Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

IN THE MOOD FOR CINEMA - Page 299

  • Jean-Loup Dabadie: président du jury du Festival International du Film Policier de Beaune 2012

    beaune2012.jpg

     

    C’est le membre de l’Académie Française, écrivain et scénariste français Jean-Loup Dabadie qui présidera le jury du Festival International du Film Policier de Beaune 2012 qui se déroulera du 28 mars au 1er avril. Auteur de scénarii inoubliables, notamment de films de Claude Sautet,  et auteur doté d’une grande sensibilité, voilà qui annonce le meilleur pour cette édition 2012 de ce festival qui, en 4 ans, s’est imposé comme un des grands rendez-vous cinématographiques annuels avec, toujours, une programmation riche et variée qui fait honneur à ce genre cinématographique qui a fait naitre ma passion pour le 7ème art.

    Cette année, par ailleurs, le festival met Londres à l'honneur avec "London polar". A cette occasion des films emblématiques de la ville de Londres et du cinéma policier seront proposés aux festivaliers.

    Découvrez également le site officiel du festival: http://www.beaunefestivalpolicier.com/ en attendant de retrouver ici la programmation complète.

     

      FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE de Jean-Loup Dabadie (source : site officiel du festival)

     Scénariste

     1970 LES CHOSES DE LA VIE de Claude Sautet

    1971 LA POUDRE D’ESCAMPETTE de Philippe de Broca

    1972 CÉSAR ET ROSALIE de Claude Sautet

    1973 SALUT L’ARTISTE de Yves Robert

    1974 VINCENT, FRANCOIS, PAUL… ET LES AUTRES

     de Claude Sautet

    1974 LA GIFLE de Claude Pinoteau

    1975 LE SAUVAGE de Jean-Paul Rappeneau

    1976 UN ÉLÉPHANT ÇA TROMPE ÉNORMEMENT de Yves Robert

    1977 VIOLETTE ET FRANÇOIS de Jacques Rouffio

    1978 UNE HISTOIRE SIMPLE de Claude Sautet

    1979 COURAGE FUYONS de Yves Robert

    1981 CLARA ET LES CHICS TYPES de Jacques Monnet

    1983 GARÇON ! de Claude Sautet

    1984 LA SEPTIÈME CIBLE de Claude Pinoteau

    1986 DESCENTE AUX ENFERS de Francis Girod

    1992 LE BAL DES CASSE-PIEDS de Yves Robert

    2000 LA BICYCLETTE BLEUE de Thierry Binisti

    2009 LA TÊTE EN FRICHE (My Afternoons with Margueritte) de Jean Becker

     BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

     Écrivain

     1959 LES YEUX SECS (Éditions du Seuil)

    1960 LES DIEUX DU FOYER (Éditions du Seuil)

    1997 RECUEIL DE L’INTÉGRALE DES SKETCHES “BONNE FÊTE PAULETTE” (Éditions Albin Michel)

     PIÈCES DE THÉÂTRE

     MADAME MARGUERITE

     DEUX SUR LA BALANÇOIRE

     DOUBLE MIXTE

     MÊME HEURE L’ANNÉE PROCHAINE

    Lien permanent Imprimer Catégories : ACTUALITÉ DES FESTIVALS DE CINÉMA Pin it! 0 commentaire
  • Programme du 13ème Festival du Film Francophone de Grèce 2012



    Je vous parle souvent ici et sur http://www.inthemoodforluxe.com de ma passion pour la Grèce. Je ne pouvais donc pas ne pas évoquer le 13ème Festival du Film Francophone de Grèce qui se déroulera dans différents lieux.

     Athènes : du mecredi 21 mars au mercredi 28 mars 2012

    IDEAL - DANAOS 1 & 2 - ΑUDITORIUM DE L'INSTITUT FRANÇAIS D'ATHÈNES

     * Thessalonique : jeudi 29 mars au mercredi 4 avril 2012

    PAVLOS ZANNAS
    LE SITE OFFICIEL DU FESTIVAL : www.festivalfilmfrancophone.gr

    télécharger le programme des projections

    FILM D'OUVERTURE

    Le 13e Festival du Film Francophone de Grèce présentera en ouverture le film :

     Intouchables de Éric Toledano et Olivier Nakache, avec François Cluzet et Omar Sy (2011, 112΄, couleur)

    Ce film qui a été nominé 9 fois aux César 2012 est déjà un succès mondial, classé au 3 rang du Box Office français de tous les temps, et a dépassé les 20 millions d'entrées en France. Il sortira en salles en Grèce à la fin du mois de mars 2012 par Filmtrade, distribué par Spentzos Film.

     Le jury du 13e Festival du Film Francophone de Grèce:

     - Président :

    Vassilis Alexakis

    Écrivain et journaliste grec installé en France depuis 50 ans. Vassilis Alexakis a écrit une douzaine de romans dont "La Langue maternelle", Prix Médicis en 1995 et "Ap. J.-C"., Grand prix du roman de l 'Académie française en 2007.

     - Membres :

     - Michel Démopoulos

    Critique et cinéaste, Michel Démopoulos a dirigé pendant 15 ans le festival du Film de Thessalonique dont il a fait un festival d'envergure internationale. Il a également œuvré en faveur du cinéma au sein de ERT. Il est consultant, expert, curateur pour de nombreux festivals et organismes internationaux.

     - Amanda Livanou

    Productrice de films nombreux films de fiction et documentaires grecs dont "Back door" de Y. Tsemberopoulos, "Un jour dans la nuit" de G. Panoussopolous, Screeaming J Hawkins: I Put a Spell on Me" de Νikos

    Τriandafilidis et tout récemment "L" de B. Makridis de sélectionné en compétition au festival de Sundance.

