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IN THE MOOD FOR CINEMA - Page 236

  • Critique – Téléfilm – ALIAS CARACALLA, AU CŒUR DE LA RESISTANCE, réalisé par Alain Tasma

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    En 1969, Jean-Pierre Melville réalisait « L’armée des ombres », un chef d’œuvre qui donnait de la Résistance une image inédite, celle d’une Résistance démythifiée, dans un film à la mise en scène épurée, au scénario ciselé dans lequel le Résistant était l’emblème paroxystique de la solitude de l’anti-héro melvillien (vous pouvez en retrouver mon analyse détaillée, ici). Fin Mai, France 3 diffusait « Alias Caracalla, au cœur de la Résistance », un téléfilm en deux parties réalisé par Alain Tasma écrit par Raphaëlle Valbrune, Daniel Cordier et Georges-Marc Benamou d’après le livre de Daniel Cordier (Editions Gallimard, 2009) intitulé  « Alias Caracalla ». C’est avec beaucoup trop de retard que je vous parle de cette fiction de France Télévisions diffusée fin Mai et que j’avais eu le plaisir de voir en avant-première au cinéma l'Arlequin mais, néanmoins le DVD est disponible à la vente si vous voulez vous rattraper et découvrir cette fiction de qualité.

    Daniel (Jules Sadoughi) a 20 ans. C’est un jeune homme fougueux, "royaliste, maurrassien et antisémite". Il est révulsé par l’Armistice. La trahison de Pétain – en qui il croyait tant- est un choc pour lui! Il veut partir se battre et, avec quelques copains, arrive en Angleterre presque par hasard. Là, il s’enrôle vite auprès d’un Général inconnu : De Gaulle. L’armée du chef ne compte alors que quelques centaines de gamins… C’est la naissance d’une incroyable épopée : la "France libre", et le début de l’évolution intellectuelle et républicaine de ce jeune fanatique. De retour dans une France occupée, la " vraie " Résistance va enfin pouvoir commencer. Le hasard (et le désordre qui règne dans la Résistance) vont faire du jeune Daniel un témoin incroyablement privilégié de l’Histoire. A Lyon, il rencontre un dénommé Rex (Eric Caravaca) dont il devient le secrétaire. Ce n’est qu’à la fin de la guerre qu’il découvrira que Rex n’était autre que… Jean Moulin.

    Le téléfilm commence le 17 juin 1940. Daniel Cordier vend l’Action française en criant « La jeunesse ne peut que soutenir Pétain »,  «Dans quelques jours, vous ferez moins les malins, le Maréchal vous fera tous mettre en taule, vous et toute votre clique de juifs et de métèques.» Un personnage de prime abord pour le moins antipathique...et pourtant… et pourtant c’est ce même personnage qui, deux ans plus tard, sera devenu le secrétaire de Jean Moulin après être passé par Londres aux côtés du Général de Gaulle. C’est ce même jeune homme qui s’engagera avec fougue et passion dans la Résistance, avec la même ténacité que celle avec laquelle il défendait au départ Pétain.

    Ce téléfilm est passionnant à plus d’un titre, d’abord parce que c’est un véritable récit d’apprentissage (basé sur des faits réels, les mémoires de Daniel Cordier) et qu’il montre une passionnante évolution intellectuelle, celle d’un jeune homme antisémite qui comprendra son « erreur » et s’engagera dans la Résistance même s’il lui faudra du temps pour « renier » ses idées de jeunesse. Une scène à laquelle il assiste, d’un grand-père et son petit-fils ne pouvant aller au Parc Monceau « interdit au juif » lui feront comprendre, enfin. Aujourd’hui encore, Daniel Cordier dit avoir honte d’avoir pu être antisémite. C’est justement cette évolution du personnage, dénuée de manichéisme, qui est passionnante, en partie grâce à la maturité du jeu du jeune Jules Sadoughi (lycéen qui suit une formation dans une école de cirque) dont j’ai été surprise de découvrir qu’il n’avait que 17 ans. Il interprète avec une force et une conviction surprenantes la fougueuse détermination et le courage du jeune Résistant. Au contact de celui dont il découvrira après sa mort qu’il était Jean Moulin, et dont les idées sont opposées aux siennes, il va ainsi évoluer, grandir, ouvrir les yeux. Eric Caravaca est également impressionnant dans le rôle de Jean Moulin, à la fois posé et imposant, calme et déterminé. On ne saura jamais vraiment pourquoi il choisira ce jeune homme dont il aurait dû au contraire se méfier…mais ce choix étonnant contribue au portrait de cet homme complexe que dessine également le téléfilm.

