrède qui s’était engagé aux côtés des Garibaldiens les abandonne pour rejoindre l’armée régulière…

    Les premiers plans nous montrent une allée qui mène à une demeure, belle et triste à la fois. Les allées du pouvoir. Un pouvoir beau et triste, lui aussi. Triste car sur le déclin, celui de l’aristocratie que symbolise le Prince Salina. Beau car fascinant comme l’est le prince Salina et l’aristocratie digne qu’il représente. Ce plan fait écho à celui de la fin : le prince Salina avance seul, de dos, dans des ruelles sombres et menaçantes puis il s’y engouffre comme s’il entrait dans son propre tombeau. Ces deux plans pourraient résumer l’histoire, l’Histoire, celles d’un monde qui se meurt. Les plans suivants nous emmènent à l’intérieur du domaine, nous offrant une vision spectrale et non moins sublime de cette famille. Seuls des rideaux blancs dans lesquels le vent s’engouffre apportent une respiration, une clarté dans cet univers somptueusement sombre. Ce vent de nouveauté annonce l’arrivée de Tancrède, Tancrède qui apparaît dans le miroir dans lequel Salina se mire.  Son nouveau visage. Le nouveau visage du pouvoir. Le film est à peine commencé et déjà son image est vouée à disparaître. Déjà la fin est annoncée. Le renouveau aussi.

    Fidèle adaptation d’un roman écrit en 1957 par Tomasi di Lampedusa, Le Guépard témoigne d’une époque représentée par cette famille aristocrate pendant le Risorgimento, « Résurrection » qui désigne le mouvement nationaliste idéologique et politique qui aboutit à la formation de l’unité nationale entre 1859 et 1870. Le Guépard est avant tout l’histoire du déclin de l’aristocratie et de l’avènement de la bourgeoisie, sous le regard et la présence félins, impétueux, dominateurs du Guépard, le prince Salina. Face à lui, Tancrède est un être audacieux, vorace, cynique, l’image de cette nouvelle ère qui s’annonce.

    medium_guepard4.JPGLa scène du fastueux bal qui occupe un tiers du film est aussi la plus célèbre, la plus significative, la plus fascinante. Elle marque d'abord par sa magnificence et sa somptuosité :  somptuosité des décors, soin du détail du Maestro Visconti qui tourna cette scène en huit nuits parmi 300 figurants. Magnificence du couple formé par Tancrède et Angelica, impériale et rayonnante dans sa robe blanche. Rayonnement du couple qu’elle forme en dansant avec Salina, aussi.  La fin du monde de Salina est proche mais le temps de cette valse, dans ce décor somptueux, le temps se fige. Ils nous font penser à cette réplique de Salina à propos de la Sicile : "cette ombre venait de cette lumière". Tancrède regarde avec admiration, jalousie presque, ce couple qui représente pourtant la déchéance de l’aristocratie et l’avènement de la bourgeoisie. Un suicide de l'aristocratie même puisque c’est Salina qui scelle l’union de Tancrède et Angelica, la fille du maire libéral, un mariage d’amour mais aussi et avant tout de raison entre deux univers, entre l'aristocratie et la bourgeoisie. Ces deux mondes se rencontrent et s’épousent donc aussi le temps de la valse d’Angelica et Salina. Là, dans le tumulte des passions, un monde disparaît et un autre naît. Ce bal est donc aussi remarquable par ce qu’il symbolise : Tancrède, autrefois révolutionnaire, se rallie à la prudence des nouveaux bourgeois tandis que Salina, est dans une pièce à côté, face à sa solitude, songeur,  devant un tableau de Greuze, la Mort du juste, faisant « la cour à la mort » comme lui dira ensuite magnifiquement Tancrède.

    Angelica, Tancrède et Salina se retrouvent ensuite dans cette même pièce face à ce tableau morbide alors qu’à côté se fait entendre la musique joyeuse et presque insultante du bal. L’aristocratie vit ses derniers feux mais déjà la fête bat son plein. Devant les regards attristés et admiratifs de Tancrède et Angelica, Salina s’interroge sur sa propre mort. Cette scène est pour moi une des plus intenses de ce film qui en comptent pourtant tant qui pourraient rivaliser avec elle. Les regards lourds de signification qui s’échangent entre eux trois, la sueur qui perle sur les trois visages, ce mouchoir qu’ils s’échangent pour s’éponger en font une scène d’une profonde cruauté et sensualité où entre deux regards et deux silences, devant ce tableau terriblement prémonitoire de la mort d’un monde et d’un homme, illuminé par deux bougies que Salina a lui-même allumées comme s’il admirait, appelait, attendait sa propre mort, devant ces deux êtres resplendissants de jeunesse, de gaieté, de vigueur, devant Salina las mais toujours aussi majestueux, plus que jamais peut-être, rien n’est dit et tout est compris.

