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inglourious basterds - Page 2

  • Sortie du DVD et Blu-ray d'"Inglourious basterds" de Quentin Tarantino

    A l'occasion de la sortie en DVD et Blu-ray, hier, du n°2 de mon top 10 de cette année 2009, le chef d'oeuvre de Quentin Tarantino, "Inglourious basterds", je vous propose d'en revoir un réjouissant extrait, ci-dessous.

    Cliquez ici pour lire ma critique d'Inglourious basterds de Quentin Tarantino

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    Lien permanent Imprimer Catégories : IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) Pin it! 0 commentaire
  • Les meilleurs films de l'année 2009 selon inthemodforcinema.com

    revolutionary.jpgVous trouverez, ci-dessous, mon top 10 de cette année cinématogaphique 2009, un classement entièrement subjectif à partir des films que je vous ai recommandés cette année (que vous pouvez retrouver dans la colonne de gauche de ce blog dans la catégorie "Les films de 2009 à ne pas manquer"). 

     Sans doute ceux qui apparaissent dans ce classement sont-il ceux qui m'ont laissée la plus forte impression, les deux premiers d'entre eux ("Les Noces rebelles" de Sam Mendes et "Inglourious basterds" de Quentin Tarantino) atteignant pour moi la perfection à bien des égards et correspondant à la définition de chef d'oeuvre, je pourrais ajouter dans cette catégorie de chef d'oeuvre "Le ruban blanc" de Michael Haneke qui ne doit sa 7ème place qu'au caractère plus subjectif de l'émotion et à son austérité (par ailleurs entièrement justifiée par le fond) même si j'en reconnais la perfection, scénaristique et visuelle.

    En cliquant sur les titres des films, vous pourrez accéder à mes critiques de ceux-ci.

    En cliquant ici pous pourrez par ailleurs accéder à mon bilan détaillé de l'année cinématographique 2009 (une version courte sera prochainement publiée).

    Vos propres classements (dans les commentaires) sont les bienvenus!

    Suite à ce classement, je vous ai remis mon top 20 de la décennie (dans le désordre) et mon top 10 (dans l'ordre) à la suite desquelsl vous pouvez également donner votre propre classement de ces 10 dernières années ...

    Mon top 10 de l'année cinématographique 2009:

    1. "Les Noces rebelles" de Sam Mendes

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    2. "Inglourious basterds" de Quentin Tarantino

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    3. "Je l'aimais" de Zabou Breitman

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    4. "L'Etrange histoire de Benjamin Button" de David Fincher

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    5. "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar

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    6. "Gran Torino" de Clint Eastwood

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    7. "Le ruban blanc" de Michael Haneke

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    8. "Un Prophète" de Jacques Audiard

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    9. "Les chats persans" de Bahman Ghobadi

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    10. "Slumdog millionaire" de Danny Boyle

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    Mon top 20 de la décennie (sans ordre particulier):

    « Match point » de Woody Allen

    « Le Goût des Autres » d’Agnès Jaoui

    « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » d’Andrew Dominik

    « Les Noces Rebelles » de Sam Mendès

    “In the mood for love” de Wong Kar Wai

    “Elephant” de Gus Van Sant

    « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain » de Jean-Pierre Jeunet

    « Valse avec Bachir” d’Ari Folman

    « Two lovers » de  James Gray

    « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino

    « Sur mes lèvres » de Jacques Audiard

    « Le Pianiste » de Roman Polanski

    « Lost in translation » de Sofia Coppola

    “La Vie des autres” de Florian Henckel von Donnersmarck

    “ Etreintes brisées ” de Pedro Almodovar

    « Printemps, été, automne, hiver et printemps » de Kim Ki Duk

     « Good bye Lenin » de Wolfgang Becker

    « Memento » de Christopher Nolan

    « Babel » d’Alejandro Gonzales Inarritu

    « L’Enfant » de Jean-Pierre et Luc Dardenne

     

    Mon top 10 de la décennie (dans l'ordre cette fois):

     

    1. Match point (Woody Allen)
    2. Le goût des autres (Agnès Jaoui)
    3. Babel (Alejandro Gonzales Inarritu)
    4. Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet)
    5. L'assassinat de Jesse James par lâche Robert Ford (Andrew Dominik)
    6. In the mood for love (Wong Kar Wai)
    7. Les Noces rebelles (Sam Mendes)
    8. Inglourious basterds (Quentin Tarantino)
    9. L'Enfant (Jean-Pierre et Luc Dardenne)
    10. Elephant (Gus Van Sant)

     

     

    et si, de cette décennie, il ne fallait en garder qu'un seul, ce serait:

     

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    A suivre prochainement : un bilan plus personnel de l'année 2009...

