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Arrêt sur image estival… : quelques conseils cinématographiques pour cet été (dvd, sorties salles, tv)

 

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L'image ci-dessus est extraite de "Melancholia" de Lars von Trier

Vous l’aurez sans doute remarqué : le rythme de ce blog s’est quelque peu ralenti ces derniers jours et a cessé d’être quotidien. J’ai ainsi décidé, à partir de demain, de faire une pause bloguesque estivale. Un petit arrêt sur image…en attendant de reprendre de plus belle l’actualité quotidienne de ce blog pour continuer à vous faire partager, avec passion et enthousiasme, mes découvertes cinématographiques.

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De Deauville à Cannes, en passant par Paris et Cabourg, cette année a déjà été riche de pérégrinations et de vertiges cinématographiques, de retrouvailles palpitantes et énigmatiques, de hasards troublants, de rencontres cinéphiliques, de moments qui  m’ont même fait, un instant, penser que je pouvais faire mentir Truffaut et que la vie pouvait être mieux que le cinéma. (« Les films sont plus harmonieux que la vie... Il n'y a pas de temps morts. » La Nuit Américaine) et lui donner raison quand il dit que « la vie a plus d’imagination que nous ».

N’empêche que, quand même, il l’enchante et l’éclaire magnifiquement même si les films que je vais vous recommander sont parfois sombres…et non moins éblouissants.

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D’abord, si vous ne devez voir que deux films cet été : allez voir le romantique « J’aime regarder les filles » de Frédéric Louf (retrouvez, ici, mon dossier avec ma critique du film, l’interview du réalisateur Frédéric Louf, de l’acteur principal Pierre Niney et bientôt de l’actrice Audrey Bastien ) que j’ai découvert au Festival de Cabourg. Un film qui sort en salles ce 20 juillet. Un film au romantisme assumé, imprégné de littérature, avec un arrière-plan politique, avec un air truffaldien, voilà qui avait tout pour me plaire, sans oublier ce petit plus indicible, le charme peut-être, la sincérité sans doute, et le talent évidemment, ingrédients d’un coup de foudre cinématographique comme celui-ci. 

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 Si vous ne deviez voir que deux films cet été, l’autre film que vous ne devez manquer sous aucun prétexte, c’est l’hypnotique « Mélancholia » de Lars von Trier qui sort en salles le 17 août et que j’ai découvert à Cannes dans une ambiance pesante (suite aux pathétiques déclarations de son réalisateur en conférence de presse) mais qui ne m’a pas empêchée d’être totalement subjuguée par ce film qui est pour moi pour l’instant le meilleur de l’année. Suite à la projection cannoise, je vous en livrais alors les quelques impressions suivantes:

Mais comment aurais-je pu ne pas être envoûtée par ce film de Lars Von Trier, aux accents viscontiens (« Le Guépard » et « Ludwig » ne racontant finalement pas autre chose que la déliquescence d’un monde et d’une certaine manière la fin du monde) étant inconditionnelle du cinéaste italien en question ?

Dès la séquence d’ouverture (une succession de séquences et photos sur la musique de Wagner mêlant les images de Justine –Kirsten Dunst et les images de la collision cosmique), j’ai été éblouie, subjuguée. Après cette séquence éblouissante, Lars von Trier nous emmène dans un château en Suède, cadre à la fois familier et intemporel, contemporain et anachronique, lieu du mariage de Justine, hermétique au bonheur. La première partie lui est consacrée tandis que la seconde est consacrée à sa sœur Claire (Charlotte Gainsbourg). La première est aussi mal à l’aise avec l’existence que la seconde semble la maitriser jusqu’à ce que la menaçante planète « Melancholia » n’inverse les rôles, cette planète miroir allégorique des tourments de Justine provoquant chez tous cette peur qui l’étreint constamment, et la rassurant quand elle effraie les autres pour qui, jusque là, sa propre mélancolie était incompréhensible.

Melancholia, c’est aussi le titre d’un poème de Théophile Gautier et d’un autre de Victor Hugo (extrait des « Contemplations ») et le titre que Sartre voulait initialement donner à « La nausée », en référence à une gravure de Dürer dont c’est également le titre. Le film de Lars von Trier est la transposition visuelle de tout cela, ce romantisme désenchanté et cruel. C’est aussi  un poème vertigineux, une peinture éblouissante, un opéra tragiquement romantique, bref une œuvre d’art à part entière. Un tableau cruel d’un monde qui se meurt ( dont la première partie fait penser à « Festen » de Vinterberg) dans lequel rien n’échappe au regard acéré du cinéaste : ni la lâcheté, ni la misanthropie, et encore moins la tristesse incurable, la solitude glaçante face à cette « Mélancholia », planète vorace et assassine, comme l’est la mélancolie dévorante de Justine.