     - Clémence Poesy

    Comédienne française, Clémence Poésy mène une carrière sans frontière ou se côtoient des films d'auteurs tels "Jeane Captive" de Philippe Ramos, et des productions internationales tels "127 heures" de Dany Boyle et "Harry Potter et les reliques de la mort" de David Yates.

     - Yorgos Tsemberopoulos

    Cinéaste grec Yorgos Tsemberopoulos, depuis son premier film "Talgo", d'après le roman de Vassilis Alexakis, en 1984 a réalisé de nombreux documentaires et fictions, dont "Back door" en 2000. Il est également producteur.

     * 23|03|2012 , à GAZARTEORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ
    Daniel Yvinec

    Cine-Concert Carmen

    Film muet accompagné par l'Orchestre national de jazz de Paris.

    Composant n° 1 : La projection de Carmen de Cecil B. DeMille, maître et pionnier du film à grand spectacle hollywoodien.

    Composant n° 2 : une bande originale jouée en direct par les très talentueux musiciens de l'Orchestre national de jazz de Paris, dirigés par Daniel Yvinec, grand amateur de croisements artistiques novateurs.

    Au final, l'Orchestre national de jazz offre un spectacle musical et visuel à multiples couches, où tout est soigneusement travaillé pour servir une image grandiose et créer une expérience sensorielle envoûtante.

     CO-ORGANISATION

    INSTITUT FRANÇAIS, ORCHESTRE NATIONALE DE JAZZ, GAZARTE

     

    LE 13e FESTIVAL DU FILM FRANCOPHE DE GRÈCE

    à Athènes, du 21 au 28 mars

    et à Thessalonique, du 29 mars au 4 avril

     

    est organisé par l'Institut français de Grèce

    Sous l'égide de la Mairie d'Athènes

     

    en collaboration avec les ambassades de France, de Belgique,

    du Canada, du Liban, Maroc, de la Roumanie, de la Suisse

    et de la Tunisie en Grèce

    Lien permanent Imprimer Catégories : ACTUALITÉ DES FESTIVALS DE CINÉMA Pin it! 0 commentaire
  • Devenez membre du jury des étudiants du Festival Paris Cinéma 2012

    pariscine2emejour 009.JPG

    Je vous parle depuis longtemps de ce festival qui fêtera ses 10 ans cette année (dont Hong Kong sera le pays à l'honneur) et dont j'ai eu le plaisir de faire partie du jury de blogueurs, il y a deux ans. Si vous aussi souhaitez faire partie d'un jury dans le cadre de ce festival, vous pouvez postuler pour le jury des étudiants.

    Comme chaque année, le Festival Paris Cinéma, invite les étudiants parisiens à devenir membre du Jury des étudiants, et à décerner le Prix des Étudiants à un des longs métrages de la Compétition internationale.

     Avant de vous inscrire, vérifiez que vous êtes disponible toute la durée du festival qui aura lieu cette année du 30 juin au 10 juillet 2012. Les séances de la Compétition internationale auront lieu du 30 juin au 9 juillet 2012 inclus. Les étudiants du Jury décernent le Prix des Étudiants à l’un des longs métrages de la Compétition internationale du Festival Paris Cinéma, véritable laboratoire du cinéma de demain.  Les étudiants sont invités à rédiger de courtes critiques qui seront publiées sur le site Internet du festival. L’étudiant qui rédigera la meilleure critique sera invité par l’Office Franco Québécois pour la Jeunesse à participer aux Rendez-vous du Cinéma Québécois qui se dérouleront en février prochain à Montréal.

     

     Vous souhaitez devenir membre du Jury des étudiants ?

     Rien de plus simple !

     Remplissez le Formulaire de candidature que vous retrouverez ici  http://www.pariscinema.org/fr/programmes-2012/competition1/etudiants.htmlet faites-le  parvenir au festival par courrier avant le 18 mai 2012 à l’adresse suivante :

     FESTIVAL PARIS CINÉMA 

    Jury des Étudiants

     155 rue de Charonne

     75011 Paris

     Pour toute information :

     FESTIVAL PARIS CINÉMA

     Site : www.pariscinema.org

     Email : info@pariscinema.org

     Tél. : 01 55 25 55 25

     Retrouvez mes articles sur les éditions précèdentes du festival:

     

     

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL PARIS CINEMA 2012 Pin it! 0 commentaire
  • Critique « Les Adieux à la Reine » de Benoit Jacquot avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen

    adieux.jpg

    Benoit Jacquot aime adapter des romans et mettre en scène des femmes comme protagonistes de ses films : Virginie Ledoyen dans « La Fille seule », Judith Godrèche dans » La Désenchantée » Isabelle Huppert dans « Villa Amalia », « L'École de la chair », « Les Ailes de la colombe », « Pas de scandale »,  Isabelle Adjani dans « Adolphe »…

    Son dernier film, « Les adieux à la reine », ne déroge pas à la règle puisqu’il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas, et puisque c’est à travers le regard paradoxalement innocent et clairvoyant de la jeune Sidonie Laborde ( Léa Seydoux), jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine  (Diane Kruger) que nous voyons Versailles, en 1789, à l’aube de la révolution. L’insouciance et la désinvolture y règnent encore tandis que, à l’extérieur, la révolte gronde.  Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive jusqu’à la Cour, le château se vide. Nobles et serviteurs s’enfuient. Entièrement dévouée à la Reine par qui elle se croit protégée, Sidonie souhaite rester. Benoit Jacquot nous fait vivre à ses côtés ses trois derniers jours à Versailles, les 14,15, 16 juillet 1789 : la fin d’une époque.

