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  • En attendant ma critique de « The Artist » de Michel Hazanavicius, mes premières impressions et résumé de ma 4ème journée du 64ème Festival de Cannes

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    artist6.jpgJe profite d’un rare et court (c’est-à-dire 10 minutes) moment de pause salutaire après deux journées bien (et très agréablement) chargées pour vous faire un petit résumé de ces 48 heures à commencer par la projection à laquelle je viens d’assister, en projection presse du matin « The Artist » de Michel Hazanavicius après très exactement trois heures de sommeil (mais, non, je ne vais pas faire comme les journalistes et m’en plaindre) suite à la soirée Orange Cinéday (j’y reviendrai). Film très attendu d’abord en raison de son passage de dernière minute (fait rarissime) de la sélection officielle hors compétition à la compétition, mais aussi en raison de son caractère muet, et en noir et blanc, le tout signé par un réalisateur jusqu’à présent abonné aux comédies (par ailleurs très réussies). Le genre était donc particulièrement périlleux et mettons tout de suite fin au suspense, Michel Hazanavicius  évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Ce film m’a éblouie, amusée, émue, parce qu’il convoque de nombreux souvenirs de cinéma, parce qu’il est une déclaration d’amour au cinéma, parce qu’il ressemble à tant de films du passé et à aucun autre film contemporain, parce que la réalisation est étonnamment inspirée (dans les deux sens du terme d’ailleurs puisque, en conférence de presse, Michel Hazanavicius a revendiqué son inspiration et même avoir « volé » certains cinéastes), parce qu’il est burlesque, inventif, malin et touchant. Il ne se rapproche d’aucun autre film primé jusqu’à présent à Cannes…mais pourquoi pas ? Pourquoi pas en primant ce film, hymne au cinéma, et donc d’une certaine manière à Cannes, boucler la boucle ? Pourquoi  ne pas donner un élan d’optimisme ? Pour le savoir il faudra attendre le 22 mai…

    D’ici là, j’essaierai de trouver le temps de vous livrer une critique digne de ce nom avec un résumé de la conférence de presse du film à laquelle j’ai assisté ce matin, contrairement à celle de « Pirate des Caraïbes » hier à laquelle il m’a été impossible d’entrer. Je vous en ramène néanmoins une petite vidéo prise à l’entrée de la salle de conférence de presse qui vous donnera une idée de l’agitation que cela a suscité.

    michael.jpgAu programme de ma journée d’hier, également « Michael », film en compétition officielel de l’autrichien Markus Schleinzer, premier film  sur « les cinq derniers mois de la vie commune forcée entre Wolfgang, 10 ans et Michael, 35 ans » qui est en réalité le quotidien d’un pédophile que le réalisateur suit avec une méticulosité clinique, mais aussi (et c’est une véritable prouesse vu le sujet) sans le moindre sensationnalisme ou voyeurisme. Il parvient à ne JAMAIS, pas une seule seconde du film, rendre ce Michael sympathique, nous le montrant toujours dans le pathétisme de sa « folie ». La réalisation est elle aussi d’une précision chirurgicale, et d’une étonnante maîtrise. Un film qu’il ne serait pas étonnant de voir figurer au palmarès même si, là aussi, la concurrence s’avère rude.

    La soirée s’est achevée par la soirée Orange Cinéday, en  enthousiaste, enthousiasmante et amicale compagnie, à se souvenir qu’une décennie plus tôt ces soirées qui se succèdent et multiplient aujourd’hui paraissaient comme une planète inaccessible, à constater avec plaisir que l’aigreur n’a pas contaminé tout le monde et que la passion ne s’érode pas chez tous avec le temps, assassin dit-on, tandis que mes tweets défilaient sur l’écran géant (ou comment passer inaperçue :- )) avant que la salle ne se laisse électriser par Keziah Jones dont je vous livre un extrait de la « performance ». Un feu d’artifice sonore avant qu’un autre, visuel, ne se déroule juste devant la plage.

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    Dès que j’aurai un peu plus de temps, j’essaierai de revenir à des critiques dignes de ce nom… Je vous rappelle que vous pouvez aussi me suivre sur le blog de 20 minutes (http://festivaldecannes.20minutes-blogs.fr/  )  et sur le site live Orange (http://live.orange.com/fr ) .

