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  • Les films à voir au cinéma cet été 2012

    Non pas que je sois partie vers des contrées lointaines mais les films que je souhaitais voir depuis un moment ne sont pas à l’affiche là où je me trouve actuellement ( toutes les villes n’ont pas des exploitants « audacieux » qui passent autre chose que « Madagascar » ou « L’âge de glace » ou pire « Paris-Manhattan »), ce qui explique (en partie) mon relatif silence sur ce blog (même si je me consacre à d’autres et notamment le nouveau que je vous invite à découvrir http://inthemoodforfilmfestivals.com , ainsi qu’à d’autres projets).

    J’en ai néanmoins vu pas mal en avant-premières. D’autres qui sont sortis depuis un moment déjà, parfois passés inaperçus, sont encore à l’affiche. Quelques-uns ont retenu mon attention. Je vous en parle ci-dessous.

    Les critiques de classiques du 7ème art un peu délaissées vont aussi reprendre sur ce blog. D’ailleurs, par la force des choses, ayant dû abandonner les salles obscures, j’ai revu trois classiques la semaine dernière : « La grande Evasion » de Raoul Walsh, « Sueurs froides » d’Alfred Hitchcock et « Le train » de Pierre Granier-Deferre. Le premier m’a rappelé que je n’avais jamais vu un mauvais film avec Bogart. Le deuxième m’a encore une fois fascinée par l’intelligence de la mise en scène et de l’écriture, leur polysémie réjouissante, la beauté foudroyante des images (et des acteurs), l'intensité dramatique exacerbée par la musique d'Herrmann, le charme discret de James Stewart, la beauté insolente de Kim Novak, le souci du détail, de chaque détail, et le savoureux machiavélisme du châtiment divin  final. Le troisième m’a rappelé quel couple à la fois improbable et évident formaient dans ce film Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant, que le film reposait sur les épaules de ce couple et de leur alchimie troublante.

    Je ne succombe pas à la folie « Batman – The Dark Knight Rises » et donc sans doute serai-je une des rares à ne pas me ruer dans mon cinéma à sa sortie mercredi prochain, pourtant je reste une inconditionnelle de Christopher Nolan, lié à un souvenir magique puisque j’avais eu le plaisir de découvrir son premier film au Festival du Film Britannique de Dinard, en 1999, et que le jury présidé par Jane Birkin dont j’avais eu le plaisir de faire partie l’avait primé. Je reverrai donc plutôt « Following », « Memento » ou « Inception » en DVD.

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    Et parce que ses « Amours imaginaires »   est un de mes plus grands chocs cinématographiques de ces dernières années, et parce que je fais confiance à Mrs Sur la route du cinéma, allez voir « Laurence anyways » de Xavier Dolan (qui ne passe malheureusement pas dans mon cinéma) et retrouvez ma critique des « Amours imaginaires » si vous hésitez encore : une fantasmagorie pop, poétique sur la cristallisation amoureuse, sur ces illusions exaltantes et destructrices, sublimes et pathétiques, un film enivrant et entêtant comme un amour imaginaire…

    Parmi les films à l’affiche ou à venir, en juillet/août, je vous recommande d’abord « L’été de Giacomo » d'Alessandro Comodin et si je commence par celui-ci c’est que rares sont les salles à le programmer encore, comme le Reflet Médicis. J’ai eu un coup de cœur pour ce film découvert dans le cadre du Festival Paris Cinéma. Un film universel, solaire et languissant, troublant de réalisme, l’histoire d’une métamorphose qui résonne en nous comme le souvenir, lumineux et mélancolique, heureux et nostalgique, de la fin de quelque chose (l’enfance) et le début d’une autre (l’entrée dans l’âge adulte) porté par trois jeunes non comédiens attachants et le regard bienveillant et aiguisé du réalisateur ; et qui, l’air de rien, nous bouleverse comme une douce et âpre réminiscence des derniers feux de l’enfance, d’un éphémère été et des premiers émois. Une vraie pépite qui mérite d’être découverte. Cliquez ici pour lire ma critique.

    Toujours à l’affiche, le dernier film de Woody Allen « To Rome with love », un film idéal en cette période estivale.  Certains esprits chagrins (qui, pour certains, n’auront pas pris la peine d’aller le voir) vous diront qu’il n’en vaut pas la peine. Si « To Rome with love » n’atteint certes pas le niveau de « Manhattan », « La Rose poupre du Caire », « Match point » (pour moi un modèle d’écriture scénaristique, le scénario parfait dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici ainsi que de 7 autres films de Woody Allen dans le « dossier » que je lui ai consacré), Woody Allen une nouvelle fois a l’élégance de nous distraire en nous emmenant dans une promenade réjouissante qui nous donne envie de voyager, de vivre, de prendre la gravité de l’existence avec légèreté, de tomber amoureux, de savourer l’existence et ses hasards et coïncidences, et surtout de voir le prochain film de Woody Allen et de revoir les précédents. C’est sans doute la raison pour laquelle, avec notamment Claude Sautet, il fait partie de mes cinéastes de prédilection car, comme les films de ce dernier, ses films « font aimer la vie ». J’ai eu le plaisir de le rencontrer à l’occasion de sa venue à Paris. Retrouvez ici mon article complet à ce sujet et la critique du film.

    Ensuite, pour les deux autres films que je vous recommande, vous devrez attendre le 22 août : le premier est mon énorme coup de cœur du dernier Festival de Cannes, le second un petit coup de cœur du Festival du Film de Cabourg 2011.