    Comme souvent, Benoit Jacquot met en scène une réalité étouffante, la solitude de ses personnages et le désir de fuite mais quand cette réalité est celle de Versailles filmé avec une modernité et un réalisme étonnants, cela devient absolument passionnant.

    Dès les premiers plans, il capte ainsi notre intérêt et notre empathie en nous mettant à la place de Sidonie (souvent filmée de dos) qui, en trois jours, va grandir en découvrant toute la violence redoutable de Versailles, la lâcheté, la vanité, derrière les visages poudrées, derrière les masques qui tombent.

    Que vous aimiez ou pas les films historiques, celui-ci vous happera  pour vous conduire dans les dédales mystérieux et inquiétants de Versailles pour ne plus vous lâcher jusqu’à la dernière seconde. D’abord parce que c’est un Versailles loin des clichés que nous fait ici découvrir Benoit Jacquot. Personnage à part entière, Versailles est filmé comme une prison dorée au vernis qui se craquèle, souvent moins clinquante que les fastes de la cour le laissent imaginer, et c’est à travers Versailles, lieu d’un huis-clos étouffant, que nous sont relatées ces trois journées historiques mais c’est aussi la brillante métaphore d’un monde qui se meurt, pourri de l’intérieur, tout comme cet étang apparemment impassible est gangréné par les rats, ou ces tenues dorées sous lesquelles sévissent les moustiques.

     A l’image de la monarchie et de la noblesse, Versailles se décompose et derrière l’étincelante galerie des glaces se cachent des couloirs étroits, sombres et humides filmés comme un gouffre obscur et menaçant, tout comme derrière les visages poudrés et les fastes de la cour se dévoile un monde en décomposition. La caméra frémissante de Benoît Jacquot épouse et métaphorise ces frémissements et  est si précise qu’il nous donne l’impression de ressentir l’humidité glaçante des couloirs de Versailles où grouille toute cette vie souterraine et fourmillante d’une noblesse qui préfère rester tapie dans des appartements délabrés dans l’ombre du roi plutôt que de vivre à la lumière de ses châteaux, une noblesse qui se contente de cette vie obscure dans l’ombre du roi avec l’obsessionnel espoir de quérir un peu de sa lumière. Intemporelle valse des courtisans qui en plus de la fin d’un monde nous parle du nôtre grâce à la modernité de la mise en scène et du jeu des acteurs qui brouillent judicieusement les repères temporels…

    Ensuite, les relations troubles entre les trois femmes (la Reine, Sidonie et Madame de Polignac incarnée par Virginie Ledoyen) composées de domination, d’admiration, de manipulation, d’obsession sont absolument passionnantes car elles résument aussi toute la complexité de cet esprit de cour et des sentiments condamnés par l’intérêt et l’image, le souci des apparences là encore finalement très contemporain. Ces plans de courtisans qui courent pour apercevoir le Roi ou la Reine ou être aperçus d’eux rappellent une époque beaucoup moins lointaine avide d’images et qui s’aveugle dans l’admiration vaine et outrancière d’une autre royauté.

    Diane Kruger incarne cette reine frivole (qui pense à un nouveau motif pour ses vêtements quand le peuple meurt et gronde, quand son monde périclite) et capricieuse, prisonnière de Versailles comme de ses bracelets accrochés à ses poignets, qui passe d’un état à l’autre, tantôt horripilante, tantôt bouleversante, comme lorsqu’elle trône, terriblement seule et majestueuse, dans cette pièce soudain tristement luxueuse, illuminée par le feu d’une cheminée, déchirant des lettres, tandis que les vautours rôdent déjà. Symbole d’une époque et d’un monde qui chancèlent, image bouleversante de beauté, de mélancolie, de cruauté mêlées.

    Léa Seydoux, avec son visage diaphane, son regard déterminé, est absolument parfaite dans ce rôle de jeune lectrice qui, en trois jours, va vivre un parcours initiatique, passer de l’innocence à la conscience de la dure réalité, de quelqu’un à personne, et qui va fuir dans l’ombre d’une forêt, autant dire mourir puisqu’elle ne vivait que dans l’ombre lumineuse de la Reine et ces adieux à la Reine résonnent douloureusement comme des adieux à une époque, à un monde, à la vie.

    Une autre excellente idée est d’avoir concentré l’action sur trois jours, trois jours au cours desquels Versailles passe de la frivolité à la panique. La caméra frénétique de Benoit Jacquot renforce ce sentiment de tension palpable et crée un suspense captivant.

    Ajoutez à cela l’excellent scénario de Gilles Taurand, la musique de Bruno Coulais, la caméra vacillante de Benoit Jacquot à l’image de ce qu’elle enregistre, ce monde qui chancèle, et vous obtiendrez un des meilleurs films de cette année, passionnant du début à la fin, férocement moderne, cruellement réaliste, magnifiquement mélancolique, la brillante métaphore de la fin d’un monde, et de l’éternelle valse pathétique des courtisans qui, pour satisfaire leur orgueil et un peu de lumière ( celle de la richesse mais surtout de la célébrité) sont prêts à tout, au mépris des autres et parfois de leur propre dignité. Un tableau d’une tragique élégance aussi fascinant que terriblement cruel et mélancolique, historique et contemporain, instructif et intemporel.