    medium_guepard3.JPG Les décors minutieusement reconstitués d’ une beauté visuelle sidérante, la sublime photo de Giuseppe Rotunno, font de ce Guépard une véritable fresque tragique, une composition sur la décomposition d’un monde, dont chaque plan se regarde comme un tableau, un film mythique à la réputation duquel ses voluptueux plans séquences (notamment la scène du dîner pendant laquelle résonne le rire interminable et strident d’Angelica comme une insulte à l’aristocratie décadente, au cour duquel se superposent des propos, parfois à peine audibles, faussement anodins, d’autres vulgaires, une scène autour de laquelle la caméra virevolte avec virtuosité, qui, comme celle du bal, symbolise la fin d’une époque), son admirable travail sur le son donc, son travail sur les couleurs (la séquence dans l’Eglise où les personnages sont auréolés d’une significative lumière grise et poussiéreuse ) ses personnages stendhaliens, ses seconds rôles judicieusement choisis (notamment Serge Reggiani en chasseur et organiste), le charisme de ses trois interprètes principaux, la noblesse féline de Burt Lancaster, la majesté du couple Delon-Cardinale, la volubilité, la gaieté et le cynisme de Tancrède formidablement interprété par Alain Delon, la grâce de Claudia Cardinale, la musique lyrique, mélancolique et ensorcelante de Nino Rota ont également contribué à faire de cette fresque romantique, engagée, moderne, un chef d’œuvre du septième Art. Le Guépard a ainsi obtenu la Palme d’or 1963… à l’unanimité.

     La lenteur envoûtante dont est empreinte le film métaphorise la déliquescence du monde qu’il dépeint. Certains assimileront à de l’ennui ce qui est au contraire une magistrale immersion  dont on peinera ensuite à émerger hypnotisés par l’âpreté lumineuse de la campagne sicilienne, par l’écho du pesant silence, par la beauté et la splendeur stupéfiantes de chaque plan. Par cette symphonie visuelle cruelle, nostalgique et sensuelle l’admirateur de Proust qu’était Visconti nous invite à l’introspection et à la recherche du temps perdu.

    La personnalité du Prince Salina devait beaucoup à celle de Visconti, lui aussi aristocrate, qui songea même à l’interpréter lui-même, lui que cette aristocratie révulsait et fascinait à la fois et qui, comme Salina, aurait pu dire : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

    Que vous fassiez partie des guépards, lion, chacals ou brebis, ce film est un éblouissement inégalé par lequel je vous engage vivement à vous laisser hypnotiser...

    Je vous rappelle que "In the mood for cinema" participe au concours du Festival de la création sur internet. Si vous aimez ce blog, si vous souhaitez qu'il soit ensuite soumis au vote des professionnels, il vous suffit pour cela de vous rendre sur la page suivante http://www.festivalderomans.com/detail.php?id_part=142&cat_part=7 et de voter en deux secondes et en un clic. Pour l'instant je ne pense pas avoir le nombre suffisant de voix, la vôtre fera peut-être la différence... alors n'hésitez pas à en parler autour de vous, il ne reste plus que 5 jours pour voter!

    Sandra.M

    Lien permanent Imprimer Catégories : GROS PLAN SUR DES CLASSIQUES DU SEPTIEME ART Pin it! 4 commentaires
  • Stephen Frears: président du 60ème Festival de Cannes!

    medium_queen.JPGNous venons de l'apprendre: Stephen Frears sera le président de la 60ème édition du Festival de Cannes qui se déroulera du 16 au 27 Mai 2007. Il succédera ainsi à Wong Kar-Wai . "In the mood for cinema" devrait y être de nouveau pour vous en faire un compte rendu exclusif. En attendant, retrouvez mes comptes rendus sur l'édition 2005 et l'édition 2006. Son dernier film The Queen avait ainsi fait l'ouverture du dernier Festival du Film Britannique de Dinard.

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL DE CANNES 2007 Pin it! 2 commentaires
  • Jurée au Festival International du Premier Film d'Annonay

    medium_fest2007_large.2.jpgAprès Deauville, Dinard, Cannes, Cognac, Cabourg, Paris, Saint-Malo, je viens d'apprendre que je serai jurée à Annonay, au Festival International du Premier Film, du 9 au 12 février 2007. Je vous imagine déjà railler ce festival en comparaison de ceux précités. Détrompez-vous ! J’en ai eu d’élogieux échos (notamment par une ancienne jurée blogueuse-très- cinéphile) et je suis fière d’avoir été choisie pour faire partie du jury de cette 24 ème édition, d’abord parce que ce festival met à l’honneur des premiers films dont la compétition s’annonce d’ores et déjà alléchante, et parce qu’il est toujours passionnant de voir éclore de nouveaux talents, ensuite parce que notre président sera Manuel Pradal dont j’avais beaucoup apprécié le dernier long métrage  Un Crime (voir mon article, ici) présenté au dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville, enfin parce qu’un festival est toujours une expérience enrichissante et délicieusement étrange…Bien sûr vous aurez le récit exclusif de ce festival à mon retour.

