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Nathalie Baye - Page 2

  • Concours: gagnez vos places pour la master class de Nathalie Baye au Gaumont Parnasse le 13 décembre

     

    Nathalie Baye © Maxime Bruno / Canal +

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    Toujours dans le cadre du partenariat avec le Gaumont Parnasse, et en vous rappelant que vous pouvez toujours gagner vos places pour l'avant-première de "Nowhere boy", le 3 décembre à 22H, en cliquant ici, je vous propose aujourd'hui de gagner vos places pour la master class d'une grande actrice française (et pour moi une des trois plus grandes) deux fois césarisée meilleure actrice française, pour "La Balance" et "Le Petit Lieutenant": Nathalie Baye.

     Cette master class aura lieu le 13 décembre à 20H. Vous avez jusqu'au 9 décembre pour participer. Pour faire partie des heureux lauréats, parlez-moi du film avec Nathalie Baye que vous préférez (cf sa filmographie ci-dessous) en envoyant un email à inthemoodforcinema@gmail.com avec pour intitulé "Concours Baye" et les plus convaincants remporteront une place!

    Filmographie de Nathalie Baye:

    1972 : Brève rencontre à Paris de Robert Wise

    1972 : Faustine et le Bel Été de Nina Companeez

    1973 : La nuit américaine de François Truffaut

    1974 : La Gueule ouverte de Maurice Pialat

    1974 : La Gifle de Claude Pinoteau

    1975 : Le Voyage de noces de Nadine Trintignant

    1975 : Un jour, la fête de Pierre Sisser

    1976 : Mado de Claude Sautet

    1976 : La Dernière Femme de Marco Ferreri

    1976 : Le Plein de super d'Alain Cavalier

    1977 : L'Homme qui aimait les femmes de François Truffaut

    1977 : Monsieur papa de Philippe Monnier

    1977 : La Communion solennelle de René Féret

    1978 : Mon premier amour de Elie Chouraqui

    1978 : La Chambre verte de François Truffaut

    1979 : La Mémoire courte de Eduardo de Gregorio

    1979 : Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard

    1980 : Une semaine de vacances de Bertrand Tavernier

    1980 : La Provinciale de Claude Goretta

    1980 : Je vais craquer de François Leterrier

    1981 : L'Ombre rouge de Jean-Louis Comolli

    1981 : Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre

    1981 : Beau-père de Bertrand Blier

    1981 : Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne

    1982 : La Balance de Bob Swaim

    1982 : J'ai épousé une ombre de Robin Davis

    1984 : Notre histoire de Bertrand Blier

    1984 : Rive droite, rive gauche de Philippe Labro

    1984 : Détective de Jean-Luc Godard

    1985 : Le Neveu de Beethoven de Paul Morrissey

    1985 : Lune de miel de Patrick Jamain

    1987 : En toute innocence de Alain Jessua

    1987 : De guerre lasse de Robert Enrico

    1989 : Le Roi blessé de Damiano Damiani

    1989 : L'Affaire Wallraff de Bobby Roth

    1989 : Gioco al massacro de Damiano Damiani

    1990 : Le Pinceau à lèvres de Bruno Chiche

    1990 : La Baule-les-Pins de Diane Kurys

    1990 : Un week-end sur deux de Nicole Garcia

    1991 : La Voix de Pierre Granier-Deferre

    1992 : Mensonge de François Margolin

    1992 : Le Visionarium de Jeff Blyth

    1992 : Les Contes sauvages de Gérald Calderon

    1994 : La Machine de François Dupeyron

    1995 : La Mère de Caroline Bottaro

    1996 : Enfants de salaud de Tonie Marshall

    1997 : Paparazzi de Alain Berbérian

    1998 : Food of Love de Stephen Poliakoff

    1998 : Si je t'aime, prends garde à toi de Jeanne Labrune

    1999 : Vénus beauté (institut) de Tonie Marshall:Angèle

    1999 : Une liaison pornographique de Frédéric Fonteyne

    2000 : Ça ira mieux demain de Jeanne Labrune

    2000 : Selon Matthieu de Xavier Beauvois

    2000 : Barnie et ses petites contrariétés de Bruno Chiche

    2000 : Absolument fabuleux de Gabriel Aghion

    2002 : Arrête-moi si tu peux (Catch Me if You Can) de Steven Spielberg:la mère de Léonardo Di Carprio

    2002 : La Fleur du mal de Claude Chabrol

    2002 : France Boutique de Tonie Marshall

    2002 : Les Sentiments de Noémie Lvovsky

    2003 : Une vie à t'attendre de Thierry Klifa

    2004 : 36, avenue des acacias de Martial Fougeron

    2005 : L'Un reste, l'autre part de Claude Berri

    2005 : Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois

    2006 : The Ant Bully de John A. Davis : voix

    2006 : Acteur de Jocelyn Quivrin

    2006 : La Californie de Jacques Fieschi

    2006 : Ne le dis à personne de Guillaume Canet

    2007 : Michou d'Auber de Thomas Gilou

    2007 : Mon fils a moi de Martial Fougeron

    2007 : Le Prix à payer d'Alexandra Leclère:

    2008 : Passe-passe de Tonie Marshall

    2008 : Les Bureaux de Dieu de Claire Simon

    2008 : Cliente de Josiane Balasko : Judith

    2009 : Visages de Tsai Ming-liang

    2010 : Ensemble, c'est trop de Léa Fazer:Marie-France

    2010 : De vrais mensonges de Pierre Salvadori

    2010 : Small World de Bruno Chiche

    2011 : Laurence Anyways de Xavier Dolan

    Lien permanent Imprimer Catégories : CONCOURS/JEUX Pin it! 3 commentaires
  • Concours: 10x2 places pour "Ensemble c'est trop" de Lea Fazer

    Je vous propose aujourd'hui de remporter votre invitation (pour deux) pour "Ensemble c'est trop" de Lea Fazer qui sort en salles le 17 février prochain. Pour remporter ces deux places, soyez parmi les 10 premiers à m'envoyer les bonnes réponses aux 2 très simples questions suivantes à inthemoodforcinema@gmail.com avec comme intitulé de l'email "Concours Ensemble c'est trop". N'oubliez pas de joindre vos coordonnées postales sans lesquelles votre participation sera caduque. Seuls les gagnants seront contactés.

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    1. De quel film est extraite l'image suivante:
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    2. De quel film est extraite l'image suivante:
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    Synopsis:

    Clémentine et Sébastien, jeunes parents débordés, pris en étau entre leur travail et leurs enfants, voient Marie-France, la mère de Sébastien, s'installer chez eux.
    Elle a découvert que son mari, Henri, la trompait et que sa maîtresse attendait un enfant.
    Dévastée, elle se comporte chez son fils comme une adolescente en crise sapant l'autorité et le moral du jeune couple.
    La naissance du petit frère de Sébastien et l'euphorie béate que cette paternité tardive provoque chez son père, achève de brouiller les esprits et l'ordre des générations...

    Lien permanent Imprimer Catégories : CONCOURS/JEUX Pin it! 4 commentaires
  • 6ème édition du Festival Paris Cinéma: la sélection d'In the mood for cinema

    affiche paris cinema.jpgComme chaque année, alors que se profilent les vacances, les choix cinématographiques se raréfient, et à l'exception de "Valse avec Bashir" de Ari Folman, je n'ai pas d'autres films  actuellement  à l'affiche à vous recommander (à l'exception de ceux figurant dans la rubrique à gauche du blog "Films de la semaine à ne pas manquer" et qui, exceptionnellement, seraient encore à l'affiche dans certaines salles) c'est pourquoi cette semaine je vous propose un choix de films projetés dans le cadre du Festival Paris Cinéma.

    Le Festival Paris Cinéma qui a lieu du 1er au 12 juillet et fête cette année sa sixième édition pour 5€ la séance ou 25€ le ciné pass propose un large choix de projections et évènements: une sélection internationale avec une compétition de longs et courts-métrages et des avant-premières, des invités d'honneur (cette année Nathalie Baye, David Cronenberg, Aki Kaurismäki, Jospeh Kuo, Runit Elkabetz, Jean-Claude Carrière), un pays à l'honneur (cette année les Philippines), des évènements comme des ciné-concerts et des projections en plein air, des ateliers et rendez-vous professionnels... 

     Si je pense toujours qu'un vrai festival de cinéma fait défaut à Paris, que ce festival manque d'unicité, il n'en demeure pas moins que dans cette programmation figurent de nombreux films intéressants. Je vous en propose ci-dessous une sélection subjective en commençant par les films que j'ai découverts lors du Festival de Cannes 2008 et que Paris Cinéma projette en avant-première:

    FILMS DU FESTIVAL DE CANNES 2008 PROJETES EN AVANT-PREMIERE A PARIS CINEMA ET RECOMMANDES PAR "IN THE MOOD FOR CINEMA":

    1/Le film que je vous recommande en priorité est mon coup de coeur du Festival de Cannes 2008 intitulé "JE VEUX VOIR" de JOANA HADJITHOMAS et KHALIL JOREIGE. (Ci-dessous retrouvez mon article publié sur "In the mood for Cannes" à la suite de la projection cannoise du film, vous pouvez également retrouver mes vidéos de la présentation du film à Cannes en cliquant ici)

    Projection à  Paris Cinéma le 8 juillet à 21H30 au MK2 Bibliothèque, présentation par les deux réalisateurs et Catherine Deneuve annoncée