  • Liste des nommés aux Golden Globes 2010

    goldenglobes.jpgVous trouverez, ci-dessous, la liste des principaux nommés aux 67ème Golden Globes.

    Deux ans après sa récompense pour "La Môme", la Française Marion Cotillard est de nouveau nommée, cette fois pour la récompense de meilleure actrice dans une comédie ou une comédie musicale pour son rôle dans la comédie musicale "Nine" de Rob Marshall, face à Sandra Bullock, Julia Roberts et Meryl Streep! Ce film qui sortira en France en mars 2010 est basé sur "8 et demi" de Fellini. Une nomination prometteuse, les Golden Globes préfigurant en général les nominations aux Oscars.

    Une autre nomination prometteuse: celle d' "Un Prophète" de Jacques Audiard qui devra néanmoins faire face aux "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar et au "Ruban blanc" de Michael Haneke, comme à Cannes où Michael Haneke avait remporté la palme d'or.

    Enfin, Quentin Tarantino pourrait recevoir les récompenses que la Croisette ne lui a pas décernées pour "Inglourious Basterds", nommé comme "meilleur film dramatique", meilleur réalisateur, meilleur scénario, Christoph Waltz, prix d'interprétation du Festival de Cannes 2009, est par ailleurs nommé comme... meilleur second rôle masculin.

    Réponses: le 17 janvier 2010!

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    Meilleur film dramatique :

    Avatar, James Cameron - Démineurs , Kathryn Bigelow - Up in the Air , Jason Reitman - Inglourious Basterds Quentin Tarantino - Precious , Lee Daniels.

    Meilleure actrice dans un film dramatique :

    Emily Blunt, Victoria, les jeunes années d'une reine - Sandra Bullock, The Blind Side - Helen Mirren, The Last Station - Carey Mulligan, Une éducation - Gabourey Sidibe, Precious .

    Meilleur acteur dans un film dramatique :

    Jeff Bridges, Crazy Heart - George Clooney, Up in the Air - Colin Firth, A Single Man - Morgan Freeman, Invictus - Tobey Maguire, Brothers .

    Meilleure comédie ou comédie musicale :

    (500) jours ensemble , Marc Webb - Julie & Julia , Nora Ephron - Nine , Rob Marshall - Pas si simple , Nancy Mayers - Very Bad Trip , Todd Phillips.

    Meilleure actrice dans une comédie ou une comédie musicale :

    Sandra Bullock, La Proposition - Marion Cotillard, Nine - Julia Roberts, Duplicity - Meryl Streep, Julie & Julia - Meryl Streep, Pas si simple.

    Meilleur acteur dans une comédie ou une comédie musicale :

    Matt Damon, The Informant! - Daniel Day-Lewis, Nine - Robert Downey Jr., Sherlock Holmes - Joseph Gordon-Levitt, (500) jours ensemble - Michael Stuhlbarg, A Serious Man.

    Meilleur second rôle féminin :

    Penelope Cruz, Nine - Vera Farmiga, Up In the Air - Anna Kendrick, Up In the Air - Mo'Nique, Precious - Julianne Moore, A Single Man.

    Meilleur second rôle masculin :

    Matt Damon, Invictus - Woody Harrelson, The Messenger - Stanley Tucci, Lovely Bones - Christopher Plummer, The Last Station - Christoph Waltz, Inglourious Basterds .

    Meilleur réalisateur :

    Kathryn Bigelow, Démineurs - James Cameron, Avatar - Clint Eastwood, Invictus - Jason Reitman, Up In the Air - Quentin Tarantino, Inglourious Basterds.

    Meilleur scénario :

    Neill Blomkamp et Terri Tatchell, District 9 - Mark Boal, Démineurs - Nancy Meyers, Pas si simple - JAson Reitman et Sheldon Turner, Up In the Air - Quentin Tarantino, Inglourious Basterds

    Meilleur film en langue étrangère :

    Baaria , Giuseppe Tornatore (Italie) - Etreintes brisées , Pedro Almodovar (Espagne) - La Nana , Sebastian Silva (Chili) - Le Ruban blanc , Michael Haneke (Allemagne) - Un prophète , Jacques Audiard (France)

    Meilleur film d'animation :

    Coraline - Fantastic Mr. Fox - Là-haut - La Princesse et la Grenouille - Tempête de boulettes géantes

    Meilleure chanson originale :

    Cinema Italiano , Maury Yeston, Nine - I Want to Come Home , Paul McCartney, Everybody's Fine - I Will See You , James Horner, Simon Franglen, Kuk Harrell, Avatar - The Weary Kind , Ryan Bingham, T Bone Burnett, Crazy Heart - Winter , U2, Brothers.