    Le Festival du Premier Film d’Annonay se déroulera du 2 au 12 février. Ce festival met les premiers films à l'honneur, hors compétition et en compétition (8 films de pays divers). Des films qui ont marqué l’année 2006 comme Sarajevo mon amour seront également projetés. La section thématique du festival portera cette année sur les road movies. Un hommage sera notamment rendu à Hippolyte Girardot.

    Pour avoir de plus amples informations, rendez-vous sur le site officiel :

    http://www.annonaypremierfilm.org/festival/

    J’en profite pour vous dire ou vous rappeler :

    1. Que vous pouvez toujours voter pour ce blog (et cela jusqu’au 20 janvier à minuit) qui participe au Concours organisé par le Festival de la Création sur Internet. En cliquant ici, vous arriverez directement sur la page des votes, cela vous prendra deux secondes et vous rapportera mes inestimables remerciements empressés. Pour en savoir plus sur ce concours et ce blog, cliquez là.

    2. Je vous invite également à élire votre film de l’année : voir l’article ici. Vous avez jusqu’au 21 janvier pour le faire.

    3. Demande débute le 1er Salon du Cinéma.

    4. Enfin, se déroule actuellement le festival Paris tout court, au cinéma l’Arlequin, rue de Rennes. Je vous en parle plus longuement bientôt. En attendant, rendez-vous sur le site officiel du festival.

    Sandra.M

  • Le 1er Salon du Cinéma, du 12 au 14 Janvier 2007

    medium_salon.JPGVendredi prochain, le 1er Salon du Cinéma ouvrira ses portes à Paris. Ce rendez-vous dont on se demande d’ailleurs pourquoi il n’a pas été initié plus tôt dans la ville du septième art, ce rendez-vous donc s’adresse autant aux professionnels, aux cinéphiles qu’aux néophytes et « In the mood for cinema » ne pouvait bien entendu pas manquer d'y être.

    Ce salon aspire à faire vivre le cinéma de l’intérieur, et vous permettra notamment de rencontrer et d’assister à des débats avec des représentants de toutes les professions de l’univers cinématographique : réalisateurs, acteurs, scénaristes, producteurs, storyboardeurs, cascadeurs, décorateurs, costumiers, chefs opérateurs, monteurs, directeurs de casting…parmi lesquels Jean-Paul Rappeneau, Lucas Belvaux, François Berléand, Tony Gatlif, Sara Forestier, Radu Mihaileanu, Philippe Lioret, Rémy Julienne, Danièle Thompson, Alain Chabat, Christophe Barratier et beaucoup d’autres.

    Le salon sera divisé en 7 villages. L’un d’entre eux sera consacré aux métiers du cinéma. Un studio sera également créé pour l’occasion et un film auquel le public pourra participer sera tourné en direct. Le Maroc sera le pays à l’honneur. De  nombreux courts métrages seront projetés ainsi que des images en avant-première des films de l’année 2007.

    Au total plus de 1000 animations spectaculaires! Vous pourrez notamment entrer dans les coulisses du doublage et de la composition de musiques de films, vous pourrez aussi participer à des ateliers de réalisation de films, à des ateliers d’initiation au montage, à des castings, à des cours de cinéma, à une présentation des formations cinématographiques et audiovisuelles etc. De nombreux ateliers et outils sont également proposés aux comédiens par l’ANPE spectacle.

     

    Concernant le scénario, quatre rendez-vous importants sont prévus :

    -Vendredi 12 janvier : de 10H à 11H30, rencontre autour du métier de scénariste avec Eric Assous, Olivier Dazat, Yves Lavandier, Jérôme Soubeyrand, Juliette Sales et Fabien Suarez.

    -Vendredi 12 janvier à 16H30 : Yves Lavandier proposera une conférence autour de l’ironie dramatique qu’il se proposera de faire découvrir à l’aide de nombreux extraits de films.

    -Samedi 13 janvier à 13H30, Jérôme Soubeyrand président de l’UGS cinéma et Christian Biégalski, directeur du CEEA, proposeront une conférence présentant un panorama du scénario.

    -Samedi 13 janvier de 14H30 à 16H : Rencontre avec Danièle Thompson

    Pour lire le programme  détaillé, je vous recommande de vous connecter sur le site internet du Salon : http://www.salonducinema.com .

    Horaires d’ouverture :

    -Vendredi 12 janvier : 9H-18H

    -Samedi 13 janvier : 9H-20H

    -Dimanche 14 janvier : 9H-19H

                                                                                  Adresse:

    Parc des Expositions de Paris

    Périphérique porte de Sèvres-Porte de Versailles

    En métro :

    Ligne 12-Direction Mairie d’Issy- Porte de Versailles

    Par le bus :

    Bus 80-Direction Porte de Versailles (parc des expositions)

    PC1- Porte de Versailles-Boulevard Lefebvre

    Tarifs :

    Pass 3 jours : 21 euros

    Billet 1 jour : 8, 50 euros

    Billet tarif réduit : 6 euros

    (moins de 18 ans, chômeurs, étudiants)

    Lien permanent Imprimer Catégories : EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS Pin it! 8 commentaires