Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010 - Page 4

  • Critique- "Toscan"d’Isabelle Partiot-Pieri : portrait d'un être libre

    toscan2.jpg

    Isabelle Partiot-Pieri s'est penchée sur des centaines d'heures d'interviews pour dresser le portrait de ce dandy flamboyant, amoureux fou de la vie et du cinéma, complexe, cultivé, enthousiaste.

    C'est dans le cadre de la section Cannes Classics que j'ai découvert ce passionnant  documentaire réalisé par Isabelle Partiot-Pieri en présence du Ministre de la Culture, d'Abbas Kiarostami, Juliette Binoche et de nombreux amis du producteur décédé en 2003.

    Au-delà du portrait de l'homme c'est aussi celui d'une vision du cinéma qui semble s'être éteinte avec lui. Un cinéma défendu avec énergie, enthousiasme, conviction contre vents et marées, contre le scepticisme des uns ou l'incrédulité des autres. Etrange sensation que de voir ce film à Cannes où il a si souvent promené son inimitable silhouette, Cannes qu'il définit comme un passage aussi nécessaire qu'effrayant, le plaisir d'y être étant selon lui le même que celui éprouvé par « un lapin le premier jour de la chasse ». A voir la violence lunatique et souvent surjouée du public cannois, il est assez facile d'imaginer la terrible épreuve que cela peut représenter pour un producteur qui aimait autant ses films et les cinéastes qu'il défendait.

    Au fil du documentaire se dessine le portrait d'un homme qui aime les mots, a le sens de la formule, cite Guitry, Cocteau, Nietzsche et bien d'autres mais aussi d'une personnalité complexe qui, au détour d'une émission, avoue que ce qu'il dissimule derrière son enthousiasme c'est finalement une forme d'indifférence. Impossible de le croire indifférent au cinéma pourtant tant il le défend comme si sa vie en dépendait, qu'un film existe (indépendamment de toute considération commerciale) étant pour lui plus important que tout, s'évertuant à toujours tout ramener à son enthousiasme et sa passion pour un film quand les journalistes veulent absolument lui faire parler d'argent et d'intérêt commercial.

    toscan3.jpg

    En parallèle de son portrait se dessine aussi une magnifique définition du cinéma, quête d'éternité, de vérité. Toscan du Plantiers ne voulait pas entraver la liberté des auteurs mais au contraire les porter, profondément admiratif de ces êtres libres que sont selon lui les artistes.

    Un être libre : c'est d'ailleurs ainsi que l'on a avant de le définir à l'issue de ce beau portrait . Il cite ainsi Cocteau « Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi ».  Amoureux des mots, du cinéma, de musique et d'opéra, des actrices (il épousa ainsi Marie-Christine Barrault mais fut aussi notamment le compagnon d'Isabelle Huppert) de la vie tout simplement pour lui indissociable du cinéma, une vie dont il a  traversé les drames avec beaucoup de dignité (et notamment l'assassinat de son épouse en Irlande, une affaire qui revient d'ailleurs actuellement sur le devant de la scène).

     Directeur général de la Gaumont à 35 ans, président de la Cinémathèque de Toulouse (devenu la 4ème au monde), président de l'Académie des arts et technique du cinéma (César), co-fondateur du Festival du Film de Marrakech, s'essayant à la mise en scène lyrique avec « Don Giovanni » il est aussi indissociable des films et des cinéastes qu'il a ardemment défendus : Losey, Fellini, Greenaway, Zulawski, Bergman, Fassbinder...et surtout Pialat qu'il accompagnait lors de la fameuse palme d'or 1987 pour « Sous le soleil de Satan » reçue sous les applaudissements et les sifflets. Celui pour qui le cinéma c'était avant tout « faire devenir réalité une utopie » en a accompagné tant de sublimes et incontournables.

    Une très belle leçon de vie et de cinéma en un lieu où la parole est un peu trop souvent convenue et cynique et l'enthousiasme suspicieux. Une belle réussite aussi au sens nietzschéen (une phrase qu'il cite d'ailleurs) : « deviens ce que tu es ».  Un documentaire dont on ressort avec l'envie de dévorer l'existence et une soif encore plus insatiable de cinéma. Le portrait d'un homme libre, rare et élégant... dans tous les sens du terme.

