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  • Avant-première – Louis XV à Versailles (Louis XV le soleil noir de Thierry Binisti ) sur France 2, le 25 décembre, à 20H35

    soleil3.jpgIl y a quelques semaines, France 2 m'envoyait le documentaire-fiction « Louis XV à Versailles » et le documentaire « Versailles, la vie dorée » en prévision d'une soirée exceptionnelle consacrée au XVIIIème siècle,  le 25 décembre, à 20H35. J'ai donc commencé par le documentaire-fiction « Louis XV le soleil noir » malgré mes réticences envers ce genre hybride et la crainte d'une vulgarisation trop simpliste de l'Histoire. Rapidement mes réticences ont volé en éclats tant j'ai été, dès les premières minutes, agréablement stupéfaite par la qualité de ce que je regardais. Je dois l'avouer : je m'attendais à des images ternes, un jeu approximatif, une Histoire anecdotique et simplifiée. Quelle ne fut donc pas ma surprise devant ces costumes et des décors (le tournage a eu lieu à Versailles) somptueux, cette photographie d'une beauté crépusculaire, et la qualité des textes et de l'aspect historique !

     Pris entre le Roi soleil (Louis XIV) et le roi conduit à l'échafaud (Louis XVI), Louis XV reste  ainsi pour le public un roi sans visage et sans destin, sans légendes et sans images. Une éclipse troublante alors que Louis XV -sa personne, sa trajectoire, son époque- offre une matière d'une richesse dramaturgique égale à sa complexité.  En effet, c'est au cours des cinquante années de règle de Louis XV (1724-1774) que se développèrent des idées et des modes de vie nouveaux qui ont déterminé notre Histoire...

     Louis XV est en effet à l'image de cette éclipse totale de 1724 à laquelle il assista : un roi éclipsé par son prédécesseur, le roi soleil dont personne n'ignorait le rayonnement auquel s'oppose donc ce titre de « soleil noir ». Louis XV, roi méconnu, souvent réduit à une caricature de roi léger et frivole, et à qui aucun film n'avait encore été consacré ! Il apparaît ici dans toute sa complexité, profond, mélancolique, taciturne, avec certes un goût prononcé pour le libertinage.

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     La combinaison astucieuse entre fiction et documentaire permet d'explorer la politique et l'intime, la vie quotidienne et les faits historiques mais aussi d'humaniser le roi (et même de le rendre presque contemporain et attachant,  tout en restant fidèle à l'Histoire) passionné de science, orphelin, solitaire, incapable de s'attacher, un personnage complexe loin de l'image du roi frivole à laquelle on voulait le réduire.

     Ce documentaire-fiction a Versailles pour seul cadre et au lieu de le restreindre et de restreindre l'horizon, cette unité de lieu cristallise et symbolise au contraire les contradictions de la société et le bouillonnement artistique et intellectuel de l'époque, un bouillonnement auquel, au début de son règne, le roi fut sensible,  il termina pourtant son règne dans la déchéance et la haine.

     Le portrait nuancé de Louis XV nous permet aussi de mieux appréhender ce siècle des philosophes, des arts et des sciences, du goût et de la liberté, les débats d'idées de d'Alembert et Diderot mais aussi la colère sourde du peuple, quinze ans avant la révolution ; les fondements de la modernité et les éléments qui vont conduire à la fin de la monarchie.

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     Et puis il y a Versailles, tantôt gris ou éblouissant, prison dorée ou astre étincelant, Versailles et sa magnificence, filmé la plupart du temps en contre-plongée pour signifier le poids écrasant qu'il représentait pour le roi.

     Dans le rôle de Louis XV, Stanley Weber (fils d'un certain Jacques) est absolument incroyable. Même lorsqu'il joue Louis XV à la fin de sa vie il nous fait oublier, par la densité de son jeu, son jeune âge, incarnant le roi avec un mélange de puissance et de fragilité, à la fois majestueux et mélancolique, avec un jeu d'une justesse et d'une intensité rares. Il faudrait aussi évoquer toute la distribution grâce à la justesse du jeu de laquelle on a vraiment l'impression de déambuler dans les couloirs de Versailles, tant leur jeu nous donne à croire qu'ils appartiennent réellement au siècle des Lumières. Il m'a même semblé reconnaître deux élèves du cours Cochet prouvant une nouvelle fois à quel point c'est un vivier de grands comédiens.

     Après « Apocalypse », France Télévisions nous propose une nouvelle fois un divertissement pédagogique passionnant de très grande qualité, aussi bien dans le fond que dans la forme.  Je vous  recommande cette immersion dans les allées tumultueuses de Versailles et dans les mystérieux murmures de l'Histoire, dans le bouillonnant siècle des Lumières et dans la personnalité tourmentée de Louis XV, sans aucune réserve. Jeudi 25 décembre, à 20H35, sur France 2.