    Lien permanent Imprimer Catégories : CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2011/2012 Pin it! 5 commentaires
  • Le printemps du cinéma 2012 (18,19,20 mars ): les films à voir

    Le printemps du cinéma (pendant lequel la séance est à 3,50 euros): une excellente occasion de découvrir des films que vous avez manqués lors de leur sortie ou de découvrir des films à l'affiche. Ci-dessous, le rappel des films recommandés sur ce blog depuis le début de l'année (vous pourrez accéder à leurs critiques en cliquant sur leurs titres) avant de vous parler du très réussi "Les adieux à la reine" de Benoît Jacquot.

    Lien permanent Imprimer Catégories : ACTUALITÉ DES FESTIVALS DE CINÉMA Pin it! 0 commentaire
  • Compte-rendu complet de la compétition et palmarès du 14ème Festival du Film Asiatique de Deauville 2012

     

    compte129.jpg

    compte131.jpg

    18x10+5x11. 235. Au minimum. Entre le Festival du Cinéma Américain de Deauville et le Festival du Film Asiatique de Deauville, tel est le nombre total de mes journées cinématographiques passées à Deauville. Et pourtant… Et pourtant, sa mélancolie douce, sa beauté presque réfractaire à cette période de l’année, d’une violence et d’un charme mêlés et subreptices, m’envoûtent toujours autant.  A l’image de celles des films présentés en compétition dans le cadre de ce Festival du Film Asiatique.

    compte7.jpg

    compte11.jpg

    compte21.jpg

    compte23.jpg

    compte24.jpg

    Deuil, fuite impossible et énergie du désespoir

    Deuil (surtout), fuite inexorable et vaine, quête d’identité, perte d’innocence : les thèmes des films de la compétition de cette édition 2012 ont brossé le portrait de sociétés et d’êtres étouffés par le malheur, la pauvreté, en quête d’un ailleurs et d’espérance bien souvent inaccessibles.

     Corée du Sud, Japon, Chine, Iran, Philippines : telles étaient cette année les destinations de cette évasion cinématographique, une évasion bien souvent impossible pour les personnages des films présentés, réalisés avec l’énergie du désespoir.

    « Cela me remplit de joie de voir de jeunes cinéastes faire preuve d’un tel talent, d’une telle énergie », a ainsi, à juste titre, remarqué le président du jury de cette édition 2012, Elia Suleiman (dont le discours de clôture était d’ailleurs remarquable, cf vidéo ci-dessous quand d'autres se contentent parfois d'annoncer les prix).

    compte108.jpg

     Prédécesseurs

     En 2010, le grand prix avait été attribué à « Judge », un film chinois de Liu Je qui, en quelques plans magistraux, traduisait toute l'absurdité, la bêtise, l'horreur de la peine de mort comme dans cette scène où en arrière-plan, le destin d'un homme est suspendu à la joute verbale de deux autres, à l'ultime seconde. Au-delà, c'est évidemment le portrait de la justice chinoise mathématique, glaciale, inhumaine où l'on discute et décide de la vie ou de la mort d'un homme autour d'un café, ou il faut une licence pour détenir un animal de compagnie, juge ou non, élément vital ou non. En un plan, Liu Je traduit la violence de cette justice, machine implacable, ou encore l'impossibilité de communiquer face au drame absolu (en l'espèce la perte d'un enfant). Les scènes vues du point de vue du condamné sont tout aussi édifiantes lorsqu'il n'est pas filmé comme une vulgaire chose perdue au milieu d'un plan d'ensemble, considéré comme tel aux yeux d'une justice qui a droit de vie et de mort sur les Hommes.

     En 2011, le film lauréat du grand prix, « Eternity » de Sivaroj Kongsakul, parlait aussi de deuil (thématique déjà récurrente l’an passé) mais était sans doute le plus lumineux du festival. Ce film est sans doute celui qui avait découragé le plus grand nombre de festivaliers non pas à cause de sa violence dont il ne fait nullement preuve mais de sa lenteur. Réaction sans doute symptomatique d’une époque où l’ennui est la pire des souffrances, où tout doit aller très vite, où tout doit être immédiatement traduisible en un sms ou un twitt, où il faut aller directement à l’essentiel. Si cette lenteur a été pour beaucoup visiblement synonyme d’ennui, elle est pour moi ici synonyme de sérénité, de poésie, de sensibilité, de confiance en la patience et l’intelligence du spectateur (quand tant cherchent à l’infantiliser). Il fallait en effet accepter de se laisser (em)porter par ce film thaïlandais qui débute par de longs plans séquences au cours desquels un homme traverse des paysages à moto, prisonnier du cadre cinématographique comme de l’éternité. Sibaroj Kongsakul a réalisé ce film pour rendre hommage à ses parents et à leur histoire d’amour. Amos Gitaï en lui remettant le grand prix a défini ce film comme un “film de challenge, à la limite du projet artistique abstrait qui fait preuve d’ironie et de tendresse dans sa description d’un couple”. Très beau film d’amour aussi où tout se déroule en douceur, en gestes esquissés ou maladroits comme deux mains qui se rejoignent presque imperceptiblement à travers une moustiquaire, où la nature impassible et radieuse semble être un troublant pied de nez à la mort , où tout dit la douleur de l’absence dans un présent simple et évanescent, une absence qui tisse sa toile avant de se révéler, poignante. Un film plein de délicatesse qui imprègne peu à peu, ne cherche jamais la facilité ou l’émotion mais finit par conquérir la seconde.

    Un an après… 

    compte102.jpg

    Un an, jour pour jour, après le tsunami et la tragédie de Fukushima, comment le cinéma allait-il s’emparer de ce drame ?

