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  • Concours - 7 DVD de "The Artist" de Michel Hazanavicius à gagner à l'occasion de la sortie en DVD

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    Ce 14 mars, "The Artist" de Michel Hazanavicius sortira en DVD. Dès la première projection cannoise, avant que la machine médiatique ne s'emballe, je vous avais parlé de mon coup de coeur pour ce film (vous pourrez retrouver ma critique en bas de cet article), de l'émotion palpable dans la salle. Depuis, le film a reçu une multitude de récompenses amplement méritées dans le monde entier, du prix d'interprétation à Cannes pour Jean Dujardin au César de la meilleure actrice et du meilleur film, sans oublier l'Oscar du meilleur film et du meilleur acteur pour Jean Dujardin (parmi bien d'autres récompenses), faisant ainsi entrer ce film dans l'histoire. Je suis donc ravie de vous permettre aujourd'hui de remporter un des  7 DVD mis en jeu.

    Pour faire partie des heureux gagnants, donnez-moi les titres des films suivants, avant le 29 mars 2012, minuit, en envoyant vos réponses à inthemoodforcinema@gmail.com avec, pour intitulé de votre email "Concours The Artist". Seuls les gagnants seront contactés.

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    6. Pour départager les gagnants, en cas d'égalités, quel est votre film muet préféré et pourquoi?

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

     

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

     

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".

     

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".

     

    C’était un dimanche matin de mai 2011, le début du Festival de Cannes encore, en projection presse. Pas encore vraiment l’effervescence pour le film qui obtint la palme d’or mais un joli bruissement d’impatience parmi les regards déjà las, ou obstinément sceptiques. 1H40 plus tard, la salle résonnait d’applaudissements, pendant dix minutes, fait rare en projection presse. Le soir même, je suis retournée le voir en projection officielle. L’émotion fut la même, redoublée par la présence de l’équipe du film, terriblement émue elle aussi par les réactions enthousiastes du public, par les rires tendres, par cette cavalcade d’applaudissements qui a commencé lors de la dernière scène et ne s’est plus arrêtée pour continuer pendant un temps qui m’a paru délicieusement long. Un beau, rare et grand moment du Festival de Cannes.

     

    Le pari était pourtant loin d’être gagné d’avance. Un film muet (ou quasiment puisqu’il y a quelques bruitages). En noir et blanc. Tourné à Hollywood. En 35 jours. Par un réalisateur qui jusque là avait excellé dans son genre, celui de la brillante reconstitution parodique, mais très éloigné de l’univers dans lequel ce film nous plonge. Il fallait beaucoup d’audace, de détermination, de patience, de passion, de confiance, et un peu de chance sans doute aussi, sans oublier le courage -et l’intuition- d’un producteur (Thomas Langmann) pour arriver à bout d’un tel projet. Le pari était déjà gagné quand le Festival de Cannes l’a sélectionné d’abord hors compétition pour le faire passer ensuite en compétition, là encore fait exceptionnel.

     

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    Le film débute à Hollywood, en 1927, date fatidique pour le cinéma puisque c’est celle de l’arrivée du parlant. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.

     

    Qui aime sincèrement le cinéma ne peut pas ne pas aimer ce film qui y est un hommage permanent et éclatant. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi, lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet.

     

    Le cinéma a souvent parlé de lui-même… ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, enfin « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly auxquels « The Artist », de par son sujet, fait évidemment penser. Désormais, parmi ces classiques, il faudra citer « The Artist » de Michel Hazanavicius. Ses précèdents films étaient d'ailleurs déjà des hommages au cinéma. On se souvient ainsi des références à "Sueurs froides" ou "La Mort aux trousses" d'Hitchcock dans "OSS 117 : Rio ne répond plus".

     

    Hazanavicius joue ainsi constamment et doublement la mise en abyme : un film muet en noir et blanc qui nous parle du cinéma muet en noir et blanc mais aussi qui est un écho à une autre révolution que connaît actuellement le cinéma, celle du Numérique.

     

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    Le mot jubilatoire semble avoir été inventé pour ce film, constamment réjouissant, vous faisant passer du rire aux larmes, ou parfois vous faisant rire et pleurer en même temps. Le scénario et la réalisation y sont pour beaucoup mais aussi la photographie (formidable travail du chef opérateur Guillaume Schiffman qui, par des nuances de gris, traduit les états d’âme de Georges Valentin), la musique envoûtante (signée Ludovic Bource, qui porte l’émotion à son paroxysme, avec quelques emprunts assumés là aussi, notamment à Bernard Herrmann) et évidemment les acteurs au premier rang desquels Jean Dujardin qui méritait amplement son prix d’interprétation (même si Sean Penn l’aurait également mérité pour « This must be the place »).