  • "Home" de Yann Arthus-Bertrand ce soir, à 23H, sur France 2

    A l'occasion du sommet de Copenhague et à la suite d'une émission "Un soir pour la Terre" consacrée à l'environnement, "Home" de Yann Arthus-Bertrand sera à nouveau diffusé ce soir, à 23H, sur France 2. Retrouvez ci-dessous ma critique.

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    Ce qui m'a d'abord interloquée, ce sont les noms des marques qui apparaissent en guise de générique puis le ton de la voix off à la fois familière et pédagogique, lente et emphatique qui débute par un très grandiloquent «  Toi homo-sapiens, homme qui pense ». Cela commence comme une fable que l’on raconterait pour assagir des enfants indisciplinés, les habitants de cette gigantesque maison sans frontières que représente la terre.

     

    Puis, évidemment on ne peut rester insensibles devant ces étendues gigantesques et époustouflantes, ces images aériennes, spectaculaires, d’une beauté à couper le  souffle ou parfois d’une terrifiante beauté, qui font parfois ressembler ces images pourtant réelles à une peinture abstraite dont le mélange subtil des couleurs, l’assemblage des formes, la juxtaposition des matières leur feraient atteindre la perfection. En remontant aux origines de la terre, en traversant la planète, grâce à des images filmées dans 54 pays, nous voyageons à travers la terre vue du ciel, chaque image nous faisant prendre conscience de sa beauté infinie, de  sa richesse, de sa diversité, de ses disparités criantes. Aussi. Surtout.

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    On ne peut non plus rester insensibles devant cet hymne à la terre qui nous explique qu’en 200 000 ans d'existence, l'Homme a rompu un équilibre fait de près de 4 milliards d'années d'évolution. On ne peut rester insensibles devant la fragilité et la subtilité de cet équilibre qui se rompt. On ne peut rester insensibles devant ces tours insolentes et dévastatrices qui conquièrent le ciel de Shanghai : 3000 tours érigées en 20 ans. On ne peut rester insensibles devant ces villes tentaculaires qui se gorgent d’eau face à ces étendues asséchées, dans d’autres endroits de la planète, où elle est une quête quotidienne et vitale (500 millions d’Hommes habitent ainsi des contrées désertiques !). On ne peut rester insensibles devant cette sidérante standardisation, jusqu’aux pavillons de Pékin qui ressemblent à s’y méprendre à ceux de Palm Springs. On ne peut rester insensibles devant la construction à outrance,  la monstruosité bétonnée, vulgaire et sophistiquée de Dubaï qui contraste tellement avec l'image sublimement   simple et rare qui lui succède, celle d’une baleine qui nage dans la mer. Ni devant ces fleuves qui n’atteignent plus la mer. Ni devant ces mégapoles comme Lagos qui croissent à une vitesse spectaculairement inquiétante. L’exemple de l’île de Pâques où la civilisation n’a  pas survécu après avoir été exploitée jusqu’au bout, autrefois une des plus brillantes, est également très parlant.  Certains chiffres dont il use et abuse ne peuvent non plus laisser indifférents comme la banquise du pôle nord qui a perdu 30% de sa surface en 30 ans, comme les 80% des glaces du Kilimandjaro  qui ont disparu, ou ces 20% des Hommes qui consomment 80% des ressources de la planète.

     

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    Yann Arthus- Bertrand, parfois avec un peu trop de manichéisme, s’inscrit donc dans un débat philosophique de longue date opposant la culture dévastatrice à la nature bienveillante, avec une musique angoissante lorsque sont montrées des mégalopoles ou une musique lénifiante et rassurante quand ce sont des paysages vierges de toute habitation ou du moins de toute modernité.

     

     Alors évidemment je ne vais pas tomber dans le travers cynique à la mode qui consiste à voir derrière chaque bonne action un intérêt fallacieux ou une mauvaise intention. C’est vrai que c’est finalement plus facile de ne rien faire, de ne rien dire. Et rien que l’initiative déjà est louable et nécessaire. Mais tout de même quelques aspects m’ont dérangée…

     

     D’abord les noms des marques partenaires (au début et à la fin) quand, dans le même temps, il dénonce « la croissance qui exige toujours plus de combustible » , certaines d’entre elles étant par ailleurs des marques de cosmétiques alors que dans le documentaire même il nous interpelle sur les demandes croissantes en cosmétiques et leurs conséquences écologiques désastreuses !  Ne démontre-t-il pas là malgré lui les limites de son manichéisme?

