Vincent Delerm à l'Olympia ce 16 Avril 2013 (16/04/2013)

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Vincent Delerm - Teaser du spectacle "Memory" par totoutard

Ce soir, Vincent Delerm sera à l'Olympia. Je n'y serai malheureusement pas. A cette occasion, retrouvez, ci-dessous, "l'article" que je lui avais consacré  suite à son concert à La Cigale en 2006 et bon concert à ceux qui auront le plaisir et la chance d'y aller! Egalement, ci-dessus, un petit teaser et le résumé de ce concert, ci-dessous,  histoire de regretter un peu plus...

"Memory", spectacle de et avec Vincent Delerm.
Mise en scène de Vincent Delerm, avec la complicité artistique de Macha Makeïeff.
Textes et chansons de Vincent Delerm.
Musicien Nicolas Mathuriau.
Lumières Nicolas Maisonneuve.

Il y a toujours eu du théâtre dans les spectacles de Vincent Delerm.
Depuis dix ans, ses 4 albums ont été l’occasion de mettre en scène les déambulations d'un personnage noir et blanc, ses pensées intérieures, son cinéma muet.

C'est l'inverse cette fois-ci.
Memory est un spectacle de théâtre, prétexte à présenter des chansons, écrites pour
ce projet et ne figurant sur aucun album.
Elles accompagnent la vie et les questionnements de Simon que Vincent Delerm
interprète, accompagné du multi-instrumentiste Nicolas Mathuriau.

Simon s'interroge sur le temps qui passe, sur la façon dont les modes se démodent,
sur ce que nous attendons d'une existence, sur ce qui permettrait de ne pas se
retrouver un beau soir « blanchi comme un cheval fourbu et glacé dans un lit de
hasard ».
« Avec le temps » est sa chanson préférée mais elle lui fait tellement d'effet qu'il ne
supporte de l'écouter que dans sa version italienne, en été, sur un radio-cassette de
voiture qui fait passer la bande un peu au ralenti.

Memory parle de notre rapport au temps, aux âges de la vie et à la disparition.

Avec la participation vocale et amicale de Woody Allen.

 

Un soir de 29 novembre 2006 à La Cigale

 

 

 

medium_delerm2.JPGC’était un soir de novembre à la Cigale,

 

D’ailleurs cela a commencé par leurs voix si musicales

 

Avec aussi le charme suranné d’images un peu jaunies

 

Sur un rideau blanc quand même un peu décrépi

 

Puis, l’un s’évanouit, l’autre apparut à nos yeux attendris, tout ouïe aussi

 

Dans une salle qui aurait pu être de Chatenay Malabry

 

Ou recevoir l’archevêque de Canterbury

 

Mais c’était dans mon impitoyablement belle ville de Paris

 

Là où le faux pas n’est pas permis

 

medium_delerm1.JPGOù, pour presque rien,

 

Cela peut s’achever en dénouement shakespearien

 

Et puis des piqûres d’araignées

 

Au doux présent nous ont ramenés

 

A la poésie d’une époque un peu désenchantée

 

Alors, son regard aiguisé il a baladé

 

Avec son allure élégamment dégingandée

 

Sur son époque passée enchantée

 

Qu’il sait si joliment nous faire partager, regretter

 

Sur son époque actuelle

 

Sur laquelle il pose et ose son regard faussement cruel

 

Avec sa voix devenue mélodieuse

 

Sublimée par les notes de son piano, langoureuses

 

Comme de belles et filmiques histoires

 

Qu’il conterait à d’éternels enfants dans le noir

 

Toujours l’ironie au bord des lèvres

 

La pudeur de celui qui ne renonce pas aux rêves

 

Qui sait que l’enfance est à jamais révolue

 

Celle qui ne l’a jamais autant ému

 

Qu’il nous appartient d’en garder toujours la folie

 

De la raviver par notre goût immodéré d’envies, en vie,

 

Qui cache sa nostalgie derrière une douce ironie

 

Raillant Renaud, les capricornes, les koalas, juste la vie, surtout lui

 

Hitchcock Truffaut les entretiens

 

Ca aussi, nous avons en commun

 

Cela ressemblait à un film de Fellini

 

Avec lui, nous sommes allés en Italie

 

Cela ressemblait à du Woody Allen

 

L’humour pour si bien cacher ses peines

 

Cela ressemblait à du Chaplin, simplement finalement à Delerm

 

Qui, de sa plume, a capturé les plaies des temps modernes

 

Empreint de toute la nostalgie de Truffaut

 

Cela ressemblait à un film avec Jean-Pierre Léaud

 