     

    Flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps, il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets, de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance. Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt). Il avait déjà prouvé dans « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia qu’il pouvait nous faire pleurer. Il confirme ici l’impressionnant éclectisme de sa palette de jeu et d'expressions de son visage.

     

    Une des plus belles et significatives scènes est sans doute celle où il croise Peppy Miller dans un escalier, le jour du Krach de 1929. Elle monte, lui descend. A l’image de leurs carrières. Lui masque son désarroi. Elle, sa conscience de celui-ci, sans pour autant dissimuler son enthousiasme lié à sa propre réussite. Dujardin y est d’une fierté, d’une mélancolie, et d’une gaieté feinte bouleversantes, comme à bien d’autres moments du film. Et je ne prends guère de risques en lui prédisant un Oscar pour son interprétation, ou en tout cas un Oscar du meilleur film étranger pour Hazanavicius. Bérénice Béjo ne démérite pas non plus dans ce nouveau rôle de « meilleur espoir féminin » à la personnalité étincelante et généreuse, malgré un bref sursaut de vanité de son personnage. Il ne faudrait pas non plus oublier les comédiens anglo-saxons : John Goodman, Malcolm McDowell et John Cromwell (formidablement touchant dans le rôle du fidèle Clifton).

     

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    Il y aura bien quelques cyniques pour dire que ce mélodrame est plein de bons sentiments, mais Hazanicius assume justement ce mélodrame. « The Artist » est en effet aussi une très belle histoire d’amour simple et émouvante, entre Peppy et Georges mais aussi entre Georges et son cabot-in Uggy : leur duo donne lieu à des scènes tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt touchantes, et là encore parfois au trois en même temps. Hommage aussi à ce pouvoir magique du cinéma que de susciter des émotions si diverses et parfois contradictoires.

     

    Michel Hazanavicius évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité.

     

    Ce film m’a éblouie, amusée, émue. Parce qu’il convoque de nombreux souvenirs de cinéma. Parce qu’il est une déclaration d’amour follement belle au cinéma. Parce qu’il ressemble à tant de films du passé et à aucun autre film contemporain. Parce qu’il m’a fait ressentir cette même émotion que ces films des années 20 et 30 auxquels il rend un vibrant hommage. Parce que la réalisation est étonnamment inspirée (dans les deux sens du terme d’ailleurs puisque, en conférence de presse, Michel Hazanavicius a revendiqué son inspiration et même avoir « volé » certains cinéastes). Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant. Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures.

     

    Il ne se rapproche d’aucun autre film primé jusqu’à présent à Cannes…et en sélectionnant cet hymne au cinéma en compétition puis en le primant, le Festival de Cannes a prouvé qu’il était avant tout le festival qui aime le cinéma, tous les cinémas, loin de la caricature d’une compétition de films d’auteurs représentant toujours le même petit cercle d’habitués dans laquelle on tend parfois à l’enfermer.

     

    « The Artist » fait partie de ces films qui ont fait de cette édition cannoise 2011 une des meilleures de celles auxquelles j’ai assisté, pour ne pas dire la meilleure…avec des films aussi différents et marquants que « This must be the place » de Paolo Sorrentino, « Melancholia » de Lars von Trier, « La piel que habito » de Pedro Almodovar.

     

    Un film à ne manquer sous aucun prétexte si, comme moi, vous aimez passionnément et même à la folie, le cinéma. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Oui, foudroyante comme la découverte de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

     

    En bonus :

     

    - Ma critique de « La Comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz

     

    -Ma critique de « OSS 117 : Rio ne répond plus » de Michel Hazanavicius

     

    -Ma critique d’ « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia

     

    -Ma critique des « Feux de la rampe » de Charlie Chaplin

     

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  • Concours - Gagnez votre exemplaire de Studio Ciné Live n°36 avec, en couverture, "The dark knight rises"

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    Comme chaque mois, j’ai le plaisir de vous faire gagner un exemplaire de Studio Ciné Live avec, en couverture du magazine, ce mois-ci, « The dark knight rises ». Le 25 juillet, ce sera ainsi la fin de « Batman », du moins du reboot initié par Christopher Nolan avec Christian Bale avec, face à lui, le terrifiant Bane à qui Tom Hardy prête ses traits. C’est aussi le retour de Christopher Nolan après le triomphe d’ « Inception ». Dans ce numéro, vous trouverez donc un dossier complet consacré à « The dark night rises ». Egalement à l’honneur ce mois-ci : « Sur la route du Marsupilami », « Cloclo » (dont vous pouvez retrouver ma critique ici), une rencontre avec Diane Krüger et Léa Seydoux pour la sortie des « Adieux à la reine »,  un flash-back sur le fantastique film de Woody Allen « Zelig » et tous ceux qui font l’actualité : Ewan McGregor, Olga Kurylenko,  Charlize Theron, Emmanuelle Devos, Lucas Belvaux, Mélanie Doutey, Jean Renoir…

