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  • Critique de « L’été de Giacomo » d’Alessandro Comodin – Festival Paris Cinéma 2012

    Après « Renoir » de Gilles Bourdos hier, je vous présente aujourd’hui un autre film projeté en avant-première dans le cadre de ce Festival Paris Cinéma 2012 qui lui aussi vous emmènera dans son jardin d’Eden : « L’été de Giacomo » d’Alessandro Comodin, un film atypique entre documentaire et fiction qui a notamment reçu le Léopard d’or au Festival de Locarno 2011, le Grand Prix au Festival de Belfort 2011 et qui sort en salles aujourd’hui. Si vous n’êtes amateurs que de grosses productions aux scénarii prévisibles avec une action à la minute, passez votre chemin. Si, en revanche, vous avez envie d’une promenade enchantée qui laisse le temps aux émotions de s’installer, alors passez ce bref (1H18) été avec Giacomo.

    Dans ce premier long-métrage, Alessandro Comodin (qui avait déjà eu un court-métrage présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2009), a décidé de suivre le petit frère sourd de son meilleur ami, Giacomo Zulian, et une amie d'enfance de celui-ci, Stefania Comodin avec en tête de faire « une déclinaison contemporaine des Métamorphoses d’Ovide. » 

    C'est l'été dans la campagne du nord de l'Italie. Giacomo est un adolescent sourd. Il part au fleuve avec Stefania, sa meilleure amie. En s'éloignant des sentiers battus, ils se perdent et arrivent dans un endroit paradisiaque où ils se retrouvent seuls et libres. Ils ont 16 et 18 ans, leurs sens s'éveillent.

    Ce film hybride est à l’image de la nature que les deux personnages explorent : d’abord récalcitrante, sauvage, elle se laisse peu à peu apprivoiser pour totalement vous charmer, vous emmener ailleurs, dans une sorte de bulle irréelle, hors du monde (trois personnages seulement et même dans la très belle scène de la fête foraine, Stefania et Giacomo semblent seuls au monde) tout en vous ramenant à votre réalité et à vos propres émotions.

    Ce film possède ce qu’aucun scénario ne pourra jamais ou que rarement prévoir : la grâce, la magie de l’éclat de la jeunesse, son mélange de violence et de candeur, la spontanéité de l’instant, la beauté de l’enfance qui s’acharne à ne pas s’évanouir. C’est une respiration salutaire radieuse, à la fois contemporaine, intemporelle, mythologique, qui part du documentaire pour en faire une fiction d’une édifiante justesse.

     Ce film minimaliste, épurée (pure même) recèle une fraicheur, une innocence, un éclat, rares, et la caméra d’Allessandro Comodin  a su capter cette émotion, précieuse, lorsque l’enfance est derrière soi et la vie devant soi, que le bonheur de cet âge se mêle à la crainte de sa disparition et à celle du plongeon dans l’avenir incertain. Il a su capter aussi ces moments a priori anodins qui a posteriori se révèlent avoir été de grands bonheurs. Le montage est par ailleurs particulièrement astucieux avec en prime un travail remarquable sur le son (batterie, paroles et sons de Giacomo assourdissants, feux d’artifice)  et un choix judicieux de musiques.

    Un film universel, solaire et languissant, troublant de réalisme, l’histoire d’une métamorphose qui résonne en nous comme le souvenir, lumineux et mélancolique, heureux et nostalgique, de la fin de quelque chose (l’enfance) et le début d’une autre (l’entrée dans l’âge adulte) porté par trois jeunes non comédiens attachants et le regard bienveillant et aiguisé du réalisateur ; et qui, l’air de rien, nous bouleverse comme une douce et âpre réminiscence des derniers feux de l’enfance, d’un éphémère été et des premiers émois. Une vraie pépite qui mérite d’être découverte. En salles aujourd'hui.

  • Critique de "Louis XV, le soleil noir", à ne pas manquer, ce 3 juillet 2012, sur France 2

     

    soleil3.jpgCe soir, à 22H40, France 2 rediffusera le documentaire-fiction  « Louis XV le soleil noir » déjà diffusé en décembre 2009. Malgré mes réticences envers ce genre hybride et la crainte d'une vulgarisation trop simpliste de l'Histoire, rapidement mes réticences ont volé en éclats tant j'ai été, dès les premières minutes, agréablement stupéfaite par la qualité de ce que je regardais. Je dois l'avouer : je m'attendais à des images ternes, un jeu approximatif, une Histoire anecdotique et simplifiée. Quelle ne fut donc pas ma surprise devant ces costumes et des décors (le tournage a eu lieu à Versailles) somptueux, cette photographie d'une beauté crépusculaire, et la qualité des textes et de l'aspect historique !