    A voir absolument en salles le 1er décembre!

    Lien permanent Imprimer Catégories : AVANT-PREMIERES, CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010 Pin it! 0 commentaire
  • Avant-première – Critique de « Somewhere » de Sofia Coppola : le cinéma de Sofia Coppola, un effet de mode ?

    somewhere2.jpg

    somewhere5.jpg

    P1020928.JPG

    P1020932.JPG

    P1020929.JPG

    Hier soir, au Gaumont Marignan, sur les Champs Elysées avait lieu l’avant-première de « Somewhere » de Sofia Coppola. (La projection était suivie d'un débat avec la cinéaste et son acteur principal, cf mes vidéos en bas de cet article) Quatrième long-métrage de la cinéaste après « Virgin suicides », « Lost in translation » et « Marie-Antoinette », « Somewhere » a reçu le Lion d’or du dernier Festival de Venise « à l’unanimité » selon le président du jury Quentin Tarantino, malgré l’accueil mitigé que le film avait reçu à la Mostra mais Quentin Tarantino (que certains ont accusé de favoritisme, ce dernier ayant été le compagnon de Sofia Coppola) n’en est pas à sa première remise de prix controversée, on se souvient ainsi de la controverse suite à la palme d’or que le jury cannois qu’il présidait avait attribuée à Michael Moore pour « Fahrenheit 9/11 », en 2004.

    Le synopsis de « Somewhere » n’est pas sans rappeler celui de « Lost in translation » :  Johnny Marco (Stephen Dorff), acteur de son état, promène sa lassitude désenchantée dans les couloirs du Château Marmont, célèbre hôtel (réel) de Los Angeles fréquenté par le tout Hollywood, jusqu’au jour où arrive Cléo (Elle Fanning), sa fille de 11 ans.  Avec elle, il va enfin se réveiller et révéler, et cesser de tourner en rond pour retrouver le « droit chemin ».

    La première scène  nous montre ainsi une voiture (la Ferrari rutilante de l’acteur dont on se demande parfois si le film n’en est pas le spot publicitaire même si, certes, elle n’est pas sans symboles, notamment  de son luxueux enfermement ) qui tourne en rond sur un circuit, à l’image de Johnny dans les couloirs du Château Marmont, et de sa vie qui ne semble aller nulle part, et n’être qu’une errance dans les couloirs de l’hôtel où il croise notamment Benicio Del Toro, Aurélien Wiik et Alden Ehrenreich (dont je vous laisse retrouver les très courtes apparitions) mais surtout des silhouettes lascives, fantomatiques et désincarnées quand il n’en ramène pas dans sa chambre, semble-t-il sa seule occupation. Lorsque la gracile, solaire et sage Cléo débarque, il porte un regard nouveau sur ce qui l’entoure, ou même tout simplement il porte un regard, enfin.

     Ce regard c’est celui de la cinéaste, habituée des lieux, gentiment ironique : sur la télévision italienne et ses personnages hauts en couleurs, les conférences de presse aux questions consternantes (dont les questions et la perplexité de l’acteur n’ont pas été sans me rappeler celle-ci, notamment, mais aussi bien d’autres), la promotion contrainte et souvent absurde.

    Si j’ai posé cette question en guise de titre « le cinéma de Sofia Coppola : un effet de mode », thèse que semble d’ailleurs accréditer le public invité hier soir (une majorité de  blogueuses …mode , outre quelques acteurs/trices également à la mode comme notamment Géraldine Nakache), c’est parce que la mode est désormais indissociable de Sofia Coppola. Pas seulement parce que cette dernière figure fréquemment dans les magazines féminins à la rubrique mode mais aussi parce que son cinéma, d’ailleurs qu’il se passe au XVIIIème ou en 2010, semble compiler les effets de mode : musicaux (hier Air, aujourd’hui Phoenix, avec la musique de son compagnon Thomas Mars), géographiques (l’hôtel Château Marmont de Los Angeles) ou visuels ( trèèès longs plans fixes ou plans séquences).

