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guillaume canet - Page 3

  • Making-of des "Petits mouchoirs" de Guillaume Canet

    En attendant de reprendre le chemin des salles obscures, après vous avoir proposé le synopsis, la bande-annonce et l'affiche des "Petits mouchoirs" de Guillaume Canet, hier, voici maintenant une nouvelle vidéo du making-of:

  • « Le dernier vol » de Karim Dridi avec Marion Cotillard, Guillaume Canet, Guillaume Marquet…

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    En cette période hivernale et glaciale rien de mieux qu'un petit voyage dans le Sahara Français pour se réchauffer. C'est en effet là que nous embarque Karim Dridi, en 1933. C'est là aussi que l'aventurière et aviatrice Marie Vallières de Beaumont  (Marion Cotillard) recherche l'homme qu'elle aime, le Britannique Lancaster, disparu lors d'une tentative de traversée Londres/ Le Cap en avion.  Suite à une tempête de sable, elle est contrainte de poser son biplan près d'un poste de « méhariste » français en plein désert.  Touché par son infaillible détermination, Antoine Chauvet (Guillaume Canet), un lieutenant en conflit avec sa hiérarchie,  décide de l'aider dans sa quête désespérée.  Il la conduira alors aux confins du Ténéré... et d'eux-mêmes.

    Tout dans ce film me faisait craindre le « coup marketing » sans fond, sans âme, crainte confirmée lors des premières minutes lors desquelles la direction d'acteurs plus qu'approximative m'empêchait de voir autre chose et puis... et puis... sans doute cela s'appelle-t-il le miracle du cinéma, et puis ensuite je me suis retrouvée complètement fascinée par ce désert grandiose et hostile, fascinant et inquiétant et par cette histoire de quête obsessionnelle dont les vraies raisons apparaissent progressivement.

    J'ai aimé ce par quoi les deux acteurs principaux ont apparemment été charmés : la beauté ténébreuse et périlleuse du désert, mais surtout le temps laissé au temps. Le temps de laisser les émotions naitre sans jamais les forcer. Le temps d'éprouver les sensations des personnages. La solitude. L'égarement. Le temps de confronter leur désir  d'aimer à l'amour véritable. L'enfermement paradoxal dans un lieu à l'horizon infini qu'un cadre restreint, cernant leurs visages, symbolise.

    On se laisse envoûter par les formes voluptueuses du désert, la beauté parfois douloureuse du silence comme ils le seront l'un par l'autre, contre toute attente.  Marion Cotillard tout en détermination aveugle, et Guillaume Canet, rebelle indépendant, en défenseur ardent des touaregs, forment un beau duo et la première prouve que moins elle use d'artifices, plus son jeu est juste et intense. A noter également : la très belle présence de Guillaume Marquet, enfermé dans ses certitudes.

    Dans ce dénuement impossible de mentir, et c'est leur propre vérité qui naitra. Malgré un dénouement, lui en revanche attendu, notre attention, comme dans un thriller, dans un film dont le rythme en est pourtant à l'opposé, est suspendue à leur moindre regard, geste, parole. Par la grâce des interprètes mais aussi par la beauté inquiétante du désert sublimée par la photographie (d'Antoine Monod) et par la musique.

    Adapté du premier roman de Sylvain Estibal « Le Dernier vol de Lancaster », s'inspirant de l'histoire vraie de Bill Lancaster,  est aussi un vibrant  défi lancé à la raison par la volonté et la passion.

     Le film s'éloigne peu à peu des sentiers battus commerciaux (tant en lui faisant quelques concessions comme l'apparence des deux protagonistes étonnamment glamour après des heures de marche en plein soleil) pour nous rapprocher de la vérité des êtres. Dommage que Karim Dridi ne soit pas allé au bout de cette réjouissante audace, probablement impressionné par l'aura hollywoodienne de son actrice principale dont c'est le premier film français après l'Oscar reçu pour « la Môme » et sans doute également impressionné par ce changement de registre et par de prestigieux films ayant, avant le sien, eu pour cadre le désert ( « Fort Saganne », « Lawrence d'Arabie », « Le Patient Anglais ».)

     Un dernier vol qui perdra certainement certains passagers en chemin mais qui en emmènera d'autres dans sa romanesque errance, aussi enivrante que le désert parcouru. A ceux-là et ceux qui veulent se laisser ensorceler par la beauté progressive et éblouissante des émotions et du désert, je recommande un embarquement immédiat.

  • La clef de Guillaume Nicloux : une âpreté ostensible et ostentatoire

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     Hier, devant un de mes cinémas de prédilection, j’ai hésité entre les deux films que je n’ai pas encore vus, scrutant longuement les deux affiches pour me décider : entre « Si c’était lui » d’Anne-Marie Etienne et « La clef » de Guillaume Nicloux. Entre l’une sur laquelle Carole Bouquet est hilare. Et l’autre sur laquelle Guillaume Canet semble poursuivi par le diable et sur laquelle est écrit « Un fils doit-il payer pour les fautes de son père ? », laquelle affiche me rappelait d’ailleurs étrangement celle de « Ne le dis à personne » (rappelez-vous il était déjà poursuivi par le diable), l’affiche n’est d’ailleurs pas le seul point commun entre ces deux films. J’ai hésité entre l’ombre et la lumière.  Entre un film peut-être réussi mais dont le dénouement était prévisible (pas une critique, c’est simplement le principe même de la comédie romantique, qu’ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants) et un film dont l’âpreté l’était tout autant. Allez savoir pourquoi, la noirceur et son ambivalence m’ont davantage attirée. 