    Télévision meilleure série dramatique :

    Big Love (HBO) - Dexter (Showtime) - Dr. House (Fox) - Mad Men (AMC) - True Blood (HBO)

    Meilleure actrice dans une série dramatique :

    Glenn Close, Damages - January Jones, Mad Men - Julianna Margulies, The Good Wife - Anna Paquin, True Blood - Kyra Sedgwick, The Closer.

    Meilleur acteur dans une série dramatique :

    Simon Baker, The Mentalist - Michael C. Hall, Dexter - Jon Hamm, Mad Men - Hugh Laurie, Dr. House - Bill Paxton, Big Love.

    Meilleure série comique ou musicale :

    30 Rock (NBC) - Entourage (HBO) - Glee (Fox) - Modern Family (ABC) - The Office (NBC).

    Meilleure actrice dans une série comique ou musicale :

    Toni Collette, United States of Tara - Courteney Cox, Cougar Town - Edie Falco, Nurse Jackie - Tina Fey, 30 Rock - Lea Michele, Glee .

    Meilleur acteur dans une série comique ou musicale :

    Alec Baldwin, 30 Rock - Steve Carell, The Office - David Duchovny, Californication - Thomas Jane, Hung - Matthew Morrison, Glee.

    Meilleur second rôle féminin dans une série, une minisérie ou un téléfilm :

    Jane Adams, Hung - Rose Byrne, Damages - Jane Lynch, Glee - Janet McTeer, Into the Storm - Chloë Sevigny, Big Love.

    Meilleur second rôle masculin dans une série, une minisérie ou un téléfilm :

    Michael Emerson, Lost - Neil Patrick Harris, How I Met Your Mother - William Hurt, Damages - John Lithgow, Dexter - Jeremy Piven, Entourage .

  • Un bref extrait de ma critique d'"Inglourious Basterds" de Tarantino, critique à l'honneur dans Studio Cinélive

     Le magazine Studio Cinélive (dont je vous parlais d'ailleurs, ici, il y a quelques jours à une autre occasion, la sortie de son hors série sur les légendes du cinéma que je vous recommande de nouveau) met chaque mois une critique de lecteur à l'honneur. J'avais donc envoyé ma critique d'"Inglourious Basterds", un film pour lequel j'avais envie de partager une nouvelle fois mon enthousiasme débordant. Si  le choix de ma critique pourrait s'avérer flatteuse, il est dommage que cette critique de deux pages ait été réduite à 15 lignes et à un extrait de l'introduction et à un extrait de la conclusion (pour des raisons de place que je comprends évidemment), selon moi les passages les moins intéressants et sans grande signification sans ce qui les suit et les précède (mais n'est-ce pas là l'inconvénient des médias traditionnels par rapport à internet où finalement on peut prendre le temps d'exposer, d'expliquer alors que les premiers doivent constamment simplifier, édulcorer, réduire pour finalement souvent vider un évènement ou des propos de leur réelle signification, le souci de marquer, résumer, interpeller l'emportant souvent sur celui, alors secondaire, d'être fidèle à la réalité et/ou la vérité ?), c'est pourquoi, je vous mets de nouveau la critique en intégralité, ci-dessous:

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    Dans les coulisses du Grand Journal- Festival de Cannes 2009 - Diane Krüger et Quentin Tarantino

    (©Inthemoodforcinema.com)

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    Dans les coulisses du Grand Journal de Canal Plus, plage du Martinez- Festival de Cannes 2009- Christoph Waltz et Diane Krüger

    (©Inthemoodforcinema.com)

    Je vous ai déjà maintes fois parlé d' "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino depuis sa projection cannoise dont c'est un euphémisme de dire qu'elle m'a enthousiasmée. Si son acteur principal, Christoph Waltz, s'est vu (à juste titre) remettre le prix d'interprétation masculine, une palme d'or aurait également été amplement méritée même si le jury  a préfèré à la flamboyance tanrantinesque l'austérité du "Ruban blanc" de Michael Haneke qui, malgré ses nombreuses qualités, aurait peut-être davantage mérité un grand prix ou un prix du jury.

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    Brad Pitt, Quentin Tarantino, Mélanie Laurent à la sortie de la conférence de presse cannoise

    (©Inthemoodforcinema.com)

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    (©Inthemoodforcinema.com)

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    (©Inthemoodforcinema.com)

    La sortie du film, dans une semaine (le 19 août) est pour moi l'occasion de vous en parler à nouveau et de vous encourager vivement à aller le voir. J'ignore ce que donne ce nouveau montage de 2H28 (ont notamment été rajoutées les scènes coupées de Maggie Cheung , scènes qui, selon la rumeur, auraient été coupées pour ne pas froisser la susceptibilité de la présidente du jury Isabelle Huppert qui devait initialement interpréter son rôle), le premier me paraissait déjà irréprochable.

