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  • Critique de OPERATION FINALE de Chris Weitz (film de clôture du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018)

    opération finale 2

    Synopsis : Quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les agences de renseignement et de sécurité intérieure israéliennes, le Mossad et le Shin Bet, dirigées par le courageux et déterminé agent Peter Malkin, échafaudent une mission secrète afin de capturer le tristement célèbre Adolph Eichmann. Déclaré mort lors du chaos qui a suivi la chute de l'Allemagne nazie, il vit et travaille désormais sous une nouvelle identité dans la banlieue de Buenos Aires en Argentine avec sa femme et ses deux fils…

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    C’est Ben Kingsley à qui incombe la douloureuse responsabilité d’incarner Adolf Eichmann. Si à l’image du film d’ouverture, le sujet de ce film de clôture est passionnant, ce qui aurait pu être un thriller historique palpitant ne parvient jamais à nous captiver entièrement malgré son excellent casting. Le rappel des atrocités commises par le régime nazi et en particulier celles dont Eichmann fut responsable justifie pourtant à lui seul la nécessité d’un tel film, d’autant plus ces derniers temps où les ignominies du passé s’évanouissent dans les méandres du temps ou, au contraire, inspirent de sinistres individus. Ce film sera disponible sur Netflix le mercredi 3 octobre 2018.

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  • PRIX D’ORNANO-VALENTI : LES CHATOUILLES d’Andrea Bescond et Antoine Metailler (Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018)

    Le prix d’Ornano-Valenti, chaque année, promet de belles découvertes et c’est une projection que je ne manque jamais tant ce prix est toujours gage de talent. Créé en 1991 par les compagnies membres de la Motion Picture Association (MPA) – association regroupant six studios de production et de distribution de films américains –, le Prix Michel d’Ornano – dédié à la mémoire de l’ancien ministre, maire de Deauville et cofondateur du Festival du Cinéma Américain – récompense un premier film français, dans le but d’aider à sa reconnaissance, sa promotion et son exportation. En 2015, le Prix est rebaptisé Prix d’Ornano-Valenti en hommage conjoint à Jack Valenti, initiateur du Prix, et à l’amitié qui unit en son temps les deux hommes et leurs familles, tous très attachés au Festival du Cinéma Américain de Deauville. Parmi les lauréats : Stéphane Brizé, Thomas Bidegain et Guillaume Gallienne…!

    affiche les chatouilles

    Synopsis : Odette a huit ans, elle aime danser et dessiner. Pourquoi se méfierait-elle d’un ami de ses parents qui lui propose de « jouer aux chatouilles » ? Adulte, Odette danse sa colère, libère sa parole et embrasse la vie…

    Ce film, à l’image de son titre qui illustre normalement un jeu enfantin, « joue » constamment avec le dispositif cinématographique recourant au théâtre et à la danse pour exprimer l’indicible. Les Chatouilles est l’adaptation cinématographique du spectacle de théâtre et de danse imaginé par la chorégraphe et comédienne Andréa Bescond avec le metteur en scène Eric Métayer, d’après sa propre histoire. Celle d’une petite fille de huit ans qui joue dans sa chambre, insouciante et tranquille, quand un ami de la famille, celui que tout le monde trouve si affable, lui demande si elle veut « des chatouilles ». Ainsi nomme-t-il ce qui sera le début de viols répétés et réguliers. Malgré la poésie et l’humour qui jalonnent ce film, le spectateur devient un témoin révolté et silencieux espérant qu’un jour un adulte découvrira l’horrible vérité. Mais la petite fille devra attendre d’être devenue une adulte pour que la vérité soit révélée, lorsqu’elle parviendra enfin à parler grâce à une psy avec laquelle elle rembobine le fil de sa vie, et de cette tragédie qui l’a brisée, de ce traumatisme enfoui, qu’elle tentera d’abord de noyer dans la drogue, l’alcool et les rencontres d’un soir. De belles idées de mise en scène permettent d’insuffler de la fantaisie dans la noirceur, le récit n’en est pas moins fort et bouleversant. Au contraire. Quand les mots rendent impossible l’expression de l’horreur, de l’impensable, reste la danse (dont elle fera son métier), salutaire, qui permet d’exprimer la détresse et la rage contenues, les soubresauts de ce corps meurtri. Autour d’elle, outre le violeur (incarné par Deladonchamps tétanisant avec sa fausse bonhomie), le père aimant et bienveillant (Clovis Cornillac), le seul qui demandera pardon, la mère cassante et glaçante ( incarnée par Karin Viard, toujours aussi remarquable, sur les épaules de laquelle on imagine aussi peser un lourd passé) qui, même une fois la vérité révélée, au lieu de se révolter contre l’agresseur et d’entourer sa fille d’amour préfèrera lui reprocher, obsédée par ce que « diront les gens », l’ami (Gringe), et l’amoureux Lenny (remarquable Grégory Montel). Ce film est aussi lumineux et solaire que la réalité de l’héroïne est sombre et brutale. La fin est bouleversante parce qu’elle montre que la lumière peut se trouver au bout du tunnel. Si cela a autant bouleversé les festivaliers qui ont réservé une retentissante standing ovation à l’équipe, c’est sans doute aussi parce que cette possibilité d’une résilience touche les victimes de toutes sortes de blessures intimes et de traumatismes.

