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  • Concours - Gagnez 2 pass illimités pour le Champs-Elysées Film Festival 2014

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    Tout juste revenue du 67ème Festival de Cannes (dont vous pouvez retrouver mon bilan, ici), je vous propose aujourd'hui de remporter deux pass illimités pour le Champs-Elysées Film Festival dont j'aurai cette année le plaisir de faire partie du jury.

    Vous pouvez retrouver le programme détaillé du festival et le compte rendu de la conférence de presse (complété avec les compléments de sélection) ci-dessous.

    CONCOURS

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    Remportez votre pass illimité pour le Champs-Elysées Film Festival d'une valeur de 50 euros. Deux pass sont à gagner. Si vous souhaitez l'acheter, sachez que le pass sera disponible à partir du 11 juin à la boutique du festival, située dans le Wifi Café d’Orange (Hall du Publicis Groupe, 133 avenue des Champs-Élysées 75 008 Paris). Il est également en vente dès maintenant sur le site du Festival et sur Fnac.com.  Au total, ce sont plus de 60 films et près de 100 séances qui auront lieu dans les salles des Champs-Élysées: le Balzac, le Gaumont Champs-Élysées, le Lincoln, le MK2 Grand Palais, le Publicis Cinémas et l’UGC George V.

    Répondez aux 5 questions suivantes avant le 8 juin 2014 à minuit et envoyez vos réponses à inthemoodforfilmfestivals@gmail.com avec, pour intitulé, "Concours Champs-Elysées Film Festival". Les lauréats seront tirés au sort parmi les bonnes réponses.

    1. Quel est le titre du film dont est extraite l'image ci-dessous? Quel est le lien entre ce film et le Champs-Elysées Film Festival 2014?

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    2. Quel est le titre de ce film? Quel est le lien avec le Champs-Elysées Film Festival 2014?

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    3. Quel est le titre du film dont est extraite l'image ci-dessous? En partenariat avec quelle (formidable) association sera-t-il projeté au Champs-Elysées Film Festival 2014?

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    4. Quel est le titre de ce chef d'œuvre? Quel est le rapport avec le Champs-Elysées Film Festival 2014?

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    5.

    Quel est le titre de ce film? Quel est le rapport avec le Champs-Elysées Film Festival 2014?

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    COMPTE RENDU DE CONFERENCE DE PRESSE ET PROGRAMME COMPLET

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    Hier matin, sur le toit du Drugstore Publicis depuis lequel la vue est aussi vertigineuse qu’envoûtante, avait lieu la conférence de presse de la 3ème édition du Champs-Elysées Film Festival. Troisième édition déjà pour ce festival, qui en trois petites années, a réussi à s’imposer comme un évènement incontournable de l’année cinématographique. Le festival à la fois cinéphile, glamour et grand public qui manquait à Paris, ville du septième art, a fortiori sur la plus belle avenue du monde, véritable décor de film qui a d’ailleurs inspiré tant de cinéastes.

     C’est en effet dans les cinémas de la célèbre avenue que se déroule le festival éponyme ( le Balzac, le Gaumont Champs-Elysées, le Lincoln, le MK2 Grand Palais, le Publicis Cinémas et l’UGC George V) dont je peux d’ores et déjà vous annoncer que sa programmation 2014 est aussi éclectique que réjouissante. Un menu alléchant dont je suis impatiente de dévorer tous les mets filmiques d’autant plus que, après avoir été blog partenaire du festival l’an passé, j’aurai cette année le grand plaisir (et l’honneur) de faire partie de son jury blogueurs. Belle ironie du destin puisque  ma 15ème participation à un jury de festival de cinéma aura lieu dans la ville et sur la même avenue que la première il y a 16 ans, alors grâce à un concours d’écriture comme pour les 9 suivantes d’ailleurs mais c’est une autre histoire dont je me suis inspirée  pour écrire mon recueil de nouvelles au cœur des festivals  »Ombres parallèles » disponible ici et dans toutes les librairies numériques (fnac, amazon etc). Revenons donc au programme du festival…

     

     

     L’édition 2014 du Champs-Elysées Film Festival aura lieu du 11 au 17 juin  avec une ouverture le 10 juin (nous ignorons pour l’instant quel sera le film d’ouverture qui sera annoncé le 15 Mai en même temps que celui de clôture, d’autres éléments du programme seront également prochainement annoncés).

    C’est la Présidente du festival, Sophie Dulac qui a annoncé ce joyeux programme. J’en profite pour rappeler d’emblée que le festival est accessible à tous et que, en plus, cette année, les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre en place un pass festival (35 euros pour les -de 26 ans et un pass Premium à 20 euros) pour vous permettre de donner libre cours à votre frénésie et avidité de cinéma. Je ne m’en priverai pas non plus: en plus des films en compétition que j’aurai la lourde et passionnante tâche de départager avec mes collègues du jury, j’irai voir les classiques du cinéma que propose le festival (là aussi vous n’aurez que l’embarras du choix, je vous propose d’ailleurs la critique de « Playtime » en bonus, en bas de cet article, le célèbre film de Tati sera ainsi projeté en copie restaurée ainsi que de nombreux autres chefs d’œuvre comme « La mort aux trousses » et « Le jour se lève »), les avant-premières et les master classes qui sont chaque années de beaux moments de cinéma et là aussi, comme vous le verrez ci-dessous, le Champs-Elysées Film Festival nous gâtera cette année en nous permettant de rencontrer (et d’écouter) Agnès Varda, Keanu Reaves, Bertrand Tavernier, Mike Figgis…

     Le festival aura par ailleurs cette année pour prestigieux présidents, le cinéphile et enthousiaste cinéaste Bertrand Tavernier et l’élégante comédienne Jacqueline Bisset, un duo de choc qui succédera ainsi à Olivier Martinez.

     Vous pourrez également profiter des nombreuses avant-premières, françaises et américaines, avec les nouvelles œuvres de Clint Eastwood (« Jersey boys »), John Krokidas (« Kill your darlings »), Steven Knight (« Locke »), Nick Cassavetes (« Triple alliance »),  Jonathan Glazer (« Under th skin »), Pascal Rabaté (« Du goudron et des plumes »), Robert Guédiguian ( « Au fil d’Ariane »),  Anne Le Ny (« On a failli être amies »), Jonathan Nossiter (« Résistance naturelle »)…parmi de très nombreuses autres!

    Et une dernière information avant de vous laisser dévorer des yeux le menu à votre tour : n’oubliez pas la soirée caritative au profit des Toiles Enchantées (formidable association qui apporte le cinéma aux enfants malades) le 16 juin avec l’avant-première d’un film en présence de l’équipe du film (nous ignorons pour l’heure de quel film il s’agira, je vous le dirai bien entendu).

    Au programme, donc:

    Découvrez aussi la sélection sur le nouveau site officiel du Champs-Elysées Film Festival, ici.

    - une compétition de longs métrages américains indépendants totalement inédits, dont le meilleur film sera récompensé par le Prix du Public et le Prix des Blogueurs. La compétition offrira cette année un focus sur la cinématographie afro-américaine.

    - une compétition de plus de 35 courts métrages français et américains, avec une sélection de films d’écoles

    - des avant-premières françaises et américaines prestigieuses avec tapis rouge, en présence des équipes des films,

    - une série de Master classes et de rencontres avec cette année en invités d’honneur Agnès Varda, Keanu Reeves, Whit Stillman et Mike Figgis.

    - les Grands Classiques du Cinéma Français, des chefs-d’oeuvre du répertoire en version restaurée. Cette section rendra hommage à Henri Langlois à l’occasion de son centenaire,

    - les Incontournables TCM Cinéma, une sélection de classics américains en version restaurée, ré- compensés par le Prix des Lycéens,

    - les projections « Jeune Public » qui proposeront aux enfants des avant-premières animées par de  nombreuses surprises,

    - une grande soirée caritative le 16 juin en présence d’invités d’exception au profit de l’association Les Toiles Enchantées,

    - des journées professionnelles avec les US in Progress et, nouveauté de cette édition, le Paris  Coproduction Village,

    - et des soirées évènements comme la soirée Vendredi 13 placée sous le signe de l’horreur et un karaoké géant à l’occasion de la sortie de Peau d’Âne en version restaurée.

    La Sélection Officielle Long-Métrages

    Films indépendants américains

    Le Champs-Elysées Film Festival proposera une sélection de films inédits offrant au public un panorama exceptionnel des dernières productions indépendantes outre-Atlantique.

    Au total, dix films seront en compétition, dont deux seront récompensés à l’issue du Festival par le Prix du Public et le Prix des Blogueurs. Les spectateurs seront invités à voter après chaque séance pour leur film favori.

    Les films seront présentés par leurs réalisateurs et il sera possible d’échanger avec eux à l’issue des projections.

    1982

    En 1982, dans la ville de Philadelphie, un père de famille doit s’occuper seul de sa fille de 10 ans alors que sa femme sombre peu à peu dans l’addiction au crack.
     

    AMERICAN PROMISE

    Documentaire retraçant 13 ans de la vie d’Idris, le petit garçon de 5 ans de Brewster et Stephenson, et de son meilleur ami et camarade de classe Seun, alors que ces deux familles se fraient un chemin à travers le processus rigoureux des prépas scolaires.

     

     

    FORT BLISS

    Après une longue mission en Afghanistan, une femme médecin décorée par l’U.S. Army et mère célibataire rentre chez elle.
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    OBVIOUS CHILD

    Que se passe-t-il quand la comédienne Donna Stern se fait larguer, virer, et découvre qu’elle est enceinte juste à temps pour la pire/meilleure Saint-Valentin de sa vie ?
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    RICH HILL

    Chronique de la vie de trois adolescents : Andrew, Harley et Appachey, vivant à Rich Hill, une petite ville du Missouri. Quotidiennement confrontés à l’isolation et la dure réalité du milieu rural Américain, ces garçons espèrent …
     

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    SEE YOU NEXT TUESDAY

    Avec sa dépression nerveuse, une fille enceinte plutôt étrange perturbe la vie de sa mère, ancienne alcoolique farfelue et de sa soeur lesbienne névrosée.
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    SUMMER OF BLOOD

    Erik Sparrow a un bon boulot et une relation de couple stable, mais est ce qu’il le mérite vraiment ? Sans doute pas. Quand sa copine le demande en mariage, il n’a pas le bon sens d’accepter. A partir de là, sa vie bascule ;
     

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    SUN BELT EXPRESS

    Viré pour avoir plagié le travail d’un étudiant, Allen King retrouve un petit poste d’enseignant au Mexique. Afin de payer la pension alimentaire de sa fille, Allen s’est lancé dans le business de l’immigration clandestine …
     

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    THE MAGIC CITY

    Nous suivons le destin de trois jeunes filles dans un quartier sensible de Miami, Liberty City. Un été, Amiya, adolescente réservée d’un quartier aisé, part vivre chez sa tante après avoir été abandonnée par sa mère.