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    Photos "In the mood for Cannes": L'équipe du film "Je veux voir".
    Alors que dehors des rafales de vent et des pluies torrentielles s’abattent sur la Croisette, je profite de ces quelques minutes de calme pour écrire : un  silence, une pause dans la frénésie cannoise  presque déstabilisante me faisant réaliser que cette vie irréelle ne dure que l’espace
    de 12 jours et s’achèvera dans ce qui me semble être une délicieuse éternité, que la réalité peut reprendre ses droits, qu’elle le fera. Quelques minutes pour faire un flash-back sur toutes ces images de vie et de cinéma contrastées, fortes dans les deux cas,  lumineuses (dans le premier cas) et sombres (dans le second), oniriques (dans le premier cas) et cauchemardesques (dans le second). Entre apesanteur réelle et pesanteur fictive, écartelée entre des émotions que même la tempête ne balaiera pas, tout juste se fera-t-elle l’écho de leur puissance, de leur violence presque fascinante. Quelques minutes donc pour évoquer la projection de cet après-midi dans la section Un Certain Regard : « Je veux voir » réalisé par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige dans lequel « joue » Catherine Deneuve.
    Pitch par l’équipe du film : « Juillet 2006. Une guerre éclate au Liban. Une nouvelle guerre mais pas une de plus, une guerre qui vient briser les espoirs de paix et l'élan de notre génération.  Nous ne savons plus quoi écrire, quelles histoires raconter, quelles images montrer. Nous nous demandons : " Que peut le cinéma ? ". Cette question, nous décidons de la poser vraiment. Nous partons à Beyrouth avec une " icône ", une comédienne qui représente pour nous le cinéma, Catherine Deneuve. Elle va rencontrer notre acteur fétiche, Rabih Mroué.  Ensemble, ils parcourent les régions touchées par le conflit. A travers leurs présences, leur rencontre, nous espérons retrouver une beauté que nos yeux ne parviennent plus à voir.  Une aventure imprévisible, inattendue commence alors…. ».

    Lors de la présentation du film au public, Khalil Joreige a déclaré : "Nous sommes très émus de présenter ce film aujourd’hui. Nous remercions Thierry Frémaux et l’équipe du Festival. Pour nous, ce film est une vraie aventure cinématographique qui, vous le verrez, devient de plus en plus intense et surprenante. Nous tenons à remercier Catherine Deneuve pour sa générosité et son audace, pour nous avoir permis de faire ce film." Et Joana Hadjithomas de conclure : "Je dédie cette projection à ceux qui auraient voulu être avec nous : notre équipe, nos familles, nos amis qui n’ont pas pu faire le voyage à cause des derniers événements."

    C’est donc de nouveau en miroir du monde pour reprendre les termes de Steve Mc Queen, le réalisateur de « Hunger » dont je vous parlais avant-hier que se positionne ce film. Un miroir dans lequel se reflètent et s’influencent intelligemment sa beauté et sa laideur, sa vérité et sa mythologie, sa réalité et sa fiction. « Je veux voir » est en effet un film inclassable qui mélange intelligemment fiction et documentaire, un mélange duquel résulte alors une impression troublante qui ne nuit pas au propos mais au contraire le renforce, paradoxalement le crédibilise. Un Certain Regard. Le nom de cette sélection était parfaitement choisi pour accueillir ce film. De regards il y est en effet beaucoup question.  Celui magnétique, troublé, inquiet, empathique, curieux de Catherine Deneuve. Un regard certain, en apparence en tout cas. C’est donc son regard ( elle est tantôt filmée de face, tantôt en caméra subjective) qui guide le nôtre. Le film commence ainsi : Catherine Deneuve est filmée de dos, à la fenêtre, à Beyrouth qu’elle regarde et surplombe. De dos avec cette silhouette tellement reconnaissable, celle de l’icône qu’elle représente pour les cinéastes qui l’ont choisie. Elle dit alors qu’elle veut voir. Elle veut voir les traces de la guerre. Elle veut voir ce qui ne lui paraît pas réel à travers l’écran de télévision (décidément, les films se répondent, troublant écho à celui d’hier).

    Cette rencontre ensuite avec Rabih Mroué qui sera son guide et chauffeur sonne tellement juste, semble tellement éclore sous nos yeux que nous sommes presque gênés d’être là et en même temps captivés. Catherine Deneuve, son personnage, qu’importe, demande si elle peut fumer autant par politesse que pour amorcer une conversation, une complicité, puis elle s’interroge sur le fait que Rabih ne mette pas de ceinture. Il lui explique que depuis la guerre les principes ont un peu volé en éclats. Elle précise qu’elle n’est pas pour l’ordre mais que c’est quand même dangereux. Son visage ne trahit presque aucune émotion et n’en est justement que plus émouvant, de même lorsqu’elle demande pour la deuxième fois si elle peut fumer et reparle de la ceinture de sécurité après un évènement dangereux. Comme si ces propos trahissaient sa peur et la rassuraient, leur réitération les rendant tragiquement drôles. Son ton posé contraste avec l’inquiétude que trahit ses paroles.

