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Programme du 6ème Festival du Film Francophone d'Angoulême

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C’est demain que s’ouvrira la sixième édition du Festival du Film Francophone d’Angoulême qui se terminera le 27 août. Ce festival a ainsi été créé sous l’influence de Marie-France Brière, Dominique Besnehard et Patrick Mardikian en août 2008 et, en quelques années, a réussi à s’imposer comme un rendez-vous cinématographique incontournable.

 Avant le Festival du Cinéma Américain de Deauville en  direct duquel je serai dès l’ouverture la semaine prochaine et avant le Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz, je tenais à vous présenter ce festival, premier festival du film francophone en France qui est avant tout un festival avec une programmation particulièrement attractive, a fortiori cette année avec les films français les plus attendus de la rentrée au programme.

S’il vous reste encore quelques jours de vacances et que vous aimez le cinéma francophone, le petit résumé du programme ci-dessous devrait vous convaincre de les passer en Charente. L’objectif du festival est en effet de promouvoir le cinéma francophone, les jeunes talents mais aussi de privilégier les rencontres entre professionnels même si ce festival reste avant tout un festival grand public puisque les projections sont ouvertes à tous, le tout dans la très belle ville d’Angoulême qui devient le théâtre des projections avec, notamment, des projections en plein air.

 Qui dit festival dit le plus souvent compétition, ce sera à nouveau le cas ici, avec deux jurys, un jury étudiants présidé par Clémentine Célarié et un jury de professionnels  présidé par Catherine Frot et composé de : Khaled Benaïssa, Benjamin Biolay , Éric Bruneau, Joachim Lafosse,  Pierre Murat , Pierre Schoeller, Jani Thiltges, Franck Weber

Cette compétition comprend dix films dont "Suzanne" de Katell Quillévéré et l’irrésistible "Les garçons et Guillaume, à table !" de Guillaume Galienne (vainqueur de « La Quinzaine des Réalisateurs 2013 », et prix Michel d’Ornano du Festival du Cinéma Américain de Deauville dans le cadre duquel il sera également projeté).

Au programme également, des avant-premières…et non des moindres parmi lesquelles le très attendu « Casse-tête chinois » de Cédric Klapisch (en ouverture), « Belle et Sébastien » de Nicolas Vanier, « Gibraltar » de Julien Leclercq, « Eyjafjallajökull » de Alexandre Coffre, « En solitaire » de Christophe Offenstein, « Quai d’ Orsay » de Bertrand Tavernier, « Je fais le mort » de Jean-Paul Salomé...

A ne pas manquer non plus, une section « Bijoux de famille  Diaphana » avec  notamment, parmi les bijoux du 7ème art sélectionnés,  « La Tourneuse de pages » de Denis Dercourt ou encore « L’Enfant » des Dardenne mais aussi un focus sur un cinéaste désormais trop rare derrière la caméra, Régis Wargnier, avec une rétrospective de quelques-unes de ses magnifiques fresques romanesques comme « Indochine » (en plein air).

 Un hommage sera également rendu au cinéma québecois avec la projection d’une dizaine de classiques, notamment « Les Amours imaginaires", la grisante fantasmagorie  de Xavier Dolan, véritable chef d’œuvre dont je vous livre la critique ci-dessous afin de convaincre ceux qui ne l’auraient pas vu de le découvrir.

Des séances spéciales sont également organisées avec notamment la projection la palme d’or du Festival de Cannes 2013 « La vie d’Adèle » mais aussi des séances en plein air qui permettront de « Les Invasions barbares » et « Le déclin de l’empire américain », des master classes sans oublier des courts-métrages d’animation.

Enfin, un générique de rêve se donne rendez-vous à Angoulême avec les présences annoncées de : Cédric Klapisch, Audrey Tautou, Cécile de France , Romain Duris, Dany Boon, François Cluzet, Valérier Lemercier, Gilles Lellouche, Tahar Rahim, Raphaël Personnaz etc. sans oublier les nombreux politiques attendus et notamment la Ministre de la Culture.

Si je vous dis enfin que les séances sont très abordables, vous n’aurez plus aucune raison de ne pas y aller.

Tarifs et informations pratiques :

- Les Pass Cité valables pour les films en Compétition officielle, les films de l’hommage au cinéma Québécois et les séances spéciales à la Cité et à l’Espace Franquin (15€ pour 5 entrées et 25€ pour 10 entrées) - Les Pass Horizon valables pour les avant-premières du FFA, les Bijoux de famille Diaphana distribution, les films du Focus Régis Wargnier au CGR (15€ pour 5 entrées et 25€ pour 10 entrées)

 Les points de vente pour les pass et le programme : les lieux de diffusion (cinéma de la Cité, CGR, espace Franquin), la librairie Chapitre, l’office de tourisme d’Angoulême

Venir au festival :

Par avion :

Champniers – Angoulême Aéroport-Héliport +33 (0)5 45 69 88 09 www.aeroport-angouleme-cognac.com Bordeaux – Merignac – Aéroport international +33 (0)5 56 34 50 50 www.bordeaux.aeroport.fr

Par TGV Atlantique :

Paris-Gare Montparnasse – 2H20 Bordeaux-St Jean – 0h50 www.voyages-sncf.com

Par la route :

Paris 445 km – A10 sortie Poitiers-sud Bordeaux 120 km – RN 10 direction Paris La Rochelle 140 km – RN 141 Cognac 40 km – RN 141

 Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page Facebook du festival ( https://www.facebook.com/filmfrancophone ) et sur son site officiel (http://www.filmfrancophone.fr/ ).