    Soyez le premier ou la première à me donner le nom du film ci-dessous pour remporter cet exemplaire, en envoyant un email à inthemoodforcinema@gmail.com , avec pour intitulé "Concours Studio 36" et en n'oubliant pas de joindre vos coordonnées. Seul le gagnant sera contacté.

     

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  • Salon du Livre de Paris 2012 : du livre au film

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    Comme l'an passé, j'aurai le plaisir de couvrir le Salon du livre 2012, et d'être présente dès l'inauguration le 15 mars prochain. J'en profite pour vous conseiller de découvrir la riche programmation sur le site officiel: http://www.salondulivreparis.com . Vous pourrez  découvrir les conférences autour de l'adaptation dans le cadre du programme "du livre au film" avec, notamment, la présentation du film "Les Adieux à la reine", de 14H30 à 15H30, le 18 mars ou le 16 mars de 15H30 à 16H30, une rencontre autour du manuscrit "Le Quai des Brumes". Au programme également: la littérature japonaise à l'honneur, Moscou ville invitée, le livre dans la Cité, la culture Manga.

    Lien permanent Imprimer Catégories : IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) Pin it! 0 commentaire
  • "Moonrise Kingdom" de Wes Anderson en ouverture du Festival de Cannes 2012

    Moonrise Kingdom : affiche

    Moonrise Kingdom : photo Wes Anderson

     

    Moonrise Kingdom : photo Wes Anderson

     

    Moonrise Kingdom : photo Bill Murray, Bruce Willis, Edward Norton, Tilda Swinton, Wes Anderson

    Alors que la programmation du 65ème Festival de Cannes sera annoncée le 19 avril, le programme commence déjà à s'esquisser. Nous savions déjà que Nanni Moretti serait le président du jury et que l'affiche de cette édition mettrait Marilyn Monroe à l'honneur. Voici le communiqué de presse concernant le film d'ouverture dont vous pourrez bien entendu retrouver la critique ici dès le 17 mai. En attendant, retrouvez mon compte-rendu de l'ouverture du 64ème Festival de Cannes avec la projection de "Minuit à Paris" de Woody Allen.

    C’est le nouveau film de l’américain Wes Anderson, MOONRISE KINGDOM, qui fera l’ouverture du 65e Festival de Cannes le mercredi 16 mai prochain dans le Grand théâtre Lumière du Palais des Festivals, en présence du Jury présidé par le cinéaste italien Nanni Moretti.
    Produit par Wes Anderson, Scott Rudin, Steven Rales et Jeremy Dawson pour Focus Features et Indian Paintbrush, MOONRISE KINGDOM compte dans sa distribution Edward Norton, Bruce Willis, Bill Murray, Frances McDormand, Tilda Swinton et Jason Schwartzman ainsi que les enfants Kara Hayward et Jared Gilman.
    Il est réalisé par Wes Anderson, qui a également co-écrit le scénario avec Roman Coppola. La musique est signée Alexandre Desplat.
    MOONRISE KINGDOM a été tourné dans une île de la Nouvelle-Angleterre. Il évoque une histoire tourmentée et étonnante, d’enfants et d’adultes, pendant des jours de tempête de l’été 1965.
    Né en 1969, Wes Anderson est le réalisateur de Bottle Rocket (1996), Rushmore (1998), La Famille Tennebaum (The Royal Tenenbaums, 2001), La Vie aquatique (The Life Aquatic with Steve Zissou, 2004), A bord du Darjeeling Limited (The Darjeeling Limited, 2007), Fantastic Mr.Fox (2009).
    Thierry Frémaux, Délégué général du Festival : « Wes Anderson fait partie des forces montantes du cinéma américain qu’il revisite de façon toute personnelle. En particulier dans MOONRISE KINGDOM, qui témoigne à nouveau de la liberté de création dans laquelle il continue à évoluer. Sensible et indépendant, cet admirateur de Fellini et Renoir est aussi un cinéaste brillant et inventif. »
    « Avec Wes Anderson en ouverture du 65e Festival de Cannes, c’est le jeune cinéma américain qui sera célébré sur la Croisette » se félicite Gilles Jacob, Président du Festival.
    Distribué en France par Studio Canal, le film sortira en salles le jour même de sa présentation cannoise, le 16 mai. Pour la deuxième année consécutive, avec l’accord de son partenaire Canal+ et le soutien de la Fédération Nationale des Cinémas Français, le Festival de Cannes mettra à disposition de toutes les salles qui le demanderont la cérémonie d’Ouverture, afin que les spectateurs puissent vivre en direct le programme complet de la soirée de lancement du Festival. Aux USA, le film sortira le 25 mai.
    La Sélection officielle (Compétition, Un Certain regard, Hors compétition) sera annoncée le jeudi 19 avril prochain. Le 65e Festival de Cannes aura lieu du mercredi 16 au dimanche 27 mai 2012.

