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géraldine nakache

  • Critique - "Nous York" de Géraldine Nakache et Hervé Mimran

    A moins d'avoir émigré sur une autre planète, vous savez certainement que demain sort en salles "Nous York" de Géraldine Nakache et Hervé Mimran, la suite qui n'en est officiellement pas une de "Tout ce qui brille". Autant je vous avais dit tout le bien que je pensais de "Tout ce qui brille", hier, ici, film joyeux, rafraîchissant, pétillant, lumineux, d’une tendre drôlerie et justesse, intelligemment écrit et interprété,  autant je suis beaucoup plus réservée sur "Nous York" découvert dans le cadre du Grand Prix Elle du Cinéma dont je faisais partie du jury (c'est finalement "La Chasse" de Thomas Vinterberg qui a gagné, un meilleur choix même si je lui aurais préfèré "Les Bêtes du Sud sauvage").

     Si « Nous York » n’est pas une suite, il surfe indéniablement sur le succès du premier reprenant des personnages similaires, voire identiques.

    C’est l’histoire de trois trentenaires de Nanterre qui débarquent à New York par surprise à l'occasion de l’anniversaire de leur amie d'enfance. C'est une autre amie d’enfance qui a tout organisé. Les deux amies ont quitté leur cité depuis deux ans pour tenter leurs chances aux États-Unis. La première est l'assistante personnelle d'une célèbre comédienne avec qui elle partage un sublime appartement. La seconde travaille dans une maison de retraite.

    Pour le reste… j’ai eu l’impression d’un immense gâchis, que le talent d’écriture (certain) des deux auteurs s’est perdu dans une admiration béate pour New York, totalement hypnotisés et paralysés par cette beauté d’acier tant de fois filmée, aussi par l’envie de filmer la ville en long, en large et en travers et de filmer leur bande d’amis en oubliant totalement le scénario et réduisant le film à une suite de saynètes sans réelle consistance entre situations convenues, prévisibles et parfois plans interminables et inutiles malgré une tentative d'alterner entre rires et larmes (souvent de manière peu crédible concernant le second, entre la mort d'un personnage et la maladie de la mère d'une autre pour nous faire comprendre de manière appuyée que "la vraie vie est ailleurs", là où ils ont grandi et que, une fois de plus, "tout ce qui brille n'est pas de l'or".)

    Les personnages censés être trentenaires sont particulièrement enfantins, peut-être le reflet d’une génération qui essaie de prolonger l’enfance en laquelle certains se reconnaîtront sans doute mais en tout cas, cela n’a pas été mon cas et j'avoue être un peu lasse de ces personnages récurrents de trentenaires dans les comédies qui les font souvent passer pour des ados attardés et velléitaires.

    Je suis néanmoins moins sévère que les autres jurées envers cette comédie inégale (si l’ennui n’est pas un critère pour moi au cinéma, cela l’est en revanche pour une comédie, et je me suis malheureusement ennuyée ici) aux personnages néanmoins sympathiques interprètés visiblement avec bonheur et qui déambulent et nous font déambuler dans un New York  joliment mis en lumière, beaucoup des jurées ayant attribué la note de 0 au film et ayant considéré qu’il n’y avait que le «générique à sauver».

    Dommage que d'autres films ne bénéficient pas d'autant de mise en avant (le magazine Elle, devant l'étonnement des jurées sur la sélection de ce film, nous a clairement fait comprendre qu'il y avait quelques sélections "obligées", comprendre un échange de bons procédés) que ce film qui se déroule aux Etats-Unis (ô mais quel choix innocent) et sort le jour des élections américaines. Si vous voulez une vraie bonne comédie qui sache alterner entre rires et larmes, je vous recommande "Comme des frères" d'Hugo Gélin, pour moi la comédie de l'année (au casting duquel figure d'ailleurs  Hervé Mimran, coréalisateur de "Nous York", en tant que scénariste).

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    Lien permanent Imprimer Catégories : CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2011/2012 Pin it! 0 commentaire
  • Critique - "Tout ce qui brille" de Géraldine Nakache et Hervé Mimran (ce soir, à 20H50, sur M6 )

    Alors que mercredi prochain sortira "Nous York", la deuxième réalisation du tandem Nakache/Mimran avec une partie du casting en commun avec "Tout ce qui brille", M6 diffuse ce dernier, ce soir, une excellente comédie que je vous recommande et dont vous pouvez retrouver ma critique, publiée lors de la sortie du film, ci-dessous.