    Peu à peu ils s’éloignent de Beyrouth, on leur interdit de filmer, ou le scénario prévoyait qu’on fasse croire qu’on leur interdisait de filmer. Le résultat est le même. Nous ne savons pas. Que ce soit fictif ou réel l’essentiel est que cela soit tellement évocateur. Un avion passe et émet un puissant fracas, comme une bombe que l’on lâcherait. Catherine Deneuve sursaute et pour la première fois ou presque son corps trahit sa peur. Le chauffeur lui explique que l’avion  israélien a passé le mur du son, que le but est juste de faire peur. Rare évocation de la situation politique. Le film est là pour nous permettre de voir, pas pour nous prendre à parti ou expliquer. Juste voir la désolation après et à travers la beauté. Juste pour voir ce contraste violent et magnifique.

    Que ce soit Catherine Deneuve ou son personnage qui sursaute en entendant cet avion, peu importe, la peur se transmet, traverse l’écran, nous atteint, comme le sentiment de désolation de ces carcasses d’acier et de ferrailles que des pelleteuses charrient longuement, symboles de tant de vies et de passés volés en éclat, abattus, piétinés, niés.

    La relation semble se nouer entre les deux personnages ( ?) sous nos yeux , entre les deux êtres ( ?) peut-être, une relation faîte de pudeur, d’intensité créée par la peur, la force de cette rencontre, son caractère unique et son cadre atypique (la scène où il lui dit les dialogues de « Belle de jour » en Arabe, où il en oublie d’être attentif et se retrouve dans un endroit miné est à la fois effrayante et sublime, poétique et terriblement réaliste, l’instant poétique, cinématographique qu’ils vivent renforçant la peur créée par la soudaineté du surgissement d’une terrible réalité, potentiellement fatale). Une relation entre deux réalités, le cinéma et la réalité. Une belle rencontre en tout cas. Comme deux personnages de cinéma. Si réels (nous croyons vraiment à leur relation) et si cinématographique (ils forment sous nos yeux un couple qui pourrait être tellement cinématographique).

     La fin (Catherine Deneuve se rend à une réception en son honneur après cette journée que l’on devine si intense et éprouvante) pourrait être le début d’une fiction, une des plus belles fins qu’il m’ait été donné de voir au cinéma, qui prouve la force d’un regard, un regard décontenancé, un regard ébloui par les lumières d’une fête tellement décalées après celles de la journée, un regard qui cherche la complicité de celui devenu un ami, un regard qui cherche la réalité de ce qu’il a vécu ou ressenti dans celui d’un autre, un regard qui nous embarque dans son tourbillon d’émotions et d’intensité, tandis qu’un officiel obséquieux (non?) évoque « la formidable capacité de résilience des Libanais » comme il évoquerait la pluie et le beau temps. Le regard alors tellement passionné de Catherine Deneuve contraste avec la banalité du discours de ce dernier. Oui, un certain regard. Tellement troublé et troublant et expressif lorsqu’il croise le regard attendu qu’il ouvre une infinitude de possibles, qu’il ouvre sur le rêve, qu’il ouvre sur la puissance du cinéma, des images, d’une rencontre, qu’il ouvre sur un nouvel espoir. "Toute la beauté du monde". Malgré tout.

     La présence presque "improbable" et "onirique" de Catherine Deneuve comme l’ont définie les réalisateurs est à la fois un écho à la beauté du sud et un contraste saisissant avec le spectacle de désolation des paysages en ruine, des vies dévastées.  Elle y apparaît en tout cas magnifique de dignité et de courage. Oui, une belle leçon de dignité et de courage mais aussi de cinéma et d’espoir…

    Un film qui est dramatiquement (encore une fois) d’actualité alors que le Liban vit de nouveau une situation explosive, qui montre ce que l’on regarde parfois sans voir.

    Le mélange si habile de fiction et de documentaire, de mémoire historique et de mythologie cinématographique,  en fait un film, un témoignage aussi, inclassable, captivant, troublant,  jamais didactique, un film que l’on veut voir, et que l’on voudrait revoir, juste pour ce dernier regard échangé…

    Et puis en sortant, je me suis retrouvée à l’extérieur de la salle en même temps que Catherine Deneuve. Moi qui ne le fais jamais (autrement que  lorsque les équipes de films sont sur une scène ou dans une salle de cinéma), j’ai pris une photo. Juste pour immortaliser cet instant. Retenir ce regard. Celui du film ou de la réalité, ou des deux subtilement liés, d’un moment intense en tout cas…

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    Catherine Deneuve à la sortie de la projection de "Je veux voir". Photo "In the mood for Cannes"

    2/Je vous recommande ensuite "LES FRONTIERES DE L'AUBE", le conte poétique et désenchanté de PHILIPPE GARREL qui a suscité les huées d'une très large majorité des spectateurs cannois...et mon enthousiasme débordant (ci-dessous mon article extrait de mon blog "In the mood for Cannes", cliquez ici pour voir mes vidéos de la présentation du film)

    Projection à Paris Cinéma: le 5 juillet à 19H15 au MK2 Bibliothèque

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    Ci-dessus, l'équipe de "La frontière de l'aube" de Philippe Garrel.
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    Ci-dessus: Louis Garrel et Laura Smet dans "La frontière de l'aube"

     Voilà ce qui, de l’avis général, faisait défaut  au Festival de Cannes cette année : une controverse et de l’effervescence. Pour le second élément il est vrai qu’il était difficile de rivaliser avec l’exemplaire 60ème anniversaire. Pour le premier, encore que le terme soit un peu fort, il y a eu « La Frontière de l’aube » de Philippe Garrel.

