Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

FESTIVAL DE CANNES 2012 - Page 3

  • Bilan et palmarès du 65ème Festival de Cannes : en attendant...

    affichecannes2012.png

    Accaparée par les projections et le trépidant rythme cannois, mes articles ont été cette année moins nombreux et plus courts que d’habitude, ayant préfèré vous livrer un compte-rendu a posteriori du festival, fidèle à mes impressions, plutôt que quelques lignes maladroites, confuses et imprécises. Le temps de trier toutes ces émotions, pas seulement cinématographiques, mes nombreux clichés, et vous retrouverez donc ici le compte-rendu complet habituel ainsi que des articles supplémentaires sur http://inthemoodlemag.com et http://www.inthemoodforcannes.com . En attendant, même si je rattrape encore deux films aujourd’hui (« Mud » et « Like someone in love »), et même si j’en aurai manqué quelques uns, je voulais vous livrer mon palmarès. Est-il besoin de préciser que cette sélection était d’une très grande qualité, un voyage déroutant et fascinant dans les cinématographiques, les espoirs et les blessures du monde entier ?

    Quête d’amour (parfois désespérée ), mise en abyme, et arrière-plan de crise économique sont sans doute les points commun des films en compétition de cette édition 2012. Cinq films dominent pour moi la compétition de cette année : « Vous n’avez encore rien vu » d’Alain Resnais (ma palme d’or), « De rouille et d’os » de Jacques Audiard (sans doute un prix d’interprétation pour un des deux acteurs principaux ou un prix du scénario), « Amour » de Michael Haneke (un grand prix ? Un prix d’interprétation pour Jean-Louis Trintignant ou Emmanuelle Riva ?), « Reality » de Matteo Garrone (prix du jury ? prix d’interprétation ? prix du scénario ?), « Après la bataille » de Yousry Nasarallah (pourquoi pas une palme d'or ou un grand prix ou un prix du scénario?) … à moins que les deux films que je verrai aujourd’hui modifient ce top 5.

    Mais il faudrait aussi citer « In another country » de Hong Sangsoo (prix du scénario ? prix d’interprétation pour Isabelle Huppert ?), "Dans la brume" de Loznitsa (un grand prix?), « Cosmopolis » de Cronenberg (prix d’interprétation pour Robert Pattinson qui m’a bluffée et qui est vraiment étonnant dans ce film sur lequel je reviendrai également). Quant au prix de la mise en scène, difficile d’établir un pronostic tant les films de cette édition témoignent de regards de cinéastes (y compris "Paradis: amour" que je n'ai pas encore cité) et surtout de regards de grands metteurs en scène, peut-être Alain Resnais s’il n’obtient pas la palme d’or que je lui souhaite.

    Quoiqu’il en soit, il serait étonnant, cette année, à nouveau, que le cinéma français ne figure pas au palmarès. Que ce soit le très beau film de Jacques Audiard dont je vous ai parlé le premier jour « De rouille et d’os », ou mon coup de cœur 2012 « Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais » (toute la distribution mériterait un prix d’interprétation collectif…pourquoi pas le prix du 65ème anniversaire ?), sans oublier les acteur français du film de Michael Haneke, en revanche j’avoue être restée totalement hermétique au film de Leos Carax « Holy motors » ( sur lequel je reviendrai également) dont le caractère égocentrique et présomptueux m'a empêché de l'apprécier pleinement. Nombreux sont ceux qui lui prédisent cependant une palme d’or (alors que je souhaiterais qu'il ne figure pas au palmarès, Denis Lavant qui y interprète une dizaine de rôles est aussi cependant un prétendant sérieux pour le prix d'interprétation)…

    Réponse ce soir en attendant le compte-rendu complet de mes palpitantes pérégrinations et découvertes cinématographiques. Je reviendrai sur les thématiques du festival, vous livrerai de nombreuses autres critiques, vous parlerai également d’évènements comme les 65 ans du festival ou de soirées, bref un compte-rendu plus dignement « in the mood for Cannes » que ces quelques lignes…

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL DE CANNES 2012 Pin it! 0 commentaire
  • Palmarès Un Certain Regard 2012

    Les journées d'un festivalier cannois se construisent à partir de choix cornéliens et cette année, je n'aurai malheureusement vu que deux fims de la sélection "Un Certain Regard": "A perdre la raison" de Joachim Lafosse et "Trois mondes" de Catherine Corsini. Je vous parlerai prochainement de l'un et de l'autre. Je me réjouis en tout cas qu'Emilie Dequenne (à qui Cannes porte décidément chance, on se souvient de son prix d'interprétation pour "Rosetta") ait obtenu le prix d'interprétation. Dans ce film, elle est une nouvelle fois sidérante, bouleversante, et d'une justesse renversante dans un rôle particulièrement complexe. Voici le communiqué de presse du festival au sujet du palmarès Un Certain Regard avant de vous parler plus longuement des films précités.