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     Il s’agit d’abord de « A perdre la raison » de Joachim Lafosse pour lequel Emilie Dequenne a reçu le prix d’interprétation de la sélection Un Certain Regard pour ce film qui a des accents de Dardenne, Chabrol, Clouzot mais qui, surtout, témoigne de la singularité de son réalisateur. Si vous ne deviez voir que trois films cette année, celui-ci devrait sans aucun doute en faire partie. Bouleversant, il vous hantera et questionnera longtemps après cette plongée étouffante, palpitante et brillante dans cette cellule familiale (la bien nommée) et dans la complexité des tourments de l’âme humaine et vous laissera avec le choc de ce dénouement annoncé mais non moins terrassant. Cliquez ici pour lire la critique.

    « Au cul du loup » et est le premier long métrage de Pierre Duculot présenté dans la section Panorama du Festival du Film de Cabourg 2011. Il suit Cristina, presque trentenaire, qui vit dans la région de Charleroi avec son petit ami ; elle y travaille comme serveuse. L’héritage d’une maison en Corse que lui a léguée sa grand-mère va chambouler son existence. Alors que tout le monde l’incite à vendre, elle va peu à peu y trouver un sens à sa vie et le goût de vivre, vraiment. Pierre Duculot filme son anti-héroïne avec beaucoup de délicatesse, d’empathie, de sensibilité et son éveil à un nouvel amour (surtout celui de la vie mais aussi celui d’un berger) au contact de la rudesse et de la beauté des paysages corses. Le film est porté par sa fascinante actrice principale Christelle Cornil, une actrice malheureusement encore méconnue d’une étonnante présence. « J’aime la beauté des filles ordinaires qui ne le sont pas » a déclaré Pierre Duculot lors du débat d’après film et c’est exactement ça. Christelle Cornil derrière une apparence banale révèle peu à peu, grâce à la délicatesse du regard de Pierre Duculot derrière la caméra, une beauté, une détermination et un caractère tout sauf ordinaires. Pierre Duculot a débuté sa carrière comme assistant des Dardenne et on retrouve dans son cinéma cette manière de révéler le meilleur des acteurs et des êtres derrière leur froideur, cette manière d’accorder beaucoup de place au silence, à l’implicite, aux fêlures tacites des personnages.

    Enfin, je suis très curieuse de découvrir « Superstar » de Xavier Giannoli, le 29 août dont je vous laisse découvrir la bande-annonce, ci-dessous.

     

    Je vous promets d’autres pépites plus tard dans l’année, mais de celles-là, je vous parlerai ultérieurement. Et prochainement, je vous parlerai des films à ne pas manquer à la télévision, cet été.

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    Je vous rappelle enfin que vous pouvez toujours gagner vos pass pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012, ici, un festival dont le programme sera révélé lors de sa conférence de presse, le 25 juillet prochain.

  • Critique de « A perdre la raison » de Joachim Lafosse avec Tahar Rahim, Emilie Dequenne, Niels Arestrup

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    photos ci-dessus: Présentation du Film par l'équipe à Cannes

    Présenté au Festival de  Cannes 2012 dans la sélection Un Certain Regard dans le cadre de laquelle je l’ai découvert, puis en avant-première au Festival Paris Cinéma où je l’ai revu (avec la même émotion), « A perdre la raison » est un des grands chocs cinématographiques de cette année 2012, et même sans doute le seul film de cette année auquel sied le substantif  « choc ». Peut-être équivalent à celui éprouvé à la fin de « Melancholia « , l’année précédente. C’est dire ! Même si le film de Joachim Lafosse ne va pas jusqu’à relever de l’expérience comme celui de Lars Von Trier, il vous laisse avec une émotion dévastatrice et brutale, une réflexion aussi, qui vont bien au-delà de la salle de cinéma.

    Murielle (Emilie Dequenne) et Mounir (Tahar Rahim) s’aiment passionnément. Elle est belle, féminine, joyeuse, lumineuse. Il est incontestablement charmant. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget (Niels Arestrup), qui lui assure une vie matérielle aisée après s’être marié avec la sœur marocaine de celui-ci, pour lui permettre d’avoir des papiers. Murielle et Mounir décident de se marier. D’abord, réticent, le Docteur accueille la jeune femme chez lui. Le jeune couple n’en déménagera jamais, pas plus à la suite des 4 grossesses de la jeune femme. Une dépendance s’installe. Le climat affectif devient irrespirable. L’issue tragique est alors inéluctable…

    Joachim Lafosse ne laisse d’ailleurs planer aucun doute sur celle-ci. Dès les premiers plans, Murielle est à l’hôpital et demande à ce qu’ils soient « enterrés au Maroc ». Puis, 4 petits cercueils descendent d’un avion sur le territoire marocain. Entre ces deux plans, Mounir et le Docteur Pinget s’étreignent chaleureusement. La succession de ces trois scènes est d’autant plus cruelle, terrible et bouleversante, a posteriori.

    Le film, lui aussi, vous étreint dès ces premiers plans pour ne plus vous lâcher, pourtant Joachim Lafosse ne recourt à aucune facilité pour cela : aucun sensationnalisme, pas plus qu’une photographie sombre annonciatrice du drame à venir. Non, il a eu l’intelligence de recourir à une mise en scène sobre, baignée d’une lumière crue, parfois éblouissante, qui rend d’autant plus terrible la noirceur dans laquelle se retrouve plongée Murielle, et celle du geste qu’elle accomplira. Seul le cadre légèrement chancelant (avec ces plans de portes en amorce, comme si quelqu’un, constamment, dominait, surveillait, instillant une impression malsaine mais impalpable), les gros plans qui enserrent les personnages, les plans séquences qui suggèrent le temps qui s’étire, et quelques plans significatifs comme celui de Murielle en Djellaba, hagarde,  à l’extérieur mais filmée derrière une fenêtre à barreaux, laissent entendre qu’elle est emmurée, oppressée, que l’étau se resserre.