    Il a en effet été hué lors de ses projections au « Grand Théâtre Lumière » et méprisé lors de la séance du lendemain dans la salle du 60ème pour la première fois à moitié vide ! Quelle curiosité exemplaire des festivaliers se fiant davantage à la rumeur qu’à leur propre opinion, condamnant avant d’avoir entendu l'argumentaire de l'accusé. C’est donc particulièrement intriguée que je suis allée voir ce film, deuxième film français de la compétition, curieuse de découvrir quelle ignominie pouvait susciter un tel rejet du public, un tel lynchage médiatique.

    Synopsis : Une star (Laura Smet) vit seule chez elle, son mari est à Hollywood et la délaisse. Débarque chez elle un photographe (Louis Garrel) qui doit la prendre en photo pour un journal, faire un reportage sur elle. Ils deviennent amants. Ils vont habiter deux semaines à l’hôtel pour faire ce reportage et repassent de temps en temps à l’appartement de la star.

    Nous sommes d’abord chaleureusement envoûtés par le noir et blanc, par le charme savoureusement désuet et intemporel de la photographie qui magnifie les visages (la fièvre contenue et ravageuse et le désarroi de Laura Smet, le romantisme mélancolique de Louis Garrel), ausculte leurs basculements, leurs tourments, leurs fragilités. Un noir et blanc en hommage à Cocteau et à la Nouvelle Vague à laquelle Philippe Garrel empreinte un style elliptique et un ton décalé qui nous embarque dans son au-delà surréaliste et contribue à cette intemporalité. Les amants ne s’envoient pas de textos ou d’emails mais des lettres. Amants d’aujourd’hui, d’hier, de demain : éternels. 

    Ce qui m’a charmée dans ce film qui a le mérite de ne ressembler à aucun autre de la compétition (et il faut l’avouer, la plupart des films brassent les mêmes thèmes, dans un style relativement similaire ) est probablement ce qui a agacé la majorité des festivaliers : son aspect littéraire (mais alors pourquoi glorifier Desplechin qui emploie , certes différemment, le même procédé ?), sa lenteur qui donne le temps au temps, le temps de s’imprégner de la mélancolie des personnages, son romantisme sans concessions, son aspect surréaliste et sa façon de saisir et juxtaposer des instants.

     « La frontière de l’aube » est vaguement inspiré d’une nouvelle de Théophile Gautier « Spirit » : un mythe romantique dans lequel les protagonistes se rejoignent dans la mort pour vivre dans l’éternité. Avec une poésie désenchantée, entre rêve et réalité, éternité et intemporalité, bonheur bourgeois et bonheur éternel, Philippe Garrel, réfutant tout cynisme, nous redonne le goût de ce que le cinéma d’aujourd’hui s’acharne à nier, par un excès de réalisme et de réalité,: celui de croire en des amours éternels dont la littérature s’arroge désormais l’exclusivité, et encore.

    Un film aux frontières de la réalité, de la folie, de la mort sur la passion dévastatrice. L’aube : une heure incertaine, velléitaire mais qui de toute façon donnera naissance au jour, à l’espoir tout comme cet amour fatal est porteur d’une beauté à la fois sombre et lumineuse .

    Philippe Garrel a également le mérite d’assumer : son titre nous plonge d'emblée dans son univers revendiqué, celui d’un conte poétique. Les contes de noël sont semble-t-il plus nobles, plus flatteurs pour ceux qui les apprécient. Oui, Desplechin flatte finalement le spectateur, par des références multiples et redondantes, lui donnant le sentiment (réel ou illusoire) de son intelligence, et lui donnant par sa dérision le sentiment, éloge semble-t-il suprême, de sa bonne cyniquitude (j'ai le droit d'utiliser des néologismes:-)), de son insensibilité à un romantisme forcément mièvre, dépassé, ridicule. Philippe Garrel nous prouve pourtant le contraire avec ce film intemporel.

    Un film sombre à la poésie lumineuse et enchanterresse qui mériterait de figurer au palmarès.

    Ci-dessus, la descente des marches de l'équipe de "La frontière de l'aube" de Philippe Garrel au rythme mélancolique des violons...