    Pour finir, quelques images de la Croisette, à 7H30 ce matin...:

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    To be continued…

  • Festival de Cannes 2011, troisième jour : du pathétique au sublime

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    C’est seulement mon troisième jour à Cannes et, déjà, je réalise que j’oublie de laisser le temps au temps, que je me laisse entraîner par l’insatiable frénésie cannoise, que je passe de films en soirées, de soirées en concerts, de concerts en films, de films en conférences de presse oubliant déjà qu’existe un ailleurs hors de ce petit microcosme qui ne vit qu’au prétexte du cinéma. J’avais oublié que Cannes peut passer du pathétique au sublime d’une seconde à l’autre. J’avais oublié qu’ici il faut jouer un rôle, que le silence et le mystère y sont bannis. Mais je n’avais pas oublié ces palpitations à chaque fois qu’une projection commence et qui éclipsent tout le reste.  Alors, je vais laisser le pathétique, l’excentrique et le vain, pour vous parler du sublime (et puis surtout je vous ai déjà parlé du pathétique, longuement, dans mon édito, ici). Le sublime c’est une projection à la Semaine de la critique, celle du deuxième film de l’actrice réalisatrice Valérie Donzelli « La guerre est déclarée » (retrouvez ma critique de son premier film « La reine des pommes », ci-dessous) inspiré du combat qu’elle a menée avec son compagnon contre la maladie de son fils.  Une déclaration de guerre mais surtout d’amour. Un hymne à la vie, au courage, à la fugacité du bonheur, un film plein de douce fantaisie, avec une inspiration toujours très truffaldienne, et jamais mièvre. Un film bouleversant. Justement parce que je ne veux pas trahir mes impressions ni la beauté subtile et sensible de ce film, je ferai ma critique ultérieurement, avec le recul nécessaire pour l’appréhender.  Savourer plutôt qu’ingurgiter même si l’inverse est plus à la mode ici. En guise de teaser, vous trouverez ci-dessous l’intégralité du débat qui a suivi le film que j’ai filmé hier après-midi. Sur scène, vous y découvrirez une animatrice inattendue… Je vous laisse avec cette vidéo qui se passe de commentaires.

    D’autres aventures m’attendent…à suivre demain sur le blog et en direct sur mon compte twitter spécial Cannes http://twitter.com/moodforcannes . Retrouvez-moi également aujourd’hui sur France info et dans le documentaire « Tous critiques » diffusé sur France 3 Méditerranée et France 3 Côte d'Azur à 15H50 (puis ensuite sur d’autres chaines, je vous en reparlerai).

    Je vous parlerai également ultérieurement de « Footnote » de Joseph Cedar, film en compétition officielle vu hier soir, comédie maligne à la mise en scène inspirée et parfois même décalée, et beaucoup plus universelle que son thème pourrait le laisser entendre.  (Synopsis : Les Shkolnik sont chercheurs de père en fils. Alors qu’Eliezer Shkolnik, professeur puriste et misanthrope a toujours joué de malchance, son fils Uriel est reconnu par ses pairs. Jusqu’au jour où le père reçoit un appel : l’académie a décidé de lui remettre le prix le plus prestigieux de sa discipline. Son désir de reconnaissance éclate au grand jour.)

     Et deux petites vues de la plage Majestic 64 pour terminer.

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    Critique de "La reine des pommes" de Valérie Donzelli

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    Adèle (Valérie Donzelli) une jeune trentenaire se fait quitter par Mathieu (Jérémie Elkaïm), l'amour de sa vie. Anéantie, suffoquée, Adèle ne pense plus qu'à une chose : mourir. Rachel (Béatrice de Staël), une cousine éloignée, la prend en charge. Elle décide d'aider Adèle en essayant de lui trouver du travail, de lui redonner goût à la vie et de la conseiller sentimentalement. Son principal conseil : coucher avec d'autres hommes afin de désacraliser cette histoire. Ce sera Pierre, Paul et Jacques (dans les trois cas, Jérémie Elkaïm).