    Le problème c’est qu’à force d’être « à la mode », Sofia Coppola nous donne l’impression de regarder la couverture glacée d’un magazine (à moins que ce ne soit délibéré que nous ne voyions rien comme Johnny aveugle à ce qui l’entoure). Le Château Marmont est un lieu décadent nous dit-elle, mais son regard semble s’arrêter à l’apparence, à cette première page sans jamais en franchir réellement le seuil. A l’image du premier plan et de son protagoniste, le cinéma de Sofia Coppola semble par ailleurs tourner en rond : le cadre, les personnages, la fin rappellent ceux de « Lost in translation » (notamment avec ses paroles inaudibles),  et on retrouve ses thématiques récurrentes : personnages esseulés, en transition, célébrité.

     Là où « Lost in translation » était avant tout centré sur le scénario (recevant un Oscar, mérité, pour celui-ci), « Somewhere » ressemble davantage à un exercice de style imprégné de cinéma d’auteur français  et de Nouvelle Vague(jusqu’au prénom Cléo, probablement en référence à Varda) ou de cinéastes américains comme Gus Van Sant, mais je ne vois toujours pas ce que ce film a de plus qu’un grand nombre de films indépendants américains (notamment ceux projetés en compétition dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville, au moins aussi bons) et donc ce qui justifie son prix à la Mostra.

    Finalement ce film est à l’image de sa réalisatrice qui dégage un charme discret et dont on ne sait si on la trouve charmante à force qu’on nous ait rabâché qu’elle l’était ou si elle l’est réellement. J’avoue n’avoir toujours pas réussi à trancher, et à savoir si son film lui aussi est juste une image ou si il a une réelle consistance. Ou s’il n’est qu’un masque comme celui que Johnny est contraint de porter (au propre comme au figuré). Cela me rappelle d’ailleurs cette anecdote significative, Sofia Coppola passagère connue et anonyme dans un bus et que j’étais la seule à remarquer, témoignant du fait qu’on ne la remarque comme une icône de mode que parce que les magazines nous la désignent comme telle, et je me demande ainsi si ce n’est pas à l’image de son cinéma qui serait « remarquable » car « à la mode ». En tout cas, et pour mon plus grand plaisir, n'a-t-elle pas cédé à une mode: celle des films avec dialogues (quand il y en a) et rythme effrénés pour vous empêcher de réflèchir (ce qui, en général, serait fortement nuisible aux films en question).

    « Somewhere », à la fois très dépouillé et stylisé (qualité et défaut d’un premier film dont il a les accents), n’est donc néanmoins pas dénué de charme ou de grâce (par exemple le temps d’un survol en hélicoptère où Johnny prend la mesure de la beauté du monde, en tout cas de son monde, d’une danse aérienne sur la glace, ou d’une caméra qui s’éloigne lentement, prenant du recul comme Johnny va le faire progressivement), et son ironie désenchantée est plutôt réjouissante. La photographie langoureuse d’Harris Savides (notamment chef opérateur de « Gerry », "Elephant", "Whatever works", "The Game", ou « The Yards »), les plans lancinants souvent intelligemment métaphoriques retiennent notre attention et, malgré la lenteur, ne laissent jamais l’ennui s’installer mais nous permettent au contraire de nous laisser porter par l’atmosphère du Château Marmont et, comme Johnny d’en éprouver les facéties étouffantes. Stephen Dorff est parfaitement crédible en acteur débraillé, lucide, blasé et passif que tout le monde trouve en pleine forme, et la jeune Elle Fanning dégage une grâce, une maturité et une justesse rares qui illuminent le film et promettent une jolie carrière. Ils forment un duo tendre et attachant, crédible.

     Malgré cela, ce « Somewhere » certes indéniablement plein de charme, m’a laissée sur ma faim, et je m’interroge encore pour savoir si cette longue route droite mène réellement quelque part et si, plus encore qu’intimiste, ce film n’en est pas démesurément personnel, voire narcissique, pour oublier d’être ce qu’est tout grand, voire tout bon film, et ce qu’étaient à mon sens les excellents « Lost in translation » et « Marie-Antoinette » : universels.

