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"Scoop", la dernière comédie policière de Woody Allen

medium_scoop.jpgAprès Match point (voir ma critique, ici), perfection du genre, film délicieusement immoral au scénario virtuose totalement et magnifiquement scénarisé en fonction de son dénouement et de la balle de match finale, quel film pouvait donc bien  ensuite réaliser Woody Allen ? Evidemment pas un film noir qui aurait inévitablement souffert de la comparaison. Si, à l’image de Match point, Woody Allen a de nouveau délaissé New York -qu’il a tellement sublimée et immortalisée- pour Londres, si comme dans Match point, il a de nouveau eu recours à Scarlett Johansson comme interprète principale,  il a donc néanmoins délaissé le film noir pour retourner à la comédie policière à l’image d’Escrocs mais pas trop ou du Sortilège du scorpion de Jade. Si le principal atout de Match point était son scénario impeccable, c’est ailleurs qu’il faut aller chercher l’intérêt de ce Scoop.

L’intrigue est ainsi délibérément abracadabrantesque et improbable. Le célèbre journaliste d'investigation Joe Strombel, arrivé au Purgatoire, y rencontre la secrétaire de l’aristocrate Peter Lyman, également politicien à l’image irréprochable de son état. Elle lui révèle qu’elle aurait été empoisonnée par ce dernier après avoir découvert que Peter serait en réalité le tueur en série surnommé « le Tueur au Tarot » qui terrorise Londres. Professionnel et avide de scoops jusqu’à la mort et même après, Joe Strombel, va se matérialiser à une jeune étudiante en journalisme (et accessoirement en orthodontie), la jeune Sondra (Scarlett Johansson) lorsqu’elle est enfermée dans une boîte lors du tour de magie de l’Américain Splendini (Woody Allen). Croyant avoir trouvé le scoop du siècle elle décide de faire la connaissance de Peter Lyman (charismatique et mystérieux Hugh Jackman) pour le démasquer, avec, comme « perspicace » collaborateur, Splendini. Evidemment elle va tomber amoureuse (de Peter Lyman, pas de Woody, celui-ci ayant ici renoncé au rôle de l’amoureux, dans un souci de crédibilité, ou dans un sursaut de lucidité, pour jouer celui du protecteur). Elle n’aurait peut-être pas dû…

Woody Allen est donc passé de la noirceur à la légèreté. C’est agréable la légèreté, aussi, surtout après la noirceur, aussi parfaite soit-elle. Woody Allen nous revient aussi en tant qu’acteur, fidèle à lui-même, balbutiant, maladroit, chaplinesque, woodyallenesque plutôt, adepte de l’ironie et de l’autodérision, et narcissique de religion (si, si, vous verrez, ça existe). Intrigue abracadabrantesque donc mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce scoop. Preuve que légèreté et noirceur ne sont pas totalement incompatibles, Woody Allen a saupoudré son scoop d’humour exquisément noir avec notamment une mort presque sympathique en  grande faucheuse embarquant ses défunts et bavards voyageurs. Woody Allen lui aussi nous embarque, dans un jeu, dans son jeu. Il ne nous trompe pas. Nous en connaissons les règles, les codes du genre : la désinvolture et la loufoquerie sont de mise.

La mise en scène reste cependant particulièrement soignée, Scarlett Johansson est de nouveau parfaite, cette fois en étudiante naïve  et obstinée. Comme la plupart des bonnes comédies, ce Scoop  fonctionne sur les contrastes  d’un duo impossible, celui de la journaliste écervelée et obstinée et de son protecteur farfelu. Certes, vous n’explosez pas de rire mais vous avez constamment le sourire aux lèvres entraînés par l’entrain communicatif et l’humour décalé de Woody Allen qui montre à nouveau que l’on peut être un réalisateur particulièrement prolifique sans rien perdre de son enthousiasme et de sa fraîcheur. Une bonne humeur tenace et contagieuse vaut après tout mieux qu’un rire explosif, non ?

Un film rythmé, léger, burlesque, ludique à la mise en scène soignée avec une touche d’humour noir même si on peut regretter que la morale soit sauve et même si on peut donc regretter l’immoralité jubilatoire de Match point. Ce scoop-là n’est ni sidérant, ni inoubliable, mais néanmoins il vaut la peine d’être connu.

Sandra.M

Commentaires

  • D'accord avec votre point de vue. Sans doute pas un "immense" Woody Allen mais un très bon cru, léger et malin, emmené par un superbe duo d'acteurs...

  • J'attends d'ores et déjà le prochain avec impatience apparemment davantage dans la lignée de "Match point", avec Ewan Mc Gregor, Colin Farrell, Tom Wilkinson et Hayley Atwell. L'histoire serait celle de deux frères que des problèmes financiers mènent au crime. Lorsque Mc Gregor tombe amoureux du personnage d'Atwell, celle-ci réalise le pouvoir d'attraction qu'elle possède et s'en sert pour rendre les deux frères jaloux et les pousse au crime.

  • Moi j'ai explosé de rire à plusieurs reprises. Il faut dire que j'étais conquise dès la scène d'ouverture et ce bateau magique !!!
    Comme Clint (dans un tout autre registre évidemment...) on ne dira jamais assez à quel point Woody est un grand acteur unique.
    J'ai aussi trouvé particulièrement touchant ce rôle de père qu'il s'octroie (enfin !) et la manière dont il couve littéralement sa nouvelle protégée.
    Magique !

  • Pascale: Je dois dire que moi aussi j'ai adoré la scène d'ouverture! Je dois avouer en revanche avoir plus de mal avec Woody acteur...Comment: toi, l'inconditionnellle, la fervente Mme Bois de l'Est, tu compares Woody acteur à Clint??? Allez, je mets ça sur le dos de l'effet perturbateur d'une certaine photo...

  • Je rêve de tourner dans un film de wody allen mais quand on est comédien à Paris c'est pas facile ...

  • I'll surely go see it !

  • Je ne compare pas Clint et Woody... c'est juste que pour l'un comme pour l'autre on ne parle que du réalisateur et rarement, voire jamais de l'acteur. C'est tout.

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