    Un Certain Regard 2012 a proposé 20 films réalisés par 26 réalisateurs venus de 17 pays différents.
    Quatre d’entre eux sont des premiers films.


    Présidé par Tim ROTH (acteur, réalisateur) le Jury était composé de Leïla BEKHTI (actrice), Sylvie PRAS (responsable des cinémas - Centre Pompidou Paris, directrice artistique du Festival de la Rochelle), Tonie MARSHALL (réalisatrice, productrice) et Luciano MONTEAGUDO (critique - Pagina/12 - Buenos Aires).
    « Nous avons découvert une sélection de films extraordinaire dans sa qualité et sa puissance et nos délibérations furent passionnées. Les cinéastes ne nous ont jamais déçus une seule fois ! Incroyable ! » Tim ROTH
    PRIX UN CERTAIN REGARD
    DESPUÉS DE LUCIA de Michel FRANCO
    PRIX SPÉCIAL DU JURY
    LE GRAND SOIR de Benoît DELÉPINE et Gustave KERVERN
    PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE
    Suzanne CLÉMENT pour sa performance dans le film LAURENCE ANYWAYS de Xavier DOLAN
    PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE
    Emilie DEQUENNE pour sa performance dans le film À PERDRE LA RAISON de Joachim LAFOSSE
    MENTION SPECIALE DU JURY
    DJECA d’Aida BEGIC
    (Enfants de Sarajevo)

     

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL DE CANNES 2012 Pin it! 0 commentaire
  • Critique de "Cosmopolis" de David Cronenberg

    Aujourd'hui, "Cosmopolis" a divisé les festivaliers, les uns étant agacés par cette logorrhée jugée absurde, les autres fascinés par cette brillante allégorie sur notre époque. Je faisais plutôt partie de la seconde catégorie affectionnant les films comme celui-ci qui font confiance au spectateur même si pas forcément adaptés à un Festival de Cannes où une actualité chasse l’autre, où le temps est plus celui de la réaction excessive et immédiate que celui de la réflexion.

    Robert Pattinson y interprète Eric Packer dans une ville de New York en ébullition, alors que l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche, coupée des bruits et du tumulte du monde extérieur. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

    A l’image de son personnage principal, le film de David Cronenberg (axé avant tout sur les dialogues, quasiment intégralement repris de l’œuvre éponyme dont il est l’adaptation) ne cherche pas à tout prix à être aimable ni à faire de cette adaptation de l’œuvre réputée inadaptable de Don Delillo un film grand public et facilement accessible. Le film nous tient à distance (de la réalité et des émotions) comme l’univers froid et aseptisé du véhicule d’Eric Packer le tient à distance du monde extérieur. La limousine est son univers mental, fou, déréglé où il additionne les rencontres comme les chiffres sur son compte en banques : avec froideur et cynisme.

    Dans ce monde où l’argent règne en maître, la sensibilité est anesthésiée et Robert Pattinson est la vraie découverte (qui aurait misé sur lui pour un tel rôle ?) et il fallait sans doute la folie géniale de Cronenberg pour y penser. Sa beauté froide se prête parfaitement au cynisme et à la cruauté de son personnage exacerbés par sa jeunesse éclatante : il passe de la maîtrise à l’abandon et la folie, ou parfois expriment les trois expressions en même temps avec une apparente facilité déconcertante. La réalisation précise, glaciale de Cronenberg renforce l’impression de voir un être déshumanisé et désespéré, la triste et lucide représentation de golden boys insensibilisés, coupés de la réalité mais aussi d’une époque insensibilisée.

    « Cosmopolis » est un film déroutant, parfois agaçant, mais fascinant et passionnant par sa réalisation et son interprétation glaciales, cliniques, glaçantes et impressionnantes. Métaphore d’une époque paranoïaque, cynique, à la fois rassasiée de désirs et avide de désirs, « Cosmopolis » se regarde comme une œuvre abstraite, absconse diront certains. Une œuvre en tout cas.

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL DE CANNES 2012 Pin it! 0 commentaire