    Les avant-premières françaises

    Chaque soir, Champs-Elysées Film Festival proposera des avant-premières françaises en présence des équipes des films. Ce sera l’occasion pour le public de découvrir de nombreux films inédits.

    A TOUTE ÉPREUVE

    Lycée Robespierre, un lycée quelconque ou presque… Greg passe son bac cette année et c’est loin d’être gagné. Pour continuer à vivre son grand amour avec Maeva, il envisage un casse improbable…
     

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    ABLATIONS

    Un homme se réveille dans un terrain vague, sans aucun souvenir de la veille, une cicatrice au bas du dos. Une ancienne maîtresse, chirurgienne, lui apprend qu’on lui a volé un rein.
     

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    AU FIL D’ARIANE

    C’est le jour de son anniversaire et Ariane est plus seule que jamais dans sa jolie maison. Les bougies sont allumées sur le gâteau. Mais les invités se sont excusés… Ils ne viendront pas.
     

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    DES LENDEMAINS QUI CHANTENT

    Olivier et Léon, deux frères qui sont montés à Paris et que la vie a éloignés… Si le premier se voit comme un journaliste sans concessions, le second est un communicant ambitieux et opportuniste. Noémie,n’arrive pas, au fil des ans, à choisir entre eux.
     

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    DU GOUDRON ET DES PLUMES

    Un père de famille, qui n’a la garde de sa fille unique qu’un week-end sur deux, va faire la rencontre d’une mère célibataire. Sa vie va basculer.
     

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    FEVER

    Paris, début des années 2000. Damien et Pierre partagent un secret : à quelques semaines du Bac, ils ont assassiné une femme repérée au hasard dans la rue.

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    HASTA MAÑANA

    Léo, 14 ans, sort d’un hôpital psychiatrique où il a fait un court séjour. Orphelin depuis son jeune âge, il s’est réfugié dans l’écriture et a toujours rêvé de rencontrer son idole : Claude Lelouch.

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    LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEM

    Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse. Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n’est elle-même possible qu’avec le plein consentement du mari.

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    L’EX DE MA VIE

    Ariane, une jeune violoniste française, accepte la demande en mariage enflammée de Christen, un irrésistible chef d’orchestre. Seul hic : elle est encore un tout petit peu… mariée !

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    MAESTRO

    Henri, un jeune acteur qui rêve de jouer dans Fast and Furious, se retrouve engagé dans le film de Cédric Rovère, monstre sacré du cinéma d’auteur.
     

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    ON A FAILLI ÊTRE AMIES

    Marithé travaille dans un centre de formation pour adultes. Sa mission : aider les autres à changer de métier et à trouver leur vocation. Se présente alors Carole, qui vit et travaille dans l’ombre de Sam, son mari, énergique et talentueux chef étoilé.
     

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    RÉSISTANCE NATURELLE

    Quatre vignerons italiens révolutionnaires se battent pour leur rêve culturel et écologique. En utilisant le pouvoir magique du cinéma, ils veulent réveiller le rebelle caché en chacun de nous.
     

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    TRAVELLING AT NIGHT WITH JIM JARMUSCH

    Un portrait intime et insolite du réalisateur américain Jim Jarmusch sur le tournage de son dernier film Only lovers left alive. Une immersion totale au cœur de la prise de vue…
     

    Les Avant-premières américaines

    Parallèlement à la sélection française, Champs-Élysées Film Festival proposera des avant premières de films américains. Un regard sur la cinématographie américaine dans toute sa diversité.

    À LA RECHERCHE DE VIVIAN MAIER

    Née à New York d’une mère française, avant de résider à Chicago, Vivian Maier était inséparable de son Rolleiflex et prit tout au long de son existence plus de 100 000 photographies sans jamais les montrer.
     

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    CHEAP THRILLS

    Premier film de E.L. Katz, Cheap Thrills donne un violent coup de pied dans le cliché idyllique de l’ « American way of life »…

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    JERSEY BOYS

    Quatre garçons du New Jersey, issus d’un milieu modeste, montent le groupe «The Four Seasons» qui deviendra mythique dans les années 60.
     

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    KILL YOUR DARLING

    En 1944, un meurtre commis par l’un de leurs amis rassemble les chefs defile de la Beat Generation, les poètes Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs.
     

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    KISS OF THE DAMNED

    Paulo ne souhaite qu’une chose : renoncer à sa nature humaine et vivre avec sa bien-aimée Djuna et sa communauté chic de vampires aspirant pour la plupart au « politiquement correct ».
     

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    LA VÉRITÉ SUR EMANUEL

    Obsédée par la ressemblance entre sa nouvelle voisine et sa mère décédée, une jeune fille perturbée accepte de faire du babysitting pour la poupée très réaliste de cette femme d’à côté, qui a elle perdu sa fille récemment.
     

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    LAST SUMMER

    Last Summer raconte l’histoire de deux amoureux de lycée, Luke et Jonah, qui passent leurs derniers mois ensemble au cours d’un été long et tranquille dans le Sud rural, en contemplant leur avenir incertain et l’avenir incertain de l’Amérique.
     

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    LE CŒUR BATTANT

    Sara doit apprendre à être une femme pieuse et conserver sa pureté émotionnelle et physique intactes jusqu’au mariage. Lorsque Sara rencontre Colby, un jeune rodéo amateur, elle remet en question le seul mode de vie qu’elle n’ait jamais connu.
     

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    LÉGENDES VIVANTES

    Le journaliste présentateur Ron Burgundy se voit offrir un poste sur une chaîne d’information 24h/24 et intègre le network avec son ancienne équipe.
     

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    LOCKE

    Promis à un futur brillant, Ivan Locke voit sa vie basculer le jour où un coupde téléphone menace sa famille et sa carrière.
     

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    NATIONAL GALLERY

    Projection en présence de Frédérick Wiseman. « National Gallery » s’immerge dans le musée londonien et propose un voyage au cœur de cette institution peuplée de chefs d’oeuvre de la peinture occidentale du moyen-âge au XIXe siècle.
     

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    PING PONG SUMMER

    Jeune adolescent solitaire mais sympathique, Rad est obsédé par le ping-pong, le hip-hop… et Stacy Summers, la fille populaire sur laquelle il a flashé dès son arrivée.
     

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    TEST

    1985. Frankie est la dernière recrue d’une compagnie de danse prometteuse de San Francisco. Quand l’un des danseurs se blesse, Frankie doit le remplacer. Avec l’aide de Todd, son unique ami de la troupe, il se prépare au test de compétences.
     

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    THE FACE OF LOVE

    Nikki est veuve depuis 5 ans. Un jour, elle tombe sur le double parfait de son mari défunt. Envahie par son trouble, elle décide de le séduire.
     

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    THE TWO FACES OF JANUARY

    1962. Un couple de touristes américains très élégants arrive à Athènes. Les MacFarland se révèlent moins lisses qu’il n’y paraît : le luxe et leur raffinement cachent bien mal leur part d’ombre.
     

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    TRIPLE ALLIANCE

    Carly découvre que son nouveau petit ami Marc est un imposteur, lorsqu’elle rencontre accidentellement sa femme, Kate. Carly va se prendre d’affection pour elle, et leur improbable amitié va se renforcer …
     

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    UNDER THE SKIN

    Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître. (D’après le roman éponyme de Michel Faber.)
     

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    VITO

    On plonge dans la vie de Vito Russo, un des activistes gays les plus marquants de l’histoire américaine, qui fut à la fois critique cinématographique, scénariste et militant de la première heure.
     

    Les incontournables TCM Cinéma

    TCM Cinéma et Champs-Élysées Film Festival s’associent pour la deuxième année consécutive et présentent au public de grands classiques du cinéma américain en version restaurée.

    Le Jury Lycéen

    Dans l’optique de faire connaître les grands classiques du cinéma aux jeunes, et de leur permettre de participer activement à la promotion de ce patrimoine cinématographique, Champs-Élysées Film Festival constitue pour la deuxième fois un jury lycéen, qui sera chargé d’attribuer le Prix du Jury Lycéen à l’un des douze films « Les Incontournables TCM Cinéma » projetés lors du festival. Ce label est destiné à aider le film élu à sa ressortie en salle.

    CHAÎNES CONJUGALES

    Deborah Bishop, Rita Phipps et Laura May Hollingsway partent en croisière, laissant leurs maris respectifs.
     

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    CUTTER’S WAY

    Une nuit, Richard Bone, un vendeur de bateaux séduisant et taciturne, se  retrouve coincé dans une ruelle de Los Angeles et manque de se faire écraser par une voiture quittant les lieux à toute vitesse.
     

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    L’HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE

    Un homme politique reconnu, Ransom Stoddad, assiste à l’enterrement de son ami Tom Doniphon avec sa femme. C’est pour lui l’occasion de revenir avec un journaliste sur les moments importants de sa vie…
     

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    LA FIÈVRE DU SAMEDI SOIR

    Tony Manero, jeune New-Yorkais d’origine italienne, vit à Brooklyn et travaille dans un petit magasin de peinture. Il se rend chaque samedi soir dans une boîte disco où il se fait une réputation.
     

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    LA MORT AUX TROUSSES

    Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur dans la peau d’un espion. Pris entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer, et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien délicate.
     

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    LE JOUR LE PLUS LONG

    L’évènement militaire qui va mettre fin à la seconde guerre mondiale: le débarquement en Normandie par l’armée américaine.
     

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    LE PRÊTEUR SUR GAGE

    Sol Nazeman a vu disparaître sa femme et son fils dans les camps de la mort. Rescapé de la Shoah, il a quitté l’Allemagne et vit aujourd’hui à Harlem où il exerce le métier de prêteur sur gage.
     

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    LE SOLEIL BRILLE POUR TOUT LE MONDE

    En 1905, dans une petite ville du Kentucky, le juge Priest vit des moments intenses durant sa campagne électorale.
     

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    L’INCIDENT

    Deux jeunes voyous font irruption dans un wagon bondé du métro new-yorkais. Ils vont humilier et terroriser tour à tour les passagers. Au cours de cet  « incident », le courage des uns et la lâcheté des autres se révèlent…
     

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    MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE

    Jeunes et insouciants, cinq amis traversent le Texas à bord d’un minibus. Ils s’aperçoivent bien vite qu’ils sont entrés dans un territoire étrange et malsain, à l’image du personnage qu’ils ont pris en stop, un être vicieux en proie à des obsessions …
     

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    MEAN STREETS

    Dans le quartier des immigrés italiens, la mafia a pris ses marques. Johnny Boy, tête brûlée et bagarreur, a emprunté de l’argent à un parrain, sans intention de le rembourser.
     