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    A noter : sur me même thème en compétition était projeté THE TALE de Jennifer Fox, un film là aussi très personnel sur un traumatisme subi par la réalisatrice pendant son adolescence. Jennifer Fox, elle-même documentariste comme son héroïne, réalise son premier long métrage en s’inspirant de sa propre histoire. Son personnage se nomme ainsi Jenny Fox. The Tale évoque là aussi les effets d’un viol, 35 ans après (tellement violent qu’il lui faudra toutes ces années pour comprendre que sa mémoire l’a transformé en conte pour édulcorer la terrible réalité).

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  • Hommage à Morgan Freeman ( Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018)

    HOMMAGE A MORGAN FREEMAN

    Un mot à transmettre à Donald Trump ? La réaction de l’acteur.

    Ce que fait Morgan Freeman lorsqu'il ne tourne pas.

    Les réalisateurs français selon Morgan Freeman.

    Morgan Freeman évoque son amour de la France.

    Les films préférés de Morgan Freeman.

    Ce qu'a ressenti Morgan Freeman en allant sur les plages du débarquement et au cimetière militaire.

    Les films dont Morgan Freeman est le plus fier.

     

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  • Critique de THUNDER ROAD de Jim Cummings (Compétition – Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018)

     

    thunder road

    Synopsis : L'histoire de Jimmy Arnaud, un policier texan qui essaie tant bien que mal d'élever sa fille. Le portrait tragi-comique d'une figure d'une Amérique vacillante.

    Thunder road est un film très différent des autres longs métrages de la compétition de ce 44ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Très différent en apparence seulement. Comme les autres, il dépeint en effet un personnage englué dans une quotidienneté étouffante. Comme les autres, il appelle à une nécessaire évasion. La comparaison s’arrête là car en effet, Jim Cummings est « une comète » qui a débarqué sur la planète cinéma et risque de ne pas en partir de sitôt tant son talent (de cinéaste, d’auteur et d’acteur) crève l’écran. Tout commence par un sidérant plan-séquence de plus de dix minutes qui était au départ le sujet d’un court-métrage de Jim Cummings qui lui valut une récompense à Sundance en 2016. La caméra passe fugacement sur l’assemblée d’un enterrement avant de s’attarder sur le fils de la défunte vêtu de son uniforme de policier. Il commence alors un long monologue tandis qu’un lent travelling avant nous rapproche doucement comme pour mieux débusquer les fêlures de plus en plus apparentes au fur et à mesure que le discours fantasque se déroule. Et comme tout le reste du film, autant dans son montage que dans les réactions de son personnage, Thunder road nous embarque toujours là où on ne l’attend pas. Ainsi, nous n’entendrons jamais la chanson de Bruce Springsteen qui donne son nom au film (le radio cassette enfantin qui aurait dû le diffuser pendant l’enterrement ne démarrera jamais). Ce discours d’ouverture totalement décalé, entre digressions, larmes, et pas de danse totalement improbables, nous place d’emblée en empathie avec le personnage principal, totalement démuni face à ce deuil. Tenter de danser devant un cercueil, quelle belle et déchirante métaphore de l'existence, non ? Il sera d’ailleurs de tous les plans. Et les réactions à ses fantaisies burlesques sont toujours ou presque hors champ. Il semble tenter en vain et seul contre tous de sortir de ce cadre (de cinéma et de vie) qui l’étouffe, ne lui laisse pas de répit, comme une distorsion de la réalité. Sa vie est en effet devenue un cauchemar. Dans ce cauchemar qui l’emprisonne, la folie n’est pas bien loin, qui guette. Son univers s’est écroulé avec la mort de sa mère et il ne sait plus comment gérer ses émotions dévastatrices que son éducation lui a probablement appris à masquer et qui le submergent. « On fait tous son deuil différemment on est tous uniques, il n'y a pas de bonne façon ou de mauvaise façon», entend-on dans la première partie du film qui est aussi la démonstration de cette impossibilité de faire face quand on est confronté à l’impensable. Thunder road, la chanson de Springsteen invite à découvrir le monde et à quitter la petite ville dont il est question comme un écho à ce « tu veux qu’on s’évade ? » de Jimmy Arnaud à sa fille. Certains spectateurs ou commentateurs y ont vu une farce tragi-comique. J’y ai surtout vu le bouleversant (et certes fantasque) portrait d’un homme désorienté et, au-delà, d’une Amérique déboussolée de laquelle une évasion semble possible, ou en tout cas un lendemain plus joyeux comme nous le dit cet ultime scène et ce regard final dans lequel passe une multitude d’émotions, nous étreignant nous aussi d’émotions. En plus de toutes les casquettes évoquées par Sandrine Kiberlain, Jim Cummings est aussi le musicien de son film…le tout pour un budget de 180000 euros. N’attendez pas pour découvrir ce film singulier (encore à l’affiche). Je vous le garantis, vous serez à votre tour charmé par ce personnage aussi excessif que fragile, dérouté que déroutant, interprété par un artiste plein d’énergie et de fantaisie dont, sans aucun doute, ce film signe la prometteuse éclosion.

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