    Un an après, jour pour jour, par une tragique ironie, était ainsi projeté à Deauville « Himizu » du japonais Sono Sion, adaptation du manga éponyme. Coup de cœur (et de poing) de ce festival, d’une rageuse, fascinante, exaspérante et terrifiante beauté.

    Sumida est un lycéen dont l’unique ambition est de devenir un homme ordinaire. Son père, qui a quitté le foyer depuis longtemps, réapparaît de temps à autre lorsqu’il a besoin d’argent. Sa mère s’est enfuie avec son amant, laissant le jeune homme sans rien ni personne sur qui pouvoir compter. Réalisant que son rêve ne pourra jamais être exaucé, Sumida devient obsédé par les sanctions qu’il pourrait prendre contre les personnes malfaisantes qui l’entourent.

    Lorsque j’évoquais plus haut une beauté réfractaire, c’est à ce film avant tout que je songeais. Les premiers plans, effroyables, nous plongent dans le décor apocalyptique de l’après tsunami exploré par de longs travellings, mais le chaos n’est pas seulement visuel, c’est surtout celui qui ronge, détruit, étouffe les êtres qui ont perdu leur identité et tout espoir. Les parents ne souhaitent qu’une chose à leurs enfants synonymes d’avenir sombre et impossible : la mort. Les enfants eux ne souhaitent qu’une chose : une vie ordinaire au milieu de cette violence extraordinaire. De cette violente confrontation, de cette quête désespérée nait la beauté rageuse du film, d’abord agaçant par sa noirceur exacerbée soulignée par une musique grandiloquente puis fascinant. Ce chaos traduit la douleur indicible d’un Japon désorienté, désespéré, sans avenir, sans espoir. La jeune fille qui suit inlassablement Sumida dont la situation n’est guère plus enviable incarne le rêve possible qui s’accroche malgré tout, un désir d’avenir (n’y voir là aucune référence politique), un avenir qui semble condamné d’avance. Ajoutez à cela un impressionnant travail sur le son (la tempête qui résonne fréquemment comme une réminiscence insidieuse du drame), une écriture répétitive, brillante et lancinante, des scènes fortes et vous obtiendrez un film qui, en tout cas, comme tout grand film, suscitera votre admiration ou votre rejet et ne vous laissera pas indifférent.

    Ce film, d’une folie inventive et désenchantée, d’un romantisme désespéré, d’un lyrisme tragique et parfois grandiloquent, est porté par l’énergie du désespoir. Il s’achève sur un cri d’espoir vibrant et déchirant. Sublime. Ravageur. La possibilité d’un rêve. Ce film a remporté le prix de la critique internationale auquel je me réjouis de n’être pas tout à fait étrangère…

    Au pays d’Ahmadinejad 

    compte3.jpg

     

    Mon autre coup de Coeur/coup de poing de ce festival est venu d’un film iranien “Death is my profession » d’Amir Hossein Saghafi qui aurait mérité sa place au palmarès.

    Dans une région montagneuse d’Iran, trois ouvriers n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leur famille et se retrouvent contraints de voler, pour les revendre, des câbles de lignes à haute tension. Au cours d’un de ces vols, ils tuent quelqu’un accidentellement et se transforment alors en fugitifs…

    Ce film qui a déplu à de nombreux festivaliers est pourtant une brillante métaphore d’une étonnante maturité pour un réalisateur de seulement 25 ans.  Comment évoquer la situation désespérée d’un pays quand la parole est condamnée, voire impossible ? En montrant une réalité dans laquelle la mort est la seule issue possible, après un éprouvant chemin de croix (éprouvant, le film l’a visiblement été aussi pour certains spectateurs, mais finalement à dessein puisque le fond se confond ainsi avec la forme, le ressenti des personnages avec celui des spectateurs). Pour un maigre espoir de survie, il faut risquer sa vie. Chacun semble être condamné  aux travaux forcés. C’est un cercle vicieux d’un pessimisme absolu qui montre une société qui étouffe, agonise, à bout de souffle, une société carcérale qui emprisonne ceux qui la composent, où il vaut mieux risquer sa vie au milieu d’une nature impitoyable que d’attendre une sanction humaine qui le sera encore plus. Filmé comme un western (avec une influence visible de Sergio Leone et John Ford) avec notamment le plan terrible de cette petite fille suspendu à un arbre comme une charogne , « Death is my profession » est, à l’image de son titre, un film âpre et sans concessions qui traduit brillamment une situation économique, sociale et politique désespérée.

    compte28.jpg

    compte125.jpg

    compte126.jpg

    C’est un autre film iranien qui s’est retrouvé doublement au palmarès (mention spéciale de la critique et grand prix) : « Mourning » de Morteza Farshbaf (Iran) (traduit par « Querelles » et qui signifie « faire le deuil »).