    Il en fallait du talent, de la délicatesse, pour réussir un film, sur un tel sujet, rendre envisageable l’impensable, sans doute le crime le plus terrible qui soit : l’infanticide. Nous faire comprendre comment cette femme va perdre sa liberté, une raison d’être, et la raison. Du talent dans l’écriture d’abord : le scénario de Joachim Lafosse, Matthieu Reynaert et Thomas Bidegain qui avait nécessité 2 ans et demi d’écriture pour adapter très librement ce fait divers survenu en Belgique en 2007, l’affaire Geneviève Lhermitte, est particulièrement habile, maniant les ellipses et se centrant sur ses trois personnages principaux, aussi passionnants que, chacun à leur manière, terrifiants. Les dialogues sont concis et précis, comme les phrases assénées par Pinget à Murielle qui peuvent sembler tendrement réprobatrices ou terriblement injustes et cruelles selon la perception de la jeune femme. Tout est question de point de vue, de perception, et la nôtre est subtilement amenée à être celle de Murielle, ce qui rend la scène finale (judicieusement hors-champ) d’autant plus brutale.  Dans la réalisation évidemment, évoquée précédemment. Dans le choix de la musique qui intervient à chaque transgression.

    Dans l’interprétation enfin. Et quelle(s) interprétation(s) ! D’abord, le duo Arestrup- Rahim reformé trois ans après un « Prophète », et leurs prix d’interprétation respectifs. Niels Arestrup est parfait en père de substitution à la présence envahissante, à la générosité encombrante, d’une perversité insidieuse, sachant obtenir tout ce qu’il veut, comme un enfant capricieux et colérique.

    Face à lui, Tahar Rahim prouve une nouvelle fois que ses deux prix aux César (meilleur acteur, meilleur espoir) n’étaient nullement usurpés, toujours ici d’une justesse remarquable; il prouve aussi une nouvelle fois l'intelligence de ses choix artistiques. D’abord charmant, puis irascible, un peu lâche, velléitaire, sans être vraiment antipathique, il est lui aussi emmuré dans la protection et le paternalisme ambigu de Pinget, ne voyant pas ou préférant ne pas voir la détresse dans laquelle s’enferme sa femme. (cf aussi ma critique de "Or noir" et celle du film "Les hommes libres").

     Que dire d’Emilie Dequenne ? Elle est sidérante, époustouflante, bouleversante en Médée moderne. Il faudrait inventer des adjectifs pour faire l’éloge de sa prestation. D’abord si lumineuse, elle se rembrunit, s’enlaidit, s’assombrit, se renferme sur elle-même pour plonger dans la folie. Ce n’est pas seulement une affaire de maquillage comme cette scène où elle est à un spectacle de sa fille, outrageusement maquillée, et où ses réactions sont excessives. Non, tout en elle incarne sa désincarnation progressive, cette raison qui s’égare : sa démarche qui en devient presque fantomatique, son regard hagard, ses gestes hâtifs ou au contraire si lents, en tout cas désordonnés. Elle parvient à nous faire croire à l’incroyable, l’impensable ; comment ce personnage lumineux peut s’aliéner et accomplir un acte aussi obscur. Et puis il y a cette scène dont tout le monde vous parlera, mais comment ne pas en parler, tant elle y est saisissante d’émotion : ce plan-séquence où elle chante et pleure en silence, dans sa voiture sur la musique de Julien Clerc. Elle a reçu le prix d’interprétation Un Certain Regard pour ce film. Gageons que ce ne sera pas le dernier.

    Lafosse dissèque les rapports de pouvoir entre ces trois êtres, fascinants et terrifiants, métaphore d’un colonialisme dont l’aide est encombrante, oppressante, rendant impossible l’émancipation. La famille devient  un Etat dictatorial si bien que le Maroc dont ont voulu absolument fuir Mounir et sa famille apparaît comme le paradis pour Murielle, et ressemble à un Eden onirique dans la perception qui nous est donnée, la sienne. Il y a un soupçon de Dardenne dans cette empathie pour les personnages dont Lafosse tente de comprendre et d’expliquer tous les actes, même les inexplicables, même le pire, même l’ignominie. Du Chabrol aussi dans cette plongée dans les travers de la bourgeoisie, ses perversions, sa fausse affabilité. Et même du Clouzot dans ce diabolisme insidieux. Mais surtout une singularité qui fait que Joachim Lafosse, aucunement moralisateur, est un vrai cinéaste avec son univers et son point de vue propres.

    Si vous ne deviez voir que trois films cette année, celui-ci devrait sans aucun doute en faire partie. Bouleversant, il vous hantera et questionnera longtemps après cette plongée étouffante, palpitante et brillante dans cette cellule familiale (la bien nommée) et dans la complexité des tourments de l’âme humaine et vous laissera avec le choc de ce dénouement annoncé mais non moins terrassant.

    Retrouvez aussi cet article à la une sur "In the mood -Le Magazine"http://inthemoodlemag.com/?p=1027 .

    Sortie en salles en France : le 22 août 2012

  • Concours - Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012 : gagnez vos pass!

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    Pour la 5ème année consécutive, j’ai le plaisir de vous faire gagner vos pass pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012.

    Chaque semaine, je mettrai ici des pass en jeu pour le 38ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, un festival que vous pourrez suivre en direct comme chaque année sur mon blog dédié http://www.inthemoodfordeauville.com ainsi que sur http://www.inthemoodforcinema.com , et au sujet duquel vous pourrez également retrouver les principales informations sur mon nouveau blog consacré aux festivals de cinéma http://inthemoodforfilmfestivals.com . Pour en savoir plus sur les raisons de ce nouveau blog, cliquez ici.

    Vous pourrez retrouver les premiers éléments de programmation de cette édition 2012, en cliquant ici.