     Pour avoir vu un des deux précédents films de Guillaume Nicloux constituant cette « trilogie policière », je savais un peu à quoi m’attendre.  Un fils doit-il payer pour les crimes de son père donc ? Le fils c’est Eric Vincent (Guillaume Canet) dont la femme (Marie Gillain) aimerait justement en avoir un (fils donc). Un inconnu (Jean Rochefort) l’appelle pour qu’il vienne récupérer les cendres de son père qu’il n’a jamais connu. Tandis qu’un père, détective privé de son état déjà présent dans « Une affaire privée », François Manéri, (Thierry Lhermitte) recherche sa fille (Vanessa Paradis) la seule à pouvoir le sauver de sa maladie incurable, laquelle va justement se retrouver sur la route périlleuse d’Eric Vincent. A cela s’ajoute, 30 ans plus tôt, l’enquête de Michèle Varin (Josiane Balasko), commissaire de police, protagoniste de « Une affaire privée », qui enquête sur un brutal assassinat dont la naissance non moins brutale d’Eric Vincent s’avèrera être la conséquence… et autour de laquelle tourne la clef du mystère.

    J’ai lu ça et là que l’intrigue était incompréhensible. Non. Elle mêle juste les temporalités par une habile (dé)construction. Le montage et la structure scénaristique sont d’ailleurs selon moi le grand atout de ce film, outre le fait qu’il confirme ce que nous savions déjà : Guillaume Canet adore courir dans les films. Accessoirement, il confirme qu’il est aussi un des meilleurs acteurs de sa génération. La caméra à l’épaule de Guillaume Nicloux, au plus près des visages, au plus près de l’angoisse, au plus près des stigmates du temps pour d’autres (les visages sont filmés sans artifices, aucun acteur n’a été maquillé…c’est parfois cruel), ne pardonne rien. Si certains jugent cette intrigue incompréhensible, c’est que nous sommes de plus en plus habitués au confort hypnotisant des récits formatés, cadenassés, ordonnés, habitués à zapper quand cela sort des sentiers battus et balisés. Seulement au cinéma on ne peut pas zapper. La caméra impitoyable de Guillaume Nicloux nous emprisonne avec Guillaume Canet, et ne nous laisse aucun répit. En refusant un père et un fils Eric Vincent va se retrouver avec les deux, écartelé entre son passé et son avenir, plongé dans une obscure histoire dont il ne soupçonne pas être la clef.

    D’après les dires des acteurs qui tournent avec lui Guillaume Nicloux a une méthode assez radicale, par exemple il ne dit ni moteur ni action et il impose, par ce biais et par d’autres, une certaine tension, palpable à l’écran tant les acteurs semblent souffrir au-delà de leurs rôles.  A force de vouloir nous plonger dans un univers obscur, à force de demander à ses acteurs d’avoir l’air paumés, à force de les rendre méconnaissables pour   qu’ils ressemblent le moins possible à des acteurs qui jouent mais le plus possible à des êtres ordinaires, rongés par le temps et l’angoisse, à force de noirceur et de souci de réalisme surlignés, Guillaume Nicloux montre (trop) ostensiblement ses intentions.

    Reste que Guillaume Canet nous transmet son angoisse d’homme ordinaire plongé dans une étrange et extraordinaire affaire, que Vanessa Paradis est une nouvelle fois d’une fragilité et d’une justesse saisissantes, que Marie Gillain est très crédible en épouse rongée par son désir d’enfant, et aveuglée, que Jean Rochefort est impérial, comme toujours. Thierry Lhermitte joue à être méconnaissable. (un petit air de Michael Douglas dans « King of California » non ?), Josiane Balasko à être déprimée et à ne surtout pas sourire. Un film qui oscille entre le ridicule de l’ostentatoire et l’angoissant.  Le ridicule de la violence abjecte (corps calciné, bébé volé dans le ventre de sa mère, ventres lacérés) et des visages filmés sans artifices. Le ridicule de la noirceur par l’odeur de la mort omniprésente (Deux malades incurables pour un seul film ça fait beaucoup non ?). L’angoisse par cette caméra oppressante.

     Comme s’il voulait  justifier la forme par le fond Guillaume Nicloux fait dire à Eric Vincent que « ce n’est pas le but mais le chemin qui compte ». Chemin inégal, sinueux et… malgré tout captivant. Un thriller sur la paternité et sur les vicissitudes du destin, aussi (non, non Guillaume Nicloux ne lorgne pas mais alors pas du tout du côté de Lelouch, les hasards et coïncidences ne suffisent pas à établir un parallèle, ceux de la scène de l’hôpital, là au contraire pas surlignés, sont au passage plutôt réussis) dont la clef n’est effectivement pas ce qui importe mais plutôt le chemin pour la trouver… Ce chemin-là en tout cas ne vous laissera probablement pas indifférents. Si vous n’avez pas peur de devoir attendre les 2H que dure le film pour revoir la lumière dans les reflets de la chevelure dorée de Vanessa Paradis, plus éclatante, après cette plongée nocturne,  pourquoi ne pas vous y hasarder, et puis, qui sait, peut-être se marièrent-ils (ah, non ils le sont déjà au début) et eurent-ils un fils ?

    Je vous aurai prévenus. Sinon, vous pouvez toujours aller voir « Si c’était lui »…

    Sandra.M