    Pris entre le Roi soleil (Louis XIV) et le roi conduit à l'échafaud (Louis XVI), Louis XV reste ainsi pour le public un roi sans visage et sans destin, sans légendes et sans images. Une éclipse troublante alors que Louis XV -sa personne, sa trajectoire, son époque- offre une matière d'une richesse dramaturgique égale à sa complexité. En effet, c'est au cours des cinquante années de règle de Louis XV (1724-1774) que se développèrent des idées et des modes de vie nouveaux qui ont déterminé notre Histoire...

    Louis XV est en effet à l'image de cette éclipse totale de 1724 à laquelle il assista : un roi éclipsé par son prédécesseur, le roi soleil dont personne n'ignorait le rayonnement auquel s'oppose donc ce titre de « soleil noir ». Louis XV, roi méconnu, souvent réduit à une caricature de roi léger et frivole, et à qui aucun film n'avait encore été consacré ! Il apparaît ici dans toute sa complexité, profond, mélancolique, taciturne, avec certes un goût prononcé pour le libertinage.

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    La combinaison astucieuse entre fiction et documentaire permet d'explorer la politique et l'intime, la vie quotidienne et les faits historiques mais aussi d'humaniser le roi (et même de le rendre presque contemporain et attachant, tout en restant fidèle à l'Histoire) passionné de science, orphelin, solitaire, incapable de s'attacher, un personnage complexe loin de l'image du roi frivole à laquelle on voulait le réduire.

    Ce documentaire-fiction a Versailles pour seul cadre et au lieu de le restreindre et de restreindre l'horizon, cette unité de lieu cristallise et symbolise au contraire les contradictions de la société et le bouillonnement artistique et intellectuel de l'époque, un bouillonnement auquel, au début de son règne, le roi fut sensible, il termina pourtant son règne dans la déchéance et la haine.

    Le portrait nuancé de Louis XV nous permet aussi de mieux appréhender ce siècle des philosophes, des arts et des sciences, du goût et de la liberté, les débats d'idées de d'Alembert et Diderot mais aussi la colère sourde du peuple, quinze ans avant la révolution ; les fondements de la modernité et les éléments qui vont conduire à la fin de la monarchie.

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    Et puis il y a Versailles, tantôt gris ou éblouissant, prison dorée ou astre étincelant, Versailles et sa magnificence, filmé la plupart du temps en contre-plongée pour signifier le poids écrasant qu'il représentait pour le roi.

    Dans le rôle de Louis XV, Stanley Weber (fils d'un certain Jacques) est absolument incroyable. Même lorsqu'il joue Louis XV à la fin de sa vie il nous fait oublier, par la densité de son jeu, son jeune âge, incarnant le roi avec un mélange de puissance et de fragilité, à la fois majestueux et mélancolique, avec un jeu d'une justesse et d'une intensité rares. Il faudrait aussi évoquer toute la distribution grâce à la justesse du jeu de laquelle on a vraiment l'impression de déambuler dans les couloirs de Versailles, tant leur jeu nous donne à croire qu'ils appartiennent réellement au siècle des Lumières. Il m'a même semblé reconnaître deux élèves du cours Cochet prouvant une nouvelle fois à quel point c'est un vivier de grands comédiens.

    Après « Apocalypse », France Télévisions nous propose une nouvelle fois un divertissement pédagogique passionnant de très grande qualité, aussi bien dans le fond que dans la forme. Je vous recommande cette immersion dans les allées tumultueuses de Versailles et dans les mystérieux murmures de l'Histoire, dans le bouillonnant siècle des Lumières et dans la personnalité tourmentée de Louis XV, sans aucune réserve. Jeudi 25 décembre, à 20H35, sur France 2.

     
     
     

                                                       

  • Festival Paris Cinéma 2012 – Avant-première de « Renoir » de Gilles Bourdos avec Michel Bouquet, Vincent Rottiers, Christa Théret

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    Comme chaque année, je suis ravie de vous faire partager mes chroniques sur le Festival Paris Cinéma auquel j’assiste depuis sa première édition qui coïncide (quel heureux hasard !) avec mon installation à Paris. Il y a deux ans, c’est au sein de son jury blogueurs que j’avais vécu le festival, et cette année, j’y retourne avec plaisir en espérant vous faire découvrir quelques pépites parmi les 208 films présentés cette année, dont des films consacrés à Hong Kong à l’honneur, des ressorties de l’été mais aussi une compétition et de nombreuses avant-premières parmi lesquelles un grand nombre de films projetés dans le cadre du dernier Festival de Cannes dont « Renoir » de Gilles Bourdos qui avait fait la clôture d’Un Certain Regard.