    Adèle donc. Déjà tout un programme truffaldien, Truffaut à qui Valérie Donzelli n'emprunte pas seulement le nom d'une de ses héroïnes mais aussi une tristesse désinvolte, un ton ludique, une légèreté, une narration, un personnage décalé et anachronique à la Antoine Doinel, un jeu agréablement suranné à la Jean-Pierre Léaud. Ajoutez à cela un marivaudage qui relève de Rohmer, des passages en-chantés, enchanteurs à la Demy et une note d'Agnès Varda ou d'Emmanuel Mouret et vous obtiendrez un premier film aussi singulier qu'attachant. Ces multiples références assumées et même proclamées auraient pu alourdir et plomber l'ensemble, et nous agacer mais Valérie Donzelli a l'intelligence de ne pas se prendre au sérieux et de se tourner en ridicule juste à temps pour que son film ne le soit pas. Loin de là !

    Avec un  sujet galvaudé, grâce à un ton et un personnage burlesques, à des situations cocasses, à des dialogues décalés, Valérie Donzelli nous emporte dans sa comédie légère aux airs de Nouvelle Vague rafraîchissante et dans son univers (scénariste, réalisatrice, actrice, elle a aussi composé, écrit, interprété la musique du film).

     La légèreté des moyens rend service au sujet puisque le même acteur interprète tous les hommes que rencontre Adèle, tous les hommes en qui elle voit celui qu'elle a perdu, qu'ils s'appellent (avec beaucoup d'ironie) Pierre, Paul ou Jacques.

    Seule la fin, à new York (où Adèle a un nouveau regard sur un nouveau monde, quand la reine des pommes se retrouve dans la grosse pomme) redevient sérieuse là où le film aurait peut-être gagné à rester dans le décalage et la légèreté.

    Sélectionné à la Quizaine des réalisateurs pour son court-métrage « Il fait beau dans la plus belle ville du monde »,  avec « La Reine des pommes » Valérie Donzelli a reçu le prix du public du festival d'Angers.

    Un film fantaisiste, attachant, parfois même touchant qui sort du cadre formaté des comédies habituelles et on aurait bien tord de s'en priver et de ne pas se laisser enchanter par cet air connu et joliment singularisé.

    Remarque :  Les plus cinéphiles s'amuseront à reconnaître Serge Bozon, Dominik Moll et Gilles Marchand.

  • L'anachronique et mystérieuse bande-annonce du film "Hussards"

    Une petite pause dans mon trépidant programme cannois pour vous faire découvrir une singulière et mystérieuse bande-annonce qui m'a fortement intriguée. Est-ce la projection de "Minuit à Paris" qui, dans mon cerveau mis à rude épreuve par l'enthousiasmante agitation festivalière, a aboli les frontières entre passé et présent, à l'image de ce qu'a vécu le protagoniste du film de Woody Allen? Est-ce une erreur de montage? Est-ce la bande-annonce d'un premier film volontairement anachronique? La bande-annonce du film d'un grand cinéaste qui, à l'image de Claude Lelouch pour "Roman de gare" souhaite rester incognito? En tout cas impossible de découvrir la moindre information à ce sujet sur internet... Peut-être en saurons-nous plus les jours prochains. En attendant, je vous laisse découvrir cette énigmatique bande-annonce. Et à votre avis, de quoi s'agit-il? Trouverez-vous la clef du mystère?

  • Remise des Audi Talent Awards et concert de Craig Armstrong, Micky Green...

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    Avant-hier soir suite à  la remise des Audi Talent Awards catégories musique et court-métrage attribués respectivement à Pascal Lengagne et Dominique Rocher (en présence de Lambert Wilson, Gilles Lellouche, Patrice Leconte...) a eu lieu un live ensorcelant  Craig Armstrong après Micky Green: quelques images et une vidéo...  qui vous donneront un tout petit aperçu avant que je vous livre d'autres vidéos.

  • Festival de Cannes 2011 - Conférence de presse de « Polisse » de Maïwenn avec Joeystarr, Emmanuelle Bercot, Marina Foïs, Sandrine Kiberlain, Nicolas Duvauchelle, Jérémie Elkaïm…

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    Pour ceux qui ne sont pas à Cannes (mais aussi pour les autres), cette année plus que jamais, j’ai décidé de vous permettre de vivre les différents aspects de ce festival et donc également les conférences de presse.