    Grâce à une réalisation nerveuse et sobre, le téléfilm montre la solitude de ces hommes qui s’engageaient, souvent très jeunes, la peur omniprésente, mais l’envie de résister plus encore. Les soldats allemands ne sont quasiment jamais visibles mais la menace est là, constante, et n’en est même que plus oppressante. Le téléfilm ne donne pas de la Résistance une image d’un mouvement invincible composé de héros irréprochables. Il montre au contraire des hommes avec tout ce que cela implique de failles et de faiblesses qui parfois, souvent, n’étaient pas d’accord et il montre quel combat fut la création du Conseil National de la Résistance, le 27 Mai 1943, grâce aux efforts acharnés de Jean Moulin pour unifier les différents mouvements de Résistance, souvent en désaccord, ou sujets à des batatailles d’egos des dirigeants des différents mouvements qui souvent s’opposaient à Jean Moulin.  Il montre aussi à quel point la distribution des fonds venus de Londres était une lutte quotidienne, qu’il fallait parfois risquer sa vie pour de « simples » tâches administratives. « Alias Caracalla » ne dresse pas le portrait d’une Résistance de légende  mais montre la Résistance au quotidien, avec ses moyens parfois dérisoires, ce qui n’en est que plus passionnant.

    Après-guerre,  Daniel Cordier est devenu un important marchand d’art et collectionner. Il a offert au Centre Pompidou plus de 500 œuvres, soit la plus grosse donation d’art jamais perçue par l’Etat français. Vous comprendrez comment Jean Moulin, lui-même grand amateur d’art, a fait naitre cette passion.

    Je suis un peu lasse de ce dénigrement systématique des fictions françaises (un jour il faudra qu’on m’explique l’intérêt des « Experts » par exemple dont les ressorts démagogiques m’ont toujours consternée) et je vous encourage vraiment à découvrir cette fiction instructive et de qualité qui apporte un nouvel éclairage sur la Résistance, certes pas exhaustif (on regrette parfois de ne pas en savoir plus sur d’autres Résistants dont le portrait n’est qu’esquissé), mais qui m’a donné envie de me documenter et de lire l’ouvrage de Daniel Cordier. Et si ce récit nous parle d’une Résistance passée, il a évidemment des échos avec l’actualité, cette notion étant plus que jamais d’actualité… A signaler également, aux côtés de Jules Sadoughi et Eric Caravaca, une distribution réussie et impressionnante avec Julie Gayet, Louis-Do de Lencquesaing, Laurent Stocker, Grégory Gadebois, Thierry Hancisse, Lou de Laâge, François Loriquet, Géraldine Martineau…

     

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  • MINUIT A PARIS de Woody Allen, ce soir, à 20H45, sur Ciné plus Emotion

    Retrouvez ma critique de "Minuit à Paris" de Woody Allen, suite à mon article sur l'ouverture du Festival de Cannes 2011 ("Minuit à Paris" était le film d'ouverture du 64ème Festival de Cannes, c'est dans ce cadre que j'avais eu le plaisir de découvrir cette déclaration d'amour à Paris, au pouvoir de l'illusion et de l'imagination). Ne le manquez pas, ce soir, à 20H45, sur Ciné plus Emotion. Cliquez sur l'affiche ci-dessous pour lire mon article.