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    MIRACLE AU VILLAGE

    Une jeune femme fête le départ de conscrits pour la guerre et, neuf mois plus tard, met au monde des sextuplés. Elle réussit à persuader son fiancé de les reconnaître. Mais son père est en rage et l’affaire devient nationale.
     

    Les Grands Classiques du Cinéma Français

    Champs-Élysées Film Festival proposera dans le cadre de sa troisième édition cette nouvelle sélection inédite de films de répertoire français en version restaurée et invite le public français à redécouvrir ces grands films de patrimoine.

     

    Le centenaire d’Henri Langlois

    Champs-Elysées Film Festival rendra hommage au créateur de la Cinémathèque Française en lui dédiant cette sélection de films de répertoire français en version restaurée inédite. Le Festival organisera une soirée spéciale en son hommage avec la projection du documentaire « Le Fantôme d’Henri Langlois », en présence de son réalisateur Jacques Richard.

    LE FANTÔME D’HENRY LANGLOIS

    Ce documentaire fait le point sur la vie, la carrière et l’influence d’Henri Langlois, créateur de la Cinémathèque Française, qui fut récompensé à plusieurs titres au cours de son existence.
     

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    LE JOUR SE LÈVE

    Dans un immeuble, un coup de feu, un corps roule dans l’escalier. L’assassin, François, s’enferme dans sa chambre pendant que la police se déploie, attendant l’aube pour donner l’assaut.
     

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    L’ÉTANG TRAGIQUE

    Un homme accusé injustement d’un meurtre se réfugie dans le marais d’Okefenokee en Géorgie, et réussit à y vivre plusieurs années.
     

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    PLAYTIME

    Des touristes américaines débarquent à Orly pour visiter Paris en à peine plus d’un jour. Monsieur Hulot, de son côté, paraît décidé à trouver un emploi.
     

    Soirée Spéciale Vendredi 13

    Champs- Élysées Film Festival organise cette année une soirée spéciale pour fêter Vendredi 13.

    Placée sous le signe de l’horreur elle sera l’occasion de découvrir, en première partie de soirée le dernier filmde Xan Cassavetes, Kiss of the Damned, pour la première fois en France et de redécouvrir le classique d’épouvante Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper en version restaurée.

    Karaoké Géant

     
     
    Un karaoké géant est organisé à l’occasion de la sortie de Peau d’Âne en version restaurée.
     

    Les Séances Jeune Public

    À l’occasion de sa troisième édition, Champs-Élysées Film Festival proposera pour le jeune public des projections inédites et de nombreuses surprises !

    DRAGON 2

    Tandis qu’Astrid, Rustik et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l’île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes.
     

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    PEAU D’ÂNE

    Le roi bleu promet à sa reine mourante de ne se remarier qu’avec une femme plus belle qu’elle. Des années plus tard, il décide d’épouser sa fille car elle seule est capable de rivaliser en beauté avec son épouse adorée.
     

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    Rencontre avec Keanu Reaves
     
    Il viendra présenter Side by Side, documentaire qu’il a produitet dans lequel il interviewe des figures majeures du cinéma, réalisateurs comme Cameron, Scorcese, Soderbergh, sur le passagede l’argentique au numérique.Sera également présenté Man of Tai-Chi, son premier film derrière la caméra.

    MAN OF TAI CHI

    Tiger, un talentueux combattant de Tai Chi, livreur en dehors du ring, se voit offrir des combats excessivement rémunérés par un riche entrepreneur à Hong-Kong.
     

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    SIDE BY SIDE

    Le documentaire explore l’histoire ainsi que le processus de la création cinématographique numérique et photochimique.
     

    Rencontre avec Whit Stillman

    A l’occasion du tournage de son nouveau projet dans la capitale, « The Cosmopolitans », et de la ressortie de son premier film « Metropolitan », Champs-Elysées Film Festival revient sur plusieurs films de l’ œuvre de cet auteur francophile et incontournable du cinéma indépendant américain.

    DAMSELS IN DISTRESS

    Heather, Violet et Rose ont décidé de faire bouger les choses à Seven Oaks, une université de la côte Est à l’ambiance un peu trop masculine à leur goût.
     

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    METROPOLITAN

    Tom Townsend rejoint le cercle restreint de la bande d’amis de Sally Folwler. New-Yorkais, bourgeois et cultivés, toutes les nuits ils se réunissent pour tromper l’ennui, parler politique, deviser sur leurs histoires d’amour et autres problématiques …
     

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    THE LAST DAYS OF DISCO

    Deux jeunes femmes viennent de décrocher leur premier emploi dans une maison d’édition de Manhattan. La blonde Alice et la brune Charlotte entretiennent une amitié incertaine, teintée de secrètes rivalités.

    Rencontre avec Mike Figgis

     

     


    CARTE BLANCHE À MIKE FIGGIS EN PARTENARIAT AVEC LE FESTIVAL A SHADED VIEW ON FASHION FILM
    Dans sa volonté d’explorer des territoires nouveaux, Mike Figgis s’est lancé dans la réalisation de projets en lien avec la mode. Parmi eux, le documentaire « On Liberty » rendant hommage à la créatrice Vivienne Westwood. Puis, il a réalisé des courts-métrages pour des Maisons comme « Agent Provocateur » mettant en scène Kate Moss ou bien en signant des campagnes comme celle autour de la collaboration Lanvin pour H&M. Mike Figgis viendra nous expliquer les manières selon lesquelles mode et film dialoguent aujourd’hui.

     

     

     
    Rencontre avec Bertrand Tavernier
     

    LA MORT EN DIRECT

    C’est l’histoire d’un homme qui a une caméra greffée dans le cerveau et qui filme donc tout ce qu’il regarde. C’est l’histoire d’une femme, Katherine Mortenhoe, qui s’enfuit pour «mourir libre».
     

    CARTE BLANCHE À MIKE FIGGIS

    Mike Figgis viendra nous expliquer les manières selon lesquelles mode et film dialoguent aujourd’hui.

    Rencontre avec Agnès Varda

    Champs-Élysées Film Festival proposera une rencontre avec la réalisatrice autour de ses films Made in U.S.A. et  Sans toit ni loi.

     

    BLACK PANTHERS

    Black Panthers a été tourné à Oakland (Californie) au cours des manifestations autour du procès de Huey Newton, leader des activistes noirs…
     

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    DOCUMENTEUR

    Documenteur raconte l’histoire d’une Française à Los Angeles, Émilie, séparée de l’homme qu’elle aime, qui cherche un logement pour elle et son fils de 8 ans, Martin. Elle en trouve un, y installe des meubles récupérés dans les déchets jetés à la rue.
     

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    LIONS LOVE (…AND LIES)

    Trois acteurs (Viva, Jim et Jerry) sur le chemin de la « staricité » et sur celui non moins difficile de la maturité vivent dans une maison louée sur une colline de Hollywood.
     

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    MUR MURS

    « Mur Murs » est un documentaire sur les « murals » de Los Angeles, c’est-à-dire les peintures sur des murs de la ville.
     

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    SANS TOIT NI LOI

    Une jeune fille errante est trouvée morte de froid : c’est un fait d’hiver. Était-ce une mort naturelle ? C’est une question de gendarme ou de sociologue.

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    UNCLE YANCO

    « Dans les faubourgs aquatiques de San Francisco, vit un Grec sur une péniche. Il peint des villes célestes et byzantines. Il navigue sur une barque à la voile latine. Il reçoit des hippies et des contestataires dans son bateau-maison.
     
    Autres Rencontres
     
    Frédérick Wiseman

    Frédérick Wiseman viendra présenter son film « National Gallery ».

    Jacky Goldberg

     

    Unique projection parisienne du film LÉGENDES VIVANTES qui sera suivie d’un échange avec Jacky Goldberg, journaliste, réalisateur et producteur.

    Projection organisée en partenariat avec l’ACRIF.

    Compléments de programmation:

     

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    Un hommage sera rendu à Jacqueline Bisset, présidente du festival, avec la projection spéciale le 17 juin de "Riches et Célèbres", le dernier film de George Cukor (1981).


    Le Festival se clôturera mardi 17 juin, avec la projection, en présence de l’équipe et en avant-première, du film de Ronit et Shlomi Elkabetz "Le Procès de Viviane Amsalem", avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Menashe Noy, Sasson Gabai.

    La soirée caritative au profit des Toiles Enchantées aura lieu lundi 16 juin, avec la projection en avant-première du nouveau film de Jean Becker, "Bon Rétablissement !" en présence de Jean Becker, Gérard Lanvin, de l’équipe du film ainsi que celles des personnalités soutenant l’association.

    De belles avant-premières françaises et américaines viennent s’ajouter à la programmation :


    "Nos pires voisins", la comédie n° 1 au printemps aux États-Unis, réalisée par Nicholas Stoller avec Seth Rogen, Zac Efron, Rose Byrne. Sortie le 6 août- Universal Picture


    "Albert à l’Ouest", comédie/western de Seth Macfarlane, le réalisateur de Ted , avec Seth Macfarlane, Charlize Theron et Amanda Seyfried. Sortie le 2 juillet- Universal Picture


    "Fast Life", de l’humoriste et acteur Thomas Ngijol, connu pour ses succès au box-office avec Le Crocodile du Botswanga et Case départ (co-réalisé avec Fabrice Eboué). Sortie le 16 juillet- Europacorp


    "Hippocrate" de Thomas Lilti, présenté en clôture de la Semaine de la Critique 2014, avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Félix Moati, Jacques Gamblin et Marianne Denicourt. Sortie le 10 septembre- Le Pacte.


    "This is comedy Judd Apatow & Co", documentaire de Jacky Goldberg, dans lequel il revient sur le parcours d’un producteur-réalisateur d’exception, qui a su porter le rire à sa plus émouvante expression. Inédit au cinéma, la séance sera présentée par le réalisateur.

     

    Infos pratiques  /  Accueil & Tarifs
    Le Pass Festival

    Lieux de vente des pass :

    - Sur le site du Champs Elysées Film Festival à partir du 15 mai 2014 – ICI

    - Fnac.com à partir du 15 mai 2014 – ICI

    - Boutique du Festival dans le Wifi Café Orange du 11 au 17 Juin 2014

    Entrée RDC Publicis Group/Salon Eisenhower > 133, avenue des Champs-Élysées – 75008 Paris

     

     

    Tarifs

    Tarifs habituels des salles

    Places en vente dans les salles participantes des Champs-Élysées *

    * La carte UGC illimité et le Pass Gaumont Pathé sont acceptés.

    ou

    Pass moins de 26 ans : 35 €

    Pass Premium : 50 €

    Information & Accueil

    Bureau du festival au Wifi Café

    Entrée RDC Publicis Group/Salon Eisenhower

    133, avenue des Champs-Élysées

    75008 Paris

    Les accréditations professionnelles et presse seront à retirer au bureau du festival.