    Règlement du concours :

    Cette semaine, je mets en jeu 3 lots de pass (valeur unitaire du pass journée : 30 euros) :

    1er prix : samedi 1 er septembre/dimanche 2 septembre/lundi 3 septembre

    2ème prix : vendredi 7 septembre/samedi 8 septembre/dimanche 9 septembre

    3ème prix : lundi 3 septembre/mardi 4 septembre/mercredi 5 septembre/jeudi 6 septembre

    1 seul prix par nom de famille. En cas d’égalités, les personnes n’ayant jamais gagné de pass les années précédentes seront délibérément privilégiées.

    Ne vous inquiétez si vous ne comptez pas parmi les lauréats: d’autres pass seront en jeu la semaine suivante.

    Fin de ce premier concours : le 25 juillet. Envoyez vos réponses à inthemoodforfilmfestivals@gmail.com avec, pour intitulé de votre email: »1er concours pass Deauville 2012″. N’oubliez pas de joindre vos coordonnées (nom réel -pas de pseudo- adresse et numéro de téléphone) sans lesquelles votre participation sera caduque. Vous ne pourrez pas changer les dates de vos pass donc ne participez que si vous êtes certains d’être libres à ces différentes dates. Seuls les 3 lauréats seront contactés, par email, après le 25 juillet.

    Pour faire partie des heureux lauréats, répondez correctement aux 11 questions suivantes avant le 25 juillet à minuit :

    1.De quel chef d’œuvre du cinéma américain est extraite l’image suivante ?

    2.Quel réalisateur a réalisé cet autre classique du cinéma américain dont est extraite l’image suivante ?

    3. Quel prix le film dont est extraite l’image suivante a-t-il obtenu à Deauville ?

    4.Robert Redford- Jack Nicholson – Tom Cruise- Robert Redford : laquelle de ces personnalités n’est jamais venue au Festival de Deauville ?

    5. Si je vous dis 1540, quel lien avec Deauville cela vous évoque-t-il ?

    6. De quel film a été extraite l’image (découpée) ci-dessous ?

    7. 2 nouveaux festivals ont récemment vu le jour à Deauville. Quels sont-ils ?

    8. De quelle affiche est extraite l’image découpée ci-dessous ?

    9. En quelle année le film dont l’affiche a été découpée ci-dessous a-t-il été présenté à Deauville ?

    10. Quel est votre film américain préféré et pourquoi (en 3 phrases)?

    11. Pourquoi voulez-vous aller au Festival de Deauville (en 3 phrases)?

    Bonne chance à tous. Suivez également les autres blogs inthemood : http://inthemoodlemag.com , http://www.inthemoodforcinema.com , http://www.inthemoodforcannes.com , http://www.inthemoodfordeauville.com , http://www.inthemoodforluxe.com , http://inthemoodforfilmfestivals.com et si vous vous intéressez aux festivals de cinéma alors peut-être mon recueil de nouvelles sur les festivals de cinéma sélectionné et ouvert à l'édition participative vous intéressera-t-il? N'hésitez pas à le soutenir! Je vous en dis plus, ici: http://inthemoodforfilmfestivals.com/en-savoir-sur-le-rec... .

    Vous pouvez également suivre Inthemoodfordeauville.com sur twitter (@moodfdeauville ) ainsi que Inthemoodforfilmfestivals.com (@moodforfilmfest ) pour être régulièrement informés de l'actualité du festival. Suivez également ma page Facebook dédiée (http://Facebook.com/inthemoodfordeauville ).

  • Ouverture et objectifs du 6ème blog "in the mood" : Inthemoodforfilmfestivals.com

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    Un sixième blog, est-ce bien raisonnable, me direz-vous ? Je vais reprendre la citation de Saint-Augustin qui était en exergue de mes premiers blogs : « Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion » .

    Cela fait désormais 9 ans que je me perds délicieusement dans ma passion pour le cinéma (elle, beaucoup plus ancienne) sur internet et que j’ai commencé à bloguer à cause des grâce aux festivals de cinéma.

    Le premier de mes blogs ( In the mood for cinema qui s’intitulait d’ailleurs au début « Mon Festival du Cinéma ») a été initié il y a 9 ans, suite à mes nombreuses pérégrinations festivalières depuis 1994 (d’abord le Festival du Cinéma Américain de Deauville , mais aussi le Festival de Cannes auquel j’assiste depuis ma participation au prix de la jeunesse il y a 12 ans etc) et suite à mes 14 sélections en tant que jurée dans des festivals de cinéma, 10 fois suite à des concours d’écriture – critiques, nouvelles, lettres etc- ( Festival du Film de Paris 1998 -jury jeunes-, Festival du Film Britannique de Dinard 1999 -jury de professionnels-, Festival du Cinéma Américain Deauville 2000- jury de cinéphiles-, Festival du Film Asiatique de Deauville 2005 -jury de cinéphiles-, Festival du Film Policier de Cognac 2002 -jury de cinéphiles », Festival du Film Romantique de Cabourg 2002 -jury des courts-métrages, Festival Paris Cinéma 2010 -jury de blogueurs-, Festival du Film Asiatique de Deauville 2012 -jury de la critique internationale-, Festival International du Film de Boulogne-Billancourt 2012…), des expériences palpitantes, parfois même irréelles, que j’avais envie de partager ainsi que les pépites ou curiosités cinématographiques que j’y découvrais.

    Je crois pouvoir m’enorgueillir d’avoir été la première « blogueuse » accréditée presse dans les festivals de cinéma, et notamment à Cannes, il y a quelques années. J’avais envie de consacrer un blog entier à cette passion déjà très ancienne, en plus de mes blogs « ponctuels » consacrés aux festivals de Deauville et de Cannes, de partager ma passion et mes connaissances des festivals de cinéma sur une plateforme qui y serait entièrement consacrée.