    3/Pour les spectateurs avertis et avec des réserves je recommanderais le film d'ouverture de la section Un Certain Regard 2008 intitulé "HUNGER" d'ALEXANDER MC QUEEN

    Projection à Paris Cinéma: le 11 juillet à 21H30 au MK2 Bibliothèque

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    L'équipe de "Hunger" saluée par "Thierry Frémaux", sur scène, à l'issue de la projection, photo "In the mood for Cannes"

    C’est avec des applaudissements d’impatience que la salle a accueilli Thierry Frémaux venu  pour ouvrir cette sélection Un Certain Regard 2008. Le festivalier n’aime pas attendre, toujours affamé de l’instant d’après, du film d’après, de l’émotion d’après qu’il ingurgitera et occultera déjà dans l’espoir de la suivante. Après s’être excusé d’avoir été retardé par un panda (à Cannes, nous avons pour principe de trouver l’incongru normal), un panda donc, après avoir salué la présence de Sergio Casttellito dans la salle (membre du jury longs-métrages), après avoir salué les membres du jury de la caméra d’or, avoir fait un clin d’œil aux Cahiers du Cinéma en évoquant les difficultés que connaît actuellement le journal (en saluant Jean-Michel Frodon, membre du jury de la Caméra d’or), le tout sans vraiment reprendre son souffle, après avoir ironisé sur le fait d’avoir Steve Mc Queen et Fassbinder pour ce 61ème festival (respectivement noms du réalisateur du film et d’un de ses interprètes principaux qui se nomme en réalité Fassbender),Thierry Frémaux a appelé sur scène le Steve Mc Queen en question venu présenter son premier film qui concourt ainsi pour la caméra d’or. A peine ce dernier avait-il eu le temps d’évoquer le "miroir du monde" que représente le cinéma que Thierry Frémaux a lancé la projection interrompant un discours réduit à une phrase.

    Après « Blindness » ce film "Hunger" en ouverture d’un Certain Regard,  en est à la fois l’écho et le contraire, donnant le ton  réaliste et politique, radical et sombre, carcéral même ( dans les deux cas des hommes se retrouvent face à l'inhumanité et dans un univers carcéral) de cette 61ème édition. C’’est en effet un film d’une radicalité éprouvante qui a été choisi pour faire l’ouverture d’Un Certain Regard mais avec aussi peu de didactisme que "Blindness" en faisait preuve avec excès, avec tellement de force de conviction que Blindness en était dépourvu .

    Pitch : Prison de Maze, Irlande du Nord, 1981. Raymond Lohan est surveillant, affecté au sinistre Quartier H où sont incarcérés les prisonniers politiques de l'IRA qui ont entamé le "Blanket and No-Wash Protest"   (une couverture pour seul vêtement et l’abandon de l’hygiène de base) pour témoigner leur colère. Détenus et gardiens y vivent un véritable enfer. Le jeune Davey Gillen vient d'être incarcéré. Il refuse catégoriquement de porter l'uniforme réglementaire car il ne se considère pas comme un criminel de droit commun. Rejoignant le mouvement du Blanket Protest, il partage une cellule répugnante avec Gerry Campbell, autre détenu politique, qui lui montre comment passer des articles en contrebande et communiquer avec le monde extérieur grâce au leader Bobby Sands qu'ils croisent lors de la messe dominicale. Lorsque la direction de la prison propose aux détenus des vêtements civils, une émeute éclate. Au cours des échauffourées, les prisonniers détruisent les cellules neuves où ils avaient été installés. La rébellion est matée dans le sang. La violence fait tache d'huile et plus aucun gardien de prison n 'est désormais en sécurité. Raymond Lohan est abattu d'une balle dans la tête. Bobby Sands s'entretient alors avec le père Dominic Moran. Il lui annonce qu'il s'apprête à entamer une nouvelle grève de la faim afin d'obtenir un statut à part pour les prisonniers politiques de l'IRA. La conversation s'enflamme. Malgré les objections du prêtre, qui s'interroge sur la finalité d'une telle initiative, Bobby est déterminé : la grève de la faim aura lieu ...

    Lors de la conférence de presse du jury Sean Penn a déclaré que « Quel que soit notre choix pour la palme d’or, il y a une chose sur laquelle nous sommes tous d’accord : nous devons être certains que le cinéaste concerné est tout à fait conscient du monde dans lequel il vit ». Si « Hunger » avait été dans la compétition que juge le jury présidé par Sean Penn nul doute qu’il se serait inscrit dans cette catégorie. Si quelques phrases nous présentent le contexte historique en préambule, « Hunger » a en effet une portée universelle et intemporelle, et une résonance tragiquement actuelle.

    C’est d’abord le silence qui nous frappe, la violence latente, contenue, sous-jacente annoncée par des mains blessées jusqu’au sang qu’un gardien lave aussi méthodiquement qu’il enlevait quelques miettes tombées sur ses genoux quelques instants auparavant. Le malaise est d’ores et déjà palpable puis Mc Queen nous plonge progressivement dans l’univers carcéral avec ces hommes au regard  hagard, traqué et fou de détermination.

    La violence est soulignée par des sons stridents qui alternent avec des silences assourdissants, des souffles entrecoupés. Les scènes de violence sur les prisonniers, frénétiques, bruyantes, alternent avec des plans immobiles encore plus violents que les premiers par l’écho cynique qu’ils en donnent alors.

