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FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2021

  • Documentaire - JANE PAR CHARLOTTE de Charlotte Gainsbourg (Festival du Cinéma Américain de Deauville 2021)

    Jane par Charlotte.png

    Les magnétiques. Tel est le titre du film lauréat du prix d'Ornano-Valenti de ce Festival du Cinéma Américain de Deauville 2021. Tel pourrait aussi être celui de ce documentaire. Parfois les films qui provoquent les voyages les plus intenses ne sont pas les plus clinquants ou démonstratifs. Plutôt que d’évoquer « Dune » (dont le principal mérite de sa projection à Deauville fut de nous permettre de mesurer l’impressionnant son immersif du Centre International de Deauville), quelques mots sur le documentaire projeté dans le cadre de « L’heure de la Croisette » intitulé  « Jane par Charlotte» dans lequel Charlotte Gainsbourg « capture l'instant présent » reprenant ainsi les mots et la démarche de Varda (le titre se réfère à "Jane B. par Agnès V") mais avec sa singularité et sa sensibilité, à fleur de peau. Un dialogue intime mais jamais impudique entre Gainsbourg et Birkin qui, pendant 3 ans et avec un dispositif minimaliste, au gré des voyages, du Japon à la Bretagne en passant par les États-Unis, et au gré de l’évocation des « petits riens » devient un dialogue universel entre une mère et sa fille, un zoom progressif d'une fille sur sa mère, sans fards. Jane Birkin y apparaît telle qu’elle est : sans méfiance, fantasque, empathique. Mais aussi seule, insomniaque, tourmentée. Tourmentée par les deuils et leurs chagrins inconsolables. La maladie. Le drame ineffable la perte de sa fille Kate. Le temps insatiable et carnassier qui altère la beauté et emporte les êtres chers. Au milieu de tout cela, la visite « comme dans un rêve » de la maison de la rue de Verneuil, l'ombre de Serge Gainsbourg et les silences éloquents et émouvants. Le portrait d’une femme majestueuse. Un portrait qui s’achève par la voix mélodieuse et les mots bouleversants de sa fille se livrant à son tour, enfin, et évoquant la peur terrifiante et universelle de la perte de sa mère et qui, par ce film, tente d'appréhender l'inacceptable, de l'apprivoiser, de retenir chaque poussière d’instant en compagnie de celle dont l'intermédiaire de la caméra lui permet paradoxalement de se rapprocher. Un bijou de tendresse et d’émotion portée par une judicieuse BO (de Bach aux interludes électroniques de Sebastian). D’humour aussi, d'humour beaucoup, grâce au regard décalé, espiègle et clairvoyant que Jane Birkin porte sur elle-même, la vie, les autres, mais aussi celui que sa fille porte sur sa mère. Un film comme elles, réservées et terriblement audacieuses : riche de leurs séduisants paradoxes. Léger dans la forme et teinté de touches de gravité. Libre aussi. Et encore cela : délicat, iconoclaste, éperdument vivant et attachant. Un documentaire qui, en capturant le présent et sa fragilité, nous donne une envie folle d’étreindre chaque seconde de notre vie et aux filles de s'accrocher à leurs mères comme elles deux dans ce dernier plan avec l'illusion d'empêcher ainsi l'inexorable, que la vague effroyable de l'impitoyable faucheuse ne les emporte un jour, à tout jamais...
    Je voudrais remonter le temps. Redevenir celle qui, en 1999, avait eu la chance de partager 5 jours mémorables avec Jane Birkin en tant que membre d'un jury qu'elle présidait au Festival du Film Britannique de Dinard (petite digression pour vous dire que la 32ème édition 2021 a lieu en ce moment, jusqu’au 3 octobre). Et lui dire à quel point sa bienveillance, cette confiance sans filtre envers les autres qui transpire dans ce documentaire, m'avaient émue...Et lui dire merci tout simplement.  Alors merci Jane et merci Charlotte Gainsbourg pour ce portrait qui entremêle les émotions, nuancé aussi à l'image du film de clôture de ce festival, le magistral dernier long-métrage de Yvan Attal, "Les choses humaines" dont je vous parlerai plus tard. "Jane par Charlotte" sort en salles le 27 octobre. Et vous l'aurez compris : je vous le recommande vivement. Et j'en profite aussi pour vous recommander un autre documentaire projeté dans le cadre des "Docs de l'oncle Sam" du Festival de Deauville ("L'État du Texas contre Melissa" de Sabrina Van Tassel dont je vous parlais ici il y a quelques jours).