     

    Ensuite, la date de diffusion, dont je suppose qu’elle est indépendante des souhaits du réalisateur, à la veille des élections européennes, me semble  avoir un côté opportuniste alors que justement il aurait été passionnant et plus constructif qu’elle donne lieu à un débat entre les différents partis  et candidats,  ce qui aurait peut-être épargné celui, affligeant d’hier soir  (l’Europe mérite mieux que ça non ?).

     

    Peut-être aussi les accusations sont-elles trop tournées vers l’industrie pétrochimique, oubliant le nucléaire, oubliant (ou le feignant, sans doute pour des raisons légitimes de faisabilité du projet) les responsabilités de certains Etats.

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    En revanche, je ne lui reprocherai pas l’utilisation de l’hélicoptère qui a fait l’objet de commentaires, d'abord, parce que, comme dirait Machiavel « la fin justifie les moyens »,(même si le réalisateur récuserait cette justification, ou alors il serait en contradiction avec son propos) et ensuite parce que toutes les émissions de gaz carbonique engendrées par le film sont calculées et compensées par des sommes d’argent qui servent à donner de l’énergie propre à ceux qui n’en ont pas. Les bénéfices du film iront ainsi à l'ONG de Yann Arthus-Bertrand, GoodPlanet , et la pollution générée par le tournage sera « compensée carbone “.

     

    Si vraiment je voulais chipoter je vous parlerais d’une faute de français que je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer, un peu dérangeante néanmoins quand tout se veut aussi lisse… (« les éléments sur lequel il repose sont perturbés » au lieu de lesquels).

     

    Et puis je me suis aussi souvenue de la condamnation du producteur du film en question à démolir une partie de sa propriété dans le Var construite illégalement et de ça (la marque étant une de celles citées)…, sans vouloir stigmatiser qui que ce soit mais simplement pour dire que rien n'est aussi simple, voire simpliste...

     

    De plus, les vérités sont assénées, c’est vrai révoltantes, sans peut-être la révolte qui s’impose même si, sans doute, la réalisation du projet, les autorisations qu’il impliquait et sa large diffusion ont forcément imposé des concessions, et une certaine sagesse diplomatique.

     

     Je suis cependant mille fois plus sensible à un projet comme celui-ci ("Women are heroes" de JR) dont je vous ai parlé lors de ma rencontre avec sa productrice au Festival de Cannes et dont je vous reparlerai. Les moyens déployés ici, le ton parfois à la limite du blockbuster avec musique et catastrophisme de rigueur me paraissant finalement en contradiction avec le sujet.

     

    A trop survoler le problème (dans tous les sens du terme), peut-être ne fait-on finalement  aussi que le surplomber sans vraiment lui donner un visage humain, aussi imparfait soit-il (et finalement le documentaire de Davis Guggenheim « Un vérité qui dérange » avec toutes ses imperfections étaient peut-être plus parlant).

     

    Le côté anxiogène est heureusement compensé par l’éveil  actuel des consciences qu’il met en avant à la fin du documentaire tout en mettant l'accent sur la nécessité d’agir face à cette emprise croissante de l’Homme sur l’environnement.

     

    Au final un documentaire visuellement époustouflant, pédagogique mais qui est loin d’être exempt de contradictions, prouvant qu’il serait simpliste d’opposer simplement nature et culture, mais qui aura le mérite, et non des moindres (!), -espérons-le- d'éveiller ou de réveiller les consciences, individuelles, politiques, étatiques. A vous de juger …

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  • Ce soir, sur France 2, ne manquez pas "L'Orient désorienté" de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige avec Catherine Deneuve

    Ce soir, à 12H25, dans "Histoires courtes", sur France 2, ne manquez pas "L'Orient désorienté" , un court-métrage de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas, avec Catherine Deneuve, visiblement extrait des images de leur long-métrage "Je veux voir", un des mes grands coups de coeur cinématographiques de l'année dernière. Cliquez ici pour lire ma critique de "Je veux voir" de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige.

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  • "Apocalypse" d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle: un succès mérité...

    Je ne pouvais pas ne pas vous parler une dernière fois d'"Apocalypse" d'une part parce que les épisodes 5 et 6 diffusés hier soir on rassemblé 7,4 millions de spectateurs, se plaçant en tête des audiences de la soirée, d'autre part parce que le DVD sort aujourd'hui.

     En plus des 6 épisodes, vous y trouverez 1H45 de bonus avec des images non utilisées ou des séquences plus longues mais également un making of de 52 minutes. Il serait aussi prévu qu'il soit diffusé dans les classes de 3ème et 1ère.

     Le succès de ce documentaire montre qu'une télévision exigeante et intelligente est possible et que certaines télévisions ont parfois tort de sous-estimer l'intérêt de leurs télespectateurs pour des sujets a priori plus "rugueux".

    Cliquez ici pour lire ma critique d'"Apocalypse"

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