    Une querelle éclate entre un homme et sa femme juste avant qu’ils ne prennent la route pour se rendre dans une ville plus au nord, chez la sœur de l’épouse, Sharareh, et son mari Kamran. Le lendemain matin, ces derniers apprennent la terrible nouvelle : ce qui est arrivé au couple, sur la route, la nuit dernière… En état de choc, Sharareh et Kamran partent pour Téhéran accompagnés d’Arshia, le fils du couple qui, la nuit du drame, n’était pas avec ses parents. Entre l’aube et le crépuscule, pendant ce voyage qui prendra toute une journée, Sharareh et Kamran doivent annoncer à l’enfant la douloureuse nouvelle…

    Mortez Farshbaf a eu l’intelligence de compenser le manque de moyens par l’intelligence du dispositif qui saute aux yeux dès le début du film. Plongé dans l’obscurité (comme le spectateur), un enfant entend (ou peut-être pas…) la dispute qui éclate entre ses parents. Puis, au loin, une voiture avance dans un impressionnant paysage épuré et vertigineux, tandis que des sous-titres expriment le dialogue entre « Elle » et « Lui ». Puis, nous découvrons la raison de ce dispositif : les passagers du véhicule sont muets, le conducteur et sa femme, à ses côtés. A l’arrière, l’enfant. Puis les vérités éclatent dans l’habitacle de la voiture dans un judicieux et paradoxal silence.  Un film à la fois muet et très bavard, aux frontières de l’abstraction, qui parle beaucoup : de famille, de mort, d’absence, de rancoeur. La métaphore est un peu appuyée : les sourds muets pour signifier l’impossibilité de communiquer, la voix et la parole étouffées et une influence très marquée de Kiarostami, lequel, dans « Copie conforme »,  nous avait brillamment (dé)montré ( au passage, ce film de Kiarostami est un chef d’œuvre à voir absolument ne serait-ce que pour l’interprétation polysémique époustouflante de Juliette Binoche) par une subtile mise en abyme que l’art dépend du regard et de l’interprétation de chacun à l’image de ce film également…

    Les voix du silence…

    compte109.jpg

    compte115.jpg

    compte118.jpg

    compte120.jpg

     

    Le lotus du jury de cette édition 2012 a été attribué par le jury d’Elia Suleiman au film philippin  « Baby factory » d’Eduardo Roy Jr. (Philippines) qui n’est pas sans rapport avec le film précédemment  évoqué puisqu’il traduit aussi une situation où la parole est impossible, où les maux se disent en silence.

    Sarah est infirmière dans la maternité d’un centre hospitalier public. Comme l’établissement manque de personnel en cette période de Noël, elle doit travailler deux fois plus. Les infrastructures sont surchargées : deux mères et leurs nouveau-nés doivent partager le même lit alors que s’entassent dans les couloirs des femmes sur le point d’accoucher. Sarah fait face à cette situation avec sérénité, générosité et dévouement, réussissant même à en oublier ses souffrances personnelles.

    Très influencé par le cinéma de Brillante Mendoza (Eduardo Roy Jr  a suivi des cours de scénario auprès d’Armando Lao, le scénariste de « Serbis » et « Kinatay » de Mendoza), "Baby Factory" avec sa vibrante caméra à l’épaule, nous immerge dans la vie d’une maternité de Manille, une des plus (sur)chargées au monde avec plus d’une centaine de naissances par jour. En mêlant fiction et documentaire, et en recourant à une structure éclatée, Eduardo Roy Jr.  dresse le portrait de cette « baby factory » (terrible expression qui reflète le mélange de douceur et de violence du lieu) et des mères et des sages-femmes qui dissimulent leurs propres douleurs pour soulager celles des premières, autant d’histoires et de drames esquissés, tristement  singuliers et universels. 

    La caméra déambule en douceur et avec délicatesse dans cet univers frénétique composé d’urgences et de drames au milieu de la joie de la vie qui s’élance,  s’immisçant subtilement dans la violence tacite de ce que vivent ces femmes (judicieuse économie de dialogues) et cela n’en est que plus bouleversant. 

    Sarah, l’infirmière, d’abord filmée indifféremment parmi les autres devient peu à peu le sujet du film jusqu’au dénouement où elle représente toute la douleur de cette silencieuse et insidieuse violence.  C’est aussi la solidarité qui est mise en exergue au milieu d’un système parfois inique, là encore filmée avec beaucoup de délicatesse et d’empathie.

    Un mélange habile de fracas de la réalité et de celui du silence, de douceur dans la réalisation et de violence dans ce qu’elle relate. Et une fin effroyable qui résonne longtemps après le générique comme un cri  de désespoir étouffé. Etrangement ces scènes de corps qui donnent la vie ou viennent de la donner rappellent celles de désolation du film de Sono Sion où la vie est désespérément absente et le cri de désespoir de dénouement de l’un fait tragiquement écho au cri d’espoir de l’autre.

    Entre violence et innocence

    Le reste de la sélection était également, comme chaque année, d’une qualité remarquable avec, notamment, « 11 fleurs » de Wang Xiaoshuai, un habitué des prix en festivals. Son nouveau film  se déroule en 1974, au cœur de la révolution culturelle chinoise. Un garçon de dix ans observe le monde des adultes et n’y comprend pas grand-chose. La rencontre avec un meurtrier en fuite le pousse au secret et au mensonge. Cette confrontation signera la perte de son innocence.

    Sans doute le film le plus classique de cette sélection pas pour autant le plus inintéressant, un film d’un classicisme ingénieux. Comme le film précédemment évoqué, il mêle intelligemment innocence (le regard d’un enfant) et violence (de la réalité historique, d’un ordre social en pleine mutation, de la révolution culturelle, de la violence du silence aussi, celui imposé). Toute l’intelligence de la réalisation réside dans ce regard et ces souvenirs évoqués par esquisses impressionnistes à l’image du célèbre tableau de Monet «Impression, soleil levant » évoqué dans le film.

    compte26.jpg

    compte27.jpg

    Si le cinéma coréen a souvent réservé les plus belles surprises de ce festival, cette année, c’était peut-être en revanche le moins bon film de cette compétition qui provenait de Corée : « Beautiful Miss Jin » de Jang Hee-chul  dans lequel Soo Dong est le gardien du passage à niveau de la gare de Dongrae. Sa vie est monotone et sans surprises jusqu’à l’arrivée en gare de trois passagers atypiques : une femme d’une cinquantaine d’années appelée Miss Jin, une petite fille qui l’accompagne et un ivrogne bavard. Soo Dong va rapidement s’intégrer à cette petite communauté et développer avec elle une relation peu conventionnelle...