     

    Prix du Public

    Un bulletin de vote sera remis à chaque séance de la sélection officielle et devra ensuite être déposé dans une urne à la sortie de la salle.

     

     

    Critique de « PlayTime » de Jacques Tati

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    « Playtime », tourné entre 1964 et 1967 et sorti en 1967, est organisé en six séquences qui nous emmènent successivement à Orly, dans un dédale de bureaux, au salon des arts ménagers,  dans des appartements ultramodernes, au royal garden et dans un manège urbain. Ces scènes sont reliées entre elles grâce à l’utilisation de deux personnages qui se croiseront au cours du récit : Barbara, une jeune touriste américaine en visite à Paris et M. Hulot (Jacques Tati), qui a un rendez-vous avec un personnage important.

    Si le film a été un retentissant échec à sa sortie et un véritable gouffre financier pour Tati   (il dut hypothéquer sa propre maison ainsi que les droits des « Vacances de Monsieur Hulot » et de « Mon oncle » ), il est aujourd’hui considéré comme un chef d’œuvre de l’histoire du cinéma qui a par ailleurs influencé de nombreux cinéastes : : de Truffaut (qui lui rend hommage dans « Domicile conjugal » reprenant le gag du fauteuil de « PlayTime ») à Lynch ou Kaurismaki.  Prévu pour 2,5 millions de francs, le budget de Playtime est ainsi passé de 6 millions en 1964 à plus de 15 millions en 1967. Pour l’occasion Tati avait fait reconstituer une ville moderne entière « Tativille ».
     
    Peut-être comme moi la première fois où je l’ai vu serez-vous déconcertés par le refus de la narration classique, par cette sollicitation permanente de l’ouïe et surtout du regard, par cette responsabilisation du spectateur mais le monde de Tati mérite un deuxième voyage, une deuxième chance et surtout un deuxième regard.

    « PlayTime » qui est pourtant sorti en 1967, il y a donc plus de 40 ans, pourrait ainsi avoir été réalisé aujourd’hui tant il reflète notre époque contemporaine : une époque avide de transparence, d’exhibition (« nous appartenons à une génération qui éprouve le besoin de se mettre en vitrine » disait-il déjà) et souvent aveugle à ce qui l’entoure. Une époque tonitruante et sourde. Une époque utra « communicationnel » et parfois tellement égocentrique voire égoïste. Une époque ouverte et cloisonnée. Une époque où les technologies compliquent parfois les rapports humains alors qu’elles devraient les faciliter. Une époque d’une modernité  aliénante (de l’uniformisation de l’architecture au rôle de la télévision en passant par l’influence de la société de consommation), déshumanisante et parfois inhumaine. C’est tout ce que Tati savait déjà si bien tourner en dérision et envelopper dans un vaste manège parfois (contrairement à ce qu’on pourrait croire) plus désenchanté qu’enchanté, en tout cas enchanteur. Le premier plan sur l’immeuble gigantesque, en contre-plongée est ainsi le reflet, à la fois inquiétant et fascinant, de ce que représente la modernité pour Tati.

    Quelle clairvoyance, quand il y a plus de 40 ans, Tati nous montre une société aseptisée, uniformisée, qui perd son identité et sa convivialité mais qui perd aussi la notion d’intimité (même si ici la transparence est un leurre, au propre comme au figuré), des vies standardisées, une société monochrome, un monde moderne qui aliène dans lequel « la vedette est avant tout le décor ». Les corps et décors sont alors pareillement soumis à la standardisation et à la répétition. « Playtime » a ainsi été tourné en 70mm pour montrer la démesure de l’architecture par rapport à l’homme.

     Quel cinéaste arrive aujourd’hui à construire des plans (souvent des plans séquence et des plans d’ensemble) d’une telle richesse, d’une  telle densité, d’une telle polysémie avec un tel travail sur le son, les couleurs, l’organisation en apparence désorganisée de l’espace, créant un univers tellement singulier à la fois absurde et clairvoyant, tendre et mélancolique ?

      PlayTime est un bijou burlesque, héritier de Keaton mais aussi de Chaplin avec ses objets métonymiques (canne, chapeau),  d’une beauté inégalée et qui nous embarque dans son univers aussi gris que fantaisiste, aussi absurde que réaliste : Tati met ainsi en lumière les paradoxes de notre société par un cinéma lui-même en apparence paradoxal, mais savamment orchestré.

    Ah, la séquence du Royal Garden! Quelle lucidité. Quelle drôlerie ! Quel discernement ! Quelle folie savante et poétique ! Quel sens du détail ! 45 minutes d’une inventivité et d’une intelligence jubilatoires et incomparables ! Et quelle confiance accordée au spectateur qu’on cherche si souvent aujourd’hui à infantiliser et quelle confiance accordée à son regard qu’on cherche si souvent à dicter… Un tourbillon spectaculaire, une récréation savoureuse dont le spectateur fait partie intégrante.

    Tati se fait chorégraphe et maître de ballet de son univers labyrinthique si particulier et fascinant, tout en folie, déplacement et transparence, avec ses mouvements qui épousent d’abord les lignes architecturales puis qui prennent leur liberté, leur envol et deviennent plus audacieux comme une invitation à ne pas se laisser emprisonner par les lignes du décor et donc à se désaliéner de la modernité dans laquelle Paris n’est plus qu’un reflet inaccessible et nostalgique. L’artiste prend alors le pas sur les lignes rectilignes et glaciales de l’architecture. Tati s’inspire lui-même de plusieurs peintres : Mondrian, Klee, Bruegel…Il tente alors de décloisonner et perturber l’espace.

    Au milieu de cette modernité intrigante, inquiétante, faîte de tant d’incongruités,  le spectateur est en permanence sollicité, surtout responsabilisé. Tati nous déconcerte et nous ensorcelle, nous interpelle et nous responsabilise, donc, et nous invite à voir la poésie, certes parfois désespérée, qui se cache derrière (et parfois émane de)  l’absurdité de la société et de l’existence modernes. Une invitation à un ballet de la modernité, lucide et ludique, d’une drôlerie burlesque et caustique, auquel vous pourrez assister au ciné club des Cinoches dimanche 13 juin à 21H.

    Le film a été restauré en 2002 pour plus de 800000 euros…

    BANDE ANNONCE DE PLAYTIME DE TATI

     FILMOGRAPHIE DE JACQUES TATI

     Né Jacques Tatischeff, le 9 octobre 1908 à Le Pecq (Yvelines ) et décédé le 5 novembre 1982 à Paris d’une embolie pulmonaire. Il a obtenu l’Oscar du meilleur film étranger pour « Mon Oncle » en 1959 et un César pour l’ensemble de son œuvre en 1977.

     En tant qu’acteur :

    Parade (1974), de Jacques Tati

    Trafic (1971), de Jacques Tati

     Playtime (1967), de Jacques Tati

     Mon oncle (1958), de Jacques Tati

     Les Vacances de M. Hulot (1953), de Jacques Tati

     Jour de fête (1949), de Jacques Tati

    Le Diable au corps (1947), de Claude Autant-Lara

     L’Ecole des facteurs (1947), de Jacques Tati

     Sylvie et le Fantôme (1945), de Claude Autant-Lara

     En tant que réalisateur :

     Parade (1974)

     Trafic (1971)

     Play Time (1967)

     Mon oncle (1958)

     Les Vacances de M. Hulot (1953)

     Jour de fête (1949)

    L’Ecole des facteurs (1947)

    Gai Dimanche (1936)

    Les Courts métrages de Jacques Tati

    En tant que scénariste :

    L’Illusionniste (2009), de Sylvain Chomet

    Parade (1974), de Jacques Tati

    Trafic (1971), de Jacques Tati

    Play Time (1967), de Jacques Tati

    Mon oncle (1958), de Jacques Tati

    Les Vacances de M. Hulot (1953), de Jacques Tati

    Jour de fête (1949), de Jacques Tati

    L’Ecole des facteurs (1947), de Jacques Tati

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  • Clôture et palmarès du 67ème Festival de Cannes et bilan personnel

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    Deux jours après la soirée de clôture, de retour de Cannes et pas encore tout à fait à la réalité, encore éblouie par les lumières cannoises et du 7ème art, je vais vous livrer un bilan plus émotionnel que cinématographique de cette 67ème édition puisque c’est dans mon article publié dans le magazine « Clap » (dont le premier numéro sera en kiosques le 18 juin) que vous pourrez cette année découvrir mon avis sur la compétition de cette 67ème édition dont j’ai une véritable vision d’ensemble puisque j’ai vu  les 18 films sélectionnés (et quels films !) ainsi que les films d’ouverture (« Grace de Monaco ») et de clôture (« Pour une poignée de dollars ») et quelques « séances spéciales » (« Caricaturistes, fantassins de la démocratie », « Kahlil Gibran’s the prophet ») et quelques films de la section Un Certain Regard (« Incompresa », « La chambre bleue », « Party girl ») sans oublier les courts-métrages de l’ADAMI. Bref, douze jours de grand cinéma et d’un voyage passionnant, une fenêtre ouverte sur le monde, ses aspirations et ses blessures, et sur le rêve.

    Cette année, c’est aux premières loges que j’ai eu le plaisir de vivre la soirée du palmarès après ces douze jours de parenthèse enchantée. Une dernière montée des marches sous un soleil insolent, inondées de frénésie, baignées d’euphorie, paroxysme de douze jours à la frontière entre cinéma et réalité, de plus en plus ténue au fil des jours et des projections au point de confondre peu à peu l’affiche et une Croisette ô combien fellinienne quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit à laquelle je l’arpentais.

     « Les meilleures choses ont une fin, pas les meilleurs films. Ils continuent à exister. Leurs souvenirs se mélangent en nous avec ceux de notre vie réelle. Ils nous accompagnent, nous apprennent à vivre » a ainsi déclaré Lambert Wilson lors de la clôture. Sans aucun doute, quelques films de cette 67ème édition resteront gravés dans ma mémoire à se confondre avec les souvenirs de ma propre vie, à les adoucir ou les éclairer. Le mystère et le miracle du cinéma pour reprendre les mots de Desnos cité par Lambert Wilson lors de l’ouverture : « Ce que nous demandons au cinéma c’est ce que l’amour et la vie nous refusent : le mystère et le miracle. Place au miracle. »

    A quelques minutes de l’annonce du palmarès, fébrile, la salle réagit à la montée des marches et ajuste ses pronostics, applaudit Sophia Loren, majestueuse, est parcourue d’un murmure admiratif en voyant Xavier Dolan gravir les marches dont le film a fait l’unanimité,  et accueille l’arrivée de Quentin Tarantino (qui présentera ensuite le film de Sergio Leone avec l’enthousiasme et la cinéphilie qui le caractérisent) parmi nous par une standing ovation. L’espace de quelques minutes, et plus que jamais, Cannes est le centre du monde du cinéma, se croit le centre du monde. Le brouhaha laisse bientôt place à un murmure d’impatience et à la musique qui précède le direct. Je frissonne immanquablement. Un peu de nostalgie déjà. D’impatience de connaître le verdict. Et du plaisir, ineffable, inaltérable, d’être là.