     Si j’ai  aussi comparé "Hunger" avec « Blindness », c’est parce que les silences sont ici plus éloquents que la voix off si tonitruante dans « Blindness », c’est parce que tout est dit tout en ne disant rien, c’est parce que la violence, radicale, n’est jamais gratuite ou autrement là que pour servir le propos, nous montrer ses hommes asservis par leurs bourreaux et par eux-mêmes, guidés par un idéal plus fort que l’emprisonnement et la vie.

     Réaliste et onirique (une plume, un flocon de neige, un insecte témoignent du regard sensible du plasticien que Mc Queen est d’abord).  Bruyant et silencieux. Violent et idéaliste. Silencieux et si parlant. Mc Queen joue des contrastes avec un talent saisissant comme ces longs plans fixes qui augmentent encore l’impact du surgissement de la violence (et la crainte de ce surgissement), et l’impact du propos.

     Le temps me manque pour vous parler de ce film aux accents loachiens dans son propos et sa force de conviction mais singulier dans sa mise en forme, révélant  par le regard pourtant si humain du cinéaste une inhumanité glaciale et glaçante : celle de la répression impitoyable des prisonniers politiques que la froideur de la réalisation parsemée de moments d’onirisme souligne intelligemment.

     Au bout de ce long tunnel se trouve une lueur dans un regard d’enfant, la lumière du jour, un souffle qui s’éteint et un autre qui proclame sa rage de vivre, de se battre, qui valaient la peine d’endurer ce film (pour le spectateur) et ce combat pour ses protagonistes semble nous souffler Mc Queen.

    Il ne serait pas étonnant que la radicalité signifiante et l’âpreté de « Hunger »  plaisent au cinéaste Bruno Dumont, véritable écho à son propre cinéma.  A suivre lors de l'annonce du palmarès Un Certain Regard samedi de la semaine prochaine...

    4/Je vous recommande également le documentaire de François Depardon projeté à Un Certain Regard et ironiquement intitulé "LA VIE MODERNE" DE RAYMOND DEPARDON, un bijou d'humour, de véracité, et d'empathie

    Projection à Paris Cinéma: le 2 juillet à 20H au MK2 Bibliothèque

    la vie moderne.jpg
    JE VOUS RECOMMANDE EGALEMENT:

    lieutenant.jpg5/ Je vous recommande également l'HOMMAGE A NATHALIE BAYE à l'occasion duquel seront projetés de nombreux nuit américaine.jpgfilms de cette dernière, au cinéma l'Arlequin, rue de Rennes. Cliquez ici pour avoir le programme. Je vous recommande notamment "La Balance" de Bob Swaim, "La nuit américaine" de François Truffaut, "Le petit lieutenant" de Xavier Beauvois... Un débat avec l'actrice animé par Jean-Pierre Lavoignat sera organisé à la BNF le 5 juillet à 17H et "Les Bureaux de Dieu" de Claire Simon seront projetés en avant-première à l'Arlequin le 5 juillet à 20H en présence de Nathalie Baye.

    6/Enfin je vous recommande "LA PISCINE" DE JACQUES DERAY, film projeté plusieurs fois dans le cadre de l'hommage à Jean-Claude Carrière

    Pour le reste, je vous recommande de faire votre propre programme à partir du site officiel du Festival Paris Cinéma.

    Autres liens: Paris Cinéma 2007 sur "In the mood for cinema"

    Paris Cinéma 2006 sur "In the mood for cinema"

  • "Passe passe" de Tonie Marshall

    818997253.jpgAlors que le Festival de Cannes choisissait habituellement des icônes cinématographiques féminines glamour internationalement renommées comme maîtresses de cérémonies de l’ouverture et de la clôture, le Festival et Canal plus ont cette année eu la judicieuse idée de choisir Edouard Baer comme maître de cérémonie, déjà habitué des présentations dans des atmosphères plutôt fraîches avec les César. Il succède ainsi à Diane Krüger et aura donc la lourde tâche d’affronter le public majoritairement blasé et de réchauffer l’atmosphère glaciale du Grand Théâtre Lumière du palais des festivals avec son humour savoureusement décalé, parfois noir, dont nous espérons qu’il ne se départira pas pour l’occasion. Après Vincent Cassel en 2006, ce sera seulement le deuxième homme à présenter ces cérémonies.

    Cela tombe bien non seulement parce qu’Edouard Baer devrait savoir dérider cet exigeant public mais aussi parce qu’il est actuellement à l’affiche de deux films : « J’ai toujours rêvé d’être un gangster » de Samuel Benchetrit et « Passe-passe » de Tonie Marshall. Je n’ai pour le moment vu que le second dans lequel le duo qu’il forme avec Nathalie Baye constitue le principal intérêt du film.