    A nouveau dans ce film, on retrouve ce mélange de tendresse, de solidarité et de violence de la situation sociale, néanmoins rien à voir avec le film philippin, l’angle choisi et assumé étant celui de la fiction. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la plupart des films de cette compétition épousaient le point de vue d’enfants ou d’adolescents, comme un monde en quête d’innocence malgré une réalité bien souvent étouffante.

    compte38.jpg

    Dans « I carried you home » de Tongpong Chantarangkul (Thaïlande), il est aussi question de jeunesse  et de deuil. Pann vit à Bangkok. Un jour, elle reçoit un appel de sa tante en pleurs qui lui annonce que sa mère est dans le coma suite à un terrible accident. Elle contacte alors sa soeur aînée Pinn, laquelle s’est enfuie après son mariage, pour vivre à Singapour et y commencer une nouvelle vie loin des contraintes de la famille. Les deux soeurs sont alors forcées de passer du temps ensemble et, peu à peu, de réapprendre à s’ouvrir l’une à l’autre.

    Le deuil devient finalement le « prétexte » à leurs retrouvailles. Le récit, intelligemment décousu, nous montre comme elles ont appris la terrible nouvelle, et permet de découvrir leurs deux personnalités, leurs failles, leurs secrets. Deux belles interprétations pour un film délicat et élégant.

    Du rire aux larmes

    compte18.jpg

     

    compte20.jpg

    S’il y avait eu un prix du public il serait sans doute revenu à « Saya Zamuraï » de Hitoshi Matsumoto , le fantasque réalisateur japonais qui a déridé le public du CID en introduisant son film par une curieuse déclaration d’amour à Mireille Mathieu, à Jean-Pierre Pernaut et à la France.

    Kanjuro Nomi est un vieux samouraï, sans épée et avec un fourreau vide. Ayant été amené par le passé à jeter son épée et refuser à se battre, il erre aujourd’hui sans but précis, accompagné de Tae, sa fille unique. Désormais recherché pour avoir renié son seigneur, il est condamné à « l’exploit des 30 Jours »: réussir en 30 jours - et à raison d’une chance par jour - à redonner son sourire au prince éploré par le décès de sa mère. Si Kanjuro réussit, il sera libre. Mais s’il échoue, il devra pratiquer le seppuku, la forme rituelle japonaise du suicide par éventration.

    A la première partie  dans laquelle règnent le comique de répétition, l’humour absurde non dénué de poésie mais parfois un peu trop de culture manga et télévisuelle (Matsumoto est célèbre pour ses émissions comiques à la télévision japonaise) succède la seconde qui laisse place à l’émotion. Un conte absurde magnifiquement filmé qui nous embarque dans sa folie douce et nous charme dans sa déclaration d’amour et de courage finale d’un père à sa fille magnifiquement interprétée par la jeune Sea Kumeda qui aurait mérité qu’on initie un prix d’interprétation pour elle.

    compte2.jpg

    En toute logique, terminons par le film d’ouverture de ce 14ème Festival du Film Asiatique de Deauville « The sun-beaten path » de Sonthar Gyal qui nous emmenait au Tibet…

    Nyma, un jeune homme instable, quitte Lhassa pour retourner dans sa maison isolée près de Golmud. Le car étant un moyen de transport trop rapide à ses yeux, il préfère aller à pied, quitte à affronter la chaleur caniculaire du jour et le froid glacial de la nuit, sans parler de la fatigue inhérente à la marche. Bien pire encore, il rejette systématiquement les gestes amicaux d’un vieillard, lequel sacrifie pourtant son propre confort pour mieux veiller sur le jeune homme.

    Le ton était donné dès ce premier film qui réunissait les thèmes phares de ce festival : le deuil et le road movie (avec, comme issue, un retour aux sources ou une fuite impossible).  Le réalisateur l’a présenté en disant y avoir mis « toute son âme » et en effet il s’agit d’un film empreint de sérénité qui a une âme et qui fait contraster la brutalité asphyxiante de ce que vit le protagoniste avec la beauté douce, apaisée, certes parfois âpre, des grands espaces. Un film épuré duquel se dégage une sérénité bienveillante et qui s’achève sur un regard plein d’espoir…

    Un cinéma de contrastes et d'oxymores

    Voix étouffées, cris d’espoir ou de douleur,  parole tue, condamnée ou jaillissante : tout en faisant souvent preuve d’une économie de mots, cette compétition 2012 a traduit avec beaucoup de subtilité le désarroi de personnages enfermés, étouffés, le plus souvent par la misère sociale, qu’elle soit fruit de la dictature ou de catastrophes personnelles ou naturelles. Un cinéma de contrastes, d’oxymores même : de douce violence et de silences bavards. Un cinéma de qualité en tout cas, malgré sa noirceur qui laissait parfois filtrer une lueur d’espoir d’autant plus belle et éclatante et ravageuse, à l’image de celle de la fin de « Himizu », sans aucun doute l’image qui restera de cette compétition cinématographiquement réjouissante. Vivement la 15ème édition…et en attendant vous pourrez bien entendu suivre ici comme chaque année le Festival du Cinéma Américain de Deauville, de l’ouverture à la clôture.