    Lambert Wilson apparaît sur scène, vêtu d’un costume grenat, d’une élégance teintée d’ironie à l’image de son discours : « Les grands démocrates de ce monde pourront élargir impunément leurs frontières et Godzilla redeviendra le film le plus important de la semaine. Le monde redeviendra illisible. Dès demain, il vous faudra écrire et réaliser des films pour tenter de nous rendre compréhensible », « Même si c’est old fashion nous avons décidé de vous annoncer le palmarès depuis cette merveilleuse salle du festival plutôt que de le rendre accessible en VOD pour 6, 99 euros. »

    Vient enfin l’heure du palmarès qui, après la palme d’or du court métrage, débute avec l’attribution de la caméra d’or à « Party girl », un film dont je vous avais dit à quel point il m’avait enthousiasmée, un film plein de vie et de délicatesse pour un sublime et touchant portrait de femme qui nous emporte dans sa fête joyeusement mélancolique.

    Visiblement remué, c’est Timothy Spall qui reçoit ensuite le prix d’interprétation masculine pour son interprétation magistrale du peintre Turner dans le film de Mike Leigh, déjà remarquable dans son « All or nothing ».  Un film et un personnage à la fois âpres, rudes et sublimes d’une belle exigence dans les nuances des âmes autant que dans celles des teintes et des peintures.

    C’est ensuite à l’actrice Julianne Moore qu’est attribué le prix d’interprétation féminine pour son rôle d’actrice cruelle, ravagée par l’ambition et craignant plus que tout de l’être par les années dans « Maps to the stars » de David Cronenberg, plongée lucide et cynique dans l’envers du décor d’Hollywood.

    Le prix du scénario a été attribué à « Léviathan » pour une écriture particulière sophistiquée, habile, d’inspiration biblique et qui le méritait incontestablement.

    Le prix de la mise en scène est revenu à « Foxcatcher », le seul prix vraiment incompréhensible pour moi. Si la réalisation est indéniablement maîtrisée, c’est aussi la plus classique de tous les films sélectionnés, la moins audacieuse.

    Le prix du jury a été attribué ex-æquo au plus jeune, Xavier Dolan, et au plus âgé  (Jean-Luc Godard), des cinéastes en compétition qui ont finalement en commun la folie, l’audace, l’amour fou du cinéma, des films qui utilisent les codes du cinéma pour mieux les renouveler, les transcender. Pour Jane Campion, Xavier Dolan est « un génie » et elle s’est dit « bouleversée par le film de Godard, tellement moderne, il n’y a plus de récit, le film est une sorte de poème qui m’a frappée, voilà un homme vraiment libre. Nous avons opté pour un prix ex-æquo. Nous devons beaucoup de choses à Godard. A bout de souffle a changé le cinéma et nous avons été d’accord pour lui donner ce prix ».

    Le Grand prix est revenu au film italien « Les merveilles » d’Alice Rohrwacher. L’impression de vérité, la vie, la sincérité, qui en émanent justifient ce prix peut-être plus du cœur que de la raison mais c’est cela aussi le cinéma, se laisser porter, emporter par les émotions.

    Enfin, la palme d’or a été attribuée à « Winter sleep », le film de 3H16 de Nuri Bilge Ceylan dont je vous avais dit le soir de sa projection à quel point je ne les avais pas vues passer tant ce film est maîtrisé, d’une rare finesse psychologique, d’une beauté triste envoûtante, d’une lucidité admirable. Trop nombreux sont les festivaliers ou les journalistes à avoir critiqué ce film sans même l’avoir vu. Une palme d’or moins évidente que celle qui aurait pu/dû revenir à Sissako mais non moins méritée. J’avais été captivée par le sens du cadre et plus encore celui de la psychologie de Nuri Bilge Ceylan qui sait aussi bien capturer la rudesse des paysages que celle des cœurs, les paysages et les âmes plongés dans l’hiver. Un film à la fois aride et lumineux comme ses personnages principaux que l’on quitte et abandonne à regret à leurs faiblesses attendrissantes et solitudes désarmantes.  Jane Campion a ainsi justifié cette palme d’or lors de la conférence de presse du jury : «  Ce que j’ai apprécié dans Winter sleep : je me suis assise et ce film avait un rythme tellement merveilleux que j’aurais pu rester deux heures de plus. Comme une nouvelle de Tchekhov avec des personnages qui se torturent avec beaucoup d’intelligence. Une confrontation avec beaucoup de sophistication. »

    Pour moi, un film restera néanmoins à jamais gravé dans ma mémoire, c’est « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissako. Un film d’une beauté flamboyante qui exacerbe encore la cruauté et la folie du fanatisme qu’il dénonce, sans manichéisme, mais avec une intelligence redoutable. Le film parfaitement construit (début et fin se répondant, plans d’une violence implacable) est comme une démonstration sur le cercle vicieux de la bêtise du fanatisme. Chaque plan est parfait, alliant savamment les contrastes parfois dans la même image (le soleil irradie et illumine une scène profondément triste ou un plan  mis en parallèle avec le précédent illustre toute l’absurdité criminelle et tragiquement drôle du fanatisme). Du début à la fin, j’ai été éblouie par ce film qui relève pour moi de la perfection et dont chaque image, chaque visage (d’une beauté inouïes) resteront gravées en moi. Un film immense. Non seulement le film de ce festival mais aussi le film de l’année. Parce que tout concourt à en faire un très grand film: photographie, mise en scène, écriture mais aussi parce que son sujet est en résonance avec l’actualité et éclaire magnifiquement ses aspects les plus sombres, ce film méritait indéniablement la palme d’or même si Xavier Dolan méritait la palme de l’inventivité, la maturité, la vitalité, la singularité et l’émotion pour son poignant « Mommy ».

     Cette cérémonie de clôture a été riche en émotions. Bien sûr parce qu’elle marquait la fin de douze jours de parenthèse enchantée mais aussi la fin de la présidence de Gilles Jacob  qui l’a quittée avec l’élégance et la discrétion qui le caractérisent. Son « au revoir les enfants » inscrit sur l’écran du Grand Théâtre Lumière était d’une simplicité bouleversante et résumait toute la classe et la tendre ironie de celui qui a permis que le Festival de Cannes devienne ce qu’il est aujourd’hui, le plus important évènement cinématographique au monde. Une personne rare dont la curiosité insatiable, l’élégance, la clairvoyance et malgré cela l’étonnement constant ne cesseront de forcer mon admiration qu’il m’est plus facile de clamer après son départ, sans être soupçonnée de flagornerie. Merci M. Jacob.

    Et puis, que dire du discours de Xavier Dolan qui m’a émue autant que l’avait fait son film. Des mots quin ont profondément résonné en moi. Un discours qui résume toute la force et la beauté de la création artistique, la violence et la légèreté surtout qu’elle suscite, qui permet de croire que, malgré les terribles vicissitudes de l’existence, tout est possible. Tout reste possible. Merci Xavier Dolan pour ce moment d’émotion sincère et partagé, pour ces films à votre image, vibrants de vie, de passion, de générosité, d’originalité, de folie, de singularité, d’intelligence. J’aurais aimé vous dire tout cela lorsque je vous ai croisé lors du dîner de clôture. Mais redoutant que mes mots ne soient à la hauteur de mes émotions et de la vôtre, j’ai préféré me taire et rester avec les mots si vibrants de votre discours dont voici un extrait :

     « Une note pour les gens de mon âge, les jeunes de ma génération. Ce sont les notes des dernières années dans ce monde de fous. Malgré les gens qui s’attachent à leurs goûts et n’aiment pas ce que vous faites, mais restez fidèles à ce que vous êtes.  Accrochons nous à nos rêves, car nous pouvons changer le monde par nos rêves, nous pouvons faire rire les gens, les faire pleurer. Nous pouvons changer leurs idées, leurs esprits. Et en changeant leurs esprits nous pouvons changer le monde. Ce ne sont pas que les hommes politiques et les scientifiques qui peuvent changer le monde, mais aussi les artistes. Ils le font depuis toujours. Il n’y a pas de limite à notre ambition à part celles que nous nous donnons et celles que les autres nous donnent. En bref, je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. Et puisse ce prix en être la preuve la plus rayonnante ».

     Pour terminer, avant de vous récapituler le palmarès ci-dessous, rappelez-vous, dans mon article avant le festival, je vous livrais un petit « j’aime, j’aime pas » cannois, le voici à nouveau ci-dessous avec quelques ajouts et modifications suite à ces douze jours au cœur de Cannes. Je vous donne donc rendez-vous dans « Clap » pour mon compte rendu cinématographique et sur mes blogs, du 10 au 17 juin, pour la troisième édition du Champs-Elysées Film Festival dont j’ai le plaisir de faire partie du jury mais aussi la semaine prochaine pour les trophées Tribway du meilleur blog dont je fais partie des finalistes et évidemment pour les 40 ans du Festival du Cinéma Américain de Deauville en septembre…notamment !