    Vous retrouverez sur ce nouveau blog bien entendu mes articles en amont et en direct de festivals, les classiques comme Deauville ou Cannes et d’autres où je retourne plus épisodiquement comme Dinard, Saint-Jean de Luz, Cabourg et évidemment aussi de nouveaux festivals que je souhaite découvrir et vous faire découvrir.

    Vous pouvez d’ores et déjà retrouver sur inthemoodforfilmfestivals.com  de nombreuses informations sur les festivals, des archives avec des bilans de festivals (pas tous, malheureusement le blog n’existait pas lors de mes premiers festivals).

    L’actualité à venir c’est bien entendu le Festival du Cinéma Américain de Deauville auquel je reste fidèle depuis mon coup de foudre pour ce festival, et en même temps pour les festivals, il y a tant d’années déjà un festival où j’ai vécu tant de mésaventures, un festival pour lequel je vous ferai prochainement gagner des pass ici comme chaque année.

    Bien sûr, mes autres blogs continueront à être autant alimentés et je reste l’unique rédactrice des 6 blogs, et j’y tiens.

    Ce sera aussi pour moi un autre moyen de vous faire partager l’actualité de mon recueil de nouvelles sélectionné et ouvert à l’édition participative (alors n’hésitez pas à contribuer et/ou partager), un recueil dont les 13 nouvelles se déroulent dans…des festivals de cinéma (3 à Deauville, 4 à Cannes, d’autres à Monaco, Cabourg, Dinard, Annonay, aux César…), des fictions inspirées par mes nombreuses observations dans les festivals de cinéma qu’il n’était pas possible de partager sur un blog. « Ombres parallèles » ce sont : 13 nouvelles romantiques et cruelles dans les coulisses du 7ème art. 13 histoires d’amour qui sont autant de déclarations d’amour au cinéma. 13 histoires de passions cinématographiques et amoureuses. Je vous en dis plus, ici : http://inthemoodforfilmfestivals.com/en-savoir-sur-le-recueil-de-nouvelles-sur-les-festivals/ . Un projet que vous pouvez également suivre sur twitter (@parallelshadows – http://twitter.com/parallelshadows ) et sur Facebook (http://facebook.com/ombresparalleles ).

    J’essaierai de vous livrer  des informations inédites sur les festivals de cinéma. Je ne prétends pas à l’exhaustivité. Comme les autres, ce blog sera guidé avant tout par la passion (du cinéma, des festivals, de l’écriture) et par la curiosité.

    Vos conseils, vos remarques, vos commentaires sont les bienvenus.

    Vous pourrez également en savoir plus sur mon parcours dans les rubriques « Dans les médias » et « En savoir + » du blog en question.

    Je vous signale enfin que ce nouveau blog possède son compte twitter dédié @moodforfilmfest (http://twitter.com/moodforfilmfest ) même si @moodforcinema reste le compte principal.

    Alors, après “in the mood for cinema”, In the mood for Deauville”, “In the mood for Cannes”, “In the mood for luxe”, “In the mood – Le Magazine”, prêts à plonger « in the mood for film festivals ? ». Alors rendez-vous sur  http://inthemoodforfilmfestivals.com .

  • Sandrine Bonnaire et Frédéric Beigbeder présidents de jurys du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012

    Avant de vous dévoiler en fin de semaine un nouveau blog sur lequel le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012 sera à la une, je poursuis ici mes annonces sur l'édition 2012 avec le nom du président du jury Révélation Cartier du Festival qui sera cette année un fidèle du festival (membre du jury du prix littéraire), l'écrivain cinéaste journaliste publicitaire (dans ce désordre) Frédéric Beigbeder, et accessoirement présentateur du Cercle, émission à laquelle j'avais eu le plaisir de participer en tant que chroniqueuse d'un jour.

    C'est l'actrice/réalisatrice Sandrine Bonnaire qui présidera le jury de ce 38ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, une judicieuse idée, celle-ci étant par ailleurs en pleine actualité avec la sortie prochaine de "J'enrage de son absence", mon énorme coup de coeur du Festival de Cannes 2012 (le film était en sélection à la Semaine de la Critique). Je vous propose donc de retrouver mon article à ce sujet ci-dessous.

    Critique de « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire (Semaine de la Critique 2012)

     

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    Les jours et les nuits, les projections et les soirées, les moments irréels et irréels se succèdent et se confondent dans une sorte de brouillard éblouissant et le temps me manque pour vous raconter ces journées bien et très agréablement remplies mais, comme chaque année, vous pourrez bien entendu retrouver mon compte-rendu très détaillé après le festival. En attendant, je vais vous parler (trop) brièvement d’un des trois films à m’avoir particulièrement marquée ces derniers jours, avec « A perdre la raison » de Joachim Lafosse, « Trois mondes » de Catherine Corsini » : « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire. Dans les trois cas, des personnages enfermés dans leurs drames et leurs solitudes. Dans les trois cas, des films d’une extrême sensibilité, poignante dans les films de Joachim Lafosse et Sandrine Bonnaire.

    Sandrine Bonnaire nous avait déjà bouleversés avec son documentaire consacré à sa sœur autiste « Elle s’appelait Sabine » (alors présenté à la Quinzaine des Réalisateurs), un documentaire ni larmoyant ni complaisant, deux écueils dans lesquels il aurait été si facile de tomber. Véritable plaidoyer pour la mise en place de structures d’accueil pour les handicapés, hommage à ceux qui les encadrent, c’est aussi une véritable déclaration d’amour de Sandrine Bonnaire à sa sœur, un cri du cœur déchirant pour celle que 5 années d’hôpital psychiatrique ont changé à jamais mais qui joue un prélude de Bach avec la même facilité sidérante que des années auparavant. Elle parvient à nouveau, magistralement, à nous bouleverser avec son premier long-métrage, inspiré d’une histoire vraie.