Qui se regarde et s’écoute comme un film d’antan

 

Aussi captivant que la voix suave de Fanny Ardant

 

On aurait dit ce film avec Charles Denner

 

Dont il aurait pu composer l’air

 

Cela ressemblait à du cinéma

 

Il devrait passer derrière la caméra

 

Et puis son air quelque peu distant

 

Peut-être intimidé par la présence de son Philippe de parent

 

Ou simplement l’humilité maladroite du talent

 

Lecteurs du Figaro Madame ou de Libé

 

A sa place le public l’a trop timidement entonné

 

Par des diapos pourtant bien aidé

 

Pour, avec lui, se retrouver en natation synchronisée

 

Il a pourtant finalement si bien su l’envoûter, l’électriser

 

Malgré l’air un peu blasé

 

De certains Parisiens bobos par Renaud raillés

 

Ou de provinciaux qui ont Sardou manqué

 

Et se sont à La Cigale égarés

 

Disant Delerm c’est bien mais faut aimer Delerm

 

A moins qu’ils n’aient eu la déveine

 

De dîner auparavant avec Anita Pettersen

 

Réveillés quand même par le duo avec Fersen

 

Qui nous a entraînés dans sa rengaine

 

La salle a enfin trouvé son entrain

 

Enchaînant les rappels, tapant dans les mains

 

Pour oublier le petit matin, en vain

 

Car, forcément, il succèderait, chagrin

 

A ce soir qu’on aurait cru sans lendemain

 

J’aurais aimé faire la peau

 

Aux maudits qui remettaient trop tôt leurs manteaux

 

Avant même le rideau, le dernier écho

 

Habitués à zapper, passer, décrier, éluder

 

Prisonniers encore de leurs piètres et opiniâtres réalités

 

Si pressés toujours de la retrouver

 

Métro Boulot Dodo

 

Finalement des amateurs égarés de la dame au chapeau

 

medium_delerm3.JPGSurtout ne pas rater le dernier métro

 

Finalement d’autres admirateurs de Truffaut

 

Pourtant le repos arrive bien assez tôt

 

Pour se priver de celui des maux

 

Engloutis dans cette avalanche de jolies nostalgies

 

Pas seulement de Chatenay Malabry

 

Déjà, encore, j’étais ailleurs, sur le quai des Grands Augustins,

 

Avec peut-être un livre de Modiano à la main

 

Et tant de rêves dans ma tête

 

Qui plus que jamais chantaient à tue-tête

 

Quelque chose comme un air de fête

 

Et puis, il le fallait alors je suis sortie

 

Avec une image improbable de mariachis

 

Enveloppée aussi d’un voile d’une réconfortante mélancolie

 

Suscitée par son enchanteresse poésie

 

Moi et mes rêves à la folie

 

Qui crois aux quatrièmes de couverture

 

Qui peuvent effacer toutes les blessures

 

Qui sais les soirs d’été à Ambroise Paré

 

Mais aussi que tout peut en un jour changer, révéler, réveiller

 

Ignorant la chaleur ou le froid ou la pluie

 

Ignorant si j’étais à Paris ou Chatenay Malabry

 

En rentrant, j’ai admiré plus que jamais l'incomparable charme germanopratin

 

Tiens, tiens le quai des Grands Augustins

 

Après être passée devant le Carrousel illuminé

 

De son incomparable beauté auréolé

 

Comme une chanson de Delerm un soir d’été

 

Insatiable esthète acharnée

 

Si seulement c’était un métier

 

Je dois avouer avoir quelques chansons absentes regretté

 

Ainsi, j’aurais aimé savourer sa délicieuse heure du thé

 

Entendre la voix de Jean-Louis

 

Voir le visage de Fanny, aussi

 

C’était un soir à La Cigale

 

Avec celui que j’ai découvert par son imitateur intarissable

 

medium_photosordi_165.jpgDans le Deauville de Trintignant, subrepticement ensorcelant

 

Celui qui n’est jamais décevant

 

Le mien celui qui suspend le vol du temps,

 

Je vous écris dans le silence qui s’installe

 

Le silence lénifiant après un doux soir à la Cigale,

 

Dé(i)fiant le temps, la réalité, l’ennui

 

Un moment de poésie, un beau moment de vie, de nostalgie, de mélancolie, de rêveries

 

Juste envie de dire merci. Allez-y. Courrez-y.

 

Malgré la ville normale

 

Malgré les voitures banales

 

Il y aura toujours le chant des cigales

 

C’était juste et tellement un soir de novembre inoubliable à La Cigale

09:34 Écrit par Sandra Mézière | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | Pin it! | |