    Hier midi avait lieu la conférence de presse de « Polisse » de Maïwenn, film figurant en compétition officielle, en présence de l’équipe au grand complet (retrouvez ma critique du film en cliquant ici). C’est aussi cela Cannes pour les équipes de films : le marathon journalistique et les conférences de presse qui peuvent parfois se révéler tendues en raison des enjeux. La conférence était présentée par Jean-Pierre Lavoignat. La fébrilité et l’anxiété, comme souvent dans les conférences de presse cannoises, étaient palpables (même si un(e)membre de l’équipe a essayé de détendre l’atmosphère avec son humour pince sans-rire et qu’un autre semblait un peu ailleurs et las sauf pour désapprouver certaines questions, je vous laisse deviner de qui il s’agit).

    Cette conférence a ainsi été l’occasion pour Maïwenn d’évoquer ses motivations en choisissant ce sujet : « ce qui m’a transcendée, c’est le thème de l’enfance, point commun entre mes films. » Sur la défensive, et s’avouant impressionnée, Maïwenn a en tout cas montré une vraie connaissance de son sujet et une véritable empathie pour ces policiers « qui ne restent jamais plus de 10 ans à la Brigade des mineurs ».

     « Ce qui motivait les enfants, c’est lorsque je leur disais qu’il s’agissant d’histoires vraies a-t-elle ajouté. Ce sont des choses très pures et dignes qui les poussaient à jouer. » Concernant les dialogues très crues sur la sexualité, entre les membres de la brigade des mineurs lors de leurs moments de pauses, c’est « un moyen de décompresser ». « Les policiers de la brigade des mineurs ont en tout cas tous des raisons personnelles d’être dans cette brigade ». Maïwenn est également revenue sur son rôle dans le film : « ce n’est pas quelque chose que j’ai bien vécu de jouer dans ce film et ce personnage est très renfermé, en contradiction avec l’énergie que nécessite la réalisation  et ce n’est pas un rôle que j’aurais dû jouer, », « C’est une erreur de casting ».

     Maïwenn a répondu à une question sur le nombre de femmes en compétition cette année à Cannes : « Je trouverais ça déplorable qu’il y ait des quotas de femmes. », « C’est très dur sur un plateau. C’est un milieu très masculin. C’est difficile d’être face à des financiers parfois misogynes. »

    Vient ensuite une question pour Joeystarr, un journaliste lui demandant si son personnage de policier a changé son regard sur la police, question à laquelle l’intéresse n’a pas répondu (ou si, par quelques onomatopées).

     Maïwenn s’est dit « frappée de voir que le soir ces policiers ne voulaient pas se quitter. »

    Elle a également évoqué la fin du film « seul moment du film où grâce à la parole et un pardon on comprend qu’un enfant peut se reconstruire. », l’occasion aussi de raconter l’histoire réelle (glaçante) qui lui a inspiré l’histoire de ce petit garçon.

     Sur ses inspirations : « Je crois que j’aime bien Tavernier mais je crois que je préfère Maurice Pialat. C’est surtout les documentaires qui m’ont aidée. »

     Marina Foïs a évoqué la travail de Maïwenn en tant que réalisatrice : « Elle nous fait croire que nous allons inventer ce qui se passe. » Pour Karin Viard, « sa méthode est sans chichis et très direct ». Maïwenn l’a d’ailleurs montré lors de la conférence qualifiant de « scolaire » l’aide d’Emmanuelle Bercot…avant de se rattraper. Pour Sandrine Kiberlain, il n’y a pas « la frontière habituelle », cela l’a aidée à ce qu’il n’y ait pas « le rituel » habituel.

    Maïwenn a également précisé que, pendant le tournage elle était constamment accompagnée d’une psychologue et par une personne de la Dass, qu’elle devait respecter le texte scrupuleusement pour les enfants et qu’elle « n’aurait pu se regarder en face » si elle ne l’avait pas fait en raison d’éventuelles séquelles ultérieures pour les enfants.

    Emmanuelle Bercot a évoqué son admiration pour le « détachement absolu » de Maïwenn, sa « liberté qui a quelque chose de très exaltant ».