 Lars von Trier parvient de surcroît à instaurer un véritable suspense qui s’achève par une scène redoutablement tragique d’une beauté saisissante aussi sombre que poignante et captivante qui, à elle seule, aurait justifié une palme d’or. Un film inclassable, qui mêle les genres, à contre-courant, à la fois pessimiste et éblouissant, l’histoire d’une héroïne  incapable d’être heureuse dans une époque qui galvaude cet état précieux et rare avec cette expression exaspérante « que du bonheur ».

Le jury en a d’ailleurs semble-t-il débattu. Ainsi, selon Olivier Assayas, lors de la conférence de presse du jury : « En ce qui me concerne, c’est un de ses meilleurs films. Je pense que c’est un grand film. Je pense que nous sommes tous d’’accord pour condamner ce qui a été dit dans la conférence de presse. C’est une œuvre d’art accomplie. » Kirsten Dunst incarne la mélancolie à la perfection dans un rôle écrit au départ pour Penelope Cruz. Lui attribuer le prix d’interprétation féminine était sans doute une manière judicieuse pour le jury de récompenser le film sans l’associer directement au cinéaste et à ses propos, lequel cinéaste permettait pour la troisième fois à une de ses comédiennes d’obtenir le prix d’interprétation cannois.

Je retournerai le voir à sa sortie pour vous en livrer une critique digne de ce nom.

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Le même jour (17 août) sort un autre grand film « La piel que habito"  de Pedro Almodovar, redoutable, palpitant, éblouissant… avec un scénario et une atmosphère inimitable dont ce dernier a le secret. Je vous le recommande et je retournerai également le voir pour vous en livrer une critique détaillée.

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Toujours à l’affiche, vous pourrez également aller voir « I’m still here – the lost year  of Joaquin Phoenix », le faux documentaire de Casey Affleck.  Un film aussi malin que le « Pater » d’Alain Cavalier (même si je préfère et de loin celui de Casey Affleck), l’un et l’autre mettant en scène la réalité, un simulacre de réalité dont le réalisateur est le manipulateur et le spectateur la marionnette, victime d’images dont il est d’habitude le coupable, vorace et impitoyable, filmeur. Une brillante inversion des rôles. Une démonstration implacable. A voir. Retrouvez ma critique détaillée de « I’m still here » en cliquant ici.

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Vous pourrez également aller voir le dernier volet des aventures de « Harry Potter »…mais vu le record d’entrées atteint, et à moins que vous ne viviez sur « Melancholia », je doute que ce ne soit déjà fait…

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Le 3 août ressort en salles un de mes films préférés, et un chef d’œuvre incontestable « Ludwig - Le crépuscule des dieux », l’opéra funèbre d’une vertigineuse beauté de Luchino Visconti dont vous pouvez retrouver ma critique ici. A ne manquer sous aucun prétexte s’il ressort dans votre cinéma.

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Si vous n’avez pas envie de sortir, vous pourrez toujours voir en DVD deux des meilleurs films de l’année. Lre premier, c'est  « Black swan » de Darren Aronofsky (cliquer ici pour retrouver ma critique ) . Un film aux multiples reflets et d’une beauté folle, au propre comme au figuré, grâce à la virtuosité de la mise en scène et de l’interprétation et d’un jeu de miroirs et mise(s) en abyme. Une expérience sensorielle, une danse funèbre et lyrique, un conte obscur redoutablement grisant et fascinant, sensuel et oppressant dont la beauté hypnotique nous fait perdre (à nous aussi) un instant le contact avec la réalité pour atteindre la grâce et le vertige.

 En DVD toujours vous pourrez également voir « True Grit » d'Ethan et Joel Coen ( retrouvez ma critique en cliquant ici)  . Avec « True Grit », les Coen rendent hommage au western en le renouvelant et transformant en  un conte désenchanté aux paysages enchanteurs, une sorte d’Alice au pays des merveilles dans un Ouest Américain aussi hostile que magnifiquement filmé, les mésaventures d’un trio improbable entre courage et désillusions.