    Ci-dessous, la bande-annonce très réussie, avec, comme toujours chez Sofia Coppola, une idée de la BO elle aussi très réussie:

    Vidéos du débat avec Sofia Coppola et Stephen Dorff, après la projection du film:

    D'autres vidéos de ce débat seront prochainement mises en ligne...

     

    Lien permanent Imprimer Catégories : AVANT-PREMIERES, CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010 Pin it! 4 commentaires
  • Critique « Il reste du jambon ? » d’Anne de Petrini : aussi subtil que son titre…

    jambon.jpg

    Quelqu’un pourra-t-il dire un jour aux anciens chroniqueurs télévisés qui, en mal d’activités et/ou de psy, se lancent dans le 7ème art, que faire un film ne consiste pas à placer une caméra n’importe où pour filmer une suite de sketchs ? Merci. Tel semble être le cas d’Anne de Petrini qui s’est inspirée de sa vie commune avec Ramzy Bedia pour écrire et réaliser son premier long-métrage répondant au doux et subtil nom de « Il reste du jambon ? »(dont vous remarquerez la forme interrogative, dont la réponse est sans doute censée susciter un suspense insoutenable.), en réalité censé symboliser leurs différences.

    Résumons : Justine Lacroix (Anne Marivin), journaliste d’une obscure chaîne de télévision est cantonnée à la tout aussi obscure rubrique des chiens écrasés, lesquels chiens seront d’ailleurs à l’origine de sa rencontre avec le séduisant chirurgien urgentiste, Djalil Boudaoud (Ramzy Bédia) devant lequel elle se retrouve après avoir goûté à des croquettes pour chiens ET pour hommes. Comme c’est le coup de foudre, ils s’installent rapidement ensemble et c’est là que les ennuis sont censés commencer…

    Rarement un film aura aligné autant de clichés, aura autant et si mal cherché à singer les comédies romantiques américaines et aura eu une photographie aussi laide… Justine a donc des parents bourgeois et racistes qui parlent de « ces gens-là », achètent de la musique berbère quand ils apprennent qu’ils vont avoir un gendre d’origine algérienne, parlent de « races » (mais Justine précise au passage gentiment( ?!) à sa mère que « les races ça n’existe pas » au cas où le spectateur serait lui aussi raciste et/ou inculte), et ont l’impression de partir à l’aventure quand ils vont à Marrakech. Précisons que les parents sont incarnés par Marie-France Pisier et Jean-Luc Bideau dont on se demande ce qu’ils sont allés faire dans cette galère. De l’autre, Djalil a des parents algériens dont la mère prend des cours… à l’école primaire, rejette Justine parce qu’elle est blanche mais l’accepte finalement parce qu’elle a du caractère. Djalil, quant à lui, empêche sa sœur d’assister à une fête familiale et la traite de « pute » parce qu’elle a eu un enfant avec un Français blanc.

    Anne de Petrini aurait pu se rattraper en parlant de l’univers qu’elle connaît, c’est-à-dire celui de la télévision, mais entre un rédacteur en chef pleutre, survolté, suffisant et la bimbo de service, on n’échappe pas là non plus aux clichés. Je passe sur les blagues assez consternantes comme « le Coran alternatif » (avec une panne de courant nullement là pour faire avancer l’intrigue mais uniquement pour placer cette vanne comme elle aurait été plaquée dans une chronique télé).

    Tout juste le jeu juste d’Anne Marivin, Fellag, Biyouna et des actrices principales de « Tout ce qui brille » Géraldine Nakache et Leila Bekhti sauve-t-il le film du naufrage…mais pas du titre de plus mauvais film de l’année, malgré la bonne volonté d’appel (manqué) à la tolérance. Ce film aura par ailleurs le mérite de donner à Ramzy un vrai rôle, et de montrer qu’il peut jouer lui aussi particulièrement juste lorsqu’il sort de son personnage décalé en duo avec son comparse Eric.