     En préambule, j’évoquais les enjeux de Cannes, le producteur Alain Attal a justement répondu à une question à ce sujet. Pour lui « il n’y a pas d’enjeu, c’est une joie énorme » car « c’est un film qui ne peut pas passer sur les chaînes hertziennes traditionnelles » mais il a admit que « les enjeux nous rattrapent. » en parlant de « l’exposition mondiale  pour le film. » Il a également évoqué son admiration pour Maïwenn la remerciant de l’avoir « choisi ».

     
  • Vidéo - Concert de Craig Armstrong - Audi Talent Awards

    Le temps me manque  pour vous raconter ce beau moment et pour publier mes photos et vidéos du concert de Craig Armstrong  accompagné de Andrea Corr, David McAlmont, et Micky Green. Je vous livrerai également le palmarès des Audi Talent Awards. En attendant mes autres vidéos et photos, en guise de teaser, un petit extrait d'une de mes vidéos prises hier soir. Magique, non?

  • Cannes depuis la Terrasse du Club by Albane - Roof top du Palais Stéphanie / JW Marriott

    Hier soir, après la projection du film de Maïwenn (dont je vous parle tout de suite après cet article), j'étais invitée à la très prisée terrasse du Club by Albane, sur le Roof top du Palais Stéphanie / JW Marriott, pour les 5 ans de la marque Belvédère. Il faut dire que la vue y est à couper le souffle surplombant la frénésie cannoise tout en permettant de ne pas en subir les inconvénients. Pour une fois, je vais laisser la place aux images...

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  • Critique de « Polisse » de Maïwenn – Compétition officielle du Festival de Cannes 2011

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    Cliquez ici pour lire ma nouvelle critique du film "Polisse" (plus complète) suite à sa projection en ouverture du Festival Paris Cinéma 2011.

    Hier après-midi, j’ai assisté à ma première projection d’un film en compétition de cette édition cannoise 2011, un film français, un des 4 films de cette compétition 2011 réalisé par une femme, en l’occurrence Maïwenn qui présentait son 3ème long métrage  après « Pardonnez-moi » (2006) et « Le bal des actrices » (2009), pour sa première sélection cannoise. Je vous avais dit la semaine dernière à quel point je n’avais pas aimé son « Bal des actrices » (retrouvez ma critique, ici),  film sur les masques et  les mensonges des actrices  dans lequel Maïwenn nous impose sa propre vérité, un bal dont elle est la reine et la manipulatrice, un bal dans lequel le cinéma est montré comme un bal masqué, un monde de faux-semblants dans lequel les actrices sont toutes malheureuses, narcissiques, prétentieuses et pour se dédouaner de s'être attribuée le beau rôle, Maïwenn lors d'une scène finale (lors de laquelle toutes les actrices sont réunies pour voir son documentaire) devance toutes les critiques, ses actrices lui adressant les reproches que pourrait lui faire la critique. Bref, je craignais le pire avec le sujet ô combien sensible de ce troisième long métrage. Je sais qu’à Cannes il est de bon ton de haïr ou d’adorer, de détruire ou d’encenser sans nuances, seulement voilà, ce film n’a cessé de me faire passer d’un état à un autre, entre scepticisme et émotion, agacement et admiration… donc je ne ferai pas comme ce journaliste entendu à la sortie de la projection presse sortant en assénant « C’est une M…. » devant son collègue qui avait vraisemblablement aimé mais qui se retrouvait condamné à bredouiller quelques onomatopées devant le regard catégorique de son « ami » visiblement totalement inapte à entendre autre chose que son avis péremptoire.

    Synopsis : Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec…  Comment ces flics parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ?  Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

    Les premières minutes nous montrent une petite fille décrivant avec sa candeur enfantine les attouchements que son père lui a ou aurait fait subir (nous ne saurons pas vraiment). Quelques scènes plus tard, nous retrouvons les policiers de la BPM qui, à la cantine, racontent leurs histoires de couples, avec une certaine crudité, à la fois pour désamorcer la violence de ce qu’ils entendent au quotidien, mais aussi parce que cette violence a des répercussions inévitables sur leur vie privée.