     Edouard Baer y incarne ainsi Darry Marzouki, prestidigitateur au chômage qui a volé la BMW de son colérique beau-frère (Joeystarr) sur un coup de tête. Avant qu’il n’ait eu le temps de faire part de son  (dés)accord, Irène Montier-Duval (Nathalie Baye) monte dans sa voiture et lui propose de le payer pour qu’il l’aide à fuir à Genève. Elle a en effet servi d’intermédiaire dans une vente d’armes entre un Ministre français (Guy Marchand) et la Corée et est convoquée par la justice. Darry accepte finalement, en échange Irène devra payer l’institution  dans laquelle sa mère  Madeleine, atteinte de la maladie d’Alzheimer (Bulle Ogier, rôle qu’elle interprétait déjà dans « Faut que ça danse » de Noémie Lvovsky), a été placée. Pour refuser son offre, Darry a d’abord prétexté être un militant alter-mondialiste se rendant à Locarno pour un sommet. Ils vont passer 3 jours ensemble poursuivis par les Coréens, la DST, le Ministre et le beau-frère!

    Dommage ! Voilà ce qu’on se dit en sortant de ce tour de passe-passe de 1H33. Dommage parce que Nathalie Baye y est exceptionnelle, y démontre encore une nouvelle facette de son talent que Tonie Marshall nous avait déjà permis d’entrevoir dans « Vénus Beauté » et que Noémie Lovsky avait également mise en valeur dans « Les sentiments », capable de jouer avant autant de naturel désarmant les femmes fantaisistes, la mère de Di Caprio dans un film de Spielberg (« Arrête-moi si tu peux ») ou les femmes flics rongés par l’alcool et l’âpreté de l’existence (« Le petit lieutenant » de Xavier Beauvois). Elle interprète ici une femme sûre d’elle, enquiquineuse exemplaire, qui se mêle de tout, surtout de ce qui ne la regarde pas, une aventurière égocentrique et fantasque, dont la fragilité qui affleure, à peine, la rend finalement sympathique. Elle a la désinvolture, le charme, la loufoquerie de ceux qui peuvent dire les pires atrocités et paraître encore plus aimables, malgré tout.

    299809311.jpgIl est aussi introverti, dépressif, indécis qu’elle est extravertie, fantaisiste et péremptoire. Il se fiche autant de son apparence qu’elle y accorde une importance capitale. Il se fait passer pour un militant alter-mondialiste, elle est libérale. Deux être très différents donc mais finalement semblables parce que décalés, joueurs, dotés d’une grâce juvénile, égarés dans l’existence, en décalage dans un monde qui voudrait ranger dans des cases trop étroites pour eux. Ils forment un duo au charme fantaisiste et la dérision d’Irène est communicative. Les bases de la comédie romantique avec ses deux protagonistes atypiques, différents l’un de l’autre mais faits l’un pour l’autre étaient pourtant là. Pourquoi dommage alors ?

    Dommage parce que le scénario abracadabrantesque ET inexistant n’est pas à la hauteur de ces deux personnages et de ces deux acteurs à l’énergie débordante. Les  ventes d’arme, le scandale politique, le syndrome Gilles de la Tourette (ah oui, dans l’institution dans laquelle sa mère est logée Darry tombe amoureux d’une jeune malade jouée  par Mélanie Bernier atteinte de ce syndrome…), Alzheimer, Christine Deviers-Joncour, et même Darry Cohl c’est  beaucoup pour un seul film ! Surtout quand celui-ci se veut plutôt léger. Les deux personnages principaux étaient suffisamment intéressants pour que ne leur soient pas ajoutés tous ces artifices « dans l’air du temps ». Le film brasse par ailleurs trop de genres : road movie, comédie romantique, film politique, chronique sur les maladies mentales (le film commence d’ailleurs de manière grave avec le placement de la mère de Darry en institution).

    Dommage encore que le film ressemble autant à un film publicitaire (la clé USB, le sac et les vêtements de marque Hermès allègrement citée, la BMW…) à l’exemple des comédies romantiques américaines truffées de noms de marques. Dommage parce que les répliques cinglantes de la décalée, voire déjantée, Irène constituaient un bon début.  Un film qui brasse trop de thèmes pour finalement nous désintéresser de l’intrigue politique, on ne croit ainsi jamais vraiment au danger aléatoire ni aux personnages secondaires, et Irène ne semble guère y croire non plus.

     On se demande pourquoi Tonie Marshall a proposé ce rôle de beau-frère violent à Joeystarr qui relève du clin d’œil et qui aurait certainement été plus intéressant dans un contre-emploi que dans la caricature (même réussie) de lui-même. Malgré le talent de leurs interprètes, les rôles de Maurice Bénichou et de Guy Marchand, un peu trop nonchalant  et dégingandé pour un Ministre, manquent de crédibilité et de conviction.

    Dommage encore parce que Tonie Marshall aime ses acteurs et nous le fait sentir malgré tout. Edouard Baer montre lui aussi une nouvelle facette de son talent avec une mélancolie attendrissante qui lui sied parfaitement.

    A voir seulement pour le numéro, non pas de passe-passe (avec un dénouement totalement anecdotique, alambiqué, improbable) mais d’acteurs, de Nathalie Baye et Edouard Baer, qui vaut le détour et  parce qu’un air de Sinatra, forcément nostalgique et envoûtant, est toujours une bonne raison de se déplacer …

    Sandra.M