    Bref,  n’y allez pas, et revoyez plutôt, sur un sujet similaire, et traité avec beaucoup plus de subtilité «Mauvaise foi » de Roschdy Zem ou allez voir "The American", à l'affiche cette semaine.

    Terminons par une citation d’Anne De Petrini  qui en dit long sur sa modestie et connaissance de l’univers cinématographique : "J’avais écrit ce scénario pour le Festival de Cannes. Très naïvement, je pensais : Je vais arriver et puis je vais le vendre,  mais ça ne s’est pas du tout passé comme ça. » Sans commentaires.

    ps: Le générique est très bien.

    Lien permanent Imprimer Catégories : CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010 Pin it! 3 commentaires
  • Avant-première -Critique de "Fair game" de Doug Liman

    Vous trouverez ci-dessous mes quelques commentaires publiés au sujet de "Fair game" suite à la projection cannoise du film. Le film sortira en salles le 3 novembre prochain.

    fair4.jpg

    fair6.jpg

    Seul film américain de la compétition officielle du Festival de Cannes 2010,  également projeté en avant-première du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2010, « Fair game » permet au réalisateur de « La mémoire dans la peau » de figurer pour la première fois dans la compétition cannoise et de changer de registre après des comédies (comme "Mr and Mrs Smith") et des films d'action. Déception pour le public cannois puisque Sean Penn a finalement annulé sa venue qui était d'ailleurs sans doute la principale raison de la sélection de ce film en compétition.

    C'est l'adaptation d'une histoire vraie : Joseph Wilson (Sean Penn) un ex-ambassadeur américain est envoyé au Niger pour enquêter sur la fabrication d'armes nucléaires destinées à l'Irak . Sur place il ne découvre rien. L'administration Bush va alors produire de faux documents pour faire croire qu'un danger imminent menace la sécurité nationale et mondiale et que l'enquête sur place l'a prouvé.   Pour discréditer Wilson qui va dénoncer ce mensonge, le Pentagone va s'arranger pour que soient  divulguées dans la presse les activités d'agent de la CIA de sa femme Valerie Plame-Wilson (Naomi Watts).

     Avec un  sujet politique et historique à palme d'or, « Fair game » n'est malheureusement pas à la hauteur de l'attente suscitée. Si la réalisation nerveuse inspirée des « Jason Bourne » laisse augurer le meilleur, si Naomi Watts est particulièrement convaincante, force est de constater rapidement que ni le scénario ni la réalisation ne sont à la hauteur du sujet. La force indéniable de celui-ci n'a malheureusement pas inspiré la réalisation relativement impersonnelle et même le si talentueux Sean Penn semble parfois jouer de manière caricaturale. Les dialogues et les situations sont tout aussi caricaturaux, c'est d'autant plus dommage que cela fait perdre de la force et de la crédibilité au sujet (un comble et une maladresse qui, d'une certaine manière et évidemment contre la volonté du réalisateur, donneraient presque du crédit à la version du Pentagone).  Les multiples sauts d'un lieu à l'autre apparaissent comme artificiels et dispersent l'attention au lieu de la retenir.

    On songe avec regret à l'intense et percutant « Green zone » de Paul Greengrass traitant d'un sujet similaire (un film qui, s'il avait figuré en compétition à Cannes, aurait ainsi mérité la palme d'or).

    Reste la valeur de témoignage historique nécessaire pour ce film malheureusement très loin d'être à la hauteur de la noble cause (celle de la triste et dérangeante vérité sur une administration qui l'a tellement malmenée et trahie) qu'il défend dont le meilleur moment reste la fin avec les images du véritable témoignage de Valerie Plame (d'ailleurs présente à Cannes) . Peut-être aurait-il mieux valu réaliser un documentaire sur le sujet...  "Fair game" est simplement (mais c'est déjà beaucoup me direz-vous) à considérer comme un honorable divertissement ayant valeur d'intéressant, et parfois édifiant, témoignage historique et non oeuvre cinématographique.

    depardieu 060.JPG

    Photo ci-dessus, inthemoodforcinema.com, Valérie Plame et Naomi Watts lors de la projection cannoise.

    Lien permanent Imprimer Catégories : CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010 Pin it! 1 commentaire