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« Mauvais génie » de Marianne Denicourt et Judith Perrignon

Mauvais génie c’est la réponse vindicative et caustique de Marianne Denicourt à « Rois et Reines » d’Arnaud Desplechin qui a pillé son existence (mort de son père, du père de son enfant, dernière séquence inspirée de la lettre de Desplechin au fils de Marianne Denicourt etc) pour écrire son scénario. On comprend aisément les raisons de cette réaction mais ce roman s’apparente davantage à une vengeance aigrie dénuée de véritable trame narrative qu’à une véritable histoire. Cela pourrait être une simple lettre adressée à Despechin, restée dans la sphère privée mais pour évacuer sa douleur, sa rancœur Marianne Denicourt a préféré livrer son histoire au public. Sa vengeance est peut-être réussie, ou du moins son désir de rétablir la vérité, rassasié, il en va autrement de cette histoire nous contant les mesquineries de cet Arnold Duplancher qui n’aurait très certainement pas été éditée et ne présenterait pas le plus infime intérêt si Arnold Duplancher n’était pas Arnaud Desplechin. Fallait-il répondre à une mesquinerie par une autre mesquinerie? Peut-être Marianne Denicourt a-t-elle oublié que « la vengeance est un plat qui se mange froid » et cette réaction à chaud manque-t-elle par conséquent de recul et de subtilité. Peut-être juste nous pose-t-elle une question plus qu’elle n’apporte de réponse, question que peut aussi susciter le dernier film de Claude Berri « L’un reste, l’autre part » : jusqu’à quel point la création peut-elle puiser dans sa vie et celle de ses proches sans devenir indécente ? Mais une œuvre d’art doit-elle être décente ou bien en est-elle encore une lorsque sa source est malséante, au mépris de la dignité d’autrui et donc de celle de l’auteur ? Sandra.M

Editions Stock- Pour en savoir plus voir aussi ci-dessous medium_mauvais_genie.jpgma critique de « Rois et reines » de Desplechin-

Commentaires

  • Pour moi, cela ne fait aucun doute... quand une oeuvre d'art présente, comme ce film, un intérêt si gand d'un point de vue humain, cela vaut le coup. Je crois que c'est une question pour tout artiste, mais qu'il est indispensable de puiser dans ce qui nous entoure pour créer. Parfois, cela fait mal aux proches, mais cela, c'est un autre problème, qui fait partie de la sphère privée. Aucun spectateur ne peut porter un jugement sur le choix de Desplechin de traiter cette histoire. On n'a pas non plus, bien sûr, à juger le sentiment de Marianne Denicourt, qui pense, écrit et publie ce qu'elle veut... Mais peut-être remerciera-t-elle finalement en privé ce "mauvais génie" du cinéma qui lui aura permis de vendre un livre, elle qui n'est pas un génie de l'écriture (mais elle fut aidée, heureusement.)

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