    Rendez-vous sur mon compte instagram (@sandra_meziere) pour retrouver les vidéos de la présentation du film dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

  • "L'Etat du Texas contre Melissa" de Sabrina Van Tassel - Festival du Cinéma Américain de Deauville 2021 (Docs de l'Oncle Sam)

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    Quelques mots sur deux poignants documentaires projetés dans au 47ème Festival du Cinéma de Deauville : le premier fut projeté dans la section des "Docs de l'oncle Sam", le deuxième dans le cadre de "L'heure de la Croisette". Difficile a priori de comparer ces deux films même s'ils nous donnent envie de dévorer ou déguster (selon votre appétit de la vie) l'instant présent, car finalement, aussi différents soient leurs sujets, dans les deux la mort plane.


    "L'État du Texas veut me tuer". Ce documentaire commence ainsi, par ces mots terribles de Melissa et par des images chocs : devant les policiers qui l'interrogent et lui demandent de reproduire les gestes qui sont censés avoir provoqué la mort de sa fille, elle frappe violemment le dos d'une poupée symbolisant son enfant. Melissa Lucio reconnaît ainsi les faits dont elle est accusée : avoir provoqué la mort de sa fille de deux ans. Elle devient alors la première femme hispano-américaine condamnée à mort au Texas. Pauvre, droguée, mère de 14 enfants, elle est la coupable idéale...Depuis dix longues années, elle attend en prison l'application de l'implacable sentence. Ne lui reste qu'un seul recours : la cour suprême. Ce documentaire est une passionnante et bouleversante démonstration de son innocence mais aussi pour ceux qui n'en seraient pas encore convaincus, une édifiante démonstration de l'absurdité révoltante et abjecte de la peine de mort.


    Les intérêts politiques (le procureur montre ainsi à ses électeurs qu’il défend une justice intraitable), la corruption, la dissimulation des preuves attestant de son innocence (ses enfants qui l’auraient innocentée n’ont pas été appelés à témoigner), un avocat incompétent ont abouti à cette terrible injustice.

    Sa culpabilité qui apparaissait comme une évidence au début est démontée point par point ensuite et au fur et à mesure que les preuves irréfutables en sa faveur s'accumulent l'empathie du spectateur grandit pour cette accusée victime d'un destin tragique. Melissa a certes reconnu les faits, mais après un interrogatoire de plus de sept heures dans des conditions inhumaines interrogée inlassablement par des policiers menaçants  ayant pour seul objectif de lui faire avouer  alors qu’elle venait de vivre une tragédie, la perte de son enfant.

    Impossible de ne pas être révoltée par le sort inique qui lui est réservé alors que se dessine peu à peu le portrait d'une mère aimante, a fortiori quand un intervenant l’accuse d’avoir mérité ce qui lui arrive car elle a refusé de plaider coupable, ce qui lui aurait permis d’obtenir une peine « plus clémente » de trente années de prison.  


    Ce documentaire, avec une remarquable, rigueur réalise le travail de défense qui a manqué à l'accusé mais témoigne aussi de ce qu’est la peine de mort, un acte illogique et effroyable : le recours d'un État à un crime pour "punir" une personne accusée d'un autre crime ou quand la justice devient vengeance. Le documentaire met également en lumière les failles criantes du système judiciaire américain, véritable machine à broyer les individus.

    Un documentaire qui ne tombe jamais dans le pathos mais qui n'en est pas moins bouleversant, d'autant plus qu'il est porté par une réalisation soignée accompagnée par la BO interprétée en partie par le guitariste Dominic Miller. Un plaidoyer contre la peine de mort dont on ne peut qu'espérer qu'il change le terrible destin qu'il relate...On en ressort secoué, sonné, et plus que jamais indigné contre le non-sens terrifiant que représente la peine de mort...qu'elle s'applique à un coupable ou un innocent comme l'est incontestablement Melissa.


    À suivre, mon avis sur le formidable documentaire "Jane par Charlotte" de Charlotte Gainsbourg...

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  • Festival du Cinéma Américain de Deauville 2021 : programme de la 47ème édition

    Affiche festival du cinéma américain de Deauville 2021.png

    Avec une actualité aussi obscure, le cinéma est moins accessoire que jamais. Pour braquer la lumière sur les ombres du monde. Pour essayer de les éclairer. Mais aussi pour tenter de rêver un peu. Après le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, je me réjouis de prendre de nouveau la route des festivals de cinéma le 3 septembre prochain, et de (re)commencer par Deauville et son Festival du Cinéma Américain, ce qui sera pour moi une énième édition de ce festival auquel j'ai le plaisir d'assister depuis tant d'années.