    Ce film nous raconte l'histoire d'un couple, Jacques (William Hurt) et Mado (Alexandra Lamy), dont le fils est décédé accidentellement il y a une dizaine d’années. Lorsqu'ils se retrouvent, le père devient obsédé par le petit garçon de 7 ans qu'elle a eu d'une autre union. Entre cet homme et ce petit garçon, un lien fort et inquiétant se crée dans le secret d’une cave.

    Sandrine Bonnaire pour son premier film, dès la première seconde, fait preuve d’une maitrise étonnante, d’une manière de nous « impliquer » dans son drame, avec intensité et empathie. La tension est croissante. Le regard à la fois doux et perdu, un peu fou mais surtout fou d’amour et de la rage de l’absence de William Hurt auquel sa caméra s’accroche souvent, y est pour beaucoup. Sa prestation est une des plus magistrales qu’il m’ait été donné de voir. Son personnage un des plus bouleversants de tendresse, de détresse, d’humanité, aux portes de la folie. Il va peu à peu s’enterrer, se recroqueviller au propre comme au figuré, pour aller au bout de cette détresse. Jamais Sandrine Bonnaire ne tombe dans le pathos, toujours à hauteur de ses personnages, de leur cauchemar dans lequel elle nous enferme peu à peu, créant une tension croissante, bientôt suffocante. Elle ne juge jamais ses personnages mais les comprend, les suit pas à pas dans cette descente aux enfers. Deux appréhensions du deuil. L’un tait et l’autre fait exploser sa douleur, descend jusqu’au plus profond de celle-ci. Deux personnages abîmés par les terribles vicissitudes de l’existence et d’autant plus humains et touchants.

    Sandrine Bonnaire, si elle a certainement appris beaucoup avec tous les grands cinéastes avec lesquels elle a tournés (le prénom de Mado fait ainsi songer à Claude Sautet, d’ailleurs ce mélange des genres peut aussi faire penser à « Quelques jours avec moi » de ce même cinéaste dans lequel Sandrine Bonnaire était d’ailleurs magistral), elle impose, dès son premier film, un style bien à elle, et surtout un regard et un univers propres aux grands cinéastes. En plus d’être une grande comédienne, Sandrine Bonnaire s’affirme ici comme une grande cinéaste en devenir. Elle filme la violence de la couleur avec une rage à la fois douce et âpre, sans jamais lâcher ses personnages tout comme cette douleur absolue ne les lâche jamais. Paradoxalement, un film qui fera du bien à tous ceux qui ont connu ou connaissent la douleur ineffable, étouffante et destructrice du deuil.

    Avec ce film dramatique, absolument bouleversant, entre drame familial et thriller, Sandrine Bonnaire met des images sur l’indicible douleur et donne à William Hurt et Alexandra Lamy leurs meilleurs rôles (un premier rôle et une nouvelle fois un beau personnage de mère qui montre une nouvelle fois toute l’étendue de l’immense talent de cette dernière) et signe une première fiction palpitante, poignante, d’une maîtrise étonnante qui vous fera chavirer d’émotion pour ces beaux personnages enragés de douleur.

    Sortie en salles : le 31 octobre 2012

     
     

                                                           

  • Patience...

    Un petit ralentissement sur ce blog, simplement parce qu'un nouveau blog "in the mood" va prochainement voir le jour... mais celui-ci continuera à exister et reprendra prochainement son rythme normal.

    Je vous parlerai ici bientôt de "A perdre la raison", découvert à Cannes, revu à Paris Cinéma, mais aussi de "Ombline", également très belle avant-première de Paris Cinéma.

     

  • Grand Prix Cinéma des lectrices de Elle 2012

     

    Après avoir fait partie du jury du prix littéraire des lectrices du magazine Elle, il y a quelques années, je ferai cette année partie du jury du Grand Prix Cinéma du magazine, ce qui constituera ma 15ème participation à un jury de cinéma (cliquez sur le lien suivant pour en savoir plus sur ce singulier parcours: http://inthemoodlemag.com/2012/07/06/jury-du-2eme-grand-prix-cinema-des-lectrices-du-magazine-elle-2012/ .

     Vous pourrez bien entendu suivre mes critiques des films sélectionnés sur mes différents blogs. L’an passé, c’est « Polisse » de Maïwenn qui a remporté ce prix (retrouvez ma critique, ici).                                                                                        

      Le Grand Prix Cinéma des Lectrices de ELLE est un prix décerné par des lectrices passionnées de cinéma. Sept films dont la sortie en salles est prévue entre le 24 octobre et le 26 décembre 2012 sont sélectionnés pour ce prix. Les jurées sont réparties entre Paris, Lyon et Lille le week end des 14, 15 et 16 septembre 2012. Je vous en reparlerai le moment venu.

    Le prix sera remis le 22 octobre, à Paris.

    Découvrez et soutenez mon recueil de nouvelles sur le cinéma sélectionné et ouvert à l’édition participative: http://inthemoodlemag.com/2012/06/19/mon-recueil-de-nouve… .                                                         Découvrez aussi "In the mood - Le Magazine "( http://inthemoodlemag.com ), les autres blogs "in the mood" (http://www.inthemoodfordeauville.com , http://www.inthemoodforcannes.com , http://www.inthemoodforluxe.com ) et, bientôt, découvrez mon 6ème blog inthemood!

  • Festival Paris Cinéma 2012 - critiques de "J'enrage de son absence" de Sandrine Bonnaire et "Amour" de Michael Haneke

    Parmi ses nombreuses avant-premières le Festival Paris Cinéma 2012 vous propose plusieurs films sélectionnés au dernier Festival de Cannes et non des moindres: « Amour » de Michael Haneke, la palme d’or 2012 et « J’enrage de son absence », la bouleversante première fiction de Sandrine Bonnaire sélectionnée à la Semaine de la Critique, deux films pour lesquels je vous avais fait partager mes coups de coeur lors du dernier Festival de Cannes. Le premier sera projeté ce soir au MK2 Bibliothèque, à 21H , et le second à , au même endroit., à 19H Retrouvez également mes critiques du solaire et mélancolique « L’été de Giacomo » et de « Renoir » , tous deux projetés dans le cadre de Paris Cinéma.