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    Avec le printemps refleurissent les comédies qui surfent sur la vague d'une saisonnière soif de légèreté et de fraîcheur dont on aspire à ressortir le cœur (et plus rarement le cerveau) alertes. Ayant délibérément choisi de délaisser pour quelques jours les projections presse où, il faut bien le dire, l'assistance est assez souvent blasée, je retrouve donc avec plaisir les joies de la file d'attente et surtout d'une salle qui, quand elle rit, ne le fait pas au détriment du réalisateur (un jour, il faudra que je vous fasse une note sur le sarcasme journalistique).

    J'ai souvent tendance à me méfier des films avec deux réalisateurs (si un film est certes un travail collectif, la vision sur la mise en scène doit tout de même être personnelle) mais je me méfie aussi des préjugés, avec raison d'ailleurs en ce qui concerne « Tout ce qui brille ».

    Synopsis : Ely (Géraldine Nakache) et Lila (Leïla Bekhti) sont comme deux sœurs. Elles se connaissent depuis l'enfance, vivent dans la même banlieue à dix minutes de Paris, partagent tout et rêvent ensemble d'une autre vie, à dix minutes de là, là où tout brille. Entre Puteaux et Neuilly, il n'y a finalement qu'un pas... Elles vont tout faire pour entrer dans ce monde qui n'est pas le leur et qui les fascinent. Avec un peu de culot elle vont y arriver... mais leur amitié y résistera-t-elle car c'est bien connu "tout ce qui brille n'est pas de l'or"... ?

    Dès les premières minutes, le charme de la complicité du duo opère et nous conquiert. M'a conquise en tout cas. Les dialogues sont rythmés et énergiques sans jamais être vulgaires. Et ce qui saute d'abord aux yeux, c'est le regard, communicatif, tendre et empathique, porté sur les personnages mais aussi sur la banlieue, sans condescendance, misérabilisme ou démagogie. Ce n'est d'ailleurs finalement pas le sujet.

    Ainsi, si Lila, « leadeur » mais finalement aussi la plus fragile du duo, se laisse éblouir, c'est avant tout parce qu'elle a besoin de se griser, d'oublier le rejet de son père, préférant se mentir à elle-même, croire en un amour voué à l'échec pour édulcorer la rudesse de la réalité, pour croire que « tout brille » pour éluder les zones d'ombre de son existence. Pendant ce temps, sa mère attend inlassablement ce dernier, chantant chaque week end là où ils se sont connus des années auparavant.

    Si les nuits parisiennes ne sont finalement pas (non plus) le sujet principal, entre, notamment, une danseuse en moon boots et une soirée dans un supermarché reconstituée, « Tout ce qui brille » croque avec ironie le côté ridicule de certaines soirées prétendues branchées.

    Géraldine Nakache et Hervé Mimran ont réussi une chose rare : une comédie tendre ET drôle ET sans mafieux russe (trouvez-moi une comédie dernièrement qui n'a pas eu son mafieux russe) ET qui ne cherche pas à faire à la manière de... Et c'est sans doute pour cela que ça fonctionne aussi bien, que ces deux filles attachantes nous embarquent dans leurs péripéties dans ce monde de paillettes même si nous nous doutons bien qu'elles découvriront bientôt que tout ce qui brille n'est pas de l'or, et qu'à vouloir « s'élever » socialement, elles risquent de passer à côté de l'essentiel...

    Alors certes, ce film n'est pas dénué de défauts (ainsi dommage que les personnages masculins soient un peu moins travaillés et les intrigues sentimentales plus bâclées) mais les deux réalisateurs n'ont visiblement pas voulu signé une comédie romantique mais une histoire d'amitié d'ailleurs pas si naïve nous parlant notamment d'émancipation, de relations entre parents et enfants et de désirs d'ailleurs.

    Un film joyeux, rafraîchissant, pétillant, lumineux, d'une tendre drôlerie et justesse qui, s'il vous confirmera qu'il ne faut pas vous laisser éblouir par tout ce qui brille, fera au moins briller vos yeux grâce à l'intelligence de son écriture mais aussi de ses trois interprètes ( Géraldine Nakache, Leïla Bekhti -qui a reçu le César du meilleur espoir féminin- photo ci-dessous- et Audrey Lamy, également impayable en prof de sport ). Un film dont vous aurez envie de sortir en faisant le paon et en dansant sur Véronique Sanson (si, si, vous verrez !).

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    Photo copyright Inthemoodforcinema.com , Cérémonie des César 2011

    En 2012, la comédie de l'année, c'est "Comme des frères" de Hugo Gélin dont vous pouvez d'ores et déjà retrouver ma critique en cliquant ici.

    Découvrez les autres blogs "in the mood": http://inthemoodlemag.com , http://www.inthemoodforcannes.com , http://inthemoodforfilmfestivals.com , http://www.inthemoodfordeauville.com , http://www.inthemoodforluxe.com .