    Si j'ai ajouté un point d'interrogation au titre de cet article, c'est simplement pour avoir votre avis à la suite de cette note car ma réponse est indubitablement positive.

    Je vous propose donc, de nouveau, ci-dessous, ma critique publiée lors du dernier Festival de Cannes:

    CRITIQUE D'"INGLOURIOUS BASTERDS" DE QUENTIN TARANTINO

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    Bien sûr, j’ai été envoûtée par la poésie et la mélancolie sensuelles des « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar ( sur lequel je reviendrai et avec lequel le film de Tarantino présente d’ailleurs quelques similitudes), bien sûr j’ai été enthousiasmée par la précision remarquable de la réalisation de Jacques Audiard mais le film de Quentin Tarantino est le premier de ce festival et peut-être même le premier film depuis un moment à m’avoir ainsi hypnotisée, captivée, étonnée de la première à la dernière seconde. Le premier film depuis longtemps que j’avais envie de revoir à peine le générique achevé.

     

    Pitch : Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa ( Christoph Waltz). Shosanna (Mélanie Laurent) s’échappe de justesse et s’enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d’une salle de cinéma. Quelque part, ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement  sanglantes contre les nazis. « Les bâtards », nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l’actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark (Diane Krüger) pour tenter d’éliminer les dignitaires du troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l’entrer du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle.

     

    De ce film, très attendu et seul film américain de cette compétition officielle 2009, je n’avais pas lu le pitch, tout juste vu la bande-annonce qui me faisait craindre une grandiloquence maladroite, un humour douteux, voire indécent sur un sujet délicat. Je redoutais, je pensais même détester ce film et ne m’attendais donc pas à ce que la première séquence (le film est divisé en 5 chapitres qui correspondent aux parcours de 5 personnages) me scotche littéralement à l’écran dès la première seconde, à ne plus pouvoir m’en détacher jusqu’à la dernière ligne du générique.

     

    L’un des premiers plans nous montre une hache dans un univers bucolique que la caméra de Tarantino caresse, effleure, esquisse et esquive : finalement ce simple plan pourrait résumer le ton de ce film, où la menace plane constamment, où le décalage est permanent, où toujours le spectateur est sur le qui-vive, la hache pouvant à chaque instant venir briser la sérénité. Cette première séquence dont nous ne savons jamais si nous devons en rire, ou en frissonner  de plaisir (parce qu’elle est jubilatoire à l’image de tout ce film, une première séquence au sujet de laquelle je ne vous en dirai pas plus pour maintenir le suspense et la tension incroyables qui y règne) ou de peur, est sans nul doute une des plus réussies qu’il m’ait été donné de voir au cinéma.

     

     Chaque séquence au premier rang desquelles la première donc recèle d’ailleurs cette même ironie tragique et ce suspense hitchcockien, le tout avec des plans d’une beauté, d’une inventivité sidérantes, des plans qui sont ceux d’un grand cinéaste mais aussi d’un vrai cinéphile (je vous laisse notamment découvrir ce plan magnifique qui est un hommage à « La Prisonnière du désert » de John Ford )  et d’un amoureux transi du cinéma. Rien que la multitude  de références cinématographiques mériterait une deuxième vision tant l’admiration et la surprise lors de la première empêchent de toutes les distinguer.

     

     Oui, parce que « Inglourious Basterds » est aussi un western. « Inglourious Basterds » appartient en réalité à plusieurs genres… et à aucun : western, film de guerre, tragédie antique, fable, farce, comédie, film spaghetti aussi. En fait un film de Quentin Tarantino .  (« Inglourious Basterds » est inspiré d’un film italien réalisé par Enzo G.Castellari). Un genre, un univers qui n’appartiennent qu’à lui seul et auxquels il parvient à nous faire adhérer, quels qu’en soient les excès, même celui de réécrire l’Histoire, même celui de se proclamer chef d’œuvre avec une audace et une effronterie  incroyables. Cela commence ainsi comme un conte  (« il était une fois »), se termine comme une farce.

     

    Avec quelle facilité il semble passer d’un ton à l’autre, nous faire passer d’une émotion à une autre, comme dans cette scène entre Mélanie Laurent et Daniel Brühl, dans la cabine de projection, une scène  qui, en quelques secondes, impose un souffle tragique poignant, époustouflant, d’un rouge éblouissant. Une scène digne d’une tragédie antique.