    Critique de « Amour » de Michael Haneke (article publié dans le cadre du Festival de Cannes 2012)-

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    J’ai choisi aujourd’hui de vous parler de mes deux coups de cœur d’hier, « Amour » de Michael Haneke et « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire, non dénués de points communs, bien que le premier soit en compétition officielle, le second projeté dans le cadre de la Semaine de la Critique bien qu’ils soient très différents dans la forme, c’est d’abord parce que leurs titres pourraient être interchangeables et ensuite parce que j’ai été submergée par l’émotion par ces deux films. Enfin, l’un et l’autre parlent d’amour inconditionnel et de la violence de l’absence, du départ, du silence. L’amour qui était également au centre de « De rouille et d’os », mon premier coup de cœur de cette édition 2012 dont je vous ai parlé le premier jour du festival, mais aussi de « In another country » de Hong Sangsoo, conte léger et délicieusement mélancolique à l’humour fantaisiste, décalé et irrésistible (des applaudissements ont même ponctué la projection officielle) avec une Isabelle Huppert radieuse dont je vous reparlerai ultérieurement (un film qui mériterait un prix du scénario).

    Mais revenons à « Amour », film au titre à la fois sobre, sibyllin et prometteur, dans lequel Isabelle Huppert est également présente et, comme toujours, quelle présence. Elle y interprète la fille de Georges et d’Anne, deux octogénaires, des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.

    Dès le début, la gravité, l’austérité, le dénouement inéluctable s’imposent. La caméra explore les pièces d’un appartement pour arriver dans une chambre où une femme âgée git, paisible, morte. Puis, flashback, le couple rentre d’un concert de musique classique dont on ne voit d’ailleurs que les spectateurs comme un miroir de ce que nous allons être pendant tout ce film, les spectateurs de l’envers du décor, de ce que la société préfère habituellement cacher, dissimuler. Lorsqu’ils rentrent, ils constatent que leur porte a été vraisemblablement forcée. Les prémisses d’une tragédie, d’un huis-clos dramatique. Un étranger s’est immiscé dans leur doux quotidien. La mort qui va peu à peu tisser sa toile.

    La tendresse de leurs gestes, la manière dont ils s’excusent constamment, se considèrent, se regardent, semblent se découvrir encore, ne s’être pas tout raconté, avoir encore des secrets et plus que jamais des égards l’un pour l’autre, tout dit un amour qui n’a pas pris une ride mais qui s’est renforcé face aux épreuves de la vie. Notre souffle est suspendu, notre attention est captée, capturée, par ces gestes a priori anodins qui témoignent de leur amour indéfectible et magnifique. Leurs visages rayonnent, nous font oublier le poids des ans. Cela pourrait être le couple d’ « Un homme et une femme », 46 ans plus tard (Emmanuelle Riva s’appelle d’ailleurs Anne comme Anouk Aimée dans le film de Claude Lelouch). Bien entendu, le cinéma d’Haneke, si épuré, est très différent de celui de Lelouch, si lyrique, mais ces détails qui disent tant et auxquels notre souffle est suspendu les rapprochent ici (au risque d’en heurter certains). L’opposé du couple du « Chat » de Granier-Deferre.

    Jusqu’où peut-on aller par amour ? L’amour, le vrai, ne consiste-t-il pas à tout accepter, même la déchéance, à aider l’être aimé jusqu’au dernier souffle ? Le sujet était ô combien périlleux. Si Haneke ne nous épargne rien de ces moments terribles comme lorsque cette femme belle et fière se transforme peu à peu en enfant sans défense, il place sa caméra toujours avec pudeur.

    Nous ne quitterons alors plus cet appartement pour un face à face douloureux, cette lente marche vers la déchéance puis la mort. Seules quelques visites comme celles de leur fille, d’un ancien élève, de voisins qui les aident, ou d’infirmières viennent ponctuer ces terribles instants, témoignant à chaque fois de maladresses, voire de cruauté involontaires. La scène de l’infirmière qui, avec une voix mielleuse, s’adresse à Anne comme à une enfant, la forçant avec une douce et d’autant plus terrible condescendance à se regarder dans le miroir est redoutablement juste et absolument terrible.

    Que dire de Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva qui seraient à la hauteur de leurs bouleversantes prestations ? Le premier, qu’il raconte une anecdote sur son enfance, ou s’occupe d’Anne dans ses derniers instants avec une tendresse infinie (comment ne pas être bouleversé quand il lui raconte une histoire, lui caressant doucement la main, pour faire taire sa douleur, qu’elle hurle), est constamment juste, là, par un jeu d’une douce intensité. Ses gestes, sa voix, son regard, tout traduit et trahit son émotion mais aussi la digne beauté de son personnage qu’il dit être son dernier, ce qui rend ce rôle encore plus troublant et tragique. Quant à Emmanuelle Riva, elle fait passer dans son regard l’indicible de la douleur, de la détresse, après avoir fait passer la fierté et la force de cette femme debout, cette âme forte qui se transforme peu à peu en un corps inerte, pétri de douleurs.

    Un film tragique, bouleversant, universel qui nous ravage, un film lucide, d’une justesse et d’une simplicité remarquables, tout en retenue. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse. C’est aussi ce qu’il nous reste de ce film, l’essentiel, l’Amour avec un grand a, pas le vain, le futile, l’éphémère mais l’absolu, l’infini.