    A Cannes, j’aime :

    -entendre le petit cliquetis lorsque les contrôleurs scannent les badges à l’entrée de la salle Debussy ou du Grand Théâtre Lumière comme un passeport pour le paradis, celui des cinéphiles,

    -me laisser envoûter par le lever du soleil en allant à la première projection presse du matin sur une Croisette alors étrangement déserte et avoir l’impression que le monde m’appartient,

    -oublier que ce tourbillon enivrant de cinéma ne durera pas toujours et que des illusions s’y perdent, aussi, souvent, brutalement,

    -oublier, l’espace de douze jours, que la vraie vie n’est pas du cinéma ou n’est pas que du cinéma,

    -avoir le cœur qui bat la chamade en entrant dans le Grand Théâtre Lumière, comme la première fois, comme pour un premier rendez-vous, notre premier rendez-vous,

    -ce moment palpitant lorsque la salle s’éteint et avant que s’allume l’écran où le souffle de la salle est suspendu à ces premières images qui nous embarqueront pour un nouvel univers, un nouveau monde, une nouvelle aventure, un nouveau rêve,

    -ne plus faire la distinction entre le jour et la nuit, la fiction et la réalité, mes souvenirs et mon imaginaire, l’affiche de Fellini et une Croisette aux accents felliniens,

    -avoir l’impression que tout recommence et que tout est possible, et même croire, l’espace de douze jours hors de la réalité, que ce deuil  qui me ravageait avant de partir et qui n’a jamais quitté mes pensées, n’était qu’un terrible cauchemar, qu’une illusion de plus,

    -entendre Gilles Jacob et Thierry Frémaux partager leur passion du cinéma, avec un constant enthousiasme, rivalisant d’humour et d’érudition,

    -ce moment à la fin du film où, aussi, la salle retient son souffle, avant de se taire ou d’applaudir,

    -lorsque les applaudissements semblent ne devoir jamais arrêter leur course folle telle une vague contagieuse de bonheur,

    - cette bulle d’irréalité où les émotions, les joies réelles et cinématographiques, si disproportionnées, procurent un sentiment d’éternité fugace et déroutant,

    - cet ailleurs proche qui abolit les frontières entre fiction et réalité, qui vous fait tout oublier, même que cela ne dure qu’un temps,

    -l’ombre parallèle d’un miroir,

    - celui qui, de toute façon, sortira vainqueur  et qui vous fait oublier tout le reste: le cinéma presque dissimulé derrière tous ceux qui font le leur, le cinéma si multiple, si surprenant, si audacieux, si magique, là plus qu’ailleurs,

    -parler cinéma  à toute heure du jour et de la nuit, avec des amis ou des inconnus dans les files d’attente( le cinéma: langage universel) avec virulence parfois, comme si la vie en dépendait,

    -redécouvrir des classiques du cinéma, ceux par lesquels j’ai commencé à l’aimer et se dire que la boucle est bouclée et que tout recommence, toujours,

    -découvrir des bijoux du septième art et en être exaltée,

    -être heurtée, brusquée par un film et en être exaltée, aussi, malgré tout,

    -gravir les marches les plus célèbres du monde au son de la musique sous un soleil éblouissant et, l’espace d’un instant, être envahie par l’irréalité étincelante que procure ce moment qui suspend le vol du temps,

    -entendre Aquarium de Camille de Saint-Saëns et savoir que la magie va à nouveau opérer,

    -sortir d’une projection tardive, un peu étourdie, éblouie, arpenter la Croisette et avoir l’impression de me retrouver dans un film de Fellini, encore,

    -retrouver la Croisette, celles et ceux, festivaliers, que je ne croise qu’une fois par an là-bas et avoir l’impression de les avoir quittés la veille. Le cinéma: langage intemporel, aussi,

    -me souvenir de la petite fille que j’étais qui, avec son père, à la télévision, regardait tout cela de loin, fascinée, impressionnée, comme un monde lointain et inaccessible et avoir conscience de ma chance et à quel point cette passion pour le cinéma est exaltante et, au milieu des vicissitudes de l’existence, salutaire, et à quel point, et m’a fait vivre et me fait vivre tant de moments inoubliables, en particulier à Cannes,

    -repartir de Cannes avec des envies d’écriture, portées par les illusions enchanteresses, les désillusions fracassantes, du festival

    Je n’ignore pas qu’à Cannes il y a aussi tous ceux qui font leur cinéma, théâtre des vanités destructeur et  assassin et pour cette raison,

    à Cannes, j’aime moins:

    - les parures d’orgueil que revêtissent ainsi ceux qui s’y donnent l’illusion d’exister,

    - les semblants d’amitiés piétinés sans vergogne pour grimper dans l’échelle de la vanité,

    - les personnalités qui se révèlent, tristement parfois, dans ce théâtre des apparences,

    - l’exacerbation par la hiérarchie festivalière des rancœurs de ceux qui sont en bas et la vanité de ceux qui sont en haut qui croient y déceler là un signe de leur supériorité, et qui oublient que, au bout de dix jours, l’égalité et la réalité reprendront leurs droits,

    - les Dorian Gray, Georges Duroy, Rastignac, Lucien de Rubempré (de pacotille) qui s’y croisent, s’y défient, s’y méprisent…et finalement s’y perdent,

    - la célérité avec laquelle Cannes passe de l’adoration à la haine : la violente versatilité de la Croisette, sa capacité à déifier puis piétiner, avec la même pseudo-conviction et force,

    -ceux qui vous disent « LE » Téchiné, « LE » Dolan au lieu du film de…, pour bien signifier qu’ils appartiennent à un cercle d’initiés, les mêmes qui parleront systématiquement (que) de daubes (que j’exècre ce mot!) ou de chefs-d’œuvre ne connaissant pas la demi-mesure et la nuance et les mêmes qui mettront invariablement « pour le coup » dans chacune de leurs critiques (mais qui a initié cette expression passe-partout?),

    - le pathétique acharnement de certains pour paraître cyniques, désabusés, blasés, désinvoltes, las,

    -les amis d’autrefois dont l’indifférence, le silence ou l’incapacité à prononcer ces mots si simples et salutaires « mes condoléances » est comme un couteau dans la plaie béante et invisible de ce deuil récent et inconcevable,

    -Les soirées sans fin, sans faim à force d’être enchaînées pour certains. La foule impérieuse du festival qui, mieux que nulle autre, sait être passionnément exaltée et aussi impitoyable avec la même incoercible exaltation,

    -la versatilité des personnalités et avis pour un sursaut de vanité, même si je sais que tant d’illusions s’y fracassent, que Cannes peut encenser, broyer, magnifier, dévaster et en a perdu certains et tant à force de les éblouir, les fasciner, les aliéner,

    -ceux qui montent les marches…pour les redescendre ensuite sans même aller voir le film et qui mépriseront en sortant ceux qui ne rêvaient que de cela,

    -ceux qui viennent à Cannes et disent que c’est forcément mieux ailleurs, que c’était forcément mieux avant, que, forcément, ils ne pouvaient pas faire autrement, parce qu’oubliant ou justement se rappelant très bien tous ceux qui aimeraient avoir leur chance,

    -préférer l’écriture nocturne au sommeil  pour partager ma passion pour les films …et réaliser que le dernier jour je peine à rester aussi attentive devant un film pourtant captivant,

    -quand Cannes  se révèle un véritable terrain de guerre où chacun ne lutte que pour son intérêt, et qui révèle les veuleries de certains,

    - arriver le jour de la clôture, avoir l’impression que le festival vient de commencer et l’avoir traversé comme un rêve éveillé (mais ça, j’aime, aussi).

     Je vous laisse avec le palmarès et avec, encore en tête, la voix inimitable de Depardieu lisant Khalil Gibran lors d’une séance spéciale de cette 67ème édition  ou prononçant cette célèbre phrase du film de Truffaut « Le dernier métro » revu avec un immense plaisir dans le cadre de Cannes Classics : « Tu es si belle que te regarder est une souffrance. (Hier, tu disais que c’était une joie.) C’est une joie et une souffrance. »

     PALMARES DU 67ème FESTIVAL DE CANNES :

    En Compétition :

    Longs métrages

    Palme d’or

    WINTER SLEEP Réalisé par Nuri Bilge CEYLAN

     Grand Prix

     LE MERAVIGLIE (LES MERVEILLES) Réalisé par Alice ROHRWACHER

     Prix de la mise en scène

     Bennett MILLER pour FOXCATCHER

     Prix du scénario

     Andrey ZVYAGINTSEV, Oleg NEGIN pour LEVIATHAN

     Prix d’interprétation féminine

     Julianne MOORE dans MAPS TO THE STARS Réalisé par David CRONENBERG

     Prix d’interprétation masculine

     Timothy SPALL dans MR. TURNER Réalisé par Mike LEIGH

     Prix du Jury

     MOMMY Réalisé par Xavier DOLAN

     ADIEU AU LANGAGE Réalisé par Jean-Luc GODARD

     Courts métrages

     Palme d’or du court métrage

     LEIDI Réalisé par Simón MESA SOTO

     Mention spéciale – court métrage

     AÏSSA Réalisé par Clément TREHIN-LALANNE

     JA VI ELSKER Réalisé par Hallvar WITZØ

     Un Certain Regard :

     Prix Un Certain Regard

     FEHÉR ISTEN Réalisé par Kornél MUNDRUCZÓ

     Prix du Jury – Un Certain Regard

     TURIST (FORCE MAJEURE) Réalisé par Ruben ÖSTLUND

    Prix spécial Un Certain Regard

     THE SALT OF THE EARTH (LE SEL DE LA TERRE) Réalisé par Wim WENDERS, Juliano RIBEIRO SALGADO

     Prix d’ensemble

     PARTY GIRL Réalisé par Claire BURGER, Samuel THEIS, Marie AMACHOUKELI

     Prix du meilleur acteur

     David GULPILIL dans CHARLIE’S COUNTRY (LE PAYS DE CHARLIE) Réalisé par Rolf DE HEER

     Cinéfondation :

    Premier Prix de la Cinéfondation

     SKUNK Réalisé par Annie SILVERSTEIN

     Deuxième Prix de la Cinéfondation

     OH LUCY! Réalisé par Atsuko HIRAYANAGI

     Troisième Prix de la Cinéfondation Ex-aequo

     LIEVITO MADRE Réalisé par Fulvio RISULEO

     THE BIGGER PICTURE (LE TABLEAU D’ENSEMBLE) Réalisé par DAISY JACOBS

     Caméra d’or :

     Caméra d’or

     PARTY GIRL Réalisé par Samuel THEIS, Claire BURGER, Marie AMACHOUKELI

    A lire également - épisodes précédents :

    -mon article « Programme complet du Festival de Cannes 2014 et passion(s) cannoise(s) 

    -Festival de Cannes – Episode 1: Cérémonie d’ouverture et projection de « Grace de Monaco » d’Olivier Dahan

    -Festival de Cannes 2014 – Episode 2 : « Mr Turner » de Mike Leigh, ouverture d’Un Certain Regard et « Party girl »

    -Festival de Cannes 2014 – Episode 3 : Egoyan, Amalric, Ceylan, Bonello,
    Ulliel, Truffaut, Depardieu et les autres

    -Cannes Classics: analyse « Le jour se lève » de Marcel Carné

    -Quelques clichés en attendant l’épisode 4 de mes pérégrinations cannoises

    -Clôture et palmarès du 67ème Festival de Cannes: mes pronostics

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  • Bilan du Festival de Cannes 2014 : correspondances et mises en abymes

    Fenêtre ouverte sur des mondes et des émotions

    Je plaide coupable. Coupable d’aimer le Festival de Cannes. Un crime là où on se doit d’être blasé, cynique, désinvolte, las et désireux d’être ailleurs et de revendiquer que c’était mieux avant, forcément.

    Cannes, aussi éblouissante que versatile, peut encenser, broyer, magnifier, aliéner.

    Cannes, déclaration d’amour au cinéma et aux cinéastes qui s’y transcendent ou y émergent, se révèlent au monde, nous révèlent un monde. Le leur. Le nôtre.

    Cannes, c’est la vie en concentré. Plus déconcertante et exaltante. Plus dérisoire et urgente.