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  • Critique- « Tout ce qui brille » de Géraldine Nakache et Hervé Mimran

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    Avec le printemps refleurissent les comédies qui surfent sur la vague d'une saisonnière soif de légèreté et de fraîcheur dont on aspire à ressortir le cœur (et plus rarement le cerveau) alertes. Ayant délibérément choisi de délaisser pour quelques jours les projections presse où, il faut bien le dire, l'assistance est assez souvent blasée, je retrouve donc avec plaisir les joies de la file d'attente et surtout d'une salle qui, quand elle rit, ne le fait pas au détriment du réalisateur (un jour, il faudra que je vous fasse une note sur le sarcasme journalistique). Antoine Duléry (qui a visiblement chipé l'imperméable de Colombo) a choisi la même séance où il aura pu admirer la bande-annonce pleine de délicatesse et de nuance de Camping 2 (je m'exerce au sarcasme journalistique, quoique ... là guère besoin de me forcer). Ces petites extrapolations dîtes, venons-en au film. J'ai souvent tendance à me méfier des films avec deux réalisateurs (si un film est certes un travail collectif, la vision sur la mise en scène doit tout de même être personnelle) mais je me méfie aussi des préjugés, avec raison d'ailleurs en ce qui concerne « Tout ce qui brille ».

    Synopsis : Ely (Géraldine Nakache) et Lila (Leïla Bekhti) sont comme deux sœurs. Elles se connaissent depuis l'enfance, vivent dans la même banlieue à dix minutes de Paris, partagent tout et rêvent ensemble d'une autre vie, à dix minutes de là, là où tout brille. Entre Puteaux et Neuilly, il n'y a finalement qu'un pas... Elles vont tout faire pour entrer dans ce monde qui n'est pas le leur et qui les fascinent. Avec un peu de culot elle vont y arriver... mais leur amitié y résistera-t-elle ?

    Dès les premières minutes, le charme de la complicité du duo opère et nous conquiert. M'a conquise en tout cas. Les dialogues sont rythmés et énergiques sans jamais être vulgaires. Et ce qui saute d'abord aux yeux, c'est le regard, communicatif, tendre et empathique, porté sur les personnages mais aussi sur la banlieue, sans condescendance, misérabilisme ou démagogie. Ce n'est d'ailleurs finalement pas le sujet.

     Ainsi, si Lila, « leadeur » mais finalement aussi la plus fragile du duo, se laisse éblouir, c'est avant tout parce qu'elle a besoin de se griser, d'oublier le rejet de son père, préférant se mentir à elle-même, croire en un amour voué à l'échec pour édulcorer la rudesse de la réalité, pour croire que « tout brille » pour éluder les zones d'ombre de son existence. Pendant ce temps, sa mère attend inlassablement ce dernier, chantant  chaque week end là où ils se sont connus des années auparavant.

     Si les nuits parisiennes ne sont finalement pas (non plus) le sujet principal, entre, notamment, une danseuse en moon boots et une soirée dans un supermarché reconstituée,  « Tout ce qui brille » croque avec ironie  le côté ridicule de certaines soirées prétendues branchées.

    Géraldine Nakache et Hervé Mimran ont réussi une chose rare : une comédie tendre ET drôle ET sans mafieux russe (trouvez-moi une comédie dernièrement qui n'a pas eu son mafieux russe) ET qui ne cherche pas à faire à la manière de... Et c'est sans doute pour cela que ça fonctionne aussi bien, que ces deux filles attachantes nous embarquent dans leurs péripéties dans ce monde de paillettes même si nous nous doutons bien qu'elles découvriront bientôt que tout ce qui brille n'est pas de l'or, et qu'à vouloir « s'élever » socialement, elles risquent de passer à côté de l'essentiel...

    Alors certes, ce film n'est pas dénué de défauts (ainsi dommage que les personnages masculins soient un peu moins travaillés et les intrigues sentimentales plus bâclées) mais les deux réalisateurs n'ont visiblement pas voulu signé une comédie romantique mais une histoire d'amitié d'ailleurs pas si naïve nous parlant notamment d'émancipation, de relations entre parents et enfants et de désirs d'ailleurs.

    Un film joyeux, rafraîchissant, pétillant, lumineux, d'une tendre drôlerie et justesse qui, s'il vous confirmera qu'il ne faut pas vous laisser éblouir par tout ce qui brille, fera au moins briller vos yeux grâce à l'intelligence de son écriture mais aussi de ses trois interprètes ( Géraldine Nakache, Leïla Bekhti et Audrey Lamy, également impayable en prof de sport ). Un film dont vous aurez envie de sortir en faisant le paon et en dansant sur Véronique Sanson (si, si, vous verrez !).

    Et aussi: "In the mood for Cannes", "In the mood for Deauville" , "In the mood for luxe".