    Trois ans après sa palme d’or pour « Le ruban blanc », Michael Haneke sera à nouveau et sans aucun doute au palmarès pour ce film éprouvant et sublime, d’une beauté tragique et ravageuse que vous hante et vous habite longtemps après la projection, après ce dernier plan d’une femme seule dans un appartement douloureusement vide. Un film d’Amour absolu, ultime. Et puis il y a la musique de Schubert, cet Impromptu que j’ai si souvent écouté et que je n’entendrai sans doute plus jamais de la même manière. Je crois qu’il me faudra un peu de temps encore pour appréhender pleinement ce film. Les mots me manquent encore. J’y reviendrai.

    « Amour » sortira en salles le 24 octobre 2012.

    Critique de « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire (critique et article publiés pendant le Festival de Cannes 2012)

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    Les jours et les nuits, les projections et les soirées, les moments irréels et irréels se succèdent et se confondent dans une sorte de brouillard éblouissant et le temps me manque pour vous raconter ces journées bien et très agréablement remplies mais, comme chaque année, vous pourrez bien entendu retrouver mon compte-rendu très détaillé après le festival. En attendant, je vais vous parler (trop) brièvement d’un des trois films à m’avoir particulièrement marquée ces derniers jours, avec « A perdre la raison » de Joachim Lafosse, « Trois mondes » de Catherine Corsini » : « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire. Dans les trois cas, des personnages enfermés dans leurs drames et leurs solitudes. Dans les trois cas, des films d’une extrême sensibilité, poignante dans les films de Joachim Lafosse et Sandrine Bonnaire.

    Sandrine Bonnaire nous avait déjà bouleversés avec son documentaire consacré à sa sœur autiste « Elle s’appelait Sabine » (alors présenté à la Quinzaine des Réalisateurs), un documentaire ni larmoyant ni complaisant, deux écueils dans lesquels il aurait été si facile de tomber. Véritable plaidoyer pour la mise en place de structures d’accueil pour les handicapés, hommage à ceux qui les encadrent, c’est aussi une véritable déclaration d’amour de Sandrine Bonnaire à sa sœur, un cri du cœur déchirant pour celle que 5 années d’hôpital psychiatrique ont changé à jamais mais qui joue un prélude de Bach avec la même facilité sidérante que des années auparavant. Elle parvient à nouveau, magistralement, à nous bouleverser avec son premier long-métrage, inspiré d’une histoire vraie.

    Ce film nous raconte l’histoire d’un couple, Jacques (William Hurt) et Mado (Alexandra Lamy), dont le fils est décédé accidentellement il y a une dizaine d’années. Lorsqu’ils se retrouvent, le père devient obsédé par le petit garçon de 7 ans qu’elle a eu d’une autre union. Entre cet homme et ce petit garçon, un lien fort et inquiétant se crée dans le secret d’une cave.

    Sandrine Bonnaire pour son premier film, dès la première seconde, fait preuve d’une maitrise étonnante, d’une manière de nous « impliquer » dans son drame, avec intensité et empathie. La tension est croissante. Le regard à la fois doux et perdu, un peu fou mais surtout fou d’amour et de la rage de l’absence de William Hurt auquel sa caméra s’accroche souvent, y est pour beaucoup. Sa prestation est une des plus magistrales qu’il m’ait été donné de voir. Son personnage un des plus bouleversants de tendresse, de détresse, d’humanité, aux portes de la folie. Il va peu à peu s’enterrer, se recroqueviller au propre comme au figuré, pour aller au bout de cette détresse. Jamais Sandrine Bonnaire ne tombe dans le pathos, toujours à hauteur de ses personnages, de leur cauchemar dans lequel elle nous enferme peu à peu, créant une tension croissante, bientôt suffocante. Elle ne juge jamais ses personnages mais les comprend, les suit pas à pas dans cette descente aux enfers. Deux appréhensions du deuil. L’un tait et l’autre fait exploser sa douleur, descend jusqu’au plus profond de celle-ci. Deux personnages abîmés par les terribles vicissitudes de l’existence et d’autant plus humains et touchants.

    Sandrine Bonnaire, si elle a certainement appris beaucoup avec tous les grands cinéastes avec lesquels elle a tournés (le prénom de Mado fait ainsi songer à Claude Sautet, d’ailleurs ce mélange des genres peut aussi faire penser à « Quelques jours avec moi » de ce même cinéaste dans lequel Sandrine Bonnaire était d’ailleurs magistral), elle impose, dès son premier film, un style bien à elle, et surtout un regard et un univers propres aux grands cinéastes. En plus d’être une grande comédienne, Sandrine Bonnaire s’affirme ici comme une grande cinéaste en devenir. Elle filme la violence de la couleur avec une rage à la fois douce et âpre, sans jamais lâcher ses personnages tout comme cette douleur absolue ne les lâche jamais. Paradoxalement, un film qui fera du bien à tous ceux qui ont connu ou connaissent la douleur ineffable, étouffante et destructrice du deuil.

    Avec ce film dramatique, absolument bouleversant, entre drame familial et thriller, Sandrine Bonnaire met des images sur l’indicible douleur et donne à William Hurt et Alexandra Lamy leurs meilleurs rôles (un premier rôle et une nouvelle fois un beau personnage de mère qui montre une nouvelle fois toute l’étendue de l’immense talent de cette dernière) et signe une première fiction palpitante, poignante, d’une maîtrise étonnante qui vous fera chavirer d’émotion pour ces beaux personnages enragés de douleur.

    Sortie en salles : le 31 octobre 2012

    Découvrez et soutenez mon recueil de nouvelles sur le cinéma sélectionné et ouvert à l’édition participative: http://inthemoodlemag.com/2012/06/19/mon-recueil-de-nouvelles-sur-le-cinema-ouvert-a-ledition-participative/ et, bientôt, découvrez le 6ème blog inthemood!