    C’est surtout une passionnante et instructive fenêtre ouverte sur le rêve et le monde dont ce festival met en lumière les ombres, les blessures, les espoirs. Et sur le cinéma lui-même, mise en abyme à laquelle nous invitait déjà l’affiche, tirée d’un photogramme de Huit et demi.

    Les 18 films de  la compétition officielle de cette 67ème édition n’ont pas dérogé à la règle.

    Sentiments intenses et images indélébiles

    « Je ne me souviens plus du film mais je me souviens des sentiments» dit Trintignant en racontant une anecdote dans le sublime Amour d’Haneke. Si ne devaient rester que les sentiments, je retiendrais :

    -le sentiment d’être, comme ses personnages enfermés dans l’écran, captive des premiers plans du film éponyme d’Egoyan, étourdissants de beauté glaciale,  captivants, lyriques

    - les frissons savoureux procurés par le poignant Mommy de Dolan, fable sombre inondée de lumière, de musique, de courage, quadrilatère fascinant qui met au centre son antihéros attachant et sa mère (incroyables Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval) dans un film d’une inventivité, maturité, vitalité, singularité,  émotion rares

    -l’émotion, justement, ineffable, procurée par le supplément d’âme, la douceur et la douleur entremêlées de Still the water de Naomi Kawase, entre nage sous-marine filmée comme un ballet et travellings envoûtants exhalant la beauté et la fragilité ravageuses de la vie et de la nature

    -le choc du plan-séquence par lequel débute The Search et de la révélation d’un acteur qui y crève l’écran (Maxim Emelianov)

    -l’envoûtement de la danse éclairée par un doux halo de lumière dans Jimmy’s hall, d’une grâce infinie, ou l’entraînement de Foxcatcher chorégraphiée et filmée comme une danse

    -le rire grinçant suscité par le burlesque et finalement clairvoyant Relatos salvages

    - et, plus que tout, les larmes suscitées par la beauté flamboyante, étourdissante, de Timbuktu  de Sissako qui souligne avec tant d’intelligence la folie du fanatisme contre lequel il est un formidable plaidoyer dénué de manichéisme par une construction parfaite jouant savamment des contrastes : soleil  irradiant et illuminant une scène tragique, plan  mis en parallèle avec le précédent illustrant la drôlerie tragique de l’absurdité fanatique, début et fin se répondant avec une logique et violence implacables.

    -L’incompréhension face à son absence au palmarès tant chaque image, chaque visage sont d’une beauté inouïes éclairant magnifiquement les aspects les plus sombres de l’actualité.

    Correspondances et mises en abyme

    Cannes tisse aussi une toile arachnéenne avec les échos et tourments d’un monde paradoxal, multiple et uniforme qui raisonnent et résonnent comme la «joie et la souffrance » du Dernier Métro de Truffaut semblent rimer avec « L’œil gai et l’œil triste » de Gabin dans Le Jour se lève de Carné (Cannes Classics).

    Ainsi le plus jeune (Dolan) et le plus âgé (Godard) de cette compétition couronnés du prix du jury ex-æquo ont en commun l’amour fou du cinéma, l’audace, la connaissance parfaite de son langage qu’ils réinventent, magistralement comme des poèmes, hymnes à la liberté. Liberté. Titre, aussi, du poème d’Eluard, douce et terrible litanie dans le film de Cronenberg. Résonances.

    C’est l’écho entre des personnages de femmes fortes se battant  pour leur survie, Hilary Swank et Marion Cotillard. L’une dans un film crépusculaire qui revisite l’American dream et la mythologie du western (The Homesman), l’autre dans le bouleversant et ensoleillé portrait de femme qui se relève (Deux jours, une nuit).

    L’actrice incarnée par Julianne Moore dans Maps the stars d’une ambition carnassière, sinistre et cynique, semble, elle, être le négatif de Juliette Binoche éblouissante dans la sinueuse, lucide et brillante mise en abyme d’Assayas, personnages redoutant pareillement les ravages des ans.

    L’esquisse du portrait de Turner par Leigh en toiles riches de paradoxes, entre sensibilité de son art et rudesse du personnage, parallèle entre l’artiste peintre et l’artiste cinéaste, fait écho au film de Bonello sur Saint Laurent, « odyssée dans la tête du créateur », film de contrastes par lesquels il débute d’ailleurs. Homme dans l’ombre. Avec ses zones d’ombre.  Deux artistes face à leurs démons,  hommages créatifs aux génies mélancoliques.

    Correspondances entre la dureté et la poésie de Mommy et du Grand prix, Les Merveilles d’Alice Rohrwacher, deux films qui font s’enlacer brillamment tendresse et âpreté.

    Cannes, bulle d’irréalité, nous confronte aux terribles réalités du monde qui se répondent aussi : guerre de Tchétchénie (The Search), arbitraire de l’Etat en Russie  (Leviathan),  djihadistes au Mali (Timbuktu), ayant en commun de broyer l’innocence.

    Eloge de la durée

    Cannes c’est aussi une pause salutaire dans le flux et flot d’images hypnotiques qui caricaturent l’information au lieu de la mettre en lumière, pour laisser le temps à la pensée de s’exprimer. Lenteur finalement judicieuse :

    -dans Mr. Turner de Mike Leigh, tableau qui n’offre pas d’emblée toutes ses richesses au regard mais se dévoile peu à peu comme cet éléphant à peine perceptible sur cette toile de Turner.

    -ou encore les 3H16 de la palme d’or, Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan, qui permettent d’appréhender son sens, magistral, du cadre et plus encore de la psychologie avec lesquels il capture aussi bien la complexité, la rudesse, l’hébétude et les contradictions des paysages que celles des cœurs plongés dans l’hiver. Film à la fois aride et lumineux comme ses personnages principaux que l’on quitte et abandonne à regret à leurs faiblesses désarmantes.

    Au-revoir les enfants

    Lors de l’ouverture, Lambert Wilson, maître de cérémonie, citait Desnos : « Ce que nous demandons au cinéma, c’est ce que l’amour et la vie nous refusent : le mystère et le miracle. » Miracle et mystère étaient au rendez-vous dans la fiction et la réalité entre lesquelles, là plus qu’ailleurs, la frontière est si étanche. Le miracle et le mystère des films précités. Le miracle du discours de clôture, bouleversant, de Xavier Dolan. Le mystère  du président du festival, Gilles Jacob, qui le quitte sur la pointe des pieds par un simple « au-revoir les enfants », d’une rare élégance, image éphémère sur l’écran du Théâtre Lumière, gravée  dans nos mémoires de cinéphiles reconnaissants envers celui qui a fait de Cannes ce qu’il est aujourd’hui : le plus grand évènement cinématographique au monde.

    Coupable, vous dis-je.

     Cet article a été publié dans le magazine papier Clap! de juin 2014.

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  • Palmarès du 67ème Festival de Cannes: mes pronostics

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    Un bon festival est d’ailleurs souvent comme un grand film vous laissant heureux et exténué, joyeusement nostalgique et doucement mélancolique, riche d’émotions et de réflexions, souvent contradictoires , et il faut souvent un peu de recul pour appréhender ces multiples réflexions et émotions qu’il a suscitées, pour découvrir quelles images auront résisté à l’écoulement du temps, aux caprices de la mémoire, à ce flux et flot d’informations ininterrompues, vous disais-je dans mon article avant le festival consacré à ma passion cannoise.

    Je vais donc me contredire puisque c'est sans le recul nécessaire et encore bouleversée par le film que je viens de voir, "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako, que je vous livre ici mes choix pour le palmarès que je vous commenterai ce soir après la clôture à laquelle j'aurai le plaisir d'assister.

    Quant à mon compte rendu du festival, c'est dans le tout nouveau magazine "Clap" (en kiosques le 16 juin) que vous pourrez le lire même si vous retrouverez ici prochainement mes critiques des films en sélection officielle.

    PALME D'OR

     

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    Pour moi, et pas seulement parce que je l'évoque sous le coup de l'émotion qui m'a submergée et me submerge encore, un film domine largement cette compétition c'est "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako. Un film d'une beauté flamboyante qui exacerbe encore la cruauté et la folie du fanatisme qu'il dénonce, sans manichéisme, mais avec une intelligence redoutable. Le film parfaitement construit (début et fin se répondant, plans d'une violence implacable) est comme une démonstration sur le cercle vicieux de la bêtise du fanatisme. Je voudrais avoir le temps de vous en parler des heures. Chaque plan est parfait, alliant savamment les contrastes parfois dans la même image (le soleil irradie et illumine une scène profondément triste ou un plan  mis en parallèle avec le précédent illustre toute l'absurdité criminelle et tragiquement drôle du fanatisme). Du début à la fin, j'ai été éblouie par ce film qui relève pour moi de la perfection et dont chaque image, chaque visage (d'une beauté inouïes) resteront gravées en moi. Un film immense. Non seulement le film de ce festival mais aussi le film de l'année. Parce que tout concourt à en faire un très grand film: photographie, mise en scène, écriture mais aussi parce que son sujet est en résonance avec l'actualité et éclaire magnifiquement ses aspects les plus sombres, ce film mérité indéniablement la palme d'or même si Xavier Dolan mériterait la palme de l'inventivité, la maturité, la vitalité, la singularité et l'émotion pour son poignant "Mommy". A mon avis, trois films peuvent prétendre à la palme d'or:

    "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako

    "Mommy" de Xavier Dolan (ce qui ferait de lui le plus jeune lauréat de la récompense suprême)

    "Still the water" de Naomi Kawase pour sa beauté mélancolique, sa poésie sombre, son universalité.

    GRAND PRIX DU JURY

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    Idem que pour la palme d'or. J'attribuerais pour ma part ce prix à Xavier Dolan qui signe avec "Mommy" son meilleur film, le plus abouti. Un film qui vous touche droit au cœur. (Je l'attribuerais évidemment à Sissako s'il n'obtient pas la palme d'or qu'il mérite).

    Les Dardenne pourraient aussi être de sérieux prétendants avec le bouleversant et ensoleillé portrait de femme qui se relève qu'est leur film "Deux jours, une nuit".

    PRIX DU JURY

    Je ne vais pas me contredire et donc ce troisième prix, je l'attribuerais à Naomi Kawase pour "Still the water" pour les raisons précédemment évoquées.

    Mais... allez savoir: qui sait si le jury ne pourrait récompenser "Adieu au langage" de Jean-Luc Godard ou pourquoi pas décerner un prix spécial pour ce film qui agace ou fascine, déconstruit l'écriture cinématographique et multiplie les références pour nous égarer dans sa pensée absconse.

    J'aurais aussi envie d'attribuer ce prix à "Mr. Turner" de Mike Leigh qui mérite aussi incontestablement sa place au palmarès. Un film et un personnage à la fois âpres, rudes et sublimes d’une belle exigence dans les nuances des âmes autant que dans celles des teintes et des peintures.