CRITIQUE - "Les Amours imaginaires" de Xavier Dolan

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 « Les Amours imaginaires » est le deuxième film de de Xavier Dolan après son arrivée explosive dans le monde du 7ème art avec «  J’ai tué ma mère », film qu’il avait réalisé à 17 ans, présenté à Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs où il avait obtenu trois prix, film que j’avais ignominieusement manqué. La rencontre de ces amours imaginaires (présenté à Cannes dans la section « Un Certain Regard ») était donc aussi pour moi celle avec l’univers de Xavier Dolan.

Francis (Xavier Dolan) et Marie (Monia Chokri) sont tous deux amis et épris du même jeune homme rencontré lors d’une soirée, Nicolas (Niels Schneider), et tous les deux bien déterminés à le conquérir, analysant, interprétant, scrutant obsessionnellement le moindre geste ou comportement de leur (obscur) objet du désir.

Dès les premiers plans se dégage de ce film un charme irrésistible et surtout un ton, un style qui font souffler un vent d’air frais et revigorant sur le cinéma actuel.  Xavier Dolan est un vrai cinéphile et son film regorge de références cinématographiques   (entre les ralentis langoureux et poétiques à la Wong Kar Waï, les couleurs chatoyantes et la fantaisie jubilatoire à la Almodovar,  les plans de dos à la Gus Van Sant, les références à la Nouvelle Vague, au « Mépris » de Godard, un trio à la « Jules et Jim » de Truffaut ou encore des confessions face caméra qui rappellent Woody Allen) mais aussi picturales (Boticelli, Michel Ange) ou littéraire (Musset…).

Que de brillantes références me direz-vous.  Tout cela aurait pu donner un film présomptueux mais Xavier Dolan, d’une part, a su assimiler toutes ces références pour créer son propre univers et d’autre part, y apporter une légèreté masquant savamment la mélancolie sous-jacente (que ne faut-il pas avoir souffert en amour pour faire preuve d’une telle maturité et clairvoyance  à seulement 21 ans!), que ce soit par les dialogues, légèrement précieux, souvent hilarants, toujours caustiques ou le jeu des comédiens (à commencer par lui-même mais surtout celui de Monia Chokri absolument irrésistible).

La caméra de Xavier Dolan est au plus près des visages, ignorant le plus souvent le cadre spatial à l’image de cet amour obsédant qui rend Marie et Francis aveugles au monde qui les entoure. La mise en scène non seulement épouse le propos du film mais devient un élément scénaristique : puisque Marie et Francis se « font des films » (l’un se prenant pour James Dean, l’autre pour Audrey Hepburn), et sont enivrés par leur fantasmagorie amoureuse, par ce destructeur et grisant vertige de l’idéalisation amoureuse, le film en devient lui-même un  vertige fantasmatique. Cette soirée aux images syncopées rappelle ce vertige à la fois grisant et déstabilisant, ce manège qui rend si floue la frontière entre enchantement et désenchantement, rêve et illusion. Marie et Francis sont amoureux d’une chimère, d’une image,  d’un idéal, d’une illusion, de l’amour même qui prend ici les traits d’un bellâtre ambigu aux allures de Dieu Grec. L’histoire de notre trio est entrecoupée de « témoignages » face caméra de style documentaire de victimes d’illusions amoureuses, là aussi irrésistibles.

Xavier Dolan a aussi en commun avec quelques uns des plus brillants réalisateurs auxquels il se réfère une bande originale particulièrement soignée, à l’image du film, mêlant modernité, et titres plus anciens, et musique classique : de Dalida qui reprend « Bang Bang » à Indochine jusqu’à « The Knife », « Fever Ray », « Vive la fête » en passant par Bach qui rappelle mélodieusement la douleur de ces irrépressibles et irrationnels élans amoureux, de ces amours qui rongent et enragent.

Xavier Dolan est un véritable chef d’orchestre qui mêle les couleurs, les références les arts, un prodige du cinéma (à la fois monteur, scénariste, producteur, acteur, s’occupant aussi des costumes) faisant à la fois preuve de l’inventivité et de l’audace de sa jeunesse mais aussi d’une étonnante maturité. Déclaration d’amour au cinéma, déclaration de désespoir d’un amoureux désillusionné sous des allures de fable burlesque et hilarante, « Les amours imaginaires » est un film mélancoliquement caustique.

Xavier Dolan signe là une fantasmagorie pop, poétique sur la cristallisation amoureuse, sur ces illusions exaltantes et destructrices, sublimes et pathétiques un film enivrant et entêtant comme un amour imaginaire… sans les effets secondaires. A prescrire donc et à très haute dose !

 

 

 

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