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  • Critique de « Cloclo » de Florent-Emilio Siri avec Jérémie Rénier…

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    Le biopic (film autobiographique qui, par définition, retrace l’existence de personnalités ayant existé) est devenu un genre à la mode sans doute parce que particulièrement en accord avec notre époque dans laquelle règne la quête de notoriété, laquelle apparaît, tristement, comme la réussite ultime. Aussi parce qu’il s’agit le plus souvent de destins tragiques qui permettent au spectateur de se rassurer, de mêler à l’envie et l’admiration, une sorte de pitié consolante, et de se rassurer sur la vanité universelle de l’existence, y compris pour ses idoles. Enfin parce qu’il ne faut pas nier qu’il s’agit, aussi, d’un genre très commercial puisque cela garantit déjà un nombre minimum de spectateurs, ceux qui appréciaient la personnalité disparue, a fortiori quand il s’agit de Claude François autour duquel a été développé pendant son existence, et après sa mort, un commerce basé sur sa personne et son nom (qu’il a d’ailleurs initié). La question était donc de savoir s’il s’agissait d’un projet opportuniste et commercial ou d’un un film avec un vrai regard, un univers, et de vrais partis pris artistiques. Après « La Môme », « Sagan », et tant d’autres,  et alors que viennent de sortir « J.Edgar », « La dame de fer » et en attendant « My week with Marilyn », c’est donc au tour de Claude François de voir son destin passionnant et tragique devenir un film (avant, à n'en pas douter, Mickael Jackson, avec un succès planétaire garanti). Ali. Ray. Marie-Antoinette. Cloclo. Autant de prénoms comme titres de films qui suffisent à résumer la notoriété de ceux qu’ils désignent et leur potentiel empathique et commercial.

    « Cloclo » retrace donc le destin tragique de Claude François, icône de la chanson française décédée à l’âge de 39 ans qui, plus de trente ans après sa disparition, continue de fasciner (et faire vendre).

    Tout commence (et tout s’explique) par son enfance et son adolescence en Egypte auprès d’une mère aimante et d’un père irascible et exigeant  dont le travail consiste à contrôler le trafic de la Compagnie du Canal de Suez et qui en, en  1956, lors de la nationalisation du canal de Suez, doit rentrer en France avec sa famille, une humiliation dont il ne se remettra jamais. Une fois la famille, alors désargentée, arrivée en France, Claude fait ensuite ses débuts de musicien au Sporting club de Monaco, ce que désapprouve son père qui souhaite le voir devenir comptable, refusant  alors de lui parler et, jusque sur son lit de mort, il s’y obstinera. Un artiste se construit sur des failles et c’est par celle-ci, ce silence et cette incompréhension douloureux, que ce biopic explique en grande partie la complexité, l’insatisfaction permanente, le perfectionnisme de Claude François mais aussi sa rage de réussir.

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    Décédé en 1978, Claude François pourrait vivre en 2012 tant il semble être le parfait symbole et produit de notre époque : avide de notoriété, cultivant son image à outrance, commercialisant cette image aussi avec un sens aiguisé du marketing. C’est aussi mon premier reproche : donner l’illusion que sa réussite est apparue en un claquement de doigts comme on nous donne trop souvent aujourd’hui l’illusion que talent et notoriété sont des synonymes. Or, la réussite de Claude François était le fruit d’une obstination acharnée mais aussi d’un travail redoutable. Malgré ses 2H28, le film comprend ainsi de nombreuses ellipses, ellipses pas toujours judicieuses, comme celles précédant son premier passage à l’Olympia qui paraît presque miraculeux.