    Le 3 septembre prochain, dans l'impressionnante salle du CID  s'ouvrira ainsi la 47ème édition. Le programme s'annonce foisonnant, surprenant, palpitant. Je vous le détaille ci-dessous mais, en vrac, parmi les films que j'attends impatiemment et ne manquerai pas d'aller voir (lesquels vous donneront déjà une idée de la diversité de la programmation de cette édition) figurent : "Stillwater" de Tom McCarthy (film d'ouverture), "La Fracture" de Catherine Corsini, "Jane par Charlotte" de Charlotte Gainsbourg, "City of lies" de Brad Furman, "Un héros" d’Asghar Farhadi, "L'amour, c'est mieux que la vie !" de Claude Lelouch, "Les choses humaines" d’Yvan Attal (film de clôture), "Blue Bayou" de Justin Chon, "We burn like this" de Alana Waksman etc.

    L’affiche de cette édition rend hommage à un classique du cinéma « L’Affaire Thomas Crown » de Norman Jewison (1968), célèbre pour l'utilisation du split screen, pour sa si sensuelle et troublante partie d’échecs entre Faye Dunaway et Steve McQueen et pour sa bande originale autour de laquelle s'articule le film et la scène mythique précitée.  Michel Legrand obtint ainsi l’Oscar de la meilleure chanson originale pour « The windmills of your mind ». Le remake réalisé par John McTiernan (1999) fut d’ailleurs projeté en avant-première à Deauville. Une affiche qui nous invite à enlacer le présent, l'avenir et à célébrer l'amour du cinéma, pas seulement américain puisque de nouveau cette année le festival s'ouvre à d'autres cinématographies.

    L’an passé, au programme : secrets, solitudes, et maux (deuil, harcèlement) de personnages condamnés au silence, souvent englués dans des difficultés économiques les conduisant au bord du gouffre. En proie à des questionnements identitaires aussi. Des films qui font voler les apparences en éclat. À l’image du Grand Prix 2020, le savamment haletant et féroce « The Nest » de Sean Durkin qui, empruntant les codes du thriller, dissèque le délitement d’une famille causé par la soif de réussite sociale du père. La musique et la mise en scène, d’une élégante précision, épousent l’angoisse qui s’empare de chacun des membres de la famille, isolés dans leurs problèmes comme dans leur manoir britannique d’inspiration hitchcockienne. Noirceur et nuit s’emparent des âmes et des décors. Jusqu’à ce que le jour se lève et que le nid recueille ses occupants. Un scénario ciselé au service du suspense et d’un dénouement d’une logique à la fois implacable. Des films s’achevaient cependant par une lueur d’espoir. Nous laissant avec une image apaisante. La mer, souvent. Un départ salvateur. Une révolte. Comme le retentissant « non » du remarquable « Slalom » de Charlène Favier (prix d’Ornano-Valenti, label Cannes 2020,).

    Cette année, au programme du festival :

     L’HEURE DE LA CROISETTE

    Sous cette appellation sont regroupés les films du Festival de Cannes projetés à Deauville, une section initiée l’an passé qui sera accompagnée et présentée par le Président et le Délégué Général du Festival de Cannes. L’occasion de découvrir ainsi :

    - STILLWATER de Tom McCarthy - Film d'ouverture

    -COMPARTIMENT 6 de Juho Kuosmanen  - Grand Prix (Ex-aequo)

    - JANE PAR CHARLOTTE de Charlotte Gainsbourg

    - JFK L'ENQUETE d'Oliver Stone

    - JULIE (EN 12 CHAPITRES) de Joachim Trier

    - LA FRACTURE de Catherine Corsini

    - UN HÉROS d’Asghar Farhadi Grand Prix (Ex-aequo)

    Le festival ouvre également une nouvelle page avec sa FENÊTRE SUR LE CINÉMA FRANÇAIS avec la création d'une sélection composée de six films présentés en avant-première dont cinq avant-premières mondiales, qui s'ajouteront aux plus de 50 films américains présentés cette année :

    - L’AMOUR, C’EST MIEUX QUE LA VIE ! de Claude Lelouch

    - LES CHOSES HUMAINES d’Yvan Attal - Film de clôture

    - GUERMANTES de Christophe Honoré

    - INEXORABLE de Fabrice du Welz

    - OGRE d'Arnaud Malherbe

    - UNE FEMME DU MONDE de Cécile Ducrocq

    COMPÉTITION

    Comme chaque année depuis 25 ans, les films en compétition seront une radiographie de l’Amérique et un des temps phares du festival. 13 films parmi lesquels les jurys presidés par Charlotte Gainsbourg et Clémence Poésy devront choisir respectivement (notamment) le Grand Prix, le Prix du Jury et le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation. Charlotte Gainsbourg sera accompagnée de : Bertrand Bonello, Delphine de Vigan, Mickhaël Hers, Fatou N'Diaye, Denis Podalydès, Marcia Romano, SebastiAn. Clémence Poésy sera entourée de :  Céleste Brunnquell, India Hair, Lomepal, Kacey Mottet Klein.