    Autre prétendant sérieux: "Winter sleep" de Nuri Bilge Ceylan par lequel j'ai été captivée pour son sens du cadre et plus encore celui de la psychologie du réalisateur qui sait aussi bien capturer la rudesse des paysages que celle des cœurs, les paysages et les âmes plongés dans l’hiver. Un film à la fois aride et lumineux comme ses personnages principaux que l’on quitte et abandonne à regret à leurs faiblesses attendrissantes et solitudes désarmantes.

    "Relatos salvajes" de Damian Szifron pour l'incontestable originalité avec laquelle il montre comment la civilisation peut dégénérer en barbarie pourrait aussi recevoir ce prix.

    PRIX D'INTERPRETATION MASCULINE

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    Je décernerais ce prix  à un acteur dont j'admire le travail depuis longtemps qui m'avait déjà bouleversée dans "All or nothing" de Mike Leigh, Timothy Spall, parfait pour interpréter  les contrastes de cet homme entre l’extrême sensibilité qu'il met dans son art et la rudesse de ses manières, entre les tourments qu’il exprime dans ses toiles et ceux qu’il ne parvient pas à exprimer autrement, réussissant à peindre les tempêtes qui s’agitent sur les océans et dans son crane mais jamais à les expliciter. 

    Le jeune acteur de "Mommy" Antoine-Olivier Pilon le mériterait également pour sa composition de cet adolescent impulsif et violent, ce serait aussi une manière de récompenser le travail de directeur d'acteurs de Xavier Dolan.

    La composition nuancée de Gaspard Ulliel dans le rôle de Saint Laurent qu'il porte sur ses épaules pourrait également être récompensée.

    Le jeune Maxim Emelianov crève également l'écran dans "The Search" de Michel Hazanavicius.

    Je précise que je n'ai pas vu (et rattraperai demain) "Foxcatcher", Steve Carell étant aussi pressenti pour recevoir ce prx.

    Enfin, l'acteur de Léviathan Alexey Serebryakov est aussi un sérieux prétendant au titre.

    PRIX D'INTERPRETATION FEMININE

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    Mon cœur balance entre trois interprètes:

    -Marion Cotillard dans "Deux jours, une nuit". Lui attribuer ce prix serait aussi une manière de récompenser le formidable travail de directeurs d'acteurs qu'accomplissent ici, une fois de plus, les frères Dardenne

    -Julienne Binoche éblouissante dans la sinueuse, brillante, lucide et passionnante mise en abyme d'Olivier Assayas "Sils Maria", déjà lauréate de cette récompense pour le magistral "Copie conforme" de Kiarostami.

    -Anne Dorval dans "Mommy" de Xavier Dolan parce qu'elle est une Mommy magistrale, qu'elle incarne cette femme avec un mélange fascinant de douceur, de dureté (apparente) et d'extravagance.

    PRIX DE LA MISE EN SCENE

    Si, à ma grande déception, Sissako n'obtenait pas la palme d'or ou le grand prix, il mériterait également ce prix de la mise en scène (même si ce serait pour moi réducteur de lui attribuer "seulement" le prix de la mise en scène). Je l'attribuerais donc soit à Zvyaguintsev, à Leigh ou Ceylan s'ils n'ont pas obtenu un des prix précédemment évoqués.

    PRIX DU SCENARIO

    La passionnante mise en abyme d'Olivier Assayas pourrait prétendre à ce prix.

     

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    Les Dardenne aussi pour leur "réécriture" de "12 hommes en colère" mais également Damian Szifron pour la logique implacable avec laquelle chacune de ses histoires dégénère dans la violence.

     Par ces brefs pronostics (je réfléchis ci-dessus à "haute voix", mes choix figurent en gras), vous aurez compris les films par lesquels j'ai été le plus enthousiasmée. Avant le festival, je le qualifiais de "bulle d’irréalité où les émotions, les joies réelles et cinématographiques, si disproportionnées, procurent un sentiment d’éternité fugace et déroutant". Cette année n'a pas dérogé à la règle, me plongeant dans une palpitante, déroutante, hypnotique fenêtre ouverte sur le monde et sur les rêves.

    Rendez-vous ce soir pour la cérémonie de clôture. Je vous invite à me suivre en direct sur twitter sur @moodforcinema et @moodforcannes.

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  • Critique de SILS MARIA d'Olivier Assayas - Compétition officielle

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    Synopsis: À dix-huit ans, Maria Enders a connu le succès au théâtre en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui conduit au suicide une femme plus mûre, Helena. Vingt ans plus tard on lui propose de reprendre cette pièce, mais cette fois de l'autre côté du miroir, dans le rôle d'Helena...

     Olivier Assayas est un habitué de la Croisette. Il y revient ainsi après Demonlover (sélection officielle en 2002), Clean (prix d'interprétation féminine pour Maggie Cheung en 2004) et Carlos (présenté hors compétition en 2010).

     Le serpent de Maloja est un étirement en bande de nuages bas observé en automne. Il s'allonge de Sils Maria à Silvaplana allant jusqu’à St Moritz et laisse encore aujourd'hui les spécialistes perplexes de lorsque  les vents de l'Engadine, des vents de nuit à courant descendant, s'observent en plein jour. Ce serpent métaphorise le film: sinueux, fascinant, trouble, troublant.

    Le cinéma n'est bien sûr pas avare de films sur le cinéma, celui-ci présente d'ailleurs des similitudes avec l'un de ses illustres prédécesseurs, "Eve". Le deuil dès les premières minutes place le film sous une couleur sombre. Le début du déclin pour cette actrice pourtant encore dans la force de l'âge?

    Le film s'oriente ensuite sur  les rapports troubles et troublants  entre Maria et Valentine, à la fois répétitrice, assistante, (amie?), entre envie, jalousie et altruisme.

    Puis, c'est le passé qui ressurgit, un rôle emblématique dans la carrière d'une actrice, marquée par celui-ci, qui se confond avec celui-ci.

    Chaque scène est alors empreinte de gravité, de profondeur, de multiples sens, et le jeu même de la comédienne se prête à de multiples interprétations, la frontière entre la pièce et la réalité étant constamment et de plus en plus floue. Le film en devient aussi palpitant que ludique et, un peu à l'image de sa prestation magistrale dans "Copie conforme", Juliette Binoche joue de telle façon qu'elle brouille nos repères. Les scènes dans la montagne où tout semble alors pouvoir survenir sont d'une tension rare. Un rôle qui pourrait valoir à Juliette Binoche à nouveau le prix d'interprétation qui ne serait nullement usurpé.

    Et un grand film  très ancré dans son époque, sa violence médiatique, un film sur l'étanchéité des frontières entre l'art et la vie, et l'implacable violence du temps qui passe. Un film au charme vénéneux, un jeu de miroirs et de reflets mélancolique, envoûtant et brillant au propre comme au figuré. Et réellement fascinant. Ou quand la vie devient un art... Et une révélation: Kristen Stewart, d'une justesse remarquable.

    Complément - Critique de "Copie conforme" de Kiarostami

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    « Copie conforme » est le premier film du cinéaste iranien tourné hors de ses frontières, un film qu'il a écrit pour Juliette Binoche.

    Face à James (William Shimell), un écrivain quinquagénaire anglo-saxon qui donne en Italie, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, une conférence ayant pour thème les relations étroites entre l'original et la copie dans l'art elle est une jeune femme d'origine française, galeriste qu'il rencontre. Ils partent ensemble pour quelques heures à San Gimignano, petit village près de Florence. Comment distinguer l'original de la copie, la réalité de la fiction ? Ils nous donnent ainsi d'abord l'impression de se rencontrer puis d'être en couple depuis 15 ans.

    Selon James, lors de sa conférence,  une bonne copie peut valoir un original et tout le film semble en être une illustration. James et la jeune femme semblent jouer à « copier » un couple même si la réponse ne nous est jamais donnée clairement. Peut-être est-elle folle ? Peut-être entre-t-elle dans son jeu ? Peut-être se connaissent-ils réellement depuis 15 ans ? Ce doute constitue un plaisir constant pour le spectateur qui devient alors une sorte d'enquêteur cherchant dans une phrase, une expression une explication. Il n'y en aura pas réellement et c'est finalement tant mieux.

    Ainsi Kiarostami responsabilise le spectateur. A lui de construire son propre film. Les personnages regardent souvent face caméra en guise de miroir, comme s'ils se miraient dans les yeux du spectateur pour connaître leur réelle identité. « Copie conforme » est donc un film de questionnements plus que de réponses et c'est justement ce qui le rend si ludique, unique, jubilatoire. Le jeu si riche et habité de Juliette Binoche, lumineuse et sensuelle, peut ainsi se prêter à plusieurs interprétations.

    Un film qui nous déroute, un film de contrastes et contradictions, un film complexe derrière une apparente simplicité. A l'image de l'art évoqué dans le film dont l'interprétation dépend du regard de chacun, le film est l'illustration  pratique de la théorie énoncée par le personnage de James. De magnifiques et longs plans-séquences, des dialogues brillants, une mise en scène d'une redoutable précision achèvent de faire de ce film en apparence si simple une riche réflexion sur l'art et sur l'amour.

    William Shimell (chanteur d'opéra dont c'est le premier rôle) et Juliette Binoche excellent et sont aussi pour beaucoup dans cette réussite. Un film sur la réflexivité de l'art  qui donne à réfléchir. Un dernier plan délicieusement énigmatique et polysémique qui signe le début ou le renouveau ou la fin d'une histoire plurielle. Un très grand film à voir absolument. Un vrai coup de cœur.

    « Copie conforme » est le 9ème film présenté à Cannes par Kiarostami qui a par ailleurs été membre du jury longs métrages  en 1993, du jury de la Cinéfondation en 2002 et Président du jury de la Caméra d'Or en 2005. Enfin, il a  remporté la Palme d'Or en 1997 pour "Le goût de la cerise."

    Juliette Binoche raconte ainsi sa rencontre avec Kiatostami: "Je suis partie en Iran rencontrer Abbas (je l'avais croisé à Cannes, à l'Unesco, chez Jean-Claude Carrière). Il m'a dit "Viens à Téhéran !". Je l'ai cru, j'y suis allée, deux fois. Un soir il m'a raconté l'histoire que nous avons tourné ensemble cet été, il m'a raconté chaque détail, le soutien-gorge, le restaurant, l'hôtel, bref, il m'a dit que c'était une histoire qui lui était arrivée. A la fin, après avoir parlé pendant 45 minutes dans un anglais impeccable, il m'a demandé : "Tu me crois ?". Je lui ai dit : "Oui". Il m'a dit : "Ce n'est pas vrai !". Je suis partie d'un éclat de rire qui lui a donné envie de faire ce film, je crois !", explique-t-elle.

     

     

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