    Renoir. Un nom illustre, mondialement célèbre grâce à deux immenses artistes, le père et le fils, un peintre et un cinéaste, Auguste et Jean. En 1915, sur la Côte d’Azur, au crépuscule de sa vie, Auguste Renoir (Michel Bouquet) continue à se consacrer à son art malgré de vives douleurs dues à son grand âge, malgré la perte récente de son épouse et le chagrin causé par l’absence de ses fils Pierre et Jean, engagés et blessés à la guerre. C’est dans ce contexte qu’arrive Andrée (Christa Théret), éclatante de vie et de beauté, qui sera le dernier modèle du peintre, « le Patron ». C’est alors que Jean (Vincent Rottiers) revient, blessé à la guerre, passer sa convalescence dans la maison familiale. Andrée changera à jamais son existence…

    Les premiers plans nous plongent dans cette nature saisissante d’authenticité et de beauté à l’image de celle que nous suivrons quelques minutes plus tard : Andrée, pétillante, flamboyante, naturelle, libérée. La mise en scène de Gilles Bourdos (dont c’est ici le 4ème long-métrage) ne cherche à rivaliser ni avec la beauté impressionniste des peintures du père ni avec la virtuosité des films du fils, et cet académisme sied finalement au film, synonyme ici d’humilité devant ces deux grands maîtres dans leurs arts respectifs malgré quelques tentatives de capter dans l’œil de la caméra la beauté impressionniste des toiles de Renoir (un bonheur, d'ailleurs, d'en voir défiler quelques unes) comme lorsque ce dernier somnole et qu’une vision évanescente de la nature lui apparait. Bourdos avec son (ou plutôt ses) Renoir ne peut de toutes façons en aucun cas rivaliser avec le « Van Gogh » de Pialat.

    Le scénario est certes parfois un peu trop elliptique et inégal, avec quelques lenteurs et longueurs, mais le récit n’en demeure pas moins passionnant, en grande partie grâce à l’interprétation époustouflante de Michel Bouquet (mais qui en aurait douté ?) et face à lui celle de Vincent Rottiers qui crève littéralement l’écran, interprétant avec une justesse étonnante le mélange de velléité, de courage, de maturité et d’innocence de Jean. Nous découvrons comment ce jeune homme velléitaire et courageux deviendra un jeune cinéaste grâce à celle qui deviendra sa femme et notamment l’interprète de « La Chienne », Andrée, future Catherine Hessling. Dernière muse d’Auguste Renoir, la vitalité, le naturel et la flamboyance d’Andrée prennent ici les traits de la pétillante Christa Théret.

    Plane aussi l’ombre de « La Grande illusion » avec la guerre à la fois si lointaine du jardin d’Eden du cinéaste et si proche, avec ces gueules cassées qui contrastent avec cette nature éblouissante. Une silhouette, l’espace d’un instant, rappelle celle d’Erich von Stroheim dans « La grande illusion » et nous laisse entendre où Renoir fils a puisé son inspiration.

    Le film devrait ainsi intéresser les inconditionnels du père et du fils, le peintre aux 6000 tableaux et le cinéaste de chefs d’œuvre inoubliables comme « La Règle du jeu » et donner aux autres envie d’en savoir davantage sur ces deux immenses artistes.  « La chair, c’est l’essentiel », « La couleur fait tout dans une toile », « Je suis comme le bouchon qui se laisse porter par le courant», en quelques citations s’esquisse aussi le portrait de ce maître des couleurs, cet amoureux des femmes, de l’art et de la nature qui se refusait à « broyer du noir ».

    Un hymne à la nature, à la beauté et la force de l’art  qui manque certes parfois de la vitalité et de la flamboyance d’Andrée (en particulier dans le traitement de son histoire d’amour avec Jean) et de celles des peintures du maître, mais la musique du prolifique Alexandre Desplat et surtout les interprétations de Michel Bouquet et Vincent Rottiers en font un film agréable et instructif, même émouvant dans une très belle scène d’adieux qui les réunit, les enlace même.

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  • Concours- Gagnez votre DVD du film "Les Infidèles" par et avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche...

     

    Je vous propose aujourd'hui un nouveau concours grâce à Cinéfriends pour vous faire remporter un des 2 DVD mis en jeu pour le film "Les Infidèles", film collectif divisé en différents segments réalisés par Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau, Alexandre Courtès avec: Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy, Géraldine Nakache, Guillaume Canet, Sandrine Kiberlain, Manu Payet, Isabelle Nanty, Clara Ponsot et Mathilda May.

    Synopsis: L'infidélité masculine et ses nombreuses variations vues par 7 réalisateurs.

    Pour être l'un de deux heureux gagnants, soyez parmi les deux premiers à me dire quels sont les réalisateurs des films dont sont extraites les images suivantes en envoyant vos réponses à inthemoodforcinema@gmail.com, avec pour intitulé de votre email "Concours les Infidèles" en n'oubliant pas de joindre vos coordonnées.

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