Enfin, plutôt que d’aller voir « Un amour de jeunesse » de Mia Hansen-Love préférez-lui le magnifique « Le père de mes enfants », le précédent film de la réalisatrice disponible en DVD dont vous pouvez retrouver ma critique ici.  Un film qui a l'ambivalence et les nuances de la vie : à la fois lumineux et mélancolique, tragique et plein d'espoir, mystérieux et séduisant. Un film qui m'a bouleversée . La musique de la fin qui vous rappellera un classique du cinéma m'ayant complètement achevée.

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Quelques films à ne pas manquer prochainement également à la télévision et surtout « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » d’Andrew Dominik, le 28 juillet à 20H35 sur France 3. Un western d’une intensité hitchcockienne. Voilà, c’est un western hitchcockien, un western d’auteur.  Ce film est l’histoire d’une légende interprétée par une autre. Un film d’une grande modernité qui renouvelle le genre. Un western qui s’appréhende comme un thriller psychologique. Une œuvre sombrement poétique et mélancolique, lyrique. Un voyage dans des âmes tourmentées et complexes. Un grand film d’une rare richesse psychologique et d’une grande beauté formelle. Qui nous parle d’un monde qui a fait d’un criminel un héros. Qui nous parle aussi du nôtre. Qui fabrique des légendes.  Des lions en cage, celle de leur âme, celle que leur fabriquent ceux qui les traquent, impitoyablement, inlassablement.  Un film qui vous berce, ensorcelle et hypnotise de sa lueur incomparable bien après le générique de fin. Ce film a été présenté à Deauville en 2007. Retrouvez ma critique et le récit de la conférence de presse en cliquant ici.

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Le 20 juillet, à 20H40, sur TCM, ne manquez pas le chef d'oeuvre romantique de Michael Curtiz "Casablanca" dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici.  Quelques raisons de (re)découvrir ce film le charme troublant de ce couple de cinéma mythique et le charisme ensorcelant de ceux qui les incarnent, la richesse des personnages secondaires,  la cosmopolite Casablanca, la musique de Max Steiner, la voix de Sam douce et envoûtante chantant le nostalgique « As time goes by », la menace de la guerre lointaine et si présente, la force et la subtilité du scénario (signé Julius et Philip Epstein d'après la pièce de Murray Burnett et Joan Alison « Everybody comes to Rick's »), le dilemme moral, la fin sublime, l'exaltation nostalgique et mélancolique de la force du souvenir et de l'universalité de l'idéalisme (amoureux, résistant) et du combat pour la liberté qui font de ce film un chef d'œuvre...et un miracle quand on sait à quel point ses conditions de tournage furent désastreuses.

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Vous pourrez en revanche très bien vous passer de « Super 8 » de JJ Abrams dont je me demande encore comment celui qui m’a tant fait rêver, Steven Spielberg, a pu le produire, ce film n’étant qu’une caricature insipide, mièvre et ennuyeuse de son univers poétique et onirique.

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Je reviens très vite pour, comme chaque année, vous emmener dans ce festival que je fréquente depuis l’enfance et qui est sans doute le merveilleux « coupable » de ma passion pour le cinéma. Evidemment il s’agit du Festival du Cinéma Américain de Deauville au sujet duquel vous pouvez d'ores et déjà retrouver de nombreuses informations sur mon blog « In the mood for Deauville » mais aussi en vous abonnant à ma nouvelle page Facebook consacrée à ce festival (http://facebook.com/inthemoodfordeauville ) et à mon compte twitter dédié à Deauville (http://twitter.com/moodfdeauville ) sur lesquels vous trouverez les premières informations sur le concours que j’organiserai en août pour gagner des pass pour ce festival qui cette année s’annonce exceptionnelle avec pour invité d’honneur Francis Ford Coppola et une programmation qui renoue avec les belles années du festival.

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En attendant le retour de l’actualité sur ce blog, n’oubliez pas de plonger « in the mood for cinema » sans modération....  Et de rêver follement. De mon côté, je vais m’évader, en pensées, en lectures, en écriture, en rêves un peu fous... et je vous retrouve très bientôt…pour de nouvelles pérégrinations « in the mood for cinema ».

Même pendant cet intermède estival vous pouvez toujours me contacter à inthemoodforcinema@gmail.com .

Commentaires

  • Bonnes vacances !

  • @Fred: Merci!:-) A toi aussi si tu peux (te) déconnecter aussi un peu!

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