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FRUITVALE STATION de Ryan Coogler - prix du public et prix révélation Cartier du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013

 

 

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C'est aujourd'hui que sort en salles le film qui a reçu le prix du public et le prix de la Révélation Cartier du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013 après avoir déjà été récompensé au dernier Festival de Sundance.  Des films en compétition de ce 39ème Festival du Cinéma Américain de Deauville  se dégageait comme chaque année une thématique commune avec, souvent,  un personnage seul, blessé, fou même parfois, épris de vengeance souvent, et des armes à feu omniprésentes.  "Fruitvale station" ne dérogeait pas à la règle concernant la présence des armes à feu.

Synopsis: Le 1er janvier 2009 au matin, Oscar Grant, vingt-deux ans, croise des agents de police dans la station de métro Fruitvale près de San Francisco. Cette rencontre va transformer un inconnu en fait divers. Le film raconte les vingt-quatre heures qui ont précédé cet événement.

 Ce film d'un jeune réalisateur de 27 ans a particulièrement ému les festivaliers...et à juste titre. D'abord, parce qu'il s'agit d'une histoire réelle (le réalisateur a ainsi mêlé quelques images de ce triste fait divers aux images de la fiction). Cela commence par la vidéo, réelle donc, d'une violence inouïe, prise par un témoin de la scène. Des policiers, particulièrement nerveux, interpellent brutalement un groupe de jeunes noirs américains. La scène est à la fois rapide et interminable et, brusquement, dans la cacophonie, l'un des policiers tire sur Oscar Grant alors qu'il est incapable de bouger, maintenu à terre. Le film commence alors pour tenter d'expliquer cette terrible injustice par le biais de la fiction, ouverte et fermée par les scènes de l'horrible réalité, nous scotchant à l'écran dès les premières secondes, commençant le compte à rebours vers le drame inéluctable.

Sans doute certains reprocheront-ils au film ses bons sentiments, son aspect larmoyant, son manichéisme. Oscar est un "gentil" dealer qui deale parce qu'il est au chômage qui a envie de rentrer dans le droit chemin mais que la malchance placera sans cesse dans des situations périlleuses. Même un chien errant qu'il caresse se fera renverser quelques minutes plus tard. Le destin s'acharne contre lui et le spectateur, en empathie dès l'enclenchement du compte à rebours, sachant pourtant l'inéluctabilité du drame, ne cesse d'espérer qu'il finisse par y échapper.

 Si le personnage principal n'avait pas été aussi attachant, le film aurait certainement gagné en complexité,  mais l'émotion suscitée, l'interprétation et la mise en scène remarquables justifient ce parti pris. La caméra enserre l'essentiel, capte l'urgence, au plus près, lors de ces dernières 24 heures fatidiques. S'il y a du Spike Lee dans ce jeune cinéaste, il y a aussi du cinéma britannique, avec une pincée de Ken Loach et surtout de Mike Leigh.

 "Fruitvale Station" s'achève avec les images réelles de la commémoration du drame, laissant le spectateur chaos après ce film plus parlant, criant, que n'importe quel argumentaire contre ce crime raciste qui justifie alors ce qui pourrait sembler manichéen mais qui n'est là que pour appuyer l'argumentation et en arriver à la dramatique synthèse et conclusion. Le film a alors l'efficacité des meilleurs documentaires notamment grâce à son comédien principal qui vit plus qu'il ne joue ce personnage victime d'un destin inique et de la violence, la brutalité, la bêtise.

 

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