      C’est avant tout eux que la caméra de Maïwenn va suivre, nous immergeant dans leur douloureux quotidien. Douloureux parce que difficile d’entendre des horreurs toute la journée et de ne pas en ressortir écorché, voire blessé, ou même meurtri. Douloureux parce que la vie privée devient chaotique quand la vie professionnelle est aussi rude et vorace, et exige un tel dévouement dont il est impossible de ressortir indemne. Douloureux parce que les blessures des autres ravivent les leur.

    Alors pourquoi émotion et scepticisme, agacement et admiration ? Emotion parce que la caméra de Maïwenn capte esquisse admirablement des portraits de pères, de mères, d’hommes, de femmes, d’enfants, désemparés face à la douleur indicible mais aussi la glaçante épouvante de ceux qui avouent les pires horreurs avec le sourire et une terrible « innocence » inconscients de celle qu’ils ont bafouée. Emotion parce qu’il est impossible de rester insensible devant, par exemple, cette scène douloureusement réaliste de cet enfant arraché à sa mère parce qu’il est impossible de leur trouver un foyer à tous deux. Emotion lorsque par un frôlement de main, une danse d’abandon, surgit une tendresse si longtemps contenue. Emotion parce que la scène finale d’une logique tragiquement implacable vous saisit d’effroi.

    Admiration parce que Maïwenn en quelques plans, parfois juste le temps d’une déclaration à la police, nous raconte toute une histoire, un passé sombre et un avenir compromis. Admiration parce qu’elle tire des acteurs et surtout actrices, le meilleur d’eux-mêmes : Sandrine Kiberlain bouleversante,  Karin Viard insaisissable, touchante puis effrayante,  et que dire de Marina Foïs, remarquable dans le rôle de ce personnage de policier, le plus intéressant, abimé, fragile. Même Joey Starr dont la prestation dans « Le bal des actrices » ne m’avait pas convaincue, est ici particulièrement touchant dans son rôle de flic bourru au cœur tendre qui s’implique émotionnellement dans chaque « cas ».

    Alors pourquoi étais-je aussi sceptique et agacée ? Sceptique parce que le personnage qu’incarne Maïwenn qui se cache derrière ses grandes lunettes, son chignon, qui passe des beaux quartiers aux quartiers plus populaires, semble une nouvelle fois une manière de se dédouaner, de se donner le beau rôle, de se mettre en scène sans que cela soit forcément nécessaire.  Agacée par ce style faussement réaliste (Maïwenn a eu l’idée en voyant un documentaire et a suivi de vrais policiers de la BPM) qui recrée une réalité et forcément l’édulcore pour faire surgir une réalité qui forcément n’en est pas totalement une. Agacée parce que Maïwenn par moments semble nous refaire « Le bal des actrices » et plus soucieuse de leurs performances que du réalisme (peut-être aurait-il été plus judicieux d’utiliser uniquement des comédiens inconnus). Agacée parce que parfois la caméra s’attarde un peu trop, et nous prend en otage. Agacée parce que, à l’image de son titre, cela frôle l’artificiel. Polisse écrit par un enfant. Polisse mais surtout pas polissé. Polisse parce qu’il y avait déjà le PoliCe de Pialat.

    Avec ce troisième film, Maïwenn veut à nouveau faire surgir la vérité, « peindre les choses cachées derrière les choses » pour reprendre une célèbre réplique d’un non moins célèbre film de Marcel Carné. En voulant parfois trop mettre en valeur ses actrices (ou elle-même), elle nuit justement à cette vérité nous rappelant trop souvent que « c’est du cinéma », alors qu’elle retranscrit malheureusement surtout une sombre réalité. Il n’en demeure pas moins que c’est un bel hommage à ces policiers de la BPM, à leur dévorant métier et leur dévouement,  un constat effroyable sur la noirceur humaine, et il n’en demeure pas moins que la fin est bouleversante de beauté tragique, ces deux corps qui s’élancent, et font éclater ou taire la vérité, inadmissible. Un film agaçant, intense, marquant, bouleversant, parfois même (sombrement) drôle. Difficile de lui prédire une place au palmarès… je vous en reparlerai à la lumière des autres films de cette compétition et avec le recul nécessaire pour mieux l’appréhender. J'aurais voulu développer davantage mais le temps me manque car je file à la conférence de presse de "Polisse" justement. Je vous la relaterai demain.