    Avec cette année, au programme :

    - BLUE BAYOU de Justin Chon

    - CATCH THE FAIR ONE de Josef Kubota Wladyka

    - DOWN WITH THE KING de Diego Ongaro

    - JOHN AND THE HOLE de Pascual Sisto

    - LA PROIE D’UNE OMBRE de David Bruckner

    -.PIG de Michael Sarnoski

    - PLEASURE de Ninja Thyberg

    - POTATO DREAMS OF AMERICA de Wes Hurley

    - RED ROCKET de Sean Baker

    - THE LAST SON de Tim Sutton

    - THE NOVICE de Lauren Hadaway

    - WE ARE LIVING THINGS d’Antonio Tibaldi

    - WE BURN LIKE THIS d’Alana Waksman

    5 FILMS ÉVÉNEMENTS

    Cette année à Deauville, c’est bien tout le cinéma américain que nous pourrons voir, puisqu’en dehors de la compétition, du cinéma indépendant et des documentaires, cinq films événements seront présentés :

    - STILLWATER de Tom McCarthy

    - THE CARD COUNTER de Paul Schrader

    - FLAG DAY de Sean Penn

    - CITY OF LIES de Brad Furman,

    - DUNE de Denis Villeneuve

    LES PREMIERES

    - CITY OF LIES de Brad Furman

    - DUNE de Denis Villeneuve

    - FLAG DAY de Sean Penn

    - KATE de Cédric Nicolas-Troyan

    - OSLO de Bartlett Sher

    - OUPS J’AI ENCORE RATE L’ARCHE ! de Toby Genkel & Sean McCormack

    - THE BETA TEST de Jim Cummings & PJ McCabe

    - THE CARD COUNTER de Paul Schrader

    - UN FILS DU SUD de Barry Alexander Brown

    Initié en 2011 par le Festival du cinéma américain de Deauville, le NOUVEL HOLLYWOOD est un prix qui salue le talent, la passion et l’engagement de comédiens et comédiennes sur le sentier de la création. Ces interprètes émergents sont les visages du cinéma de demain. Cette année, le Nouvel Hollywood est décerné à Dylan Penn.

    RENCONTRES PUBLIQUES

    Une rencontre publique avec Johnny Depp et une autre avec Oliver Stone constitueront aussi des évènements incontournables de cette édition. Dans sa volonté de transmission et de partage, le Festival de Deauville organise en effet deux rencontres publiques. Les festivaliers pourront échanger avec Johnny Depp le dimanche 5 septembre à l’occasion de sa venue pour le film CITY OF LIES de Brad Furman. Oliver Stone sera lui présent à Deauville pour une rencontre le samedi 4 septembre, à l'occasion de la présentation de son documentaire JFK L'ENQUÊTE.

    DOCS DE L’ONCLE SAM

    Comme chaque année, la section « Docs de l’Oncle Sam » nous proposera des documentaires qui seront aussi autant de visages de l’Amérique.

    - BIRDS OF AMERICA de Jacques Loeuille

    - JFK REVISITED: THROUGH THE LOOKING GLASS d’Oliver Stone

    - JIM CARREY, L’AMERIQUE DÉMASQUÉE d’Adrien Dénouette & Thibaut Sève

    - L’ÉTAT DU TEXAS CONTRE MELISSA de Sabrina van Tassel

    - MICHAEL CIMINO, UN MIRAGE AMÉRICAIN de Jean-Baptiste Thoret 

    - VAL de Leo Scott & Ting Poo

    PRIX D’ORNANO-VALENTI

    Lors de la cérémonie du palmarès du Festival du cinéma américain de Deauville, le Prix d’Ornano-Valenti 2021 sera officiellement remis par Jean-Guillaume d’Ornano, Président du jury du Prix d’Ornano-Valenti composé de journalistes anglo-saxons, au long métrage français LES MAGNÉTIQUES de Vincent Maël Cardona. Ce prix a révélé de nombreux cinéastes. A ne pas manquer également !

    Rendez-vous du 3 au 12 septembre pour la 47ème édition du festival.

    Retrouvez mon bilan de l'édition 2020 dans le magazine annuel Normandie Prestige 2021 paru en juillet 2021.

    Suivez-moi en direct du festival sur instagram (@sandra_meziere).

    Retrouvez la grille de programmation et réservez vos pass  sur le site officiel du festival : festival-deauville.com.

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