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    A l’image de celui de son existence et de ses chansons, le rythme du film est trépidant et même vertigineux, pour nous en mettre plein la vue comme Claude François le faisait avec ses costumes et ses mises en scène : judicieux parallèle entre le fond et la forme. La mise en scène nous emporte ainsi dans son rythme effréné, comme ces chansons sur lesquelles nous avons tous dansé un jour ou l’autre, avec quelques scènes virtuoses comme celle de l’Albert Hall ou le plan séquence magistral et poignant où Claude François écoute l’interprétation de « My way » par Sinatra (adaptation de son "Comme d'habitude") et imagine la fierté de son père s’il l’avait entendue, mêlant ainsi habilement le sentiment de solitude et de gloire, de réussite et d’échec, de lumière et d’ombre, douloureuses contradictions qui constituent cet artiste, finalement tout artiste. Ses chansons illustrent ainsi constamment son existence que semble si bien résumer l’une d’elles « le mal aimé ». C’est ce qu’a si bien illustré Michel Hazanavicius dans « The Artist », finalement le biopic de tout artiste en qui se mêlent et se confrontent orgueil et solitude, gloire et tragédie.

    Si le film n’omet pas de montrer les défauts de l’artiste, son côté autoritaire, maniaque, maladivement jaloux, ou même la mise en scène de son existence, que ce soit d’un malaise à Marseille à la dissimulation de l’existence de son second fils, le personnage, avec ses failles auxquelles chacun peut s’identifier, reste finalement sympathique ou en tout cas ne cesse jamais d’emporter l’ empathie du spectateur (la mienne, en tout cas). Dommage peut-être qu’à force de ne pas vouloir écorner l’image (ses défauts ne le rendent finalement à aucun moment vraiment antipathique, car constamment contrebalancés par ses failles sur lesquelles on revient constamment, parfois d’ailleurs un peu trop, y compris à la fin du film), le scénario ne s’éloigne jamais de la réalité contrairement à Joann Sfar qui avait eu l'excellente idée de donner à son film « Gainsbourg, vie héroïque », l'appellation de «conte », désamorçant d'avance toutes les polémiques et s'autorisant ainsi une composition libre. Une liberté dont était épris celui dont il retraçait une partie du parcours artistique et des amours souvent célèbres et tumultueux, un film en apparence désordonné et confus comme émergeant des volutes de fumée et des vapeurs d'alcool indissociables de Gainsbourg. Joann Sfar a ainsi brûlé les étapes de son film comme Gainsbourg le faisait avec sa vie, ce qui aurait pu apparaître comme une faille scénaristique devenait alors une trouvaille.

    C’est un peu ce qui fait défaut à ce «Cloclo » très maîtrisé mais à qui il manque ce supplément d’audace, de finesse peut-être aussi parfois. Là encore, nous pouvons néanmoins y voir un parallèle entre la forme et le fond qui se rejoignent, Florent-Emilio Siri ayant réalisé un film « à l’Américaine » comme l’étaient les spectacles de l’artiste, filmé  comme un combat ou un film d'action.

    Quant à Jérémie Rénier, il a eu l’intelligence d’incarner Claude François, dans toute son énergie et sa complexité, sans tomber dans un mimétisme grossier. Son rôle poignant et inoubliable dans « L’Enfant » des Dardenne nous avait déjà prouvé à quel point il était un acteur rare.

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    Plus que ce qu’il dit de Claude François et nous apprend sur l'artiste, ce « Cloclo » est intéressant pour  ce qu’il dit de notre époque éprise d’images, de notoriété, de vitesse grisante et qui, sans doute, se reconnaîtra dans le destin de ce « mal-aimé » finalement très moderne. Un succès assuré d’autant que la fin nous laisse sur l’image bouleversante de cette fin tragique et avec, en tête, ces musiques qui n’ont pas fini de nous accompagner. Un succès dont je ne peux m’empêcher de me réjouir malgré les réserves émises plus haut, malgré l’idée que cela prolonge ce marketing que l’acteur avait initié (et que d’autres continuent d’exploiter), ne serait-ce que parce que ce film sera encensé par ces détenteurs du politiquement correct qui, sans aucun doute,  auraient piétiné de leur condescendance et mépris Claude François et sa popularité s’il avait vécu aujourd’hui. Et puis, comme un clin d’œil ironique du destin, ce film lui fera peut-être connaître un succès Outre-Atlantique alors qu’il est décédé au paroxysme de sa gloire alors qu’il s’apprêtait à partir faire carrière aux Etats-Unis...et à revenir en Egypte, là où tout avait commencé, là où réside les racines de sa personnalité comme le film le souligne et surligne. Eternelle renaissance. L’artiste est mort. Vive l’artiste.

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