     

    Il y a du Hitchcock dans ce film mais aussi du Chaplin pour le côté burlesque et poétique et du Sergio Leone pour la magnificence des plans, et pour cet humour ravageur, voire du Melville aussi pour la réalisation, Meville à qui un autre cinéaste (Johnnie To) de cette compétition se référait d’ailleurs. Voilà, en un endroit tenu secret, Tarantino, après les avoir fait kidnapper et fait croire à leurs disparitions au monde entier, a réuni Chaplin,  Leone, et Hitchcock et même Melville et Ford, que l’on croyait morts depuis si longtemps et leur a fait réaliser ce film qui mêle avec brio poésie et sauvagerie, humour et tragédie.

     

    Et puis, il y a en effet le cinéma. Le cinéma auquel ce film est un hommage permanent, une déclaration d’amour passionnée, un hymne vibrant à tel point que c’est le cinéma qui, ici, va sauver le monde, réécrire la page la plus tragique de l’Histoire, mais Tarantino peut bien se permettre : on pardonne tout au talent lorsqu’il est aussi flagrant. Plus qu’un hommage au cinéma c’est même une leçon de cinéma, même dans les dialogues : « J’ai toujours préféré Linder à Chaplin. Si ce n’est que Linder n’a jamais fait un film aussi bon que « Le Kid ».  Le grand moment de la poursuite du « Kid ». Superbe . »  Le cinéma qui ravage, qui submerge, qui éblouit, qui enflamme (au propre comme au figuré, ici). Comment ne pas aimer un film dont l’art sort vainqueur, dans lequel l’art vainc la guerre, dans lequel le cinéma sauve le monde ?

     

     

    Comment ne pas non plus évoquer les acteurs : Mélanie Laurent, Brad Pitt, Diane Krüger, Christoph Waltz, Daniel Brühl y sont magistraux, leur jeu trouble et troublant procure à toutes les scènes et à tous les dialogues (particulièrement réussis) un double sens, jouant en permanence avec le spectateur et son attente. Mélanie Laurent qui a ici le rôle principal excelle dans ce genre, de même que Daniel Brühl et Brad Pitt qui, depuis « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », le chef d’œuvre d’Andrew Dominik ne cesse de prendre de l’épaisseur et nous surprendre.

     

    Que dire de la BO incroyable qui, comme toujours chez Tarantino, apporte un supplément de folie, d’âme, de poésie, de lyrisme et nous achève…

     

    Si Quentin Tarantino a déjà remporté la palme d’or en 1994 (et a notamment présidé le jury en 2004, remettant la palme d’or à Michael Moore pour « Fahrenheit 9/11 », il a également donné une leçon de cinéma l’an passé), il pourrait bien renouveler l’exploit. A défaut, il mériterait le prix de la mise en scène auquel pourraient également prétendre Jacques Audiard et Pedro Almodovar, deux films de ce point vue également parfaits... Il est en tout cas impossible qu’il ne figure pas au palmarès, même si les dissensions avec Isabelle Huppert qui avait effectué le casting pour « Inglourious Basterds » pourraient compliquer encore la tâche.

     

    Quentin Tarantino avec ce septième long-métrage a signé un film audacieux, brillant, insolent, tragique, comique, lyrique, exaltant, décalé, fascinant, irrésistible, cynique, ludique, jubilatoire, dantesque, magistral. Une leçon et une déclaration d’amour fou et d’un fou magnifique, au cinéma.  Ce n’est pas que du cinéma d’ailleurs : c’est un opéra baroque et rock. C’est une chevauchée fantastique. C’est un ouragan d’émotions. C’est une explosion visuelle et un ravissement permanent et qui font passer ces 2H40 pour une seconde !

     

     Bref, il se pourrait bien qu’il s’agisse d’un chef d’œuvre… Je vous laisse en juger par vous-mêmes lors de sa sortie en salles le 21 août et lors de la proclamation du palmarès de ce festival de Cannes 2009 dont il est impossible qu’il ne l’honore pas… A contrario de ses « bâtards sans gloire », Tarantino mérite indéniablement d’en être auréolé ! « Inglourious Basters » était le film le plus attendu de ce festival 2009. A juste titre.

     

    Qu’a pensé Pedro Almodovar, également présent  à la séance à laquelle j’ai vu ce film ? Sans doute que tous deux aiment passionnément le cinéma, et lui rendent un vibrant hommage  (la dernière réplique du film de Tarantino fait ainsi écho à celle de celui d’Almodovar).

     

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