    Prochain rendez-vous festivalier sur les blogs inthemood : le Festival de Cannes 2012 que vous pourrez suivre en intégralité sur http://www.inthemoodforcinema.com , http://www.inthemoodforcannes.com et http://inthemoodlemag.com, de l’ouverture à la clôture, comme chaque année et, en attendant, si vous êtes en mal de lectures sur les festivals de cinéma, vous pouvez découvrir 4 de mes 13 nouvelles de mon recueil « Ombres parallèles » pour lequel je cherche actuellement un éditeur : http://www.mymajorcompanybooks.com/meziere . N’hésitez pas à y laisser vos commentaires et à vous y inscrire comme « fan » si vous souhaitez soutenir le projet.

    LE PALMARES 2012 du Festival du Film Asiatique de Deauville en photos et vidéos et quelques photos de Deauville et du festival :

    compte127.jpg

    compte128.jpg

    compte131.jpg

     Lotus du meilleur film | MOURNING de Morteza Farshbaf

     Lotus du jury | BABY FACTORY de Eduardo Roy jr.

     Lotus Air France (prix de la critique internationale) | HIMIZU de Sono Sion

     Lotus Air France (prix de la critique internationale) - Mention spéciale | MOURNING de Morteza Farshbaf

     Lotus Action Asia | WU XIA de Peter Ho-sun chan

    compte5.jpg

    compte30.jpg

    compte32.jpg

    compte34.jpg

    compte8.jpg

    compte10.jpg

    compte12.jpg

    compte25.jpg

    compte39.jpg

    compte40.jpg

    compte41.jpg

    compte43.jpg

    compte44.jpg

    compte46.jpg

    compte135.jpg

    compte136.jpg

    compte137.jpg

    compte138.jpg

    compte144.jpg

    compte147.jpg

    compte162.jpg

    compte165.jpg

     compte170.jpg

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE DE DEAUVILLE 2012 Pin it! 3 commentaires
  • Critique – « Les femmes du 6ème étage » de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain… (actuellement sur Canal +)

    fem.jpg

    Dans ce film présenté à la Berlinale 2011,  Philippe Le Guay, pour la troisième fois, filme Fabrice Luchini qui lui-même joue ici pour la troisième avec Sandrine Kiberlain (qui, elle, en revanche n’avait jamais tourné avec Philippe Le Guay), mais tout cela n’est pas qu’affaire de chiffres ou si, juste un dernier : 60, les années pendant lesquelles se déroule l’intrigue.

    Jean-Louis Joubert (Fabrice Luchini), agent de change rigoureux (de père en fils) de 45 ans, mari de Suzanne Joubert (Sandrine Kiberlain) et père de famille de deux enfants renvoie la femme de ménage, à leur service depuis des années, et en emploie une nouvelle, Maria (Natalia Verbeke), une jeune espagnole. A cette occasion, Jean-Louis découvre une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vivant au sixième étage de son immeuble bourgeois, un univers exubérant et folklorique à l’opposé des manières et de l’austérité de son milieu.

    Un film avec Fabrice Luchini est toujours une curiosité et surtout la manière dont un réalisateur tire profit de son exubérante personnalité (comme dans « Beaumarchais l’insolent ») ou la canalise, comme ici. C’est en effet (dans un premier temps) un personnage éteint, presque étriqué, austère qui, quatre étages au-dessus de chez lui, va découvrir un autre univers, vivant, coloré, joyeux. Ce n’est pas lui ici qui incarne l’exubérance mais les femmes espagnoles au contact desquelles il va s’illuminer, se réveiller, se libérer.

    Ces femmes forment ici une joyeuse communauté malgré (ou à cause de) la pauvreté et la dictature à cause desquelles elles ont quitté leur pays, Carmen Maura en tête mais pas seulement. Ces cinq femmes ne constituent pas une caricature de casting almodovarien mais une communauté éclectique avec la syndicaliste, celle qui cherche à se marier, celle qui est battue par son mari… mais de toutes se dégage une humanité et une joie de vivre communicatives.

    Il aurait été aisé de tomber dans les clichés ou la condescendance, ce que Philippe Le Guay évite toujours soigneusement. Même le personnage de l’épouse, irrésistible Sandrine Kiberlain constamment « é-pui-sée » alors que ses journées laborieuses se partagent en réalité entre coiffeur, manucure, bridge et thé avec ses amies est à la fois superficielle, légère, mais aussi fragile et finira elle aussi par évoluer.

    Avec ses « femmes du 6ème étage » Philippe Le Guay ne révolutionnera certes pas le cinéma (mais ce n’est par ailleurs probablement pas ce à quoi il aspire ni le spectateur en allant voir ce genre de film) et signe une comédie sociale romantique plus maligne qu’elle n’en a l’air (l’inconnu-e- si proche, intemporel-le-), pleine de gaieté communicative et réjouissante. Une fable sans doute utopique mais non moins touchante, pétillante et pleine de charme grâce à « Maria pleine de grâce » et ses joyeuses acolytes espagnoles auxquelles Philippe Le Guay rend un bel hommage, sans oublier Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain dont chaque apparition est un régal pour le spectateur. Vous auriez tort de vous priver de cette rayonnante escapade au 6ème étage!

    "Les femmes du 6 étage" sera notamment diffusé, demain soir, sur Canal plus, à 22H10

    Lien permanent Imprimer Catégories : ACTUALITÉ DES FESTIVALS DE CINÉMA Pin it! 0 commentaire