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  • Concours - Gagnez vos places pour le Champs-Elysées Film Festival 2013

    Comme le temps imparti pour ce concours est très court, pour une fois les questions sont très faciles. Cliquez sur l'affiche ci-dessous pour savoir comment gagner vos places pour les films indépendants américains du Champs-Elysées Film Festival ou pour la master class de Cédric Klapisch.

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  • Merci Laval et petit message aux Lavallois...

    J'ai le plaisir, ce mois-ci, d'être à l'honneur du journal de la ville de Laval et je souhaite la bienvenue aux Lavallois qui découvriraient mes blogs à cette occasion (ou suite à l'article de Ouest-France d'il y a quelques jours, ou l'interview de France Bleu enregistrée cet après-midi). Je vous invite à découvrir les autres : http://inthemoodlemag.com, http://inthemoodforfilmfestivals.com, http://inthemoodforcannes.com, http://inthemoodfordeauville.com, http://inthemoodforluxe.com, http://inthemooforhotelsdeluxe.com .N'hésitez pas à laisser un petit message ici si vous découvrez mes blogs suite à l'article. Après un petit ralentissement, les articles sur mes blogs vont reprendre un rythme plus soutenu.

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  • Programme du Champs-Elysées Film Festival 2013

    Découvrez le programme complet du Champs-Elysées Film Festival 2013 en cliquant sur la photo ci-dessous. Un festival dont j'ai le plaisir d'être partenaire pour sa 2ème édition et pour lequel je vous ferai très bientôt gagner des places.

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  • Festival de Cannes 2013 - Projection de PLEIN SOLEIL de René Clément en présence d'Alain Delon

    Cliquez sur la photo ci-dessous pour lire l'article sur cette projection évènement directement sur mon autre site http://inthemoodforfilmfestivals.com.

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  • Palmarès du 66ème Festival de Cannes

    En attendant de vous livrer mon bilan (qui tarde, je l’avoue, en raison de malencontreux contretemps), voici le palmarès complet de ce 66ème Festival de Cannes que je commenterai dans les jours prochains ainsi que cette cérémonie menée avec brio par l’espiègle et pétillante Audrey Tautou.

    LONGS METRAGES

    Palme d’Or

    LA VIE D’ADÈLE – CHAPITRE 1 & 2 (Blue Is The Warmest Colour) réalisé par Abdellatif KECHICHE avec Adèle EXARCHOPOULOS & Léa SEYDOUX

     Grand Prix

    NSIDE LLEWYN DAVIS réalisé par Ethan COEN, Joel COEN

    Prix de la mise en scène

    Amat ESCALANTE pour HELI

    Prix du Jury

    SOSHITE CHICHI NI NARU (Like Father, Like Son / Tel Père, Tel Fils) réalisé par KORE-EDA Hirokazu

    Prix du scénario

    JIA Zhangke pour TIAN ZHU DING (A Touch Of Sin)

    Prix d’interprétation féminine

    Bérénice BEJO dans LE PASSÉ (The Past) réalisé par Asghar FARHADI

    Prix d’interprétation masculine

    Bruce DERN dans NEBRASKA réalisé par Alexander PAYNE

    COURTS METRAGES

    Palme d’Or

    SAFE réalisé par MOON Byoung-gon

    Mention Spéciale – Ex-aequo

    HVALFJORDUR (Whale Valley / Le Fjord des Baleines) réalisé par Gudmundur Arnar GUDMUNDSSON 37°4 S réalisé par Adriano VALERIO

    CAMERA D’OR

    ILO ILO réalisé par Anthony CHEN présenté dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs

    PRIX UN CERTAIN REGARD
    L’IMAGE MANQUANTE de Rithy PANH   PRIX DU JURY
    OMAR de Hany ABU-ASSAD      PRIX DE LA MISE EN SCENE
    Alain GUIRAUDIE pour L’INCONNU DU LAC   PRIX UN CERTAIN TALENT
    Pour l’ensemble des acteurs du film LA JAULA DE ORO de Diego QUEMADA-DIEZ   PRIX DE L’AVENIR
    FRUITVALE STATION de Ryan COOGLER

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