51e Festival du Cinéma Américain de Deauville (compétition) - Critique de THE END de Joshua Oppenheimer

Voir derrière les images. N'avez-vous pas remarqué qu'il en va des films comme des êtres humains ? Les plus intéressants sont ceux qui ne se contentent pas des apparences. Qui débusquent les failles, et tentent de les comprendre. Derrière le sourire. Derrière l'image lisse. Lisse comme semble l'être le cadre dans lequel évolue la famille de The End, premier long métrage de fiction de Joshua Oppenheimer déjà multiprimé pour ses précédentes œuvres (documentaire et docu-fiction). Il ne serait pas étonnant que ce film soit lauréat du Grand Prix.
"Vingt-cinq ans après qu’une catastrophe écologique a rendu la Terre inhabitable, Mère, Père et Fils vivent reclus dans leur luxueux bunker. Pour garder espoir et préserver une illusion de normalité, ils s’accrochent aux rituels du quotidien – jusqu’à l’arrivée de Fille, une inconnue qui bouleverse leur routine bien rodée. À mesure que les tensions montent, leur existence en apparence idyllique commence à s’effondrer."
Tableaux de maître. Intérieur luxueux. Mais pas de fenêtres. Et quelques dissonances et étrangetés nous font rapidement comprendre que ce décor aseptisé dissimule une terrible réalité. Le vernis va rapidement se craqueler et les égoïsmes meurtriers de chacun vont se révéler.
Nous ne pouvons nous empêcher de penser que cette "fable" écologiste pourrait être prémonitoire.
Les intermèdes musicaux apportent des notes trompeusement enchanteresses, dévoilant les états d'âme avec une gaieté illusoire.
Je vous parlerai longuement de ce film à la fois magique et terrifiant. Qui nous fait frissonner de jubilation et d'effroi.
La durée (2h29) a découragé quelques spectateurs qui ont quitté la salle en cours de route. Ce voyage déroutant et fascinant vaut pourtant le détour...
Décidément, cette édition est placée sous le signe d'Hitchcock avec Vertigo maintes fois cité dans l'énigmatique et envoûtant After this death de Lucio Castro. Le temps me manque pour vous en parler comme il se doit. J'y reviendrai.